Skip to main content

Full text of "Municipalité d'Alexandrie. Alexandrea ad Aegyptum; guide de la ville ancienne et moderne et du Musée gréco-romain"

See other formats


cf 


D    D   D 
[1 


^Z^ 


D 


^ 


D    □    D 


^z^ 


M 


^2^ 


MUNICIPAUX 

iLEimilllEI 

Ê  D'ALEXANDRIE 

Il  miPfi 

-^^CJT^^l 

=  GUIDE  DE  LA 

VILLE  ANCIENNE 

^^^^^^^^K'    '                                '  ^^^^^^B 

ET  MODERNE  = 

^^^^^^^P^^^^kt"                   ^^^B 

=  ET  DU  MUSÉE 
GRÉCO-ROMAIN 
PAR  E.  BRECCIA 

v^^cir^^^ 

BERGAMO     ::      ::     ::     :: 

:  :     ISTITUTO  ITALIANO 

K^-^                   ^^^H 

D-ARTI  GRAFICHE  -  1914 

nHRRhbi': '-. -'     ■'  -M^-^                  ^^'- 

Itc/v      -, 


ALEXANDREA  AD  .tGYPTUM 


MUNICIPALITÉ  D'ALEXANDRIE 


ALEXANDREA  AD  ^GYPTUM 

GUIDE  DE  LA  VILLE  ANCIENNE  ET  MODERNE 
ET  DU   MUSÉE  GRÉCO-ROMAIN 


E.  BREGGIA 


BERGAMO 
ISTITUTO  ITALIANO  D'ARTI  GRAFICHE 

1914 


mSTïTUTE  OF  FINE  ART! 
LIBRARY 


TOUS    DROITS    KESERVK3 


INTRODUCTION 


Lorsque,  vers  le  commencement  du  XIX"'^  siècle, 
Mohamed-Ali  conçut  F  idée  de  faire  renaître  à  une  pros- 
périté nouvelle  la  ville  fondée  par  le  Conquérant  Macé- 
donien, celle-ci,  réduite  tout  au  plus  à  5.000  ou  6.000 
habitants,  sommeillait  sur  Tétroite  langue  de  terre  qui, 
au  cours  des  siècles,  s'était  formée  sur  remplacement  de 
l'ancien  Heptastade. 

Là  où  la  ville  des  Ptolémées  avait  mené  sa  vie  de 
magnificence,  de  splendeur  et  de  gloire,  la  ruine  et  la 
mort  régnaient  en  maîtresses  depuis  de  longs  siècles.  Là 
où  le  soleil,  brillant  dans  la  profondeur  bleue  du  ciel,  a- 
vait  fait  éclater  les  ors,  les  bronzes  et  les  marbres,  il  n  y 
avait  guère,  hélas!  qu  un  immense  cimetière  dormant 
dans  la  tristesse  d'un  silence  infini.  Qu'était  devenu  le 
bruit  de  cette  ville  où  «  personne  ne  restait  oisif  »,  où 
tant  d'artistes,  de  poètes,  de  philosophes,  de  critiques 
avaient  exercé  leur  intellectualité  raffinée  et  décadente,  où 
l'amour  de  l'argent  égalait  seul  celui  des  plaisirs,  où  les 
femmes  étaient  aussi  belles  que  peu  farouches? 


-    vin 

Rien  n'était  plus  !  Partout  régnait  la  tristesse  des 
choses  mortes.  Au  fur  et  à  mesure  que  la  ville  se  reti- 
rait et  se  contractait,  pour  ainsi  dire,  les  nécropoles  —  qui, 
en  dehors  de  Tenceinte  primitive,  s'étendaient  auparavant 
à  Forient  et  à  Toccident  —  avaient  occupé  presque  en 
totalité  le  sol  anciennement  habité. 

Par-ci,  par-là,  un  palmier  solitaire  laissait  flotter,  aux 
caresses  des  vents  du  nord,  sa  chevelure  abondante  au- 
dessus  de  son  long  corps  nu.  Superbes  et  tristes,  TAiguilIe 
de  Cléopâtre  et  la  «  Colonne  de  Pompée  »,  tels  deux 
géants  survivant  au  désastre  immense,  se  regardaient  de 
loin  et  se  disaient  mutuellement    leur   chagrin  séculaire. 

Dans  le  Grand  Port,  qui  avait  donné  abri  aux  plus 
puissantes  flottes  de  l'époque  hellénistique,  et  dans  PEu- 
nostos,  s'achevait  l'œuvre  lente  mais  sûre  de  l'enlisement 
des  quais  et  de  l'envahissement  des  sables,  car  tout  était 
oisif  et  abandonné. 

Il  fut  donc  donné  au  grand  Mohamed-Ali  de  ressus- 
citer une  ville  morte.  Son  génie,  joint  à  sa  courageuse 
initiative,  y  réussit  bientôt.  Le  curage  et  la  réfection  du 
canal  Mahmoudieh  en  1819,  comme  aussi  les  travaux  en- 
trepris dans  TEunostos,  ne  tardèrent  pas  à  rappeler  vers 
Alexandrie  une  grande  partie  du  commerce,  qui  l'avait 
rendue  si  célèbre  dans  l'antiquité.  La  population  euro- 
péenne profita  de  la  libérale  hospitalité  de  ce  prince  éclairé 
et  s'y  établit  chaque  jour  plus  nombreuse.  La  mort,  à 
son  tour,  fut  chassée  par  la  vie,  si  bien  que  les  pauvres 
6.000  âmes  qui  peuplaient  la  ville  à  l'aurore  du  siècle, 
avaient  décuplé  plusieurs  fois  au  moment  de  l'occupation 
anglaise  en  1882.  Dès  lors,  c'est  à  pas  de  géant  que  les 
développements  se  font  dans  tous  les  domaines,  écono- 
mique, démographique,  topographique. 

On  a  accusé  les  Alexandrins  d'aujourd'hui  d'avoir  mé- 


.        IX        

connu  et  méprisé  tout  ce  qui  leur  restait  de  tangible  de 
la  gloire  des  anciens,  car  on  sait  qu  avec  la  fiévreuse 
activité  qu'ils  déploient  à  niveler  et  à  construire  ils  bri- 
sent ou  ils  recouvrent,  à  jamais  peut-être,  des  monuments 
aussi  nombreux  qu'ils  sont  précieux.  Cet  état  de  choses 
a  fait  le  malheur  de  deux  générations  d'archéologues  et 
d'historiens;  mais,  en  dépit  de  ce  vandalisme,  il  y  a  en- 
core des  choses  très  intéressantes  à  voir  dans  la  ville  des 
Ptolémées.  Rien  n'est  plus  faux  que  la  légende  qui  veut 
qu'Alexandrie  n'ait  «  rien  à  montrer  »;  elle  est  née  du 
fait  que,  par  sa  position,  Alexandrie  est  un  point  d'ar- 
rivée et  un  point  de  départ.  Le  touriste  arrive  en  Egypte 
pressé  de  voir  les  Pyramides  et  les  ruines  grandioses  de 
la  civilisation  pharaonique  dont  la  description  a  exalté  son 

imagination  dès  l'enfance Au  retour,  c'est   un  autre 

sentiment.  Il  a  la  nostalgie  du  home  ou  la  hâte  de  voir 
d'autres  pays.  Pour  lui,  Alexandrie  n'est  plus  qu'un 
port  !  Mais  il  n'  aura  eu  qu'  une  idée  incomplète  de  la 
merveilleuse  histoire  de  ce  pays  cent  fois  mort  et  cent 
fois  ressuscité,  il  partira  avec  une  regrettable  lacune  dans 
la  série  de  ses  impressions  et  de  ses  connaissances.  Nous 
espérons  le  démontrer. 


* 

H:        * 


Qu'il  me  soit  permis  d'ajouter  quelques  miots  à  cette 
introduction  de  la  première  édition.  Je  me  plais  à  cons- 
tater que  l'intérêt  croissant  des  touristes  pour  Alexandrie 
a  rendu  nécessaire  la  réimpression  de  ce  volume.  Du 
reste  la  ville,  au  point  de  vue  de  l'hygiène,  du  comfort  et 
de  tous  les  progrès  modernes,  est  en  voie  d'incessante 
amélioration.  L'extension  qu'on  donne  aux  parcs  publics, 
l'ouverture  de  nouvelles  rues  le  long  de  la  mer,  les  travaux 


de  canalisation,  la  construction  de  nouveaux  hôtels,  rendent 
le  séjour  d'Alexandrie  plus  agréable  et  plus  sain.  Aux 
louanges  que  les  hygiénistes  ont  souvent  données  au  climat 
de  notre  ville  et  de  ses  faubourgs  depuis  Ramleh  jusqu'à 
Aboukir,  viennent  s'ajouter,  chaque  jour  plus  nombreuses, 
celles  des  touristes  et  des  écrivains.  L'historien  anglais 
Weigall,  d'après  son  expérience  personnelle,  affirmait  tout 
récemment  qu'il  n'y  a  peut-être  pas  de  climat  au  monde 
qui  puisse  rivaliser  avec  celui  d'Alexandrie,  vers  le  com- 
mencement de  Tété  ^'\ 

Quant  au  présent  volume,  je  dois  dire  que  ce  n'est 
pas  une  simple  réimpression,  mais  un  ouvrage  presque 
entièrement  nouveau,  soigneusement  revu  et  largement 
développé. 

Quelques  lecteurs  préféreraient  peut-être  un  ton  plus 
affirmatif  dans  les  questions  de  topographie  alexandrine; 
mais  les  gens  compétents  savent  bien  que  dans  ces 
questions  le  doute  représente  souvent  la  solution  la  plus 
scientifique.  La  Bibliographie  qui  suit  les  chapitres, 
cite  toujours  les  publications  les  plus  essentielles  :  ces 
publications  se  trouvent  toutes  ou  presque  toutes  dans 
la  Bibliothèque  archéologique  qui  est  annexée  au  Musée 
et  qui  est  ouverte  au  public  aux  mêmes  heures  que  le 
Musée. 

C'est  mon  devoir  de  remercier  1'  «  Istituto  Italiano 
d'Arti  Grafiche  >  pour  les  soins  qu'il  a  apportés  à  l'im- 
pression et  à  l'illustration  du  volume.  Les  photographies 
ont  été  exécutées  pour  la  plupart  par  l'atelier  bien 
connu  de  Mr  Reiser  ;  j'en  dois  cependant  un  assez  grand 
nombre    à    l'amitié  du  Doct.   Arnoldo   Rietti  ;  quelques- 

(i)  «  There  is  perhaps  no  climate  in  the  enfire  world  so  perfect  as  that  of 
Alexandria  in  the  earJy  summer  >.  Weigalt.,  The  Life  and  Times  of  Cleopatra, 
Queen  of  Egypt,  p.  21. 


XI         

unes  m'ont  été  fournies  par  Mr  C.  Mamlouck  et  d'autres 
par  Mr  Mohamed  Saoudi. 

L'expression  de  ma  plus  sincère  et  affectueuse  recon- 
naissance doit  aller  à  mes  chers  amis  le  Père  J.  Faivre 
S.  J.,  le  Prof.  G.  Lefebvre  et  Mr  V.  Nourrisson  qui  ont 
bien  voulu  me  prêter  leur  concours  dans  la  tâche  ingrate 
de  la  correction  des  épreuves  ;  le  P.  Faivre  avait  eu  déjà 
l'obligeance  de  revoir  en  entier  mon  manuscrit. 

Enfin  je  ne  dois  pas  oublier  le  Doct.  Alexandre  Gran- 
ville,  Directeur  Général  de  la  Municipalité  :  esprit  large 
et  éclairé,  il  a  voulu  que  le  livre  fût  élégamment  imprimé 
et  richement  illustré. 

Ev.  Breccia. 


LA   VILLE   MODERNE 


E  non  il  flutto  del  deserto  urtante 
e  non  ]a  fuga  dei  barbarici  anni 
valse  a  doinare  quella  balda  figlia 
del  greco  eroe. 
Alacre  industre  a  la  sua  terza  vita 
ella  sorgea,  sollecitando  i  fati. 

Carducci,  Odi  Barbare, 
Alessandria. 


Population.  —  D'après  les  derniers  recensements,  la  popula- 
tion d'Alexandrie  se  monte  au  chiffre  de  400.000  habitants.  Pour 
les  ële'ments  et  les  nationalités  qui  la  composent,  il  est  vrai  de 
dire,  niiitatis  niutandis^  que  les  conditions  de  l'époque,  gre'co- 
romaine  s'y  répètent,  car,  aujourd'hui  même,  on  peut  de'hnir 
Alexandrie  une  ville  cosmopolite.  Parmi  ses  habitants,  on  compte 
presque  70.000  étrangers,  dont  environ  30.000  Grecs,  plus  de  20.000 
Italiens,  quelques  milliers  de  Français,  Anglais  et  autres  sujets 
britanniques  (Maltais,  Indiens),  Autrichiens,  Allemands,  Syriens^ 
Arméniens  ;  il  y  a  aussi  un  certain  nombre  de  Turcs,  de  Suisses, 
d'Espagnols,  d'Américains,  de  Barbarins,  de  Marocains,  de  Russes. 
Chaque  puissance  est  représentée  par  un  Consul. 

Au  point  de  vue  de  la  religion,  la  variété  n'est  pas  moindre. 
La  grande  majorité  est,  naturellement,  musulmane,  mais  il  y  a 
aussi  beaucoup  de  catholiques  de  différents  rites,  beaucoup  d'or- 
thodoxes, de  protestants  et  d'israélites.  Tous  les  cultes  représentés 
en  Egypte  ont  des  églises  ou  des  temples  à  Alexandrie  :  pour 
quelques-uns  même,  Alexandrie  est  le  siège  principal  de  l'autorité 
religieuse. 


On  serait  porté  à  croire  que  cette  varie'te'  de  races,  de  langues, 
de  religions,  de  mœurs  ne  saurait  constituer  une  ville  dont  les 
qualités  les  plus  essentielles  sont  pre'cise'ment  la  tole'rance  et  le 
respect  re'ciproques  :  la  ville  d'Alexandrie  est  une  preuve  que  beau- 
coup de  pre'juge's  et  de  haines  de  races,  beaucoup  de  chauvinismes, 
beaucoup  de  fanatismes  religieux  peuvent  s'atténuer,  disparaître 
même,  lorsqu'une  race  ou  une  nationalité'  a  l'occasion  de  vivre  au 
contact  quotidien  d'autres  races  et  d'autres  nationalite's,  et  peut 
apprendre  que  chacune  de  celles-ci  a  des  qualite's  qu'il  faut 
appre'cier,  des  défauts  qu'on  doit  tolérer. 

Un  accident  se  produit-il  dans  l'une  des  colonies,  il  est  con- 
sidéré comme  un  malheur  pour  les  autres,  et  tous  s'efforcent  d'y 
remédier  avec  une  solidarité  touchante.  Chacun  garde  son  idéal 
politique,  social  et  moral,  mais  tous  respectent  celui  des  autres, 
et  personne  ne  clame  que  le  sien  soit  le  meilleur,  le  plus  beau, 
et  qu'il  doive   gouverner  le  monde. 

Telle  est.  en  somme,  la  condition  admirable  de  la  vie  à  Alex- 
andrie pour  ce  qui  a  trait  aux  rapports  sociaux  de  ses  habitants. 
Il  est  bien  évident  que.  parmi  les  colonies  les  plus  nombreuses, 
il  y  a  des  éléments  qui  laissent  à  désirer,  mais  hâtons-nous 
d'ajouter,  à  la  louange  de  la  ville,  qu'en  proportion  du  chiffre 
de  ses  habitants,  les  crimes  commis  à  Alexandrie  sont  inférieurs 
en  nombre  et  en  gravite  à  ceux  d'autres  villes  ayant  une  popu- 
lation égale. 

Les  Alexandrins  d'aujourd'hui  comptent  sans  doute  parmi  les 
plus  hospitaliers  du  monde  :  Gelai  el-Din  ben  Mokram.  «  maître 
de  ceux  qui  savent  par  cœur  «,  serait  étonné  d'avoir  pu  chanter 
autrefois  :  «  Celui  qui  descend  à  Alexandrie  ne  reçoit  comme 
don  d'hospitalité  —  Que  de  l'eau  ou  la  description  de  la  Co- 
lonne d'El  Saouari.  —  Quand  on  veut  le  bien  traiter,  on  va 
jusqu'à  lui  donner  de  l'air  —  Doux  et  l'indication  du  Phare.  — 
On  lui  peint  aussi  la  mer  et  ses  vagues.  —  En  y  joignant  la 
description  des  grandes  barques  grecques.  —  Que  l'hôte  n'ait 
pas  l'ambition  d'avoir  du  pain  —  Car  il  n'y  a  là  pour  cette 
lettre  aucun  lecteur  ». 

Organisation  Administrative.  —  La  ville  d'Alexandrie,  qui 
est  le  siège  d'un  gouvernorat,  est  administrée,  depuis  1890,  par 
une  Commission  municipale  de  28  membres,  dont  8  sont  nommés 
par  le  gouvernement,  6  sont  membres  de  droit,  de  par  les  fonctions 
élevées  qu'ils  occupent,  6  sont  élus  par  le  collège  général  des 
électeurs  (c'est-à-dire  par  tout  citoyen  payant  un  minimum  de 
7  3  livres  égyptiennes  de  loyer  par  an),  3  sont  élus  par  le  collège 
des  importateurs,   3   par    celui    des    exportateurs,   2   par  les  pro- 


priëtaires.  Il  n'est  pas  admis,  dans  la  Commission  municipale, 
plus  de  3  membres  élus  d'une  même  nationalité'.  La  présidence 
de  la  Commission  revient  de  droit  au  gouverneur  de  la  ville. 
La  Commission  se  divise  en  plusieurs  Comite's  qui  veillent  à  la 
bonne  marche  et  au  développement  des  diffe'rents  services;  elle 
nomme  aussi  une  De'le'gation,  qui  est  son  organe  administratif 
et  exe'cutif  permanent  La  De'le'gation  est  compose'e  de  7  membres, 
plus  le  vice-pre'sident  de  la  Commission,  qui  en  est  membre  de 
droit  et  qui  la  préside.  La  direction  et  la  surveillance  de  tous  les 
services  sont  confiées  à  un  Directeur  Général, qui  assiste  à  titre  con- 
sultatif aux  séances  de  la  Délégation,  de  la  Commission  et  des  Co- 
mités. Le  service  municipal  comprend  les  branches  suivantes:  1.  Ser- 
vice Administratif  et  du  Contentieux,  2.  des  Recettes,  3.  Technique, 
4.  du  Nettoiement,  5.  des  Parcs  et  Plantations,  6.  Sanitaire, 
7.  Vétérinaire,  8.  du  Musée,  9.  de  la  Bibliothèque,  10,  des  Pom- 
piers. A  la  fin  de  chaque  année  l'Administration  publie  en  volume 
les  Rapports  des  Chefs  sur  la  marche  des  divers  services.  Malgré 
la  tendance  du  Gouvernement  à  centraliser  au  Caire  la  direction 
de  toutes  les  branches  de  l'administration,  Alexandrie  est  restée 
le  siège  de  la  Cour  d'Appel  Mixte,  de  l'Administration  des 
Douanes,  des  Ports  et  Phares,  du  Conseil  sanitaire  maritime  et 
quarantenaire.  Pour  la  direction  du  service  de  sûreté  publique, 
et  pour  la  bonne  marche  des  autres  services  publics  qui  ne  relèvent 
pas  de  la  Municipalité,  la  ville  et  son  territoire  constituent  un 
Gouvernorat.  Le  Gouverneur,  qui  est  en  même  temps,  ainsi  que 
nous  l'avons  dit,  président  de  droit  de  la  Commission  municipale, 
est  le  représentant  de  l'Etat  à  Alexandrie:  il  est  aidé  par  un 
sous-gouverneur  et  par  le  commandant  de  la  police.  D'ailleurs 
les  Ministères,  l'administration  de  la  Caisse  de  la  Dette  Publique, 
l'agence  diplomatique  d'Angleterre  résident  à  Alexandrie  pendant 
les  mois  d'été.  S.  A.  le  Khédive,  qui  aime  beaucoup  notre  ville, 
y  passe  plusieurs  mois  de  l'année,  dans  sa  résidence  de  Montazah. 

Climat,  Hygiène,  Confort.  —  Dans  l'antiquité,  Diodore, 
Strabon,  Ammien  Marcellin,  Quinte-Curce,  Celse  et  Pline  ont 
vanté  la  salubrité  du  climat  d'Alexandrie.  Cette  salubrité  y  avait 
attiré  une  grande  affluence  de  valétudinaires,  comme  il  arrive 
aujourd'hui  encore  dans  certaines  villes  exceptionnellement 
abritées  du  littoral  de  la  Méditerranée.  Le  traitement  de  la 
phtisie  amenait  annuellement  à  Alexandrie  une  colonie  élé- 
gante fort  nombreuse.  «  A  Alexandrie,  dit  Strabon,  les  eaux  du 
Nil  venant  à  croître  au  commencement  de  l'été,  remplissent  le 
bassin  du  lac,  et  ne  laissent  subsister  aucune  partie  marécageuse 
d'où    pourraient    s'élever    de    dangereuses    exhalaisons.   De   plus 


c'est  à  cette  même  e'poque  que  soufflent  du  nord  les  vents  e'te'siens, 
qui  arrivent  après  avoir  traverse  une  si  vaste  étendue  de  mer  : 
aussi  l'e'te'  est  pour  les  Alexandrins  une  saison  très  agre'able  ». 
La  renomme'e  de  la  salubrité'  d'Alexandrie  e'tait  très  grande 
même  à  l'e'poque  de  l'historien  arabe  Makrizi  (1441):  «  Ceux  qui 
s'occupent  de  cosmographie,  de  la  description  des  pays,  de  l'ar- 
rangement des  climats  et  des  re'gions,  affirment  que  dans  aucun 
pays  du  monde  l'âge  des  hommes  n'est  aussi  long  qu'à  Ma- 
rabout, dans  le  district  d'Alexandrie,  et  au  Ouadi  Farganah  ». 
On  a,  en  ge'ne'ral,  de  nos  jours,  une  assez  mauvaise  opinion  de 
son  climat;  mais  on  ne  doit  pas  perdre  de  vue  que,  si  les  vents 
du  nord  et  du  nord-ouest  y  dominent,  et  que,  si  une  grande 
humidité  en  constitue,  du  moins  d'Août  à  Novembre,  une  des 
caractéristiques  essentielles,  ces  inconve'nients  sont  mitige's  par  des 
avantages  d'une  importance  capitale.  Nous  voulons  parler  de  la 
grande  stabilité'  thermique,  puis  de  l'air  qui  y  est  incomparablement 
pur,  et  de  la  brise,  qui  pendant  l'été'  y  règne  constamment  depuis 
trois  heures  de  l'après-midi.  Des  observations  me'te'orologiques 
de  plusieurs  anne'es,  on  de'duit  que  la  tempe'rature  minima  donne 
une  moyenne  de  1 6  degre's  centigrades,  la  tempe'rature  maxima 
une  moyenne  de  24  degre's.  Rarement,  même  pendant  les  mois 
les  plus  chauds,  la  tempe'rature  de'passe  31-32  degre's.  Il  pleut 
très  peu  à  Alexandrie,  et  presque  exclusivement  en  Novembre, 
De'cembre  et  Janvier  (de  4  à  7  centimètres  de  pluie  totale  par 
mois)  ;  le  reste  de  l'anne'e,  il  n'y  tombe  guère  que  quelques 
gouttes. 

Le  khamsin  est  un  vent  du  de'sert  très  chaud,  dont  on  se 
fait  une  ide'e  exage'ree,  et  qui  ne  souffle  chaque  fois  que  deux 
ou  trois  jours  ge'ne'ralement,  surtout  vers  l'e'quinoxe  du  printemps. 

Depuis  que  la  Compagnie  des  eaux  a  installe'  de  nouveaux  filtres, 
l'eau  distribue'e  ne  pre'sente  plus  le  moindre  danger  ;  elle  est 
au  contraire  si  pure  qu'elle  peut  soutenir  la  comparaison  avec 
les  meilleures  eaux  potables  connues  ^^\  La  Municipalité  fait  des 
efforts  constants  pour  ame'liorer  d'une  façon  effective  les  conditions 
hygie'niques  de  la  ville.  Beaucoup  de  travaux  d'assainissement 
ont  e'te'  exe'cute's,  beaucoup  d'e'tablissements  insalubres  de'truits, 
une  surveillance  rigoureuse  est  exerce'e  sur  toute  maladie  infec- 
tieuse, qui  est  combattue  sans  merci,  de  telle  sorte  que  le  pour- 

(i)  Il  semble  que  dans  l'antiquité  la  santé  publique  des  classes  pauvres 
laissait  beaucoup  à  désirer,  à  cause  de  l'impureté  de  l'eau,  lorsque  celle-ci  était 
puisée  directement  au  canal  et  non  pas  aux  citernes.  Du  moins  pour  l'époque 
de  César,  nous  avons  le  témoignage  du  Bellnin  Alexandrinunt  :  <  adeo  est  limosa 
atque  turbida  (l'eau)  ut  multos  variosque  morbos  efficiat  >.  Galène  donne  l'élé- 
phantiasis  comme  maladie  caractéristique  d'Alexandrie.  L'  empereur  Auguste  s'est 
beaucoup  préoccupé  d'augmenter  les  aqueducs,  et  de  les  faire  arriver  dans  tous 
les  quartiers  de  la  ville. 


centage  de  la  mortalité  est  en  diminution  constante.  Durant 
les  dernières  anne'es  la  mortalité'  a  e'te  constamment  en  de'crois- 
sance  ;  elle  s'est  réduite,  en  1912,  à  33.6  '^/oo  pour  les  indigènes 
et  à    12.8  °/oo  pour  les  étrangers. 

Alexandrie  offre  à  ses  visiteurs  des  promenades  aussi  pitto- 
resques que  variées,  des  distractions  de  grande  ville,  comme 
courses  de  chevaux,  sports,  théâtres,  concerts,  conférences;  elle 
possède  également  des  hôtels  de  tout  premier  ordre. 

Edilité.  —  On  ne  saurait  guère  affirmer  que  nos  ingénieurs 
et  nos  architectes  modernes  aient  égalé  Dinocrate,  ni  ses  colla- 
borateurs et  successeurs,  pour  faire  d'Alexandrie  une  ville  mo- 
numentale ;  on  est  plutôt  forcé  d'avouer  que  la  plus  grande 
partie  des  1  âtiments  publics  et  privés  accusent  un  goût  médiocre. 
Quelques  tentatives  isolées  feraient  pressentir  que  le  sentiment 
du  beau  commence  à  pénétrer  les  esprits  même  les  moins  cultivés. 
Les  nouveaux  parcs  et  le  grand  quai  du  port-est  contribueront 
certainement  à  rehausser  la  beauté  de  la  ville.  Le  faubourg  de 
Ramleh  du  reste,  bien  que  s'étant  développé  trop  rapidement, 
sans  plan  préconçu,  possède  parmi  de  nombreuses  villas  dispersées 
sous  des  palmiers,  qui  ajoutent  à  son  pittoresque,  plusieurs  pro- 
priétés grandioses  entourées  de  jardins  superbes.  La  rotite  de  la 
corniche  projetée,  et  en  partie  construite,  entre  Silsileh  (Cap  Lo- 
chias)  et  S.  Stefano,  qui  longera  la  Méditerranée  sur  une  longueur 
de  huit  kilomètres,  constituera  une  des  plus  belles  promenades 
du  monde. 

Commerce.  —  Le  commerce  du  port  d'Alexandrie  s'est  accru 
dans  des  proportions  étonnantes  au  cours  de  ces  dernières  années. 
En  19 12  la  statistique  signale  !e  mouvement  suivant:  Vapeurs 
entrés  1927,  sortis  1933,  total  3860.  Tonnage  net  de  registre 
total  pour  les  vapeurs  entrés  et  sortis  6.971.247  tonnes.  Marchan- 
dises à  l'arrivée  2.660.170  tonnes,  au  départ  1.4 17. 029,  c'est-à-dire 
un  total  de  4.077.199.  Passagers  182,782.  Voiliers  :  entrés  749, 
sortis  754,  total  1503  ;  tonnage  de  registre  total  pour  les  voiliers 
entrés  et  sortis  184.065  tonnes.  Marchandises  à  l'arrivée  68.917 
tonnes,  au  départ  37.353,  total  106.270.  Valeur  de  la  récolte 
du  coton  26.507.Q55  liv.  égypt.  C'est  le  chiffre  le  plus  élevé 
qui  ait  jamais  été  atteint.  Cet  énorme  mouvement  de  commerce 
nécessite  chaque  jour  de  nouveaux  travaux  pour  améliorer  le 
port  :  on  construit  de  nouveaux  quais,  on  élargit  l'avant-port, 
dernièrement  on  a  créé  une  nouvelle  passe  navigable  par  tous 
les  temps  et  pour  les  navires  du  plus  fort  tonnage,  à  leur  entrée 
comme  à  leur  sortie. 


Vie  intellectuelle.  —  En  dehors  de  nombreuses  e'coles  pri- 
maires et  secondaires  de  différentes  nationalite's  et  de  quelques 
e'coles  d'arts  et  me'tiers,  Alexandrie  possède  une  Université  po- 
pulaire libre  où  l'on  donne  des  cours  de  langues  modernes  et 
des  séries  de  conférences  sur  tous  les  sujets  qui  peuvent  intéresser 
et  développer  une  culture  supérieure.  Un  Conservatoire  très  fré- 
quenté tente,  avec  succès,  de  propager  le  goût  de  la  musique 
parmi  le  peuple.  La  ville  peut  s'enorgueillir  de  posséder  une 
Bibliothèque  d'environ  25.000  volumes,  un  Musée  archéologique, 
dont  l'importance  augmente  chaque  jour,  et  une  Galerie  de  ta- 
bleaux cédée  dernièrement  à  la  ville  par  feu  M.  Friedheim.  Une 
Société  archéologique,  qui  compte  environ  i  30  membres,  contribue 
beaucoup  à  réveiller  l'intérêt  des  Alexandrins  pour  la  gloire 
passée  de  leur  ville.  Elle  fait  exécuter  des  fouilles,  donne  des 
conférences,  organise  des  excursions  et  publie  un  bulletin  archéo- 
logique. Une  Société  de  sciences  naturelles,  fondée  en  1908, 
groupe  un  certain  nombre  d'amateurs  et  de  savants.  A  côté  de 
nombreux  journaux  politiques  quotidiens,  édités  en  toutes  langues, 
il  y  a  des  revues  scientifiques  et  littéraires  bimensuelles  ou  men- 
suelles. Souvent  celles-ci  n'ont  duré  que  ce  que  durent  les  roses, 
mais  la  fréquence  de  leur  apparition  est  peut-être  une  preuve 
qu'elles  répondent  à  un  besoin  intellectuel  de  la  population. 

Visite  à  la  ville  moderne.  —  La  vaste  place  rectangulaire 
(environ  450  mètres  de  longueur  sur  100  mètres  de  largeur), 
qui  porte  le  nom  du  fondateur  de  la  prospérité  d'Alexandrie, 
le  grand  Mohamed-Ali,  forme  le  centre  de  la  ville  moderne.  Au 
milieu  de  la  place  se  trouve  le  monument  que  la  ville  lui  a  érigé 
(fig.  i).  Cette  belle  statue  équestre  en  bronze,  signée  Jacquemart, 
a  été  fondue  à  Paris  ;  la  base  est  en  marbre  de  Carrare.  A 
l'ouest  de  la  place,  s'étend  le  quartier  dit  du  Midan  (Bazar  arabe), 
et  la  rue  Franque  qui  mène  au  port,  à  la  baie  d'Anfouchy,  à 
l'ancienne  nécropole  du  même  nom  et  au  palais  de  Ras-el-Tin, 
résidence  d'été  du  Khédive.  Il  est  à  conseiller  de  s'y  rendre  par 
la  belle  route  longeant  les  quais  du  Port-Est  et  ceux  de  la  baie 
d'Anfouchy,  et  de  prolonger  la  promenade  jusqu'au  Sailing  Club 
d'où  l'on  jouit  d'une  vue  superbe  du  port. 

En  suivant  la  rue  Franque  qui  s'ouvre  sur  le  coté  ouest  de  la 
place  Mohamed-Ali,  on  rencontre  à  quelques  centaines  de  mètres  la 
mosquée  Ibrahim  Terbana  bâtie,  en  1685  (ère  chrétienne),  avec 
des  matériaux  appartenant  à  des  monuments  de  l'époque  Gréco- 
Romaine. 

«  C'est,  —  dit  M.  Herz  Pacha,  Conservateur  des  Monuments  de 
^'Art  arabe  —,  une  grande  construction  rectangulaire,  massive  et 


crépie  au  lait  de  chaux,  porrant  sur  une  de  ses  faces  longitu- 
dinales de  petites  boutiques  garnies  d'auvents  en  nattes  :  au  des- 
sus est  une  medresseh  et  une  galerie  extérieure  forme'e  de  co- 
lonnettes  supportant  des  arcs  en  fer  à  cheval  et  munie  d'une 
balustrade  en  bois.  I/e'difice  est  surmonte'  d'un  minaret,  à  pans 
coupe's,  termine  par  une  galerie  hexagonale,  d'où  s'e'lève  une 
colonne  cylindrique  coiffe'e  d'un  bulbe....  La  porte  e'troite  et  peu 
ornée  est  près  de  l'angle  de  cette  façade  :  on  v  monte   par   un 


i^^  \, 


Fig.  I. 


escalier  de  cinq  à  six  marches.  Cette  porte  pre'sentait  aussi  une 
de'coration  assez  éle'gante,  mais  aujourd'hui  tout  est  dégrade'. 
A  l'inte'rieur  les  murs  et  les  niches  de  prière  sont  ornés  de  car- 
reaux en  faïence  de  toute  sorte  à  décors  géométriques  du  genre 
de  ceux  qu'on  trouve  à  Rosette   >. 

La  Mosquée  d'Abdel  Baki-el-Chourbagui,  située  au  commence- 
ment de  la  rue  de  Ras-el-Tin,  a  été  construite  en  1757.  Une  grande 
galerie  s'ouvre  sur  la  façade. 

Plus  loin,  à  droite  de  la  rue  de  Ras-el-Tin,  entre  celle-ci  et 
les  quais,  se  trouve  la   Mosquée  de  Sidi  Aboul-Abbas-el-Moursi, 


où  l'on  arrive  par  le  Midan  du  même  nom.  Cette  mosquée  est 
la  plus  respecte'e  de  la  ville,  car  elle  porte  le  nom  et  abrite  la 
tombe  d'un  grand  savant  mort  en  686  de  l'he'gire  (1287-88). 
De  la  mosque'e  primitive  il  ne  subsiste  plus  rien.  L'édifice 
actuel  est  l'œuvre  entreprise  en  1180  de  l'he'gire  (1766-67)  par 
de  pieux  Maghrabins. 

Sur  le  côté  Sud  de  la  place  Mohamed-Ali,  on  remarque  le 
Palais  de  Justice  et  quelques  benux  immeubles,  tels  que  celui  de 
M,  Primi,  celui  où  siège  la  Banque  Ottomane,  la  Galerie  Me- 
nasce,  et  enfin,  dans  le  style  moresque,  le  palais  du  Prince 
Ibrahim.  L'interminable  rue  des  Soeurs  qui  de'bouche  sur  ce  côte' 
de  la  place  et  que  longe  une  double  ligne  de  tramway  sur  tout 
son  parcours,  conduit  à  Minet-el-Bassal  (où  sont  les  grands  dépôts 
de  coton,  de  bois  et  de  ce'réales),  à  la  gare  des  marchandises 
de  Gabbari  et  au  faubourg  du  Mex  (en  face  du  Caracol  Lab- 
bane,  se  de'tache  la  ligne  qui  va  jusqu'au  Port).  Au  sud-est,  à 
quelques  pas  de  la  place  Mohamed-Ali,  il  y  a  le  squnre  et 
l'e'glise  S'^'^-Catherine.  Non  loin  de  celle-ci  l'e'glise  patriarcale 
grecque-orthodoxe,  le  siège  de  l'archevêque  catholique  latin.  Sur 
le  côte'  nord  de  la  place  Mohamed-Ali,  on  remarque  l'okelle 
Monferrato  et  plus  loin  l'immeuble  St-Marc,  qui  sert  d'e'cole  et 
de  lieu  de  re'union  pour  la  communauté  anglaise  ;  dans  le  jardin 
qui  entoure  l'e'glise  anglicane  adosse'e  à  l'immeuble  St-Marc, 
est  le  buste  du  gêne'ral  Earle,  tue'  à  Birbekan  dans  un  combat 
contre  les  derviches,  en  1S85.  La  Bourse,  bâtie  sur  les  plans  de 
l'architecte  Mancini,  se  trouve  entre  la  rue  Che'rif  Pacha  et  la 
rue  Tcwfick  et  occupe  tout  le  côte'  est  de  la  Place. 

Il  y  a,  dans  la  rue  Che'rif  Pacha,  quelques  constructions  re- 
marquables, dont  les  rez-de-chausse'e  sont  occupe's  par  de  riches 
et  e'ie'gants  magasins  et  de  nombreux  bureaux  de  banques  ou  de 
socie'te's  commerciales.  Lorsqu'on  a  creuse'  les  fondations  des 
maisons  qui  bordent  cette  rue,  on  a  retrouve'  et,  malheureuse- 
ment, on  a  de'moli  ou  caché  à  jamais  les  ruines  de  plusieurs 
monuments  de  l'ancienne  ville. 

A  l'extrémité  de  la  rue  Che'rif  se  trouve  un  carrefour.  En 
face  de  soi,  on  a  la  rue  de  la  Gare  du  Caire  qui  conduit  aussi 
au  quartier  de  Moharrem-Bey  et  au  Canal  Mahmoudieh  ;  à  droite, 
la  rue  Sidi  Metualli  ;  à  gauche,  la  rue  de  Rosette. 

Ces  deux  dernières  rues  suivent  avec  beaucoup  d'approxi- 
mation l'ancienne  avenue  longitudinale  ou  rue  Canopique,  qui  se 
terminait  par  la  porte  de  la  Lune  à  l'occident,  par  la  porte  du 
Soleil  à  l'orient.  Dans  les  fondations  de  la  «  Bourse  Toussoun  » 
(bureaux  Cook),  on  a  retrouvé,  en  1886,  les  ruines  d'un  temple 
gréco-égyptien    dédié    à    Osorapis    et    à    Isis,  au    roi    Ptolémée 


Philopator  et  à  sa  femme  Arsinoe'.  On  se  dirige  vers  le  sud- 
ouest  si  on  veut  aller  à  la  colonne  dite  de  Pompe'e  (Se'rapeum) 
et  aux  hypoge'es  de  Kom-el-Chogafa,  en  suivant  les  rues  Sidi 
Metualli,  Saleh-el  Dine,  du  Premier  Khe'dive,  de  la  Colonne  Pompée. 
A  une  centaine  de  mètres,  en  suivant  la  rue  de  Rosette,  on 
rencontre  la  rue  Nabi  Danial.  On  croit  que  la  Mosquée  Nabi 
Danial,  vis-à-vis  l'ancien  consulat  de  France,  au  pied  de  Kom 
ed  Demas,  recouvre  l'emplacement  où  se  trouvait  et  où,  selon  la 
conviction  de  beaucoup  de  personnes,  doit  encore  se  trouver  la 
tombe  d'Alexandre  le  Grand.  La  colline  qui  s'e'lève  sur  la  droite 
de  la  rue  de  la  porte  Rosette,  au  delà  de  Kom  ed-Demas,  est 
connue  sous  le  nom  de  Kom-ed-Dik  et  correspond  à  l'ancien 
Paneum  qui  e'tait  un  parc  monumental.  Au  pied  de  Kom  ed- 
Demas  du  côté  de  la  rue  de  Rosette,  en  creusant  les  fondations 
de  la  maison  Boustros  qui  porte  aujourd'hui  le  n°  28,  on  a  trouvé 
la  statue  colossale  d'Hercule,  actuellement  au  Musée.  En  creusant 
les  fondations  de  la  maison  Lifonti  (n°  12),  on  a  découvert  un 
grand  socle  portant  le  nom  de  1'  empereur  Valentinien  (Musée, 
salle  6).  En  creusant  les  fondations  du  théâtre  Zizinia,  on  a  mis 
au  jour  une  belle  statue  de  Marc-Aurèle  (Musée,  salle  12),  ainsi 
que  d'autres  statues  en  marbre  ;  sans  doute  cet  endroit  était  un 
des  centres  les  plus  importants  de  la  ville  ancienne.  La  rue  Ca- 
nopique  était  flanquée,  dans  toute  sa  longueur,  de  beaux  portiques, 
de  temples  et  de  riches  palais,  dont  les  colonnes  et  les  débris 
sont  cachés  sous  les  immeubles  actuels. 

Parmi  les  constructions  modernes  ont  peut  signaler  le  théâtre 
Zizinia,  le  New  Khedivial  Hôtel  et  le  joli  palais  du  Comte  Zo- 
gheb,  actuellement  siège  du  Tribunal  indigène;  plus  loin,  le  Palais 
Municipal,  au  nord  duquel  est  situé  le  Musée,  dans  la  rue  du 
même  nom. 

Si,  allant  jusqu'au  bout  de  la  rue  Rosette,  on  tourne  à  gauche 
en  suivant  la  ligne  du  tramway,  on  parvient  aux  jardins 
publics  de  la  rue  d'Allemagne,  dans  le  sous-sol  d'une  partie 
desquels  on  peut  visiter  la  belle  citerne  el-Nabih,  à  trois  étages. 
Au  milieu  des  jardins,  est  le  monument  élevé ^  en  l'hon- 
neur de  Nubar  Pacha,  ministre  des  Affaires  Etrangères  sous  le 
Khédive  Ismaïl,  président  du  conseil  des  Ministres  et  Ministre 
de  l'Intérieur  sous  Tewfick,  qui  a  beaucoup  contribué  à  euro- 
péaniser l'Egypte.  Sur  la  place  Saïd  a  été  élevé,  par  les  soins 
de  feu  le  Dr.'  Schiess  Pacha,  une  grande  colonne  en  granit  rose 
d'Assouan,  trouvée  dans  une  propriété  voisine  des  Barons  de 
Mcnasce.  La  colonne  devait  appartenir  à  une  grande  construc- 
tion du  quartier  royal  de  l'époque  ptolémaïque,  ainsi  quelle 
chapiteau  en  granit  verdâtre  qui  la  surmonte.    11    y    a,  à    côte 


lO         

du  socle,  deux  statues  de  Sechmet,  déesse  de  la  guerre,  à  tête 
de  lionne.  La  colline  sur  laquelle  s'e'lèvent  les  e'difices  et  le 
jardin  de  l'hôpital  du  Gouvernement  doit  recouvrir  les  ruines 
d'importantes  constructions  ptolëmaïques  et  romaines,  et  peut- 
être  même  du  The'âtre.  Le  jardin  me'rite  une  visite  parce  qu'on 
y  voit  un  ancien  sarcophage  en  granit,  flanque  de  deux  belles 
colonnes  avec  reliefs  chre'tiens,  provenant,  semble-t-il,  de  l'an- 
cienne église  de  The'onas.  Le  sarcophage  ainsi  que  les  colonnes 
ont  été'  placés  là  par  les  soins  de  l'ancien  directeur  de  l'Hôpital 
indigène,  le  Dr.  Schiess  Pacha  qui  y  est  enseveli.  Il  a  également 
érigé,  en  souvenir  du  jubilé  de  la  reine  Victoria,  la  colonne  en 
marbre  blanc  qu'on  observe  sur  le  sommet  de  la  colline.  On 
jouit,  en  cet  endroit,  d'une  vue  superbe  sur  la  mer  et  sur  la 
ville.  Si  on  se  tourne  vers  le  nord,  on  a,  à  droite,  les  différents 
faubourgs  de  Ramleh,  à  gauche  et  derrière  soi,  toute  la  ville,  de 
la  porte  Rosette  au  Mex  ;  en  face,  l'immense  plaine  de  la  mer 
d'une  beauté  saisissante  sous  la  lumière  intense  d'un  ciel  toujours 
bleu;  au  pied  de  la  colline,  le  nouveau  quai,  travail  colossal  qui 
a  enrichi  la  ville  d'une  promenade  splendide,  que  l'on  pourra 
orner  de  palais,  d'édifices  et  de  monuments  qui  constitueront, 
espérons-le,  un  hommage   à  l'art   et  à  l'esthétique. 

Le  nouveau  quai  ceint  l'ancien  port  (Portus  magnus),  du 
Cap  Lochias  (nord-est)  au  Phare  (nord-ouest:  Fort  Qait-Bey),  et 
nous  savons  que  cet  emplacement  était  peuplé  de  merveilleuses 
constructions  qui  faisaient  l'orgueil  d'Alexandrie. 

En  redescendant  rue  d'Allemagne,  on  la  suit  jusqu'à  la  rue 
Missalla  (rue  de  l'Obélisque).  Cette  rue  a  pris  son  nom  des 
obélisques,  connus  sous  les  noms  d'aiguilles  de  Cléopâtre,  et 
qui  se  trouvaient  à  la  fin  de  cette  rue  entre  la  gare  du  tramway 
de  Ramleh  et  la  maison  actuelle  de  Yehia  Pacha.  Ces  obélisques, 
dont  l'un  était  debout  et  l'autre  couché  sur  le  sol,  marquaient 
l'entrée  ou  une  des  entrées  du  Gesareum  ou  Sebasteion  (temple 
vaste  et  célèbre  dédié  au  culte  des  empereurs)  (fig.  2).  L'un  de 
ces  obélisques  a  été  cédé  aux  États-Unis  et  décore  actuellement 
une  place  de  New-York,  l'autre  a  été  envoyé  à  Londres,  où  il 
a  été  dressé  sur  le  bord  de  la  Tamise. 

La  rue  Missalla  débouche  à  gauche  sur  le  boulevard  de  Ramleh, 
qui  possède  plusieurs  maisons  remarquables  et  qui  est  toujours 
très  animé,  car  il  conduit  à  la  gare  terminus  des  riches  faubourgs 
orientaux  de  la  ville.  Le  boulevard  de  Ramleh  aboutit  non  loin 
de  la  place  Mohamed-Ali,  d'où  nous  étions  partis. 

Ramleh.  —  Ramleh  signifie  en  arabe  le  «  Sable  »  ou  le 
«  Désert  »,  mais  à  Alexandrie  il  indique,  par  extension,  l'ensemble 


des  faubourgs  le  long  de  la  côte  orientale,  depuis  l'Ibrahimieh 
jusqu^aux  Palais  de  S.  A.  la  Khe'divah  Mère.  Ces  faubourgs  sont 
bâtis  sur  une  e'troite  ligne  de  collines  sablonneuses  entre  la  mer, 
le  lac  de  Hadra  et  le  canal  Mahmoudieh.  L'origine  de  Ramleh 
est  re'cente.  Il  n'y  a  pas  un  demi-siècle,  ce'tait  Ramleh,  du  sable, 
au  vrai  sens  du  mot,  car  sauf  quelques  groupes  de  pauvres 
maisonnettes  arabes  et  de  tentes  de  Bédouins,  il  n'y  avait  pas 
une  seule  maison  européenne.  Le  développement  toujours  crois- 
sant de  l'ensemble  des  faubourgs  a  été  d'une  étonnante  rapidité. 
Plusieurs  causes  v  ont  contribué:  le  chemin  de  fer  d'abord,  cons- 


Fig.  2. 


truit  il  y  a  environ  quarante  ans,  et  qui  a  été  transformé  tout 
récemment  (1904)  en  ligne  de  tramway  électrique;  la  sé- 
cheresse du  climat,  qui  contraste  avec  l'humidité  de  la  ville  ; 
enfin  l'accroissement  extraordinaire,  bien  qu'un  peu  fictif,  de  la 
prospérité  générale  en  Egypte,  avnnt  la  crise  qui  a  sévi  en  1  907-08. 
D'ailleurs  le  séjour  de  Ramleh  est  non  seulement  très  sain, 
mais  encore  très  agréable,  grâce  à  la  proximité  de  la  plage, 
aux  jardins  dont  la  plupart  des  maisons  sont  entourées,  et  aux 
nombreux  bosquets  de  dattiers  (fig.  3).  On  pourrait  dire  que 
ce  faubourg  réalise  l'idéal  de  la  cité  jardin.  Aujourd'hui  Ramleh 
compte  30.000  habitants  environ.  S'il  n'a  pas  eu  à  l'époque 
ptolémaïque  un  nombre  considérable  d'habitants,  il  a  été  très 
peuplé    à    l'époque    romaine    depuis    Octave-Auguste.     Ce     fau- 


bourg  avait  ete  appelé  Juliopolis  d'abord  et  ensuite  Nico- 
polis.  On  prend  le  tramway  à  la  Gare  de  Ramleh  (monter 
sur  rimpériale  s'il  n'y  a  pas  trop  de  vent).  Avant  d'arriver 
à  la  gare  dite  du  «  Camp  de  Ge'sar  »  on  a.  à  droite,  les 
cimetières  européens  modernes  ;  sur  l'esplanade,  à  gauche,  la 
ne'cropole  dite  de  Chatby,  une  des  plus  anciennes  d'Alexandrie. 
Elle  a  été  explorée  pnr  le  Musée  en  1904-1905  (voir  Musée, 
salles  20-21).  Après  la  gare  du  «  Camp  de  César  »  viennent 
celles  d'Ibrahimieh,  du  Sporting  Club  (vue  à  droite  sur  le  champ 
de  courses  ;  Polo  ;  Lawn-Tcnnis  5  Cricket),  de  Cléopâtre,  de  Sidi 
Gaber,  de  Mustapha  Pacha    casernes  du  corps  d'occupation,  tout 


Fig. 


près  de  l'ancien  Camp  Romain),  de  Carlton  Hôtel,  de  Bulkeley 
(villa  Alderson.  entrée  gratuite),  Fleming,  Bacos,  Seffer  (Hôtel 
Beauséjour),  Schutz  (Hôtels  Miramar  et  de  Plaisance),  San  Ste- 
fano  (Hôtel  Casino,  Etablissements  de  bains  ;  musique  tous  les 
jours  en  été),  Beau-Rivage  (Hôtel  :  Skating  Rink),  Palais  de  la 
Khédivah  Mère. 

Cette  promenade  d'Alexandi  ie  à  San  Stefano  peut  se  faire  aussi 
en  voiture.  On  sort  par  la  rue  de  la  Porte  Rosette  en  suivant  une 
route  parallèle  à  la  ligne  du  tramway;  elle  est  bordée  de  jardins 
et  de  villas.  Pendant  toute  l'année,  l'après-midi,  il  y  a,  sur 
cette  promenade,  un  va-et-vient  incessant  de  voitures,  d'auto- 
mobiles, de  chevaux,  de  bicyclettes.  En  face  d'Ibrahimieh,  à  droite 
de  la  route,  on  a  le  village  de  Hadra,  près  de  l'emplacement  de 
l'ancien     faubourg    Eleusis.    Près    du  lac    de    Hadra    existaient 


. _____^    13     ^-  - 

jusqu'au  milieu  du  XIX"^^  siècle  les  derniers  vestiges  du  ce'lèbre 
temple  Telesterion,  bâti  par  Pcolémëe  II.  C'est  là  qu'on  a  de'- 
couvert  les  restes  des  statues  colossales  en  granit  vert  d'Antoine 
en  Osiris  (aujourd'hui  dans  la  Cour  du  Musée)  et  de  Cleopâtre 
en  Isis  (aujourd'hui  en  Belgique  au  château  du  baron  de  Wa- 
rocque')  (0. 

Canal  Mahmoudieh.  —  Une  promenade  non  moins  agre'able 
est  celle  du    «    Canal  Mahmoudieh   »    jusqu'au    jardin    public  de 


Fig:. 


Nouzha.  On  peut  même  visiter,  un  peu  plus  loin,  le  jardin  An- 
toniadis  qui  renferme  un  hypogée  d'e'poque  romaine^^).  Une 
superbe  alle'e  se  de'tache  de  la  rue  d'Aboukir  en  face  de  l'entre'e 
des  cimetières  europe'ens  et  va  jusqu'au  Rond-Point  (établisse- 
ment de  la  Compagnie  des  Eaux),  De  là,  d'autres  allées  se 
de'tachent  et  vont  jusqu'au  canal  Mahmoudieh,  soit  du  côté  de 
Moharrem  Bey,  soit  du  cote'  de  Hadra  (on  peut  aller  par 
Moharrem  Bey  et  revenir  par  Hadra), 

(i)  M,  CoNsiGLi,  clans  le  Spettatore  Egiziano  et  da.ns  le  Messaggere  di  Mo- 
dena  du  28  mars  1856,  parle  aussi  d'une  <  bella  Cariatide  in  marino  bianco,  per- 
fettarnente  scolpita,  di  grandezza  colossale  >.  J'ignore  le  sort  que  cette  belle 
sculpture  a  subi. 

(2)  V.  Thiersch  h.,  Zrvei  antike  Grabanlangen  bei  AJexandria, 


14      

Le  canal  qui  porte  aujourd'hui  le  nom  du  sultan  Mahmoud,  n'a 
pas  e'të  creuse  par  Mohamed-Ali.  Le  fondateur  de  l'Alexandrie 
moderne  s'est  borne'  à  la  re'fection  et  au  curage  du  canal,  qui 
existait  à  peu  près  depuis  la  fondation  de  l'ancienne  ville,  et  qui 
e'tait  de'rive  de  la  branche  Ganopique  du  Nil,  à  Ghe'reum  et 
Schedia  (Karioun-Kom-el-Guizeh)  près  de  Kafr-ed-Dawar.  Le  lit 
du  nouveau  canal  se  confond  avec  celui  de  l'ancien  à  partir  de 
cet  endroit  jusqu'à  quelques  centaines  de  mètres  de  l'embouchure, 
où  il  abandonne  l'ancien  trace',  pour  faire  un  coude  à  l'ouest  de 
la  gare  du  chemin  de  fer  du  Gabbari. 


Fig.  5- 


Au-delà  de  Schedia,  le  Mahmoudieh  suit  le  tracé  du  vieux 
canal  de  Fouah.  Mohamed-Ali  a  de'pense'  pour  ce  travail  7  mil- 
lions et  demi  de  francs  et  a  employé'  250.000   ouvriers. 

Le  canal  est  sans  cesse  parcouru  par  des  barques  que  sur- 
montent deux  immenses  voiles  blanches  (fig.  4)  ;  ses  bords  sont 
ombrage's  par  des  arbres  gigantesques,  et  la  route  qui  le  longe 
passe  devant  de  riches  villas.  L'immense  et  calme  plaine  du  lac 
Mare'otis,  qu'on  aperçoit  au  delà  dans  toute  son  e'tendue  contribue 
à  augmenter  le  pittoresque  de  ce  beau  paysage  e'gyptien  (fig.  5). 

Jardin  Nouzha.  —  Du  Rond-Point  on  arrive  en  une  vingtaine 
de  minutes  au  Jardin  Nouzha,  proprie'té  de  la  ville,  destiné  à 
devenir  prochainement  un  des  rendez-vous  préférés  des  Alexan- 
drins. Il  comprend   une  superficie  d'environ  30.000  mq.  :  disposé 


15       

autrefois  en  parc  par  le  Khédive  Ismaïl,  il  avait  e'té  abandonne'  en- 
suite, et  ne  conservait  plus  guère  que  des  vestiges  de  son  ancienne 
splendeur.  Ce  n'est  que  dernièrement  que  la  Municipalité'  a  pris 
l'heureuse  initiative  de  le  transformer  à  nouveau  et  de  lui  rendre 
sa  beauté'  première.  Dans  un  paysage  magnifiquement  situe',  on  voit 
la  flore  me'ridionale  s'e'panouir  ici  dans  toute  sa  richesse;  à  côte' 
de  petits  bosquets,  on  rencontre  de  vastes  emplacements  laisse's 
libres  et  re'serve's  aux  re'unions  des  grands  comme  aux  jeux  des 
petits  ;  il  y  a  un  kiosque  de  musique  ;  ici  et  là  des  abris  des- 
tine's  aux  pique-niques  ajoutent  le  confort  occidental  aux  sug- 
gestions du  paysage  d'Orient.  Du  point  le  plus  e'ieve',  on  a  une 
très  belle  vue  sur  le  lac  de  Hadra,  la  promenade  de  Ramleh  et 
les   faubourgs  d'Ibrahimieh,   Sidi-Gaber,   San   Stefano. 


LA  VILLE  ANCIENNE 


<   L'estremo 
Eroe  cui  Ella  (Elena  di    Sparta)    soggiacque 
nomavasi,   corne  l'idéo 
rapitor  suo  primo,  Alessandro. 
Su  quella  zona  terrestre 
che   si  protende    arenosa 
tra  il  Mediterraneo  mare 
e  il  Mareotide  lago, 
il   giovine  eroe  la  premette 
e  fu  lor  proie  Alessandiia  >. 

D'An-nunzio,  Laus  Vita:,   1335  1344 


Aperçu  historique.  —  En  juillet  332  a.  G.,  après  sept  mois  de 
siège,  la  ville  de  Tvr  tombait  entre  les  mains  d'Alexandre  le 
Grand;  et  toute  la  Syrie  me'ridionale  ne  tarda  pas  à  subir  le  même 
sort.  Le  Gonquérant  put  alors  marcher  sur  1'  Egypte.  Ge  pays 
avait  e'té  soumis  par  Ochus  depuis  quelques  années  seulement, 
après  un  demi-siècle  d'indépendance,  et  gardait  le  souvenir  brû- 
lant des  cruautés  commises  par  les  Perses  au  moment  de  la  con- 
quête. Les  Egyptiens  saluèrent  Alexandre  (fig.  6)  comme  un  libe'- 
rateur.  Il  passa  un  hiver  dans  le  pays  et  fonda  cette  Alexandrie 
qui,  en  quelques  dizaines  d'anne'es,  devait  devenir  le  centre  du 
commerce  du  monde  entier,  le  centre  aussi,  ou  tout  au  moins 
l'un  des  centres  les  plus  importants,  de  la  civilisation  grecque 
de  l'e'poque  helle'nistique,  et  qui  devait  rester  pendant  plus  de 
trois  siècles  la  ville  la  plus  riche  et  la  plus  peuple'e  de  la  terre. 

La  prospe'rite'  si  prompte  d'Alexandrie,  a  fait  attribuer  sa  fon- 
dation à  une  inspiration  divinatrice  du  Gonquérant  :  Alexandre, 
dit-on,  s'étant  rendu  maître  de  Memphis  et  suivant  la  cote  pour 
gagner  l'oasis  d'Ammon  (aujourd'hui  Siwa),  aurait  été  frappé  de 
l'excellente  position  qu'offrait  la  bourgade  de  Rhakotis,  en  face 


de  l'île  de  Pharos,  pour  l'e'tablissement  d'un  port  qui  fût   en  re- 
lation avec  le  reste    de  la  terre.  Quelques    historiens    modernes 
pensent  que  les  preuves  du  ge'nie  d'Alexandre  doivent  être  cher- 
che'es  ailleurs  que  dans  le  choix  de  cet  emplacement  ;  si  Alexan- 
drie, disent-ils,  avait  ëte'  fonde'e  près  de  la  baie  de  Ganope  (Aboukir), 
ou  sur  un  autre  point  de  la  cote  relie  par  un  canal  avec    l'in- 
te'rieur  du  Delta,  elle  aurait  eu 
certainement  le  même  succès. 
«  It  was,    I    believe,  e'crit    le 
professeur    Mahaffy,    not    the 
eagle    eye    of  the   conqueror, 
but  the   proximity  of  Naukra- 
tis,  and  the  représentations  of 
its  traders,  which  led  him  to 
choose  the  western  extrême  of 
the  Delta  ».  Assurément  il  faut 
tenir  compte  des  exagérations 
introduites    dans  les  le'gendes 
qui  se  sont  formées  après  coup 
sur  les  origines  d'Alexandrie; 
Alexandre  n'avait  sans  doute 
pas  preVu  que  cette  ville  devien- 
drait la  me'tropole  du  monde 
helle'nistique;  toutefois  il  faut 
croire  qu'il   a    eu    de   bonnes 
raisons  pour   préfe'rer    à    Ga- 
nope, proche  elle  aussi  de  Nau-  '^  " 
kratis,  et  déjà    florissante,  le 
point  de  la  cote  qui  faisait  face 

à  l'île  de  Pharos  ;  et  si  les  habitants  de  Ganope  furent  encourage's  à 
abandonner  leur  ancienne  ville  pour  venir  habiter  la  nouvelle,  on 
doit  admettre  qu'Alexandre  obéissait,  non  pas  aux  suggestions  des 
Naukratites,  mais  à  la  conviction  que  l'emplacement  choisi  était 
plus  avantageux  que  tout  autre  (').  Les  plans  de  la  future  cité 
furent  tracés  par  l'architecte  Dinocrates  et  les  travaux  commen- 
cèrent aussitôt.  Gléomènes  de  Naukratis,  qu'Alexandre,  après  la 
conquête  de  l'Egypte,  avait  placé  à  la  tête  de  l'administration 
financière  (il  fut  tué  par  Ptolémée  à  la  mort  du  roi,  en  322), 
était  chargé  de  veiller  à  la  rapide  exécution  du  projet.  Néan- 
moins, au  moment  de   la  mort  du  Gonquérant  (322),  les  travaux 


(i)  Ceci  ne  justifie  pas,  naturellement,  un  sophisme  tel  que  le  suivant:  c  A- 
lexandre  s'est  plus  illustré  en  fondant  Alexandrie  et  en  méditant  d'y  transporter 
le  sièp:e  de  son  empire,  que  par  ses  plus  éclatantes  victoires  >.  Cfr.  Dimitsa, 
'laxoQta  rî}?  àg)^aîaç  jtôkscoç  'Ake^avôgeiaç,   pag.  48  seq. 


i8      

n'étaient  pas  très  avancés,  et  malgré  l'activité  déployée  par  Pto- 
lémée,  fils   de  Lagos,  devenu    satrape    d'abord  et  ensuite   (306) 
roi    d'Egypte,    ce    ne    fut    que  sous    le    règne    de  Ptolémée  II 
(285-246)  qu'Alexandrie  cessa  d'être   un   chantier,  pour  devenir 
la  cité  dont    la    beauté    exalta  l'imagination  des  contemporains. 
Les  trois  premiers    Ptolémées,  princes    magnifiques  et  libéraux, 
dont    le    bon    goût    égalait    la    sagesse  politique,  bâtirent,    sans 
compter,  un  nombre  considérable  de  temples,  d'édifices    publics 
et  de  monuments,  et  ils  appelèrent  à  Alexandrie    les  meilleurs 
artistes    de    l'époque.    Ptolémée   IV,  prince    indolent    mais    fas- 
tueux, doit  avoir,   lui    aussi,  contribué    à    l'embellissement    d'A- 
lexandrie. La  découverte  de  la  pierre  de  fondation    du    temple 
de  Sarapis  et  Isis  sur  l'emplacement  actuel  de  la  Bourse  Tous- 
soun,  est  un  indice  de  l'activité  de  ce  roi  comme  constructeur. 
Il  est  difficile  de  croire    que    son  culte    presque   fanatique  pour 
Dionysos  et  ses  velléités  de  réformateur  religieux,  ne  se  soient 
pas  manifestés  par  des  monuments  publics.  Quelque  temps  après 
la    mort  de  Ptolémée  Philopator     205-4),  la    ville    d'Alexandrie 
se  souleva  contre  Agathocles,  qui  avait  pris  la  tutelle    du    trop 
jeune    Ptolémée  V  et    qui    tyrannisait    la    capitale  et    l'Egypte 
entière  ;  mais  il  ne  semble  pas  qu'Alexandrie  eut  à  souffrir  de 
ces  troubles  dans  sa  beauté  extérieure.  Pendant  la  guerre  civile 
entre    Ptolémée  Philométor  et  Ptolémée  Evergète  II  (171-170), 
Alexandrie  fut  assiégée  par  le  roi  de  Syrie  Antiochus,  qui  disait 
vouloir  restaurer  sur  le  trône  Philométor.  Le  siège  provoqua  une 
disette  dans  la  ville;  mais  il  ne  doit  pas  avoir  causé  de  dégâts 
considérables,  car  Antiochus  se  retira  «  frustra  tentatis  mœnibus  », 
c'est-à-dire  sans    avoir    réussi  à  pénétrer  à  l'intérieur  des   murs 
d'enceinte.  On  peut  affirmer  que  les    querelles  et  les  luttes  in- 
testines de  la  dynastie  n'arrêtèrent  pas  le  développement  de  la 
ville;   au  contraire,  vers  la  moitié  du  P""  siècle  av.  J.-Ch.,  lorsque 
les  Romains  s'immiscèrent  dans  les  différends  entre  Cléopâtre  et 
son  frère  et  mari  Ptolémée  XIV,  Alexandrie  avait  atteint  le  maxi- 
mum de  sa  splendeur.  Diodore.   qui  écrivait  au   temps   de  Pom- 
pée, dit  :    «   Ce  n'est  pas  seulement  Alexandre,  ce  sont    presque 
tous  les  rois,  ses  successeurs  en  Egypte,  jusqu'à  nos  jours,  qui 
l'ont  décorée  en  ajoutant  à  leurs  palais  des    constructions    ma- 
gnifiques ;    et    la    ville    a    pris    une    telle     extension    dans    les 
temps   qui  l'ont    suivi,    qu'au    jugement    de    beaucoup  de    gens 
elle  est  la  première  du  monde   «.  L'arrivée  de  César  en  Egypte 
à  la  poursuite  de  Pompée,  lui  porta  le  premier  coup.  César  prit 
parti  en  faveur  de  Cléopâtre    contre    Ptolémée  qu'il    retint  pri- 
sonnier, mais  ce  dernier,  rendu  à  la  liberté  sur  la  demande  des 
Alexandrins,  ne  tarda  pas  à  se  retourner  contre  lui.  César,  as- 


_ 19      

siégé  avec  les  siens  dans  le  the'àtre  et  une  partie  du  Bruchium 
fît  mettre  le  feu  aux  vaisseaux  égyptiens.  L'incendie  s'étendit  à 
la  ville  et  ruina  plusieurs  édifices  importants  (^K 

Après  avoir  été  la  maîtresse  de  César,  Gléopâtre  subjugua 
Marc-Antoine  qui  s'abaissa  jusqu'à  devenir  l'esclave  des  caprices 
de  cette  femme  voluptueuse.  Antoine  enrichit,  à  cette  époque, 
Alexandrie  de  plusieurs  monuments  volés  à  d'autres  villes  de  la 
Grèce.  Lorsque  Octavien  Auguste  (30  av.  J.-Ch.)  s'empara  d'Alex- 
andrie, il  ne  se  borna  pas  à  restituer  ces  monuments  aux  villes 
qui  en  avaient  été  dépouillées,  mais  il  transporta  à  Rome  un 
riche  butin  de  guerre  ;  toutefois,  il  fit  son  possible  pour  favoriser 
le  développement  d'Alexandrie  et  agrandit  la  ville  en  fondant 
le  faubourg  de  Nicopolis  ou  Juliopolis,  où  il  institua  des  jeux 
quinquennaux  en  souvenir  de  sa  victoire  sur  Marc-Antoine, 
et  fit  bâtir  un  amphithéâtre  et  un  Stade. 

Sous  les  premiers  successeurs  d'  Auguste,  Alexandrie  fut 
déchue  de  son  importance  politique,  mais  elle  n'eut,  par 
contre,  qu'à  se  louer  de  la  bienveillance  que  les  empereurs  lui 
témoignèrent.  On  dit  même  que  ceux-ci  songèrent  à  diverses 
reprises  à  en  faire  leur  capitale.  Strabon  d'ailleurs  nous  laisse 
entendre  qu'Alexandrie  ne  devint  le  premier  marché  du  monde 
qu'après  sa  réunion  à  l'empire.  C'est  à  Alexandrie  que  Vespa- 
sien,  favorisé  par  l'appui  des  philosophes,  fut  proclamé  empereur 
l'an  69  ap.  J.-Ch.  Son  fils  Domitien  (81-96)  visita  lui-même 
Alexandrie  et  s'occupa  de  questions  littéraires  et  scientifiques 
avec  les  savants  du  Musée.  A  l'époque  de  Trajan,  les  Israélites 
qui  habitaient  la  ville  en  grand  nombre  depuis  sa  fondation,  et 
constituaient  alors  un  tiers  de  la  population,  s'insurgèrent,  et 
leur  révolte  sanglante  causa  de  nombreux  dégâts.  La  paix  ne 
revint  que  sous  Hadrien  (i  17-138)  qui  visita  Alexandrie  par  deux 
fois.  Hadrien  y  trouva  l'occasion  de  satisfaire  sa  grande  passion 
pour  l'architecture.  Il  eut  à  restaurer  et  à  renouveler  plusieurs 
temples  et  plusieurs  édifices  publics.  Le  taureau  Apis,  découvert 
parmi  les  ruines  environnant  la  Colonne  Dioclétienne  et  ac- 
tuellement exposé  au  Musée,  prouve  que  l'empereur  déplova  son 
activité  même  dans  le  temple  célèbre  de  Sarapis.  Il  logea  d'ail- 
leurs au  Sérapeum  et  prit  part,  de  même  que  Marc-Aurèle 
(i6f-i8o)  après  lui,  aux  disputes  philosophiques  et  scientifiques 
du  Musée.  L'historien  Malala  nous  apprend  qu'Antonin  le  Pieux 
(138-161)  construisit  la  porte  du  Soleil,  la  porte  de  la  Lune  et 

le    corso:  e'y.xiOFr    rip'     H/.iny.ijV    -i:'/.ijr   y.(ù   rljv    ^f-/.>p't  (ly.i/i'     y.(à     rnr 

(i)  On  conteste  avec  de  bons  arguments  d'ordre  historique  et  d'ordre  topo- 
graphique que  l'incendie  ait  attaqué  la  Bibliothèque  proprement  dite  :  il  s'agirait 
plutôt  de  quelques  dépôts  de  livres,  placés  tout  près  du  Port. 


20        

ÔQÔaor.  Commode  (180-193)  également  visita  la  ville  et  lui  te'- 
moigna  peut-être  quelque  bienveillance.  Septime  Se'vère  (193-21  i) 
se  rendit  à  Alexandrie  en  l'an  199  et  octroya  ou  plutôt  restitua 
aux  citoyens  une  constitution  municipale. 

Avec  Caracalla  commença  la  chute  progressive,  mais  irre'- 
me'diable,  de  l'ancienne  reine  de  la  Me'diterrane'e.  Cet  empereur, 
pour  se  venger  des  sarcasmes  dont  les  Alexandrins  l'avaient 
gratifie',  ordonna  un  massacre  gênerai  de  tous  les  jeunes  gens 
qu'il  avait  re'unis  dans  le  Stade  sous  pre'texte  de  les  passer  en 
revue.  Il  saccagea  la  ville,  ordonna  de  la  se'parer  en  deux  parties 
par  un  vallum^  ferma  les  the'âtres,  supprima  les  repas  communs, 
y  compris  ceux  du  Muse'e,  et  de'cre'ta  aussi  la  dissolution  de  l'Aca- 
de'mie,  ce'lèbre  e'cole  philosophique  qui  tirait  son  origine  d'Aristote. 
La  lutte  entre  l'empire  et  Ze'nobie,  reine  de  Palmyre,  fut  de'sas- 
treuse  pour  Alexandrie.  Ze'nobie  s'en  empara  en  269  ;  puis,  en 
273,  l'empereur  Aure'lien,  après  avoir  de'fait  Ze'nobie,  pour  se 
venger  d'une  tentative  d'inde'pendance  que  la  ville  avait  essaye' 
de  faire  et  de  l'appui  qu'elle  avait  accorde'  à  Tusurpateur  Fir- 
mus,  la  saccagea  et  en  de'truisit  la  plus  grande  partie.  Il  paraît 
que  le  quartier  Bruchium  fut  à  cette  occasion  presque  totale- 
ment de'moli  et  bouleverse'.  Un  massacre  suivi  d'une  ruine  encore 
plus  e'pouvantable  fut  celui  qu'ordonna  Diocle'tien  (294-3),  lors- 
qu'il s'empara  de  la  ville  re'volte'e  qui  avait  e'te'  assie'ge'e  pendant 
neuf  mois.  Maigre'  les  efforts  que  Diocle'tien  fit  ensuite  pour 
venir  en  aide  aux  Alexandrins,  la  prospe'rite'  de  la  ville  e'tait 
de'sormais  compromise  pour  toujours  et  presque  ane'antie  ;  elle 
ne  s'ame'liora  certes  pas  à  la  suite  des  perse'cutions  dont  les 
chre'tiens  furent  victimes  de  la  part  de  l'empereur  Dèce  et  de 
ses  successeurs,  ni  à  la  suite  des  dissensions  suscite'es  par  les 
he're'sies. 

Alexandrie  devint  un  centre  du  christianisme  naissant  ;  l'em- 
pereur The'odose  donna  le  coup  de  grâce  au  paganisme  (379-395) 
en  adoptant  officiellement  la  religion  chre'tienne.  Il  confia  au 
patriarche  The'ophile  la  charge  d'abolir  le  paganisme  à  Alexandrie. 
Celui-ci,  avec  une  e'nergie  impitoyable,  se'vit  non  seulement 
contre  tous  ceux  qui  se  refusaient  à  embrasser  la  nouvelle  reli- 
gion, mais  s'acharna  aussi  à  de'truire  les  temples,  les  monu- 
ments et  les  statues. 

Le  ihe'âtre  et  le  temple  de  Dionysos,  le  ce'lèbre  temple  du 
Se'rapeum  (0  ainsi  que  l'admirable  statue  de  Sarapis  furent  entre 

(i)  D'après  ce  que  racontent  Rufin  et  Aphtonius  ainsi  que  plusieurs  histo- 
riens et  voyageurs  arabes,  il  paraît  que  la  destruction  ne  s'étendit  pas  à  tous  les 
édifices  compris  dans  la  zone  du  Sérapeum.  Au  moment  de  la  conquête  arabe  et 
même  plusieurs  siècles  après,  il  était  possible  d'observer  des  vestio^es  appréciables 
de  l'ancienne  magnificence,  entie  autres,  quelques  centaines  de  colonnes  restées 


autres  détruits  et  incendie's.  Sur  l'emplacement  du  Se'rapeum 
s'e'levèrent  une  e'glise  dëdie'e  à  Saint-Jean  et  un  couvent. 

Naturellement  la  ville  s'appauvrissait  chaque  jour  davantage! 
Le  patriarche  Cyrille  acheva  de  la  ruiner  en  seVissant  contre  les 
Israélites  qu'il  voulut  chasser  tous  de  la  ville.  Et  d'autres  meurtres 
et  d'autres  actes  de  vandalisme  suivirent.  La  belle  et  ce'lèbre  Hy- 
pathia,  adversaire  dangereuse  pour  Cyrille,  à  cause  de  sa  beauté', 
de  son  e'rudition  et  de  son  courage,  fut  lapidée  par  la  populace 
en  41  5.  Sous  Justinien  (527-565)  toutes  les  e'coles  païennes  furent 
fermées  et  la  ville  eut  à  subir  un  incendie  ordonne'  par  l'impé- 
ratrice The'odora,  qui  se  vengea  ainsi  du  refus  qu'on  lui  avait 
oppose'  de  reconnaître  comme  ëvêque  The'odose,  son  favori. 

En  565,  Antonin  le  Martyr  pouvait  encore  trouver  Alexandrie 
«   une  ville  superbe   ». 

En  619,  le  roi  de  Perse,  Ghosroès  P"",  s'empara  d'Alexandrie 
après  un  long  siège,  pendant  lequel  les  soldats  se'virent  contre 
les  campagnes  avoisinantes  et  surtout  contre  les  monastères  qui 
y  e'taient  extraordinairement  nombreux.  Ils  de'molirent  ou  incen- 
dièrent les  e'glises  et  les  e'difices  et  en  pillèrent  tous  les  tre'sors. 
Lorsque  la  ville  fut  conquise,  une  partie  de  la  population  et 
notamment  le  patriarche  copte  Andronicus  restèrent  à  l'abri  des 
vexations  ;  toutefois  les  massacres  furent  conside'rables  et  bon 
nombre  d'habitants  furent  envove's  prisonniers  en  Perse. 

Dix  ans  après,  l'empereur  He'raclius  conquit  de  nouveau  l'Egypte 
à    l'empire. 

Mais  l'arme'e  du  Kalife  Omar  ne  tarda  pas  à  arriver  dans 
ce  pays  sous  le  commandement  du  ge'ne'ral  Amr-Ibn-el-Ass 
(Amrou).  Amrou  assie'gea  Alexandrie  et  s'en  empara,  après  quatorze 
mois  de  siège,  au  mois  d'octobre  641.  Maigre'  une  suite  inin- 
terrompue de  de'sastres,  la  ville  gardait  encore  des  traces  assez 
conside'rables  de  son  ancienne  magnificence.  Du  moins  les  histo- 
riens arabes  en  parlent  avec  enthousiasme. 

Il  va  de  soi  que  ce  qui  pouvait  demeurer  des  anciens  monu- 
ments ne  fut  pas  respecte'.  Les  Arabes  choisirent  comme  capitale 
Fostat  d'abord  (Vieux  Caire)  et  ensuite  le  Caire,  et  la  de'ca- 
dence  d'.Alexandrie  devint  plus  rapide  et  plus  profonde,  JâkCit 
{f  1229)  ^6  trouva  à  Alexandrie  rien  d'admirable  ou  de  mer- 
veilleux à  l'exception  de  la  colonne  appelée  «  Hamoud-el 
Saouari    ». 

debout.  Benjamin  de  Tudéla  visita  la  ville  au  douzième  siècle.  II  parie  lui  aussi 
des  colonnes,  mais  il  ajoute  avoir  vu  vingt  salles  décorées  de  marbres  qu'il  croit 
avoir  servi  à  l'enseignement  pour  les  élèves  de  l'Académie.  Ce  détail  contredit 
un  manuscrit  arabe  daté  de  l'an  10S7,  actuellement  à  Paris,  et  qui  affirme  : 
<  aujourd'hui  il  ne  reste  rien  sauf  les  colonnes  on  piliers  qui  sont  tous  debout, 
pas  tin  seul  n'étant  tombé  >. 


La  conquête  éphémère  mais  de'sastreuse  par  Pierre  V^  de  Lusi- 
gnan.  roi  de  Chypre  à  l'ëpoque  des  Croisades,  dune  part,  de 
l'autre  et  surtout  des  tremblements  de  terre  qui  auraient  cause' 
un  affaissement  du  sol  (ceux  du  commencement  du  XIV ™^  siècle 
semblent  avoir  été'  particulièrement  ruineux)  achevèrent  l'œuvre 
de  destruction  et  d'abandon  (^), 

Cyriaque  d'AncÔne  avait  visite'  Alexandrie  en  1435.  Il  dit 
avoir  vu  dans  la  ville  «  nobilissima  »  —  à  l'inte'rieur  des  murs 
et  en  dehors  —  de  nombreuses  et  belles  antiquite's  (vetustatum 
egregia  plurima  extra  intusque  conspeximus)  mais,  au  fond,  celles-ci 
se  re'duisent  aux  ruines  du  Phare,  aux  obe'lisques  du  Cesareum 
(aiguilles  de  Cle'opâtre)  et  à  la  colonne  de  Pompe'e.  Par  conse'- 
quent  les  dires  du  ce'lèbre  humaniste  ne  contredisent  pas  du 
tout  la  sincère  stupe'faction  de  Bernard  de  Breydenbach. 

Toutefois  pendant  plusieurs  siècles  après  la  conquête  arabe, 
Alexandrie  resta  la  seconde  ville  de  l'Egypte  après  le  Caire,  et 
la  première  ville  maritime  de  l'Egypte  et  du  Levant.  Vers  la 
première  moitié'  du  XIII"^^  siècle  il  n'y  avait  pas  moins  de  3000 
marchands  (français  et  italiens  surtout)  à  Alexandrie.  Le'opold 
von  Suchem  e'crivait  vers  1350:  «  A  pre'sent  Alexandrie  est 
la  première  ville  maritime  de  l'Egypte  et  une  des  meilleures  du 
Sultan  ». 

Ne'anmoins  à  travers  le  moyen  âge  et  l'âge  moderne,  elle  marcha 
vers  la  de'cadence  la  plus  complète.  D'autres  villes  (Rosette  plus 
que  toute  autre)  prirent  sa  place  dans  le  commerce  maritime 
et  fluvial.  Au  commencement  du  XIX '"^  siècle,  Alexandrie  e'tait 
le  nom  d'un  tout  petit  village  d'environ  6000  habitants. 

La  renaissance  ne  devait  s'effectuer  qu'au  cours  du  XIX""^ 
siècle,  ainsi  que  nous  l'avons  expose',  par  l'œuvre  de  Mohamed 
Ali.  Elle  compte  aujourd'hui  environ  400.000  habitants.  Cette 
renaissance  rapide  n'a  pas  e'te'  avantageuse  pour  les  ruines  de 
l'e'poque  ptole'maïque  et  romaine. 

Il  est  certain  que  le  sous-sol,  maigre  les  destructions  et  les 
spoliations  de  toute  nature,  doit  avoir  garde',  à  une  grande 
profondeur,  des  restes  importants,  mais  la  rapidité'  fie'vreuse  du 
de'veloppement  de  la  ville  moderne  sur  l'emplacement  de  l'an- 
cienne a  empêche'  la  science  d'arracher  au  silence  des  siècles 
quantité  de  secrets  qui  subsistent  dans  l'histoire  civile,  dans  l'his- 
toire de  l'art,  comme  aussi  dans  la  topographie  de  la  ville  des  La- 
gides.   En  réalité,  encore  de   nos  jours,  beaucoup  de  monuments 

(i)  Voici  l'impression  qu'en  1483  Alexandrie  faisait  à  ses  visiteurs:  «Intro- 
duits en  ville,  nous  demeurâmes  stupéfaits  de  ne  voir  de  toutes  parts  que  des 
ruines  lamentables;  nous  ne  pouvions  revenir  de  notre  ëtonnement  en  voyant 
des  murailles  si  belles  et  si  fortes  entourer  une  ville  si  pauvre  >.  (Bernard  de 
Breydenbach:  Les  Saintes  Pérégrinations). 


23         

ont  ete  caches  à  jamais  ou  détruits  par  ignorance  ou  par  esprit 
de  spe'culation  5  beaucoup  de  soi-disant  amateurs  n'ont  e'te'  que 
des  trafiquants  et,  de  ce  fait,  quantité'  de  collections  ont  e'te' 
disperse'es  aux  quatre  coins  du  monde  où,  pour  dire  vrai,  elles 
ne   pre'sentent  plus  aucun    inte'rêt. 

Ce  qu'on  a  pu,  dès  lors,  sauver  de  la  ruine  totale  ou  de  la 
dispersion  est  d'autant  plus  digne  d'observation  et  d'e'tude.  Notre 
Muse'e,  bien  que  de  cre'ation  re'cente,  possède  de  nombreux  objets 
très  inte'ressants  même  pour  de  simples  curieux  5  de  même  la 
ne'cropole  d'Anfouchy,  l'hypoge'e  de  Kom-el-Ghougafa,  la  ne'cro- 
pole  de  Chatby,  la  Colonne  de  Pompe'e  attirent  chaque  jour 
davantage  l'attention  des  savants  et  des  touristes.  Les  fouilles 
que  nous  allons  entreprendre  sur  l'emplacement  du  Se'rapeum 
auront  pour  re'sultat,  je  l'espère  bien,  des  de'couvertes  heureuses  ! 

BIBLIOGRAPHIE.  —  En  dehors  des  histoires  de  l'époque  hellénistique  par 
Droysen,  Niese,  Kiirst,  de  l'histoire  grecque  par  Holm  (quatrième  volume)  et 
surtout  de  l'histoire  grecque  par  Beloch  (troisième  volume),  voir:  Bouché-Le- 
CLERCQ,  Histoire  des  Lagides,  Pari?,  Leroux,  4  vol.;  Mahakfy,  The  Empire 
of  the  Ptolemies,  London,  Macmillan;  Mahaffy,  A  History  of  Egypt  under 
the  Ptolemaic  Dynasty,  London,  Methuen  ;  Milne,  History  of  Egypt  under 
Roman  ruîe,  London,  Methuen;  Lumbroso  G.,  L'Egitto  dei  Greci  e  dei  Ro- 
mani, Loescher,  1892;  Lumbroso  G.,  Descrittori  itaJiani  deU'Egitto  e  di  Ales- 
sandria;  Gratien  Le  Père,  Mémoire  sur  la  ville  d^ Alexandrie  {Description 
de  l'Egypte),  t.  18,  p.  28;^-490  ;  Dimitsa  U.  G.,  'loroo/a  r/}ç  à^/ai'a^  TToP.eco^  'A- 
/.eSavdoFi'a^:  iy  'Afîijrcu;  1885:  Oty.ovoiioTTOvkoç  I.  D.  A'/sSav^oivoi  Jidy.oaaoç  1889. 
Athènes-Alexandrie.  (V.  aussi  à  la  fin  du  chapitre  sur  la  Topographie  de  la  ville 
ancienne). 


Population.  —  Dès  son  origine  Alexandrie  ne  fut  pas  une 

colonie  exclusivement  greco-mace'donienne.  Elle  avait  e'te'  fonde'e 
sur  un  emplacement  déjà  occupe,  en  partie,  par  une  petite  ville 
e'gyptienne,  appele'e  autrefois  Rhakotis,  et  ce  premier  fond  de 
population  indigène  avait  e'te'  grossi  par  le  transfert  des  habitants 
de  Canope.  A  côte'  des  indigènes  et  des  gre'co-mace'doniens,  déjà 
dans  la  première  moitié'  du  III "^^  siècle,  il  y  avait  un  nombre 
conside'rable  de  Juifs,  de  Phrygiens,  d'autres  groupes  d'habitants 
originaires   de  l'Asie  Mineure. 

L'affluence  des  e'trangers  ne  tarda  pas  à  faire  d'Alexandrie  une 
ville  cosmopolite,  où  la  population  e'tait  des  plus  mêle'es.  Le  tableau 
qu'en  donne  Saint  Chrvsostdme  peut  valoir,  à  peu  de  chose  près, 
même  pour  l'cpoque  ante'rieure  à  cet  e'crivain  :  «  Grecs,  Italiens, 
Syriens,  Libyens,  Giliciens,  Ethiopiens,  Arabes,  Bactriens,  Scythes, 
Indiens,  Persans,  dit  Saint  Chrysostôme,  affluaient  dans  cette 
ville  »,  que  Strabon  avait  définie  «  un  re'servoir  universel  »  et 
le  juif  Phi  Ion   «   plusieurs  villes  dans  une  ville    >. 

Alexandrie  était  conside're'e,  à  l'e'poque  helle'nistique,  comme 
la  plus  grande  ville    du    monde    civilise'  et   tenait  la    deuxième 


24       

place,  au  début  même  de  l'empire,  après  que  Rome  l'eut  de'passëe. 

Pour  l'an  60  av.  J.-Ch.  Diodore  nous  donne  le  chiffre  de  300000 
citoyens  libres,  sur  la  base  des  listes  officielles  des  habitants.  Si 
on  y  ajoute  les  esclaves,  on  aura  une  population  d'un  demi- 
million  environ.  Il  ne  nous  est  pas  possible  de  suivre  les  e'tnpes 
successives  du  développement  de  la  population  alexandrine  ni  les 
transformations  de  son  organisation  ;  nous  pouvons  toutefois 
affirmer  qu'elle  a  e'te  toujours  divise'e  en  classes  dont  voici  les 
principales  : 

«y  Les  habitants  qui  jouissaient  du  droit  de  cite'.  —  Cette  classe, 
constituant  un  vrai  patriciat,  comprenait  les  familles  les  plus  an- 
ciennes et  les  plus  notables  ;  elle  jouissait  des  privilèges,  judi- 
ciaires, e'tait  exemptée  de  certains  impôts  et  corvées,  fournissait 
la  plus  grande  partie  des  fonctionnaires,  prêtres  et  prêtresses,  etc. 
Elle  e'tait  organisée  sur  le  modèle  de  la  population  libre  d'Athènes 
et  d'autres  villes  grecques,  c'est-à-dire  e'tait  divise'e  en  tribus 
(q  vÂai)  dont  chacune  comprenait  un  certain  nombre  de  dèmes.  Le 
citoyen  d'Alexandrie  ajoutait  presque  toujours  à  son  nom  l'in- 
dication soit  du  dème,  soit  de  la  tribu  et  du  dème,  où  il  e'tait 
inscrit.  Les  filles  appartenant  à  cette  sorte  d'aristocratie  ne 
pouvaient  pas  se  servir  du  dème,  mais  elles  avaient  le  titre  de 
citoyenne  (âoTi'j). 

ftj  Les  lAls^avôoETç  constituaient  une  classe  d'habitants  dont  les 
privilèges  e'galaient  ceux  des  citoyens  inscrits  dans  les  tribus  et 
les  dèmes  (cf  Pap.  Hal.  L   p.    163). 

y)  Les  Macédoniens.  —  Ils  formaient  eux  aussi  une  classe  pri- 
vile'giée  qui  jouissait  d'une  grande  influence  à  la  cour  et  dans 
l'arme'e.  Ils  constituaient  un  patriciat  militaire  dont  l'acclamation 
ratifiait,  pour  ainsi  dire,  le  couronnement  de  tout  nouveau  roi. 
On  pourrait  les  comparer  aux  prétoriens,  aux  janissaires,  aux 
mamlouks. 

b)  Les  néqoai  ry/c  ê.-Tiyovrjç^  dont  le  nombre  était  considérable 
à  Alexandrie,  s'étaient  sans  doute  rapidement  hellénisés,  mais  ils 
formaient  une  classe  spéciale  moins  privilégiée  que  les  précédentes. 

f)  Les  Grecs  pauvres,  qui  immigraient  en  grand  nombre  et 
continuellement  à  Alexandrie  de  toutes  les  régions  du  monde 
hellénique,  n'avaient  pas  conscience  de  leur  valeur  politique  et 
n'étaient  pas  inscrits  parmi  les  citoyens  dont  ils  ne  partageaient 
d'ailleurs  ni  les  droits,  ni  les  privilèges. 

c)  Les  Juifs.  —  Depuis  le  commencement  du  troisième  siècle,  ils 
formèrent  un  élément  considérable  de  la  population  alexandrine. 
Ils  avaient  une  constitution  particulière  à  leur  communauté,  dont 
les  organes  les  plus  importants  étaient  l'ethnarque  et  la  y^govoia 
(assemblée  des  anciens).   Ils  étaient  presque  aussi  privilégiés  que 


2  5       

les  'Ale^avàQsïç  et  plus  que  les  Perses  ;  mais,  au  point  de  vue 
de  la  constitution  de  la  ville,  ils  n'e'taient  pas  citoyens  (voir  plus 
loin  p.  46). 

>;)  Les  Egyptiens  —  ouvriers,  journaliers  et  même  soldats  —  habi- 
taient de  préférence  ou  exclusivement  le  quartier  occidental  (Rha- 
kotis)  et  l'île  de  Pharos.  Manquant  de  toute  culture  hellénique, 
même  superficielle,  ils  furent  toujours  un  élément  étranger  dans 
la  grande  ville  grecque.  Ils  n'étaient  pas  soumis  à  un  droit 
privé  particulier  ou  exceptionnel,  mais,  ainsi  que  la  plupart 
des  Grecs,  ainsi  que  les  Perses  et  les  Juifs,  ils  ne  participaient 
point  au  droit  de  cité. 

Naturellement  il  y  avait  d'autres  groupes  d'habitants  étrangers. 
Très  nombreux  étaient  les  esclaves  et  les  affranchis.  Après  la 
conquête  romaine  les  habitants  d'Alexandrie,  pour  pouvoir  devenir 
citoyens  romains,  devaient  satisfaire  à  une  condition  indispen- 
sable :  jouir  du  droit  de  cité  alexandrine. 

BIBLIOGRAPHn:.  -  Voir  surtout:  Schubart  W.,  Alexandrinische  Ur- 
knndcn  ans  der  Zeit  des  Augnstus,  dans  VArchiv  jur  Papyrusjorschung,  V, 
3S-132  ;  Idem,  Nettes  ans  dein  alten  Alexandrien,  dans  [es' Preusstsche  Jahr- 
biicher,  Band  137.  Les  textes  alexandrins  qui  ont  donné  l'occasion  d'étuditr  à 
nouveau  cette  question  ont  été  découverts  par  O.  Rubensohn  à  Abousir  el-Meieq 
(Fayoum),  Ils  datent  de  l'époque  de  l'empeieur  Auguste.  Ils  ont  été  publiés  par 
SCHt'BART,  dans  le  quatrième  vol.  des  Pap.  Grecs  de  Berlin.  (Berliner  Griechische 
Urkunden).  Cfr.  l'ouvrage  magistral  de  Wilcken.,  GrundzUge  und  Chrestoma- 
thie  der  Papyruskunde.  Kap.  I,  pag.  14  et  suiv.  ;  cfr.  Dikaiomata.  Pap.  Hal., 
I,   p.  162  et  suiv.    Berlin,  1913. 


Vie  alexandrine.  —  La  beauté,  la  richesse,  l'opulence  d'Alex- 
andrie ont  été  souvent  célébrées  par  les  écrivains  de  l'antiquité. 
Cette  renommée  a  survécu  même  à  la  complète  décadence  de 
la  ville.  L'humaniste  Cyriaque  d'Ancone  (1435),  sous  l'impression 
de  la  tradition  littéraire,  appelle  les  pauvres  ruines  existant  à 
son  époque  «  urbs  nobilissima  »  ;  Makrizy,  un  savant  commen- 
tateur du  Coran,  pense  que  Dieu  a  voulu  désigner  Alexandrie, 
lorsque  dans  le  livre  sacré  il  parle  d'une  ville  «  qui  n"a  pas  sa 
pareille  au  monde  »  ;  Ahmed  Ben  Saleh  l'appelle  «  le  carquois 
où  Dieu  a  déposé  les  meilleures  de  ses  flèches  »,  et  ainsi  de  suite. 
En  remontant  en  arrière,  nous  trouvons  que  les  écrivains  païens 
et  chrétiens,  grecs  et  latins,  ainsi  que  les  inscriptions  et  les 
papyrus,  accompagnaient  presque  toujours  le  nom  d'Alexandrie 
d'épithètes  laudatives:  la  grande,  la  très  grande,  la  riche,  la  très 
noble,  la  très  heureuse,  la  splendide,  la  ville  par  excellence,  la 
ville  qui  possède  tout  ce  qu'on  peut  avoir  ou  désirer (^). 

(i)  Je  dois  me  borner  ici  aux  grandes  lignes,  et  par  conséquent  je  ne  peux 
pas  entrer  en  ce  moment  dans  les  détails  dont  les  inscriptions,  les  papyrus,  les 
ostraca  offrent  aujourd'hui  une  assez  riche  moisson. 


26         

rrarra   -   ooo''  eori  yov  xal  yîvex\  èor^    iv  Aîyvn:xœ 
.   .   .  àyaOà  Tiàvff  ô'o^  àv  y.ovj'ujç 

Ainsi  commence  la  description  d'Alexandrie  donne'e  par  Heron- 
das,  dans  le  premier  de  ses  Âlimiambes.  Cette  description,  que  le 
poète  a  mise  dans  la  bouche  de  la  vieille  entremetteuse  Gyllis  est 
pittoresque,  confuse,  extrêmement  comique,  mais  peint  à  merveille 
Alexandrie,  la  ville  lumière  et  en  même  temps  la  ville  du  luxe, 
des  raffinements,  des  fêtes,  des  corruptions,  de  V éternel  plaisir. 
«  L/Egypte  (lire  Alexandrie)  est  la  maison  d'Aphrodite,  et  on 
y  trouve  tout:  richesse,  palestre,  grande  arme'e,  ciel  serein,  gloire, 
spectacles,  philosophes,  me'taux  pre'cieux,  beaux  jeunes  hommes, 
temple  des  Dieux  frères,  bonne  maison  royale  et  acade'mie  des 
sciences,  vins  exquis  et  belles  femmes  »,  des  femmes  si  belles, 
ajoute  Gyllis.  qu'on  pourrait  les  comparer  seulement  avec  les 
de'esses  du  jugement  de  Paris. 

Les  Alexandrins  étaient  renomme's  pour  leur  amour  du  travail 
et  de  l'argent,  pour  leur  esprit  impitoyablement  moqueur,  pour 
leur  tendance  aux  nouveaute's  et  aux  révoltes.  Les  sobriquets 
dont  ils  gratifiaient  tout  le  monde,  y  compris  les  rois  et  plus 
tard  les  empereurs,  sont  reste's  ce'lèbres.  À  ce  propos,  Se'nèque 
appelle  la  population  d'Alexandrie  «  loquacem  et  ingeniosam 
in  contumelias  ».  L'empereur  Hadrien  (s'il  est  vraiment  l'au- 
teur de  la  ce'lèbre  lettre  à  son  beau-frère  Servianus)  avait 
donne'  cette  peinture  des  Alexandrins  :  «  Genus  hominum  se- 
ditiosissimum,  vanissimum,  injuriosissimum,civitas  opulenta,  dives, 
fecunda,  in  qua  nemo  vivat  otiosus  ('personne  n'y  est  oisir).... 
Unus  illis  deus  nummus  est  (ils  n'ont  d'autre  dieu  que  l'argent)  ". 
Makrizy  affirme  que  leur  caracte'ristique  était  l'avarice  ;  d'autres 
écrivains  les  appellent  menteurs  et  téméraires.  Mais  ils  avaient  aussi 
quelques  bonnes  qualités:  ils  étaient /«^^«/os/  atqiie  aculissimi^ 
ils  étaient  aimables,  hospitaliers  (bien  que  Gélal-el-Din  ait  écrit 
le  contraire)  et  possédaient  le  don  d'inspirer  la  sympathie.  Leur 
amour  du  travail  et  de  l'argent  était  égalé  par  celui  des  spec- 
tacles, de  la  gymnastique,  des  fêtes  et  des  jouissances  matérielles. 
Strabon  nous  raconte  que  le  canal  reliant  Alexandrie  avec  Ca- 
nope  était  parcouru  sans  cesse  par  des  barques  chargées  d'hommes 
et  de  femmes  en  train  de  s'amuser,  plus  ou  moins  honnêtement 
—  plutôt  moins  que  plus  :  en  effet  le  but  des  excursions  de  ces 
bons  Alexandrins  était  Canope,  fameuse  par  ses  débauches. 
Ce  n'est  pas  seulement  à  Canope  qu'on  allait:  «  en  tout  temps  de 
l'année,  dit  ailleurs  Strabon,  les  Alexandrins  se  rendaient  dans  un 
endroit  escarpé  au  bord  de  la  mer,  sur  la  côte  maréotique,  non 
loin  de  Taposiris  Magna  (Abousir)   «    pour  s'y  divertir  et    faire 


27        

bonne  chère  ».  Les  e'trangers  et  les  provinciaux  e'taient  attire's  à 
Alexandrie,  dans  cette  ville  «  fertilissima  et  copiosissima  omnium 
rerum  »,  non  pas  tant  par  ses  poètes,  ses  e'rudits,  ses  institutions 
litte'raires  et  scientifiques,  que  par  les  curiosite's  et  les  e'ie'gances 
qu'elle  offrait,  les  spectacles,  les  symposia^  les  belles  femmes.  Le 
milieu  alexandrin  e'tait  dangereux  et  Ge'sar  se  me'fîait  des  troupes 
qui  avaient  pris  l'habitude  de  la  vie  licencieuse  d'Alexandrie. 

A  propos  de  cette  ville  j'ai  fait  quelque  allusion  à  Paris,  et 
en  ve'rite'  le  rapprochement,  mutatis  inutandis^  n'est  pas  trop 
arbitraire  ;  mais  je  pense  qu'une  autre  ville  aussi  offre  beaucoup 
d'analogie  avec  «  la  belle  fille  du  he'ros  grec  ».  Cette  ville 
est  Florence  à  l'e'poque  des  Me'dicis  :  analogie  dans  l'activité' 
litte'raire  et  artistique,  dans  le  haut  degré'  de  culture  intellec- 
tuelle, dans  la  richesse,  l'opulence  et  le  luxe,  dans  l'amour  de 
la  vie  joyeuse  et  le'gère.  Il  est  curieux  d'observer  qu'un  refrain 
d'une  ce'lèbre  poe'sie  carnavalesque,  dont  Lorenzo  de  Me'dicis  est 
l'auteur  :  Ghi  vuol  esser  lieto  sia  —  Del  doman  non  v'è  cer- 
tezza  —,  est  presque  la  traduction  du  refrain  que  les  joyeuses 
bandes  chantaient  à  gorge  de'ploye'e  dans  les  rues  d'Alexandrie  : 
V  f'i^yoiuer  xal  jiicof(ev,  a.vgior  yàg  âjTofh'f/oxoifFv  —  mangeons,  et  buvons, 
demain  nous  pourrions  être  morts. 

BIBLIOGRAPHIE  —  Voir  surtout:  Lumbroso  G.,  L'Egitto  dei  Grcci  e 
dei  Romani,  pag-.  99-108  ;  Glaser  Max.,  ZeitbiJder  aus  Alexandrien  nach 
dem  Paedagogus  des  Clemens  Alexandrinus.  Anberg,  1905;  Cessi  C,  Vita  ed 
arte  elUnistica»  Catania,  1910  ;  Perdrizet  P.,  Bronzes  grecs  d'Egypte  de  la 
collection  Fotiqnet.  Introduction,   p.    X  et  suiv. 

Art  alexandrin.  —  L'honneur  d'avoir  re'habilite'  l'art  de  la 
basse  époque  grecque  doit  revenir,  pour  une  très  grande  part,  à 
Th.  Schreiber,  qui  dans  plusieurs  publications  savantes  a  tâche' 
de  de'montrer  que  l'art  de  cette  pe'riode  ne  méritait  ni  le  silence 
ni  l'insouciance  dont  on  l'avait  gratifie'  jusqu'à  nos  jours.  Les 
recherches  que  Schreiber  (7  1912)  a  faites  avec  une  e'rudition 
et  une  compe'tence  incontestables,  l'ont  porte'  à  conclure  que  Vart 
hellénistique  (on  appelle  helle'nistique  la  période  comprise  entre  la 
mort  d'Alexandre  le  Grand  et  la  conquête  romaine  des  pays  de 
l'Orient  classique)  est  surtout  ou  exclusivement  un  art  alexandrin. 
Schreiber  a  soutenu  que  la  capitale  des  Lagides  a  e'tê  le  centre 
d'origine  et  de  diffusion  de  toutes  les  tendances  nouvelles  de 
l'art  helle'nistique,  et  qu'elle  avait  eu  une  influence  très  grande 
et  pre'eminente  sur  l'art  romain.  D'après  cette  tbe'orie,  toute  ou 
presque  toute  la  série  des  reliefs  helle'nistiques  (pittoresques) 
serait  d'origine  alexandrine  5  presque  tous  les  produits  de  la 
toreutique  (vases  en  métal,  ciselés,  etc.)  de  cette  même    époque 


^ 28 

auraient  été  fabriqués  en  Egypte:  Alexandrie  serait  également  la 
patrie  de  la  peinture  murale  et  de  la  mosaïque.  La  sculpture 
alexandrine  possède,  d'après  Schreiber,  des  caractères  bien  définis, 
dont  les  plus  essentiels  sont  la  poésie  de  Vespace^  Je  raffinement 
matériel  et  la  vie.  A  côté  d'une  école  idéaliste,  laquelle  aurait 
pour  caractère  distinct! f,  dans  le  bas-relief  le  pittoresque,  et,  dans 
les  autres  manifestations  de  la  sculpture,  une  morhidesse  extraor- 
dinaire ainsi  qu'une  tendance  à  la  nuance  des  formes,  aurait  vécu 
une  autre  école  animée  d'un  sentiment  impitoyable  de  la  vérité  et 
d'un  réalisme  aigu,  caractérisée  par  la  prédilection  pour  les  sujets 
de  genre  et  pour  le  grotesque.  Beaucoup  d'archéologues  se  sont 
rangés  en  faveur  de  cette  théorie,  tels  MM.  Courbaud,  CoUignon, 
Amelung,  Diehl  ;  d'autres  savants  n'ont  pas  accepté  les  idées 
de  Schreiber.  Adolf  Holm,  Dragendorff,  Wickhoff,  Wace,  Klein, 
Cultrera,  Perdrizet  pensent  que  la  poésie  de  Vespace,  ainsi  que 
le  raffinement  matériel  sont  antérieurs  à  la  fondation  d'Alex- 
andrie ;  que  l'influence  d'Alexandrie  sur  l'origine  et  le  développe- 
ment des  différents  styles  dans  la  décoration  murale,  argument 
auquel  Schreiber  attribue  une  grande  importance,  doit  avoir  été 
minime  et,  en  tout  cas,  inférieure  à  l'influence  exercée  par  les 
villes  grecques  de  l'Asie  Mineure.  Ils  ajoutent  aussi  qu'Alexandrie 
n'était  pas  le  lieu  désigné  pour  la  poésie  pastorale  du  troisième 
siècle  av.  J.  Ch.  ;  que  les  Ptolémées  avaient  plutôt  favorisé  l'art 
égyptien  que  l'art  grec  ;  que  les  reliefs  pittoresques  ne  présen- 
tent presque  aucun  motif  ou  élément  égyptien  5  que  pas  un 
seul  de  ces  reliefs  n'a  été  découvert  en  Egypte,  et  qu'enfin  la 
morbidesse,  la  mollesse  de  forme,  le  sfuynato  praxitélien  dans 
la  sculpture,  n'ont  pas  été  en  vogue  seulement  dans  l'Alexandrie 
ptolémaïque. 

En  somme  les  adversaires  de  la  théorie  de  Schreiber  nient 
toute  importance  spéciale  à  l'art  alexandrin  de  la  période  hel- 
lénistique et  soutiennent  qu'Alexandrie,  au  lieu  d'être  le  centre 
unique  de  l'art  grec  de  cette  époque,  n'en  a  été  ni  le  seul,  ni 
le  plus  important.  Le  caractère  essentiel  de  l'art  hellénistique 
serait  le  cosmopolitisme...  «  En  étudiant  cet  art  dans  son  en- 
semble on  verrait,  je  crois,  qu'il  forme  un  bloc  homogène,  comme 
l'art  paléochrétien,  comme  l'art  bvzantin,  comme  l'art  du  treizième 
siècle  ».  A  considérer  la  question  dans  ses  lignes  générales  et  dans 
son  ensemble,  ce  jugement  émis  par  Paul  Perdrizet  s'approche 
beaucoup,  je  crois,   de  la  vérité. 

L'art  hellénistique,  très  probablement,  n'a  pas  eu  de  caractères 
exclusivement  alexandrins,  ouantiochiens,  ou  pergaméens,  etc.,  mais 
s'est  développé  en  même  temps  dans  les  différents  grands  centres 
de  civilisation,  sans    que   l'un    d'eux    ait    exercé    une    influence 


29       

absorbante  ou  prédominante  sur  les  autres,  tous  ayant  d'ailleurs 
subi  quelques  modifications  par  leurs  contacts  re'ciproques.  Donc 
l'art,  dans  les  ditîe'rents  royaumes  des  Diadoques,  assuma  une  phy- 
sionomie commune,  uniforme,  qui  ne  permet  pas  de  fixer  des  centres 
d'origine  et  de  diffusion  tellement  caracte'rise's  qu'ils  puissent 
justifier  une  de'signation  spe'cifique  de  cet  art,  tirée  du  nom 
de  l'une  ou  de  l'autre  des  me'tropoles.  Cette  conclusion  n'exclut 
pas,  elle  admet  au  contraire  qu'Alexandrie  a  eu  une  pro- 
duction artistique  considérable.  D'ailleurs  il  est  impossible  de 
nier  que  certains  produits  de  l'art  helle'nistique  (de  la  ce'ramique 
par  exemple)  soient  spe'cifiquement  alexandrins,  et  on  ne  doit 
pas  oublier  certaines  manifestations  de  l'art  alexandrin  ne'es 
de  la  fusion  ou  de  la  juxtaposition  de  la  civilisation  indigène 
et  de  la  civilisation  grecque.  D'autre  part,  l'art  romain  n'a  pas 
tire'  d'Alexandrie,  il  est  vrai,  son  seul  aliment  ;  il  a  subi  l'in- 
fluence de  l'art  de  l'Asie  Mineure  et  des  îles,  mais  il  est  absurde 
de  vouloir  nier  la  valeur  des  nombreuses  traces  d'origine  e'vi- 
demment  alexandrine  qu'on  rencontre  dans  l'art  romain. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Schreiber  Th.,  Die  Brunnenreliefs  ans  Pal.  Gri- 
tnani  (1888)  -  Die  hellenistische  Reliejbilder  (1889).  (Deux  volumes  de  planches 
in  folio.  Schreiber  est  mort  avant  d'en  avoir  imprimé  le  texte)  -  Die  Alexuti- 
drinische  Toretitik  (1891)  -  Der  GallierkopJ  des  Muséums  in  Gizeh  bei  Kairo 
(1896)  -  Studien  iiber  das  Bi/dniss  Alexanders  des  Grossen  (1903)  -  Ueber  den 
Charakter  der  alexandrinischen  Knnst  (1909  -  Actes  du  deuxième  Congrès  in- 
ternational d'Archéologie);  Courbaud,  Le  bas-relief  romain  à  représenta- 
tions historiques  (Bibliothèque  des  éc<  les  françaises  d'Athènes  et  de  Rome,  1899, 
fasc.  81);  CoLLiGxox  M.,  Histoire  de  la  sculpture  grecque,  vol.  II,  chap.  IV; 
Amelung  VV.,  DeWarte  alessandrina  a  proposito  di  due  teste  rinvenute  in 
Roma  (Bull,  délia  Comm.  Arch.  comunale  di  Roma,  J897,  p.  110-14?)  ;  Diehl 
Ch.,  Manuel  d'art  byzantin,  chap.  III;  Holm  Ad.,  Griechische  Geschichte, 
Band  IV;  Dragrndorff,  Die  arretinischen  Vasen  und  ihr  Verhàltnis  zur  augu- 
Steischen  Z/nzs/ dans  les  Bonner  Jahrbiicher,  163;  Wickhoff,  Wiener  Genesis.2, 
Wicn,  189^;  Wace  J  B.,  Apollo  seated  on  the  Oinphalos  (Annual  of  the  Brit. 
Sch.  at  Athens,  n.  IX,  1902-0;^,  p.  211-242);  Edgar  C.  C  .  Greek  Sculpture.  Ca- 
taloufue  général  du  Musée  du  Caire  ;  Klein,  Geschichte  der  griechischen  Kunst, 
Band  3;  Cultrera  G.,  Saggi  suWarte  ellenistica  e  greco-romana  I  La  Cor- 
rente  Asiana,  Roma,  1Q07  ;  ^erdrizet  P.,  Bronzes  grecs  de  la  collection  Fou- 
quef.  Paris  1911;  Brkccia  E.,  Scuîture  greche  e  romane.  Catalogue  Général  du 
Musée  d'Alexandrie.   Caire,  1914. 


Régime  administratif.  —  Alexandrie  fut  choisie  comme 
capitale  des  domaines  soumis  au  pouvoir  des  Ptole'me'es.  Elle 
possédait  donc  de  superbes  palais  et  une  forte  garnison  servant 
de  garde  royale. 

Cette  re'sidence  royale  était  gouverne'e  par  un  capitaine 
de  la  ville  qui,  au  de'but,  n'entrait  en  fonctions  que  durant 
l'absence  du  roi,  mais  qui  finit  par  devenir  permanent.  On  a 
toute  raison  de  croire  que,  par  suite  des  analogies  que  cette 
institution  présente  avec  le  praefectus  urbis  (pre'fet  de  la  ville) 


— 30      

impérial.  IV'.t/  ny  .-rô/.eo)^  était  plutôt  le  chef  de  la  police  que  le 
commandant  militaire  de  la  ville.  Vers  la  lin  de  l'époque  ptolé- 
maïque  et  à  l'époque  romaine,  il  eut  le  titre  de  oToaT}]yoç  tTiç 
ji6à€0)ç.  Alexandrie  n'avait  pas,  paraît-il,  à  l'époque  ptolémaïque, 
un  sénat  municipal  lliov'/j)).  Parmi  les  hauts  magistrats  soit  parti- 
culièrement chargés  de  l'administration  de  la  ville,  soit  y  rési- 
dant tout  en  ayant  des  fonctions  intéressant  le  royaume  entier, 
il  v  a  lieu  de  signaler  Texégète  (il  porte  la  pourpre,  il  représente 
les  traditions  nationales,  il  veille  sur  les  intérêts  de  la  ville, 
il  est  le  grand  prêtre  du  culte  d'Alexandre)  ;  l'archidicaste  ou 
grand  juge;  l'hypomnématographe  ou  secrétaire  général;  le 
stratège  de  nuit;  l'alabarque,  sorte  d'officier  financier,  et  proba- 
blement,  le  gymnasiarque. 

Lors  de  la  conquête  d'Alexandrie  faite  par  Octavien  Auguste 
le  1^'' août  30  av.  J -Gh.,  l'Egypte  cessa  d'être  un  état  indépen- 
dant pour  devenir  une  simple  province  de  l'empire  romain, 
mais  elle  fut  soumise  à  un  régime  spécial.  Elle  formait  comme 
une  propriété  privée  de  l'Empereur,  qui  en  sa  qualité  de  succes- 
seur des  anciens  souverains  exerçait  son  autorité  sur  le  pays  par 
l'intermédiaire  d'un  procureur  ou  vice-roi  (praefectus  Aegypti). 
Le  préfet  d'Egypte  avait  sa  résidence  à  Alexandrie.  Les  anciens 
magistrats  de  l'époque  ptolémaïque  furent  conservés,  mais  à  leurs 
côtés  furent  placés  de  nombreux  officiers  impériaux  tels  que  le 
iuridicus  Alexaiidriœ^  le  procuraior  dttcenarius  Alexandrice 
idiologus.  le  procurator  Neaspoleos  et  MansoJei  Alexandrice 
etc.  etc. 

BIBLIOGRAPHIE,  —  Voir  ]a  Bibliographie  donnée  par  Wilckex,  dans 
Grundzûge  und  Chrestomathie  der  Papvyiiskunde,  I,  p.  2  et  p.  28.  Ajoutez: 
JouGUET,  La  vie  municipale  dans  l'Egypte  romaine,  p.  71  et  suiv.  ;  Dikaio- 
mata,  Ausziige  und  Vei  orduungen  in  einem  Papyrus  des  philolog.  Seminars 
der  Universitiits  Hall  (Pap.  Hal.   i).  Berlin,   1913. 


Commerce.  —  Pour  ce  qui  a  trait  au  commerce,  on  sait 
qu'Alexandrie  en  a  été  le  centre  mondial  pendant  plusieurs  siècles. 
Les  Ptolémées  travaillèrent  beaucoup  à  relier  l'Egypte  aux 
régions  de  la  mer  Rouge  et  de  l'Océan  Indien.  Les  voyages 
d'exploration  avaient  commencé  déjà  sous  Ptolémée  Soter  ;  et, 
pendant  les  règnes  de  Ptolémée  Philadelphe  et  Ptolémée  Evergète, 
de  nombreuses  factoreries  commerciales  furent  établies  le  long 
des  côtes  de  la  mer  Rouge  :  Arsinoé,  près  des  Lacs  Amers, 
Philotère,  Bérénice,  près  des  carrières  de  topazes,  Soteira,  Pto- 
lémaïs,  Theron  (point  de  départ  pour  la  chasse  aux  éléphants), 
etc.  Pour  reher  la  mer  Rouge  avec  Alexandrie,  on  recreusa  et 
on  rendit  navigable,  même  aux  gros    bateaux    de    transport,  le 


31      

canal  que  Darius  P''  avait  dérive  de  la  branche  orientale  du  Nil 
vers  les  Lacs  Amers  (les  Lacs  Amers  à  cette  e'poque  e'taient 
encore  en  communication  directe  avec  la  mer  Rouge;  ;  de  plus, 
Philadelphe  avait  fait  construire  une  route  entre  Goptos,  dans 
la  The'baïde,  et  Be're'nice.  Par  conse'quent  Alexandrie,  pourvue 
d'un  port  excellent,  sûr  et  vaste,  à  l'entre'e  duquel  les  Lagides 
avaient  fait  dresser  la  ce'lèbre  tour  lumineuse  qui  a  donne'  son 
nom  à  tous  les  phares,  relie'e  par  un  canal  navigable  et  par  le 
lac  Mariout  à  un  hinterland  très  riche,  mise  en  communication 
facile  avec  la  mer  Rouge,  re'alisait  toutes  les  conditions  favora- 
bles pour  devenir  Ïêu.-Togtov  ifig  olxovjLiénjç.  Les  marchandises 
rares  et  pre'cieuses  de  l'Afrique  et  de  l'Orient  affluaient  en 
masse  dans  la  capitale  de  l'Egypte,  qui  en  faisait  l'exportation 
en  Europe  et  dans  les  autres  pays  de  la  Me'diterrane'e  et  de  la 
mer  Noire.  On  a  de'couvert  des  vases  alexandrins  en  argent 
jusqu'en  Hongrie,  et  on  sait  qu'  Olbia  et  d'autres  villes  de  la 
Russie  me'ridionale  ont  subi  l'influence  de  la  nouvelle  capitale 
du  monde  helle'nistique.  On  s'explique  aise'ment  comment  Strabon 
et  Gice'ron  ont  pu  affirmer  que  le  commerce  d'exportation  à 
Alexandrie  e'tait  bien  plus  considérable  que  celui  d'importation. 
En  re'alite'  les  marchandises  que  l'Egypte  devait  introduire  pour 
les  besoins  de  ses  habitants  e'taient  en  quantité'  minime.  Elle  im- 
portait surtout  la  matière  brute,  qui  faisait  de'faut  dans  le  pays, 
pour  la  travailler  et  exporter  ensuite  les  produits  de  son  industrie. 

Rome  est  entrée  en  rapports  commerciaux  avec  l'Egypte  depuis 
le  troisième  siècle  av.  J.-Gh.,  et  les  rapports  politiques  aidant,  les 
premiers  avaient  pris  un  de'veloppement  tel  qu'à  l'e'poque  de 
Gice'ron  une  ligne  re'gulièrement  desservie  par  de  nombreux 
navires  e'tait  e'tablie  entre  Pouzzoles  et  Alexandrie.  Les  princi- 
paux produits  d'exportation  étaient  la  verrerie,  les  cristaux,  les 
papyrus,  les  vêtements  de  lin,  les  tapis,  les  fameux  Alexandrina 
heliiata  conchyliata  tapetia,  l'ivoire,  les  bijoux,  la  vaisselle  pre'- 
cieuse,  les  pommades,  les  ble's,  les  viandes  sale'es,  les  jouets,  les 
esclaves,  les  bêtes  rares  ou  sauvages,  enfin  et  surtout,  les  livres. 
Le  commerce  bancaire  demanderait  à  lui  seul  un  trop  long 
discours.  Il  suffira  de  rappeler  qu'Alexandrie  e'tait  le  siège  d'une 
Banque  Gentrale  pour  le  royaume  entier  et  que  les  banques, 
dans  les  chefs-lieux  de  province  et  dans  les  villes  les  plus  im- 
portantes,  e'taient  assez  nombreuses  et   conside'rables. 

Si  le  commerce  d'importation  était  de  beaucoup  inférieur  à 
celui  d'exportation,  cela  ne  veut  pas  dire  qu'il  ait  ête  négli- 
geable. Il  suffira  de  signaler  un  détail  qui  a  son  importance  : 
même  de  nos  jours,  malgré  la  spoliation  et  la  dispersion  sécu- 
laires, dans  les  collines  de  détritus  qui  entourent  notre  ville,  on 


3  2      

a  trouve  et  on  trouve  des  milliers  d'anses  inscrites,  provenant 
des  amphores  qui  servaient  à  transporter  certaines  denre'es  de 
Rhodes,  de  Thasos,  de  Cnide.  de  Crète.  Celles  de  Rhodes  sont 
très  nombreuses  et  en  proportion  e'crasante  par  rapport  aux  autres; 
vingt  ou  plus  de  Rhodes  pour  une  de  Thasos  ou  de  Cnide. 'Nous 
ne  parlerons  pas  du  commerce  d'Alexandrie  avec  la  campagne 
et  les  villes  de  l'inte'rieur;  mais  naturellement  le  marche'  princi- 
pal et  pre'fère'  des  provinciaux  e'tait  la  me'tropole.  Les  papyrus 
nous  apprennent  qu'on  y  envoyait  chercher  non  seulement  les 
marchandises,  mais  aussi  les  me'dicaments  de  meilleure    qualité'. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Ameilhon,  Histoire  du  commerce  et  de  la  naviga- 
tion sou^  les  Ptolémées.  Paris,  1766;  l-UMBROso  G.,  Recherches  sur  Véconomie 
politique  de  l'Egypte  sous  les  Lagides,  p.  138-1  =  9  ;  Robiou,  Mémoire  sur  Vé- 
conomie politique  etc..  p.  121-124  !  Rostowzew  M.,  Zur  Geschichte  d.  Ost-  tind 
Sildhandels  in  ptolemaïsch-rômischen  Ae^ypten  dans  V Archiv  Jiir  Papyrus- 
forschiing,  IV,  p.  208  sq.  11  cite  Chwostow  Mich.,  Forschungeii  zur  Ge- 
schichte der  Handelsbeziehnngcn  zur  Zeit  der  hellenistischen  Monarchien 
nnd  des  rômischen  Kaiserreiches.  I,  Geschichte  des  Osthandels  in  griechiscli- 
romischen  Aeg^-pten.   Kasan,  1907  ;  Wilcken,  Grnndziige  etc.,  Kap.  VI. 


Industrie.  —  La  lettre  attribue'e  à  Hadrien,  et  que  nous 
avons  eu  de'jà  l'occasion  de  citer,  nous  donne  un  tableau 
vivant  de  la  fie'vreuse  activité'  industrielle  des  Alexandrins.  «  Ci- 
vitas  opulenta.  dives,  fecunda.  in  qua  nemo  vivat  otiostts:  alii 
vitrtim  confiant^  aliis  charta  conficitnr,  alii  liniftones,  onines 
certe  cuiuscumque  artis  et  videntnr  et  habentur  ;  podagrosi 
quod  agant  hahent  ;  hahent  cœci  quod  faciaut^  ne  chiragrici 
quidem  aptid  eos  otiosi  vivunt   ». 

Ainsi  donc  les  aveugles  même  et  les  estropie's  n'y  e'taient 
pas  oisifs. 

Maigre'  l'opinion  contraire  de  Chwostow,  Rostowzew  croit, 
à  juste  titre,  je  pense,  que  les  produits  de  l'industrie  indigène 
alimentaient,  pour  une  très  grande  part,  le  commerce  de  l'Egypte, 
le  commerce  de  transit  ayant  une  importance  assez  secondaire. 

Pour  la  fabrication  du  papier  Alexandrie  avait  le  monopole, 
car  le  papyrus  e'tait  une  plante  spe'ciale  à  l'Egypte.  On  peut 
en  dire  autant  de  l'encens,  des  aromates  et  d'autres  produits  si- 
milaires, dont  la  matière  brute  e'tait  importe'e  de  l'Arabie-Heu- 
reuse. 

L'art  de  la  verrerie,  déjà  perfectionne'  par  les  Egyptiens, 
prit  un  nouvel  essor  sous  les  Lagides,  et  Alexandrie  fut  un 
centre  de  fabrication  d'  articles  en  verre  pendant  plusieurs 
siècles.  Les  Alexandrins  e'taient  très  habiles  à  travailler  l'or, 
l'argent,  le  cuivre  et  même  le  fer.  Leurs  bijoux,  leurs  vases  cisele's 
ou  incruste's  e'taient  très  appre'cie's  et   très    recherche's,    partout 


— — 33     

où  l'amour  du  luxe,  le  bon  goût  artistique  ou  la  mode  pouvaient 
exercer  leur  influence. 

Mais  laissant  de  cote'  un  grand  nombre  d'autres  industries 
alexandrines  plus  ou  moins  considérables,  nous  nous  bornerons  à 
signaler  la  plus  importante  de  toutes,  celle  des  tissus  et  des 
étoffes,  dont  on  a  pu  e'tablir  quatorze  espèces  diffe'rentes. 
Ce'lèbres  e'taient  les  tapis  teints  de  pourpre  et  brodes  de  figures 
d'animaux  et  dont  la  mosaïque  de  Palestrine  et  celle  du  Muse'e 
des  Thermes  à  Rome  peuvent  nous  donner  une  ide'e. 

Les  Ptole'me'es,  maîtres  sans  e'gaux  dans  Tart  du  monopole 
et  de  l'impôt,  retiraient  des  avantages  e'conomiques  e'normes 
d'un  mouvement  commercial  et  industriel  si  important.  Sans 
insister  sur  l'e'tendue  de  leurs  possessions  domaniales  ni  sur  la 
riche  varie'te'  d'impôts  frappant  les  proprie'te's  de  toute  sorte,  nous 
rappellerons  que  les  Ptole'me'es  (les  Romains  ne  doivent  pas  avoir 
change'  beaucoup  le  système)  avaient  e'tabli  dans  tous  les  ports 
de  la  Me'diterrane'e  et  de  la  Mer  Noire  des  taxes  d'importation 
et  d'exportation  ;  qu'il  y  avait  une  taxe  pour  laisser  passer  les 
marchandises  de  la  Haute  dans  la  Basse  Egypte  :  et  qu'une  taxe 
d'importation  ou  d'  exportation  devait  être  paye'e  dans  tous  les 
ports  du  Nil. 

Certains  produits  des  industries  agricoles  e'taient  soumis  à  des 
taxes  conside'rables  ;  beaucoup  d'autres  e'taient  monopolise's. 
Toutes  les  branches  de  l'industrie  proprement  dite  e'taient  mo- 
nopolise'es,  et  lorsque  l'Etat  ne  se  re'servait  pas  à  lui  seul  le 
droit  de  la  fabrication,  il  gardait  le  droit  exclusif  de  la  vente. 
Les  Banques  mêmes  n'e'chappaient  pas  au  monopole.  En  effet 
elles  e'taient  toutes  loue'es  à  des  entrepreneurs  pour  le  compte  du 
roi.  Au  fond  c'e'tait  le  fellah  et  le  consommateur,  soit  indigène 
soit  e'tranger,  qui  payaient  la  beauté'  et  la  gloire  d'Alexandrie. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Voir  §  précédent.  Ajoutez  le  récent  mémoire  du  Dr. 
Th.  Reil,  Beitràge  zur  Kenntnis  des  Gewerbes  itn  hellenisHschen  Aegypten, 
Leipzig,  Noske,   1913. 


Sciences  et    lettres:  Le  Musée  et  la    Bibliothèque.   — 

Alexandrie  a  donc  e'te',  sans  contredit,  l'entrepôt  du  commerce 
international,  mais  elle  a  e'te'  e'galement  un  foyer  de  civilisation 
dont  l'e'clat  a  laisse'  une  trace  lumineuse  dans  1'  histoire  du 
progrès  humain.  Quel  que  soit  le  jugement  de  la  postérité'  sur 
la  littérature  alexandrine  (alexandrinisme  signifie  e'rudition  pe'- 
dantesque  et  encombrante,  subtilité',  artifice,  manque  de  goût, 
d'inspiration,  d'imagination,  parfois  de  sens  moralj,  on  doit 
appre'cier  au  plus  haut  degré'  les  services  d'inventaire,  de  classe- 


34     

ment,  de  conservation,  d'intei'prc'tation  qu'Alexandrie  a  rendus 
à  l'art  classique.  D'ailleurs,  si,  pour  la  poe'sie,  l'âge  alexandrin 
marque  une  pe'riode  d'arrêt  et  de  décadence,  si  la  litte'rature 
est  devenue  philologie,  cet  âge  a  un  titre  d'impe'rissable  gloire 
dtins  les  progrès  e'normes,  stupéfiants,  re'alise's  par  la  science  de 
la  nature  et  par  toutes  les  sciences  proprement  dites.  Pour  la 
ge'ographie,  qui  gagna  beaucoup  grâce  aux  expéditions  militaires 
d'Alexandre  et,  plus  tard,  aux  voyages  d'exploration  organise's 
par  les  Lagides,  il  suffira  de  rappeler  Eratosthène.  Sa  mensu- 
ration du  me'ridien  terrestre  et  sa  carte  ge'ographique  de  la  terre, 
maigre'  les  de'fauts  et  les  erreurs,  ine'vitables  à  cette  e'poque,  le 
placent  en  première  ligne  dans  l'histoire  de  la  ge'ographie. 
Aristarque  de  Samos  est  l'astronome  le  plus  illustre  parmi  ceux 
qui  ont  travaille  à  Alexandrie  ;  il  fit  le  premier  la  grande  de- 
couverte  qui  dans  l'âge  moderne  a  illustre'  Copernic  et  Galile'e, 
à  savoir  que  la  terre  est  seulement  une  planète  du  système  dont 
le  soleil  est  le  centre. 

La  ge'ographie  et  l'astronomie  pre'supposent  des  e'tudes  et  des 
connaissances  mathe'matiques  très  avance'es.  C'est  à  Alexandrie 
qu'Euclide,  sous  Ptole'me'e  P'',  re'digea  le  livre  des  «  Ele'ments  », 
livre  qui  est  reste',  depuis  l'antiquité',  le  traite'  de  ge'ome'trie  le 
plus  re'pandu.  De  l'e'cole  d'Euclide  sont  sortis  les  plus  grands 
mathe'maticiens  grecs,  Archimède  de  Syracuse,  et  Apollonios  de 
Perge'.  Archimède  a  de'couvert  le  rapport  entre  le  diamètre  et 
la  circonférence,  la  the'orie  de  la  spirale,  la  loi  de  gravité  et  le 
principe  hydrostatique  qui  permet  de  déterminer  le  poids  spé- 
cifique des  corps  ;  il  ne  se  borna  pas  à  travailler  avec  succès 
au  progrès  des  théories  scientifiques,  il  appliqua  ses  découvertes 
théoriques  à  la  mécanique  :  les  machines  qu'il  construisit  ont 
excité,  au  plus  haut  degré,  l'admiration  des  contemporains. 
Apollonios  de  Pergé  doit  être  surtout  signalé  comme  fondateur 
de  la  trigonométrie.  Les  découvertes  géographiques  ont  exercé 
une  grande  influence  sur  le  développement  des  sciences  biologiques. 
Une  des  plus  remarquables  curiosités  d'Alexandrie  était  pour  les 
étrangers  le  jardin  zoologique,  annexé  au  palais  royal:  dans  ce  jardin 
les  Ptolémées  avaient  réuni  une  riche  collection  d'animaux  rares 
et  sauvages:  serpents,  autruches,  antilopes,  éléphants.  Théophraste, 
par  son  histoire  et  par  sa  physiologie  des  plantes,  doit  être  con- 
sidéré comme  le  fondateur  de  la  botanique  scientifique.  Pour 
ce  qui  a  trait  à  l'anatomie  et  à  la  physiologie,  il  suffira  de 
rappeler  que  les  savants  alexandrins  ont  disséqué  les  cadavres 
et  ne  se  sont  pas  même  arrêtés,  semble-t-il,  devant  la  vivisection 
des  criminels.  Dans  la  chirurgie,  la  première  place  revient  à 
Erasistrate.   Les  médecins  formés  à  Alexandrie  étaient  très    ap- 


3  5     

precies  dans  le  monde  de  cette  e'poque:  «  Sufïicit  medico  ad 
commendandam  artis  auctoritatem,  si  Alexandriie  se  dixerit  eru- 
ditum  ».  Pour  qu'on  ait  confiance  dans  l'iiabiletc  d'un  me'decin, 
il  suffit  qu'il  se  dise  élève  de  l'e'cole  d'Alexandrie  ('), 

Parmi  les  historiens  dont  l'activité  s'exerça  à  Alexandrie,  nous 
nommerons  avant  tout  Ptole'me'e  I^^',  qui  avait  écrit  un  livre  de  Mé- 
moires dont  on  a  souvent  loue'  l'objectivité'.  Il  semble  bien  que 
Hccatce  d'Abdère  e'crivit  à  Alexandrie  son  Histoire  d'Egypte  et 
son  Histoire  des  Juifs.  Mais  bien  plus  que  les  recherches  d'histoire 
politique,  les  savants  alexandrins  ont  aime'  l'histoire  de  la  litte'- 
rature  et  les  e'tudes  philologiques.  Ze'nodote  d'Ephèse,  premier 
directeur  de  la  Bibliothèque  du  Muse'e,  consacra  sa  vie  à  une 
e'dition  critique  des  œuvres  d'Homère,  et  son  travail  fut  repris 
après  lui  par  Aristophane  de  Byzance  et  par  Aristarque.  Les 
auxiliaires  de  Ze'nodote  dans  sa  tâche  de  bibliothécaire,  Alexandre 
d'Etolie  et  Lycophron  de  Ghalcis,  furent  charge's  le  premier  de 
classer  les  trage'dies,  l'autre  les  comédies,  ce  qui  amena  les 
deux  savants  à  écrire  une  sorte  d'histoire  de  ces  deux  genres 
littéraires.  Le  successeur  de  Ze'nodote  dans  les  fonctions  de 
bibliothécaire  en  chef,  Callimaque  de  Cyrène,  dressa  un  inventaire 
méthodique  de  la  Bibliothèque,  c'est-à-dire  un  inventaire  de 
toute  la  Uttérature  grecque  (son  ouvrage  appelé  «  Tables  » 
comprenait    120  rouleaux  de  papyrus). 

Bon  nombre  d'élèves  sont  sortis  de  l'école  de  Callimaque: 
Hermippos  (biographe  des  philosophes),  Istros  de  Paphos  (anti- 
quaire), ApoUonios  d'Alexandrie  (philologue).  On  nomme  aussi 
parmi  ses  élèves,  son  compatriote  et  successeur  dans  la  direc- 
tion de  la  Bibliothèque,  Eratosthène,  principalement  connu  comme 
mathématicien  et  géographe,  mais  qui  était  également  très 
compétent  en  histoire,  politique  et  philosophie.  Ainsi  que 
nous  l'avons  dit,  la  poésie  de  l'âge  hellénistique  occupe  dans 
l'histoire  de  la  littérature  grecque  une  place  tout  à  fait  secon- 
daire ;  mais,  quelle  que  soit  sa  valeur  et  son  importance,  on 
doit  avouer  que  depuis  la  première  moitié  du  troisième  siècle, 
Alexandrie  en  a  été  le  centre  et  le  foyer.  D'ailleurs  si  les  poètes 
de  cette  époque  ne  perdent  rien  à  être  laissés  dans  l'ombre, 
il  y  en  a  deux  qui  ne  peuvent  pas  être  passés  sous  silence: 
Théocrite  et  Callimaque. 

Théocrite,  qui  était  doué  de  remarquables  qualités  de  poète,  est 
le    créateur  du  genre    bucohque,  de    la    poésie    qui    chante   les 

(i)  Rien  de  nouveau  sous  le  soleil.  —  La  Faculté  d'Alexandrie  n'est  plus 
(ju'un  souvenir;  mais  bon  nombre  des  nos  modernes  Esculapes  font  ou  croient 
faire  impression  sur  le  public  et  pensent  attirer  les  clients  en  se  disant  <  de  la  fa- 
culté de  Paris  >  ou  de  toute  autre  école  renommée.  Il  faut  avouer  du  reste  ijue 
cette  sorte  de  réclame  n'est  pas  tout  à  fait  inefficace,  même  de  nos  jours. 


_ 36      

bergers  et  les  bergères,  les  vertes  campagnes,  les  plaisirs  de  la 
vie  rastique  ;  il  excelle  dans  ce  genre  et  ses  imitateurs  ne 
l'ont  pas  surpasse'.  iMais  parmi  les  contemporains,  la  gloire  de  ce 
poète,  simple  et  sincère,  fut  obscurcie  par  celle  du  bibliothécaire 
Callimaque,  poète  de  la  cour  sous  Philadelphe  et  Evergète  P""; 
il  essaya  tous  les  genres,  mais  il  excella  surtout  dans  l'e'le'gie  ; 
il  possédait  une  e'rudition  extraordinaire  et  très  varice,  une 
impeccable  maîtrise  de  la  technique  du  vers,  une  virtuosité'  de 
stvle  peu  commune,  une  remarquable  pe'ne'tration  critique,  une 
profonde  et  vaste  connaissance  de  la  langue  ;  mais  il  manquait 
d'inspiration,  il   e'tait  froid,  subtil,  industrieux. 

Pour  attirer  et  centraliser  à  Alexandrie  tout  le  mouvement 
scientifique  et  litte'raire  de  l'e'poque,  les  Ptole'mees  avaient  cre'J 
deux  institutions,  pour  lesquelles  ils  ont  droit  à  la  gratitude  e'ter- 
nelle  de  tous  ceux  qui  pensent  :  le  Musée  et  la  Bibliothèque.  On 
a  souvent  attribue  le  me'rite  et  l'honneur  de  ces  deux  cre'ations 
à  Ptole'mee  II  Philadelphe  ;  mais  la  critique  moderne  se  croit 
autorise'e  à  faire  remonter  au  premier  Ptoleme'e  l'initiative  et 
le  projet  de  ces  me'morables  institutions.  Philadelphe  n'aurait 
eu  qu'à  suivre  ou  à  perfectionner  les  projets  primitifs.  L'inspirateur 
de  Soter,  dans  ces  fondations,  aurait  e'te'  De'me'trius  de  Phalère, 
ancien  e'iève  de  The'ophraste,  homme  d'un  talent  remarquable, 
orateur  fe'cond  et  persuasif,  esprit  e'minemment  organisateur: 
après  avoir  e'te'  presque  maître  d'Athènes  pendant  dix  ans,  il  en 
avait  été'  chassé,  et  nous  ignorons  son  existence  jusqu'au  jour 
(297)  où  nous  le  trouvons  à  la  cour  du  Lagide.  L'idée  de  grouper 
des  savants  et  de  mettre  à  leur  disposition  une  bibliothèque. 
dit  Bouché-Leclercq,  Démétrius  la  trouva  dans  ses  propres  sou- 
venirs. Il  y  avait  longtemps  que  le  culte  des  Muses  était  le  symbole 
de  l'esprit  scientifique.  Déjà  les  écoles  des  Pythagoriciens  s'ap- 
pelaient Musées  iMovoEÎa)  :  Démétrius  élargit  ce  plan  et  créa 
une  institution  originale,  dont  le  but  n'était  pas  seulement  de 
répandre  certaines  doctrines  philosophiques,  mais  aussi  de  hâter 
le  progrès  de  toutes  les  sciences. 

Musée.  —  Le  Musée  Alexandrin  pourrait  être  comparé  à 
nos  Universités  d'Occident  :  mais  il  avait  quelque  chose  qui 
manque  à  celles-ci,  la  vie  collégiale  des  professeurs.  Ces  derniers 
d'ailleurs  n'étaient  pas  obligés  de  donner  des  cours.  Je  pense 
que  Mahafty  a  raison  lorsqu'il  écrit  '•  ^  It  seems,  that  the 
King  and  his  Minister  of  éducation  founded  an  institution  more 
like  an  old  collège  at  Oxford  or  Cambridge  than  anything  else 
of  the  kind  «.  D'ailleurs  ce  que  nous  savons  du  Musée  se  réduit 
à  peu  de  chose.    «  Les  palais  royaux,  dit  Strabon,  comprennent 


37      

aussi  le  Musée,  lequel  renferme  une  promenade,  une  exèdre  et 
une  grande  salle  dans  laquelle  a  lieu  le  repas  en  commun  des 
philologues  appartenant  au  Muse'e.  Il  y  a  aussi  pour  l'entretien 
de  ce  collège  des  fonds  communs  et  un  prêtre  pre'pose'  au  Muse'e 
autrefois  par  les  rois  et  maintenant  par  Ce'sar  ».  Exception  faite 
de  ces  de'tails  d'une  remarquable  pre'cision,  mais  quelque  peu 
sommaires,  la  tradition  litte'raire  ne  nous  a  conserve'  que  des 
renseignements  vagues  ou  contradictoires  sur  l'organisation  de 
cet  e'tablissement.  Le  prêtre  ou  pre'sident  (ainsi  que  les  simples 
membres)  e'tait  nomme'  par  le  roi  pour  une  pe'riode  de'termine'e, 
mais  naturellement  la  dure'e  de  ses  fonctions  de'pendait  exclusive- 
ment du  caprice  ou  de  la  volonté'  du  souverain.  On  a  affirme' 
que  le  prêtre-pre'sident  e'tait  en  même  temps  prêtre  de  Sarapis  et 
chef  de  tout  le  cierge'  alexandrin  ;  mais  on  n'a  pas  apporte'  de 
preuves  de'cisives.  Il  semble  au  contraire  que  le  isgevg  du  Muse'e, 
qui  n'a  jamais  e'te'  un  Egyptien,  ne  différait  pas  du  tegevg  des 
autres  corporations  gvecques  (ovvoôoi),  c'est-à-dire  qu'il  e'tait  sim- 
plement e'pistate  ou  pre'sident  de  l'e'tablissement  dont  il  avait  la 
direction.  Il  semble  que  les  savants  du  Muse'e  e'taient  groupe's  en 
confre'ries  distinctes,  suivant  la  nature  de  leurs  occupations  ;  ils 
recevaient  du  tre'sor  royal  un  traitement  qui,  ajoute'  aux  revenus 
du  fonds  commun,  leur  assurait  le  vivre  et  le  couvert,  et  leur 
permettait  (l'enseignement  n'  e'tant  pas  une  condition  obliga- 
toire) de  consacrer  leur  activité'  toute  entière  aux  études  et 
aux  recherches  personnelles.  Pour  celles-ci  le  Muse'e,  outre 
une  vie  calme  et  tranquille,  à  l'abri  des  soucis  matériels,  et 
entoure'e  d'une  atmosphère  d'intellectualite'  et  d'e'rudition,  offrait 
tous  les  instruments  de  travail  qu'on  pouvait  de'sirer. 

Ce  que  nous  avons  dit  du  progrès  de  toutes  les  sciences, 
re'alise'  ou  provoque'  par  les  savants  du  Muse'e,  et  le  fait  que 
cette  institution  a  surve'cu  aux  Lagides,  prouvent  qu'elle  a  bien 
mérite'  de  la  civilisation,  et  qu'elle  n'a  pas  failli  au  but  pour 
lequel  elle  avait  été  créée.  Ce  qui  ne  veut  pas  dire  qu'elle  ait  été 
admirable  toujours  et  en  tout  point.  Certainement  Timon  le  sil- 
lographe  a  exagéré  dans  le  sarcasme,  mais  peut-être  n'a-t-il  pas 
été  seul  à  se  moquer  des  membres  du  Musée,  rats  de  bibliolhùqiie 
et  parleurs  inutiles  :  «  Dans  la  populeuse  Egypte,  dit-il,  on 
donne  la  pâtée  à  de  nombreux  gratte-papiers,  grands  liseurs  de 
bouquins,  qui  se  chamaillent  à  n'en  pas  finir  dans  la  volière  du 
Musée   ».  (Pour  la  topographie   v.  plus  loin). 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Parthev  G.,  Das  Alexandrinisclie  Muséum,  V,cTVin, 
1S38;  Weniger,  Das  alexandr.  Muséum,  Berlin,  1875;  A.  Couat,  Le  Musée 
d'Alex,  sous  les  premiers  Ptolémées.  Cfr.  Bouché-Leclercq,  Hist,  des  La- 
gides,  I,  p.  217,  n.  i. 


38 

Bibliothèque.  —  Nous  ne  sommes  pas  beaucoup  mieux  ren- 
seignes en  ce  qui  concerne  la  Bibliothèque.  Maigre'  les  docu- 
ments incomplets  dont  nous  disposons,  il  est  difficile  de  croire 
que  la  Bibliothèque,  du  moins  à  l'origine,  ait  e'te'  inde'pendante 
du  Musée,  et  qu'elle  ait  eu  d'autre  but  que  celui  d'offiir  aux 
savants  du  Muse'e  les  mate'riaux  et  les  instruments  ne'cessaires 
à  leurs  recherches.  La  Bibliothèque  d'Alexandrie  ne  fut  certes 
pas  la  première  en  date  dans  l'antiquité.  Sans  compter  les  biblio- 
thèques dont  on  a  affirme'  l'existence,  dans  l'Egypte  des  Pharaons, 
ou  la  bibliothèque  très  riche  et  très  bien  organisée,  qu'on  a 
de'couverte  à  Ninive,  la  tradition  litte'raire  nous  fait  connaître 
les  collections  de  livres  de  Polycrate.  tyran  de  Samos,  de  Pisis- 
trate  d'Athènes,  de  Cle'arque  d'He'raclee  dans  le  Pont,  de  De'mos- 
thène,  et  celle,  remarquable  entre  toutes,  forme'e  par  Aristote. 
Mais  si  la  bibliothèque  d'Alexandrie  n'a  pas  e'té  la  première  en 
date,  elle  a  e'te  sans  aucun  doute  la  plus  grande,  la  plus  riche, 
la  plus  importante,  que  l'antiquité'  classique  ait  connue.  De'jà 
sous  Ptole'me'e  I^'',  Deme'trius  de  Phalère  (il  faut  avouer  que  la 
source  de  cette  notice  est  assez  suspecte)  aurait  re'uni  200000 
volumes.  A  la  fin  du  règne  de  Ptole'me'e  Philadelphe,  qui  avait 
acheté'  entre  autres  la  collection  d'Aristote,  il  y  avait,  dit-on, 
dans  la  Bibliothèque  Mère  ou  du  Bruchium  400000  volumes 
«  mêles  »  et  90000  «  non  mèle's  »  ou  simples.  En  même  temps 
la  Bibliothèque  du  Sèrapeum  ou  Bibliothèque  Fille  (devenue  très 
importante  à  l'e'poque  romaine)  aurait  posse'de'  42800  volumes 
ce'de's    par  la    Bibliothèque  du    Muse'e  (^). 

C'e'taient  peut-être  des  doubles,  non  indispensables,  ou  plus 
probablement  une  collection  de  rouleaux  simples,  classe's  pour 
l'usage  du  grand  public,  qui  ne  pouvait  pas  profiter  de  la  grande 
Bibliothèque.  Ptole'me'e  Evergète  et  ses  successeurs  continuèrent 
avec  enthousiasme  la  chasse  aux  livres.  Une  tradition,  conteste'e 
avec  de  bons  arguments  par  Lumbroso,  mais  qui  toutefois  ne 
semble  pas  être  trop  invraisemblable,  rapporte  qu'Antoine  aurait 
fait  don  à  Gle'opâtre  de  200000  volumes  simples  de  la  biblio- 
thèque de  Pergame.  Pour  augmenter  leurs  collections,  lesPtole'mêes 
ne  reculaient  pas  devant  des  moyens  peu  corrects.  Evergète 
aurait  donne  ordre  que  tous  les  voyageurs  de'barquant  à  Alex- 
andrie fussent  oblige's  de  de'poser  les  livres  qu'ils  avaient  avec 
eux.  On  gardait  ceux-ci  pour  la  Bibliothèque,  en  de'livrant  aux 
proprie'taires  de  simples  copies  sur  papyrus  ordinaire.  Ce  même 

(i)  Bouché-Leclercq  pense  que  le  chiffre  de  90000  représente  le  chiffre  des 
volumes  de  la  Bibliothèque,  défalcation  faite  des  doubles.  Dziatzko  et  autres 
croient  que  le  chiffre  de  90000  se  réfère  aux  rouleaux  dont  chacun  comprenait 
ou  plusieurs  livres,  ou  des  parties  de  plusieurs  livres  d'un  ouvrage,  des  miscel- 
lanea  de  différents  écrits  d'un  même  auteur  ou  de  plusieurs. 


39 

Lagide  avait  demande  a  Athènes,  contre  caution  de  i  5  talents, 
les  trage'dies  de  Sophocle,  d'Euripide  et  d'Eschyle  pour  en  prendre 
copie  ;  il  garda  les  originaux,  et  renvoya  aux  Athéniens  les  copies 
en  les  priant  de  conserver  les  1 5  talents.  Un  autre  Ptole'me'e, 
pour  ruiner  la  concurrence  que  lui  faisait  le  roi  de  Pergame, 
interdit  l'exportation  du  papyrus  ;  ce  qui  conduisit  les  industriels 
de  Pergame  à  l'invention  du  parchemin  (membrana  pergamenica). 
Même  en  tenant  compte  de  l'exage'ration,  ces  re'cits  de'montrent 
la  passion  des  Ptole'me'es  pour  les  livres.  Cette  passion  (^  explique 
l'accroissement  rapide  et  merveilleux  des  Bibliothèques  alexan- 
drines,  qui,  en  48  avant  J.-Ch.,  disposaient,  dit-on,  de  400000  et 
même  de  700000  volumes.  Il  est  probable  que  ces  chiffres  sont 
quelques  peu  hyperboliques,  ou  qu'ils  cachent  des  erreurs  assez 
considérables  ;  mais,  toute  part  faite  aux  exage'rations  et  aux  er- 
reurs, cette  collection  de  livres  reste  cependant  immense.  L'anti- 
quité' n'en  avait  jamais  vu  de  pareille.  Ne'anmoins  il  est  bon  de 
se  tenir  en  garde,  et  de  ne  pas  se  faire  une  ide'e  trop  grandiose 
et  inexacte  de  la  production  intellectuelle  des  peuples  classiques. 
On  ne  doit  pas  confondre  ouvrage  avec  rouleau.  Dans  la  se'rie 
des  volumes  simples,  un  rouleau  comprenait  un  livre  d'un  ou- 
vrage ou  un  ouvrage  en  un  seul  livre,  ce  qui  veut  dire  48  rou- 
leaux pour  Homère,  40  pour  Polybe,  et  ainsi  de  suite.  D'ailleurs 
des  œuvres  de  courte  haleine  devaient  compter  pour  beau- 
coup dans  le  chiffre  des  rouleaux.  Si  on  tient  compte  des  dou- 
bles, des  rouleaux  mêle's,  on  voit  que  le  nombre  des  ouvrages 
devait  être  bien  moindre  que  celui  des  rouleaux.  Ajoutons  que 
les  Ptolême'es  ne  se  sont  pas  borne's  à  la  litte'rature  grecque, 
mais  qu'ils  se  sont  aussi  inte'ressês  aux  productions  des  peuples 
«  barbares  ».  Il  est  possible  que  les  traductions  d'une  langue  e'tran- 
gère  en  grec,  aient  ête'  plus  ou  moins  nombreuses;  la  seule  connue 
est  la  célèbre  version  de  la  Bible  par  les  Septante  (-). 

(i)  Elle  provoqua  aussi,  naturellement,  la  fabrication  de  très  nombreux  ou- 
vrages apocryphes. 

(2)  La  tradition  juive,  dont  la  source  première  est  le  pseudo-Aristée,  attri- 
buait le  projet  de  cette  version  à  Philadelphe,  et  racontait  le  respectueux  em- 
pressement du  souverain  et  le  miraculeux  accord  des  soixante-douze  traducteurs 
travaillant  isolément.  C'est  une  <  niaise  histoire  >,  ainsi  que  l'a  définie  Renan. 
Non  seulement  la  traduction  de  la  Bible  ne  doit  pas  avoir  été  faite  par  les 
ordres  du  second  Ptolémée,  car  elle  est  probablement  l'cfuvre  des  Juifs  alex- 
andrins travaillant  pour  le  grand  nombre  de  leurs  coreligionnaires  qui  ne  sa- 
vaient pas  l'hébreu  ;  mais  ])our  cette  môme  raison  elle  doit  être  postérieure  à 
Philadelphe.  En  réalité,  à  l'époque  de  ce  roi,  les  juifs  alexandrins  ne  devaient 
pas  être  hellénisés  au  point  d'avoir  besoin  qu'on  leur  traduisit  en  grec  les  livres 
saints.  Cette  induction  est  confirmée  par  les  résultats  des  fouilles.  Dans  la  né- 
cropole gréco-juive  que  j'ai  découverte  près  de  l'Ibrahimieh,  et  datant  du  règne 
de  Ptolémée  II,  les  épitaphes  des  Juifs  sont  rédigées  en  pur  araméen  :  ce  qui 
veut  dire  (pie  la  langue  araméenne  était  encore  généralement  employée  et  com- 
prise ;  il  s';igit  en  effet  de  tombes  appartenant  aux  classes  pauvres,  et  non  h  des 
gens  riches   et  cultivés. 


40 

A  la  direction  de  la  Bibliothèque  doit  avoir  e'te'  toujours  ap- 
pelé' un  litte'rateur  ou  philologue  remarquable  :  mais  nous  ne 
connaissons  que  les  trois  premiers  bibhothe'caires,  Ze'nodote,  Cal- 
limaque,  Eratosthène.  La  tradition  est  tout  à  fait  muette  sur 
leurs  successeurs.  La  Bibliothèque  alexandrine  n'a  pas  toujours 
joui  de  la  prospe'rite'  merveilleuse  dont  nous  venons  d'esquisser 
l'histoire  ;  il  est  temps  de  rappeler  ses  mauvais  jours.  Une  pre- 
mière catastrophe  se  serait  produite  en  48  avant  J.-Ch.,  pendant  les 
pe'ripe'ties  de  la  «  guerre  alexandrine  »  de  Jules  Ce'sar.  Assiège' 
par  Achillas  dans  le  Bruchium,  Ce'sar  se  sentait  perdu  si  les 
ennemis  restaient  maîtres  des  communications  par  mer.  Pour  e'viter 
qu'ils  re'ussissent  à  s'emparer  de  sa  flotte  laisse'e  sans  e'quipages 
et  sans  surveillance  dans  le  Grand  Port,  Ce'sar  fit  incendier  les 
72  vaisseaux  de  guerre  ainsi  que  les  navires  en  construction 
dans  les  arsenaux.  L'incendie  fut  si  violent  qu'il  gagna  les 
quais  et  re'duisit  en  cendres  les  chantiers,  les  greniers  à  ble'  et 
les  entrepôts  de  livres.  Les  historiens  les  plus  mode're's  parlent 
de  400000  volumes  brûle's.  Mais  ce  chiffre  est-il  exact,  et  l'in- 
cendie a-t-il  vraiment  gagne'  la  Bibliothèque  du  Muse'e  ?  Il  con- 
vient de  rappeler  que  le  plus  ancien  souvenir  du  de'sastre  se 
trouve  dans  un  passage  de  rhe'torique,  donc  sujet  à  caution  ;  Se'- 
nèque,  qui  en  est  l'auteur,  renvoie  à  Tite-Live  ;  Dion  ne  parle 
pas  de  la  bibliothèque  et  en  outre  mentionne  comme  un  Oîi  dit 
la  destruction  de  beaucoup  de  livres  pre'cieux  dans  des  à:Tofti)y.ai 
Tojy  (ji/jÂcor  (entrepôts  de  livres).  D'ailleurs  ni  Ce'sar  ni  Hirtius 
ne  font  la  moindre  allusion  à  l'incendie  de  la  Bibliothèque  ;  or, 
ils  pouvaient  difficilement  croire  que  leur  silence  effacerait  le  sou- 
venir d'un  tel  de'sastre.  Et  Ciceron,  pour  quelle  raison  n'aurait- 
il  pas  consacre'  un  mot  a  cette  catastrophe,  à  laquelle  son  cœur 
de  philosophe  et  d'homme  de  lettres  ne  pouvait  être  indiflfe'rent  ? 
Strabon  visita  la  ville  en  24  avant  J.-Ch.,  etre'digea  une  description 
assez  de'taille'e  de  ses  monuments  ;  mais,  lui  non  plus,  il  ne 
fait  pas  la  moindre  allusion  à  l'incendie.  D'autre  part,  Ce'sar  nous 
dit  (avec  un  petit  grain  d'exage'ration  peut-être)  qu'Alexandrie, 
par  la  technique  de  ses  constructions,  e'tait  garantie  contre  les 
incendies.  Tout  d'ailleurs  nous  fait  croire  que  la  Bibliothèque 
e'tait  assez  loin  du  Port.  Il  faudra  donc  conclure  que  la  Bi- 
bliothèque du  Muse'e  n'a  pas  e'te'  atteinte  par  les  flammes  ;  que 
l'incendie  doit  avoir  gagne'  des  magasins  où  des  livres  e'taient 
de'pose's  soit  pour  le  commerce,  soit  pour  une  autre  raison  qui 
nous  e'chappe  ;  que  la  quantité'  des  rouleaux  briile's  doit  avoir  e'te' 
très  infe'rieure  au  chiffre  donne'  par  Se'nèque.  Mais  la  décadence 
et  la  ruine  doivent  avoir  e'te'  re'elles  et  progressives  quand  la  con- 
quête romaine  fut  devenue  de'finitive,   surtout  à  partir  de  la  fin 


41      

da  11"^^  siècle.  Non  seulement  il  est' probable  que  beaucoup  de 
livres  commencèrent  à  prendre  le  chemin  de  Rome,  mais  il  est 
aussi  très  difficile  d'admettre  que  pendant  les  troubles  et  les  per- 
sécutions de  Caracalla,  la  Bibliothèque  n'ait  pas  souffert.  En 
270,  Aure'lien  fît  raser  la  plus  grande  partie  du  Bruchium:  les 
membres  du  Muse'e  se  re'fugièrent  en  partie  au  Se'rapeum,  quel- 
ques-uns se  rendirent  à  Constantinople.  On  doit  admettre  que 
depuis  le  troisième  siècle  au  plus  tard  la  Bibliothèque  du 
Muse'e  ou  Bibliothèque  Mère  pratiquement  n'existait  plus.  Si  la 
de'so  ganisation  geneVale  n'e'tait  pas  faite  pour  favoriser  la 
conservation  des  Bibliothèques,  la  diffusion  et  le  triomphe  du 
christianisme  leur  ont  porte'  des  coups  mortels.  L'an  391,  Théo- 
phile, autorise'  par  1'  empereur,  abolit  pratiquement  et  offi- 
ciellement les  cultes  païens  à  Alexandrie  (v.  p.  98).  Il  se'vit 
avant  tout  et  surtout  contre  le  Se'rapeum,  devenu  le  dernier 
refuge  et  le  dernier  rempart  du  paganisme  ;  il  s'en  empara,  de'- 
truisit  la  ce'lèbre  statue  de  Sarapis,  et  livra  le  temple  à  l'incen- 
die. Les  nombreux  e'difices  qui  se  trouvaient  dans  l'enceinte  du 
Se'rapeum  ne  furent  pas  tous  de'molis;  quelques-uns  furent  sau- 
ve's,  mais  tout  nous  laisse  croire  que  la  Bibliothèque  Fille,  annexe'e 
très  probablement  au  temple,  n'e'chappa  point  aux  flammes.  En 
conséquence,  il  est  difficile  ou  plutôt  impossible  d'admettre 
à  Alexandrie  l'existence  d'une  grande  et  vraie  Bibliothèque  pu- 
blique depuis  la  fin  du  IV"'^  siècle  (^\  A  mon  avis  le  pas- 
sage d'Orose  (416),  où  cet  auteur  affirme  qu'il  a  vu  dans  certains 
temples  les  armoires  vides  de  livres,  de  quelque  façon  qu'on 
l'interprète,  prouve  qu'il  n'existait  à  cette  époque  aucune  Bi- 
bliothèque publique  d'importance  conside'rable.  Cela  ne  veut  pas 
dire  que  tous  les  livres  aient  disparu  d'Alexandrie;  ils  devaient 
être  en  effet  toujours  très  nombreux  soit  dans  les  collections  des 
particuliers,  soit  dans  quelques-uns  des  monastères,  soit  dans  les 
e'coles  des  grammairiens  et  des  philosophes  païens,  écoles  ou 
«  Musées  »  restés  florissants  à  Alexandrie  jusqu'à  la  fin  du 
V^^e  siècle  ^^\  Toutefois  Amrou  doit  être  lavé  de  l'accusation 
que  l'historien  arabe  Abou-el-Farag  (postérieur  de  cinq  siècles 
à  la  conquête  d'Alexandrie)  porte  contre  lui,  d'avoir  brûlé  la 
Grande  Bibliothèque.  Abou-el-Farag  raconte  que  Jean  Philoponus, 
devenu  intime  d'Amrou.  lui  demanda  l'autorisation  d'emporter 
certains    livres    qui    se    trouvaient  dans  le    «   trésor  impérial   ». 

(i)  Je  renvoie  à  Butler,  TJie  Arab  Coiiquest  oj  Kgvpt,  p.  400-126.  Par 
une  critique  minutieuse  et  habile  de  toutes  les  sources  (Rufin,  .Aphtoniu^, 
Orose)  il  démontre  contre  Mat  rea  (L'école  d'Alexandrie)  qu'au  Vme  siècle 
la  Bibliothèque  du  Sérapeum  n'existait  plus. 

(2)  Cf.  J.  Maspero,  Horapollon  et  la  fin  du  paganisme  égyptien,  dans 
Bulletin  de  VInst.  Français  d'Arch.  Orient.,  t.  XI,  pag.  164-195. 


42      

Amrou,  avant  de  prendre  une  de'cision,  demanda  l'avis  du  Khalife 
Omar.  La  piquante  re'ponse  de  celui-ci  est  connue:  «  Si  ces  livres 
ne  contiennent  pas  autre  chose  que  le  Coran,  ils  sont  inutiles  ; 
s'ils  contiennent  autre  chose,  ils  sont  dangereux.  Brûle-les  ».  La 
quantité  de  ces  livres  était  tellement  grande  (toujours  d'après 
Àbou-el-Farag)  qu'ils  suffirent  à  chauffer,  pendant  six  mois,  les 
quatre  mille  bains  publics  d'Alexandrie.  Tout  en  admettant  comme 
non  de'montre'  qu'au  moment  de  la  conquête  arabe,  la  Grande 
Bibliothèque  n'existait  plus  depuis  longtemps,  cette  histoire  ren- 
ferme trop  d'ele'ments  le'gendaires  pour  qu'il  puisse  y  être 
ajoute'  foi.  D'ailleurs  Jean  Philoponus  e'tait  mort,  paraît-il,  bien 
avant  la  conquête  d'Alexandrie  par  les  Arabes.  Ne'anmoins  la 
Ic'gende  est-elle  tout  à  fait  fausse  ou  reflète-t-elle  une  part  de  ve'rite' 
historique,  bien  qu'exagere'e  et  de'forme'e  ?  Butler  conclut  :  «  One 
must  pronounce  that  Abu-l-Farag's  story  is  a  mère  fable,  totally 
destitute  of  historical  foundation  ».  Pour  mon  compte,  même  si 
la  le'gende  signifiait,  comme  à  mon  avis  elle  signifie,  que  les 
conque'rants  n'ont  pas  respecte'  les  collections  de  livres  qui  avaient 
surve'cu  aux  de'sastres  ante'rieurs,  et  e'taient  e'ventuellement  tombe'es 
en  leur  pouvoir,  je  ne  saurais  être  se'vère  a  leur  e'gard.  Si  de 
nos  jours  les  Français,  après  s'être  empare's  de  Constantine,  ont 
brûle'  tous  les  livres  et  les  manuscrits  tombe's  en  leurs  mains, 
si  les  Anglais,  après  la  conquête  de  Magdola,  ont  abandonne' 
sur  place  la  meilleure  et  la  plus  grande  partie  d'une  riche  bi- 
bliothèque abyssinienne,  si  les  repre'sentants  des  grandes  puis- 
sances europe'ennes  ont  fait  ce  qu'ils  ont  fait  tout  re'cemment 
en  Chine,  de  quel  droit  reprocherions-nous  aux  Arabes  du 
VII"^^  siècle  de  ne  pas  avoir  eu,  vis-à-vis  des  documents  de 
la  litte'rature  classique,  le  même  e'tat  d'esprit  qu'un  philologue 
occidental  ? 

BIBLIOGRAPHIE.  —  A  celle  donnée  pour  le  Musée  à  p.  37  ajoutez  :  Chastel 
E.,  Les  destinées  de  la  Bibl.  d'Alex.  (Rev.  Hist.,  1876,  pag-.  484  sg-.).  Ritschl, 
Die  Alex.  Bibliot.,  Breslau,  1838  ;  Nourrissox  V.,  La  Bibliothèque  des  Pto- 
léinées,  Alexandrie,  1893  ;  Dziatzko,  Bibliotheken  dans  Real-Encyclopadie  de 
Pauly-Wissowa,  III,  p.  405-424.  On  peut  consulter  aussi  la  polémique  entre  S, 
B.  Kyrillos  Macaire  et  S.  E.  ^Slag'di  Rey  dans  le  Bull,  de  la  Soc.  Khédiviale  de 
Géographie,   série  VII,   n.os  8  et   10. 


Le  Christianisme  à  Alexandrie.  —  «  Lorsque  l'Eglise 
d'Alexandrie  eut  eu,  coup  sur  coup,  pendant  deux  siècles,  une 
suite  d'hommes  e'minents  entre  tous,  Cle'ment,  Origène,  Denys, 
Athanase,  Arius,  Cyrille,  il  lui  sembla  que  rien  ne  manquait  plus 
à  sa  gloire,  que  d'avoir  e'te'  fonde'e   dès  le   temps   des  apôtres  »(^). 

(i)  DoM  Leclercq,  Dictionnaire  d'ArchéoL  Chrét.,  T,  col.  1099. 


43      

Et  ils  attribuèrent  la  fondation  du  siège  d'Alexandrie  à  Saint 
Marc.  Un  martyrium  de'die'  à  un  saint  de  ce  nom,  a  re'ellement 
existe'  à  proximité  du  Grand-Port  ;  mais  comme'morait-il  Saint 
Marc  l'Evange'liste  ?  Ceci  est  au  moins  très  douteux  ('\  Il  est 
certain  par  contre  qu'au  premier  siècle  et  dans  la  première 
moitié'  du  second  la  diffusion  du  christianisme  à  Alexandrie  et 
en  Egvpte  n'avait  pas  e'te'  conside'rable.  D'ailleurs  les  gnostiques, 
qui  caracte'risent  la  première  pe'riode  du  christianisme  alexandrin, 
n'ont  de  chre'tien  que  l'origine.  Il  suffira  de  rappeler  que  tout 
en  adorant  Je'sus-Christ,  Carpocrate  enseignait  que  l'immoralité 
e'tait  la  condition  du  salut.  «  Les  âmes,  disait-il,  ne  peuvent 
atteindre  la  be'atitude  qu'après  avoir  parcouru  tout  le  cycle  des 
actes  possibles,  c'est-à-dire  la  se'rie  des  iniquite's  accessibles  à 
la  nature   de    l'homme   ». 

Hadrien,  d'après  sa  lettre  à  Servianus,  aurait  vu  les  Alexan- 
drins se  prosterner  indifife'remment  devant  Sarapis  et  devant  le 
Christ.  Ils  ne  concevaient  pas  une  grande  diflfe'rence  entre  les 
deux  religions.  Dès  les  de'buts  du  principat  de  Commode  (  iSo), 
la  religion  chre'tienne  presque  purifie'e  des  doctrines  gnostiques 
et  de  toute  trace  de  paganisme  apparaît  solidement  e'tablie  à 
Alexandrie.  Sous  Septime  Se'vère  (193-211)  elle  est  en  pleine 
histoire,  et  dès  lors,  son  développement  devient  très  rapide.  On 
peut  fixer  à  cette  e'poque.  à  peu  près,  la  fondation  du  DidascaJée^ 
la  célèbre  e'cole.  c  espèce  d'Université'  chre'tienne  s'apprêtant  à 
devenir  le  centre  de  toute  la  the'ologie  ».  Il  suffira  de  rappeler 
les  deux  Directeurs  les  plus  renomme's  de  cette  e'cole.  Clément 
et  Origène.  Toutefois  jusqu'à  Constantin  (313)  l'existence  de 
l'Église  en  Egypte  rencontra  de  nombreux  obstacles.  Elle  fut 
trouble'e  par  de  sanglantes  perse'cutions  sous  Septime  Sévère 
(204),  sous  Dèce  (250),  sous  Vale'rien  (2  5i)(-).  Après  le  tri- 
omphe de'finitif  du  Christianisme,  sous  Constantin,  l'Eglise  d'A- 
lexandrie prit  part  à  toutes  les  disputes  the'ologiques  et  à  toutes 
les  controverses  religieuses.  Dans  les  conciles  elle  tient  une 
place  pre'ponde'rante.  Arius,  qui  niait  que  le  'Verbe  (Logos)  fût 
Dieu  et  qu'il  eût  la  même  substance  que  le  Père,  e'tait  d'Alex- 
andrie ;  d'Alexandrie  étaient  l'e'vêque  Alexandre  et  Athanase, 
les  deux  plus  e'nergiques  défenseurs  de  l'orthodoxie.  Après  un 
triomphe    e'phe'mère,     les    Ariens    furent    de'finitivement    de'pos- 

(i)  En  828  des  marchands  vénitiens  enlevèrent  secrètement  le  corps  (pré- 
tendu ?)  du  saint  et  le  transportèrent  dans  leur  patrie. 

12)  Parmi  les  papyrus  que  le  sol  d'Egypte  nous  a  conservés  on  a  découvert 
plusieurs  documents  de  la  ]:)ersécution  de  Dèce.  Ce  sont  des  libelli  libellatici, 
c'est-à-dire  des  certificats  délivrés  par  la  Commission  préposée  aux  sacrifices, 
attestant  que  la  personne  désignée  avait  sacrifié  aux  divinités  païennes.  Un  de 
ces  précieux  documents  est  dans  notre  Musée. 


44      

sedës  des  églises  qu'ils  occupaient  dans  cette  ville.  Le  règne  de 
The'odose  porta  des  coups  mortels  au  paganisme,  mais  ne 
marqua  pas  la  fin  des  dissensions  religieuses.  Peu  après,  en  415, 
Hypatie,  la  dernière  he'roïne  du  paganisme  alexandrin,  tombait 
sous  les  coups  de  quelques  chrétiens  fanatiques.  Toutefois  le 
courant  de  résistance  au  christianisme  resta  très  puissant  jusqu'à 
la  fin  du  V™«  siècle. 

Au  concile  d'Ephèse  (431)  l'e'glise  d'Egypte,  repre'sente'e  par 
Cyrille  et  par  le  ce'lèbre  anachorète  Schenoudi,  triompha  du 
patriarche  de  Gonstantinople  Nestorius,  qui  pre'tendait  reconnaître 
deux  personnes,  l'une  divine  et  l'autre  humaine,  dans  le  Christ. 
Mais  quelques  anne'es  plus  tard  Dioscore.  patriarche  d'Alexandrie, 
propagea  la  doctrine  monophysite  d'Eutychès  (d'après  laquelle  la 
nature  divine  du  Christ  aurait  absorbe'  la  nature  humaine-. 
Depuis  lors,  les  chre'tiens  d'Egypte  ont  e'te'  divise's  en  deux  sectes  : 
catholiques  anciens  (Melkites)  et  orthodoxes  (Jacobites,  anciens 
Eutyche'ens). 

Après  la  conquête  arabe  la  grande  majorité'  des  Egyptiens  se 
convertit  à  l'Islamisme.  Aujourd'hui,  sur  une  population  de  plus 
de  I  I  millions  d'habitants,  on  compte  environs  600000  Coptes, 
dont    I  5000  catholiques. 

Le  christianisme  alexandiin  est  caracte'rise'  par  la  tendance 
de  ses  adhe'rents  à  la  vie  monastique.  Depuis  le  quatrième 
siècle  au  plus  tard,  le  territoire  avoisinant  la  ville  commença  à 
se  peupler  de  monastères  de  jour  en  jour  plus  nombreux.  Au 
cinquième  et  au  sixième  siècle,  ils  n'e'taient  pas  moins  de  six 
cents,  tous  bâtis  à  la  façon  d'une  forteresse:  «  ils  e'taient  comme 
des  pigeonniers  »  dit  Se'vère  d'Achmounein.  Fameux  entre  tous 
e'tait  le  groupe  des  monastères  de  l'Hennaton  (du  neuvième 
mille).  Le  Muse'e  possède  14  e'pitaphes  provenant  du  cimetière 
de  ce  groupe  de  couvents.  Les  Perses  (618-619)  pendant  le 
siège  d'Alexandrie,  portèrent  la  ruine  et  la  mort  parmi  les 
moines  :  une  grande  partie  furent  passe's  au  fil  de  l'e'pe'e, 
d'autres  se  sauvèrent  en  se  cachant  dans  les  cavernes  et  les 
grottes.  Les  tre'sors  furent  pille's,  les  e'glises  et  les  autres  e'di- 
fices  furent  incendie's  ou  détruits.  Les  monastères  ne  se  rele- 
vèrent plus  de  ce  de'sastre.  D'ailleurs  la  conquête  arabe  leur 
porta  le  dernier  coup. 

Depuis  le  quatrième  siècle  les  e'glises  e'taient  assez  nombreuses 
à  Alexandrie;  au  cours  du  cinquième  et  du  sixième  leur  nombre 
augmenta  constamment.  Ne'anmoins  nous  ne  les  connaissons 
presque  toutes  que  par  leur  nom  qui  nous  a  e'te'  transmis  par 
quelque  source  litte'raire.  Toute  trace  en  a  disparu  sur  le  terrain. 
«  Il  est  regrettable    —  conclut    le  Père  Faivre    (au  paragraphe 


43 

Catacombes  et  Églises)  dans  son  Jtude  sur  Alexandrie,  publie'e 
dans  le  Diclionnaire  d'histoire  et  géographie  ecclésiastiques  — 
que  ces  divers  monuments  n'aient  laisse  aucune  trace,  et  qu'on 
ne  puisse  déterminer  leur  emplacement  exact  '>.  Les  e'glises  les 
plus  renomme'es  e'taient  les  suivantes  :  l'e'glise  de  Saint  Marc 
qu'on  devrait  placer  près  du  rivage  du  port  oriental  (différente 
de  l'actuelle  e'glise  copte  de  Saint  Marc).  On  a  attribue'  à  cette 
e'glise  les  chapiteaux  du  cinquième  siècle  en  marbre,  à  surface 
de'core'e  de  fleurons  et  d'entrelacs  dont  trois  sont  dépose's  dans 
notre  Muse'e  et  un  quatrième  au  Muse'e  du  Caire.  Lors  de 
l'occupation  de  la  ville  par  les  Arabes,  l'e'glise  de  Saint  Marc 
fut  brûle'e  ;  sa  reconstruction  e'tait  achevée  en  680.  En  828  deux 
marchands  ve'nitiens  enlevèrent  le  corps  que  l'on  tenait  pour 
celui  de  Saint  Marc  et  l'emportèrent. 

L'e'glise  de  Saint  Michel  ou  d'Alexandre.  Quelques  arche'ologues 
la  placent  tout  près  du  palais  municipal  actuel;  elle  n'aurait  e'te' 
que   l'ancien  temple  de  Saturne  transforme'. 

Le  Ce'sareum  e'tait  un  temple  païen,  commence'  par  Cle'opâtre 
en  r  honneur  de  Ge'sar,  mais  achevé'  par  Octavien  et  de'die' 
ensuite,  sous  le  nom  de  Ce'sareum  ou  Sebasteum,  au  culte  des 
empereurs.  Une  des  entre'es  du  temple  ou  de  sa  vaste  enceinte 
e'tait  tout  près  la  gare  de  Ramleh,  là  où  surgit  actuellement 
l'immeuble  Ye'hia.  Après  la  paix  de  l'Eglise,  le  Césareum  fut 
de'saflfecte'  et  transforme'  en  e'glise  cathe'drale  :  fieyàh}  èy.y.h]r,[a  ou 
Kvoiay.ôr,  OU  Dominicum.  La  /.isyâh]  8xxh]oîa  fut  saccage'e  et  res- 
taure'e  plusieurs  fois.  En  368  elle  fut  reconstruite  par  le  patriai'che 
Athanase;  ensuite  jacobites  et  orthodoxes  s'en  disputèrent  la  pro- 
prie'te'  jusqu'en  912.  A  cette  date  elle  disparut  dans  un  incendie 
et  ses  ruines  ne  furent  plus    releve'es. 

L'e'glise  de  Saint  Athanase,  construite  par  le  patriarche  de 
ce  nom  dans  le  quartier  Bendidion  ou  Mendidion  et  consacre'e 
l'an  370,  aurait  e'te'  convertie  en  mosque'e  après  la  conquête 
arabe.  Cette  mosque'e  serait  celle  dite  du  Souk  el-Attarin  qui. 
restaure'e,  existe  encore  de  nos  jours. 

L'oratoire  bâti  par  The'onas  {282-300)  près  du  rivage  du  port 
Eunostos  fut  reconstruit  et  agrandi  par  le  patriarche  Alexandre 
(S'S'S^ô).  Il  servit  dès  lors  de  cathe'drale  sous  le  titre  de  Sainte 
Marie,  jusqu'à  la  fln  du  IV '"*^  siècle.  A  partir  de  cette  date  ce 
fut  le  Ce'sareum  qui  devint  la  cathe'drale.  Sous  la  domination 
musulmane  l'e'glise  de  Sainte  Marie  fut  transforme'e  en  mosque'e. 
Les  Arabes  lui  donnèrent  le  nom  de  AÎosque'e  occidentale  (Dja- 
maa  El  Gharbi)  ou  des  mille  colonnes.  Son  emplacement  serait 
là  où  s'e'lève  de  nos  jours  le  couvent  des  missionnaires  fran- 
ciscains, au  quartier  de  la  Marine.  Les  deux  colonnes   en  granit 


40 

vert  dccorees  de  reliefs,  qui  lianquent  la  tombe  du  DJ  Schiess 
sur  la  colline  de  l'hôpital  indigène,  appartenaient  à  l'egiise  de 
Theonas. 

11  n'y  eut  pas  à  Alexandrie  de  vastes  catacombes.  Les  cime- 
tières chrétiens,  en  partie  souterrains,  en  partie  à  ciel  ouvert, 
s'e'tendaient  soit  sur  les  collines  entre  Ghatby  et  Hadra,  soit  près 
du  Se'rapeum,  au  sud-ouest,  soit  au  delà  de  l'ancienne  nécropole 
païenne  entre  l'Abattoir  et  Dekhela.  Un  tombeau  des  plus  in- 
te'ressants  avait  e'te'  de'couvert  à  Karmous  non  loin  de  la  colonne 
de  PompJe,  en  1858,  mais  il  a  disparu  depuis.  Heureusement  il  a 
e'te  de'crit  et  publie'  plusieurs  fois,  en  de'tail.  Le  type  archi- 
tectonique  de  ce  monument,  connu  sous  le  nom  de  catacombe 
Wescher,  ne  diffère  presque  en  rien  de  celui  des  hypogées  païens: 
un  escalier  donne  accès  à  un  atrium  ouvert  qui  communique 
avec  un  vestibule  ;  du  vestibule  on  arrive  dans  une  salle  pourvue 
de  trois  niches  creuse'es  à  même  le  roc,  formant  trois  chapelles 
distinctes  dont  chacune  garde  un  sarcophage.  Autour  de  cette 
partie  essentielle  et  centrale  s'ouvrent  des  galeries,  dans  les  parois 
desquelles  sont  creuse's  des  locitli  sur  deux,  trois  ou  quatre  rangs 
superpose's. 

La  catacombe  Wescher  e'tait  de'core'e  de  fresques  (v.  en  dernier 
lieu  Th.  Schreiber.  Die  Necrop.  von  Kom-esch-Choitgafa^  p.  1 8-39) 
que  les  e'diteurs  ont  très-favorablement  appre'cie'es.  On  y  voyait  re- 
pre'sentées  une  interpre'tation  symbolique  de  l'Eucharistie  et  une 
longue  the'orie  d'images  de  saints.  Une  autre  catacombe  chré- 
tienne a  été  retrouvée  récemment  à  l'est  de  la  ville,  sur  les 
hauteurs  de  Hadra  {voir  Bull.  Soc.  Arch.  d'Alex.,  n.  11,  p.  278- 
288),  mais  elle  a  été  ensevelie  pour  toujours  sous  l'Hôpital  des 
Diaconesses 

BIBLIOGRAPHIE.  -  G,  Lefebyre,  Recueil  des  Inscriptions  Grecques 
chrétiennes  d'Egypte  (Introduction),  1908  ;  Dictionnaire  d'Archéologie  chré- 
tienne et  de  liturgie  au  mot  Alexandrie,  t.  I,  col.  1098-1210,  par  Dom  Le- 
CLKRCQ  ;  et  surtout  1'  article  bien  documenté  Alexandrie  par  le  Père  J.  I' ai\'re 
dans  le  Dictionn.  d'histoire  et  de  géographie  ecclésiastiques,  Paris,  1912, 
fasc.  VIT,  col.  289-369. 

Les  Juifs  à  Alexandrie.  —  Les  Juifs  comptaient,  d'après 
Flavius  Josèphe.  parmi  les  habitants  les  plus  anciens  d'Alexandrie. 
Non  seulement  ils  y  auraient  été  attirés  en  bon  nombre  tout  de 
suite  après  la  fondation,  mais  ils  auraient  été  aussi  proclamés 
citoyens  «  par  lettre  d'Alexandre  "  au  même  titre  que  les  Ma- 
cédoniens. Ensuite  Ptolémée  I*^"",  après  ses  campagnes  de  Pales- 
tine, aurait  introduit  une  grande  quantité  de  Juifs  dans  la  nou- 
velle capitale  de  l'Egypte,  ainsi  que  dans  les  places  fortes  de 
la  frontière  orientale  "du  Deha. 


47      

Très  probablement,  pour  ce  qui  est  des  franchises  accordées 
par  Alexandre  le  Grand,  il  s'agit  d'une  pure  le'gende  que  Josèphe, 
Philon  et  les  autres  Juifs  avaient  inte'ret  à  de'fendre.  Cela  ne 
justifie  nullement  la  thèse  de  quelques  savants  modernes,  d'après 
laquelle  l'e'tablissement  des  Juifs  en  Egypte,  exception  faite  des 
cas  isolc's,  ne  remonterait  pas  au  delà  du  deuxième  siècle  avant 
J.-Gh.  ;  sans  compter  les  papyrus  qui  prouvent  l'existence  de 
colonies  juives  dans  le  Fayoum  au  troisième  siècle,  nous  nous 
bornerons  à  signaler  une  inscription  de'couverte  à  Sche'dia 
(à  25  km.  d'Alexandrie)  rappelant  la  de'dicace  d'une  synagogue 
place'e  par  les  Juifs  de  cette  ville  sous  l'invocation  de  Ptole'me'e 
III  Evergète  (246-222)  et  de  sa  femme  Be're'nice  (Musée,  salle 
6,  n.  31)5  nous  rappellerons  aussi  la  de'couverte  d'une  ne'ciopole 
gre'co-juive  à  Alexandrie,  datant  du  règne  de  PtolJmée  II  Phi- 
ladelphe  (les  inscriptions  arame'ennes  trouve'es  dans  cette  né- 
cropole sont  au  Muse'e,  salle  21).  Il  est  donc  ne'cessaire  d'admettre 
qu'une  colonie  juive  nombreuse  et  importante,  e'tait  e'tablie  à 
Alexandrie  dès  le  commencement  du  troisième  siècle,  sinon  dès 
la  fin  du  quatrième.  Cette  colonie  vivait  isole'e,  la  fusion  avec 
les  autres  e'ie'ments  de  population  n'ayant  jamais  e'te'  possible  ; 
elle  habitait,  sinon  dans  un  ve'ritable  Ghetto,  ainsi  que  plusieurs 
historiens  le  pensent,  tout  au  moins  dans  un  quartier  spe'cial,  le 
quartier  J  confinant  à  la  Regia,  Maigre'  les  affirmations  con- 
traires de  Josèphe,  on  doit  croire  que  les  Juifs  ne  jouissaient 
pas  des  mêmes  droits  ni  des  mêmes  privilèges  que  les  citoyens 
inscrits  dans  les  tribus  (f/vÂaîJ  ou  que  les  simples  'AÀs^arÔQ^T^ . 
Toutefois  il  est  certain  qu'on  leur  avait  laisse'  une  très  grande 
autonomie.  Ils  avaient  à  leur  tête  un  chef  de  la  nation,  ethnarque, 
qui,  assiste'  d'un  Se'nat  (yeoovota),  e'tait  à  la  fois  l'administra- 
teur et  le  grand  juge  de  la  communauté'.  Comme  il  est  naturel, 
en  cas  de  litige  entre  Juifs  et  non  Juifs,  on  avait  ne'cessairement 
recours  à  la  justice  royale.  Les  Juifs  alexandrins  exerçaient  leur 
activité'  soit  comme  entrepreneurs  publics  'des  impôts,  des  ter- 
rains domaniaux),  soit  comme  entrepreneurs  prive's,  soit  comme 
journaliers,  soit  et  surtout  comme  commerçants.  Et  dans  le 
commerce  ils  e'taient  des  concurrents  redoutables.  Cette  raison 
e'conomique  venait  s'ajouter  à  la  profonde  difle'rence  de  la  religion 
et  des  ide'es  politiques,  pour  rendre  conside'rable  l'antipathie  des 
Grecs  et  des  autres  habitants  de  la  ville  envers  les  Israe'lites. 
Ne'anmoins  l'antise'mitisme  n'e'clata  jamais,  sous  les  Ptole'me'es,  en 
ve'ritable  guerre  civile.  C'est  seulement  sous  l'empire  qu'Alexan- 
drie fut  ensanglante'e  par  les  luttes  entre  ses  habitants,  Peut-êtie 
la  raison  principale  qui,  sous  Caligula,  parvint  à  provoquer  une 
bataille  dans  les  rues,  doit-elle  être  cherche'e  dans  l'empressement 


: 48    

que  les  Juifs  alexandrins  avaient  mis  à  se  rapprocher  de  Rome, 
et  à  se  poser  comme  les  plus  fidèles  sujets  de  l'Empereur.  Ca- 
ligula  d'ailleurs  se  montra  de  mauvaise  humeur  à  leur  encontre, 
car  ils  s'e'taient  refuse's  à  placer  son  image  dans  leurs  syna- 
gogues. La  re'volte  de  Je'rusalem  contre  Rome,  en  l'anne'e  i  j  6, 
eut  un  contre-coup  terrible  sur  les  Juifs  d'Alexandrie.  JVIenace's 
de  mort,  les  Juifs,  pour  se  protéger  et  se  fortifier,  de'truisirent  le 
Ne'me'sion  (où  e'tait  enterre'e  la  tète  de  Pompe'e),  mais  leurs  ad- 
versaires prirent  quand  même  le  dessus  ;  ils  tuèrent  ceux  qu'ils 
ne  firent  pas  prisonniers.  Depuis  cette  e'poque  la  juiverie  d'A- 
lexandrie, qui  eut  elle  aussi  comme  les  chre'tiens  ses  martyrs, 
tomba  très  bas.  Au  fur  et  à  mesure  que  le  christianisme  gagnait 
du  terrain,  la  condition  des  Juifs  empirait.  Un  beau  jour,  ou  pki- 
tôt  un  mauvais  jour,  l'eVêque  Cyrille,  après  le  triomphe  de'finitif 
de  la  nouvelle  religion,  voulut  les  chasser  tous  de  la  ville.  Toute- 
fois au  moment  de  la  conquête  arabe  ils  e'taient  encore,  ou  ils 
e'taient  redevenus,  très  nombreux.  En  effet  une  clause  spéciale 
de  l'acte  de  capitulation  établit  que  toute  la  colonie  juive  pou- 
vait rester  dans  la  ville.  Au  moyen  âge,  le  commerce  du  Levant 
e'tait  encore  en  grande  partie  entre  leurs  mains  ;  au  XII"^^  siècle 
on  comptait  à  Alexandrie  3000  familles  juives.  Les  plus  anciennes 
synagogues  qui  existent  actuellement  dans  la  ville  remontent 
au  XV ™^  siècle;  la  colonie  israe'lite  comprend  aujourd'hui  15000 
membres  environ,   plutôt  plus  que  moins. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  E.  Schurek  et  Eli-Hazax,  Alexandria  dans  the 
Jewish  Eiicyclopédta,  New  York,  I,  pa.^'.  361-368;  Bl.vd. \u,  Jnden  und  Juden- 
verjolgnngen  im  alten  Alexandria  ;  Reinach  Th  ,  Sur  la  date  de  la  colonie 
juive  d'' Alexandrie.  Rev .  d'Etudes  juives,  T,  XLV,  pag-.  161-164;  Dobschutz 
E.  Jeivs  and  Antisémites  in  ancient  Alexandria,  American  Journal  of  Théo- 
log-y,  VIII  (1904),  728;  Breccia  E.,  La  necropoli  de  V Ibrahhnieh  (Bull.  Soc. 
Aichéol.,  9  (n.  s.  T.  I,  fasc.  I),  paç^.  35  sq.  ;Wilckkn  U.,  Zuui  Alexandrinischen 
Antisenntismus,  Leipzig:,  1909;  J.  P.  Mahaffy,  The  Jews  in  Egvpt.  Mélanines 
Nicole  (1905),  pag.  659-662  ;  Ju.ster.Lcs  Juijs  dans  l'Empire  romain,  Paris,  jqii. 


49 


TOPOGRAPHIE 


Corne  la  mia  macedone  corazza 
stia  nel  deserto  e  a'  barbari  ed  agli  anni 
legga  Alessandria. 

Ci^RDUCCI. 


Ces  beaux  vers  du  poète  italien  renferment  une  ve'rite'  inde'- 
niable,  car  ils  signifient  l'e'ternite'  ide'ale  d'Alexandrie.  En  efifet 
la  civilisation  alexandrine  n'a  pas  cesse,  même  après  sa  disparition, 
d'être  profitable  à  l'esprit  humain,  qui  en  gardera  pour  toujours 
les  traces  profondes.  iMais  l'e'ternite'  des  monuments,  des  temples 
et  des  palais!  Quelle  de'ception,  he'las,  et  quelle  tristesse!  Il  n'y 
a  pas  une  autre  grande  ville  du  monde  ancien  qui  puisse  con- 
tester à  Alexandrie  le  regrettable  droit  de  prese'ance  relativement 
à  la  complète  destruction  de  ses  e'difices  et  à  l'incertitude  qui 
règne  sur  sa  topographie.  En  de'pit  de  son  e'norme  production 
litte'raire,  les  souvenirs  de  ses  e'difices  sont  plutôt  rares  ou  très 
vagues  dans  la  tradition  e'crite.  Si  nous  connaissons  un  bon 
nombre  de  temples,  de  palais,  de  monuments,  il  nous  est  presque 
toujours  impossible  de  les  indentifier  d'une  façon  pre'cise,  ou  d'en 
indiquer  l'emplacement  sur  le  terrain  (').  La  ce'lèbre  descrip- 
tion strabonienne,  les  renseignements  contenus  soit  dans  le  Roman 
cr Alexandre  par  le  pseudo-Callisthènes  ^^\  soit  dans  le  roman 
des  Amours  de  Leucippe  et  Glitophon  par  Achille  Tatius,  ainsi 
que  les  indications  occasionnelles  qu'on  rencontre  souvent  dans 
plusieurs  historiens  de  la  pc'riode    gre'co-romaine  et    chrétienne, 

(i)  c  Dans  cette  Alexandrie  où  il  s'est  pas^é  tant  de  choses,  nous  ne  pou- 
vons pas  souvent  localiser  les  souvenirs   >  Perdrizet,  B.  C.  H.,   1912,  p.  257. 

(2)  La  critique  (Lumbroso,  Ausfeld)  a  reconnu  que  ce  lomr.n  est  digne  de 
confiance  pour  ce  qui  a  trait  à  la  topographie  d'Alexandrie. 


~-~ —    50    — 

nous  donnent  une  ide'e  d'ensemble  de  l'aspect  ge'ne'ral  de  la 
ville,  une  connaissance  approximative,  à  vol  d'oiseau,  mais  ne 
nous  permettent  pas  de  connaître  les  détails  topographiques  et 
architectoniques  des  places,  des  rues,  des  e'difices.  Depuis  de 
longs  siècles,  sur  la  vaste  zone  jadis  occupe'e  par  la  plus  belle 
ville  du  monde,  on  ne  voyait  debout,  ou  à  fleur  de  terre,  que 
la  colonne  dite  de  Pomp^^'e,  les  obe'lisques  du  Ce'sareum  [aiguiîhs 
de  Cléopàti'e\  des  colonnes  qu'on  avait  attribuées  à  l'ancien 
Gymnase,  et  des  murs  sur  le  rivage  oriental  qu'on  avait  baptise's 
Palais  de  Cléopâtre.  Dans  le  cours  du  XIX'"^  siècle,  les  aiguilles 
de  Cle'opâtre  ont  pris  le  chemin,  l'une  de  Londres  et  l'autre  de 
New-York,  les  colonnes  du  Gymnase  (?)  ont  disparu,  le  Palais 
de  Cle'opâtre  (?)  a  ète'  démoli,  de  telle  sorte  qu'aujourd'hui  la  co- 
lonne de  Pompt-e  reste  seule  pour  attester  l'ancienne  grandeur 
de  la  ville  des  Lagides.  Mais  si  le  XIX'"'^  siècle  a  vu  accomplir 
les  derniers  actes  de  vandalisme  contre  Alexandrie,  il  a  vu 
aussi  les  efforts  toujours  plus  nombreux  et  plus  efficaces  des 
savants,  pour  en  retrouver  les  traces  et  pour  en  reconstituer 
l'histoire  arche'ologique  et  topographique.  Le  cinquième  volume 
de  la  célèbre  Description  de  l'Egypte  (Paris,  i82q)  renferme 
une  Description  des  Antiquités  d' Alexandrie  et  de  ses  environs 
par  l'ingénieur  Saint-Genis  ;  Saint-Genis  n'a  pas  exe'cute'  de  fouil- 
les, mais  il  expose  avec  e'rudition,  compe'tence  et  honnêteté' 
scientifique,  tout  ce  qu'il  a  pu  voir  ou  observer  ;  il  tâche  de 
relier  les  observations  aux  donne'es  de  la  tradition  litte'raire,  sans 
s'abandonner  à  trop  d'hypothèses  et  de  combinaisons.  Vers  1866 
l'empereur  Napole'on  III,  qui  avait  conçu  le  projet  d'e'crire 
l'histoire  de  Jules  Ce'sar,  exprima  le  de'sir  d'avoir  un  plan  d'A- 
lexandrie ;  ce  fut  une  occasion  inespe're'e  et  unique  de  de'barrasser 
les  ruines  du  lourd  manteau  de  terre  sous  lequel  elles  e'taient 
ensevelies  :  le  Khe'dive  Ismaïl  chargea  l'astronome  Mahmoud  El- 
Falaki  de  dresser  ce  plan,  l'autorisant  en  même  temps  à  exe'cuter 
les  fouilles  ne'cessaires.  Les  conditions  particulièrement  favo- 
rables qu'Alexandrie  pre'sentait  à  cette  époque  —  tout  le  ter- 
ritoire ancien  de  la  ville  e'tant  alors  libre  de  constructions  — , 
d'autre  part  l'appui  moral  et  mate'riel  d'un  Khédive  presque  au- 
tocrate, laissaient  espe'rer  que  les  travaux  entrepris  auraient 
amené'  des  découvertes  merveilleuses  :  il  n'en  fut  rien.  Est-ce 
que  le  sous-sol  d'Alexandrie  ne  cache  plus  —  ainsi  que  le  pense 
Hogarth  et  d'autres  —  des  monuments  de  premier  ordre?  Est- 
ce  que  ces  monuments  sont  enfouis  sous  des  couches  très  pro- 
fondes, envahies  par  l'eau,  et  inaccessibles  à  la  pioche  des 
foui  Heurs  ? 

Mahmoud  El-Falaki   travailla,    il   faut  le    reconnaîire.   avec    la 


rt».   -''»*i"--'-->;ve«s 


52      — — — 

plus  grande  bonne  foi,  avec  abne'gation  et  avec  zèle  ;  il  réussit 
à  dresser  un  plan  de  l'ancienne  ville  (fig.  7)  qui  a  e'te'  presque  ge'ne'- 
ralement  accepte'  depuis  (cf.  fig.  8),  et  qui  le  recommande  à 
la  gratitude  de  la  postérité',  Ne'anmoins,  tout  en  reconnaissant  les 
me'rites  de  ce  savant,  érudit  et  consciencieux,  il  faut  avouer  qu'un 
examen  attentif  de  son  plan  et  du  me'moire  qui  l'accompagne, 
soulève  assez  souvent  des  doutes  sur  la  méthode  et  des  réserves 
sur  les  résultats(^).  Depuis  1878  jusqu'à  1888  un  médecin  grec,  le 
Doct.  Tassos  Néroutsos,  a  enregistré  toutes  les  découvertes  oc- 
casionnelles qui  se  sont  produites  à  Alexandrie.  Néroutsos  était 
bon  helléniste,  bon  latiniste,  et  il  se  révèle  épigraphiste  distingué. 
Par  conséquent,  bien  qu'il  n'ait  jamais  dirigé  personnellement  des 
fouilles,  ses  articles  et  son  mémoire  sur  ï Ancienne  Alexandrie 
(Paris,  1888)  contiennent  une  foule  de  renseignements  utiles  et 
d'observations  presque  toujours  exactes  (fig.   9). 

Le  Doct.  Giuseppe  Botti,  appelé  en  1892  à  diriger  le  Musée 
Gréco-Romain  qu'on  venait  de  fonder,  ne  se  borna  pas  à  pra- 
tiquer des  fouilles  pour  enrichir  son  Musée  5  il  eut  toujours  soin 
de  mettre  en  relation  les  données  des  fouilles  avec  la  topographie 
de  la  ville  ancienne. 

Le  résultat  de  ses  observations  et  de  ses  recherches  a  été  un 
nouveau  Plan  de  la  ville  d' Alexandrie  à  l'époque  ptolémaïque 
(1898).  Ce  plan  (fig.  10),  tout  en  conservant  le  réseau  des  rues 
en  damier,  diffère  de  celui  d'El-Falaki  en  plusieurs  points  essentiels 
ainsi  qu'en  bon  nombre  de  détails.  Botti  connaît  directement 
les  textes  des  auteurs  classiques,  il  tient  compte  des  découvertes 
du  dernier  quart  de  siècle  (peu  considérables  d'ailleurs  au  point 
de  vue  topographique)  ;  mais,  étant  donnée  l'impossibilité  dans 
laquelle  il  se  trouvait  de  vérifier  sur  le  terrain  la  plus  grande 
partie  de  ses  déductions  ou  de  ses  conjectures,  le  plan  qu'il  a 
dressé  est  loin  d'avoir  toute   la  certitude  et  l'exactitude  désirables. 

A  coté  d'El-Falaki,  de  Néroutsos  et  de  Botti,  parmi  ceux  qui 
ont  tâché  de  contribuer  à  l'étude  et  à  la  connaissance  d'Alex- 
nndrie,  d'après  les  constatations  faites  sur  les  lieux,  il  ne  faut 
pas  oublier  deux  amateurs,  le  comte  Alex.  xMax  De  Zogheb  et 
l'amiral  Sir  Massie  Blomfield. 

Les  archéologues  européens  qui  ont  eu  l'occasion  de  pratiquer 

(i)  Mahmoud  Ei^-Falaki,  Mémoire  sur  rancieune  Alexandrie,  Copenhague, 
1S72.  Peut-être  le  jugement  de  Hogfarth  (Archeological  Report  of  Egypt  Explora- 
tion Fund,  1891-95,  p.  17)  est-il  par  trop  sévère,  mais  malgré  certains  résultats 
des  fouilles  de  Noack  (v.  Thiersch,  Die  Alex.  Kônigsnecropole)  il  est  difficile 
de  le  trouver  inexact  :  <  The  character  of  my  report  being  what  it  is,  it  fortu- 
nately  does  not  enter  into  my  province  to  deal  at  length  with  the  researches 
of  Mahmud  El  Falaki,...  I  am  glad  therefore  that  I  can  avoid  basing  cl"  my  own 
work  on  his.  I  feel  the  greatest  uncertainty  as  to  his  rectangular  map  of  the 
citv  >. 


54 

des  sondages  ici  ou  là  dans  le  territoire  de  la  ville,  et  d'examiner 
tel  ou  tel  problème  topographique,  ne  sont  pas  très  nombreux. 
Il  y  a  lieu  de  citer  Mr  D.  G.  Hogarth,  le  prof.  Noack,  et  le  prof. 
Thiersch.  Les  savants  qui  ont  e'tudie'  la  topographie  d'Alexandrie 
en  dehors  de  tout  examen  des  lieux,  se  basant  exclusivement  sur 
les  textes  d'auteurs  anciens  et  sur  les  rapports  des  fouilleurs  mo- 
dernes, sont  considérables  par  le  nombre  et  par  la  qualité'.  Il  suffira 
de  rappeler  les  noms  de  Lumbroso,  Wachsmuth,  Puchstein,  Ausfeld. 
Les  travaux  erudits  et  me'thodiques  de  ces  hommes  de  science 
sont  naturellement  très  appre'ciables,  mais  ils  ne  peuvent  pas 
(c'e'tait  d'ailleurs  impossible)  apporter  toute  la  lumière  indispen- 
sable, et  ils  ne  permettent  pas  de  vérifier  sur  le  terrain,  d'une  façon 
certaine,  les  donne'es  de  la  tradition  littéraire.  Je  n'ose  pas  con- 
clure en  terminant  cette  courte  analyse  bibliographique,  que  j'es- 
père parvenir  moi-même  à  des  résultats  plus  certains  que  mes 
pre'de'cesseurs. 

Au  contraire,  j'ai  voulu  faire  ressortir  que  la  topographie 
alexandrine  pre'sente  d'e'normes  difficultés  et  des  e'nigmes  qui  sont 
aujourd'hui,  et  peut-être  seront  aussi  dans  l'avenir,  insolubles,  et 
que  par  conséquent  tout  plan  de  l'ancienne  Alexandrie  doit  être 
considère'  seulement  comme  approximatif,  conjectural  et  provisoire. 
C'est  un  point  de  vue  qu'il  ne  faut  pas  oublier.  Pour  mon 
compte,  tout  en  signalant  les  lieux  où  devaient  approximativement 
se  trouver,  d'après  moi,  les  principaux  monuments  dont  l'antiquité 
nous  a  conserve'  le  souvenir,  je  me  bornerai  à  pre'ciser  les  en- 
droits où  l'on  a  de'couvert  des  monuments  de  quelque  importance. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Gratien  Le  Pkre,  Mémoire  sur  la  ville  d'Alex., 
Description  de  l'Egypte,  t.  i8.  État  moderne  p.  28^490;  Saixt-Gexis,  De5C>  J>- 
tion  des  antiquités  d'Alex,  et  de  ses  environs,  ibid.,  t'.  5,  p.  181  sq.  ;  Mahmoud 
El-Fai,aki,  Mémoire  sur  l'antique  Alex.,  Copenhag-ue",  1872  ;  T.  NÉRorx-os 
Bry,  L'ancienne  Alexandrie,  Par. s  i.s,S8  ;  Rotti,  Plan  d'Alex,  à  l'époque  pto- 
lemaique,  Alex.,  iSqs  ;  Lumbroso  G.,  L'Egitto  dei  Greci  e  dei  Romani,  Roma, 
1892;  Lumbroso  G,  Descrittori  italiani  delV Egittn  e  d'Alessandria ;  Erd- 
MANx,  Zur  Kunde  der  hellenistischen  Stndtegi  itndnngen,  Strasshurg,  1883, 
p.  17  sq.;  NoACK  F.,  Neue  Untersuchungen  in  .4/f.r.,  Athen-'Mitteil.,  iqoo,p!!  215  sq.; 
Wachsmuth,  Zur  Geschichte  Alex.,  Rhcir..  Mu^.,  3-,  p.  448-455  ;  Zur  Topog. 
Alex.,  ibid.  42,  p.  462-464;  Diabathra  in  Alex.,  ibd.,'43,  p.  300-308  ;  Ausfeld, 
Neapolis  und  Brucheimi  in  Alex.,  Pliilologus,  6^,  p.  491-497  (cfr.  Wilcken, 
Archiv,  IV,  p.  232);  zitr  Top  v.  Alex,  und Psetido-Callisthénes,  Rhein.  Mus.,  5:^, 
p.  348-384  ;  der  griech.  Alexanderroman,  Leipzig-,  1007,  p.  137  sq.  V.  aussi  l'ar- 
ticle Aiexandria  dans  la  Real  Encvclt  piiie  de  Paulv-Wissowa  (Puchstein)  ; 
l'article  Alexandrie  dans  le  Dictionnaire  d'ArchéoJog'ie  Clirétienne  (Lecicrcq). 
Hogarth  D.  G.,  Report  on  prospects  oj  Research  in  Alex,  dans  Egvpt.  Expl. 
Fund,  1894-9-,,  P'i?-  1-.33  ;  Vaujany.  Alex,  et  la  Basse  Egypte,  Caire^  1881;  A. 
DE  Zogheb,  Etudes  sur  l'ancienne  Alex.,  Paris,  loio.  Les  études  de  lamiral 
Blomfield  ont  paru  dans  le  Bull,  de  la  Soc.  Arch.  d'Alex. 

Constitution  géologique  de  la  côte  alexandrine.  -  Tandis 
que,  dans  la  période  historique,  nous  ne  connaissons  qu'une  seule 
île  (Pharos  .  en  face  et  à   proximité'  de  la  côte  alexandrine,  celle- 


ci,  d'après  les  plus  récentes  conclusions  de  la  ge'ologie,  n'aurait 
pas  constitue'  dans  1  âge  pre'historique  une  bande  de  terre  com- 
pacte et  relie'e  au  continent.  A  sa  place  étaient  de  nombreux 
îlots,  très  peu  e'ieve's  au-dessus  du  niveau  de  la  mer,  dispose's 
comme  une  barre  à  Tentre'e  du  golfe  ouvert  sur  la  Me'diterrane'e, 
qui  devint  plus  tard  le  lac  Mariout.  Par  la  sure'le'vation  graduelle 
du  terrain,  ainsi  que  par  l'agglome'ration  incessante  du  sable  des 
dunes,  peu  à  peu  les  îlots  se  relièrent  les  uns  aux  autres,  de'ter- 
minant  une  langue  de  terre  ininterrompue  entre  la  mer  et  le 
golfe,  transfoime'  par  conséquent,  depuis  cette  e'poque,  en  lac. 
Sur  cette  langue  de  terre,  Alexandre  fonda  (332-3  i  av.  J.-Gh.)  la 
nouvelle  capitale  de  l'Egypte.  Au  cours  des  siècles  le  sol  d'A- 
lexandrie a  subi  d'autres  modifications.  En  effet  son  niveau  n'est 
plus  le  même  qu'à  l'âge  des  Ptole'me'es  et  des  Romains.  A  la 
suite  soit  de  violentes  secousses  sismiques  (' \  soit  d'un  phe'no- 
mène  géologique  ope'rant  d'une  façon  presque  insensible  mais 
constante,  un  affaissement  s'est  produit  dans  le  territoire  de  la 
ville  (^).  On  peut  aise'ment  s'en  rendre  compte  par  exemple  à 
Kom  el-Ghougafa,  où  le  troisième  e'tage  de  la  ne'cropole  est  au- 
jourd'hui envahi  par  l'eau.  De  même  dans  la  ne'cropole  de  Chatbv, 
où  les  restes  de  cadavres  nagent  souvent  dans  les  fosses  trans- 
forme'es  en  lacs  minuscules.  D'ailleurs  il  est  notoire  qu'aujour- 
d'hui l'îlot  nomme'  Antirrhodos,  qui  e'tait  autrefois  dans  le  grand 
Port,  a  tout  à  fait  disparu  sous  l'eau. 

De  même  les  quais  d'un  ancien  port  de'couvert  par  l'inge'nieur 
Jondet,  au  nord-ouest  de  l'île  de  Pharos.  sont  aujourd'hui  sous 
l'eau  et  rien  ne  fait  supposer  qu'ils  aient  e'te'  ronge's  par  l'action 
de  la  mer. 

Outre  l'affaissement  constate'  du  sol,  il  v  a  lieu  de  re- 
marquer que  le  niveau  de  la  ville  ancienne  est  de  plusieurs 
mètres  au-dessous  de  celui  de  la  ville  moderne,  l'rès  souvent, 
pour  arriver  aux  ruines  de  l'âge  romain,  il  a  fallu  descendre  de  six 

(i)  C'est  le  géologfue  Janko  (Djs  Délia  des  Nil)  qui  ;i  le  premier  relevé 
l'affaissement  du  sol  d'Alexandrie.  Mcniorubles  sont  restés  les  tremblements  de 
terre  du  XlVme  siècle.  Il  ne  sera  pas  inutile  de  rappeler  <]ue  les  études  des  sismo- 
logues modernes  ont  iév('lé  des  nfïaisscinents  considérables  du  sol  provoqués  par 
des  secousses  sistnic^ues,  au  Japon  et  en  Europe.  Le  dernier  tremblement  de  terre 
de  Messine  a  causé  un  affaissement  atteignant  66  cm.,  a:i  maxirinuii,  siu*  le  bord 
de  la  mer  et  lo  cm.  au  minimum  à  l'iiitérieur  de  la  ville.  En  Autriclie,  apèrs  le 
tremblement  d'Agram  en  1880,  on  a  constaté  des  déplacements  dans  le  sens  ho- 
rizontal; au  Japf^n,  après  le  tremblement  de  iSqi,  on  a  pu  observer  un  affaisse- 
ment de  40  centimètres  autour  d'un  emplacement  triang-ulaire  de  terrain  mesu- 
rant 2^  kilomètres  de  chaque  côté.  Le  terrain  environnant  s'était  soulevé  d'autre 
part  de  60  à  80  centimèters.  Probablement  le  même  phénomène  s'est  1  rodait  à 
Alexandrie. 

(2)  Il  varie  entre  un  mètre  et  un  n.ètre  cinquante  cm.,  même  davantage. 
Quelques  géologues  pensent  qu'il  ne  s'agit  pas  d'un  affaissement  du  terrain,  mais 
plutôt   d'une  élévation  du  niveau  de  la  me:-. 


. .      56      

à  sept  mètres  à  travers  des  couches  de  terrains  de  report.  Il 
résulte  de  ce  qui  pre'cède  que  les  ruines  de  la  ville  ptole'maïque 
doivent  exister  à  une  plus  grande  profondeur,  et  je  pense  qu'elles 
sont  presque  toutes  dans  les  couches  de  terrain  envahies  par 
l'eau. 

Le  profil  de  la  côte  a  lui  aussi  change'  d'aspect  depuis  l'an- 
tiquité'. La  digue  ou  môle  (Heptastade)  que  les  Ptole'me'es  avaient 
fait  construire  pour  relier  l'île  de  Phares  au  continent  n'existe 
plus.  Elle  a  disparu  sous  les  atterrissements,  les  de'pôts  d'alluvion 
ainsi  que  les  de'tritus  et  les  de'combres.  Ces  de'pôts  ont  forme'  une 
zone  de  terrain  assez  large,  comprenant  toute  la  place  Mohamed 
Ali,  la  ville  turque  jusqu'à  l'ancien  palais  du  Gouvernorat,  ainsi 
que  les  quartiers  de  la  Marine  (approximativement  entre  Kom- 
el-Nadoura  et  le  bassin  de  l'Arsenal). 

Aperçu  général.  —  A  l'Jpoque  d'Alexandre  le  Grand  et  de 
ses  successeurs,  l'architecture  eut  une  tâche  e'norme  et  très  im- 
portante à  accomplir:  la  construction  de  centaines  de  nouvelles 
cite's.  Elle  a  accompli  cette  tâche  d'une  façon  admirable,  suivant 
les  règles  de'jà  fixe'es  au  V'"^  siècle  par  Hippodame  de  Milet  et 
qu'on  avait  employe'es  dans  les  transformations  de  Rhodes  et 
d'Halicarnasse.  Le  plan  d'Alexandrie  fut  projeté'  par  Dinocrate. 
Le  principe  qui  caractérise  ce  plan  est  la  pre'dominance  de  la 
ligne  droite.     . 

L'architecture  moderne,  du  moins  la  plus  re'cente,  se  montre, 
peut-être  à  juste  raison,  contraire  à  ce  principe,  mais  à  l'e'poque 
helle'nistique  on  le  trouvait  excellent.  Alexandrie  dennt  un  modèle 
pour  la  plupart  des  grandes  villes  nouvelles.  Les  rues,  en  ge'ne'ral, 
se  coupaient  à  angles  droits,  de  telle  sorte  que  les  lots  des 
maisons  ressemblaient  à  un    damier. 

Les  deux  rues  principales,  dont  le  point  d'intersection  se 
trouvait  à  peu  près  au  milieu  de  la  ville,  e'taient  larges  de  plus  de 
loo  pieds.  Sous  les  rues  passaient  beaucoup  de  canaux  et 
d'aqueducs.  Les  cinq  quartiers  comprenant  la  ville  e'taient  de'- 
signe's  par  les  cinq  premières  lettres  de  l'alphabet  qui  corres- 
pondent d'ailleurs  aux  cinq  premiers  chiffres. 

Un  quart  ou  un  tiers  environ  du  territoire  de  la  ville  e'tait  oc- 
cupe' par  les  e'difices  royaux,  vaste  ensemble  de  palais  et  de 
jardins.  Dans  cette  partie  d'Alexandrie,  se  trouvaient  les  tombeaux 
d'Alexandre  et  des  Ptole'me'es,  le  Muse'e,  la  célèbre  Bibliothèque, 
le  The'âtre,  l'Arsenal  et  les  casernes  de  la  Garde  Royale  du 
Corps.  Sur  la  grande  rue  principale  qui  allait  de  l'extre'mite' 
est  à  l'extre'mite  ouest  de  la  ville  (rue  Canopique),  se  dressaient 
de  nombreux  temples,  le  Gymnase,  le  Palais  de   Justice.  Sur  la 


ir=- 


^ 


^ 


o 


% 


12 


LAC  M    A    R    E    O    T     I     S 


^ 


38      

colline  appelée  à  pre'sent  Kom-el-D.'k,  e'tait  un  parc  grandiose  et 
monumental,  le  Paneion.  Sur  une  colline  au  nord-ouest  de  la 
ville  (sur  le  terrain  environnant  la  colonne  dite  de  Pompe'e),  le 
Se'rapeum.  Au  pied  de  celui-ci,  du  côte  sud,  e'tait  le  Stade.  Pro- 
bablement aussi  à  l'inte'rieur  de  la  ville,  il  y  avait  l'amphithe'âtre 
dont  nous  parle  l'historien  Josèphe.  Une  digue,  l'Heptastadion, 
unissait  la  ville  à  Tîle  de  Pharos,  qui  lui  faisait  face.  De  la 
sorte,  deux  ports  se  formèrent,  le  grand  port  à  l'Est  (aujour- 
d'hui délaisse';  et  l'Eunostos  (le  port  actuel).  Sur  l'île  s'e'levait 
la  ce'lèbre  Tour  lumineuse  <  le  Phare  »,  œuvre  de  Sostrate  de 
Gnide.  De  vastes  ne'cropoles  s'e'tendaient  à  l'orient  (Chatby- 
Hadra)  et  à  l'occident  de  la  ville  (Gabbari-Wardian).  X)e  riches 
faubourgs  (Eleusis-Nicopolis)  prospe'raient  dans  la  plaine  de 
Hadra  et  sur  les  collines  de  Ramleh.  Au  sud  de  la  ne'cropole 
orientale,  non  loin  d'Eleusis,  se  trouvait  l'Hippodrome. 


«   (juae  nec  confirmai  e  iiec    repellere   in 
unimo  est   ». 

Tacite. 

Les  murs  d'enceinte.  —  La  légende  n'a  pas  manque'  d'or- 
ner et  d'embellir  l'histoire  de  la  fondation  des  murs  de  la  ville 
ancienne.  Alexandre  lui-même,  dit-on,  aurait  proce'de'  au  trace' 
de  ces  murs,  et  la  craie  n'ayant  pas  e'te'  en  quantité'  suffisante, 
il  aurait  donne  l'ordre  d'employer  la  farine  destine'e  à  l'appro- 
visionnement des  soldats.  De  nombreux  oiseaux  accourus  de  toutes 
parts  se  jetèrent  sur  cette  pâture  et  la  farine  ne  tarda  pas  à 
disparaître  ;  ce  qui  fut  interprète'  de  bon  augure  pour  la  pros- 
pe'rite'  de  la  ville. 

La  tradition  littéraire  a  insiste'  avec  une  complaisance  extrême 
sur  ces  détails  fantaisistes,  et  par  contre  elle  ne  nous  a  pas 
transmis  des  renseignements  exacts  sur  les  dimensions,  l'e'tendue, 
la  forme,  le  trace'  de  ces    murs. 

Tacite  (Hist.  IV,  83)  attribue  la  construction  de  l'enceinte  à 
Ptole'mee  L'^  D'autres  historiens  se  sont  borne's  à  parler  des 
murs  seulement  lorsqu'ils  ont  eu  l'occasion  de  faire  allusion  à 
l'un  ou  à  l'autre  des  sièges  que  la  ville  eut  à  subir. 

Il  semble  certain  que  les  murs  d'enceinte  d'Alexandrie  e'taient 
plus  e'tendus  que  ceux  des  autres  villes  grecques,  à  l'exclusion 
de  Syracuse  et  d'Athènes  (^). 

(i)  Beloch,  Die  Bevôlkerung  der  griechisch-rômischen  Welt,  Leipzig-,  1886, 
P    4^3-84. 


59      

D'après  Quinte-Curce  l'enceinte  aurait  mesure'  80  stades  ;  d'après 
Pline  15  lieues  ou  120  stades;  d'après  une  notice  de  l'cpoque 
tardive  des  empereurs,  16360  pas.  Strabon  donne  comme  lon- 
gueur de  la  ville  30  stades  5  Etienne  de  Byzance  34  stades  5 
Diodore   40  stades. 

Gomme  largeur  Strabon  donne  738  stades  ;  Etienne  de  By- 
zance  8  stades.  (Ee  stade  valait    185   mètres  environ). 

D'après  Mahmoud  El-Falaki  les  vrais  chiffres  sont  pour  l'en- 
ceinte I  5S00  m.  :  pour  la  longueur  5090,  et  pour  la  largeur  de  1  i  50 
à  2250  m.,  mnis  le  plus  souvent  1700.  Ces  diffe'rents  chiffres, 
qui  peuvent  se  rapporter  à  des  époques  varices,  peuvent  être 
acceptes  sous  re'serve  d'approximation.  Mahmoud  El-Falaki  a 
dessine'  le  premier  un  trace'  de  l'enceinte  ptole'maïque.  Il  serait 
cependant  te'mèraire  d'affirmer  que  ce  trace'  est  le  vrai,  comme 
il  le  serait  d'affirmer  le  contraire.  Il  y  a  lieu  cependant  d'ob- 
server que  les  fondations,  larges  de  cinq  mètres  et  construites  en 
moellons  et  mortier,  compose'  de  chaux  et  de  briques  pile'es, 
de'couvertes  par  El-Falaki  derrière  le  Cap  Lokhias,  peuvent 
difficilement  remonter  à  la  fin  du  IV'"^  ou  au  commencement 
du  IIP"*^  siècle  avant  J.-Ch.  Elles  pourraient  être  beaucoup  plus 
récentes.  De  plus  ces  fondations  se  continuent  d'une  façon  certaine 
sur  une  longueur  de  3000  mètres  seulement.  Au-delà,  jusqu'à  une 
distance  de  2  kilomètres,  les  fouilles  ont  e'te'  continuées  dans  les 
décombres,  ce  qui  n'a  pas  permis  de  les  e'tudier  de  près.  Pour 
les  autres  700  mètres,  ce  trace'  a  eu  pour  base  les  racontars 
des  chercheurs  de  pierres.  Au-delà  de  la  mosquée  de  Hadra,  les 
fouilles,  devenues  très  difficiles,  ont  e'te  conduites  sur  huit  sections 
très  c'ioignees  les  unes  des  autres.  Elles  n'ont  donne  de  re'- 
sultats  que  dans  cinq  sections,  et  El-Falaki  lui-même  avoue  que, 
par  la  composition,  le  mortier  diffère  un  peu  de  celui  de  la  partie 
de'couverte  en  premier  lieu.  Pour  le  reste  «  les  fouilles  ont  e'te' 
complètement  inexe'cutables  »,  et  le  dessin  du  mur  sur  la  carte 
a  e'te'  achevé'  d'après  la  configuration  du  sol.  Tout  en  admet- 
tant que  le  trace'  d'El-Falaki  suit  plus  ou  moins  approximativement 
le  trace  re'el  de  l'e'poque  ptole'maïque  (mais  il  est  problable 
qu'il  re'unit  le  trace'  de  deux  e'poques  diffe'rcntes),  il  faut  avouer 
que  les  e'ie'ments  d'après  lesquels  il  a  ête'  fait  sont  assez  incertains. 

Botti  croit  que  les  rivages  du  Grand  Port  n'e'taient  pas  protege's 
par  des  œuvres  de  défense,  à  l'exception  du  fort  de  l'Heptastade 
et  des  tourelles  du  Pharos.  D'autre  part,  il  pense  que  le  côte' 
oriental  de  la  ville,  à  l'exemple  de  Garthage,  devait  être  de'- 
fendu  par  tro's  murailles  à  deux  e'tages.  Chaque  muraille  e'tait 
prote'ge'e  par  une  chaîne  de  tours,  et  il  ajoute:  «  Puisque  la  ville 
était  baigne'e  par  le  lac  Mare'otis,  il  est  probable  qu'il  n'y  avait 


6o      

qu'un  simple  rempart  avec  les  tourelles  d'usage  ».  Du  côte'  de 
l'Occident,  il  v  aurait  eu  comme  à  l'Orient  la  triple  muraille. 

Tout  cela  est  possible,  mais  les  arguments  avance's  ne  per- 
mettent pas  d'y  voir  autre  chose  qu'une  simple  hypothèse.  Je 
ne  pense  pas  non  plus  que  cette  hypothèse  puisse  être  appuye'e 
par  un  passage  de  Sujuti  inconnu  de  Botti  et  cite'  par  Ibn-el- 
Hakim.  Sujuti  e'crit  :  «  Alexandrie  e'tait  forme'e  de  trois  villes, 
l'une  à  côte'  de  l'autre  et  chacune  avec  sa  propre  enceinte.  Le 
tout  e'tait  renferme'  dans  une  autre  enceinte  fortihe'e  ».  Ce  texte, 
en  dehors  des  doutes  qu'il  soulève  par  sa  pre'cision  même,  de'signe 
probablement  les  trois  grandes  divisions  de  la  ville  :  le  quartier 
égyptien,  le  quartier  gre'co-romain  et  le   quartier  juif. 

Abdallah  ibn  Zarif  raconte  qu'il  y  avait  sept  forteresses  et  sept 
fosse's. 

Jean  de  Nikiou  dit  que  «  la  ville  e'tait  entourée  d'une  longue 
enceinte  de  murs  fortifie's  par  des  tours  nombreuses,  bâties  sur  le 
bord  du  fleuve  et  le  long  de  la  sinuosité'  du  rivage  de  la  mer, 
de  telle  sorte  que  de  ce  côte'  et  de  l'autre  elle  e'tait  entoure'e 
par  l'eau  ».  Il  est  probable  que  l'enceinte  dont  parle  Jean  de  Ni- 
kiou n'est  pas  la  même  que  celle  de  l'e'poque  des  Lagides,  mais 
le  tvpe  de  fortification  e'tait  peut-être  le  même.  En  tout  cas,  de 
ce  passage  il  re'sulte  que  les  plans  d'El-Falaki  et  de  Botti  lais- 
sent un  espace  trop  conside'rable  entre  l'enceinte  et  le  canal.  Les 
fortifications  qui  ont  excite'  l'admiration  des  voyageurs  du  Moyen- 
Age  (von  Suchem.  Abrey  Stewart,  Bernard  von  Breydenbach, 
Cvriaque  d'Ancône  etc.)  e'taient  certainement  les  murs  bâtis  par 
les  Arabes  au  commencement  du  IX'"^  siècle. 

Ce  qui  est  certain,  c'est  que  les  fortifications  d'Alexandrie  ont 
e'te'  de  tout  temps  très  solides,  car  la  ville  fut  presque  toujours 
imprenable. 

Antiochos  le  Grand,  roi  de  Syrie  (pour  ne  rappeler  que  les 
sièges  les  plus  célèbres),  dut  se  retirer  frustra  tentatis  inoenibus 
(14  av.  J.-Ch.).  Dioclêtien  (295-6  ap.  J.-Ch.)  employa  huit  mois  pour 
s'en  emparer.  Chosroès  (609  ap.  J.-Ch.)  et  Amrou  (643  ap.  J.-Ch.) 
durent  recourir  à  la  trahison  pour  en  franchir  l'enceinte. 

En  re'sume'  ce  que  nous  savons  des  fortifications  d'Alexandrie 
se  re'duit  à  très  peu  de  chose  : 

1.  Alexandrie  a  eu,  depuis  sa  fondation,  une  enceinte  de  murs 
dont  la  longueur  maxima  pourrait  être  e'value'e  à  1 5  kilomètres 
environ. 

2.  Cette  enceinte  était  fortifie'e  par  des  tours  très  peu  e'ioigne'es 
les  unes  des  autres. 

3.  Le  trace'  de  ces  murs  du  côte'  nord-est  devait  longer  la  côte 
jusqu'au-delà  du  Cap  Lokhias  et  se  diriger  ensuite  vers  le   Canal. 


_- 6i      

Le  trace  d'El-Falaki  pousse  trop  loin  la  ligne  orientale  des  for- 
tiiications.  En  tout  cas  ce  trace'  laisse  un  espace  trop  consi- 
dérable entre  l'enceinte  et  le  Canal  (Diodore,  17,  525  Jean  de 
Nildou,  p.    52). 

4.  L'enceinte  a  e'te'  refaite  au  deuxième  siècle  par  les  empereurs 
Hadrien  et  Antonin. 

5.  D'autres  modifications  partielles  ont  eu  lieu  au  troisième  siècle. 

6.  L'enceinte  arabe  date    du  commencement  du  IX"^^    siècle. 

Les  rues.  —  La  de'couverte  la  plus  importante  de  Mahmoud 
El-Falaki  est  celle  des  rues  de  l'antique  Alexandrie.  D'après  ses 
fouilles  Mahmoud  El-Falaki  a  dresse'  un  plan  de  l'ancienne  ville, 
dans  lequel  les  rues  s'entrecoupent  toutes  à  angle  droit,  de  façon 
à  former  une  sorte  de    grille. 

«  J'ai  de'couvert  dans  la  ville  d'Alexandrie,  par  le  moyen  des 
fouilles,  onze  rues  principales  pave'es  qui  la  traversent  en  largeur, 
et  sept  pave'es  qui  la  traversent  en  longueur...  La  rue  mitoyenne 
des  sept  rues  longitudinales  est  la  rue  Canopique  ...  les  pierres 
du  pavage  sont  partout  les  mêmes  ;  ce  sont  des  blocs  noirs  ou 
grisâtres  d'une  vingtaine  de  centimètres  d'e'paisseur  sur  une  lon- 
gueur et  une  largeur  qui  avaient  de  30  à  50  centimètres  ». 
Mr.  Hogarth  exprime  le  doute  le  plus  formel  au  sujet  de 
cette  carte  rectangulaire  de  la  ville  5  et  si  le  prof.  Noack  peut 
assurer  que  ses  fouilles  (assez  restreintes  d'ailleurs,  dans  une 
partie  du  Bruchion)  ont  confirme'  en  ge'ne'ral  le  plan  des  rues 
dresse'  par  Mahmoud,  il  doit  toutefois  rectifier  les  re'sultats  de 
celui-ci  sur  plusieurs  points.  Il  faut  avant  tout  observer  que  le 
pavage  de'couvert  par  El-Falaki  n'appartenait  pas  à  l'âge  ptole'- 
maïque  mais  à  l'e'poque  romaine. 

Partout  où  ce  pavage  a  pu  être  observe',  on  a  trouve'  qu'il 
reposait  sur  plusieurs  couches  de  de'combres  et  ces  décombres 
ne  se  trouvent  pas  seulement  des  deux  cdte's  de  la  rue,  ainsi 
que  les  a  vus  le  prof.  Noack,  mais  aussi  au-dessous  du  pavage, 
comme  il  a  e'te'  constate'  en  certains  endroits  par  Hogarth  et,  en 
d'autres,  par  moi-même.  Ce  qui  signifie  que  les  rues  de  l'e'poque 
romaine  n'ont  pas  toutes  conserve'  la  direction  et  le  trace'  qu'elles 
avaient  sur  le  plan  de  Dinocrate.  Il  en  résulte  donc  qu'en  ad- 
mettant même  comme  parfaitement  exact  le  plan  dresse'  par  El- 
Falaki,  on  ne  pourrait  pas  l'accepter  sans  re'serves  pour  l'e'poque 
pre'romaine.  En  outre,  il  y  aurait  lieu  d'observer  que  les  rues 
longitudinales,  par  exemple,  ont  e'te'  prolonge'es  arbitrairement 
par  El-Falaki.  et  cela  du  côte'  Est,  jusqu'à  la  ligne  qui  d'après 
lui  marquait  l'enceinte  fortifie'e.  Il  a  en  effet  de'clare'  qu'il  n'a 
pas  trouve'  de  traces  du  pavage  de  la  rue  Canopique  à  455  mètres 


G2         . 

de  l'enceinte  arabe,  tandis  que  sur  le  plan  le  prolongement  de 
la  rue  Canopique,  au-delà  de  cette  enceinte,  mesure  1400  mètres. 
El-Falnki  affirme,  il  est  vrai,  que  le  pavage  a  e'te'  enlevé'  du  temps 
de  Mohamed-Ali,  lorsqu'on  a  arrange'  la  rue  moderne  ;  mais 
on  peut  douter  de  l'exactitude  de  ce  détail,  et  voici  pourquoi.  Les 
travaux  de  terrassement  entrepris  pour  la  construction  du  nou- 
veau quai  au  port  Est,  ont  fait  disparaître  toutes  les  collines 
qui  existaient  entre  le  cimetière  juif,  la  plage  de  Ghatbv  et  le 
faubourg  appelé'  Camp  de  Ce'sar  :  durant  ces  travaux  on  a 
trouve  de  nombreux  vestiges  du  pavage  des  rues  de'crites  par 
El-Falaki  jusqu'à  la  hauteur  du  club  gymnastique  «  Milon  »  ; 
mais  aucune  trace  de  rues  n'a  e'te'  de'couverte  plus  au  Nord 
et  plus  à  l'Est  de  cette  ligne  qui  correspond  à  peu  près  à  la 
rue  R.  2.  Ceci  pourrait  signifier  que  la  rue  L.  4  par  exemple 
n'aurait  pas  du  être  prolonge'e  sur  le  plan  au-delà  du  santon 
Sidi  el-Chatby.  Ceci  me  paraît  exact  d'autre  part,  car  cette  rue 
aurait  dû  alors  traverser  la  section  la  plus  orientale  de  la  ne'- 
cropole  à  ciel  ouvert,  qui  remonte  à  la  haute  e'poque  ptole'- 
maïque. 

Sur  toute  cette  esplanade  nous  avons  rencontre  très  rarement 
des  traces  de  maisons  isole'es,  tandis  que  les  cimetières  e'taient 
très  fre'quents.  On  pourrait  en  dire  autant  des  collines  situe'es 
entre  les  cimetières  europe'ens  et  le  faubourg  de  l'Ibrahimieh.  Je 
crois  même  que  le  jour  où  l'on  nivellera  ces  collines  il  sera 
très  difficile  de  de'couvrir  des  traces  de  pavage  à  l'Est  de  la 
rue  R.  2.  S'il  en  est  ainsi,  on  pourra  ne  pas  attribuer  aux  tra- 
vaux de  Mohamed-Ali  l'enlèvement  du  pavage  dans  la  section 
orientale  de  la  rue  Canopique,  et  on  sera  amené'  à  croire  que 
ce  pavage  n'a  jamais  existe'  au-delà  du  dernier  point  où  El-Falaki 
a  eu  la  possibilité'  de    l'observer. 

D'ailleurs  la  route  moderne  d'Aboukir,  sur  le  parcours  en  ques- 
tion, n'est  pas  bordée  de  collines  de  détritus  ;  elle  s'ouvre  au 
contraire  un  passage  à  travers  le  rocher  naturel  ;  et  ainsi  l'an- 
cienne rue  aurait  e'te',  sur  une  partie  de  son  e'tendue,  encaisse'e,  à 
une  profondeur  conside'rable,  entre  deux  parois  nues  du  rocher. 

Elle  n'aurait  donc  pas  e'te'  borde'e  de  constructions  et  aurait 
eu  un  niveau  assez  difife'rent  de  celui  des  rues  et  des  maisons 
avoisinantes.  Est-ce  admissible  pour  la  rue  principale  de  l'an- 
cienne  Alexandrie  ? 

Donc,  s'il  est  permis  de  tirer  une  conclusion  de  ces  observa- 
tions, le  trace'  des  rues  longitudinales  du  plan  dresse'  par  El-Falaki 
devrait  être  raccourci  de  quelques  centaines  de  mètres  dans  la 
section  orientale. 

La  rue  Canopique  constitue  l'e'pine  dorsale  du  systèmed'El-Falaki. 


0  3 

Ellecorrespond,  d'après  lui,  à  la  Chara  Bab  Gharki  de  nos  jours 
'rues  Rosette  et  Sidi  Metwalli).  Cette  identification  a  e'te'  gJnJra- 
lenient  acceptée. 

Botti  est  d'opinion  contraire.  Il  ne  croit  pas  que  la  rue  dc'- 
couverte  le  long  du  trace'  de  la  rue  Rosette,  corresponde  à  la 
rue  Canopique.  Il  place  celle-ci  plus  au  Sud  et  V  identifie  avec 
la  rue  L.  3  d'El-Falaki.  «  Le  nom  de  Canopique  donne'  à  cette 
grande  artère  nous  apprend  qu'elle  e'tait,  de  toutes  les  artères 
longitudinales  de  Ne'apolis,  la  plus  rapproche'e  du  canal  Cano- 
pique. L'avenue  de  Porte  Rosette  n'est  aucunement  au  milieu 
de  la  ville  ancienne  puisqu'il  en  y  avait  d'autres  moins  e'ioigne'es 
qu'elle  du   point  d'embarquement  du  canal    ». 

Il  n'est  pas  ne'cessaire  de  de'montrer  la  faiblesse  de  ces  ar- 
guments :  il  sont  base's  sur  cette  supposition  que  la  rue  Ca- 
nopique tirait  son  nom  de  la  proximité'  du  canal.  Or  cette  sup- 
position est  probablement  errone'e,  et  il  est  plus  naturel  de  penser 
que  cette  rue  a  tire'  son  nom  de  Canope,  son  axe  e'tant  à  peu 
près  dans  la  direction  de  cette  ville.  C'est  ainsi  que  de  nos  jours, 
le     prolongement    de     la    rue    Rosette  s'appelle    rue  d'Aboukir. 

D'autre  part,  s'il  est  vrai,  ainsi  que  nous  le  laisse  entendre 
la  tradition  litte'raire,  que  la  rue  Canopique  traversait  le  centre 
de  la  ville,  ce  centre,  d'après  nos  connaissances  actuelles,  doit 
être  cherche'  de  pre'fe'rence  le  long  du  trace'  de  la  rue  Ro- 
sette, où  l'on  a  de'couvert  des  monuments  assez  remarquables,  et 
non  au  sud  de  Kom-ed-Dik,  à  Moharrem  Bey. 

Les  objections  de  Hogarth  me  semblent  plus  se'rieuses.  En 
effet,  faisant  allusion  aux  sondages  qu'il  a  pratique's  au  nord  et 
au  sud  de  l'avenue  de  Rosette,  et  se  basant  sur  l'alignement 
des  murs  mis  à  de'couvert,  il  conclut  "  that  in  this  central 
région  at  least,  the  ancient  town  was  built  very  far  from  the 
Unes  of  the  modem,  and  that  the  axis  of  the  old  Canopic  Street 
must  vary  much  at  this  point  from  that  of  the  Boulevard  de 
Rosette  the  former  must  hâve  read  about  230",  the  latter  reads 
260"  ». 

Les  fouilles  de  Hogarth,  à  la  vérité',  n'ont  pas  eu  assez  d'exten- 
sion pour  nous  permettre  d'accepter  sa  conclusion  sans  re'serve. 
Il  est  bien  probable  que  l'axe  de  l'ancienne  rue  difïe'rait  quelque 
peu  de  celui  de  la  rue  moderne,  toutefois  il  me  parait  hors  de 
doute  que  l'avenue  Canopique  n'e'tait  pas  trop  e'ioigne'e  de  la  rue 
Rosette  de  nos  jours,  et  qu'elle  coïncidait  avec  celle-ci  sur  une 
partie  de  son  parcours. 

Des  te'moins  oculaires  ont  souvent  alTirme'  avoir  vu  en  diffe'- 
rents  endroits,  et  moi-même  j'ai  observe',  des  colonnes  range'es, 
soit  au  nord,  soit  au  sud  de  la  rue  Rosette.  D'autre  part  il  est 


64 

évident  que  cette  rue  devait  traverser  le  centre  de  la  ville,  et 
ce  centre  doit  être  cherche',  je  crois,  dans  le  triangle  compris 
entre  le  the'âtre  Zizinia,  la  mosquée  Nabi  Danial  et  la  Bourse 
Toussoun.  C'est  là  que  devait  passer  la  grande  rue  transversale. 
El-Falaki  pensait,  par  contre,  que  la  grande  rue  transversale 
était  celle  marque'e  sur  son  plan  R.  i.  «  Elle  sort  du  cap 
Lokhias  sur  lequel  il  y  avait  un  palais  royal,  passe  tout  près 
du  port  re'servë  aux  bateaux  prive's  des  rois,  de  l'arsenal  royal,  et 
se  termine  à  un  autre  port  sur  le  canal,  port  dont  j'ai  de'- 
couvert  les  quais  à  130  mètres  des  murs  d'enceinte,  vis-à-vis 
d'un  pont  probablement  antique  ».  Il  a  ajoute'  des  de'tails  qui 
confirmeraient  son  identification  si  les  recherches  méthodiques 
que  Nonck  a  faites  le  long  de  cette  rue  n'avaient  de'truit  cette  thèse. 

«  Un  aqueduc  souterrain,  dit  El-Falaki,  la  borde  du  côte'  de  l'est 
et  conduit  l'eau  du  canal  au  palais  et  en  ville  pour  en  alimenter 
les  citernes.  Un  e'gout  peu  profond  et  destine'  aux  e'coulements 
des  eaux  sales  la  borde  de  l'autre  côte'.  Cette  rue  pre'sente  une 
particularité'  qui  la  distingue  de  toutes  les  autres  rues:  outre  la 
double  largeur  qu'elle  partage  en  commun  avec  la  rue  Cano- 
pique,  elle  se  compose  de  deux  chausse'es  de  même  niveau  et 
d'e'gale  largeur,  mais  l'une  qui  est  à  l'est,  est  pave'e,  et  l'autre 
est  en  maçonnerie,  compose'e  de  chaux,  de  terre,  de  petits  cail- 
loux et  de  petits  morceaux  de  moellons.  Entre  ces  deux  chaus- 
se'es, suivant  l'axe  de  la  rue,  est  un  petit  espace  large  d'en- 
viron un  mètre  et  rempli  simplement  de  terre  ve'ge'tale,  ce  qui 
me  fait  croire  qu'il  y  avait  là  une  range'e  d'arbres,  qui  la  par- 
tageait en  deux  chausse'es  ;  l'une  pave'e  probablement  destine'e 
aux  voitures,  l'autre  aux  cavaliers  ».   :'v.  El-Falaki,   p.   23). 

Mais  les  recherches  minutieuses  et  me'thodiques  faites  par 
Noack  (o.  c,  p.  234-237)  sur  le  trace'  de  cette  rue  l'ont  oblige' 
à  conclure  qu'une  concordance  entre  les  re'sultats  par  lui  obte- 
nus et  les  donne'es  d'El-Falaki  est  tout  à  fait  impossible,  car  il 
faut  renoncer  à  la  range'e   d'arbres. 

Ce  n'est  pas  ici  le  lieu  d'entrer  dans  d'autres  de'tails.  Nous 
nous  sommes  contente's  de  montrer  que  les  raisons  d'identifier 
la  grande  rue  transversale  avec  la  rue  R.  i  ne  sont  pas  très  solides. 

D'ailleurs  la  rue  R.  i  d'El-Falaki  est  trop  e'ioigne'e  du  centre 
probable  de  la  ville  antique.  Aux  conside'rations  que  nous  avons 
expose'es  à  propos  du  mur  d'enceinte  et  de  la  longueur  de  la 
grande  rue  longitudinale,  il  faut  ajouter  ce  fait  indiscutable  qu'au- 
delà  de  la  ligne  orientale  des  parcs  nord  actuels,  on  a  de'cou- 
vert  des  traces  fre'quentes  de  ne'cropoles,  mais  peu  de  ruines 
d'habitations,  et,  quand  on  en  a  trouve,  elles  e'taient  à  un  ni- 
veau bien  supe'rieur  à  celui  des  ruines  de  l'inte'rieur  de  la  ville. 


65      — 

Il  n'y  avait  dans  tous  les  cas  aucune  trace  d'e'difices  de  quelque 
importance.  Cela  me  fait  croire  que  la  R.  i  se  trouvait  plutôt 
vers  les  limites  orientales  que  vers  le  centre  de  la  ville. 

Par  contre,  il  y  a  lieu  d'observer  que  la  grande  statue  de 
Marc-Aurèle  (Muse'e,  salle  12)  ainsi  que  d'autres  monuments  en 
marbre,  sont  sortis  des  fondations  du  the'âtre  Zizinia  ;  que  la 
grande  statue  helle'nistique  d'  Hercule  a  e'te'  de'couverte  dans 
le  sous-sol  de  la  maison  Boustros  ;  qu'en  face  du  Zizinia,  en 
creusant  les  fondations  de  la  maison  Lifonti.  on  a  mis  à  jour 
un  socle  en  marbre  portant  une  inscription  en  l'honneur  de 
l'empereur  Valentinien;  qu'un  peu  plus  loin,  on  avait  de'couvert 
le  bloc  de  granit  qui  devait  renfermer  les  œuvres  de  Dioscoride, 
et  dans  lequel  on  a  voulu  reconnaître  une  e'pave  de  la  Biblio- 
thèque d'Alexandrie,  et  qu'enfin  sous  la  Bourse  Toussoun  on  a 
de'couvert  les  restes  d'un  grand  temple  de'die'  à  Osorapis,  datant 
de  l'e'poque  de  Ptole'me'e  IV,  Ces  indices  sont  assez  significatifs 
à  mon  avis.  C'est  dans  ces  parages  qu'on  doit  chercher  le 
centre  de  la  ville  ancienne,  et  en  conse'quence  on  peut  dire 
que  la  grande  rue  transvervale  passait  dans  ces  environs.  Elle 
ne  devait  pas  être  très  e'ioigne'e  de  la  rue  Nabi  Danial,  sans  se 
confondre  avec  elle  tout  à  fait;  son  axe  se  rapprochait  peut-être 
davantage  de  la  direction  nord-sud. 

En  résume'  on  peut  fixer  les  points  suivants  :  Le  système  de 
rues  e'tabli  par  Mahmoud  El-Falaki  doit  correspondre  à  peu  près, 
et  dans  ses  grandes  lignes,  au  système  de  rues  de  la  ville  an- 
cienne. Le  plan  qu'il  en  a  dresse'  peut  être  accepte'  comme 
approximatifs  en  faisant  surtout  des  réserves  pour  la  longueur 
des  rues  vers  l'est  et  pour  la  position  et  la  direction  de  la 
grande  rue  transversale. 

La  Côte  et  les  Ports.  —  Nous  avons  déjà  signalé  que  le 
profil  de  la  côte  alexandrine  n'est  pas  tel  qu'il  était  il  y  a 
vingt-deux  siècles.  En  efi'et  il  est  aisé  de  constater,  depuis  Ramleh 
jusqu'au  Mex,  que  la  mer  a  beaucoup  gagné  sur  la  terre.  En 
parcourant  la  côte,  on  observe  à  tout  instant  que  des  tombes, 
des  constructions,  des  quais  sont  aujourd'hui  submergés  sous  les 
eaux.  On  sait  que  la  côte,  avant  la  fondation  de  la  ville,  était 
séparée  de  l'île  de  Pharos  par  un  bras  de  mer,  et  que  la  jonc- 
tion entre  le  continent  et  l'île  s'est  faite  au  moyen  d'une  jetée 
ou  digue  d'une  longueur  de  sept  stades  (d'où  le  nom  d'Hepta- 
stade,  1200  mètres  environ).  En  conséquence,  l'aspect  de  la  côte 
et  de  la  ville  anciennes  était  tout  à  fait  différent  de  celui  de  la 
côte  et  de  la  ville   modernes. 

Le  nouveau    quai   en  face  du  Portus   magnus  a  repoussé  la 


66      . ■ 

mer  à  la  limite  qu'elle  devait  avoir,  à  peu  de  chose  près,  dans 
l'antiquité',  jusqu'à  la  hauteur  de  la  nouvelle  maison  Ye'hia  (en 
face  de  la  Gare  de  Ramleh),  mais  à  partir  de  cet  endroit  la 
côte  s'éloignait  considérablement  du  profil  actuel.  Suivant  la 
ligne  exte'rieure  des  maisons  qui  longent  au  nord  le  Boulevard  de 
Ramleh,  elle  se  dirigeait  vers  le  sud-ouest,  à  la  hauteur  de 
l'ancien  passage  Adib  (aujourd'hui  rue  Centrale),  pour  continuer 
à  travers  la  place  S'^'^-Gatherine  et  celle  de  la  Paille,  et  aboutir 
aux  environs  de  la  Douane,   en  passant    près  du  fort  Caffarelli. 

Ainsi  donc,  l'emplacement  occupé  par  la  ville  turque  (Place 
Mohamed-Ah,  Quartier  du  Midan,  Quartier  de  la  Marine)  a  e'té 
gagne'  sur  la  mer,  des  deux  côte's  de  l'ancien  Heptastade.  Celui-ci 
devait  prendre  son  point  de  de'part  une  centaine  de  mètres  au 
nord-est  de  Kom-el-Nadoura  (fort  Caffarelli,  où  sont  les  signaux 
du  Port)  pour  se  diriger  en  ligne  droite  vers  l'extre'mite'  sud 
de  l'île  de  Pharos,  à  la  hauteur  de  l'Arsenal  actuel. 

Par  suite  de  la  construction  de  l'Heptastade,  deux  ports  se 
sont  forme's:  le  port  oriental  {Méyaç  Aito'jy,  Magnus  Portus)  qui 
e'tait  le  plus  important  chez  les  anciens,  et  le  port  d'Eunostos 
correspondant  au  port  moderne. 

Deux  passages  e'taient  ménagés  dans  l'Heptastade  pour  établir 
une  communication  rapide  et  directe  entre  les  deux  ports. 
Ces  passages  étaient  placés  non  loin  des  extrémités  de  la  digue. 

Les  deux  ouvertures,  que  nous  devons  supposer  enjambées  par 
un  pont  soutenu  par  de  hautes  colonnes,  étaient,  du  moins  à  l'é- 
poque de  César,  gardées  par  deux  forts. 

J^e  Magnus  Portus  dont  l'entrée  était,  paraît-il,  très  difficile, 
était  entouré  de  superbes  édifices. 

Ici  je  me  bornerai  à  noter  qu'une  jetée  partant  du  cap  Lokhias 
protégeait  le  port  contre  les  courants  et  les  vents  du  nord, 
tandis  que  du  côté  opposé,  l'île  de  Pharos  offrait  une  protection 
naturelle. 

A  l'extrémité  de  celle-ci,  tout  près  de  l'entrée  du  port,  s'élevait 
la  tour  lumineuse  du  même  nom  (Pharos).  Une  île,  Antirrhodos, 
probablement  ainsi  nommée  à  cause  de  sa  forme,  était  au  milieu 
du  port,  vers  le  sud-est.  Les  jours  de  calme  parfait  on  peut 
en  entrevoir  la  silhouette  sous  les  eaux.  Une  maison  royale 
avait  été  construite  sur  cette  île.  A  la  pointe  du  promontoire 
Lokhias,  était  un  petit  port  intérieur,  réservé  à  l'usage  particulier 
de  la  famille  royale. 

Un  promontoire  se  prolongeait  dans  le  port,  presque  en  face 
de  la  gare  actuelle  de  Ramleh.  A  l'extrémité  de  ce  promontoire 
Marc  Antoine  avait  fait  bâtir  le  Tinionium,  sorte  d'ermitage  phi- 
losophique, où  il  se  retirait  de  temps  en  temps.  Le  port  d'Eu- 


67      

nostos  s'est  vu  de  plus  en  plus  utilise'  depuis  la  basse  e'poque 
impe'riale,  tandis  que  le  grand  port  fut  peu  à  peu  de'laisse'. 

Le  premier  devait  avoir  son  entre'e  à  l'ouest  de  la  pointe  oc- 
cidentale de  l'île  de  Pharos  Ras-el-Tin),  sur  laquelle  était  un 
temple  de  Poséidon  (0. 

A  l'inte'rieur  de  l'Eunostos  existait  un  petit  port  artificiel  ferme 
de  tous  les  côte's,  ;/  y.ij^onôç-,  la  boîte,  le  coffre.  Un  canal  navi- 
gable le  reliait  au  lac  Mareotis.  Les  historiens  pensent  que  le 
nom  d'Eunostos  tire  son  origine  d'Eunostos,  roi  de  Soloi,  beau- 
fils  de  Ptole'mJe  Soter  -,  d'autres  croient  tout  simplement  qu'il 
signifie  le  Port  du  hoit   retour. 

Le  Canal,  —  Le  Canal,  qui  alimentait  d'eau  douce  Alexandrie 
et  qui  constituait  la  route  commerciale  avec  l'intérieur  du  pays, 
de'rivait  de  la  branche  canopique  du  Nil  à  Schedia,  à  environ 
27  kilomètres  d'Alexandrie.  Ce  canal  suivait  à  peu  de  chose  près 
le  trace  du  canal  Mahmoudieh  actuel.  Non  loin  de  Hagar  el- 
Nawatieh  il  se  divisait  en  deux  branches,  dont  l'une  se  dirigeait 
vers  Canope  parallèlement  à  la  côte  et  l'autre  continuait  vers 
Alexandrie. 

On  admet  gene'ralement  que  ce  canal  contournait  la  ville  du  côte' 
sud  et  allait  déboucher  dans  l'Eunostos,  au  fond  du  bassin  Ki- 
botos,  A  mon  avis  (^)  cette  supposition  n'est  pas  exacte,  car  à 
l'époque  gre'co-romaine  la  ville  gravitait  vers  le  JMéyaç  Aiii)]v^  et  il 
est  tout  naturel  de  penser  que  la  branche  la  plus  importante 
du   canal  allait  se  de'verser  dans  ce  port. 

Strabon  ne  dit  pas  d'ailleurs  que  le  canal  de  Schedia  de'bou- 
chait  dans  l'Eunostos  ou  dans  le  Kibotos.  Je  trouve  au  contraire 
que  son  silence  à  ce  sujet  est  significatif.  Il  dit  simplement 
ce  qui  suit  :  «  un  canal  navigable  débouche  à  l'intérieur  de  ce 
bassin  et  le  met  en  communication  directe  avec  le  Mareotis  ». 
Par  contre  un  document  nous  prouve  qu'un  canal  traversait  la 
Neapolis  encore  à  la  fin  du  quatrième  siècle  ap.  J.-Ch.  Il  s'agit 
d'un  contrat  passé  à  Hermoupolis  (Haute  Egypte)  :  le  propriétaire 
d'un  bateau  se  charge  de  transporter  à  Alexandrie  et  de  décharger 
dans  les  greniers  de  la  Neapolis  une  cargaison  de  blé.  Puisque 
la  Neapolis  était  justement  le  quartier  situé  sur  le  Portus  Magnus, 
il  faut  admettre  qu'un  canal  traversait  la  partie  orientale  de  la  ville. 

(1)  M.  Jondet  a  découvert  au  nord  et  à  l'ouest  de  l'île  de  Pharos  un  grand 
port  dont  les  jetées  sont  actuellement  submergées.  Il  parait  qu'on  ne  doit  pas 
le  confondre  avec  le  petit  port  au  nord  de  l'île,  dont  parle  César.  Les  recherches 
de  M.  Jondet  n'étant  pas  encore  achevées,  il  faut  se  borner  à  les  signaler  sans 
en  discuter  les  résultats. 

(2)  Cfr.  le  plan  dre?sé  par  Sieglin  dans  lequel  on  voit  un  canal  qui  débou- 
che dans  le  grand  port. 


68     

Cela  est  d'ailleurs  vrai,  même  pour  l'e'poque  byzantine,  ainsi 
que  nous  l'apprend  un  papyrus  de'couvert  dans  la  Haute  Egypte 
et  publie'  par  J.  Maspero  (v.  Pap.  Byz.^  t.  II,   2,  p.    132). 

Un  canal  provenant  de  Schedia,  ou  tout  au  moins  un  bras 
de  r  ancien  canal,  agrandi  et  ame'liore' ,  a  dû  être  amené', 
vers  l'an  40  de  l'empereur  Auguste,  jusqu'à  l'Eunostos  ou  le 
Kibotos.  Deux  inscriptions  identiques  date'es  de  10-11  ap.  J.-Gh. 
nous  apprennent  qu'Auguste  «  fliimen  Sehaston  a  Schedia  indiixit 
ut  per  se  toto  oppido  fliieret  ».  Une  de  ces  deux  inscriptions 
est  grave'e  sur  une  colonne  en  calcaire  nummulitique  mise  à 
jour  en  creusant  les  fondations  du  tribunal  indigène  dans  la  rue 
Boctori,  tout  près  de  l'ancien  Kibotos. 

Le  chemin  que  le  canal  principal  d'Alexandrie  parcourait 
dans  la  banlieue,  et  surtout  la  branche  reliant  la  ville  à  Canope, 
e'tait  ce'lèbre  par  son  agre'ment.  De  beaux  jardins  bordaient  les 
deux  rives  (inter  viridia  ab  iitroque  latere)  ;  chaque  jardin  e'tait 
entoure  d'un  mur  d'enceinte  et  les  riches  Alexandrins  qui  en 
étaient  les  propriétaires  y  avaient  aussi  leurs  tombes  de  fa- 
mille. La  branche  canopique  du  canal  devait  se  de'tacher  du 
canal  provenant  de  Schedia  à  hauteur  de  la  localité'  appelée 
aujourd'hui  Hagar-el-Nawatiah  (la  pierre  des  marins)  qui  doit 
correspondre  à  la  UèToa  ou  Petrae  des    anciens. 

Toute  la  campagne  alexandrine  e'tait  sillonnée  de  canaux 
secondaires  qui  divisaient  le  territoire  en  une  quantité  d'îlots  5 
on  V  rencontrait  fréquemment  des  villages,  dont  les  noms  nous 
ont  été  révélés  soit  par  les  papyrus  d'Abousir-el-Melek,  soit  par 
des  inscriptions  (village  d'Arsinoé  ;  village  de  Bérénice  -,  village 
des  Syriens  ;  village  des  Antiochiens). 

Les  Citernes.  —  L'eau  potable,  dont  s'alimentait  la  ville, 
était  presque  entièrement  puisée  au  canal  et  conservée  dans  les 
nombreuses  citernes,  dont  le  sous-sol  d'Alexandrie  était  pourvu. 
L'inscription  de  l'an  40  d'Auguste,  mentionnée  plus  haut,  nous 
apprend  que  cet  empereur  fit  exécuter  des  travaux  pour  fournir 
à  toute  la  ville  de  l'eau  douce,  mais  nous  savons  que  déjà  à 
l'époque  de  César  les  citernes  étaient  nombreuses  à  Alexandrie 
[Alexandria  est  fere  tota  sttffossa  specttsque  hahet  ad  NiUim 
pertinentes,  qiiihus  aqua  in  pri ratas  domus  inducitur). 

Ces  citernes  étaient  donc  alimentées  par  des  canalisations 
souterraines  en  communication  avec  la  branche  du  fleuve.  Il  y 
avait  aussi  de  nombreuses  citernes  isolées.  On  les  remplissait  au 
moyen  de  machines  montées  sur  de  grands  puits,  reliés  avec  la 
branche  la  plus  voisine  d'un  des  canaux  souterrains. 

A  l'époque  arabe  leur  nombre  était  tellement  élevé  que,  d'après 


Makrizi,  les  constructions  d'Alexandrie  reposaient  sur  des  voûtes 
formant  des  ponts  à  arcades,  sous  lesquelles  des  cavaliers  armés 
de  lances  passaient  à  l'aise  et  faisaient  sous  terre  le  tour  de  la 
ville.  ('  C'est  une  chose  vraiment  admirable  que  le  nombre,  la 
capacité'  et  la  magnificence  de  ces  re'servoirs  ;  ce  sont  de  superbes 
portiques  e'ieve's  les  uns  sur  les  autres  et  aussi  éle'gamment 
dessine's  que  solidement  bâtis   ». 

A  l'e'poque  de  rexpe'dition  française  il  y  avait  encore  308 
citernes  en  usage.  Mahmoud  El-Falaki  en  connaissait  700  en 
1872,  et  plusieurs  d'entre  elles  avaient  deux  ou  trois  e'tages 
reposant  à  l'aide  d'arceaux  sur  des  colonnes  en  granit  rouge 
ou  quelquefois  en  marbre. 

Aujourd'hui,  à  cause  des  innombrables  constructions  de  la  ville 
moderne,  la  plus  grande  partie  de  ces  citernes  a  e'te'  sacrifie'e, 
mais  plusieurs  existent  encore,  et  le  Service  des  Antiquite's  a  pu 
en  sauver  une  à  trois  étages.  La  citerne  el-Nabih,  accessible  au 
public,  se  trouve  dans  la  partie  est  des  jardins  de  la  Rue  d'Alle- 
magne. On  peut  reconnaître  par  les  matériaux  employés  dans  la 
construction  l'époque  approximative  à  laquelle  une  citerne  re- 
monte. Si,  par  exemple,  on  y  trouve  beaucoup  de  chapiteaux  chré- 
tiens, on  peut  affirmer  qu'elle  est  postérieure  à  l'époque  romai- 
ne, et  très  probablement  refaite  ou  remaniée  à  l'époque  arabe. 
Dans  leur  état,  actuel,  bien  que  leur  origine  soit  en  général  beau- 
coup plus  ancienne,  on  classe  les  citernes  alexandrines,  parmi  les 
monuments  de  l'art  arabe. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Saint-Genis,  o.  c.  :  Mahmoud  El-Falaki,  o.  c, 
p.  29  et  suiv.  ;  Botti,  Les  citernes  d'Alex,  dans  Bull,  Soc.  Arch.  dAlex. ,  4, 
p.  15  et  suiv.;  Strzygow.-ki,  Die  Zistemen  von  Alex,  dans  Byz.  Zettschrift, 
IV,  p.  92. 


Les  Nécropoles.  —  D'après  la  configuration  du  terrain  sur 
lequel  Alexandrie  a  été  bâtie,  des  cimetières  devaient  inévita- 
blement surgir  du  côté  oriental  et  du  côté  occidental  de  la  ville. 
Strabon  signale  une  seule  ville  des  morts,  le  faubourg  occidental, 
la  vfxo6.-To/.(ç,  mot  qui  désigne  aujourd'hui  tout  vaste  hypogée, 
tout  vaste  cimetière,  mais  qui  à  l'origine  désignait  uniquement 
l'ensemble  des  cimetières  situés  à  1'  ouest  d'Alexandrie.  Cepen- 
dant les  fouilles  entreprises  depuis  la  seconde  moitié  du  XIX'"^ 
siècle  dans  les  faubourgs  orientaux,  ont  amené  la  découverte  de 
nombreux  et  vastes  cimetières  datant  de  la  plus  haute  époque 
ptolémaïque.  Probablement  les  cimetières  de  l'est  étaient  quelque 
peu  délaissés  à  la  fin  du  premier  siècle  av.  J.-Ch.,  et  Strabon  a 
été  frappé  par  la  momification  qui  devait  être  exclusivement  en 


usage  dans  la  nécropole  de  l'ouest.  En  résume  je  crois  pouvoir 
exposer  les  conclusions  suivantes  : 

1  )  Depuis  la  fondation  d'Alexandrie,  de  Vcistes  ne'cropoles  se 
sont  formées,  tant  a  l'est  qu'à  l'ouest  de  la  ville. 

2)  A  l'âge  ptolémaïque,  on  a  enterre'  dans  la  ne'cropole  orien- 
tale presque  exclusivement  les  Grecs  et  les  e'trangers  5  dans  la 
ne'cropole  occidentale  quelques  Grecs  et  e'trangers,  mais  surtout 
des  Egyptiens. 

3)  A  la  fin  de  l'âge  ptole'maïque  et  à  l'e'poque  romaine,  on  a 
continue'  à  enterrer  les  morts  dans  les  faubourgs  de  l'est,  mais  en 
proportion  beaucoup  moindre  que  dans  le  faubourg  de  l'ouest. 

4)  Le  proce'de'  de  la  momification  e'tait  exclusivement  employé' 
dans  la  nécropole   de  l'ouest. 


Fie 


Les  cimetières  retrouvés  à  Alexandrie  peuvent  être  classés  en 
deux  catégories  principales  :  cimetières  à  ciel  ouvert,  cimetières 
souterrains.  Les  premiers  sont  constitués  par  une  zone  de  ter- 
rain parsemé  de  fosses  à  fleur  de  terre;  ces  fosses  sont  surmontées 
soit  d'un  petit  monument  en  pierre,  soit  d'un  tumulus  de  terre 
et  de  sable.  Une  stèle  peinte  ou  sculptée  en  relief,  souvent  avec 
inscription,  permettait  d'identifier  les  cadavres.  Les  cimetières 
souterrains,  par  exemple  celui  de  Kom-el-Chougafa,  étaient  consti- 
tués par  toute  une  série  de  couloirs,  chambres,  niches,  creusés 
dans  le  rocher.  Le  plan  de  ces  hypogées  était  plus  ou  moins 
compliqué  (il  pouvait  comprendre  jusqu'à  trois  étages  superposés), 
selon  que  la  tombe  était  destinée  à  un  individu,  à  une  famille 
ou  à  une  corporation.  La  maison  des  morts  reproduisait  dans 
son  plan  et  dans  les  éléments  de  sa  construction  la   maison  des 


Fig.  12. 


vivants.  La  tombe  souterraine 
de  Chatby  est  très  instructive  à 
cet  effet.  En  ce  qui  concerne  le 
proce'dé  d'enterrement,  les  indi- 
gènes ont  continué  à  pre'fe'rer  la 
momification  ;  les  Grecs  et  les 
étrangers  ont  indifféremment  em- 
ployé le  procédé  de  l'inhumation 
ou  celui  de  la  crémation.  Les 
chrétiens  jusqu'à  la  fin  du  IV'"^ 
siècle  n'ont  pas  considéré  la  mo- 
mification comme  contraire  à  la 
nouvelle  religion,  mais  à  partir 
de  l'empereur  Théodose,  ils  ont 
toujours  inhumé  leurs  morts. 

Que  le  mort  fût  momifié  ou 
inhumé,  on  le  déposait  soit  dans 
une  fosse  à  ciel  ouvert,  soit  sur 
un  lit  funéraire,  soit  dans  un 
sarcophage  en  forme  de  lit,  soit 
dans  un  vrai  sarcophage  (fig.  ii) 

(en  marbre,  en  granit,  en  terre  cuite,  en  plomb,  en  bois),  soit 
dans  une  cellule  creusée  horizontalement  sur  les  parois  de  la 
tombe.  La  cellule  a  donné  naissance  au  locuhis  plus  petit  et 
à    section    carrée.     Les    JocuU    étaient    creusés    l'un  à  coté  de 

l'autre,  en  plusieurs  rayons  su- 
perposés. Sur  la  dalle  qui  fer- 
mait la  cellule  ou  le  loculits^ 
on  peignait  en  couleur  rouge, 
bleue  et  noire,  soit  une  porte 
et  une  inscription  indiquant  le 
nom  du  défunt,  soit  une  simple 
inscription. 

Quand  on  incinérait  le  mort, 
les  cendres  étaient  recueillies 
dans  une  urne  qui  avait  géné- 
ralement la  forme  d'une  hydrie 
(vase  à  trois  anses,  haut  presque 
toujours  d'environ  o  m.  40  cm.) 
(fig.  12-13).  L'hydrie  était  quel- 
quefois déposée  à  coté  d'un  ca- 
davre inhumé,  plus  souvent  ren- 
fermée dans  une  petite  niche  ad 
Fig.  13.  hoc. 


Montes  Testacei.  —  Presque  tout  le  territoire  de  la  partie 
orientale  de  la  ville,  ainsi  que  les  quartiers  de  Moharrem  Bey, 
Kom-el-Chougafa  (la  colline  aux  tessons),  et  les  faubourgs  de 
Hadra  et  de  l'Ibrahimieh  e'taient  couverts  de  collines  forme'es 
d'amoncellements  de  morceaux  de  poteries  (les  Montes  testacei 
des  Romains,  les  y.egàiua  des  Grecs).  Ne'routsos  estimait  que  ces 
collines  de  tessons  étaient  en  rapport  direct  avec  les  se'pultures. 
«  Non  seulement  on  se  servait  des  amphores  pour  enfermer  les 
cendres  ou  les  ossements  des  morts  des  basses  classes,  mais  on 
y  mettait  des  provisions  destinées  aux  repas  funèbres,  et  comme 
il  eût  e'te'  d'un  tâcheux  augure  de  rapporter  chez  soi  les  vases 
qui  avaient  ëte'  employe's  à  cet  usage,  on  les  brisait  sur  le  lieu 
même  de  la  se'pulture  ».  Il  faut  chercher  ailleurs  que  dans 
les  usages  funèbres  l'origine  des  montes  testacei.  Personne 
n'ignore  que  dans  l'antiquité'  la  terre  cuite  e'tait  la  matière  qu'on 
employait  le  plus  souvent  pour  toute  sorte  de  vases  ne'cessaires 
aux  besoins  de  la  vie.  Presque  toute  la  vaisselle  de  cuisine  était 
en  terre  cuite  ;  en  terre  cuite  e'taient  les  vases  pour  les  liquides 
ou  les  denrées  alimentaires  ;  en  terre  cuite  les  re'cipients  pour 
le  commerce  d'exportation  du  vin,  de  l'huile,  du  ble' ;  en  terre 
cuite  e'galement  les  lampes  ainsi  que  les  innombrables  statuettes 
votives  et  de'coratives  ;  les  jarres  servaient  même  à  renfermer 
les  papyrus,  etc.  Tout  navire  arrivant  dans  un  port  de  la  Me'di- 
terrane'e  ou  de  la  mer  Noire,  avait  à  son  bord  des  milliers  de 
vases  et  d'autres  objets  en  terre  cuite.  Il  est  facile  d'imaginer 
quelle  quantité'  e'norme  de  vases  devait  se  casser  chaque  jour 
dans  une  ville  telle  qu'Alexandrie. 

Cette  masse  de  tessons,  me'lange's  aux  de'tritus  fournis  par  la 
vie  me'na gère,  e'tait  transporte'e  en  dehors  de  la  ville;  et  là,  s'il 
n'y  avait  pas  de  bas-fonds  à  combler,  elle  formait,  en  peu  de 
temps,  toute  une  se'rie  de  collines.  On  comprend  aisément  com- 
bien ces  monticules  devinrent  nombreux  et  considérables  au  bout 
de  plusieurs  siècles  ;  on  comprend  aussi  que  l'extraction  du 
cha\f  dont  on  fabrique  le  be'ton  pour  la  solidification  des  rues  et 
les  fondations  des  maisons,  bien  que  commence'e  depuis  le  de'but 
du  XIX  "'^  siècle,  ne  les  ait  pas  encore  e'puise's. 


73 


DE  NICOPOLIS  A  NECROPOLIS 


Après  avoir  résume  les  re'sultats  les  plus  probables  relatifs  à  la 
topographie  ge'ne'rale,  nous  allons  parcourir  en  de'tail  le  territoire 
de  l'ancienne  Alexandrie,  depuis  les  faubourgs  de  l'est  jusqu'à 
l'immense  ville  des  morts  signale'e  par  Strabon  à  l'ouest. 

C'est  seulement  à  la  fin  de  l'e'poque  ptole'maïque  que  le 
centre  de  population  de'signé  sous  le  nom  de  Nikopolis  s'est 
formé  à  30  stades  d'Alexandrie,  sur  le  bord  de  la  mer.  Ce  fau- 
bourg e'tait  devenu  presque  aussi  important  qu'une  ville  à  l'e'- 
poque de  Strabon.  L'empereur  Auguste  avait  fait  beaucoup  pour 
l'embellissement  de  cette  localité,  qu'  il  aurait  appelée  Nikopolis 
en  souvenir  de  sa  victoire  sur  Marc  Antoine,  Nikopolis  doit  être 
placée  à  Bulkeley,  sur  les  collines,  au  bord  de  la  mer,  entre 
Mustapha  Pacha  et  Glymenopoulo.  Sur  l'un  des  petits  promon- 
toires qui,  dans  cette  partie  de  la  côte,  se  prolongent  vers  la 
mer,  existaient  jusqu'à  ces  dernières  années  trois  colonnes  et 
d'autres  ruines  appartenant  à  un  petit  temple  tétrastyle  d'ordre 
dorique.  Ces  ruines  avaient  été  relevées,  il  y  a  un  demi-siècle, 
par  Colonna-Ceccaldi,  qui  les  avait  identifiées  à  tort  avec  le 
temple  d'Arsinoé  Zephyritis  (ce  temple  ainsi  que  le  Cap  Zephy- 
rion,  doit  être  cherché  près  de  Canope    (Aboukirl 

En  facejde  Nikopolis,  à  l'intérieur,  sur  les  hauteurs  nommées 
aujourd'hui  Abou  Nawatir,  devait  s'élever  un  autre  centre  d'ha- 
bitations ou  tout  au  moins  un  temple  assez  considérable  dédié 
à  Isis-Cérès.  On  y  a  récemment  découvert  les  statues  en  marbre 
de  plusieurs  prêtresses  de  cette  divinité  (aux  environs  de  la  villa 
Khalil  Khayat  Pacha)  ainsi  qu'une  tête  colossale  de  sphinx  (dans 
le  jardin  de  la  légation  d'Angleterre). 


74      

Le  oToarô.-Teôoy,  OU  quartiers  pour  la  le'gion  romaine  en  garni- 
son à  Alexandrie  {Castra  Roinanoritui\  e'tait  près  de  la  mer 
à  Mustapha  Pacha,  là  où  sont  aujourd'hui  campés  les  bataillons 
de  l'arme'e  d'occupation  anglaise.  Jusqu'en  1873,  le  camp  romain 
a  existe'  en  assez  bon  état,  avec  ses  bains,  son  prétoire  et  le 
superbe  parquet  en  mosaïque,  dont  le  centre  était  décoré  par 
un  Bacchus  tenant  une  grappe  de  raisin  et  un  thyrse.  Il  paraît 
que  les  ruines  de  ces  castra  n'ont  pas  été  détruites  de  fond  en 
comble  au  moment  de  la  construction  des  casernes  de  Mustapha 
Pacha  et  qu'une  partie  a  été  recouverte  par  la  terre  de  remblai. 
Au-delà  du  camp  romain,  vers  le  cimetière  actuel  de  Sidi-Gaber 
et  plus  à  l'ouest  même,  jusqu'à  la  hauteur  de  la  Halte  de 
Sporting-Glub,  s'étendait  le  cimetière  militaire  romain.  La  Mos- 
quée de  Sidi-Gaber  est  bâtie  sur  les  ruines  d'un  temple  ancien, 
dont,  en  1888.  on  voyait  encore  les  fondations  et  plusieurs  co- 
lonnes en  granit  rouge,  renversées  ou  brisées.  Tout  à  fait  au 
bord  de  la  mer,  en  face  de  la  maison  de  campagne  des  Jésuites, 
sont  encore  visibles  les  ruines  d'une  tombe  hellénistique  aux 
parois  peintes  en  plusieurs  couleurs.  La  tombe  était  du  même 
tvpe  que  celles  d'Anfouchy  et  de  Wardian,  aussi  bien  pour  le 
plan  que  pour  la  technique  de  la  décoration.  Celle-ci  rappelle 
sous  beaucoup  de  rapports  la  décoration  pariétale  pompéienne. 
dont  l'origine  doit  être  probablement  cherchée  à  Alexandrie  ('). 
Chronologiquement  elle  doit  être  plus  récente  que  la  tombe  de 
Wardian,  mais  antérieure  à  celle  d'Anfouchy.  Sur  les  hauteurs  de 
ribrahimieh  il  ne  devait  pas  y  avoir  de  centres  importants  de 
population,  mais  plusieurs  villas  [Eleusis  sur  mer)^  ainsi  que  des 
groupes  de  tombes  dont  les  plus  anciennes  datent  de  la  haute  épo- 
que ptolémaïque.  Ce  serait  à  l'Ibrahimieh  que,  d'après  le  plan  de 
Néroutsos,  on  aurait  découvert  vers  1880  la  tombe  à  coupole  ren- 
fermant, dans  plusieurs  rayons  de  niches,  les  urnes  cinéraires 
des  nombreux  mercenaires  au  service  des  Lagides,  et  aussi  les 
urnes  des  ambassadeurs  des  fêtes  religieuses  de  différentes  villes 
grecques.  Une  partie  de  ces  urnes  datant  du  troisième  siècle 
est  conservée  actuellement  dans  notre  Musée.  Allant  vers  l'in- 
térieur, on  rencontrait  1'  important  faubourg  qui,  d'après  Stra- 
bon,    tirait    son  nom  de   l'Hippodrome. 

Plus  loin,  du  côté  ouest  du  lac  actuel  de  Hadra,  on  a  mis  à 
jour,  au  milieu  du  XIX™^  siècle,  les  statues  colossales  en  granit 
vert  d'Antoine  en  Osiris  et  de  Cléopâtre  en  Isis.  Les  bustes  de 
ces  statues,  malheureusement  brisés,  se  trouvent  aujourd'hui, 
celui  d'Antoine  au  Musée,  celui  de  Cléopâtre  en  Belgique  dans 
la  propriété  du  Baron  de   Warocqué.  Dans  ces  ruines  on   a  voulu 

(i)  Thiersch  h.,  Zwei  antike  Grabanlagen  bei  Alexandrien. 


7  5 

reconnaître  le  temple  Thesmophorion  ou  Telestirion.  I,e  prof. 
SchifF  y  voit  le  Lageion.  Le  faubourg  d'  Eleusis,  où  le  poète 
Callimaque  a  habite',  doit  être  cherché  entre  le  village  de  Hadra 
et  le  jardin  Nouzha. 

A  l'ouest  du  quartier  appelé'  Camp  de  Ce'sar,  entre  la  ligne 
du  tramway  et  l'e'tablissement  de  bains  dit  de  Ghatby,  se  trouve 
la  plus  ancienne  et  la  plus  vaste  nécropole  grecque  d'Alexan- 
drie. Fouille'e  au  hasard  à  plusieurs  reprises,  elle  a  e'te'  métho- 
diquement explore'e  par  le  service  du  Muse'e  depuis  1 904. 
Deux  ou  trois  tombes  souterraines  conservant  les  traces  d'un 
portique  helle'nistique,  sont  dignes  d'être  visite'es.  On  y  peut  aussi 
voir  des  sarcophages  en  forme  de  lit,  des  portes  peintes  et  des 
inscriptions  en  plusieurs  couleurs.  Les  tombes  à  ciel  ouvert  sont 
ge'ne'ralement  formées  d'une  fosse  au-dessus  de  laquelle  s'e'lève 
un  petit  monument,  semblable  à  une  petite  pyramide  à  degrés, 
qui  devait  être  surmonté  d'une  stèle  peinte  ou  à  relief.  Cette 
nécropole  commence  tout  à  fait  sur  le  bord  de  la  mer('\ 

A  partir  de  cet  endroit,  on  peut  dire  que  des  cimetières  de  l'épo- 
que ptolémaïque  et  de  l'époque  romaine  (ces  derniers  moins  fré- 
quents) se  suivent,  presque  sans  interruption,  vers  l'intérieur  jus- 
qu'au canal.  Une  nécropole  du  troisième  siècle  av.  J.-Gh.  a  été  décou- 
verte à  Hatt-el-Nar,  d'autres  du  troisième,  du  second  et  du  premier 
siècle  av.  J.-Ch.,  entre  l'établissement  de  la  Compagnie  des  Eaux  et 
le  village  de  Hadra.  Un  riche  tombeau  attribué  par  Thiersch  à  l'é- 
poque romaine  existe  plus  loin  dans  le  jardin  Antoniadis.  Dans 
les  fondations  de  l'Hôpital  des  Diaconesses  on  avait  mis  à  jour 
une  catacombe  chrétienne. 

Entre  la  nécropole  de  Chatby,  le  santon  qui  a  donné  son 
nom  à  la  localité,  la  ligne  du  tramway  et  la  palestre  «  Mi- 
Ion  »,  on  a  découvert  quelques  traces  de  monuments.  Presque 
au  milieu  de  1'  esplanade  était  la  belle  mosaïque  romaine  ac- 
tuellement au  Musée  (salle  19).  Une  seconde  mosaïque,  celle- 
ci  à  figures  humaines,  a  été  vue  sous  la  tombe  Menasce  à 
l'intérieur  du  cimetière  Israélite.  A  l'extrémité  ouest  de  cette 
esplanade,  on  a  rencontré  une  quantité  extraordinaire  de  fûts  de 
colonnes  en  granit  rouge.  C'est  probablement  ici  que  commençait 
le  quartier  royal.  «  Quand  on  entre  dans  le  Grand-Port  on  a,  à 
main  droite,  l'île  de  la  tour  de  Pharos  et,  à  main  gauche,  le 
groupe  de  rochers  et  la  pointe  Lokhias  avec  le  palais  qui  la 
couronne.  A  mesure  que  le  bateau  avance,  on  voit  se  dérouler  sur 
la  gauche  les  palais  intérieurs  du  Lokhias,  pourvus  de  résidences 
nombreuses  et  variées  ainsi  que  de  jardins  »  (Strabon).  La  forme 

(i)  Breccia    E.,    La    necropoli   di    Sciatbi,  Le  Caire,  1913,   in-4,   p.   272  et 
pi.  LX. 


76     

du  promontoire  Lokhias  a  beaucoup  change'  depuis  l'antiquité'. 
On  peut  même  dire  que  le  cap  a  presque  tout  à  fait  disparu 
sous  les  eaux,  de  telle  sorte  que  l'entre'e  du  port,  jadis  consi- 
de'rablement  e'troite,  est  aujourd'hui  extrêmement  large;  ce  qui  a 
oblige'  la  ville  moderne  à  projeter  la  construction  d'un  brise- 
lames  pour  prote'ger  les  quais.  Ce  brise-lames  suivra  à  peu  de 
chose  près  la  ligne  de  l'ancien  cap  et  de  la  jete'e  qui  lui  faisait 
suite.  Il  est  e'vident  que  nous  devons  imaginer  la  surface  du 
promontoire  conside'rablement  plus  vaste  que  de  nos  jours.  Le 
petit  port  re'serve'  à  l'usage  particulier  des  rois  e'tait  forme'  par 
la  cuvette  en  face  de  l'île  Antirrhodos,  à  la  base  du  Lokhias. 
Ta  êrôorégco  (iaolleia  de  Strabon  devaient  s'e'tendre  du  Lokhias 
jusqu'à  la  rue  Joussef  Eiz-Eddine  Effendi,  aux  environs  de  la  place 


Fig. 


Saïd.  Outre  l'énorme  quantité  de  troncs  de  colonnes  découverts  à 
Test  des  e'curies  municipales,  les  travaux  de  terrassement  (qui  se 
sont  arrête's  bien  au-dessus  du  niveau  du  terrain  ancien)  ont  mis  à 
jour  plusieurs  monuments  dignes  d'attention.  Sur  l'emplacement 
de  la  maison  des  gardes-côtes,  aujourd'hui  disparue  (quelques  cen- 
taines de  mètres  au  sud-ouest  du  Lokhias),  on  a  de'couvert  les 
quatre  statues  fragmentaires  en  marbre  blanc  expose'es  au  Muse'e 
sous  les  n°^  3923-25,  3928  ainsi  que  des  colonnes  et  des  chapiteaux, 
entre  autres  six  superbes  chapiteaux  d'ordre  ionique  en  calcaire 
nummuHtique  d'âge  hellénistique  (fig.  14).  Au  nord  de  l'actuelle 
maison  Sursock,  on  a  mis  à  jour  un  gros  bloc  de  calcaire  serpen- 
tinifère,  ainsi  que  deux  chapiteaux  corinthiens  en  marbre.  En  creu- 
sant les  fondations  de  la  maison  Sursock,  on  avait  rencontre'  quatre 
colonnes  en  sye'nite  ayant  un  diamètre  de  o  m.  90  et  une  hauteur 
qu'on  peut  e'valuer  à  plus  de  six  mètres.  C'est  des  fondations 
d'une  autre  maison  donnant  sur  la  rue    Joussef  Eiz-Eddine  Ef- 


— 17 

fendi  qu'on  a  extrait  le  grand  chapiteau  corinthien  en  calcaire 
nummuUtique,  datant,  sans  aucun  doute,  du  troisième  siècle  av. 
J.-Ch.,  qui  est  expose  au  Muse'e  sous  le  n°  17855  (fig.    15). 

C'est  peu  de  chose  pour  un  endroit  si  ce'lèbre,  mais  il  est 
certain  que  le  sous-sol  garde  encore,  dans  des  couches  probable- 
ment envahies  par  l'eau,  des  vestiges  et  des  ruines  remarquables. 
En  tout  cas,  les  e'ie'ments  dont  nous  pouvons  disposer  nous  auto- 
risent à  fixer,  d'accord  avec  la  tradition  strabonienne,  mais  tout 
en  leur  donnant  des  limites  approximatives,  la  topographie  des 
palais'royaux.'A  l'ouest,  ceux-ci  devaient  se  rattacher  au  Me'andre 
et  à  la  Palestre  5  et  ces  deux  e'difices  devront  être  cherche's  le 
long  de  la  rue  Joussef  Eiz-Eddine  Effendi,  au  nord  et  au  nord-est 
de  l'Hôpital  du  gou- 
vernement. Le  théâtre 
qui,  d'après  Strabon, 
était  presque  en  face 
de  l'île  d'Antirrhodos, 
devait  venir  imme'dia- 
tement  après;  nous  ne 
nous  écarterons  pas 
beaucoup  de  la  ve'rite' 
en  le  plaçant  sur,  ou 
pour  mieux  dire,  sous 
la  colline,  occupée  ac- 
tuellement par  l'hôpital 
indigène.  Le  terrain  est 
parsemé  d'une  quantité 
de  fûts  de  colonnes  et 
on  a  pu  voir  des  murs 
d'une  épaisseur  consi- 
dérable en  blocs  de  calcaire.  La  tranchée  creusée  pour  établir 
la  canalisation  de  la  rue  Joussef  Eiz-Eddine  a  mis  à  jour,  avec 
quantité  de  blocs  de  calcaire  rectangulaires  et  bien  taillés,  les 
restes  de  plusieurs  chambres.  Une  de  celles-ci  contenait  la  mo- 
saïque en  petits  cailloux  polychromes  —  sans  doute  hellénistique 
—  représentant  un  guerrier  combattant  (Musée,  salle  22). 

«  Après  le  théâtre  vient  le  Posidium,  promontoire  qui  s'avance 
en  mer  à  partir  de  l'endroit  appelé  Emporium,  et  qui  possède 
un  temple  de  Poséidon  »  (Strabon).  Il  me  semble  qu'  on  doit 
placer  l'Emporium  au  nord-est  des  maisons  Antoniadis.  Quel- 
que peu  à  l'ouest  du  Consulat  d'Angleterre  devait  se  trouver 
le  promontoire  et  le  temple  de  Neptune.  Dans  cette  zone, 
on  a  découvert  de  temps  à  autre  un  bon  nombre  de  mo- 
numents. Une   construction    en    ruines,  bâtie    en   pieri-e    calcaire 


Fig. 


et  en  briques  cuites  et  datant  de  l'e'poque  romaine,  d'ailleurs 
aujourd'hui  disparue,  avait  e'tc  baptise'e  par  des  voyageurs  et 
par  le  peuple  du  nom  de  «  palais  ou  bains  de  Cle'opâtre  ». 
Elle  occupait  une  surface  presque  rectangulaire  mesurant  i  50 
mq.  Elle  e'tait  à  deux  e'tages,  dont  celui  d'en  bas  creuse'  dans 
le  rocher.  Cette  construction  ressemblait  en  effet  à  un  établisse- 
ment de  bains,  car  il  y  avait  au  premier  étage  de  nombreuses 
traces  de  fourneaux,  tandis  qu'au  second  on  a  observe'  les  pa- 
vements dalle's  d'un  bassin  au-dessus  des  fourneaux,  ainsi  que 
des  canalisations  convergeant  vers  le  bassin. 

Les  thermes  e'taient  très  nombreux  à  Alexandrie.  Ces  établis- 
sements, très  riches  en  œuvres  d'art,  prenaient  leur  nom  des 
statues  qui  les  de'coraient;  l'un  s'  appelait  "lamç  (nom  d'une  nym- 
phe), l'autre  6  I'^jtoç  (le  cheval  ,  un  troisième  fj'Yyieia  (la  dées- 
se de  la  santé),  un  quatrième  o  y.âvdaooc:  (le  scarabée). 

Au  niveau  du  sol  actuel  on  a  mis  à  découvert,  pendant  les 
travaux  de  terrassements  du  nouveau  quai,  une  trentaine  de  pièces 
en  calcaire  nummulitique  de  la  corniche  d'un  grand  édifice  : 
architraves,  triglyphes  et  métopes,  blocs  de  la  frise,  blocs  à 
couronnements  doriques,  d'autres  à  couronnements  ioniques, 
bases  de  colonnes,  demi-colonnes  cannelées,  ainsi  que  des  blocs 
carrés  et  un  fût  de  colonne  en  marbre,  portant  gravées  des 
marques  de  carriers.  Presque  tous  ces  blocs  étaient  apparemment 
destinés  à  un  seul  et  même  édifice,  mais  ils  n'ont  jamais  été  mis 
en  œuvre,  leur  confection  n'étant  pas  encore  achevée.  Non  loin 
de  ces  blocs,  à  l'ouest  de  l'ex-Victoria  Collège,  les  terrassiers 
ont  rencontré  de  puissantes  fondations  se  dirigeant  du  nord  au 
sud.  On  n'a  pas  pu  identifier  d'une  façon  précise  l'édifice  dont 
elles  avaient  fait  partie. 

Non  loin  de  la  gare  de  Ramleh  a  été  trouvée,  en  1866,  une 
inscription  en  l'honneur  de  Marc-Antoine.  En  1801,  entre  les 
aiguilles  de  Cléopâtre  et  le  Cap  Lokhias,  les  membres  de  la  Mis- 
sion Française  avaient  découvert  deux  statues  en  marbre,  l'une 
de  Marc-Aurèle,  l'autre  de  Septime  Sévère. 

Le  Césareum  est  l'un  des  rares  édifices  d'Alexandrie  dont 
l'emplacement  est  fixé  d'une  façon  certaine.  Nous  avons  en  effet 
un  point  de  repère  dans  les  aiguilles  de  Cléopâtre  (fig.  2),  les  deux 
obélisques  qui  sont  restés  sur  pince  jusqu'à  la  moitié  du  XLX"'^ 
siècle.  Toutefois,  on  ne  peut  déterminer  ni  les  limites,  ni  la  surface 
de  ce  temple  célèbre.  Des  soubassements,  mis  à  jour  en  1874 
entre  la  Rue  Nâbi-Danial  et  l'obélisque,  ont  été  attribués  par 
Néroutsos  au  Césareum.  Etant  donnée  la  grande  extension  qu'on 
lui  attribue,  on  ne  peut  rien  opposer  à  ceux  qui  le  placent  entre 
la  maison  Yéhia,  le  patriarcat  copte  catholique  et  la  Synagogue. 


79      

L'existence  de  deux  obélisques  dans  l'enceinte  du  Ce'sareum 
nous  e'tait  connue  par  Pline.  Ils  provenaient  du  temple  d'He'lio- 
polis  et  portaient  les  cartouches  de  Thoutmès  III,  de  Ramsès  II 
et  de  Se'ti  II.  De'jà  au  moyen-âge  un  des  deux  obe'lisques  e'tait 
renverse'.  Celui-ci  fut  donne'  à  l'Angleterre  par  Mohamed-Ali, 
mais  il  ne  fut  transporte' sur  le  bord  de  la  Tamise  qu'en  1877. 
L'autre,  ce'de'  aux  Etats-Unis  en  1879,  se  trouve  actuellement 
au  Central  Park  de  New-York  (^X  Ces  obe'lisques  ne  reposaient 
pas  directement  sur  leurs  bases,  mais  y  e'taient  soutenus  par  des 
crabes  en  bronze.  L'un  de  ces  crabes,  aujourd'hui  au  Muse'e  de 
New-York,  porte  une  inscription  bilingue  ^grecque  et  latine)  qui 
nous  apprend  que  les  obélisques  furent  dresses  en  ce  lieu  par 
les  soins  de  P.  Rubrius  Barbarus,  préfet  d'Egypte,  sous  la  di- 
rection de  l'architecte  Pontius,  Tan  XVIII  de  l'Empereur  (c'est- 
à-dire  Auguste),    13  av.   J.-Ch. 

Le  Ce'sareum  n'est  pas  un  temple  e'rige'  par  Cle'opâtre  en 
l'honneur  de  Ce'sar,  mais  par  Cle'opâtre  en  l'honneur  d'Antoine. 
Elle  ne  le  termina  pas;  c'est  Auguste  qui  l'acheva  et  le  con- 
sacra lui-même  de  son  vivant  au  culte  impe'rial  (d'où  son  nom 
—  F/lâoTeiov). 

■(  Il  n'y  a  sanctuaire  au  monde  comme  celui  qu'on  appelle 
Sébasteum,  temple  de  Ce'sar,  patron  des  navigateurs.  Ce  temple, 
très  grand  et  très  apparent,  et  dont  il  n'existe  pas  un  pareil 
ailleurs,  s'e'lève  majestueusement  en  face  des  ports  les  plus  sûrs; 
il  est  rempli  d'ornements  votifs  consistant  en  tableaux,  en  statues 
et  en  objets  d'argent  et  d'or  ;  il  est  entouré  d'un  enclos  très 
large  et  pourvu  de  portiques,  de  bibliothèques,  d'appartements 
pour  hommes,  de  bois  sacre's,  de  propyle'es,  de  lieux  vastes  et  de 
salles  à  ciel  ouvert,  en  un  mot,  de  tous  les  embellissements  les 
plus  somptueux.  Il  est  l'espoir  du  salut,  et  pour  ceux  qui  s'em- 
barquent ici  et  pour  ceux  qui  y  arrivent  de  retour  de  leur 
voyage  ».  D'après  ce  passage  de  Phi  Ion,  qui  e'crivait  en  l'an  40 
ap.  J.-Ch.,  on  voit  que  ce  temple,  de'die'  au  culte  impe'rial  et  place' 
devant  le  port,  e'tait  censé'  prote'ger  spe'cialement  la  navigation. 
Cela  est  confirmé  par  un  base  votive  découverte  en  1907  sous 
les  fondations  de  la  synagogue  Eliahou  Ennabi.  Sur  la  face  an- 
térieure de  cette  base  est  une  inscription  datée  du  1 5  février 
de  l'an  14  ap.  J.-Ch.  (43  de  l'empereur  Auguste)  et  invoquant  la 
protection  divine  sur  un  navire. 

Le  Ce'sareum  fut  saccagé  par  les  troupes  de  Constance  II 
en  356,  restauré  en  36(3  par  les  Chrétiens  qui  en  firent  une 
église;  brCUé  et  détruit  de  nouveau,  il  fut  encore  une  fois  restauré. 
Après  la  prise  d'Alexandrie  par  les  Arabes,  le  temple  passa  des 

(i)  Cf.  H.  GoRRiNGE,   Egyptian  Obelisks,  London,  1885. 


8o     

mains  des  orthodoxes  dans  celles  des  jacobites,  puis  il  fut  rendu 
aux  orthodoxes.  Sa  destruction  de'tinitive  remonte  à  912  (^). 

Au-delà  du  Césareum  et  après  l'Emporium  (sorte  de  Bourse 
commerciale,  au  nord-est  des  maisons  Antoniadis),  le  long  de  la 
côte,  suivaient  les  Apostases,  magasins  ou  de'pôts  (entre  les  mai- 
sons Antoniadis  et  la  rue  Centrale).  Après  les  Apostases  venaient 
les  Navalia  ou  chantiers  de  la  marine  (de  l'e'glise  Sainte-Catherine 
au  fort  des  signaux).  Le  temple  de  la  de'esse  thrace  Bendis 
(Bendidion)  e'tait  probablement  dans  ces  parages.  C'est  ici  qu'on 
doit  placer  l'Arsinoeion.  Une  inscription  nous  fait  e'galement 
connaître  encore  un  temple  dédie'  à  Aphrodite,  non  loin  de  ce 
quartier.  L'Arsinoeion  e'tait  un  superbe  e'difice  voûte'  en  arc 
surbaisse'.  Il  paraît  que  le  Sema,  ainsi  que  le  temple  principal 
d'Isis,  repre'sentaient  eux  aussi  ce  type  d'architecture.  Dans  la 
fondation  de  l'okelle  Adib  (partie  nord  de  la  rue  Che'rif  Pacha) 
on  a  mis  à  jour  une  statue  colossale  de  Sarapis,  en  marbre, 
actuellement  au  Muse'e. 

Nous  savons  que  le  Muse'e  et  la  Bibliothèque  e'taient  compris 
dans  le  quartier  royal.  Il  faudra  par  conséquent  les  chercher  au 
sud  des  e'difices  que  nous  avons  e'nume're's  plus  haut,  c'est-à-dire 
au  sud  des  palais  royaux,  du  the'âtre,  du  Ge'sareum. 

D'autre  part,  au-dessous  de  la  Bourse  Toussoun  (Club  Khe'divial, 
Agence  Cook,  Circolo  Italiano),  on  a  de'couvert  les  fondations 
d'un  temple  de'die'  à  Isis  et  Osorapis,  e'rige'  pendant  le  règne 
de  Ptole'me'e  IV  Philopator.  Le  Muse'e  devait  donc  se  trouver 
au  nord  et  à  l'est  de  cet  endroit.  En  1848,  dans  le  jardin  du 
Consulat  d'Autriche  (^),  à  l'angle  de  la  rue  Rosette  et  de  celle  de 
la  gare  du  Caire,  on  avait  de'couvert  un  bloc  destine'  à  contenir 
des  rouleaux  de  papyrus  et  qui  portait  l'inscription  :  Jiooy.ovoîôov 
y  réfioi.  On  a  voulu  voir  dans  ce  bloc  une  e'pave  de  la  ce'lèbre 
Bibliothèque,  et  par  conse'quent  on  a  place'  celle-ci  entre  la  rue 
Nâbi-Danial  et  la  Bourse  Toussoun.  Il  suffit  de  songer  au  poids 
e'norme  et  à  la  difficulté'  de  travailler  le  granit  pour  se  persuader 
qu'il  est  impossible  d'admettre  de  pareilles  caisses  à  livres  pour 
la  Bibliothèque  des  Ptole'me'es,  qui  posse'dait  des  rouleaux  par 
centaines  de  mille.  Plus  digne  de  conside'ration,  au  point  de  vue 
de  la  topographie,  est  la  de'couverte  du  pie'destal  de  la  statue 
e'ieve'e  par  les  philosophes  au  rhe'tcur  Aelius  De'me'trius  (Muse'e, 
salle    6),   statue    qui  très  vraisemblablement  avait  e'te'  place'e  au 

(i)  Mgr.  Kyrillos  Macaire,  dans  Bull.  Soc.Kh.ediv.de  Géographie,  Vme 
Série,  nos  6  et  7;  G.  Arvanitaki:  To  KaiaÛQeiov ,  zonoQacpixi]  dvziQQtjTiH?] 
us/.ér)],  Kaïoov,   1901. 

(2)  A.  J~.  Reinach  (B.  s.  a.,  ii,pag.  350)  a  tracé  l'histoire  de  cette  décou- 
verte et  a  mis  en  lumière  que  son  importance  est  minime  pour  la  topographie 
d'Alexandrie  antique. 


8i       

Movoeïor.  Or,  ce  piédestal  a  e'té  de'couvert  dans  la  me  Che'rif 
Pacha.  En  re'alite  nous  n'avons  aucun  élément  sûr,  d'une  précision 
indiscutable,  pour  situer  les  deux  fameuses  institutions  des  Pto- 
lémées.  Nous  devons  nous  borner  à  fixer  les  limites  de  la  zone 
qui  devait  les  renfermer. 

Parthey  (1S37)  et  Klippel  (1838),  par  des  déductions  tirées 
des  textes  anciens,  avaient  placé  le  Musée  au  nord  de  la  voie 
Ganopique  confinant  aux  quais  antiques.  Cette  localisation  adoptée 
par  Kiepert  a  été  presque  généralement  acceptée.  En  effet  elle 
doit  correspondre,  à  peu  de  chose  près,  à  la  réalité,  mais  il 
faut  faire  des  réserves  en  ce  qui  concerne  la  distance  entre 
la  Bibliothèque  et  le  rivage  de  la  mer,  distance  que  je  crois 
assez  considérable.  Par  les  édifices  que  nous  avons  énumérés 
et  par  d'autres  dont  nous  allons  parler  tout  à  l'heure,  la  super- 
ficie disponible  pour  le  Musée  et  la  Bibliothèque  doit  être  com- 
prise entre  la  rue  Missalla,  la  rue  de  l'Hôpital  grec  et  les  rues 
Nabi  Danial,  Rosette  et  Chérif  Pacha. 

Or,  dans  le  terrain  appartenant  à  la  communauté  Israélite 
(entre  les  rues  Missalla  et  Nabi  Danial),  on  n'a  rien  découvert 
qui  puisse  faire  soupçonner  l'existence  du  Musée  ou  de  la  Bi- 
bliothèque. 

D'autre  part,  sous  la  maison  qui  se  trouve  à  l'angle  des  rues 
Nabi  Danial  et  de  l'Hôpital  grec,  on  a  mis  à  jour  une  dédicace 
à  Isis  Plousia,  ce  qui  ferait  croire  à  l'existence  d'un  temple 
dédié  à  cette  divinité.  La  conclusion  à  laquelle  nous  devons 
nous  arrêter,  est  à  peu  près  la  même  que  celle  de  Parthev, 
Klippel  et  Kiepert  ;  le  Musée  et  la  Bibliothèque  doivent  être 
placés  entre  les  rues  Nabi  Danial,  Rosette,  Chérif  Pacha  et  les 
anciennes  Apostases,  m.agasins  ou  dépôts  confinant  au  quai. 

Cette  zone  touche  à  l'endroit  le  plus  central  et  le  plus 
important  de  la  ville  ancienne.  «  Entre  la  synagogue  actuelle 
des  Juifs  et  le  théâtre  Zizinia,  pendant  qu'on  déblayait,  en 
1880,  le  terrain  destiné  à  la  construction  du  nouvel  hôpital 
grec,  on  a  mis  à  jour,  outre  les  fondations  massives  d'un  ancien 
édifice  disparu,  le  pavé  d'un  péristyle  spacieux  avec  une  vingtaine 
de  colonnes  en  porphyre,  brisées.  Entre  les  colonnes  étaient  les 
restes  de  piédestaux  en  marbre  et  des  fragments  de  statues  de 
l'époque  des  empereurs  du  III'"^  siècle,  ainsi  que  des  piédestaux 
pour  les  statues  de  hauts  fonctionnaires  ».  (Néroutsos). 

Néroutsos  identifie  cet  édifice  avec  le  palais  d'Hadrien,  appelé 
le  Licinium  du  temps  d'Epiphane,  qui  le  place  non  loin  du 
Césareum.  Dans  ces  parages  devait  également  se  trouver  le  Ty- 
chetim,  édifice  affecté  à  l'exposition  des  tables  en  bronze  sur 
lesquelles  les  lois  étaient   gravées.  Au  sud  de  cet  endroit,  sous 


le  théâtre  Zizinia,  on  a  mis  à  jour  plusieurs  statues  en  marbre, 
entre  autres  une  statue  colossale  de  Marc-Aurèle  (fig.  i6).  Des 
fondations  de  la  maison  qui  est  en  face  du  théâtre  Zizinia  (maison 
Lifonti),  on  a  retiré  un  grand  piédestal  en  marbre,  de  l'époque 
hellénistique,  qu'on  avait  renversé  pour  le  faire  servir  de  base  à 
une  statue  de  l'empereur  Valentinien.  Cette  statue  avait  été  érigée 

par  un  cornes  ordinis  primi 
.ac  per  orientcju.  D'autres  sta- 
tues ont  été  découvertes  sous 
l'édifice  du  Consulat  d'Alle- 
magne. La  statue  hellénistique 
en  marbre  blanc,  représentant 
Hercule  au  repos,  actuelle- 
ment au  Musée,  était  dans  le 
terrain   d'une   maison  voisine 

(%    '7). 

Je  suis  d'avis  qu'il  faut  cher- 
cher le  centre  de  la  ville  an- 
cienne dans  ces  parages,  et 
par  conséquent  c'est  ici  qu'on 
devrait  placer  le  point  d'inter- 
section des  deux  grandes  rues, 
la  rue  longitudinale  (ou  Cano- 
pique)  et  la  rue  transversale. 
Le  Forum  AtigtisH  et  le  Te- 
trapylon  devaient  se  trouver 
à  proximité.  Egalement  tout 
près  de  cet  endroit,  dans  le 
terrain  occupé  par  la  Mosquée 
Nabi  Danial,  on  place  géné- 
ralement le  tombeau  d'Alex- 
andre  le  Grand. 


^'°   ^°  Le  Soma  ou  Sema  ('\  — 

Alexandre  avait  manifesté  la 
volonté  d'être  enseveli  dans  l'Oasis  de  Jupiter  Ammon,  mais 
Ptolémée  I^''  fit  arrêter  à  Memphis  le  splendide  convoi  qui  trans- 
portait le  cadavre  du  Conquérant,  et  lui  donna  la  sépulture  selon 
la    coutume    macédonienne,  c'est-à-dire,   dans  un   sarcophage  en 


fi)  U  semble  que  ces  dénominations  aient  toute?,  deux  leur  raison  d'être. 
Ta  l\oiio.,  c.  à  d.  le  cadavre,  la  momie,  aurait  indi<]ué  à  l'origfine  la  Momie 
d^ Alexandre,  puis  la  sépulture  inéme,  le  temple  funéraire  du  Conquérant.  — 
To  —Titta  aurait  indiqué  plus  pari  iculièrernent  l-ensemhle  des  cc.nstriictions  sépul- 
crales, érigées  par  Ptolémée  IV  Philopator  en  l'iionneur  de  tous  ses  ancêtres, 
y  compris  Alexandre  le  Grand. 


83      __ 

forme  de  lit  ou  y.llv)].  Certaines  tombes  appartenant  aux  débuts 
de  Tage  helle'nistique,  de'couvertes  à  Alexandrie  (Chaibv,  Anfouch'y, 
Sidi  Gaber,  Wardian)  peuvent  nous  donner  une  ide'e  ge'nerale  du 
temple  funéraire  et  du  sarcophage  qui  renfermait  le  cadavre  du 
Conquérant.  Un  atrium  ou  cour  carre'e  à  ciel  ouvert,  d'où  l'on 
entrait  dans  une  'salle  de  lamentations  ou  de  prières  et,  dans  le 
fond,  la  cella  avec  le  sarcophage  en  forme  de  lit  (fig.  i8).  Natu- 
rellement, étant  donne 
la  dignité'  du  personnage 
et  sa  qualité'  de  dieu,  il 
faut  imaginer  une  grande 
richesse  dans  la  de'cora- 
tion,   et  dans  le  mobilier. 

PtolJme'e  II  Phihidelphe 
voulut  faire  de  la  tombe 
d'Alexandre  un  des  cen- 
tres les  plus  importants 
de  la  nouvelle  capitale  de 
l'Egypte  et  transfe'ra  le 
cadavre  à  Alexandrie.  La 
tombe  e'tait  placc'e  dans 
une  enceinte,  limite'e  et 
scpare'e  du  reste  de  la  ville 
par  uQ  mur  (.Tfo//io2oç).  La 
se'pulture  elle-memê,  for- 
me'e  d'un  escalier  d'accès, 
d'une  cour  carre'e,  d'un 
long  vestibule  et  de  la 
cella  renfermant  le  sar- 
cophage-lit, devait  être,  à 
mon  avis,  souterraine.  Un 
temple  pour  les  ce'i  e'mo- 
nies  du  culte,  entoure'  pro- 
bablement de  portiques,  était  bâti  au-dessus  de  la  se'pulture.  Avec 
le  temps,  autour  du  fondateur  de  la  ville  furent  ensevelis,  dans  des 
tombes  spe'ciales,  les  rois  et  les  princes  de  la  famille  des  Ptole'me'es. 
On  ne  peut  pas  dire  que  tous  ceux-ci  aient  pre'fe're'  la  cre'mation  à 
l'inhumation  ou  à  la  momification.  Toutefois,  d'après  un  passage 
de  Polvbe,  nous  apprenons  que  des  urnes  fune'raires  en  argent 
contenaient  les  cendres  de  Ptole'mc'e  IV  et  de  sa  femme  Arsinoe'. 
Par  contre,  Dion  Cassius  affirnie  que  Cle'opàtre  avait  ete'  em- 
baume'e. 

Philadelphe  avait  fait  bâtir,  non  loin  du  omiul  d'Alexandre,  la 
tombe  de  ses  parents,  Ptole'me'e  F'"  et  Bëre'nice.   Le  (hwr  àht'/.tftov 


Fig. 


84     

TSU8V0Ç  OU  enceinte  des  dieux  frères  était  probablement  l'enceinte 
se'pulcrale  que  Philadelphe  avait  fait  e'riger  pour  sa  sœur  et 
femme  Arsinoe'  et  pour  lui-même.  Il  semble  que  Philopator 
voulut  re'unir  dans  un  seul  et  grand  Mausolée,  tous  ses  an- 
cêtres, y  compris  Alexandre.  A  côte'  de  ce  Mausole'e  collectif 
surgirent  ensuite,  l'un  après  l'autre,  plusieurs  Mausolées  parti- 
culiers pour  les  successeurs  de  Philopator.  La  tombe  de  Gle'o- 
patre  et  d'Antoine  n'e'tait  pas  très  e'ioigne'e  de  cet  endroit.  Elle 


¥\g. 


devait  se  trouver  dans  le  quartier  royal,  probablement  non  loin 
du  temple  d'Isis  Plousia,  c'est-à-dire  aux  environs  de  la  section 
nord  de  la  rue  Nabi  Danial. 

Le  cercueil  en  or  qui  renfermait  le  corps  du  Gonque'rant  fut 
enlevé'  par  Ptole'me'e  XI  (107-89  av.  J.-Ch.)  et  remplace' par  un 
sarcophage  en  verre.  La  dernière  Cle'opâtre,  dans  un  moment 
de  disette,  pilla  tous  les  objets  de  valeur  de'pose's  dans  les  tombes 
d'Alexandre  et  de  ses  propres  ancêtres.  Les  empereurs  romains 
montrèrent,  en  ge'ne'ral,  une  grande  ve'ne'ration  pour  le  sépulcre 
du  he'ros  mace'donien,  dont  le  culte  surve'cut  longtemps  pendant 


l'époque  romaine.  Auguste  visita  pieusement  la  tombe  d'Alex- 
andre ;  Garacalla  y  de'posa  comme  ex-voto  son  manteau,  sa  cein- 
ture et  ses  bijoux.  Vers  la  fin  du  troisième  siècle  après  J.-Ch., 
sous  Aure'lien  et  sous  Diocle'tien,  pendant  les  re'voltes  et  les 
guerres  qui  faillirent  amener  la  destruction  de  la  ville  elle-même, 
les  e'difices  de  la  ne'cropole  royale  furent  tous  démolis.  Saint 
Jean  Chrysostome,  dans  une  home'lie  (fin  du  IV'"^  siècle),  peut 
se  demander,  sans  doute  avec  emphase,  mais  aussi  avec  l'assu- 
rance de  nommer  une  chose  introuvable  :  «  Où  se  trouve,  dites- 
moi,  le  Sema  d'Alexandre?  ».  Le  Synaxaire  raconte,  avec  des 
de'tails  quelque  peu  fantaisistes,  la  construction  d'une  e'glise  de'- 
die'e  aux  prophètes  Elie  et  Jean.  Pendant  les  de'blaiements  on 
aurait  de'couvert  un  tre'sor  d'objets  en  or  du  temps  d'Alexandre. 
L'endroit  qu'on  de'blayait  s'appelait  Dimas-Demas  (aujourd'hui 
Kom  ed-Demas).  Jusqu'à  la  moitié'  du  XVI "^  siècle  les  musul- 
mans ve'ne'raient  un  pstit  e'difice  appelé'  «  tombe  du  prophète  et 
roi  Iscander  ».  Or,  d'après  le  voyageur  Marmol,  cet  e'difice  e'tait 
au  centre  de  la  ville,  au  milieu  de  ruines,  non  loin  de  l'e'glise 
de  St.-Marc.  L'e'glise  copte  de  St. -Marc  confine  à  la  rue  Nabi 
Danial  et  la  distance  qui  la  se'pare  de  la  Mosque'e  Nabi  Danial 
(bâtie  au  pied  de  Kôm  ed-Demas)  est  d'environ  trois  cents  mètres. 
En  re'alite'  tout  nous  pousse  à  admettre  que  la  tombe  d'Alex- 
andre e'tait  dans  le  voisinage  de  la  Mosque'e  Nabi  Danial, 
sinon  sous  la  Mosque'e  même.  Cela  admis,  il  faut  renoncer  à 
prendre  au  se'rieux  les  racontars  d'un  certain  Schilizzi,  drogman 
du  consulat  de  Russie  à  Alexandrie,  qui  pre'tendait  avoir  pe'ne'tre', 
vers  1850,  dans  les  souterrains  de  la  Mosque'e,  et  y  avoir  vu, 
par  un  trou,  à  travers  une  porte  en  bois,  «  dans  une  sorte  de 
cage  en  verre,  un  corps  humain,  dont  la  tête  e'tait  surmonte'e 
d'un  diadème,  et  qui  paraissait  à  demi  ployé'  sur  une  sorte  d'e'- 
le'vation  ou  de  trône.  Quantité'  de  livres  et  de  papyrus  e'taient 
e'pars  à  l'entour  »,  Cette  histoire  est  e'videmment  invente'e. 

Schilizzi  avait  lu  Strabon  et  surtout  Dion  Cassius  qui  parle 
du  sarcophage  en  verre  et  des  papyrus  enferme's  dans  ce  sarco- 
phage par  l'empereur  Septime  Se'vère.  Comment  est-il  possible 
de  concevoir  que,  dans  la  ruine  ine'vitable  des  souterrains  en 
question  (Mahmoud  El-Falaki  les  trouva  remplis  de  pierres  et  de 
marbres  casse's),  se  soit  conserve'e  intacte  la  cage  en  verre  ?  Et 
comment  admettre  l'existence  de  livres  (?)  et  de  papyrus,  alors 
que  l'humidité'  en  rend  malheureusement  la  conservation  impos- 
sible dans  les  ruines  de  l'ancienne  Alexandrie  ? 

Toutefois  on  doit  considérer  comme  acquise  la  donnée  topo- 
graphique qui  place  le  Soma  ou  Sema,  et  par  conséquent  aussi 
les  mausolées   des   Ptole'me'es,  près  de  la  Alosque'e  Nàbi  Danial, 


86      

La  ville  d'Alexandrie  acquitterait  une  dette  d'honneur  et  s'illus- 
trerait dans  le  monde  entier,  en  explorant  méthodiquement  jus- 
qu'aux couches  les  plus  profondes  cette  zone  de  terrain.  Maigre 
les  bouleversements  se'culaires,  on  parviendrait,  sans  doute,  à 
mettre  à  jour  quelques  vestiges  se  rapportant  au  temple  fune'raire 
d'Alexandre.  Ces  vestiges,  pieusement  conserve's,  deviendraient 
bientôt  le  but  d'un  pèlerinage  incessant. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Zogheb  Alex.,  Recherches  sur  Vanc.  Alex.,  p.  151- 
174:  et  surtout  Thiersch  H.,  Die  Alexandrinische  Kônigsnecropole  dans  le 
Jahrbitch  d.  K.  D.  Archaeol.  Instituts,  loio,  vol.  XXV,  pag-.  5597. 

Le  Gymnase,  le  Tribunal,  le  Paneion.  —  Strabon,  dans 
sa  description  d'Alexandrie,  à  un  certain  moment,  s'écrie  que 
la  ville  est  remplie  de  monuments  et  de  temples  usot))  èonr 
àrafhjudTov  y.ai  ffoojy],  »  Le  plus  beau  monument  est  le  Gymnase 
dont  les  portiques  mesurent  en  longueur  plus  d'un  stade  ».  Peu 
nprès  il  ajoute  que  la  grande  rue  longitudinale  va  de  Ne'cropolis 
jusqu'à  la  porte  Canopique  en  passant  le  long  du  Gymnase 
{:ra(jà  to  yi\uvdoiov).  Il  semble  qu'on  doive  placer  ce  vaste  e'difice 
dans  la  section  orientale  de  la  rue  Canopique.  au  nord-est  du 
quartier  de  Kom  ed-Dik.  C'est  dans  le  Gymnase  qu'eut  lieu  la 
pompeuse  cere'monie  pendant  laquelle  Marc  Antoine,  au  milieu 
d'une  foule  immense,  proclama  Gle'opâtre  reine  des  rois  et  dis- 
tribua une  considérable  partie  de  l'he'ritage  d'Alexandre  le  Grand 
entre  la  reine  et  les  fils  qu'elle  avait  eus  de  Ce'sar  et  de  Marc 
Antoine  lui-même. 

Le  Tribunal  (rô  dixaoT/joior)  est  nomme  par  Strabon  après  le 
Gymnase.  Il  le  place  au  centre  de  la  ville.  Je  crois  qu'il 
faudra  le  chercher  non  loin  du  the'âtre  Zizinia.  Probablement  la 
oeI^uot)]  àyooâ  OU  P'orum  Augusti  de  l'e'poque  romaine,  n'est 
autre  chose  que   le  ôixaon'jgior  de  l'âge  ptole'maïque. 

Après  le  tribunal,  Strabon  mentionne  le  Paneum,  monticule 
factice  en  forme  de  toupie  ou  de  pomme  de  pin;  on  y  montait 
par  un  escalier  en  colimaçon  et  du  sommet  on  jouissait  du  pano- 
rama de  la  ville  entière.  Il  faut  se  repre'senter  cette  enceinte 
de'die'e  à  Pan  comme  un  parc  grandios-%  entoure'  de  bosquets. 
Les  arche'ologues  sont  d'accord  pour  identifier  le  Paneum  avec 
la   colline  de   Kom  ed-Dik  (''. 

Au  nord  de  la  rue  Rosette,  entre  celle-ci  et  le  boulevard 
d'Allemagne,  la    tradition  litte'raire   ne  signale   aucun  e'difice  de 

(i)  Thiersch  a  tâché  de  démontrer  que  le  Paneum  n'y'ait  autre  chose  qu'un 
Mausolée  des  Ptolémées,  mausolée  qui  aurait  servi  de  modèle  pour  celui  d'Hadrien 
à  Rome  (château  St. -Ange)  ;  mais  dans  ce  cas,  le  silence  de  Strabnn  parait 
inexplicahle. 


87 

quelque  importance,  mais  cette  zone  longeait  la  rue  Ganopique 
et  par  conse'quent  elle  devait  contenir  une  partie  des  temples  et 
des  maisons  magnifiques,  dont,  selon  Diodore,  la  grande  rue 
longitudinale  était  borde'e.  Il  y  a  lieu  d'observer  que  dans  la 
rue  Antoine,  on  a  de'couvert,  entre  autres,  la  base  d'une  statue 
que  le  roi  Ptoleme'e  III  avait  e'rige'e  en  l'honneur  de  son  me'de- 
cin;  que  dans  la  rue  Gerbel  on  a  mis  à  jour  la  base  d'une  statue 
d'un  haut  personnage  de  la  cour  des  Ptole'me'es  ;  que  dans 
les  terrains  des  e'coles  Menasce  e'tait  enfouie  la  grande  colonne 
en  syenite,  actuellement  dresse'e  sur  la  place  Saïd.  Le  long  de 
la  rue  des  Ptoleme'es,  en  face  de  la  villa  Salvago,  on  a  trouve' 
plusieurs  colonnes  en  marbre,  de  dimensions  conside'rables,  et  por- 
tant graves  des  symboles  chre'tiens  ;  un  peu  plus  loin,  tout  à  fait 
à  côte  de  la  rue  Rosette,  dans  la  proprie'të  Alfred  de  Menasce, 
on  a  mis  à  jour  une  énorme  colonne  en  granit  rouge,  ainsi 
qu'une  tète  en  marbre  d'Alexandre  le  Grand.  Sous  le  palais 
municipal,  Ne'routsos  place  un  temple  de  Saturne.  L'espace 
traverse  par  la  section  orientale  de  la  rue  Rosette,  jusqu'à 
hauteur  des  cimetières  européens,  devait  contenir  bon  nombre 
d'édifices  et  de  monuments.  C'est  tout  près  de  l'ancienne  ca- 
serne de  la  police,  dans  les  parcs  nord,  au  fond  de  la  petite 
vallée  arrosée  aujourd'hui  par  un  ruisseau,  que  nous  avons 
découvert  le  groupe  en  marbre  de  Dionysos  et  du  Faune  (v.  Mu- 
sée, salle  21);  une  centaine  de  mètres  plus  au  sud  on  a  retrouvé 
la  base  en  granit  rouge  érigée  par  les  chefs  de  la  garde  royale 
en  l'honneur  de  Ptolémée  V  ;  un  peu  plus  loin,  vers  les  cime- 
tières, était  un  beau  tronc  d'obélisque  en  granit  vert,  et  tout 
près  de  l'ancienne  porte  Rosette,  à  une  grande  profondeur,  on 
a  vu  quantité  de  colonnes  en  granit.  La  dalle  inscrite  qui  rap- 
pelle le  canal  creusé  par  Auguste  entre  Schédia  et  Alexandrie 
(Musée  de  Vienne),  a  été  trouvée  par  Pugioli,  à  droite  de  la  porte 
Rosette. 

La  base  érigée  en  l'honneur  de  Lycarion.qui  renferme  des  détails 
très  importants  sur  l'organisation  administrative  d'Alexandrie  à 
1  époque  ptolémaïque,  avait  été  découverte  derrière  la  butte  de 
Kom  ed-Dik,  entre  celle-ci  et  l'enceinte  de  la  ville  arabe  du 
côté  est,  avant  d'arriver  à  la  porte  Rosette. 

Le  quartier  .1,  spécialement  affecté  à  la  résidence  des  Juifs, 
était  attenant  à  la  Regia.  et  par  conséquent  devait  s'étendre  au 
nord  de  la  porte  Rosette,  aux  environs  de  l'école  industrielle 
Mohamed- Ali. 

Le  temple  de  Némésis  doit  être  cherché  entre  ces  parages 
et  les  cimetières  européens,  car  Appien  raconte  que  César  fit 
enterrer  la  tète  de  Pompée  près  des   murs  d'Alexandrie  et  que 


■ 88      

la  concession  où  se  trouvait  cette  se'pulture  s'appela  depuis 
«  l'enceinte  sacre'e  de  Nëme'sis  ».  Le  Ne'me'sion  dura  jusqu'au 
règne  de  Trajan,  sous  lequel  il  fut  de'truit  dans  la  re'volte  des 
Juifs  qui  s'y  e'taient  retranche's.  Il  faut  donc  croire  que  le  Ne'- 
me'sion e'tait  proche  de  leur  quartier. 

Dans  le  cimetière  latin  on  a  mis  à  jour  la  porte  et  les  parois 
très  e'paisses,  en  albâtre,  d'une  chambre  qui  marque  l'emplacement 
d'un  e'difice  conside'rable.  Malheureusement  les  parties  visibles 
ne  portent  aucune  inscription  et,  d'autre  part,  il  nous  a  e'té 
impossible  de  pousser  plus  bas  les  recherches,  de  crainte  de  faire 
tomber  en  ruine  les  ton-ibes  modernes  du  cimetière  grec  et  du 
cimetière  latin. 

Au  sud  de  Kôm  ed-Dik,  sur  l'emplacement  occupe'  aujourd'hui 
par  le  quartier  de  Moharrem  Bey.  les  textes  anciens  ne  signalent 
aucun  e'difice  public.  Une  partie  des  y.o.-rgiat  (collines  d'immon- 
dices et  de  tessons)  e'tait  certainement  dans  ce  quartier,  par 
exemple  les  monticules  sur  lesquels  e'taient  bâtis  les  forts  arabes 
n°^  8-10  (Kôm  el-Gilleh,  actuellement  Ecoles  secondaires  de 
l'Etat). 

Toutefois  de  temps  en  temps,  en  creusant  le  terrain  pour  les 
fondations  des  maisons,  on  de'couvre  des  vestiges  de  quelque 
monument  remarquable.  Dans  la  rue  Menasce,  par  exemple,  on 
a  mis  à  jour  une  inscription  en  l'honneur  de  l'empereur  Trajan, 
et  on  pense  qu'elle  a  appartenu  à  un  arc  de  triomphe.  Souvent 
on  rencontre  des  chapiteaux  plus  ou  moins  grands,  des  fûts  de 
colonnes,  des  mosaïques. 

Revenons  à  pre'sent  dans  les  environs  de  l'ancienne  rue  Ca- 
nopique,  vers  sa  section  occidentale  (entre  la  Bourse  Toussoun 
et  le  quartier  Labbane).  C'est  dans  la  mosque'e  Attarine  que  la 
Mission  française  avait  de'couvert  le  superbe  sarcophage  en 
granit  vert,  aujourd'hui  au  British  Muséum,  et  qu'on  avait  cru 
pouvoir  identifier  avec  le  sarcophage  d'Alexandre.  On  a  reconnu 
depuis  qu'il  avait  renferme'  le  cadavre  du  roi  Amvrteos  de  la 
XXVIII"'^   dynastie  saïte. 

La  statue  colossale  en  porphyre,  actuellement  au  Musée,  qui 
repre'sente,  d'après  Strzygowski,  Je'sus-Christ  en  IJarToy.odTcog^  fut 
de'couverte,  en  1870,  presque  en  face  de  la  Mosque'e,  du  côte' 
sud.  Au  même  endroit,  on  voyait  encore  debout,  au  temps  de 
l'expe'dition  française,  les  fûts  de  trois  colonnes  monolithes  en 
porphyre. 

Dans  le  terrain  appartenant  à  la  communauté'  arme'nienne  on 
voit  des  tronçons  de  colonnes  et  de  doubles  colonnes  :  dans  le 
quartier  Guenenah,  derrière  le  caracol  Labbane,  on  a  de'couvert 
un  couvercle  de  sarcophage  en  porphyre,  actuellement  au  Muse'e, 


Sq      

qui  est  presque  identique  au  couvercle  de  sarcophage  de  Sainte 
Constance,  expose'  au  Vatican.  Un  peu  plus  loin,  dans  la  rue 
Bochtori,  en  creusant  les  fondations  du  Tribunal  sommaire  in- 
digène, on  a  de'couvert  une  colonne  en  calcaire  avec  inscription 
bilingue  (latine  et  grecque),  rappelant  le  souvenir  du  canal  que 
l'empereur  Auguste  avait  creuse  de  Sche'dia  à  Alexandrie.  Au 
sud-ouest  de  cet  endroit,  sur  l'emplacement  occupe'  par  le  couvent 
des  sœurs  franciscaines  et  paf  l'e'glise  de  St. -François  d'Assise, 
e'tait  la  mosque'e  dite  des  mille  colonnes.  Cette  de'nomination,  bien 
qu'hyperbolique,  indique  clairement  la  grandeur  et  l'importance 
de  l'e'difice.  Avant  la  conquête  arabe,  c'e'tait  une  e'glise  de'die'e 
à  Sainte-xMarie,  et  plus  ge'ne'ralement  connue  sous  le  nom  d'e'glise 
de  The'onas.  Cette  ce'lèbre  mosque'e  fut  ruine'e  en  grande  partie 
pendant  la  guerre  qui  suivit  l'occupation  française  en   1798. 

Vers  la  fin  du  premier  siècle  avant  J.-Ch.  la  ville  s'e'tendait 
quelque  peu  à  l'ouest  de  cet  endroit,  jusqu'au  delà  du  canal 
reliant  le  Kibotos  au  Mariout.  «  Puis  commence  la  ne'cropole, 
faubourg  rempli  de  jardins,  de  tombeaux  et  d'e'tabh'ssements 
pour  l'embaumement  des  morts  «.  (Strabon,  XVII,  795). 

La  belle  mosaïque,  dite  de  Me'duse,  publie'e  dans  la  Revue 
Arche'ologique  de  1846,  et  dont  les  maigres  restes  ont  e'te'  trans- 
porte's  au  Muse'e,  e'tait  à  Gabbari  (Gebel  Zeitoun)  et  faisait  pro- 
bablement partie  d'une  chapelle  fune'raire. 

D'après  le  pseudo-Callisthène  le  tei-ritoire  choisi  pour  la  nou- 
velle capitale  de  l'Egypte  e'tait  peuple'  de  nombreux  villages. 
Ce  renseignement  n'est  pas  invraisemblable,  mais  il  est  hors  de 
doute  que  le  seul  village  de  quelque  importance  e'tait  celui  de 
Rhakotis.  Celui-ci  e'tait  place'  sur  les  hauteurs  occupe'es  de  nos 
jours  par  les  ruines  du  Se'rapeum  et  par  le  quartier  de  Kôm  el- 
Chogafa.  La  population  se  composait  de  soldats  charge's  de  sur- 
veiller la  côte  et  de  pasteurs.  Les  environs,  ainsi  que  nous  le 
dit  Strabon,  servaient  de  pâturages.  Cet  ancien  fonds  de  popu- 
lation indigène  avait  e'te'  grossi  par  le  transfert  d'une  partie  des 
habitants  de  Canope.  La  plus  ancienne  mention  de  cette  bour- 
gade se  trouve  dans  une  inscription  hie'roglyphique  date'e  de 
l'an  311  avant  J.-Ch.  L'inscription,  grave'e  par  les  soins  d'un 
collège  de  prêtres,  est  en  l' honneur  du  Satrape  Ptole'me'e, 
qui  «  pour  sa  re'sidence,  choisit  la  forteresse  du  roi  Alexandre, 
ainsi  nomme'e,  au  bord  de  la  mer  Ionienne,  lieu  qui  s'appelait 
auparavant  Rhakotis  ».  Rhakotis,  dit  Strabon,  forme  maintenant 
la  portion  d'Alexandrie  situe'e  au-dessus  des  chantiers  de  la 
marine.  C'est  autour  de  cet  ancien  village  que  s'est  de'veloppe' 
le  quartier  indigène  de  la  nouvelle  capitale  de  l'Egypte.  Il  cor- 


qo 

respond  au  quartier  de  Kôm  elGhogafa  actuel  et  à  ses  envi' 
rons,  quartier  qui  même  de  nos  jours  est  lestJ  ou  est  de\enu 
le  quartier  indigène  par  excellence. 

Sur  la  colline,  où  s'Jleva  plus  tard  le  temple  de  Sarapis. 
devait  exister  quelque  sanctuaire  pour  des  divinités  indigènes. 
(^e  quartier  de  la  ville,  outre  le  superbe  et  ce'lèbre  Se'rapeum, 
dont  la  richesse  et  la  beauté'  pouvaient  être,  dit-on.  comparées 
à  celles  du  Capitole,  posse'dait  d'autres  e'difices  conside'rables. 
Tout  près  du  Sèrapeum  e'tait  place'  un  Anubion  ainsi  qu'il 
est  dit  dans  une  inscription  hie'roglvphique  récemment  décou- 
verte), c'est-à-dire  un  temple  de'die'  à  Anubis,  et  une  ne'cropole 
d'animaux  sacre's.  Au  sud-ouest  du  Se'rapeum,  entre  celui-ci  et 
1-1  colline  de  Kôm  el-Ghogafa,  les  sav.mts  de  l'expe'dition  fran- 
çaise ont  vu  et  relevé'  un  Stade.  L'mimense  et  ancien  cimetière 
arabe  qui  s'e'tend  au  nord  de  la  colonne  dite  de  Pompe'e  (Se'ra- 
peum) cache  sans  doute  d'importants  monuments  Dans  l'ancien 
cimetière  anglais  (aux  environs  de  l'e'cole  professionnelle  des 
Frères  des  e'coles  chrétiennes),  on  a  de'couvert  une  base  en 
l'honneur  de  Moevia  Tertia.  erige'e  par  l'administration  du 
Ne'me'sion.  Tout  près  on  a  mis  à  jour  une  partie  d'une  architrave 
avec  de'dicace  à  Snrapis.  ainsi  qu'un  chapiteau  en  marbre  d'e'- 
poque  byzantine,  identique  à  ceux  de  St.-Vital  de  Ravenne. 
Sous  le  collège  des  Sale'siens  on  a  observe  d'énormes  fondations 
ainsi  que  des  bassins  en  granit,  des  sarcophages  et  des  troncs 
da  colonnes. 

Plus  loin,  à  droite  de  la  rue  Ibrahim  P'',  près  de  la  rue  des  Sœurs, 
e'taient  deux  e'normes  tronçons  de  doubles  colonnes  d'angle,  en 
sye'nite,  dont  la  section  a  la  forme  d'une  feuille  de  lierre  ou  de 
cœur.  Ce  type  de  double  colonne  est  identique  à  celui  qu'on 
trouve  dans  le  petit  sanctuaire  relevé'  par  Golonna-Ceçcaldi  à 
Ramleh  et  appelé'  par  lui  «  temple  d'Arsinoe'  Ze'phyrite  ».  Ces 
vestiges  prouvent  l'existence  d'un  temple,  dont  les  dimensions 
devaient  être  importantes. 

A  l'ouest  du  Se'rapeum,  s'e'tendait  toute  une  se'rie  d'hypoge'es 
appartenant  en  gene'ral  à  la  pe'riode  romaine  et  chre'tienne, 
souvent  influence's  dans  leur  architecture  et  dans  leur  de'coration 
par  l'art  e'gyptien.  On  peut  bien,  à  la  rigueur,  les  conside'rer 
comme   faisant   partie   de   la   rcy.o6:ro/.i;  strabonienne. 

L  ILE  DE  PHAROS  ET  LE  PHARE. 

L'île  de  Pharos  e'tait  connue  au  temps  de  l'e'pope'e  home'rique, 
qui  la  place  à  une  journée  de  navigation  d'une  des  embouchures 
du  Nil  et  qui  la   dit   pourvue  d'un  bon  port.  Hérodote  n'en  parle 


9  ï 

pas  du  tout,  et  il  faut  descendre  jusqu'à  Strabon  pour  en  trouver 
une  mention  quelque  peu  de'taillee.  Les  renseignements  donne's 
par  l'e'pope'e  sont  trop  sommaires  et  trop  impre'cis  pour  nous  per- 
mettre de  tirer  des  de'ductions  sur  l'importance  de  Tiie  aux  temps 
préalexandrins  (^).  M,  l'ingénieur  Jondet,  qui  a  e'tudie  en  de'tail 
toute  la  côte  de  l'île  de  Pharos,  a  découvert  un  assez  vaste  port 
du  côte'  nord-ouest,  et  il  est  tente'  de  l'identifier  avec  le  port  dont 
Homère  nous  a  laisse'  la  description.  Dans  le  «  De  Bello  Alexan- 
drino  »  il  est  fait  mention  d'un  port  des  Phariotes^  que  M.  Jondet 
identifie  avec  la  section  nord-est  du  port  de'couvert  par  lui.  En 
dehors  de  ce  port,  M.  Jondet  a  trouve'  de  nombreuses  substructions 
et  constructions  aujourd'hui  sous  l'eau.  Le  long  de  la  côte,  à 
l'inte'rieur,  on  rencontre  aussi  des  ruines  de  maisons  et  de  citernes, 
ainsi  que  de  vastes  ne'cropoles.  Evidemment,  dans  l'antiquité',  l'île 
avait  une  superficie  plus  vaste  qu'à  pre'sent  ;  elle  c'tait  aussi 
peuple'e  d'un  nombre  assez  considérable  d'habitants.  A  l'époque 
de  César,  le  bourg  de  Pharos  était  aussi  grand  qu'une  ville  or- 
dinaire. La  population  était  surtout  formée  d'indigènes  {viens 
Aegyptiorttiii)  s'adonnant  pour  la  plupart  à  la  piraterie  contre 
les  bateaux  qui  avaient  le  malheur  de  s'approcher  de  Tîle. 
Outre  le  fameux  Phare,  qui  était  sur  la  pointe  nord-est  de  l'île, 
la  tradition  littéraire  rappelle  un  temple  dédié  à  Poséidon,  édi- 
fié sur  la  pointe  occidentale  (Gap  Ras-el-Tin), 

César  ravagea  l'île  de  fond  en  comble,  {)Our  se  venger  de  la 
résistance  opposée  à  ses  opérations  militaires. 

Hirtius  (De  Bello  Alexandrino)  raconte  que  la  bourgade  de 
Phnros  était  fortifiée  par  de  hautes  tours  réunies  les  unes  aux 
autres,  et  il  ajoute  que  plusieurs  maisons  avaient  une  hauteur 
de   30  pieds. 

Le  monument  le  plus  important  qu'on  ait  mis  à  jour,  se  trouve 
en  face  de  la  baie  d'Anfouchy.  C'est  une  nécropole  hellénistique 
intéressante  au  point  de  vue  architectural  et  surtout  à  cause 
des  peintures  qui  en  décorent  les  parois  (v.   p.    i  13). 

L'île  doit  principalement  sa  renommée  à  la  tour  lumineuse 
qui  marquait  l'entrée  du  grand  port  d'Alexandrie.  Cette  tour  qui 
a  donné  son  nom  à  tous  les  Phares  (-^  et  qui  est  restée  le  plus 
célèbre  de  tous,  était,  de  Tavis  unanime  des  auteurs  anciens,  la 
merveille  d'Alexandrie,  l'admiration  du  monde.  En  effet,  elle 
était  classée  parmi  les  sept  merveilles  de  l'univers.  Malheureuse- 
ment on  s'est  toujours  borné  à  des  éloges  enthousiastes,  sans  la 

(i)  On  a  cttiis  l'hypothèse  que  r^rZooc  vient  d'un  mot  .analog;ue  ég^yptien  s'- 
i^nitiant  toile  ;  les  Grecs  auraient  donné  le  nom  de  Phat'OS  à  l'île,  où  ils  venaient 
aclietei   l'étotTe  appelée  p(h)aar,  dont  ils  fabriciuaient  des  vêtements  de  luxe. 

(2)  Les  anciens  se  servaient  d'abord  de  sio^naux  lumineux  qu'ils  allumaient 
an   sommet  des  inontag;nes  ou  des  Cf)llines   du   littoral. 


92        

décrire  en  de'tail.  Son  emplacement    même  n'est  pas  fixe'  d'une 
façon   indiscutable. 

Quelques  arche'ologues  n'admettent  pas  que  le  fort  Qaït  bey, 
construit  au  XV '"^  siècle  par  le  sultan  de  ce  nom,  occupe 
l'emplacement  de  l'ancienne  tour  lumineuse.  Ils  placent  celle-ci 
sur  le  Diamant,  rocher  aujourd'hui  submerge',  quelque  peu  au 
nord-est    de    la    pointe  Qaït    bey.    Mais  ils  ont  tort.  Parmi  les 


.     •  U  '%  11 

•;¥^ 

Fig.  19. 


conside'rations  qu'on  peut  leur  opposer,  il  y  en  a  une  qui  est 
capitale  :  la  superficie  du  Diamant  est  trop  restreinte  pour  avoir 
pu  suffire  à  une  construction  telle  que  le  Phare.  Strabon,  il  est 
vrai,  dit  que  le  Phare  e'tait  sur  un  large  rocher  entoure'  par  la 
mer,  tandis  que  Qaït  bey  est  relie',  au  sud-ouest,  à  la  terre  5 
mais  si,  d'une  part,  il  ne  faut  pas,  je  pense,  interpre'ter  à  la 
lettre  le  passage  du  ge'ographe  d'Amase'e,  d'autre  part,  il  faut 
conside'rer  que  dans  l'antiquité'  les  choses  n'e'taient  pas  ce  qu'elles 


93       

sont  aujourd'hui.  Les  recherches  et  les  sondages  de  M.  l'ing. 
Jondet  prouvent  que  la  pointe  Qaït  bey  e'tait  autrefois  un  îlot. 
Il  est  probable  qu'une  e'troite  et  courte  chausse'e  avait  e'te'  cons- 
truite entre  la  pointe  de  l'île  et  cet  îlot,  pour  faciliter  la  cons- 
truction de  la  tour  lumineuse  et  pour  en  rendre  possible  l'accès. 
D'ailleurs  le  prof.  Van  Berchem  (^),  par  l'e'tude  d'un  passage  de 
Sujuti,  e'crivain  arabe  du  XV"^^  siècle,  et  d'une  inscription  arabe 
qui  e'tait  autrefois  mure'e  dans  le  fort,  est  parvenu  à  la  con- 
clusion que  le  fort  Qaït  bey  a  e'të  e'rigé  sur  les  ruines  du  Phare. 
On  peut  admettre  cette  conclusion  comme  définitive. 

Le  Phare,  projeté'  par  Ptole'me'e  P*",  e'tait  l'œuvre  de  Sostrate 
de  Cnide,  fils  de  Dexiphane.  11  e'tait  de'die'  aux  Dieux  Sauveurs, 
Ptole'me'e  I^'"  et  sa  femme  Be're'nice  (ou  les  Dioscures?).  Le  nom 
de  l'architecte,  accompagne'  de  celui  de  son  père  et  de  sa  patrie, 
se  lisait  sur  l'inscription  de'dicatoire  :  ^Iojotoxto^  Je^iqârovg  Krîôiog 
OeoTç  ^coTr/gai  k-rsg  tcov  jr/^coKofiévcor,  cest-à-dire  :  Sostraie,  fils  de 
Dexiphane  de  Cnide,  aux  dieux  Sauveurs^  pour  les  navigateurs.  Il 
fut  inaugure'  sous  Ptole'me'e  Philadelphe,  vers  280-79  ^  ^^  ^^^t 
total  aurait  e'te',  d'après  Pline  l'Ancien,  de  Soo  talents.  Le  mate'- 
riel  pour  la  construction  e'tait  principalement  le  calcaire  nummu- 
litique.  La  de'coration  sculpturale  ainsi  que  d'autres  de'corations 
accessoires  e'tait  partie  en  marbre,  partie  en  bronze.  Les  colonnes, 
très  nombreuses,  e'taient  pour  la  plupart  en  granit  d'Assouan. 
(Autour  du  fort  Qaït  bey  on  voit  des  masses  e'normes  de  tron- 
çons de  colonnes  en  granit,  place's  les  uns  sur  les  autres  hori- 
zontalement, employés  à  former  une  sorte  de  brise-lames  pour 
prote'ger  le  fort). 

Isis  e'tait  fre'quemment  associe'e  au  Phare,  surtout  à  l'e'poque 
romaine.  Isis  Pharia  avait  probablement  un  sanctuaire  tout  près 
de  la  tour  lumineuse.  Nous  ne  savons  pas  grand  chose  sur  l'his- 
toire du  monument  à  l'e'poque  ptole'maïque.  Les  monnaies  ro- 
maines frappe'es  à  Alexandrie,  principalement  celles  de  l'e'poque 
d'Hadrien,  le  reproduisent  assez  souvent.  Il  paraît  qu'au  11"^^ 
siècle  après  J.-Gh.  le  troisième  e'tage  e'tait  ruine'.  Après  la  con- 
quête arabe,  il  aurait  e'te  transforme'  en  mosque'e,  et  au  XV'"'^ 
siècle  en  forteresse  par  le  sultan  Qaït  bey. 

A  de'faut  de  toute  description  de'taille'e  par  les  e'crivains  con- 
temporains, les  savants  modernes  ont  interpre'té  d'une  façon  sub- 
jective les  e'ie'ments  de  la  tradition,  et,  dans  leurs  essais  de 
reconstruction  du  monument,  ont  travaille'  souvent  de  fantaisie. 
11  suffit  de  regarder   les   reconstructions    d'Ebers,  de  Veitmejer, 

(i)  Vav  Berchem,  Comptes  rendus  de  J'Acad.  des  Inscriptions,  1898, 
pag.  339  et  suiv.  ;  Matériaux  pour  un  Corpus  Inscriptionuvi  Arabicarum, 
T.  XIX  des  «Mémoires  de  la  Mission    Archéologique  française  du  Caire  >. 


94      

de  Adler.  L'Jtude  la  plus  récente  et  la  plus  approfondie  de  toutes 
les  questions  qui  se  rapportent  nu  Phare  est  celle  du  prof.  H. 
Thiersch.  Dans  le  gros  volume  que  ce  savant  a  publie'  sous  le 
titre  de  «  Pharos  >>,  il  a  pris  soin  de  passer  en  revue  tous  les 
documents  qui  se  rattachent  à  la  ce'lèbre  tour  lumineuse,  ainsi 
que  tous  les  monuments  des  âges  postérieurs  qui,  d'après  lui, 
avaient  e'te'  influence's  par  l'architecture  du  Phare 

Il  paraît  que  l'ancienne  tour  lumineuse,  qui  est  toujours  debout 
près  des  ruines  de  Taposiris  Magna  (Abousir  du  Mariout)  (fig.  3^), 
reproduisait  en  des  proportions  très  réduites  et  naturellement 
s-ins  la  richesse  et  le  de'cor  du  modèle,  l'architecture  du  Phare 
alexandrin.  Celui-ci,  d'après  la  reconstruction  du  prof.  Thiersch, 
aurait  e'te'  à  trois  e'tages,  dont  le  premier  carre',  le  second  octo- 
gonal, le  troisième  cylindrique  (fig.  i  9).  L'entre'e  e'tait  du  cote'  sud, 
plutôt  e'ieve'e  ;  on  y  parvenait  par  un  escalier  exte'rieur.  Les  parois 
de  la  tour  e'taient  perce'es  de  nombreux  soupiraux  ou  petites 
fenêtres.  Le  premier  e'tage  avait  une  hauteur  de  60  mètres 
et  il  était  couronne'  par  une  plate-forme,  dont  les  quatre  angles 
e'taient  de'core's  de  gigantesques  centaures  marins  en  bronze.  Ces 
centaures  soufflaient  dans  une  conque  marine.  Le  second  e'tage 
mesurait  en  hauteur  30  mètres  et  e'tait  couronne'  lui  aussi  par 
une  terrasse.  La  lanterne  aurait  e'te'  constitue'e  par  huit  co- 
lonnes surmonte'es  d'une  coupole,  au-dessus  de  laquelle  s'e'levait 
une  staïue  en  bronze  (de  Poséidon  probablement)  haute  d'environ 
sept  mètres.  L'inte'rieur  de  l'e'difice  comprenait  une  citerne 
ame'nage'e  dans  le  sous-sol  pour  contenir  l'eau  potable,  ainsi 
qu'un  cnorme  puits  central  pourvu  de  machines  e'ie'vatoires 
qui  permettaient  de  soulever  jusqu'au  troisième  e'tage  l'eau  et  les 
combustibles.  Une  double  rampe  à  plan  incline',  accessible  même 
aux  quadrupèdes,  faisait  le  tour  du  puits  et  montait  jusqu'à  la 
terrasse  du  second  étage.  Un  escalier  perce'  dans  l'e'paisseur  du 
mur  du  troisième  e'tage,  mur  qui  avait  une  largeur  de  2  mètres, 
conduisait  jusqu'à  la  lanterne.  La  flamme  était  obtenue  en  brû- 
lant du  bois  résineux.  Pour  donner  une  plus  longue  portée  à 
la  lumière  de  la  flamme,  on  se  servait,  dit-on,  de  miroirs  en  mé- 
tal  de   forme   convexe. 

On  compte  jusqu'à  300  chambres  qui  faisaient  paitie  de  la 
construction  et  qui  étaient  employées,  soit  comme  logements  des 
gardiens  et  du  personnel,   soit  comme   magasins. 

La  hauteur  totale  du  monument,  y  compris  la  statue  de  Poséi- 
don, était  d'environ  120  mètres.  Les  marins  pouvaient  commencer 
à  apercevoir  la  lumière  du  Phare  à  une  distance  de   30  km. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Sur  le  Phare,  v.  Thiersch    H.,  Der  Pharos.  Anttke 
Islam  und  Occident  (on  y  trouve  citée  presque  toute  la  littérature  antérieure). 


95 

Sur  Sostrate,  v.  I'budrizet  :  Sostratc  de  Cnide,  architecte  du  Phare  darn^  Revue 
d.  Etudes  anciennes^  t.  I,  4  (1S09),  P-  261-272  ;  cfr.  Lumbroso,  L'Egitto  dei 
Greci  e  dei  Romani,  aème  éd.,  p.  117  et  suiv. 


LE  SERAPEUM. 

La  colline  sur  laquelle  s'élève  le  superbe  monolithe  connu  sous 
le  nom  de  Colonne  de  Pompe'e  ou,  plus  exactement,  colonne  de 
Diocle'tien^'),  marque  l'emplacement  du  Serapeum,  c'est-à-dire  du 
temple   dédie   au   culte   de  Sarapis. 

Gratien  Le  Père  et  Mahmoud  El-Falaki  avaient  de'jà  conside're 
comme  probable  que  le  plateau  où  se  dresse  la  Colonne  de  Pompe'e 
avait  fait  partie  du  Se'rapeum,  et  cette  hypothèse  avait  e'te'  de'- 
montre'e  exacte  par  Wachsmuth  {Bursian  jahresberichl,  IL  1873, 
p.  1093)  contre  les  doutes  souleve's  par  Kiepert.  Depuis  les  fouilles 
de  Botti,  celles  de  la  mission  Sieglin  et  les  miennes,  nul  doute 
ne  semble  possible. 

Sarapis  est  une  des  cre'ations  politico-religieuses  les  plus  ge'- 
niales  des  premiers  Ptole'me'es.  Pour  e'tablir  une  certaine  cohe'sion 
entre  les  Egyptiens  et  les  Grecs,  Ptole'me'e  P""  pensa  qu'il  e'tait 
ne'cessaire  de  créer  une  divinité'  qu'ils  pussent  tous  honorer  du 
même  culte  et,  soit  en  transformant  le  dieu  e'gyptien  Osor-Hapi 
en  Sarapis,  soit  en  introduisant  en  Egypte  le  Sarapis  adore' 
à  Sinope  dans  le  Pont-Euxin  (2) ,  il  cre'a  un  dieu  du  monde 
souterrain,  moitié  e'gyptien,  moitié'  grec,  dont  le  culte  ne  tarda 
pas  à  envahir  le  monde  grJco-romain  et  manifesta  une  vitalité' 
extraordinaire.  Les  Hellènes  le  conside'rèrent  toujours  comme  un 
Dionysos  et  les  Egyptiens  comme  un  Osiris,  mais  ces  deux 
aspects  se  rejoignaient  dans  une  essence  dont  l'e'nergie  se  trouvait 
ainsi  double'e.  Il  e'tait  e'galement  conside're'  comme  une  divinité' 
chtonienne.  En  effet  Sarapis  est  identifie'  av^ec  Hadès-Pluton.  La 
statue  d'Alexandrie,  recouverte  d'un  enduit  bleu-sombre,  repre'- 
sentait  bien  le  souverain  du  te'ne'breux  royaume,  ayant  à  cote' 
de  lui  Cerbère  trice'phale  (fig.  20).  Plusieurs  bustes  de  nos  collec- 
tions, issus  du  même  type,  sont  sculpte's  dans  une  matière  noi- 
râtre (v.  Muse'e,  salle    16). 

Sarapis  prit  même  place  à  cote  d'Esculape  comme  dieu  de  la 
me'decine,  et  ses  miracles  attirèi'ent  dans  ses  sanctuaires,  mais  sur- 

(1)  Selon  ]es  déductions  de  feu  le  Dr.  Botti,  ancien  conservateur  du  Musée 
d'Alexandrie,  la  colonne  actuelle  aurait  succédé  à  la  colonne  de  Sarapis  et  au- 
rait été  l'œuvre  de  la  dyna-;tie  théodosienne  pour  perpétuer  le  triomphe  du  chris- 
tianisme. Comme,  au  r'éclin  du  IVnie  siècle,  l'édifice  lui-même  s'apptlait  Ar- 
cadium,    il   y  aurait  lieu,   selon  Botti,  de  la  nommer  Colonne  d'ArcadiliS. 

(2)  V.  en  dernier  lieu  Levy  (Sarapis),  cpii  dans  une  étude  analytique  trè; 
fouillée,  défend  r<)rio;ine  é.?yptienne  de  Sérapis  ou  Sarapis  (Revue  de  l'histoire 
des  Religions,  1913K  Cfr.  Sethe,  Sarapis,  Berlin,  Weidmann,   1913,  pag.   17. 


g6        

tout  à  celui  de  Canope  (Aboukir),  des  milliers  de  pèlerins.  Gomme 
Esculape,  il  a  pour  attribut  le  serpent.  D'ailleurs  Sarapis  a  aussi 
tous  les  attributs  de  Zeus,  maître  de  l'empyre'e. 

Nous  sommes  peu  renseigne's  sur  la  forme 
de  l'e'difice  (0 ,  mais  nous  savons  par  un  e'cri- 
vain  de  la  basse  époque  romaine,  qu'il  occu- 
pait une  plate-forme,  à  laquelle  on  acce'dait 
par  un  escalier  de  cent  degre's.  «  L'emplace- 
ment, dit  Rufin,  est  forme'  non  par  la  nature, 
mais  par  la  main  de  l'homme  et  par  des 
constructions.  Il  est,  pour  ainsi  dire,  porte'  dans 
les  airs,  et  l'on  y  monte  par  plus  de  cent  de- 
grés. Il  s'e'tend  de  tout  côte'  en  carre'  et  sur  de 
grandes  dimensions  ». 
^'^-  ^°-  Du  côte'  oriental    du    plateau   on  voit  des 

restes    de  constructions   qu'on   peut  attribuer 
à  l'escalier  monumental  et  au  grand  Propyle'e. 

Le  temenos  ou  enceinte  sacre'e  comprenait,  outre  cet  escalier 
monumental  et  les  propyle'es,  un  immense  portique  carre  qui 
renfermait  non  seulement  le  temple  de  Sarapis,  mais  aussi  un 
sanctuaire  d'Anubis,  et  la  Bibliothèque,  dite  Bibliothèque  Fille. 
Une  ne'cropole  (d'animaux  sacre's  probablement)  e'tait  annexe'e  au 
Se'rapeum.  Plusieurs  chercheurs  de  pierres  ont  raconte'  à  Mah- 
moud El-Falaki  (Mém.  sur  Vanciemie  Alexandrie^  p.  54)  qu'ils 
avaient  trouve'  là  beaucoup  de  statues  de  chiens,  de  chacals, 
d'oiseaux,  etc. 

La  grande  colonne,  qui  est  toujours  debout,  occupait  un  em- 
placement dans  la  partie  nord  de  l'enceinte.  Au  sud,  le  Se'ra- 
peum e'tait  contigu  au  Stade. 

Le  Î8o6v  de  Sarapis  renfermait  la  ce'lèbre  statue  du  dieu,  chef- 
d'œuvre  attribue'  à  tort,  paraît-il  ^^\  au  sculpteur  Briaxis,  le  fa- 
meux disciple  de  Scopas.  Le  dieu  e'tait  repre'sente'  assis  sur  un 
trône  comme  Pluton,  tenant  le  sceptre  et  ayant  à  côte'  de  lui 
Cerbère  ^3) .  H  était  habille'  du  chiton  et  de  l'himation  (voir  fig.  2]). 
Une  des  caracte'ristiques  faisant  reconnaître  ce  dieu,  dont  le  por- 

(1)  H.  Thiersch  a  promis  de  donner  da,ns  un  des  prcjchains  volumes  con- 
sacrés à  la  Mission  Sieglin  une  reconstruction  du  fameux  temple. 

(2)  Levy  I.,    o.  c,  p.  61  et  suiv.  Cfr.   Sethe,  o.  c,  p.   19. 

(3)  L'être  hybride  qui  flanque  le  Sarapis  assis  et  que  déjà  Apion  (chez  PIu- 
tarque)  décompose  en  Cerbère  et  drai^on,  est  singulièrement  composite  ;  il  a  trois 
têtes,  celle  d'un  lion  au  milieu,  celle  d'un  chien  aboyant  à  gauche  et  celle  d'un 
loup  aux  dents  menaçantes  à  droite  ;  le  serpent  enlace  le  tout  de  ses  replis,  dres- 
sant sa  tête  au-dessus  de  celle  du  lion.  Levy,  o.  c.  Le  monstre  qui  accom- 
pagne Sarapis,  sur  les  répliques  qui  sont  au  Musée,  est  toujours  représenté  par 
un  chien  aboyant  flanqué  de  deux  autres  têtes  de  chien  ;  un  serpent  lui  enlace 
le  corps.  L"n  seul  petit  bronze  représente  un  lion,  sur  la  tête  duquel  se  dresse  un 
serpent    surmonté  du  kalathos  (fig.    22). 


— — — —     97      ' '  — 

trait  ressemble  beaucoup  à  celui  de  Zeus,  est  le  boisseau  (modius) 
ou  la  corbeille  sacre'e  des  mystères  (kalathos)  qu'il  porte  sur  le 
sommet  de  la  tête  et  qui  doit  symboliser  la  fertilite'|et  la  fe'condite' 
ine'puisables  de  la  terre  à  l'époque  de  la  moisson.  Le  modius  ou 
kalathos  est  souvent  orne'  de  branches  d'olivier  et  d'e'pis  de  ble'. 

La  figure  de  Sarapis  était  elle-même  caracte'rise'e  par  'une 
extrême  douceur  d'expres- 
sion, mêle'e  à  une  e'nersie 
pleine  de  mystère  et  quel- 
quefois de  terreur.  On  ra- 
conte que  la  statue  origi- 
nale avait  e'te'  obtenue  par 
un  me'lange  des  matières 
les  plus  diverses,  or,  ar- 
gent, cuivre,  plomb,  e'tain, 
saphir,  he'matite,  e'meraude 
et  topaze.  M.  Isidore  Le'vy 
a  de'montrê  que  cette  le'- 
gende  ne  fait  que  repro- 
duire la  formule  de  la  re- 
cette suivant  laquelle,  à 
l'occasion  des  fêtes  d'Osiris 
au  mois  de  Khoîak,  on 
fabriquait  les  simulacres 
divins,  les  images  rituelles, 
pe'riodiquement  renouvele's 
d'anne'e  en  année. 

Il  paraît  que  l'image  du 
Sarapis  aukalathos,  flanqué 
du  Cerbère,  est  plus  récente 
qu'on  n'avait  cru  jusqu'à 
présent.  Le  savant,  qui  le 
dernier  a  traité  cette  ques- 
tion, fait  descendre  l'ori- 
gine de  cette  image  de 
Sarapis  au  règne  d'un  successeur  d'Evergète,  Ptolémée  IV  ou  VI. 

En  voici  la  description  selon  la  reconstruction  la  plus  récente. 
«  La  tête  du  dieu  était  légèrement  inclinée  sur  l'épaule  droite, 
la  chevelure  puissante  formait  une  véritable  crinière  ;  au-dessus 
du  front  jaillissaient  cinq  boucles  épaisses  de  cheveux,  qui  re- 
tombaient ensuite  droit  en  avant,  presque  jusqu'aux  sourcils.  Au- 
dessus  de  ces  boucles,  on  en  distinguait  six  autres  retombant 
trois  en  avant  et  trois  en  arrière  ;  ces  dernières  recouvraient  en 
partie  un  bourrelet  circulaire,  apparemment  un  bandeau,  entou- 


Fig. 


rant  le  pied  du  modius.  Sur  le  modius  étaient  figure's  en  relief 
trois  oliviers,  l'un  à  droite,  un  autre  par  devant,  le  troisième  à 
gauche  ;  du  bord  supérieur  pendaient  peut-être  quelques  e'pis.... 
La  barbe  e'tait  e'paisse  et  boucle'e  et  n'e'tait  pas  partagée  en  deux 
moitie's  syme'triques....  les  boucles  de  la  barbe  retombaient  sur 
la  gorge  qu'elles  recouvraient.  La  couleur  de  l'ensemble  e'tait 
un  bleu  noirâtre  5  pour  rendre  visibles  au  moins  certains  de'tails, 
dans  la  semi-obscurite'  de  la  cella^  il  fallait  évidemment  les  rehaus- 
ser par  une  coloration  plus  claire  5  les  yeux  e'taient  certainement 
blancs,  avec  pupilles  rapporte'es  en  pierres  pre'cieuses  ;  le  modius 
était  de  couleur  claire,  ce  qui  faisait  de'tacher,  sur  le  fond  som- 
bre, le  relief  des  trois  oliviers  ;  les  e'pis  e'taient  d'or  mat,  le 
sceptre  d'or  brillant  et  les  draperies,  ainsi 
que  les  sandales,  sans  doute  rehausse'es  d'un 
fin  de'cor  d'or  ou  d'argent.  On  a  encore  em- 
ployé' ces  me'taux  pour  orner  le  trône  et  l'es- 
cabeau, les  yeux  et  les  gueules  de  Cerbère. 
Dans  une  ce  Lia  richement  de'core'e,  à  la  lu- 
mière incertaine  des  candélabres,  cet  en- 
semble devait,  dans  les  fêtes  de  nuit,  produire 
une  impression  de  majesté  surnaturelle  ». 
[Ameliing). 

On  doit  au  fanatisme  du  patriarche  Théo- 
phile la  destruction  de  ce  chef-d'œuvre  (39  r 
après  J.-Gh.j.  On  prétend  que  les  derniers 
restes  de  la  statue  ont  été  fondus  par  Amrou 
pour  en  faire  des  monnaies.  Le  type  du  Sa- 
rapis  alexandrin  s'est  répandu  rapidement.  Il 
'^'  ^^'  suffira  d'énumérer,   pour  s'en  convaincre,  les 

nombreuses  répliques  qui  se  trouvent  dans 
tous  les  Musées  d'antiquités.  Ces  répliques,  plus  ou  moins  fidèles, 
sont  en  marbre,  en  terre  cuite,  en  bronze. 

Outre  la  colonne  colossale  que  nous  pouvons  admirer  encore, 
outre  les  deux  obélisques  que  mentionnent  les  historiens  d'A- 
lexandrie, le  Sérapeum  devait  renfermer  une  grande  quantité 
d'autels,  d'édicules,  d'inscriptions,  de  statues,  dont  on  avait  gra- 
tifié le  dieu  pour  le  remercier  de  quelque  bienfait  ou  pour  im- 
plorer sa  bienveillance.  En  effet,  malgré  tous  les  vandalismes. 
les  fouilles  exécutées  sur  l'emplacement  du  temple,  depuis  i8'j2, 
soit  par  Botti,  soit  par  la  mission  allemande  Sieglin,  soit  par 
moi-même,  ont  mis  à  jour  bon  nombre  de  monuments,  dont  une 
partie   a  été  laissée  sur  place  et  l'autre  transportée  au  Musée. 

Après  la  destruction  et  l'incendie  du  temple  (391),  les  chré- 
tiens, raconte  l'écrivain  Rufin,  s'empressèrent  d'enfouir  le  buste 


99      

de  Sarapis  et  toutes  les  autres  idoles  sur  lesquelles  ils  purent 
mettre  la  main.  Ce  de'tail  doit  être  vrai.  A  Rome,  lorsque,  par 
les  e'dits  de  Constant  et  de  Constantin  II  (341),  les  bâtiments 
païens  du  Janicule  furent  incendie's,  puis  rase's,  on  fit  disparaître 
tous  les  monuments  qui  avaient  re'siste'  au  feu.  Il  y  a  donc  lieu 
d'espe'rer  qu'en  poursuivant  les  fouilles  autour  du  Se'rapeum,  on 
pourra  encore  de'couvrir  bon  nombre    de  monuments. 

En  dehors  de  neuf  statues  debout,  tenant  en  main  un  cahier, 
vues  par  Mimaut  vers  la  moitié  du  XIX'"*^  siècle,  il  convient 
de  rappeler  une  statue  colossale  en  granit  qu'on  a  cru  repre'- 
senter  Alexandre  Aigos,  fils  du  Conque'rant,  et  qui  se  trouve 
au    Muse'e    du    Caire,    un    groupe    colossal    ace'phale    en   granit 


Fig.  23. 


(Pharaon  debout  embrasse'  en  signe  de  protection  par  Osiris), 
ainsi  qu'une  statue  assise  de  Ramsès  II,  une  statue  agenouille'e 
de  Ramsès  II  embrassant  un  canope,  un  scarabée  en  granit 
de  grandes  dimensions.  Ces  quatre  derniers  monuments  sont 
actuellement  au  Musce  grcco-romain.  Au  Muse'e  gre'co-romain 
sont  e'galement  plusieurs  inscriptions  ptole'maïques  et  romaines. 
I.e  bœuf  Apis  en  granit  noir  ffig.  23),  e'rige'  par  l'empereur  Ha- 
drien, qui  de'core  à  pre'sent  le  centre  de  la  salle  6  du  Musée,  a  e'tc' 
découvert  h.  quelques  mètres  au  nord  du  grand  puits  carre  qui 
donne  accès  aux  galeries  souterraines.  Un  autel  votif  en  l'hon- 
neur de  Ptoleme'e  II  et  de  sa  femme  était  au  centre  d'une 
petite  enceinte  sacre'e,  au  nord  de  la  colonne.  Entre  celle-ci  et 
l'entrée  des  galeries,  on  a  mis  à  jour  une  tète  colossale  de 
Sarapis  en  pierre  noire,  d'un  bon  travail  ;  sous  les  corps  des 
deux    sphinx    place's  actuellement  sur  l'esplanade,  au  sud  de  la 


colonne,  une  superbe  tête  de  de'esse 
en  marbre  blanc,  d'e'poque  hellénis- 
tique (Muse'e,  salle  12,  n"  3908), 
(tig.  24),  ainsi  qu'une  tête  de  Sa- 
rapis  pareillement  en  marbre  (salle 
ih,  n°  3912);  du  côte  nord-est,  au 
bas  de  Tescalier,  dans  des  couches 
très  profondes,  une  tête  en  marbre 
repre'sentant  la  reine  Be're'nice  femme 
de  Ptole'mêe  III  (Muse'e,  salle  12, 
n°  3466)  ainsi  que  deux  statues  en 
calcaire  jaune  repre'sentant  un  per- 
sonnage qui  e'tait  chef  de  la  garde- 
robe  royale  et  ministre  des  finances 
sous  Ptole'me'e  X  (Muse'e,  salle  7, 
vitr.  C).  Si  on  voulait  dresser  un 
catalogue  détaille'  de  tous  les  mo- 
numents de'couverts  dans  l'enceinte 
^'?-  24.  du    Se'rapeum,    on    de'passerait    de 

beaucoup    la     centaine;     et    il   faut 
tenir  compte  du  pillage  des  siècles  passe's. 

La  colonne  qui  domine  aujourd'hui  le  plateau  ne  semble 
pas  avoir  une  origine  antérieure  à  l'empereur  Diocle'tien.  Sur 
le  côte'  occidental  de  la  base,  on  peut  lire  une  inscription  en 
l'honneur  de  cet  empereur,  he  texte  de  cette  inscription  a  donne' 
lieu  à  de  longues  discussions  parmi  les  savants,  car  la  surface 
du  granit  est  très  ronge'e  et  plusieurs  lettres  sont  tout  à  fait 
illisibles  ;  cependant  la  lecture  en  est  maintenant  presque  certaine 
et  d'après  les  conclusions  du  dernier  e'diteur,  le  prof.  Cantarelli, 
il  ressort  que  le  nom  du  pre'fet  est  celui   de   77oo[ro^//]o,^ 

Tov  [(5o\'6T.azov  avToy.odzooa 

xor  .-TO/uoî'/oy  'Ale^avôoeiaç 

Aioy.Â)jTtarov  tov  àrîy.ijrov 

IJ()o[TOi'a]oç  è'.Tao/oç  Atyvmow 

La  colonne  aurait  e'te'  e'rige'e  après  l'anne'e  297.  Cette  anne'e- 
là,  une  e'meute  formidable  avait  e'clate'  à  Alexandrie.  Diocle'tien 
assiégea  la  ville  et  s'en  empara  après  huit  mois  de  re'sistance. 
L'empereur  y  demeura  quelque  temps  pour  re'organiser  l'admi- 
nistration de  l'Egypte.  Il  voulut  se  montrer  pitoyable  et  ge'nè- 
reux.  Entre  autres  bienfaits,  il  ordonna  des  distributions  de  pain 
gratuites  aux  pauvres.  La  colonne  aurait  e'te'  e'rige'e  en  son  hon- 
neur pour  le  remercier  de  sa  cle'mence  et  de  sa  ge'ne'rosite'. 

En  etïet  l'inscription  dit  : 


___ lOI        

«  Au  très  Juste  empereur,  dieu  tutélaire  d'Alexandrie,  Dioclé- 
tien  invincible^  Postume^  préfet  d'Egypte  [a  érigé  ce  monument.^  » 
La  formule  employée  dans  l'inscription  nous  laisserait  croire  que 
le  chapiteau  e'tait  surmonte'  d'une  statue  de  l'empereur.  Dans  la 
collection  Choiseul-Gouffier,  on  voyait  autrefois  les  fragments 
d'une  statue  colossale  en  porphyre,  retrouvés  vers  le  commence- 
ment du  XIX"'^  siècle  au  pied  de  la  colonne.  On  a  dit,  mais 
à  tort,  paraît-il,  que  cette  statue,  très  remarquable  d'après  les 
fragments,  pouvait  être  celle  de  Diocle'tien  tombée  du  haut  du 
chapiteau. 

La  substruction  est  constituée  par  des    blocs    tirés   de   divers 


Fig.    25. 


monuments  plus  anciens.  Un  bloc  porte  en  relief  la  figure  et 
le  nom  de  Sethi  I^""  (coté  ouest)  ;  un  autre  (côté  est),  une  ins- 
cription en  l'honneur  de  la  reine  Arsinoé  Philadelphe:  il  s'agit 
de  la  base  en  granit  vert  d'une  statue  qu'un  Alexandrin,  Thestor 
fils  de  Satyros,  avait  érigée  pour  la  célèbre  sœur  et  femme  de 
Ptolémée  II.  La  hauteur  totale  de  la  colonne,  y  compris  la  base 
et  le  chapiteau,  est  de  26  m.  85;  le  fût  mesure  20  m.  75  et  il 
a  un  diamètre  de   2   m.  70  en  bas,  de   2  m.   30  en  haut. 

Notre  colonne  a  toujours  excité  l'admiration  et  l'imagination 
des  voyageurs  (fig.  25).  Cyriaque  d'Ancdne  (1412)  et  Léon  l'Afri- 
cain (1491-1517)  en  ont  célébré  la  hauteur  et  la  grandeur;  Pelle- 
grino  Brocardi  (1557)  déclare  n'avoir  jamais  vu  une  colonne  pa- 
reille, ni   à  Rome,   ni  ailleurs.    Le    fait    extraordinaire    qu'on  ra- 


I02        

conte  au  sujet  du  chapiteau  est  le  suivant:  en  i8':;2,  lorsque 
Eugène  de  Savoie  se  trouvait  à  Alexandrie,  vingt-deux  individus  y 
seraient  monte's  et,  s'y  e'tant  assis  en  cercle,  y  auraient  de'jeune'. 

On  ne  s'est  pas  toujours  contente'  d'admirer  ce  beau  monu- 
ment, on  a  voulu  le  posse'der.  En  1737,  dans  un  rapport  à  Louis 
XV,  on  proposait  de  faire  enlever  la  colonne  de  Pompe'e  «  qui 
menace  ruine  (sic)  et  de  la  faire  transporter  en  France  pour  y 
être  eleve'e  avec  une  statue  du  roi  au-dessus.  C'est  un  des  plus 
grands  et  des  plus  anciens  monuments  des  siècles  passe's,  qu'il 
serait  de  la  gloire  du  roi  de  conserver  »  (^). 

Pareil  projet  avait  e'te'  forme'  sous  Louis  XIV. 

Le  nom  de  «  Colonne  de  Pompe'e  »  doit  avoir  e'te'  cre'e'  par 
les  Francs  à  l'e'poque  des  croisades.  Leur  e'rudition  très  som- 
maire aurait  confondu  le  lieu  où  la  tête  de  Pompe'e  avait  e'te' 
ensevelie  (Ne'me'sion).  et  aurait  transforme'  la  coupole  que  l'e'cri- 
vain  arabe  Abd-el-Latif  (1161-1231)  pre'tend  avoir  vue  sur  le 
chapiteau,  ou  la  sphère  que,  selon  des  dessins  du  XVI"^''  siècle, 
le  même  chapiteau  aurait  supporte'e,  en  «  l'urne  pre'cieuse  qui 
aurait  renferme'  la  tête  de  Pompe'e  •>.  Cette  le'gende  est  paren- 
te de  celle  qui  plaçait,  sans  aucun  document  historique,  les 
cendres  de  Trajan  en  haut  de  la  colonne  qui  porte  son  nom, 
et  celles  de  Marc  Agrippa  sur  le  fronton  du  Panthe'on, 

Dans  le  terrain  avoisinant,  on  voit  partout  des  restes  d'an- 
ciennes fondations,  des  tronçons  de  colonnes  en  granit  rose  ou 
verdâtre,  des  fragments  architectoniques  d'e'poque  romaine,  pro- 
venant d'une  construction  colossale  (voir  de  beaux  fragments  à 
l'est  de  la  colonne  à  mi-hauteur  de  la  colline).  Non  loin  de  la 
colonne  sont  place's  les  deux  sphinx  en  granit  rose  d'Assouan 
(longs  respectivement  de  3  m.  90  et  4  m.  10)  de'couverts,  en 
1906,  à  l'angle  sud  de  l'emplacement,  tout  près  de  la  ruelle 
Abou-Mandour.  Un  peu  à  l'ouest  de  la  colonne,  on  pe'nètre  dans 
les  souterrains  qui  doivent  avoir  fait  partie  du  Se'rapeum.  Ce 
sont  de  longues  galeries  creuse'es  dans  un  rocher  sablonneux, 
revêtues  encore  en  partie  de  leurs  plaques  en  pierre  calcaire 
avec  des  niches  d'une  forme  e'trange  dont  le  but  n'est  pas  en- 
core bien^e'tabli.  Ces  galeries  souterraines  sont  mentionne'es 
par  Rufin  (fin  du  IV'"^  siècle).  Toute  la  partie  infe'rieure,  jus- 
qu'au niveau  du  pave'  de  l'e'difice,  est  voûte'e.  Ce  soubassement 
est  distribue'  en  vastes  corridors  et  en  vestibules  carre's  et  se'pare's 
entre  eux, 'qui  servaient  à  diverses  fonctions  et  ministères  secrets. 

Quelques  arche'ologues  y  voient  les  restes  de  la  partie  infe'- 
rieure du  bâtiment  de  la  Bibliothèque  fiJle  et  considèrent  les 
niches  creuse'es  sur  les  parois  comme  des  e'tagères  pour  les  livres. 

(i)  Revue  historique,  1906,  pag.  3,  n.  i. 


Ceci  peut  paraître  douteux  ;  mais  il  est  certain  qu'une  Biblio- 
thèque e'tait  annexe'e  au  Se'rapeum,  et,  pour  la  distinguer  de  la 
grande  Bibliothèque  du  quartier  royal,  on  l'appelait  la  Biblio- 
thèque filîe  ou  petite  Bibliothèque. 

Botti  place  l'Iseum  au  nord-ouest  de  la  colonne,  entre  celle-ci 
et  l'entrée  des  galeries  souterraines,  le  Se'rapeum  au    sud. 

L'archéologue  Thiersch,  dans  un  ouvrage  dont  la  publication 
est  annonce'e  comme  imminente,  se  propose  de  reconstituer  la 
topographie  des  monuments  qui  enrichissaient  le  plateau.  J'espère 
d'autre  part  pouvoir  bientôt  mettre  à  exe'cution  mon  projet 
d'explorer  par  des  fouilles  méthodiques  toute  la  zone  qui  s'e'tend 
vers  le  sud,  actuellement  occupée  par  les  échèclies  de  Toubgieh. 

Après  la  destruction  du  Se'rapeum  par  les  chre'tiens  (en  391) 
on  installa  sur  le  plateau  un  couvent  de  moines  et  on  v  bâtit 
une  e'glise  en  l'honneur  de  S.  Jean-Baptiste,  connue  aussi  sous 
le  nom  d'Angelium  ou  Evangelium,  qui  fut  de'truite,  paraît-il, 
au  X"^^    siècle. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Description  de  l'Es-ypte  t.  v.  p.  315-328,  La  Colonne 
Diocléiieniie  (par  Saint  Genis)  p.  508-51Q,  Description  de  la  colonne  dite  de 
Pompée  (par  Norry);  Mahmoud  el-Falaki,  Antique  Alexandrie,  pag-,  53- 
56  ;  Botti,  L'Acropole  d'Alexandrie  et  le  Sérapeiim  (1895)  ;  Botti,  Fouil- 
les à  la  colonne  thcodosienne  (Alexandrie,  1S97)  ;  Breccia,  Les  fouilles  dans  le 
Sérapeum  d' Alexandrie  en  1005-06  {Annales  du  Service  des  Antiquités,  VIII, 
p.  62-76)  ;  LuMBROso,  L'Egitto  dei  Greci  e  dei  Romani,  p.  225-233  ;  Cfr.  aussi 
Du  TiLLi  H.,  Etude  sur  la  colonne  de  Pompée  à  Alex,  Senlis  1875  (pag.  22), 
Magasin  Pittoresque,  1834  ;  Comptes-rendus  du  Congrès  international  d'Ar- 
chéologie, Caire,   1909,  p.  291-293. 


104 


LES    CATACOMBES 

DE 

KOM-EL-CHOGAFA 


A  dix  minutes  environ  du  Serapeum  (prendre  par  la  rue  de 
Karmous  et  ensuite  par  la  rue  Abou  Mandour)  se  trouve  l'hy- 
poge'e  de  Kôm-el-Chogafa  (la  colline  des  tessons).  C'est  une 
construction  fune'raire  à  trois  étages,  qui,  par  la  grandeur  de 
son  plan,  le  pittoresque  de  ses  perspectives,  par  l'art  e'trange 
de  ses  sculptures  et  de  ses  reliefs,  laisse  une  profonde  impres- 
sion dans  l'esprit  du  visiteur.  Le  me'rite  de  sa  de'couverte,  bien 
qu'elle  fut  due  au  hasard,  en  revient  entièrement  au  D''  Botti, 
qui,  depuis  1892,  avait  signale'  K6m-el-Chogafa  comme  un  centre 
de  recherches  arche'ologiques  dans  le  territoire  d'Alexandrie, 
et  y  avait  fouille' avec  perse've'rance.  Ce  ne  fut  qu'après  que  les 
carriers  eurent  pe'ne'tre'  maigre'  eux  dans  le  souterrain,  que 
celui-ci  fut  syste'matiquement  déblaye'  par  les  soins  de  Botti.  Puis, 
sous  la  direction  de  l'inge'nieur  Ehrlich,  Inspecteur  de  l'ouest 
au  Ministère  des  Travaux  Publics,  on  restaura  l'ancienne  entre'e, 
on  alle'gea  la  montagne  de  sable  et  de  de'bris  qui  recouvrait 
le  souterrain,  et  on  prote'gea  le  monument  contre  les  de'gâts 
e'ventuels  des  eaux  pluviales,  en  recouvrant  le  sol  d'une  couche 
d'asphalte.  L'inte'rieur  est  e'claire'  à  la  lumière    e'iectrique. 

Le  tombeau  (v.  Plan,  fig.  26)  comprend  trois  e'tages  superpose's, 
creuse's  à  même  le  roc  5  le  plus  bas  est  constamment  rempli  d'eau, 
celle-ci  s'e'tant  infiltrée,  à  une  e'poque  poste'rieure,  à  travers  les 
parois  du  fond,  peut-être  à  cause  de  l'atlaissement  du  terrain. 
Nous  avons  essaye'  à  plusieurs  reprises  de  Te'puiser  et  d'en  em- 
pêcher le  retour,  mais  sans  re'sultat.  Dans  l'antiquité,  un  quatrième 
e'tage  devait  exister  au-dessus  de  ceux  qui  sont  aujourd'hui  con- 
serve's  ;  cet  e'tage  devait  se  terminer  par  une  construction  à  ciel 
ouvert,  qui  fermait  l'entre'e  du  souterrain. 


Dès  l'entrée,  un  escalier  tournant  conduit  au  palier  des  cham- 
bres du  premier  e'tage  (fîg.  27).  A  droite  et  à  gauche  sont  deux  ni- 
ches semi-circulaires,  munies  de  bancs  et  de'core'es  dans  la  partie 


supérieure  d'une  grande  coquille  en  relief.  Cet  clément  de'coratif, 
qu'on  retrouve  encore  sur  le  plafond  de  l'escalier  qui  conduit  au 
deuxième  e'tage,  est  inconnu  à  l'art  e'gyptien.  Il  est  par  contre 
très  fre'quent  dans  les  produits  industriels  en  me'tal  de  1  âge  hel- 


loG     

lénistique;  il  fut  employé  avec  prédilection  en  Egypte  pendant  la 
pe'riode  romaine  et  très  employé'  aussi  par  l'art  copte.  L'escalier 
e'tait  utilise'  seulement  par  les  vivants  :  les  morts  e'taient  descen- 
dus au  moven  de  cordes  d'abord  par  les  puits  de'clairage,  en- 
suite par  les  larges  ouvertures  pratique'es  sur  ses  parois,  et  in- 
troduits enfin  dans  les  chambres  des  e'tages   infe'rieurs. 

On  entre  ensuite  dans  une  chambre  circulaire,  au  milieu  de  la- 
quelle   s'ouvre  un    puits  couvert  j^ar    une    sorte    de    kiosque    à 

coupole,  forme'  d"un  parapet 
et  de  huit  piliers  qui  se  rat- 
tachent à  la  voûte  de  la 
chambre.  C'est  au  fond  de 
ce  puits  qu'on  a  de'couvert 
les  cinq  têtes  en  marbre,  au- 
jourd'hui au  Musée  et  dont 
les  moulages  en  plâtre  sont 
expose's  ici. 

Autour  de  cette  rotonde 
s'ouvrent  des  chambres  avec 
sarcophages,  loculi  ou  niches 
pour  les  urnes  cine'raires. 
î.es  petites  excavations  qu'on 
observe  sur  les  parois  e'taient 
destinées  à  recevoir  des 
lampes,  dont  la  fume'e  a 
laisse'  des  traces  e'videntes. 
Dans  la  grande  salle,  à 
gauche  de  Tentre'e,  se  trouve 
le  tricliniiun  funèbre^  c'est- 
à-dire  la  salle  où  les  parents 
du  de'funt  s'assemblaient  pour 
un  repas  fune'raire,  les  jours 
consacre's  au  culte  des  morts 
(pour  les  Romains,  le  jour  des  violettes  =  dies  viola?  5  le  jour 
des  roses  =  dies  rosœ,  et   autres). 

La  salle  mesure  8  m.  50  sur  9  mètres.  Le  plafond  est  soutenu  par 
des  piliers.  Le  triclinitim  conserve  son  aspect  originel.  Les  trois 
lits,  ainsi  que  les  piliers  qui  soutiennent  le  plafond,  sont  travaille's 
à  même  le  roc.  La  table,  probablement  en  bois,  devait  se  trou- 
ver au  milieu,  entre  les  trois  lits.  Les  lits  e'taient  garnis  de 
matelas,  à  chaque  re'union. 

On  sort  du  triclinium  et  on  va  jusqu'à  l'escalier  qui  descend 
au  deuxième  e'tage. 

De  ce  point,  on  jouit  d'une  vue  aussi  pittoresque  qu'e'vocatrice 


Fig. 


.^ 


io8     . 

sur  la  partie  centrale  qui  est  la  plus  importante  de  la  tombe  (fig.  28). 
La  voûte  de  cet  escalier  monumental  est  de'core'e  d'une  grande 
coquille  en  relief.  Plus  bas,  l'escalier  de  quinze  degre's  se  divise  en 
deux  parties  qui  descendent  à  droite  et  à  gauche  d'une  grande 
niche  en  forme  de  coquille,  rappelant  le  trou  du  souffleur  des 
the'âtres.  Ce  trou  masque  un  autre  escalier  envahi  par  l'eau,  qui 
descend  au  troisième  e'tage.  Arrive's  au  bas  de  l'escalier,  nous 
nous  trouvons  en  face  du  vestibule  de  la  chapelle  fune'raire  pro- 
prement   dite. 

La  façade  de  ce  vestibule  est  supporte'e  par  deux  colonnes 
égyptiennes  à  faisceaux  de  papyrus  et  à  chapiteaux  fleuris. 
Dans  les  parois  de  droite  on  a  me'nage',  aux  angles,  deux  piliers 
de  style  égyptien  avec  chapiteaux,  dans  lesquels  les  papyrus  sont 
me'langës  à  des  feuilles  d'acanthe. 

Colonnes  et  chapiteaux  supportent  une  corniche  de'core'e  d'un 
disque  solaire  aile',  avec  les  uraeus  entre  deux  faucons,  et  avec 
une  sorte  de  frise  denticule'e.  Au-dessus  de  la  corniche  se  trouve 
un  fronton  à  voiàte  très  aplatie,  orne'  d'un  simple  disque  solaire. 
Dans  les  parois  late'rales  du  vestibule,  on  voit  deux  niches  qui 
affectent  la  forme  de  portes  e'gyptiennes,  et  où  se  trouvent  encore 
en  place  deux  statues  en  calcaire  blanc,  l'une  de  femme  (à  gau- 
che), l'autre  d'homme  (à  droite).  Le  type  de  la  tête  de  ces  deux 
personnages  ne  rappelle  que  de  loin  le  type  e'gyptien,  mais  les 
statues  mêmes  ont  e'te'  travaille'es  selon  les  principes  et  les  modèles 
de  l'art  e'gyptien.  Ainsi  que  l'a  signale'  le  professeur  von  Bissing, 
le  tvpe  et  la  coiffure  nous  rappellent  les  têtes  en  plâtre  des  deux 
premiers  siècles  de  notre  ère  et  les  ce'lèbres  portraits  du  Fayoum. 
Nous  pouvons  ajouter  que  la  tête  de  l'homme  pre'sente,  dans  la 
technique,  des  analogies  remarquables  avec  celles  de  deux  bus- 
tes en  plâtre  trouve's  dernièrement  dans  un  tombeau  à  Souk-el- 
Wardian  (v.  Muse'e,  salle  12,  n.  3337  et  3339).  Selon  von  Bissing 
les  deux  statues,  ainsi  que  les  modules  de  l'architecture  et  la 
de'coration  ge'ne'rale,  nous  engagent  à  placer  l'origine  du  monu- 
ment dans  la  pe'riode  comprise  entre  Vespasien  et  Hadrien.  Une 
porte,  surmonte'e  d'une  corniche  orne'e  du  disque  solaire  aile'  et 
d'une  frise  d'uraeus,  est  perce'e  dans  le  fond  du  vestibule  ;  or 
cette  frise  est  très  fre'quente  dans  l'architecture  e'gyptienne  des 
basses  e'poques. 

A  droite  et  à  gauche,  sur  des  socles  qui  affectent  la  forme 
d'un  naos  e'gyptien,  se  trouvent  sculpte's  en  bas-relief  deux  gros 
serpents  ou  dragons  barbus,  coifîe's  de  la  double  couronne  (pschent) 
et  ayant  à  côte'  d'eux  le  caduce'e,  symbole  d'Hermès  ou  Mercure 
et  le  thyrse,  symbole  de  Dionysos  ou  Bacchus.  Dans  ces  serpents 
nous  devons  voir  non  seulement  des  agathode'mons  (bons  ge'nies). 


log        

mais  encore  les   serpents  sacres  d'Osiris  et    de  Dionysos   (dieux 
des  morts)  et  d'Hermès  (le  guide  des  morts). 

'■'Au-dessus  des  dragons,  on  remarque  des  boucliers,  avec  une 
tête  de  Gorgone  se  de'tachant  d'une  sorte  d'e'gide.  Probablement 
on  voulait,  par  cejsymbole  terrifiant,  e'ioigner  de  la  tombe  les 
méchants  et  les    voleurs, 

La  chambre  contient  trois  niches  place'es  sur  un  socle,  occu- 
pant les  trois  faces  de  la  chambre.  Dans  chaque  niche  se  trouve 


Fig.  29. 


un  sarcophage  taille,  ainsi  que  le  couvercle,  à  mcme  la  roche  sa- 
blonneuse. Ils  sont  à  peu  près  semblables  ;  celui  de  la  niche  du 
fond  ne  diftere  des  autres  que  par  les  de'tails  de  l'ornementation. 
Il  a,  sur  la  face  antérieure,  un  feston  de  fleurs;  au-dessus  de 
la  guirlande,  au  centre,  se  trouve  une  figure  de  femme  couchée 
qui  repre'sente  peut-être  la  de'funte  à  laquelle  le  sarcophage  e'tait 
destine'.  Aux  anneaux  qui  soutiennent  la  guirlande  sont  sus- 
pendus deux  masques,  de  Silène  à  droite,  de  Me'duse  à  gauche, 
l.a    partie    ante'rieure     du    couvercle    est    décore'e    d'un    feston 


horizontal  en  relief,  forme'  par  deux  feuilles  et  des  fruits  de 
lierre  et  d'olivier. 

Les  deux  sarcophages  des  niches  latérales  sont  tout  à  fait 
identiques  l'un  à  l'autre.  Sur  la  face  ante'rieure  il  y  a  un  feston 
forme'  de  grappes  de  raisin,  se  terminant  par  des  rubans.  Au 
milieu,  un  crâne  de  bœuf  est  suspendu  à  un  anneau;  à  droite  et 
à  gauche,'  au-dessus  du  feston,  on  remarque  deux  tètes  de 
Me'duse.  La  partie  ante'rieure  du  couvercle  est  de'core'e  d'un 
me'andre  (fig.    29). 

Les  couvercles  de  ces  sarcophages,  de'core's  aux  angles  de 
petits  acrotères  ou  oreilles,  sont  siniule's,  car  il  e'tait  a  craindre, 
vu  la  nature  friable  du  rocher,  qu'on  les  brisât  en  les  soulevant. 
L'architecte  a  trouve'  un  moyen  aussi  pratique  qu'adroit  de  re- 
me'dier  à  cet  inconve'nient.  Il  a  creuse'  du  dehors,  dans  la  galerie 
qui  entoure  la  chambre  fune'raire,  des  ouvertures  correspondant 
aux  dits  sarcophages,  puis  il  a  vide'  l'inte'rieur  de  ceux-ci.  De 
cette  façon,  les  cadavres  n'entraient  pas  dans  la  petite  chapelle, 
ou  bien  ils  y  e'taient  seulement  de'pose's  un  instant  pour  les 
dernières  prières  de  la  cérémonie.  Ils  étaient  portés  dans  leur 
tombe  par  le  corridor  extérieur. 

Sur  les  parois  de  chaque  niche,  au-dessus  des  sarcophages,  il 
y  a  un  relief  central  et  deux  reliefs  latéraux  plus  petits.  Ces 
motifs  sont  travaillés  au  ciseau  en  ronde-bosse  d'un  art  franc, 
mais  un  peu  mou.  Certains  détails  sont  encore  actuellement  re- 
levés de  couleurs.  Les  sujets  présentent  un  caractère  religieux 
et  funéraire,  mais  il  est  à  présumer  que,  ni  le  propriétaire  de 
la  tombe,  ni  l'artiste  qui  l'a  exécutée,  n'étaient  en  état  de  com- 
prendre la  valeur  des  symboles  qu'ils  tâchaient  de  reproduire 
d'après  les  monuments  de  l'époque  pharaonique. 

La  scène  représentée  sur  la  paroi  centrale  de  la  niche  du 
fond  nous  montre  Osiris  momifié,  coiffé  du  bandeau  royal  et  de 
l'uraeus,  étalé  sur  un  lit  de  mort;  ce  lit  a  la  forme  d'un  lion 
qui  porte  la  couronne  osirienne,  surmontée  du  disque  solaire  et 
qui  tient  dans  ses  griffes  de  devant  la  plume,  symbole  de  la 
déesse  de  la  vérité.  On  voit,  sous  le  lit,  les  trois  canopes  qui 
devaient  contenir  les  entrailles  du  défunt  :  l'un  a  le  couvercle  à 
tête  d'épervier.  un  autre  à  tête  humaine,  le  troisième  à  tête 
de  chien.  Derrière  le  lit,  Anubis,  le  dieu  de  l'embaumement 
à  tête  de  chien,  se  tient  debout,  le  disque  avec  deux  uraeus  sur 
la  tête,  dans  la  main  gauche  un  godet  loti  forme  flanqué  de  deux 
serpents,  avec  une  anse  en  forme  d'étrier.  Du  godet  sort  une 
plante  de  nymphaea.  La  main  droite  du  dieu  plane  sur  la  momie. 

A  la  tête  du  lit  est  Thot  (dieu  de  l'écriture  et  de  la  science, 
représenté  par  un  corps   humain  à   tête  d'ibis\  tenant  un  sceptre 


et  un  vase  et  offrant  au  mort,  comme  symbole  de  la  résurrection, 
le  signe  de  la  vie.  Aux  pieds  du  lit  se  trouve  Horus  (dieu  so- 
laire à  tête  d'e'pervier),  qui  tient  lui-même  un  sceptre  et  un  vase, 
mais  il  n'a  pas  dans  les  mains  de  signes  symboliques.  Dans  la  pe- 
tite paroi  de  droite,  se  trouve  repre'senté  un  prêtre,  coiffe  de  deux 
hautes  plumes,  vêtu  d'une  peau  de  panthère  jete'e  sur  une  lon- 
gue robe,  offrant  un  bouton  de  lotus  et  une  coupe  avec  une 
aiguière  à  une  femme,  qui  est  coiffe'e  d'une  grande  perruque  avec 
bandeau,  surmonte'e  du  disque  solaire. 

Elle  lève  les  deux  mains,  les  paumes  tournées  vers  son  visage. 
Entre  le  prêtre  et  la  femme,  qui  fait  le  geste  de  recevoir  les 
offrandes,  est  un  autel  ayant  la  forme  d'un  faisceau  de  papyrus. 
Dans  la  paroi  de  gauche,  on  voit  un  prêtre  lisant,  dans  son  rou- 
leau, des  prières,  devant  un  personnage  debout  (le  de'funt)  qui 
tient  de  la  main  droite  un  objet  mal  caracte'rise'.  Sur  l'autel 
qui  est  entre  les  deux  personnages  est  place'  un  vase,  duquel 
sortent  des  plantes  (ou  des  flammes  ?),  Dans  l'homme  et  la  femme 
on  serait  tente'  de  voir  le  couple  proprie'taire  de  la  tombe,  ou 
en  tout  cas  le  couple  enseveli  dans  le  sarcophage  du  centre. 
Le  disque  solaire  ne  serait  que  le  signe  de  leur  de'ification  après 
la  mort.  Les  prêtres  sont  e'videmment,  par  leurs  gestes  et  par  leur 
habillement,  des  prêtres  des  morts. 

Dans  la  paroi  principale  de  la  niche  de  droite,  on  remarque  un 
personnage  coiffe'  de  la  double  couronne  royale,  orne'  d'un  col- 
lier, vêtu  d'une  robe  qui  couvre  le  corps  jusqu'au-dessus  des 
genoux.  Il  est  debout  devant  un  autel  ayant  la  forme  d'un  co- 
rymbe  de  papyrus,  et  il  pre'sente  une  offrande  dans  une  sorte 
de  vase,  qu'il  t'ent  des  deux  mains  par  les  anses,  au  dieu  Apis 
qui  se  dresse  sur  un  pie'destal  devant  lui.  Le  bœuf  Apis  a  le  disque 
solaire  entre  les  cornes  et  un  tout  petit  naos  suspendu  au  cou. 
Sur  sa  poitrine  est  grave'  un  croissant.  Sur  l'autel  on  voit  des 
offrandes  (gâteaux  ou  encens).  Derrière  l'Apis,  Isis,  debout,  lient 
de  la  main  droite  la  plume  symbolique  de  la  ve'rite',  et  de'ploie 
ses  ailes  en  signe  de  protection.  Elle  est  habille'e  d'une  longue 
robe  richement  de'core'e,  porte  la  longue  perruque  fe'minine  avec 
l'uraeus  sur  le  bandeau  qui  ferme  la  coiffure  au-devant  du  front. 
La  tête  est  surmonte'e  du  disque  solaire. 

Sur  la  petite  paroi  de  droite  on  remarque  deux  figures  sc'- 
parces  par  un  autel  papyriforme  et  repre'sentant,  l'une,  un  dieu 
cynocéphale  avec  le  disque  sur  la  tête,  l'autre,  un  dieu  à  visage 
humain  enveloppi  dans  le  maillot  des  momies,  et  portant  sur  la  tête 
le  disque  solaire.  Dans  la  petite  paroi  de  gauche  est  repre'senté'  un 
personnage  qu'on  peut  identifier  avec  un  roi  faisant  des  offran- 
des à  une  divinité  (Osiris    ou    Chons).  Le    roi    tient  dans    une 


main  le  sceptre,  dans  l'autre  la  plume  de  la  ve'rite'  qu'il  pre'sente 
au  dieu.  Sur  l'un  des  reliefs  le  roi  est  repre'sente'  ayant  la  tête 
surmonte'e  du  disque  solaire  flanque'  d'uraeus;  sur  l'autre  relief  il  est 
coiffe'  de  la  couronne  appele'e  hem-hem.  Les  bandelettes  dont  le  dieu 
Ghons  est  enveloppe'  sont  distribue'es  en  bandes  diagonales  for- 
mant des  losanges.  Dans  les  losanges  sont  repre'sente'es  des  ima- 
ges divines,  des  têtes  humaines,  des  étoiles,  des  fleurs,  etc. 

Les  scènes  reproduites  par  les  bas-reliefs  de  la  niche  de  gauche 
sont  pareilles  à  celles  que  nous  venons  de  de'crire.  Seulement 
dans  la  scène  repre'sentêe  sur  la  petite  paroi  de  droite,  l'une 
des  divinite's  n'est  pas  à  tête  de  chien  ou  de  singe,  ainsi  que 
dans  le  relief  correspondant,  mais  à  tête  de  faucon.  Les  quatre 
divinite's  repre'sente'es  sur  ces  deux  reliefs  sont  les  fils  d'Horus, 
qui,  en  leur  qualité'  de  divinite's  canopiques,  veillent  sur  les 
entrailles  des  momies. 

A  droite  de  la  porte  d'entre'e,  debout  sur  un  socle,  se  tient 
Anubis,  avec  tête  de  chien  et  corps  humain,  en  dieu  guerrier, 
revêtu  de  la  cuirasse  romaine  et  portant  suspendu  en  bandou- 
lière le  glaive  court  des  le'gionnaires.  Il  tient  du  bras  droit  un 
bouclier  et  de  la  main  gauche  une  lance  romaine. 

De  l'autre  côte'  de  la  porte,  on  a  place'  Set-Typhon  ou  Ma- 
kedon  à  tête  de  loup,  le  corps  termine'  en  dragon,  debout  sur  un 
socle  et  vêtu  en  soldat  romain.  Ces  divinite's  appartiennent  spe'- 
cialement  au  panthe'on  gre'co-romain  et  complètent  de  la  façon 
la  plus  heureuse  le  me'lange  curieux  des  formes  gre'co-romaines 
et  égyptiennes,  me'lange  qui  fait  de  l'architecture  et  des  sculp- 
tures de  ce  tombeau,  un  ensemble  unique  en  son  genre. 

La  date  la  plus  probable  qu'on  peut  fixer  pour  l'origine  de  la 
tombe  est  la  pe'riode  comprise  entre  les  empereurs  de  la  famille 
des  Flaviens  et  Hadrien  (c'est-à-dire  entre  la  fin  du  premier 
siècle  ap.  J.-Gh.  et  la  première  moitié'  du  11"'^   siècle). 

Les  personnages  qui  repre'sentent  les  deux  statues  place'es 
dans  le  vestibule  et  reproduisent  les  reliefs  (l'homme  et  la 
femme  à  qui  les  prêtres  des  morts  adressent  des  prières),  sont 
les  proprie'taires  primitifs  de  la  tombe.  Rien  ne  dit  qu'ils  aient 
e'te'  des  personnages  très  remarquables,  mais  évidemment  ils  de- 
vaient être  assez  riches.  Qu'ils  aient  e'te'  grecs  ou  romains  ou, 
comme  il  est  problable.  e'gyptiens,  ils  suivaient  ces  tendances 
syncre'tiques  qui  tâchaient  de  fondre,  sans  y  re'ussir,  et  mê- 
laient dans  un  ensemble  peu  organique,  les  croyances  et  les 
formes  artistiques  grecques  avec  les  croyances  et  les  formes  ar- 
tistiques de  l'Orient. 

On  sort  de  la  chapelle  fune'raire  et  du  vestibule  pour  entrer 
dans  la  galerie  qui  en  fait  le    tour.    On  passe  par  la  porte    de 


113     

droite,  au  pied  de  l'escalier  monumental.  Sur  les  parois  de  cette 
galerie,  s'ouvrent  de  nombreux  loculi.  dont  plusieurs  sont  encore 
clos  et  dont  les  dalles  gardent  les  anciennes  inscriptions,  peintes 
en  noir  ou  en  rouge,  indiquant  le  nom  et  l'âge  du  mort. 
En  ge'ne'ral,  les  loculi  renfermaient  plusieurs  cadavres  (de  deux 
à  quatre).  Dans  quelques  niches,  des  urnes  sont  encore  en  place; 
elles  gardent  les  cendres  de  ceux  qui  avaient  préfère'  la  cre'ma- 
tion  à  r  inhumation. 

De  cette  galerie  s'en  de'tachent  d'autres,  qui  donnent  accès 
à  des  chambres  semblables  à  la  chapelle  centrale,  mais  dépour- 
vues de   toute  ornementation. 

Il  semble  que  la  tombe,  à  l'origine,  n'avait  pas  le  plan  com- 
plexe que  nous  constatons  aujourd'hui.  Plusieurs  chambres  et 
galeries  paraissent  avoir  e'te'  ajoute'es  à  des  e'poques  successives. 
L'agrandissement  de  la  tombe  serait  dû  ou  bien  à  des  familles  qui 
s'en  e'taient  successivement  empare'es  ou  mêaie,  d'après  l'opinion 
de  von  Bissing,  à  quelque  entrepreneur  de  pompes  funèbres. 

D'ailleurs  il  n'est  nullement  ne'cessaire  de  supposer  que  cet 
agrandissement  est  dû  à  ces  causes.  11  peut  se  faire  que  la 
tombe  ait  servi  aux  membres  d'une  même  corporation  fune'raire. 

On  remonte  l'escalier  monumental. 

Par  une  ouverture  pratique'e  dans  une  des  petites  chambres 
qui  s'ouvrent  sur  le  pourtour  de  la  galerie,  on  peut  pe'ne'trer 
dans  un  autre  tombeau  forme'  d'un  long  escalier  d'accès  (provi- 
soirement bouche'),  d'un  grand  puits  quadrangulaire  très  profond, 
d'une  galerie  late'rale,  où  on  remarque  des  sarcophages  et  des 
restes  assez  inte'ressants  de  peintures,  puis  d'une  vaste  salle  dont 
les  parois  sont  garnies  de  plusieurs  rayons  de  loculi.  Les  fresques 
qui  de'corent  cette  tombe  sont  très  voisines,  au  point  de  vue  du 
style,  des  reliefs  de  la  tombe  d'à  côte'. 

Dans  la  niche,  qui  s'ouvre  dans  la  paroi  nord-ouest  de  la 
galerie  late'rale,  on  observe  au-dessus  du  sarcophage,  la  scène 
suivante  peinte  sur  une  e'paisse  couche  de  stuc  blanc,  dont  toute  la 
surface  du  sarcophage  et  de  la  niche  e'tait  recouverte. 

Isis  et  Nephtys,  se  faisant  face  et  les  ailes  de'ployc'es,  protègent 
la  momie  d'Osiris.  Elles  portent,  comme  d'habitude,  la  longue 
tunique  collante,  et  ont  sur  la  tête  le  disque  solaire  entre 
deux  cornes  de  vache.  A  droite  et  à  gauche,  derrière  les  dJesses, 
se  tient  debout  un  homme  ayant  la  tête  surmonte'e  par  deux  cor- 
nes. Le  sceptre  qu'il  tient  dans  la  main  droite  indique  en  lui 
un  roi  ou  un  dieu,    mais    il  n'est  pas  possible  de   l'identifier. 

De  même,  on  ne  peut  pas  donner  un  nom  aux  figures  assises  sur  un 
trône,  peintes  sur  les  petites  parois  latérales.  Au-dessus  de  ces  images 
court,  tout  autour,  une  guirlande  de  simples  feuilles  oblongues. 


=-— — ÏI4     — 

Les  deux  pilastres  sont  également  peints.  En  bas  un  dessin 
repre'sentant  un  grillage;  en  haut,  dans  la  paroi  inte'rieure, 
l'oiseau  âme,  c'est-à-dire  un  oiseau  à  tête  humaine  sans  la  barbe, 
avec  le  disque  solaire  entre  deux  cornes  et  l'uraeus  ;  dans  la 
paroi  extérieure,  Horus-Re  (de'signe'  comme  tel  par  le  faucon 
peint  au-dessus  de  lui,  à  gauche).  Il  est  debout  sur  une  fleur 
de  lotus,  et  il  tient  une  fleur  de  lotus  dans  sa  main  droite. 

Sur  le  plafond  on  remarque  les  maigres  vestiges  de  deux  divinite's 
fe'minines.  et  au  milieu  d'elles,  deux  ailes  accroche'es  à  une  roue. 
Le  fronton  est  décore'  de  figures  symboliques  ;  au-dessous  d'un 
disque  solaire  est  peinte  une  coupe  d'où  semblent  sortir  des 
flammes  ;  à  droite  et  à  gauche  de  ce  vase  sont  deux  sphinx 
se  faisant  face.  Chacun  d'eux  tient  la  patte  droite  sur  une 
roue.  On  doit  y  voir  le  griff'on  de  la  de'esse  Ne'me'sis,  ou  mieux 
encore  la  déesse  Ne'me'sis  elle-même  sous  son  aspect  zoomorphe. 

On  appelle  cette  tombe  la  salle  de  Caracalla-,  en  voici  la 
raison  :  on  y  a  trouve'  une  très  grande  quantité'  de  crânes  et 
d'ossements  de  chevaux  et  d'hommes,  et  feu  Botti,  pour  en 
expliquer  la  pre'sence,  se  re'fe'rait  au  massacre  de  la  jeunesse 
d'Alexandrie  ordonne'  par  Caracalla.  Les  malheureux  jeunes 
gens,  poursuivis  par  les  soldats  de  l'empereur,  auraient  espe're' 
se  sauver  en  se  cachant,  avec  leur  chevaux,  dans  les  catacombes, 
mais  he'las  !  ils  auraient  e'te'  tue's  dans  leur  refuge  à  coup  de 
pierres. 

L'hypothèse  n'est  pas  invraisemblable,  mais  elle  pourrait  bien 
ne  pas  correspondre  à  la  re'alite'. 

Sur  le  sommet  de  la  colline  qui  couvrait  les  hypoge'es,  existait 
autefrois  une  large  mosaïque  à  dessins  ge'ome'triques.  Les  intem- 
pe'ries  des  saisons  et  les  fouilles  projete'es,  nous  ont  pousse's  à 
la  transfe'rer  au  Muse'e.  De  cette  esplanade,  on  a  une  belle  vue 
sur  le  port,  sur  les  faubourgs  occidentaux  de  la  ville  et  sur  le 
lac  Mareotis. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Les  Bas-reliefs  de  Kôm  el-ChotigaJa  édités  par  la  So- 
ciété Archéologique  d' Alexandrie.  Texte  par  Fr.  von  Bissing.  Dessins  par  Gil- 
liéron;  Die  Nekropole  von  Kôm-esch-SchiigâJa,  Ausgrabungen  und  Forschungen 
herausçcg-eben  von  E.  Sieglin,  bearbeitet  von  Th.  Schreiber,  Leipzig,  1908. 
Band  I    Text  S.  XVI,  417  in   Gross-Follo,  Band  II  S.  VIII  u.  70  Tafeln. 


I  I 


LA  NECROPOLE  D'ANFOUCHY 


On  arrive  à  la  nécropole  d'Anfouchy  en  partant  de  la  place 
Mohamed-Ali  el  en  suivant  les  rues  Franque,  Masquid  Terbana, 
et  Ras-el-Tin.  Les  deux  plus  importants  hypogées  de  cette  né- 
cropole nous  offrent  un  beau  spe'cimen  des  tombes  alexandrines 
d'époque  ptole'maïque,  ainsi  que  des  échantillons  très  intt'ressants 
de  peintures  murales  de  la  même  e'poque.  Les  deux  hypoge'es, 
qui  sont  inde'pendants  l'un  de  l'autre,  sont  creuse's  dans  le  rocher 
et  pre'sentent  une  analogie  frappante  dans  leur  plan  comme 
dans  leur  de'coration.  Nous  désignerons  par  I  le  souterrain  du 
sud  et  par  II  celui  du  nord  (voir  le  plan  annexe',  dresse'  par 
ring.  E.  Simond  Bey)  (fig.  30). 

I.  Par  un  escalier  creuse'  à  même  le  rocher  et  dont  les  deux 
rampes  se  rencontrent  presque  à  angle  droit,  on  pe'nètre  dans 
un  atrium  quadrangulaire  sur  lequel  se  de'gagent  deux  tom- 
beaux dont  les  directions  sont  respectivement  sud-est  et  nord- 
est«  En  dehors  de  V atrium  qui  est  commun,  chacun  des  deux  tom- 
beaux est  forme'  d'un  long  vestibule  destine  aux  cêre'monies  du 
culte  fune'raire  et  d'une  chapelle  mortuaire  plus  petite,  à  laquelle 
on  accède  par  un  escalier  de  deux  ou  trois  marches. 

Nous  descendons  la  première  rampe  de  l'escalier,  dont  le 
plafond  e'tait  voûte',  et  nous  nous  arrêtons  sur  le  palier.  Les  parois 
latérales  sont  couvertes  d'un  enduit  en  stuc,  sur  lequel  est 
peinte  une  de'coration  représentant  un  socle  qui  repose  sur  une 
base  de  couleur  jaune  grisâtre  imitant  des  dalles  d'albâtre;  au- 
dessus  du  socle,  se  trouvent  des  rectangles  représentant  une  cons- 
truction en  opiis  isodoinum.  Dans  la  partie  supe'rieure  des  parois 
du  palier  e'taient  peintes  deux  scènes,  dont  la  première  (à  gauche 
de  l'escalier)  est  complètement  efFace'e.  L'autre  nous  présente 
le  dieu  Horus  à  tête  de  faucon,  debout,  tourné  de  gauche  à 
droite,   coiffé  du  klaft,  et  cherchant  à  entraîner  un  personnage  (le 


. I  lO      

défunt)  vers  un  but  qu'il  indique  de  la  main  droite  (l'occident 
ou  re'gion  de  la  mort).  Le  dcfunt.  habille'  d'une  longue  robe  et 
coiffe'  d'une  sorte  de  casque,  regarde,  à  droite,  un  personnage 
debout  qui  semble  lui  parler,  et  lui  pre'sente,  de  la  main  gauche, 
un  vase.  Ce  personnage  vêtu  d'une  robe  couvrant  la  poitrine  et 
le  corps  jusqu'  aux  genoux,  coiffe'  dune  perruque  entoure'e 
d'un  cercle  d'or  se  terminant  par  un  ruban  derrière  la  nuque  et 
par  un  uraeus  sur  le  front,  doit  repre'senter,  selon  l'opinion 
la  plus  problable,  Osiris.  Derrière  lui  est  repre'sente'e  Isis  debout, 


Plan 

des 


HYPOGEES 

de 

LILE    DE    PHAROS 


Hypogée  I 

Relevé  et  dressé   pcr 
L   51MOMD    BEy 


Fig-,   30. 


regardant  e'galement  le  de'funt;  elle  est  vêtue  d'une  longue  robe 
qui  laisse  voir  les  seins  et  un  bras;  elle  est  coiffée  d'un  cercle 
d'or  et  du  bandeau.  Ce  serait,  paraît-il,  la  scène  de  l'eau  lustrale. 
En  descendant  la  deuxième  rampe  dont  la  voiJte  est  de'core'e 
d'e'le'ments  ge'ome'triques  à  base  de  losanges,  on  observe,  en  face 
de  soi,  sur  le  haut  de  la  paroi,  un  troisième  tableau,  dont  la 
moitié'  de  droite  est  seule  visible.  Cette  scène  devait  repre'senter 
l'introduction  du  de'funt  devant  Osiris,  dieu  des  morts.  Osiris 
est  repre'sente'  assis,  de  droite  à  gauche,  sur  un  trône  très  orne'. 
Le  dieu  est  dans  son  enveloppe  de  momie,  coiffe'  de  la  mitre 
solaire,  il  tient  le  flagelluni  et  le  sceptre  divin.  Derrière  lui,  le 
chien   Anubis  assiste  à  la  re'ception  et  regarde  la  scène.  La  figure 


debout  qui  s'avance  au-devant  d'Osiris  est  Horus,  qui,  tenant 
de  la  main  droite  un  vase,  introduit,  chez  le  dieu  des  morts,  le 
de'funt  dont  la  figure  est  presque  complètement  efface'e.  —  On 
entre  dans  Yatrium,  lequel  mesure  5  m.  40  sur  4  m.  et  dont 
les  parois  conservent  des  vestiges  de  l'ancienne  de'coration  dans 
le  même  style  que  celle  des  parois  de  l'escalier,  style  connu 
sous  le  nom  de  premier  style  pompe'ien  ou  style  à  incrustations. 

On  a,  à  droite,  la  porte  d'entre'e  de  la  tombe  A  (voir  le  plan). 
Le  vestibule  est  de  forme  à  peu  près  quadrangulaire.  L'orne- 
mentation des  parois,  enduites  seulement  d'une  couche  blanche, 
ne  semble  pas  avoir  été'  achevée  pour  des  raisons  qui  nous 
échappent,  mais  elle  garde  des  inscriptions  et  des  dessins  peints 
en  noir  [dipinti)  qui  ne  manquent  pas  d'intérêt.  Ces  «  dipinti  » 
semblent  avoir  été  tracés  par  quelque  ouvrier  qui  travaillait  dans 
l'hypogée,  peintre  improvisé  qui  a  dessiné  des  navires  et  même 
une  tête  humaine,  peut-être  le  portrait  ou  la  caricature  d'un  de 
ses  collègues.  "Voir  sur  la  paroi  de  gauche  l'image  (oxiâ)  d'An- 
tiphile  exécutée  par  Diodore  qui  est  aussi,  naturellement,  l'auteur 
de  l'inscription.  Sur  la  paroi  de  droite  on  observe  une  barque 
avec  sa  voile  déployée  et  un  navire  que  de  récentes  recherches 
ont  confirmé  représenter  un  navire  de  combat,  à  tourelle,  la 
«  navis  turrita  »    des  Romains. 

Au  milieu  de  la  paroi  du  fond,  s'ouvre  la  porte  de  la  chambre 
funéraire  à  laquelle  on  accède  par  un  escalier  de  deux  marchei. 
L'architrave  de  la  porte  était  formée  par  une  frise  d'uraeus  et 
était  surmontée  du  disque  solaire  ailé.  L'intérieur,  qui  est  sombre, 
est  dépourvu  de  toute  décoration.  Sur  le  sol  gisent  encore  deux 
momies  dans  un  état  complet  de  décomposition. 

Nous  revenons  dans  Vatriuui  pour  pénétrer  dans  la  tombe  B, 
la  mieux  conservée  comme  aussi  la  plus  joliment  décorée  (fig.  31). 
On  constate,  d'abord,  que  l'on  est  en  présence  d'une  chambre  qui 
a  reçu  deux  décorations  successives.  En  certains  endroits,  l'enduit 
le  plus  récent  est  tombé  et  laisse  voir  à  nu  une  décoration  plus 
ancienne  qui  était  constituée,  ainsi  que  celle  de  l'escalier,  par  un 
socle  assez  haut,  imitant  des  dalles  en  marbre  ou  en  albâtre,  re- 
posant sur  une  base  jaune  grisâtre.  Au-dessus  du  socle,  jusqu'à  la 
corniche,  il  y  a  des  rectangles  reproduisant  une  construction  en 
opus  isodomum  Les  blocs  rectangulaires  ont  le  contour  peint  en 
rouge  brun.  La  décoration  postérieure  est  formée  par  un  socle 
imitant  un  revêtement  en  albâtre,  mais  l'espace  entre  ce  socle 
et  la  gorge  qui  couronne  la  paroi  présente  une  ornementation 
aussi  riche  que  variée.  Sur  le  socle  reposent  trois  bandes  de 
petits  carrés  peints  en  blanc  et  noir,  disposés  en  damier,  puis 
une  bande  étioite  imitant  un  revêtement  en  albâtre.   Les    trois 


ii8     

bandes  de  petits  carres  et  la  zone  d'imitation  d'albâtre  se  re'- 
pètent  par  deux  fois,  de  façon  à  remplir  tout  Tespnce  compris 
entre  le  socle  et  la  gorge. 

Dans  le  damier,  à  distances  e'gales,  sont  peintes  en  jaune  des 
couronnes  de  divinite's  e'gyptiennes.  Le  plafond  en  voûte  le'gère 
semble  garder  sa  de'coration  primitive,  constitue'e  par  des  octo- 
gones jaunes  re'unis  par  des  carrés  peints  en  noir. 

A  droite  et  à  gauche  de  la  porte  de  la  chambre  fune'raire, 
on  remarque  deux  bases  sure'leve'es,  sur  lesquelles  sont  disposes 
deux  sphinx  au  repos.  Le  tympan  qui  surmonte  la  porte  est 
cintre',  avec  une  frise  de  denticules.  Dans  le  champ  du  tympan 
plane  le  disque  solaire  (fig.   31). 

L'architrave  repose  sur  deux  piliers,  qui  sont  censés  être 
construits  avec  des  blocs  noirs  et  blancs  et  qui  se  terminent 
par  des  chapiteaux  lotiformes.  On  monte  à  la  chambre  fune'raire 
par  un  escalier  de  deux  marches.  L'ouverture  de  la  porte  in- 
te'rieure  se  resserre  et  la  corniche  est  forme'e  par  une  frise 
d  uraeus.  Au  milieu  de  la  chambre,  on  a  trouve'  en  place  un  autel 
en  calcaire.  Au  centre  de  la  paroi  du  fond,  on  remarque  un 
petit  naos  qui  contenait  probablement  une  idole  ou  des  offrandes. 
Le  plafond,  qui  a  reçu  lui  aussi  deux  couches  successives  de 
peinture,  e'tait  richement  de'core'  de  carre's  et  de  rectangles,  imi- 
tant des  caissons  sculpte's,  à  Tinte'rieur  desquels  e'taient  repro- 
duites des  scènes  mythologiques.  En  regardant  avec  attention  on 
voit  de  nombreuses  traces  de  figures  humaines  à  l'inte'rieur  des 
espaces  carre's  ou  rectangulaires;  mais  il  est  impossible,  malheu- 
reusement, d'identifier  les  scènes  qui  s'y  trouvaient  repre'sente'es. 
Sur  les  parois,  on  retrouve,  à  peu  de  chose  près,  la  de'coration 
du  vestibule. 

L'entre'e  du  souterrain  II  est  imme'diaternent  à  gauche  de  ce- 
lui que  nous  venons  de  de'crire.  On  arrive  dans  Vatriutn  par 
un  escalier  de  huit  marches  et  par  un  couloir  de  5  mètres  en- 
viron de  longueur.  Uatrimn  est  quadrangulaire,  mais  le  plan 
en  est  irre'gulier.  Sur  Vatriuin  s'ouvrent  deux  tombeaux.  Celui 
qui  se  trouve  à  gauche  de  l'entre'e  pre'sente  des  remaniements 
e'vidents.  Nous  entrons  dans  le  tombeau  C  (voir  le  plan),  dont 
la  porte  est  couronne'e  par  une  architrave  en  blocs  de  calcaire, 
derrière  laquelle  s'ouvre  une  lucarne.  Le  vestibule  à  forme  rectan- 
gulaire est  muni  de  bancs  larges,  le'gèrement  e'ieve's  au-dessus 
du  sol.  La  de'coration  des  parois  de  l'escalier,  comme  celle  du 
vestibule,  e'tait  traitée  dans  le  plus  ancien  des  deux  styles  que 
nous  venons  d'observer  dans  le  tombeau  I.  Le  plafond  avait  une 
ornementation  géométrique  à  base  de  losanges,  pareille  à  celle 
qu'on  a  vue  au  plafond  de  l'escalier  du   premier   souterrain.   La 


chambre  funéraire  est  petite,  basse  et  occupe'e,  en  grande  par- 
tie, par  un  sarcophage  en  granit  où  repose  une  famille  toute 
entière. 

Le  tombeau  D  me'rite  une  attention  spéciale  si  l'on  veut  com- 
prendre la  transformation  qu'on  lui  a  fait  subir  quelques  siècles 
après  sa  construction  primitive.  La  tombe  la  plus  ancienne  e'tait 
forme'e  d'une  chambre  rectangulaire  dont  les  parois  e'taient  de'- 
core'es  dans  le  style  à  incrustations  (orthostate  à  dalles  d'albâtre, 
et  blocs  rectangulaires  dispose's  en  assises  e'gales).  La  déco- 
ration de  la  voûte  imite  des  caissons  sculptés  ayant  la  forme 
d'octogones  et  relie's  entre  eux  par  de  petits  carre's.  Sur  cette 
tombe,  sans  doute  d'e'poque  helle'nistique,  on  a  greffe'  à  l'e'poque  ro- 
maine une  construction  nouvelle  en  briques  cuites  avec  trois  sarco- 
phages. Cette  construction  ne  cache  pas  complètement  l'ancienne 
de'coration,  qui  est  encore  assez  bien  conserve'e  dans  la  chambre 
fune'raire  primitive  (entrer  par  le  passage  à  droite  du  sarcophage 
du  miUeu). 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Bottt,  Description  sommaire  de  la  nécropole  d'An- 
fouchy,  in  Bull.  Soc.  Arch.  d'Alex.,  n.  4,  p.  16-30;  K.  M.  Blomfiei^d,  Sketch  oj 
Anciént  War-Ship  on  Wall  of  Tomb  near  Anjushi  Bay  ;  Sc-aivF^  Alexandri- 
nische  Dipinti,  ErsteiTeil,  Leipzig-,  Hirsciifeld.  1905  ;  Assmann- E.,  Dz>  Schiffs- 
bilder  von  Althiburns  und  Alexandria,  in  Jahrbuch  d.  k.  d.  a.  Instituts,  XXI, 
pag.  107-115. 


ENVIRONS  D'ALEXANDRIE 


TAPOSIRIS  MAGNA  -  KARM  ABOU  MINA. 


Parmi  les  excursions  les  plus  inte'ressantes  qu'on  puisse  faire 
en  Et^ypte,  on  doit  compter  celle  du  «  Mariout  »  jusqu'à  Taposiris 
Magna  (Abousir)  et  aux  sanctuaires  d'Abou  Mina.  La  meilleure 
e'poque  est  celle  qui  va  de  janvier  aux  derniers  jours  de  mars, 
alors  que  la  flore  du  de'sert  est  dans  son  plein  épanouissement. 
L'excursion  demande  une  journée  si  l'on  veut  borner  la  visite 
soit  à  Taposiris  Magna,  soit  à  Karm  Abou  Mina  ;  elle  exige 
deux   jours  si  l'on  veut  visiter  les  deux  endroits. 

Le  train  passe  au  milieu  de  nombreuses  collines  plates  sur- 
montées de  fours  à  chaux  ;  et,  après  Gheikhana,  il  parcourt  une 
étroite  et  longue  digue  qui  sépare  les  salines  de  Dekhela  du  lac 
Mariout.  La  première  gare  après  la  digue  est  celle  d'Abd-el-Kader, 
petit  village  dans  une  position  pittoresque  au  pied  d'une  colline, 
dont  la  hauteur  est  occupée  par  un  cimetière.  Le  village  d'Am- 
rieh,  qui  vient  après,  est  le  lieu  de  résidence  du  mamour  du 
district.  Chaque  semaine  on  y  tient  un  marché  très    fréquenté. 

Les  alentours  d'Amrieh  sont  bien  cultivés:  on  y  voit  des 
jardins,  des  vignobles  et  des  palmeraies:  c'est  le  résultat  des 
etforts  et  des  essais  que  le  Khédive  actuel,  S.  A.  Abbas  Hilmi, 
a  faits  pour  donner  au  Mariout  une  nouvelle  prospérité,  La  gare 
suivante  est  appelée  Second  Mariout;  vient  ensuite  celle  d'Hawa- 
rieh.  Quelque  temps  avant  d'arriver  à  Bâhig,  on  aperçoit  la  tour 
d'Abousir.  Km.  40  Bâhig. 

Dans  l'antiquité,  comme  de  nos  jours,  il  v  avait  dans  la 
région  maréotique  un  lac  qui  avait  disparu  au  moyen  âge  et 
qui  s'est  rempli  à  nouveau  en  1801,  lorsque  les  Anglais,  pour 
isoler  Alexandrie,  coupèrent  les  dunes  près  d'Aboukir.  Le  lac 
était  réuni  par  un  canal  à  la  branche  canopique  du  Nil  et  commu- 


niquait  avec  Alexandrie  par  un  autre  canal,  qui  allait  se  de'verser 
dans  l'Eunostos.  Au  milieu  du  lac,  il  y  avait,  à  l'époque  gréco- 
romaine,  huit  îlots  qui  étaient  très  fertiles  et  habite's,  dans  la 
bonne  saison,  par  de  riches  proprie'taires  qui  avaient  bâti  de 
jolies  maisons  de  campagne  et  des  fermes.  Tout  le  rivage 
entourant  le  lac  était  aussi  d'une  remarquable  fertilité  0)  et  couvert 
de  vignobles  dont  le  vin  eut  l'honneur  d'être  mentionné  ou 
célébré  par  Virgile,  par  Horace,  par  Lucain,  par  Strnbon,  par 
Columelle,  par  Athénée. 

Aujourd'hui  même,  on  trouve  encore  des  traces  évidentes  de 
cette  culture,  mais  elles  étaient  plus  nombreuses  à  l'époque  de 
Mahmoud  El-Falaki  [Antique  Alexandrie^   1872,  pag.  93). 

«  Les  champs  innombrables  qu'on  y  voit  encore  aujourd'hui, 
dit  cet  auteur,  portent  le  nom  de  Karm  qui  veut  dire  vignoble. 
L'infinité  de  villes  ou  villages  dont  on  distingue  encore  les  rui- 
nes, les  usines  à  vin  et  les  pressoirs  que  nous  y  avons  découverts 
par  les  fouilles,  les  citernes,  sakieh,  et  puits  dont  le  sol  est  jon- 
ché, tout  enfin  prouve  la  prospérité  passée  du  pays,  l'abondance 
de  ses  produits  en  vins  et  huiles,  et  atteste  la  véracité  des 
récits  des  anciens  écrivains  concernant  la  beauté  de  ce  pays 
vignoble  et  la  richesse  de  sa  nombreuse  population  ». 

Naturellement  il  ne  faut  pas  s'exagérer  cette  prospérité  et 
cette  richesse.  Elles  sont  assez  grandes,  si  on  les  considère 
en  rapport  avec  les  conditions  économiques  et  démographiques 
de  l'antiquité.  Il  paraît  certain  que  même  dans  l'antiquité  la 
seule  culture  possible  dans  le  Mariout  était  la  culture  extensive, 
et  que  les  arbres  y  étaient  rares. 

De  nos  jours,  la  région  n'est  peuplée  que  par  des  Bédouins 
qui  habitent  de  pauvres  villages  ou  vivent  sous  des  tentes,  et  qui 
exercent  surtout  le  métier  de  pasteurs.  Le  produit  le  plus  im- 
portant est  l'orge. 

"A  l'époque  chrétienne,  le  Mariout  n'était  pas  trop  déchu  de 
sa  prospérité  et  il  est  notoire  qu'il  fut  un  des  centres  les  plus 
florissants  du  christianisme.  La  tradition  nous  dit  qu'il  y  avait, 
à  cette  époque,  plus  de  600  couvents  dans  la  contrée.  Depuis 
le  sixième  siècle,  la  région  s'appauvrit  toujours  davantage.  Toute- 
fois, même  au  X'V'"''  siècle  de  l'ère  chrétienne,  un  historien  arabe 
citait  le  Mariout  comme  une  région  peuplée  et  fertile. 

La  capitale  du  Mariout,  à  l'époque  gréco-romaine,  était  Marea, 
située  sur  une  péninsule  qui  s'avançait  vers  le  côté  sud  du  lac. 
Je  crois  avoir  identifié  l'emplacement  de  cette  ville,  et  je  compte 
pouvoir  en  explorer  prochainement  les  ruines.  Taposiris  Magna 

(i)  Voir  Weedon,  Report  on  Mariout  District  dans  The  Cairo  Scieiitijic 
Journal ,  n.  72-73,  vol.  VI,  September  and  October  1912,  et  Bibliographie,  ibidem. 


tenait    probablement    la    deuxième    place    en    importance    et    en 
richesse. 

Taposiris  Magna.  —  I.a  grande  construction  quadranguloire, 
dont  les  gros  murs  se  dressent  encore  sur  le  haut  de  la  coUine, 
est  connue  des  Be'douins  sous  le  nom  de  Kasr-el-Bardauil,  et 
elle  est  conside're'e  comme  le  palais  d'Abou  Zeit  le  conquérant 
de  la  Berbsrie.  Elle  n'est  autre  chose  que  le  temple  d'Osiris,  ce- 
lui même  qui  donnait  son  nom  à  la  ville  (fîg.   32). 

En  effet  le  nom  Abousir  nous  indique  que  le  lieu  e'tait  proba- 
blement consacre'  à  Osiris.  Taposiris  Jtait  b   centre  d'où  le  pre- 


Fig.  32. 


fet  d'Egypte  faisait  le  recensement  du  nome  libyque.  Son  marche 
e'tait  tellement  fréquente'  que  l'empereur  Justinien  (527  ap.  J.-Ch.) 
y  fit  bâtir  un  palais  municipal  et  des  bains  publics.  A  peine  ar- 
rive-t-on  sur  les  collines  qui  sont  au  nord  du  village  de  Bàhig, 
qu'on  aperçoit,  au  loin  devant  soi,  un  peu  à  gauche,  la  tour 
des  signaux  (tour  des  Arabes)  et  les  ruines  du  grand  temple. 
Le  nom  moderne  de  la  localité,  Abousir,  est  p:ir  lui-même  une  in- 
dication que  ces  ruines  sont  bien  celles  de  l'ancienne  Taposiris. 
Les  premiers  savants  qui  ont  eu  l'occasion  de  s'en  occuper  au 
XvilL'ic  siècle  et  au  commencement  du  XIX""-'  (D'Anville,  Cham- 
pollion,  etc.)  ne  s'étaient  pas  trompes  à  ce  sujet.  D'ailleurs  une 
inscription  que  j'ai  de'couverte  pendant  les  fouilles  pratiquées  dans 


124 

les  ruines,  nous  fournit  un  document  positif,  montrant  qu'il 
s'agit  bien  de  Taposiris.  C'est  une  base  de  statuette  votive,  en 
granit  noir,  de'die'e  par  les  prêtres  de  Taposiris  :  A7<o[//]r  Aa- 
(j)jToç  I  evoe^f]  01  àjTo  |  TajTooeiQscoç  \  isgelç-  Pendant  les  fouilles  nous 
avons  trouve  des  vestiges  assez  fréquents  remontant  à  Te'poque 
ptole'maïque,  mais  presque  aucune  trace  de  la  civilisation  pha- 
raonique. Par  conse'quent  on  peut  accepter  comme  vraie  l'opi- 
nion e'mise  par  les  voyageurs  du  XIX"'^  siècle,  que  l'ensemble  de 
la  ville  doit  remonter  au  plus  tôt  au  premier  siècle  de  la  dy- 
nastie des  Ptole'me'es  (^)  (300-200  av.  J.-Ch.). 

Dès  qu'on  descend  dans  la  plaine,  la  marche  devient  très 
facile.  Les  ruines  de  1'  ancienne  ville  couvrent  la  pente  sud 
de  la  colline,  sur  laquelle  est  bâti  le  temple,  jusqu'à  la  digue 
limitant  de  ce  côte'  le  lac  qui  par  ailleurs  s'e'tendait  un  peu  au- 
delà  de  Taposiris.  Le  temple,  qui  mesure  86  m.  de  longueur  et 
86  m.  de  largeur,  est  de  style  égyptien  et  ne  comprend  plus  que 
les  parois  extérieures:  celles-ci  bâties  en  blocs  de  calcaire,  mesurant 
en  longueur  entre  i  m.  et  i  m.  10  cm.,  et  en  hauteur  entre 
o  m.  50  cm.  et  o  m.  60  cm.,  sont  soigneusement  travaille'es. 
Plusieurs  de  ces  blocs  portent  grave'es  des  marques  anciennes. 

L'espace  compris  dans  cette  vaste  enceinte  produit  l'impression 
d'un  grand  vide,  les  fouilles  n'avant  mis  à  jour  que  les  parties 
infe'rieures  de  murs  appartenant  à  une  se'rie  de  chambres  qui 
e'taient  adosse'es  à  la  paroi  me'ridionale,  ainsi  que  les  vestiges 
d'une  petite  e'glise  chre'tienne  dont  l'abside  e'tait  appuye'e  aux 
pylônes. 

La  paroi  orientale  du  temple  est  forme'e  de  deux  pylônes 
au  milieu  desquels  s'ouvre  l'entre'e  principale.  A  l'inte'rieur 
des  deux  massifs,  un  escalier  e'troit,  pratique'  dans  l'e'paisseur 
des  murs,  permet  d'atteindre  la  partie  la  plus  e'ieve'e.  De  là  on 
jouit  d'une  vue  admirable  sur  le  de'sert  et  sur  la  mer,  dont  la 
couleur  bleue-turquoise  est  si  belle  qu'il  est  difficile  de  rencontrer 
sa  pareille. 

De  temps  en  temps,  on  entend  monter  de  la  vaste  plaine  so- 
litaire, mêle'e  à  la  puissante  voix  de  la  mer,  la  cantilène  primi- 
tive et  me'lancolique  d'un  Bédouin  qui  appelle  la  sultane  de  son 
rêve.  S'il  fait  beau  on  peut  distinguer  au  loin  vers  le  nord-est 
le  phare  d'Alexandrie  et  la  ville  elle-même. 

Le  temple  a  deux  autres  entre'es   plus   petites  se  faisant  vis- 

(i)  Il  ne  s'ensuit  pas  que  Pacho  ait  eu  raison  d'affirmer  <  que  les  Egj^ptiens 
n'avaient  ni  élevé  des  monuments,  ni  fondé  aucune  ville  dans  la  Marmarique 
avant  d'être  soumis  aux  Grecs,  et  que  dans  les  temps  antérieurs  ces  pays  ne 
devaient  être  habités  que  par  des  hordes  errantes  et  peut-être  aussi  par  des  Berbères 
et  des  Libyens  >.  A  Gharbanïat,  ainsi  qu'à  Abou  Girge,  il  existe  des  vestiges 
considérables  de  l'époque   de    Ramsès  II. 


.—        125         

à-vis  dans  les  parois  nord  et  sud.  La  porte  du  sud  donne  sur 
un  petit  plateau  qui  descend  doucement  vers  la  ville  dont  on 
rencontre  tout  près  les  premières  maisons.  La  porte  du  nord 
s'ouvre  presque  à  pic  sur  le  flanc  de  la  colline  ;  elle  commu- 
niquait avec  une  rue  qui  descendait  en  pente  rapide  vers  la 
plaine  et  la  mer. 

Les  parois  nord  et  sud  sont  conserve'es  dans  toute  leur  lon- 
gueur et  en  plusieurs  endroits  dans  toute  leur  hauteur  (environ 
9  m.).  Leur  épaisseur  est  de  4  m.  en  bas  et  de  2   m.   en  haut. 

Tandis  que  la  paroi  sud  repose  directement  sur  le  rocher,  la 
paroi  nord  est  appuye'e  sur  une  plate-forme  construite  avec  d'e'- 
normes  blocs.  Cette  plate-forme  e'tait  ne'cessaire  pour  obtenir  une 
surface  horizontale.  Le  mur  ouest  est  presque  en  ruines  et  en 
ge'ne'ral  tous  les  murs,  tant  à  l'extérieur  qu'à  l'inte'rieur,  ne  pre'- 
sentent  pas  une  surface  droite  et  uniforme.  Ils  sont  divises  en 
surfaces  qui  alternativement  font  saillie  Tune  sur  l'autre.  La  saillie 
est  de  o  m.  25  à  o  m.  30.  Les  parties  qui  avancent  sont  plus  larges 
(9  m.)  que  celles  qui  sont  en  arrière  (7  m.).  Sur  les  faces  ex- 
térieures des  pylônes  on  observe  quatre  rainures  destine'es  à 
recevoir  les  mats  des  bannières  lorsqu'on  ce'le'brait  quelque 
fête  solennelle. 

A  un  moment  donne'  le  temple  a  e'te'  transforme'  en  forteresse. 
Ceci  est  prouve'  par  les  nombreux  tronçons  de  colonnes  doriques 
cannele'es  qui  constituent  actuellement  les  rayons  supe'rieurs  de 
la  partie  nord-ouest  du  mur  d'enceinte.  Çà  et  là  on  voit  e'gale- 
ment  de  nombreux  blocs  travailles  (triglyphes  et  me'topes)  ayant 
appartenu  à  la  frise  d'une  grande  bâtisse.  Cette  transformation 
en  forteresse  explique  la  disparition  totale  des  e'difices  qui  exis- 
taient à  l'inte'rieur  de   l'enceinte, 

A  Test  du  temple  s'e'tend  une  vaste  esplanade  actuellement 
occupe'e  par  les  casernes  des  gardes-côtes.  Au  sud  de  ces  ca- 
sernes nous  avons  mis  à  de'couvert  les  ruines  d'une  maison, 
dont  les  chambres  ont  le  sol  de'core'  de  mosaïques  à  dessins 
ge'ome'triques. 

Tout  près  de  l'angle  sud-est  du  temple  on  peut  visiter  les  ruines 
de  plusieurs  maisons  prive'es,  bâties  en  partie  avec  des  blocs  cal- 
caires bien  tailles,  en  partie  avec  des  briques  crues  (fîg.  33).  Les 
parois  e'taient  revêtues  d'un  enduit  de  stuc  peint.  La  porte  d'en- 
tre'e  d'une  de  ces  maisons  s'ouvre  sur  une  terrasse  forme'e  de 
gros  blocs.  Au-dessous  de  cette  terrasse  est  un  autre  palier,  au 
centre  duquel  se  dresse  un  large  soubassement  cubique.  Ce  sou- 
bassement est  sur  l'axe  d'une  chambre  rectangulaire  qui  se  trouve 
à  l'e'tage  inférieur.  Cette  chambre,  en  partie  taille'e  dans  le 
rocher,  en  partie   construite,  est  certainement  un  lieu  destine'  au 


I  2  6        , 

culte.  On  y  parvient  en  descendant  du  cote'  ouest  à  travers  un  amas 
de  ruines  appartenant  à  diffe'rentes  e'poques,  et  parmi  lesquelles 
on  peut  reconnaître  une  chambre  aux  parois  recouvertes  d'une 
couche  très  solide  de  ciment  rouge;  elle  constituait  une  sorte 
de  filtre  pour  les  eaux  pluviales,  qui  allaient  ensuite  se  déverser 
dans    une  citerne  inférieure. 

Toute  une  se'rie  d'amphores  à  fond  troue',  dispose'es  en  plan 
incline',  e'tait  inse're'e  dans  les  conduits  qui  faisaient  communiquer 
la  chambre  supe'rieure  avec  la  citerne. 

L'entre'e  principale  de  la  chambre  oblongue,  dans  laquelle  nous 
avons  reconnu  un  lieu  de  culte,  s'ouvre  au  sud  ;  au  fond  de  la 
chambre,  sur  la  paroi  nord,  est  une  haute  chapelle  à  section  rec- 
tangulaire, flanquée  de 
deux  colonnes  (rig.  3^). 
Devant  la  chapelle  est 
un  escalier  à  trois  degre's. 
Des  niches  plus  petites 
sont  taille'es  sur  les  parois 
late'rales.  Au  bas  de  ces 
parois  existent  à  droite 
et  à  gauche  deux  bancs 
peu  e'ieve's  au-dessus  du 
sol,  mais  assez  larges,  de 
façon  à  laisser  au  centre 
un  e'troit  passage.  Dans 
l'angle  nord-est  de  ce 
petit  temple  s'ouvre  une 
cellule  carre'e,  taille'e  à 
l'inte'rieur  des  rochers,  et 
dépourvue  de  toute  fenêtre.  Au  milieu  du  plafond  est  fixe  un 
anneau  pour  y  suspendre  une  lanterne.  Sur  les  parois  on  ne 
voit  que  de  petites  niches.  G'e'tait  sans  doute  l'habitation  du 
prêtre  du  sanctuaire.  Avant  l'entre'e  de  cette  chambre  s'ouvre 
la  bouche  d'un  puits  profond  de  13  mètres,  qui  communique  avec 
un  canal  souterrain  aux  parois  solidement  cimente'es  et  se  diri- 
geant du  nord  au  sud.  Ce  canal  est  actuellement  à  sec.  Il  ne 
nous  a  e'te'  possible  de  l'explorer  que  sur  une  longueur  de  800 
mètres  seulement,  le  passage  e'tant  obstrue'  par  les  matériaux 
descendus  de  deux  autres  puits. 

A  droite  du  sanctuaire  on  peut  visiter  plusieurs  chambres, 
ainsi  qu'un  beau  four  en  briques  cuites,  assez  bien  conserve'. 

Il  est  très  probable  que  le  petit  temple  e'tait  de'die'  au  culte 
des  oiseaux  et  des  poissons  dont  nous  avons  découvert  la  nécro- 
pole une  quinzaine  de  mètres  plus  bas  sur  la  pente  de  la  colline. 


Fig. 


127       

On  descend  dans  ce  cimetière  d'animaux  sacre's,  par  un  étroit 
escalier  de  vingt  degrés.  Il  est  forme'  d'une  chambre  centrale 
donnant  accès  à  quatre  autres  chambrettes  :  dans  une  de  celles- 
ci  on  voit  un  amas  d'ossements  ayant  appartenu  aux  momies  de 
différents  oiseaux  (faucons,  ibis)  ;  dans  une  seconde  sont  toujours 
en  place  de  nombreuses  momies  de  ces  mêmes  oiseaux  envelop- 
pe'es  dans  des  bandes  de  toile  ;  dans  une  troisième  il  y  a  un 
énorme  de'pôt  de  poissons,  enveloppe's  dans  de  la  toile,  mais, 
comme   presque  tout  le  reste,  carbonise's. 

Une  fois  dehors,  on  suit  pendant  quelques  mètres  un 


en    basalte,  et    on 


tronçon 
parvient   à 


d'une  belle  rue  pave'e  de  blocs 
l'entre'e  d'un  groupe  de  curieux 
souterrains.  Le  premier  est  forme' 
d'une  chambre  rectangulaire,  sur 
la  paroi  occidentale  de  laquelle 
est  taille'e  une  cavité'  oblongue. 
plus  basse  d'un  demi-mètre  que 
le  sol  de  la  chambre  et  ayant  la 
voûte  cintre'e. 

Un  tuyau  dont  l'origine  n'a 
pu  être  de'couverte,  introduisait 
dans  le  bassin  un  liquide  (eau 
ou  vin)  qui  sortait  par  un  autre 
tuyau  ame'nage'  dans  la  paroi 
oppose'e  s'avançant  toujours  dans 
le  sous-sol.  Il  n'a  pas  e'te'  possible 
de  voir  où  il  allait  se  de'verser. 

Au  centre  de  la  paroi  nord 
de  la  chambre  rectangulaire  est 
taille'e  une  niche  semi-circulaire; 
une  petite  fenêtre  ouverte   dans 

la  paroi  orientale  laisse  voir  une  seconde  chambre  rectangulaire. 
Celle-ci  communique  avec  l'extérieur  par  un  puits  carre  qui  s'ouvre 
au  milieu  du  plafond  dont  la  voûte  a  la  forme  d'un  arc  surbaisse'. 

Une  large  ouverture  pratiquée  dans  la  paroi  sud  de  la  pre- 
mière chambre  est  actuellement  obstruée  par  un  amas  de  gros 
blocs.  De  cette  chambre  on  pe'nètre  par  un  passage  e'troit  et 
voûte',  ouvert  tout  près  de  l'angle  ouest,  dans  un  souterrain  à 
section  circulaire  ayant  la  voûte  en  coupole.  Ce  souterrain  est 
relié  à  un  autre  qui  lui  est  adjacent,  et  qui  est  tout  à  fait  iden- 
tique soit  par  la  forme  soit  par  les  proportions;  mais,  tandis  que 
ce  dernier  a  la  voûte  parfaitement  fermée,  l'autre  communique 
avec  l'extérieur  par  une  étroite  ouverture  circulaire  qui  descend 
verticalement  du  dehors  sur  le  centre  de  la  voûte. 


'g-  34- 


/28        

Dans  la  tholos  a,  au-dessous  de  la  coupole,  s'ouvrent  tout  au- 
tour des  niches  quadrangulaires  profondes  d'environ  un  demi- 
mètre  et  un  peu  plus  hautes.  En  correspondance  avec  ces  niches 
et  appuye'e  au  sol,  il  y  a  une  marche  basse  et  large  ;  devant 
celle-ci  sont  creuse'eS  de  petites  cuvettes.  La  voûte  e'tait  remplie 
d'inscriptions  et  de  dessins  [graffiti]^  dus  à  d'anciens  visiteurs, 
mais  on  n'a  pu  en  tirer  aucune  indication  sur  le  but  et  le  carac- 
tère du  souterrain.  Le  souterrain  b  présente  à  peu  près  le  même 
e'tat  de  choses  que  le  souterrain  a. 

Le  prof.  H.  Thiersch  y  reconnaît  sans  hésiter  une  tombe. 
Les  niches  auraient  renferme'  des  urnes  cine'raires,  analogues  à 
celles  dont  le  Muse'e  possède  une  si  riche  collection  et  dont 
une  partie  a  e'te'  de'cou verte  (entre  Chatby  et  Ibrahimieh)  dans 
une  tombe  à  coupole.  En  dépit  de  certaines  analogies  inde'- 
niables  avec  l'hypogée  des  mercenaires  de'crit  par  Ne'routsos,  la 
conclusion  de  Thiersch  nous  laisse  dans  le  doute. 

En  effet,  quel  rapport  peut-on  e'tablir  entre  les  cuvettes 
creuse'es  dans  le  sol,  et  les  niches  ?  Celles-ci  sont  sur  un  seul 
rayon  dans  les  deux  hypoge'es,  tandis  que  dans  la  seule  tholos 
d'Alexandrie  elles  e'taient  sur  cinq  rayons.  D'autre  part  dans  le 
terreau  et  les  de'tritus  qui  remplissaient  aux  deux  tiers  le  souter- 
rain, nous  n'avons  rencontre'  aucun  tesson  qui  ait  pu  appartenir 
à  une  urne  cine'raire,  ni  aucune  trace  de  cendres  ou  d'ossements 
humains.  Les  chambres  qui  sont  annexe'es  aux  tholoi,  ne  semblent 
pas  convenir  non  plus  à  une  tombe.  Etant  donne'  l'absence  de 
tout  e'ie'ment  qui  puisse  nous  e'clairer  d'une  f;içon  sûre  et  directe, 
et  le  manque  de  toute  inscription  explicative,  il  est  difficile  d'e'- 
mettre  une  opinion  bien  ferme  ;  mais,  si  je  n'ose  appeler  l'en- 
semble de  ce  souterrain  un  mithrenm^  je  suis  tente'  d'y  voir  un 
lieu  de  culte  pour  une  divinité'  dont  les  rites  imposaient  des  ce'- 
re'monies  pareilles  à  celle  du  culte  de  Mithra,  comme  bains, 
ablutions,  libations,  sacrifices    d'animaux,  etc. 

Dans  un  de  ces  souterrains  on  a  recueilli  une  massue  en 
marbre  ayant  appartenu  à  une  statue  d'Hercule,  mais  elle  y 
e'tait  e'videmment  tombe'e  du  dehors.  La  même  chose  a  pu  arriver 
au  lion  en  calcaire,  qui  est  toujours  en  place  dans  la  seconde 
chambre  rectangulaire.  Si,  en  sortant  des  hypoge'es,  on  côtoie 
les  fouilles  au  pied  de  la  colline,  on  peut  visiter  les  ruines  de 
plusieurs  maisons.  Dans  une  de  ces  maisons  on  remarque  les 
vestiges  d'un  joli  portique,  dont  les  doubles  colonnes  des  angles 
ont  la  section  en  forme  de  cœur  ou  de  feuille  de  lierre.  Cette 
maison  remonte  assez  probablement  à  l'âge  helle'nistique. 

Dirigeons-nous  vers  la  colline,  qui  est  surmonte'e  d'une  belle 
tour  (fig.  35).  Cette  tour  mesure  actuellement  en  hauteur  17  m.  Sa 


. - F  2  9         ■ —       -    - 

base  est  formée  d'une  haute  plateforme  quadrangulaire,  mesu- 
rant I  I  m,  de  chaque  côte.  Sur  cette  base  se  dresse  un  second 
étage  octogonal  ;  quatre  des  parois  font  alternativement  une 
saillie  considc'rable  sur  les  quatre  autres.  Du  cote'  nord,  vers  la 
mer,  on  observe  les  restes  d'un  escalier.  Sur  le  second  e'tage 
s'en  élève  un  autre  de  forme  cylindrique. 

Au  premier  abord  on  incline  à  penser  que  cette  construc- 
tion e'tait  un  monument  fune'raire,  d'autant  plus  qu'elle  est  placée 
au  milieu  de  la  ne'cropole,  et  se  trouve  sur  l'axe  d'une  ["vaste 
tombe  souterraine;  toutefois  Hermann  Thiersch  doit  avoir  raison 
en  y  reconnaissant  le  Phare 
destine'  à  prote'ger  la  naviga- 
tion le  long  de  la  cote  entre 
Plinthine  et  Taposiris  et  en 
voyant  dans  ce  monument, 
muialis  nwiaiidis^une  copie 
de  son  frère  aine',  le  grand 
et  ce'lèbre  Phare  d'Alexan- 
drie. 

Toute  la  colline  environ- 
nante est  remplie  de  tombes. 
Quelques-unes  ont  la  forme 
de  fosses  dans  lesquelles 
e'taient  de'pose's  des  cadavres 
revêtus  d'unenduit  déplâtre, 
avant  la  face  couverte  d'un 
masque  en  plâtre  dore'  ; 
d'autres  fosses  ont  la  forme 
d'un  puits,  d'autres  enfin 
celle  d'une  chambre.  Ces 
dernières  sont  ge'ne'ralemenî 
forme'es  d'un  long  corridor 

d'accès  à  plan  incline  ou  pourvu^d'un  escalier  et  d'une  chambre 
dont  les  parois  sont  occupe'es  par  plusieurs^  rayons  de  locuîi. 
Dans  une  de  ces  tombes  on  peut  voir  qu'à  côte'  des  hommes  on 
avait  enseveli  quelquefois  des  chevaux. 

Du  sommet  du  temple,  en  regardant  vers  le  sud,  on  distingue 
très  clairement  une  digue  longue  de  plus  d'un  kilomètre,  qui  se 
dirige  parallèlement  à  la  ligne  des  collines,  de  Torient  à  l'oc- 
cident. Cette  digue  aboutit  vers  l'ouest  au  delà  d'un  beau  pont 
dont  la  construction  remonte  sans  aucun  doute  à  l'âge  romain. 
H  semble  évident  que  le  lac  se  prolongeait  jusqu'à  Taposiris,  et 
que  la  digue  renfermait  les  eaux  dans  une  espèce  de  port.  De  la 
sorte  Taposiris  commandait  deux  ports  :  l'un    intc'rieur  pour  le 


Fig. 


commerce  avec  les  pays  baignes  par  le  lac  MarJotis,  l'autre  sur 
la  mer   pour  le   commerce  extérieur. 

Tout  près  du  pont  ci  dessus  mentionne,  on  observe  une  rue 
large  et  solide,  bien  pave'e,  qui  monte  par  une  pente  légère  en 
ligne  droite  vers  le  temple,  et,  passant  à  50  mètres  à  l'ouest  de 
celui-ci,  descend  par  la  pente  oppose'e.  En  bas  de  la  plaine,  sur 
la  plage,  les  vestiges  de  cette  rue  disparaissent,  mais  les  Bédouins 
de  la  contre'e  affirment  qu'elle  continue  jusqu'au  bord  de  la  mer. 
Probablement  cette  rue  avait  pour  but  de  rendre  faciles  et  ra- 
pides les  communications  entre  le  port  sur  la  mer  et  le  port 
sur  le  lac. 

Toutes  les  collines  environnantes  sont  riches  en  carrières,  sou- 
vent très  pittoresques.  Ces  carrières  ont  servi  à  extraire  le  cal- 
caire nécessaire  à  la  construction  de  la  belle  ville  provinciale  de 
l'Egypte  gre'co-romaine.  Egalement  nombreuses  sont  les  grottes 
soit  naturelles  soit  artificielles. 

Les  ruines  qui  se  trouvent  à  une  demi-heure  au  nord  d'A- 
bousir,  tout  près  de  la  plage,  appartiennent  à  l'ancienne  Plin- 
thine,  la  petite  ville  maritime  qui  donnait  son  nom  au  golfe 
tour  entier. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Pacho,  (1819),  Voyage  dans  la  Marmarique,  p.  7  et 
suiv.;  ScHOLz  (1820-21),  Reise  in  die  Gegeiid  zwischen  Alexandria  nnd  Para- 
tonium,  p.  48  suiv,;  Minuxoli  (von)  H.,  Reise  ziim  Tempe!  des  Juppite^  Ain- 
mou,  p.  14  et  suiv.;  Mahmoud  el-Falaki,  o.  c.,  p.  97-98;  Robkcchi-Brichetti, 
All'Oasi  di  Giove  Ammone  (1890),  p,  34  et  suiv.;  Thiersch  H.,  Pharos  etc  ,  An- 
hang,  p.  202-211. 

Sanctuaires  d'Abou  Mina  (fig.  36).  —  De  la  gare  de  Bâhig, 
point  de  départ,  il  faut  deux  bonnes  heures  pour  rejoindre  Karm 
Abou  Mina,  sur  un  cheval  médiocre  ou  sur  un  bon  baudet. 

Saint  Menas  était  un  soldat  romain,  originaire  d'Egypte  (de 
Nikiou  ?)  servant  en  Phrygie  dans  une  des  sociae  cohortes  appelées 
Niimeri  Rutalici.  Il  avait  été  élevé  dans  la  religion  chrétienne. 
Au  moment  de  la  persécution  décrétée  par  Dioclétien  contre  les 
chrétiens,  au  lieu  de  se  cacher,  il  proclama  publiquement  sa 
foi.  Ses  chefs  n'épargnèrent  ni  prières  ni  menaces  pour  le  ra- 
mener au  paganisme,  mais  Menas  refusa  toujours  d'obéir  au  dé- 
cret impérial.  Il  fut  mis  à  la  torture  d'abord,  puis  décapité  (296). 
Il  avait  manifesté  le  désir  d'être  enseveli  en  Egypte.  Ses  co- 
religionnaires recueillirent  les  restes  de  son  cadavre  qu'on  avait 
brûlé  et,  lorsqu'une  partie  de  l'armée  de  Phrygie  fut  transférée 
en  Gyrénaïque,  ils  prirent  avec  eux  les  cendres  du  martyr.  Au 
bord  du  lac  Mariout,  dit  la  légende,  le  chameau  qui  les  trans- 
portait s'arrêta,  s'agenouilla   et  ne  voulut  plus  marcher. 

On  vit  dans  l'immobilité  de  l'animal  un    signe  de  la  volonté 


— — 13'      

du  Saint  et  on  l'enterra  dans  ce  lieu  même,  auprès  d'une  source 
d'eau  douce.  Bientôt  la  renomme'e  se  re'pandit  que  cette  eau 
e'tait  devenue  miraculeuse  et  les  pe'lerins  accoururent  même  de 
très  loin  pour  demander  à  saint  Me'nas  la  gue'rison  de  leurs  ma- 
ladies. On  ne  tarda  pas  à  bâtir  une  e'glise  au-dessus  de  la  tombe. 
Cette  e'glise  devint,  après  quelque  temps,  insuffisante  et  l'em- 
pereur Arcadius  (395-408)  projeta  et  fit  construire  une  grande 
basilique  qui  fut  ajoutée  en  prolongement  à  l'est  de  l'église  an- 
cienne. Le  V"'^  et  le  VP"^  siècle  marquent  la  pe'riode  de  la 
plus  grande  prospérité'  de  ce  sanctuaire.  Le  culte  du  saint  ne  se 


''^^-  'ls£ûàti.0méS^^' 


FiiT.   ;f). 


re'pandit  pas  seulement  dans  toute  la  re'gion  marcotique  (voir  au 
Muse'e  les  fresques  d'Abou  GirgJ  et  le  bas-relief  provenant  de 
De'khe'la)  mais  aussi  dans  toute  l'Egypte,  dans  l'Afrique  du  Nord, 
en  Asie  Mineure    (Smyrne),  en  Gaule,  en  Dalmatie  et  à  Rome. 

Une  e'glise  de  St.  Me'nas  s'c'levait  à  Rome  sur  la  voie  d'Ostie, 
entre  la  porte  et  la  basilique  de  St.  Paul.  Elle  avait  e'te'  fonde'e 
par  une  corporation  alexandrine  sous  le  pape  Pe'lage  II  en   589. 

Pendant  le  VII"^^  et  le  VIII'"'^  siècle,  le  sanctuaire  marco- 
tique, mine  inépuisable  de  marbres  et  de  pierres  de  prix, 
eut  à  subir  des  de'gâts  et  des  spoliations.  Une  spoliation  me'tho- 
dique  eut  lieu  vers  la  moitié'  du  IX""*^  siècle.  Peu  après,  le 
Gouverneur  musulman  se  fit  de'livrer  le  trésor  du  temple.  A 
partir  de  cette  date  on  peut  dire  que  la  basilique  de  St.  Me'nas 


I  32         

avait  vécu.  Son  souvenir  était  reste  dans  le  nom  d'Abou  Mina 
ou  Bou  Mna,  par  lequel  les  Re'douins  de'signaient  ses  ruines, 
qu'un  savant  allemand,  Monsignor  Kaufmann,  identifia  en    1905. 

Les  fouilles  syste'matiques  qu'il  put  y  entreprendre  et  pour- 
suivre sur  une  vaste  e'chelle  ont  donne'  des  re'sultats  très  impor- 
tants. En  etiet,  on  a  remis  à  jour  la  basilique  d'Arcadius  et 
ses  annexes  :  la  tombe  du  saint,  de  nombreux  coenobia^  ainsi 
que  des  basiliques  secondaires.  Tous  ces  e'difices  sont  extrême- 
ment ruine's,  mais  leur  plan  grandiose  se  pre'sente  en  entier 
devant  nos  yeux,  et  nous  donne  une  ide'e  exacte  de  leurs  pro- 
portions monumentales.  D'ailleurs,  maigre'  le  vol,  la  destruction 
et  la  spoliation,  on  a  toujours,  sur  place,  l'impression  de  la  ri- 
chesse de  cet  ensemble  de  sanctuaires  qu'on  a  appelé'  à  juste 
titre  une   «    ville  de  marbre   ». 

Une  demi-heure  avant  d'y  arriver  par  la  gare  de  Bàhig,  on 
aperçoit  à  l'horizon,  du  haut  du  chemin  qui  descend  doucement 
vers  le  sud,  la  ville  d'Abou  Mina  qui  s'étend  au  milieu  des  on- 
dulations d'un  terrain  aujourd'hui  de'sert. 

On  côtoie  la  basilique  du  cimetière  et  on  parvient  à  la  mai- 
sonnette appartenant  au  Service  des  Antiquite's.  On  y  descend 
et  on  y  laisse  les  montures.  En  se  dirigeant  vers  le  sud,  on  ar- 
rive, en  quelques  minutes,  à  la  grande  basilique.  On  est  tout  de 
suite  frappe'  par  l'e'norme  quantité'  de  marbres,  plus  ou  moins 
fragmentaires,  qui  recouvrent  le  champ  des  fouilles.  Là  où  le  marbre 
n'avait  pas  e'te'  employé',  c'e'taient  de  gros  blocs  calcaires  bien 
equarris.  La  basilique  proprement  dite  mesure  en  longueur  60  m., 
en  largeur  26  m.  50.  La  nef  transversale  a  une  longueur  de 
50  mètres.  La  longueur  totale  du  groupe  des  e'difices  sacre's, 
comprenant  la  basilique,  l'église  plus  ancienne  au-dessus  de  la 
tombe  du  saint  et  le  baptistère,  atteint  120  mètres,  La  basihque 
e'tait  à  trois  nefs.  La  toiture  e'tait  soutenue  par  56  colonnes  de 
marbre  surmonte'es  de  beaux  chapiteaux  de'core's  de  feuilles  d'a- 
canthe. Les  bases  en  marbre  de  ces  colonnes  sont  presque 
toutes  en  place  ;  ici  et  là  on  voit  des  chapiteaux  plus  ou  moins 
casse's  ;  un  bon  nombre  ont  e'te'  transporte's  à  Francfort,  d'autres 
sont  au  Muse'e  d'Alexandrie. 

Les  parois  e'taient  revêtues  de  dalles  en  marbre  L'abside  bâtie 
avec  de  gros  blocs  calcaires  rectangulaires  mesure  10  m.  70  en 
largeur  et  6  mètres  en  profondeur.  Au-dessous  de  l'abside  sont  trois 
chambres  remplies  d'ossements  humains.  Devant  l'abside  se  dres- 
sent les  suhsellia  et  la  cathedra.  Celle-ci  est  place'e  au  milieu 
de  la  paroi  orientale  d'une  enceinte  presque  carre'e,  ferme'e  par 
une  grille.  Au  centre  de  cette  enceinte  qui  renfermait  aussi  le 
presbytère  et  la  schola  cantorum^  se  dresse  l'autel.  Deux  portes 


'33 


aménagées  du  cote'  sud  de  la  grille  donnaient  accès  à  Ten- 
ceinte  :  celle-ci  d'autre  part  communiquait  avec  la  nef  princi- 
pale par  un  long  corridor  ou  passage  central. 

Sur  la  paroi  me'ridionale  de  la  basilique  s'ouvrent  quelques 
portes,  qui  donnent  sur  un  très  vaste  atrium,  dont  le  sol  est 
parsemé'  de  blocs  de  marbre  :  tronçons  de  colonnes,  chapiteaux, 
grilles,  etc.  L'e'glise  préexistante  avait  rendu  impossible  un  autre 
emplacement  de   l'atrium. 

Tout  près  de  l'angle  nord-ouest  de  la  nef  septentrionale,  là  où 
la  basilique  d'Arcadius  se  joint  à  l'ancienne  e'glise,  s'ouvre 
un  escalier  de  marbre,  qui  descend  vers  un  couloir  avant  le 
plafond  cintre'.  Les  parois  de  ce  corridor  ainsi  que  le  plafond 
e'taient  recouverts  de  stuc.  Le  plafond  avait  en  outre  une  de'co- 
ration  sculpte'e  en  caissons.  Le  corridor  qui  mesure  en  hauteur 
5  mètres,  après  quelques  pas  en  pente  douce  vers  le  sud,  tourne 
brusquement  à  angle  droit  vers  l'ouest  et  pe'nètre  dans  une  cham- 
bre souterraine  très  haute,  taille'e  dans  le  roc.  G'e'tait  la  se'pul- 
ture  de  saint  Menas.  Sur  la  paroi  sud  devait  être  place'  le  grand 
bas-relief  repre'sentant  le  saint  debout  entre  deux  chameaux  accrou- 
pis. Le  bas-relief  de'couvert  à  De'khe'la,  expose'  au  Muse'e  (Salle 
chre'tienne),  est  probablement  une  copie,  en  proportions  ré- 
duites, de  l'original  qui  de'corait  cette  crypte.  A  la  crypte  e'tait 
annexe'e  une  petite  chapelle  dont  la  coupole  avait  un  revêtement 
de  belles  mosaïques  polychromes. 

On  remonte  le  crypto-portique,  et  on  entre  dans  la  nef  late'- 
rale  du  côte'  nord  de  l'e'glise  primitive  bâtie  au-dessus  de  la 
tombe.  Cette  e'glise  e'tait  une  petite  basilique  à  trois  nefs  sans 
transept.  L'axe  de  l'abside  correspond  parfaitement  avec  celui 
de  la  grande  basilique  d'Arcadius.  Les  dimensions  de  l'e'difice 
sont  de  38  mètres  en  longueur,  22  m.  50  en  largeur.  Vers  le  fond 
de  la  nef  centrale  on  remarque  une  citerne  d'où  e'videmment  on 
puisait  l'eau  bénite  dont  les  pèlerins  remplissaient  les  ampoules. 
A  l'ouest  de  cette  église  sont  les  ruines  du  baptistère.  C'est 
une  salle  à  section  quadrangulaire,  ramenée  à  l'intérieur  à  la 
forme  d'octogone  au  moyen  de  quatre  niches  ouvertes  dans  les 
angles. 

Cette  construction  centrale  était  surmontée  d'une  coupole  peu 
cintrée.  La  piscine  circulaire,  creusée  au  centre  de  la  chambre, 
était  entièrement  revêtue  de  dalles  de  marbre  polychrome.  On 
y  descendait  par  deux  escaliers  de  quatre  degrés,  se  faisant  face. 

En  sortant  du  baptistère  on  monte  sur  une  élévation  qui  en 
est  proche.  De  là  on  jouit  d'une  belle  vue  d'ensemble  sur  le  champ 
de  ruines  tout  entier  et  sur  le  paysage  environnant. 

Au  nord  du  sanctuaire,  en  communication    directe    avec  lui, 


134 

s'étendent  de  très  vastes  coenobia.  On  en  a  mis  à  jour  une  partie 
seulement,  assez  pour  donner  une  ide'e  assez  complète  de 
la  façon  de  vivre  des  moines,  de  la  distribution  des  cellules, 
des  salles  de  re'union  pour  les  repas  en  commun,  etc.  Quelques 
portes  donnent  accès  de  la  basilique  aux  coenobia  :  sortant  par 
celle  qui  se  trouve  entre  le  baptistère  et  l'e'glise  du  tombeau 
on  peut  visiter  plusieurs  des  cellules,  la  salle  identifie'e  par  Kauf- 
mann  avec  le  tablimim  et  plus  loin  plusieurs  chambres  destine'es 
à  donner  l'hospitalité'  aux  e'trangers  (xenodochia).  Plus  loin  encore 
on  peut  observer,  en  assez  bon  e'tat,  une  cuve  pour  le  pres- 
sage des  raisins. 

A  une  distance  d'environ  80  mètres  des  coenobia^  existe  une 
citerne  profonde  de  14  mètres  ayant  la  forme  d'un  puits  cir- 
culaire dont  le  diamètre  mesure  5  m.  20.  Cet  e'norme  puits 
est  totalement  bâti  avec  de  superbes  blocs  calcaires  bien  e'quar- 
ris.  A  côte  de  cette  citerne  on  voit  un  ensemble  de  cellules  et 
de  piscines,  dont  quelques-unes  sont  solidement  cimentées.  Au- 
dessous  de  ces  thermes  on  observe  des  couloirs  et  des  hypo- 
caustes.  Tout  à  fait  adjacente  à  ces  thermes  est  une  petite  ba- 
silique à  deux  absides  qui  se  font  face. 

De  là  on  se  dirige  vers  la  maisonnette  du  Service.  Au  nord 
de  celle-ci  s'Jtend  un  vaste  cimetière  (VIP^^-IX"'^  siècle),  au 
milieu  duquel  se  dressent  les  ruines  d'une  autre  grande  basilique 
à  trois  nefs  soutenues  par  des  piliers,  avec  l'abside  inse're'e 
dans  l'e'paisseur  d'un  mur  qui  est  rectiligne  à  l'exte'rieur.  (Pour 
les  ampoules  de  St.  Me'nas,  v.  plus  loin). 

BIBLIOGRAPHIE.  -  Les  fouilles  des  sanctuaires  de  St.  Menas  ont  été  décrites 
par  Monseigneur  Kaiifinann  dans  plusieurs  rapports  richement  illustrés,  et  ensuite 
dans  une  publication  d'ensemble  de  grand  format.  Les  visiteurs  qui  ne  sont  pas 
des  archéologues  peuvent  se  borner  au  petit  volume  ayant  pour  titre:  «  Der  Me- 
nastempel  und  die  Heiligtiimer  von  Karm  Abu  Mina  in  der  agyptischen  Ma- 
riutwûste.  Ein  Fiihrer  durch  die  Ausgrabungen  der  Frankfurter  Expédition,  von 
C.  M.  Kaufinann  >. 


ABOUKIR  (CANOPE)  -  ROSETTE. 


Aboukir.  —  L'excursion  d'Aboukir  ne  demande  guère  qu'une 
demi-journe'e.  On  part  de  la  gare  du  chemin  de  fer  de  l'Etat  5 
il  y  a  neuf  trains  pour  aller  et  neuf  trains  pour  revenir  dans 
la  journe'e.  On  descend  à  la  gare  d'Aboukir.  On  peut  faire  corn- 
mode'ment  à  pied  la  promenade  entre  Aboukir  et  les  ruines  qui 
sont  autour  du  fort  Tewfik.   Si  on   pre'fère  ne    pas  marcher,  on 


'35     

trouve  aisément  des  baudets.  Après  la  visite  des  ruines,  revenir 
à  Aboukir  le  long  de  la  plage.  S'il  fait  beau,  la  promenade  est 
délicieuse. 

Le  petit  voyage  de  Sidi  Gaber  à  Aboukir  est  des  plus  agre'ables. 
On  traverse  les  jolis  faubourgs  parseme's  de  jardins,  de  Ramleh 
(Zahrieh,  Sûk,  Gabrial,  Ramleh)  ;  ensuite,  on  pe'nètre  dans  le  de'- 
sert  et  on  traverse  des  dunes  sablonneuses,  sur  lesquelles  des 
bosquets  de  dattiers  forment  comme  de  petites  oasis.  Près  de 
Siouf,  on  a  trouve'  des  inscriptions  qui  rappellent  un  temple 
dc'die  à  Zeus  Olympios.  Mandara  serait  bâtie  sur  l'emplacement 
de  l'ancienne  Taposiris  parva.  Après  Taposiris,  la  tradition  lit- 
téraire nous  signale  Me'nouthis,  Boukiris,  Canope.  Quelques  ar- 
chéologues sont  incline's  à  placer  Me'nouthis  près  de  Montazah 
(château  servant  de  re'sidence  au  Khe'dive,  dans  une  position 
splendide  sur  le  bord  de  la  mer),  Boukiris  à  Aboukir,  et  Canope 
quelques  kilomètres  plus  à  l'est.  Je  pense  qu'on  a  tort  de  placer 
Canope  plus  à  l'est  d'Aboukir.  Aucun  monument,  aucune  ruine 
n'existe  le  long  de  la  côte  entre  Borg  el-Ramleh  et  Mahadieh 
et  au-delà  qui  autorise  à  supposer  ici  l'existence  d'une  ville  im- 
portante. 

Les  ruines  de  Canope  et  de  Me'nouthis  forment  aujourd'hui 
une  se'rie  presque  ininterrompue  de  petites  e'ie'vations  qui  s'e'- 
tendent  tout  autour  du  fort  Tewfik  et  à  partir  d'un  demi-ki- 
lomètre à  l'ouest  de  ce  fort  jusqu'au  village  d'Aboukir  et  au- 
delà,  quelques  centaines  de  mètres  plus  à  l'est,  jusqu'à  la  col- 
line Borg  el-Ramleh,  Me'nouthis  e'tait  un  village  se'pare'  de  Canope 
par  un  trajet  de  deux  milles  (Canope  est  à  douze  milles  d'A- 
lexandrie tandis  que  Me'nouthis  en  est  à  quatorze)  et  doit  être 
cherche'  à  trois  kilomètres  environ  du  fort  Tewfik,  c'est-à-dire 
tout  près  d'  Aboukir,  autour  de  Borg  el-Ramleh.  D'ailleurs  la 
ville  et  le  village  e'taient  si  proches  l'un  de  l'autre  que  ce  der- 
nier pouvait  être  conside're'  comme  un  faubourg  de  Canope  5  et 
Me'nouthis  elle-même  peut  souvent  avoir  etc  comprise  sous  cette 
désignation.  Canope  e'tait,  avant  la  fondation  d'  Alexandrie,  la 
capitale  du  nome  Me'ne'laïte  et  peut-être  le  port  le  plus  important 
du  Delta. 

La  ville  aurait  reçu  son  nom,  selon  la  le'gende,  du  pilote  de 
Mëne'las  qui  aurait  e'te'  enterre'  en  cet  endroit  pendant  le  voyage 
du  retour  de  Troie.  Il  est  possible  que  le  nom  lui  ait  e'te  donne' 
par  le  dieu  Canope,  un  dieu  à  tête  humaine  ou  animale  sur 
un  corps  en  forme  de  vase,  une  des  formes  d'ailleurs  du  dieu 
Osiris,  dont  le  culte  fut  si  re'pandu  et  si  persistant  à  Canope. 

Après  la  fondation  d'Alexandrie,  Canope  perdit  de  son  impor- 
tance, mais  demeura  un  centre  religieux  et  commercial  conside- 


. 136     

rable  pendant  toute  la  dure'e  du  paganisme,  même  sous  la  do- 
mination romaine.  Elle  devint  une  sorte  de  de'pendance  de  la 
capitale,  la  ville  de   plaisir  des    Alexandrins. 

D'ailleurs  les  restes  de  ruines  nombreuses  et  significatives 
nous  de'montrent  que  l'endroit  fut  assez  peuple'  pendant  de  longs 
siècles,  même  après  le  triomphe  du    christianisme. 

En  dehors  des  tissus,  des  parfums,  des  poissons  sale's,  des  con- 
fitures et  des  bonbons,  ainsi  que  du  henné'  (fjrd  pour  les  da- 
mes), Canope  mettait  en  circulation  les  chapeaux  aux  bords  très 
larges  appele's  par  les  Alexandrins  pétases  canopiques  (jihaoa 
y.arco/^iy.â).  La  ville  e'tait  relie'e  à  Alexandrie  par  un  canal,  dont 
les  rives  e'taient  borde'es  de  beaux  jardins,  ferme's  par  un  mur 
d'enceinte,  appartenant  aux  riches  Alexandrins.  Ceux-ci  y  avaient 
souvent  leur  tombe  de  famille.  Ce  canal  e'tait  incessamment 
parcouru  par  de  nombreuses  embarcations  qui  n'étaient  pas  seu- 
lement charge'es  de  marchandises  et  d'hommes  d'atTaires,  ou  de 
malades  en  quête  d'une  gue'rison  miraculeuse,  mais  aussi  de  joyeu- 
ses bandes  hante'es  par  le  de'sir  de  t.'amuser.  Elles  s'amusaient 
en  effet  beaucoup,  même  trop,  paraît-il,  car  leur  tenue  e'tait  sou- 
vent scandaleuse.  Les  orgies  de  Canope  sont  devenues  fameuses 
par  les  souvenirs  peu  e'iogieux  que  nous  en  ont  laisse's  Strabon 
(XVII,  17),  Se'nèque  (Epist,,  V,  11),  Lucain  (Pharsale,  Lib.  X)  et 
Juvënal  (Sat.  VI  ;  XV). 

Canope  e'tait  ce'lèbre  par  son  sanctuaire  de  Sarapis  où  les 
pe'lerins  accouraient  nombreux  pour  y  implorer  du  dieu  la  gue'- 
rison de   leurs  maladies. 

Egalement  appre'cie'  e'tait  le  sanctuaire  de'die'  à  Isis,  place  lui 
aussi  tout   près  de  Canope,  à  iVle'nouthis. 

Au  dire  de  Rufin,  les  sanctuaires  de  Canope  et  de  Me'nouthis 
e'taient  plus  splendides  que  ceux  d'Alexandrie    même. 

Nous  pouvons  nous  faire  une  idée  du  Se'rapeum  de  Canope 
d'après  le  Canope  de  la  villa  Adriana  près  de  Tivoli.  L'empe- 
reur Hadrien  a  certainement  imite'  de  très  près  le  sanctuaire 
dont  nous  parcourons  les    ruines  '^^l 

Celles-ci  auraient  du  être  fouillées  avec  méthode  et  auraient 
du  être  respectées,  mais  elles  ont  été  malheureusement  livrées  pen- 
dant un  temps  trop  long  au  vandalisme  des  carriers. 

Dans  leur  état  actuel  elles  ne  donnent  qu'une  idée  très  im- 
parfaite de  la  magnificence  présumée  de  ces  édifices.  Qu'on  re- 

(i)  I.a  vallée  de  Canope  dans  la  villa  Hadriana  avait  été  obtenue  artificielle- 
ment dans  le  tuf  de  la  colline.  Hadrien  y  avait  fait  reproduire  le  canal  avec  le 
temple  de  Sarapis  à  l'arrière  plan.  Une  grande  niche  avec  une  fontaine  à  l'extrémi- 
té de  la  vallée  est  bien  conservée.  Il  y  a  par  derrière  un  système  de  galeries  sou- 
terraines se  terminant  par  une  cella,  dans  laquelle  était  probablement  la  statue 
de  Sarapis.  C'est  de  Canope  que  proviennent  beaucoup  des  statues  du  Vatican 
(Musée   égyptien). 


— 137     

marque  néanmoins  les  beaux  tronçons  e'pars  de  colonnes  do- 
riques en  granit  rose  d'Assouan,  dont  le  module  uniforme  est  de 
o  m.  90  et  qui  mesurent  de  2  à  7  mètres  de  longueur  ;  qu'on 
regarde  la  vaste  e'tendue  de  terrain  recouverte  de  mosaïques  (les 
meilleurs  morceaux  ont  e'te'  transporte's  au  Musée,  v.  salle  18), 
la  quantité'  de  jolis  fragments  architectoniques  en  calcaire  re- 
vêtus de  stuc  et  dont  la  beauté'  devait  être  rehaussée  par  la 
polychromie;  qu'on  jette  un  coup  d'œil  encore  aux  grands  cha- 
piteaux en  marbre,  et  l'on  ne  pourra  s'empêcher  de  reconnaître 
que  la  tradition  ne  doit  pas  avoir  exage're'  en  ce'le'brant  la  ri- 
chesse et  la  splendeur  de  Ganope. 

Le  sanctuaire  de  Ganope  devait  être  de'jà  florissant  aux  de- 
buts  du  troisième  siècle  av.  J.-Gh.  sous  Ptole'me'e  II.  Ptolême'e  III 
et  sa  femme  Bérénice  ont  certainement  contribue'  pour  beaucoup 
à  la  prospe'rite'  du  Se'rapeum  et  de  la  ville.  Il  est  notoire  qu'un 
concile  de  prêtres  a  eu  lieu  à  Ganope  pour  diviniser  la  jeune 
fille  d'Evergète  et  de  Be're'nice,  morte  à  l'âge  de  neuf  ans.  Le 
de'cret  lance'  par  les  prêtres  à  cette  occasion  e'tait  re'dige',  de 
même  que  la  pierre  de  Rosette,  en  trois  e'critures,  et  copie  en 
avait  ête'  envoye'e  aux  temples  les  plus  importants  de  l'Egypte. 

D'autre  part,  nous  posse'dons  des  de'dicaces  à  Sarapis  et  Isis 
associe's  à  Ptole'me'e  Evergète  et  à  sa  femme  Be're'nice,  qui  ont 
ête'  mises  à  jour  non  loin  de  l'emplacement  où  sont  les  mosaï- 
ques et  les  grosses  colonnes  en  granit.  La  plaquette  en  or  rap- 
pelant la  fondation  d'un  temple  dédié  à  Osiris,  qui  a  été  dé- 
couverte du  temps  de  Mohamed- Ali,  a  été  elle  aussi  trouvée  non 
loin  du  fort  Tewfik.  L'inscription  gravée  sur  la  plaquette  se  traduit 
ainsi:  «  Le  roi  Ptole'me'e  fils  de  Ptolémée  et  d'Arsinoé,  dieux  frères, 
et  la  reine  Bérénice  sa  sœur  et  femme  (ont  dédié)  ce  temple  à 
Osiris   ».   La  plaquette  est  aujourd'hui  au  British  Muséum. 

La  renommée  des  miracles  qu'on  pouvait  obtenir  à  Ganope 
et  à  Ménouthis  s'était  répandue  très  loin  dans  le  monde  ancien, 
et  n'a  pas  été  éphémère.  Elle  a  survécu  au  paganisme.  Le 
patriarche  Théophile,  le  même  qui  détruisit  le  Se'rapeum  d'Alex- 
andrie, n'épargna  pas  non  plus  celui  de  Ganope  et  il  y  installa 
un    monastère. 

Un  autre  monastère  fut  installé  à  Ménouthis,  dans  le  temple 
d'Isis.  Mais  bien  de  personnes  persévéraient  dans  l'ancienne  re- 
ligion, et  le  nombre  était  grand  de  ceux  qui  regrettaient  la 
prospérité,  dont  les  miracles  de  Sarapis  et  d'Isis  étaient  la 
cause  principale.  C'est  alors,  au  début  du  'V'"'^  siècle  (v.  Faivre, 
Dictîonn.  d'hist.  et  de  géograph.  ecclésiastiques^  col.  324),  que 
le  patriarche  Gyrille  décida  de  transporter  à  Ménouthis  le  corps  de 
Saint  Gyr  (il  dut  y  joindre  celui  de  Saint  Jean  qui  était    ense- 


: 138  

veli  avec  Saint  Cyr  dans  la  basilique  de  Saint  Marc  à  Alexan- 
drie), pour  substituer  à  un  culte  gue'risseur  un  autre  culte  gue'- 
risseur.  Les  miracles  ne  tardèrent  pas  à  se  produire  en  quantité', 
et  le  nouveau  sanctuaire  ne  le  ce'da  pas  en  renommée  et  en 
prospe'rite'  à  l'ancien.  Cependant  Sarapis  et  Isis  ne  quittèrent 
pas  de'finitivement  la  place.  Les  païens  en  effet  tenaient  encore 
des  re'unions  à  Me'nouthis  à  la  fin  du  V"^^  siècle.  Le  village 
moderne  a  garde'  le  nom  du  sanctuaire  :  Abbakyr  ou  Apakyr 
(Saint  Cyr)  est  devenu  Aboukir.  Les  rapports  très  intimes  et  très 
fre'quents  entre  Alexandrie  et  Rome  avaient  amené'  les  marins 
alexandrins  à  dresser  dans  la  capitale  de  l'empire  des  sanctuaires 
de  Sarapis  et  Isis  ;  après  la  victoire  du  nouveau  culte  chre'tien, 
on  e'rigea  à  Rome  une  e'glise  de'die'e  aux  Saints  Cyr  et  Jean.  Cette 
e'glise  existe  toujours  en  face  de  la  basilique  de  Saint  Paul  sur 
la  rive  droite  du  Tibre.  II  paraît  d'ailleurs  que  le  sanctuaire  de 
Me'nouthis  lui-même,  avec  ses  reliques  et  ses  desservants,  se  trans- 
porta, à  un  moment  donne',   à  Rome. 

Les  monuments  expose's  dans  la  salle  22  du  Muse'e,  et  qui 
nous  ont  e'te'  ce'de's  par  S.  A.  le  prince  Toussoun,  proviennent 
presque  tous,  soit  du  temple  que  je  crois  avoir  fait  partie  du  Se'- 
rapeum  (près  de  la  surface  couverte  de  mosaïques  autour  des  co- 
lonnes en  granit,  etc.),  soit  des  maisons  environnantes.  Ils  sont  très 
varie's  et  appartiennent  à  diffe'rentes  e'poques.  Il  y  a  des  ins- 
criptions, des  bustes  en  marbre  et  en  granit,  des  restes  architec- 
toniques,  des  figurines  en  terre  cuite,  des  statuettes  en  bronze, 
des  vases  en  e'mail,  des  vases  en  me'tal.  des  tuyaux  en  plomb. 
Tous  ces  objets  ont  e'te'  ramasse's  au  hasard,  mais  ils  documentent 
quand  même  la  longue  existence  historique  de  Ganope  et  sa  re- 
marquable prospe'rite,  car  si  une  partie  d'entre  eux  remonte  à 
l'âge  pharaonique,  d'  autres  sont  ptole'maïques  ou  romains  et 
d'autres  enfin  sont    e'videmment   chre'tiens. 

Les  monuments  expose's  dans  la  salle  7  du  Muse'e  ont  e'te' 
trouve's  quelques  centaines  de  mètres  à  Lest  de  l'endroit  pre'cite'. 
On  a  cru  pouvoir  y  reconnaître  les  vestiges  d'un  temple  d'Isis. 
Au  sud-est  du  fort  Tewfik  on  voit  encore  en  place  d'énormes 
blocs  en  granit  rose,   qui    ont   fait    partie   d'un    édifice    colossal. 

Au  nord  du  fort,  entre  celui-ci  et  la  plage,  on  peut  visiter 
une  tombe  souterraine  d'âge  hellénistique.  Si,  avant  de  descendre 
au  bord  de  la  mer,  on  monte  sur  une  élévation  quelconque,  on 
jouira  d'une  assez  belle  vue  sur  Montaza  et  la  côte  de  Ramleh 
ainsi  que  sur  le  promontoire    d'Aboukir  et  la  baie  de  ce  nom. 

Au  bord  de  la  mer  on  voit  les  belles  ruines,  baignées  par  les 
vagues,  d'un  vaste  établissement  de  bains,  ainsi  que  les  énormes 
fragments  d'une   statue  colossale   en  granit. 


1 3  9     

Revenir  le  long  de  la  plage  vers  la  gare  d'Aboukir.  Tout 
près  de  la  maison  appartenant  à  S.  E.  Daninos  Pacha,  on  peut 
visiter  une  vaste  tombe  souterraine  qui  se  trouve  dans  la  pro- 
prie'te'  de  S.  A.  le  prince  Toussoun,  mais  qui  est  en  communication 
avec  d'autres  hypoge'es  s'e'tendant  sous  la  maison  Daninos. 

Si  on  a  le  temps,  une  promenade  à  travers  le  village  et  vers 
la  baie  ne  sera  pas  sans  inte'rêt.  Aboukir  est  un  petit  bourg 
qui  doit  sa  ce'le'brite'  à  la  grande  bataille  navale  du  i^''  août  1798, 
où  l'amiral  Nelson  ane'antit  la  flotte  française  (si  le  temps  est 
clair  on  distingue  assez  bien  l'île  de  Nelson),  ainsi  qu'à  la  ba- 
taille du'25  juillet  1799,  gagne'e  par  Bonaparte  sur  l'armce  turque, 
qui  avait  de'barque'  en  ce  lieu. 

Aboukir  est  sûrement  destine'  à  un  bel  avenir,  comme  rési- 
dence des  Alexandrins  pendant  la  saison  chaude,  et  même  comme 
but  de  promenade  et  comme  lieu  de  repos  pendant  toute  l'anne'e. 
Sa  position  est  vraiment  belle  et  pittoresque  ;  son  climat  est 
des  plus  sains.  La  cure  balne'aire  sur  une  plage  de'licieuse  et 
le  climat  excellent  devaient  entrer  pour  quelquechose  même 
dans  les  miracles  de  Sarapis  et    d'Isis. 

Le  promontoire  sur  lequel  se  dresse  le  fort  el-Tarabando  doit 
être  identique,  je  pense,  avec  l'ancien  cap  Ze'phyrion  et  par  conse'- 
quent  c'est  près  de  ce  promontoire  qu'on  doit  chercher  le  temple 
d'Arsinoe'  Ze'phyrite,  e'rige'  par  l'amiral  Callicrate  en  l'honneur 
de  la  reine  Arsinoe'  Philadelphe. 

Le  nombre  assez  considérable  d'actes  de  de'votion,  accomplis 
par  l'amiral  dans  ces  lieux,  prouve,  je  crois,  que  Ganope  était 
une  station  de  la  flotte  des  Ptoléme'es. 

Je  suis  persuade'  que  les  ruines  de  Canope  et  de  MJnouthis, 
maigre'  le  vandalisme  dont  elles  ont  e'te'  victimes  pendant  de 
longues  anne'es,  n'ont  pas  dit  leur  dernier  mot.  Depuis  longtemps 
j'ai  prépare'  un  projet  de  fouilles  me'thodiques.  Ces  temps  der- 
niers on  m'a  laisse'  espe'rer  que  bientôt  on  me  donnera  les  moy- 
ens pour  le  mettre   à   exécution. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Duchesne  L.,  Le  Sanciuaiie  d'Aboukir,  B.  S.  A., 
12,  p.  1-14  ;  Breccia  E.,  Antiquités  découvertes  à  MaainonraJi,  B.  S.  A.,  8,  p. 
107-1x7. 

Rosette.  —  Le  chemin  de  fer,  après  iMaamourah,  traverse  l'é- 
troite langue  de  terre  située  entre  le  lac  d'Edkou  et  la  Méditer- 
ranée. La  ville  de  Rosette  (Rachid,  transcription  du  nom  copte 
Rachit)  a  été  fondée  en  870  sur  les  ruines  d'une  importante 
ville  ancienne,  vraisemblablement   Bolbitine. 

L'ancienne  ville  devait  s'étendre  le  long  de  la  rive  du  Nil 
entre  Rosette  et  la  Mosquée     d'Abou-Mandour.  Rosette   compte 


140     

environ  15000  habitants,  indigènes  pour  la  presque  totalité'.  Elle 
présente  une  image  exacte  de  ce  qu'e'tait  jadis  la  vie  dans  une 
ville  d'Orient  n'ayant  que  peu  de  contact  avec  la  civilisation  euro- 
pe'enne.  Elle  e'tait  jusqu'au  commencement  du  XIX"^'^  siècle  le 
port  principal  de  l'Egypte.  Maigre'  sa  de'cadence  toujours  plus 
sensible,  à  cause  de  la  renaissance  d'Alexandrie  au  cours  du 
XIX"^^  siècle,  Rosette  est  encore  le  centre  d'un  commerce  as- 
sez important  et  qui  commence  à  reprendre  une  ligne  ascen- 
dante grâce  à  la  prospe'rite'  croissante  de  la  campagne  qui  en 
constitue  l'hinterland. 

Les  rues  sont  e'troites  et  anime'es  ;  les  anciennes  maisons 
arabes  bâties  en  briques  cuites  rouges  et  noires,  offrent  des  points 
de  vue  charmants  et  pittoresques,  dont  un  voyageur  intelligent 
aurait  tort  de  se  priver.  Ces  maisons  ont  souvent  cinq  e'tages 
et  sont  range'es  à  droite  et  à  gauche  des  rues  longues  et  e'troites. 
Elles  pre'sentent  des  aspects  très  varie's.  Il  n'y  en  a  pas  une  qui 
ressemble  à  l'autre,  et  dans  la  même  maison  règne  une  grande 
aversion  pour  l'uniformité.  Souvent  les  e'tages  avancent  sur  les 
rez-de-chausse'e  s'appuyant  sur  des  colonnes  anciennes,  souvent 
aussi  l'avant-coips  est  forme'  par  les  e'tages  supe'rieurs  appuye's 
sur  d'e'le'gantes  consoles.  Les  riches  travaux  de  menuiserie  qui 
de'corent  portes  et  fenêtres  offrent  aussi  une  remarquable  va- 
rie'te'. 

Le  souk  ou  marche',  très  anime'  et  assez  pittoresque,  me'rite 
une  visite.  L'industrie  de  la  fabrication  des  nattes  est  assez  de'- 
veloppe'e,  et  on  peut  assister  aux  curieux  proce'des  de  travail 
employe's  par  les  ouvriers. 

De  nombreux  fragments  architectoniques,  provenant  de  cons- 
tructions d'e'poque  gre'co-romaine,  et  enleve's  probablement  à 
l'ancienne  Bolbitine,  sont  encastre's  dans  les  constructions  ara- 
bes ou  abandonne's  dans  les  rues.  Une  inscription  entre  autres, 
trouve'e  justement  à  Rosette,  prouve  l'existence  dans  la  ville 
ancienne  d' un  grand  temple  de'die'  au  culte  de  Cle'opâtre. 
Une  superbe  architrave  en  granit  vert  provenant  d'un  temple 
e'gyptien  a  e'te'  utilise'e  pour  une  e'glise  chre'tienne  (elle  est 
actuellement  au  Muse'e  d'Alexandrie).  Les  restes  pharaoniques 
sont  très  nombreux  ;  pareillement,  des  colonnes  en  granit  et  de 
beaux  chapiteaux  en  marbre,  soit  de  style  corinthien,  soit  de 
style  ionique,  y  ont  e'te  recueillis  et  y  existent  encore  en  très 
grande  quantité'.  Il  y  a  aussi  plusieurs  mosque'es  du  XVI"^^  siècle 
et  des  siècles  suivants  qui  valent  la  peine  d'être  visite'es.  La 
plus  grande  est  la  Gama  Zaghloul,  remarquable  par  le  grand 
nombre  de  ses  colonnes.  La  mosque'e  Mohamed-el-Thuleti,  sur- 
e'ieve'e    de  4  m.   60  au-dessus  du  sol,  pre'sente  à   l'inte'rieur  cinq 


141      

rangées  de  colonnes  ;  la  mosquée  Mohamed-el-Abbassi  par  ses 
portails,  par  sa  coupole,  par  son  e'iégant  minaret  produit  aux 
regards    une    impression  très  agre'able. 

La  célèbre  pierre  de  Rosette  a  e'te'  trouve'e  dans  le  fort  Saint- 
Julien  au  nord  de  la  ville.  (Le  fort  a  e'te'  de'moli  ;  le  seul  do- 
cument qui  le  rappelle  est  une  aquarelle  expose'e  au  Muse'e  gre'co- 
romain,  v.   p.    147). 

Nous  conseillons  de  faire  la  promenade  en  barque  sur  le  Nil 
jusqu'à  la  Mosque'e  d'Abou-Mandour  qui  occupe  une  situation 
pittoresque.  Du  sommet  de  la  colline  on  a  une  vue  très  e'tendue 
sur  le  Nil  jusqu'à  la  mer  au  nord,  jusqu'à  Alexandrie  à  l'oc- 
cident, sur  le  de'sert  au  sud,  à  l'orient  sur  une  vaste  plaine  de 
champs  cultivt's  et  de  jardins  offrant  le  spectacle  d'une  puissante 
fertilité'. 


Caimft  /ii/mijmùfi'^i/e   1 


•4:^. 


GUIDE    DU    MUSEE 


INTRODUCTION. 


Lorsque,  en  i8(u,  on  se  mit  à  discuter  la  fondation  d'un 
Muse'e  à  Alexandrie,  la  question  n'e'tait  pas  sans  pre'ce'dents,  car, 
malheureusement,  les  collections  privées  qui  s'étaient  forme'es 
dans  cette  ville  —  par  exemple  celles  des  Anastasi,  des  Passa- 
lacqua,  des  Zizinia,  des  Harris,  des  Pugioli,  des  De'me'triou  — 
s'en  étaient  allées,  dispersées  un  peu  partout,  dans  les  Musées  d'Eu- 
rope et  d'Amérique;  celle  même  de  l'Institut  Egyptien,  qu'on  pour- 
rait presque  appeler  une  collection  publique,  avait  émigré  au 
Caire  avec  l'Institut  lui-même.  Toutefois,  malgré  cette  dispersion 
des  monuments,  il  y  avait  lieu  d'espérer  le  succès  de  l'institu- 
tion   projetée. 

Les  remarquables  recherches  de  Mahmoud-El-Falaki,  et  les 
savantes  investigations  de  Néroutsos,  avaient  démontré  que  si 
Alexandrie  ne  pouvait  pas  donner  à  la  science  archéologique  et 
à  l'art  la  richesse  immense  de  monuments  que  sa  gloire  passée 
et  sa  renommée  permettaient  d'escompter,  elle  gardait  toutefois 
dans  son  sous-sol  beaucoup  de  ruines  très  intéressantes  pour 
l'histoire.  La  possibilité  même  de  faire  des  fouilles  dans  quelques 
autres  villes  gréco-romaines  de  l'Egypte  nous  était  assurée,  comme 
l'étaient  aussi  l'appui  et  l'aide  de  la  Direction  générale  du  Ser- 
vice des  Antiquités. 


144      

L'idée,  eclose  au  sein  de  la  Socie'te'  «  l'AthenEeum  »,  trouva  bon 
accueil  dans  la  presse  et  on  réussit  à  y  inte'resser  les  habitants, 
la  municipalité'  et  le  gouvernement.  Après  les  premiers  tâtonne- 
ments, tous  tombèrent  d'accord  et  le  projet  suivant  fut  propose'. 
La  municipalité'  prendrait  à  sa  charge  la  de'pense  ne'cessaire  pour 
les  locaux,  le  personnel,  les  fouilles  et  l'entretien  des  monuments; 
la  Direction  ge'nèrale  du  Service  des  Antiquite's  aurait  la  haute 
surveillance  scientifique,  elle  enverrait  un  premier  groupe  de 
monuments,  et  elle  promettait  de  réunir  peu  à  peu,  à  Alexandrie, 
la   plus    grande   partie  de  ses  collections  gréco-romaines. 

C'est  à  l'homme  qui,  dans  la  Rivista  Egiziana,  organe  de  l'Athe- 
na^um,  avait  démontré  l'importance,  la  possibilité  pratique  et  la 
nécessité  du  Musée,  à  Giuseppe  Botti,  que  fut  confiée  la  direction. 
Esprit  enthousiaste  et  plein  d'espoir,  il  tâcha  de  classer  aussi  con- 
venablement que  possible  les  quelques  monuments  qu'on  lui  avait 
cédés,  dans  quatre  ou  cinq  chambres  louées  dans  un  immeuble 
de  la  Rue  Rosette.  Mais  bientôt  ce  local  se  trouva  insuffisant, 
de  telle  sorte  que  la  Municipalité  décida  de  construire  un  édifice 
ad  hoc  sur  le  terrain  situé  au  nord  de  son  bâtiment.  En  1895, 
le  nouveau  siège  fut  inauguré.  Il  était  formé  par  l'aile  ouest  d'un 
édifice  qui  devait  être  plus  tard  de  forme  rectangulaire  (salles 
i-io).  En  1896,  on  bâtit  les  salles  11-12;  en  1899,  à  l'occasion 
de  la  naissance  de  S.  A.  le  prince  héritier  Abd-el-Moneim,  les 
salles  13-16  furent  inaugurées;  en  1904,  les  salles  17-22.  Et  il 
est  de  toute  nécessité  de  nous  agrandir  encore.  Un  projet  qu'on 
mettra  incessamment,  je  l'espère,  à  exécution,  a  été  déjà  dressé 
pour  réunir  du  côté  sud  l'aile  occidentale  avec  l'aile  orientale  de 
l'édifice.  Ainsi  qu'on  peut  s'en  convaincre  à  la  lecture  de  ces 
simples  indications  d'ordre  matériel,  le  Musée  d'Alexandrie,  bien 
que  tout  jeune  encore,  a  eu  un  développement  très  rapide,  dont 
le  mérite  revient  à  l'activité  infatigable  de  G.  Botti  (f  1903). 
Comme  c'était  à  prévoir,  l' amoncellement  rapide  des  objets 
avait  empêché  une  classification  scientifique  définitive,  et  avait 
donné  aux  différentes  sections  l'apparence  de  dépôts  provisoires. 
Nous  avons  essayé  de  classer  les  collections  du  Musée  systémati- 
quement, selon  le  plan  que  voici  :  a)  Topographie  ci'  Alexandrie. 
ji')  Epigraphie  et  [provisoirement)  manuscrits.  ;•')  Antiquités 
égyptiennes,  h')  Produits  de  Vart  gréco-romain  qui  révèlent  Vin- 
fluence  de  Vart  indigène  et  vice-versa.  t)  Iconographie.  Petites 
sculptures.  :')  Sculptures,  tf)  Architecture.  ()')  Momies  ptolé- 
maiques  et  romaines.  Mobilier  funéraire.  Produits  de  Vart  in- 
dustriel. 1')  Objets  provenant  de  fouilles  systématiques.^  classés 
par  ordre  topographique,  x)  Numismatique.  '/.')  Antiquités  chré- 
tiennes. Dans  chaque  section,  on  a  tâché  d'appliquer  et  de  concilier 


—     145     ~ — 

le  criteriuQi  topographique  et  le  critérium  chronologique.  Bien 
que  l'exe'cution  intégrale  et  rigoureuse  de  ce  plan  ait  rencontre' 
beaucoup  de  difficulte's  d'ordre  mate'riel,  on  peut  affirmer  que  la 
classification  actuelle  re'pond  dans  ses  lignes  ge'ne'rales  au  schéma 
énoncé_(fig.   37,  p.^  142J. 

Botti  avait  déjà  rédigé  deux  catalogues,  le  premier  en 
1893  {Notice  des  motnimenis  exposés  au  Musée  gréco-romain 
d Alexandrie)^  Vautre  en  1900  {Catalogue  des  monuments,  etc.). 
La  Notice  n'a  plus  d'importance  que  pour  l'histoire  de  l'institution, 
le  Catalogue,  même  sans  tenir  compte  de  la  nouvelle  classifica- 
tion, est  antérieur  à  la  construction  des  six  dernières  salles  et, 
par  conséquent,  a  perdu  son  utilité  pratique.  Je  me  suis  proposé 
de  rédiger  un  guide  pour  les  simples  visiteurs,  et  non  pour  les 
savants.  Dans  cet  ordre  d'idées,  j'ai  résumé  quelques  théories 
générales  à  propos  de  chaque  groupe  d'objets,  puis  je  me  suis 
borné  à  signaler  les  monuments  les  plus^essentiels.  Un  catalogue 
scientifique  détaillé  est  en  cours  de  publication  dans  la  série  du 
Catalogue  général  des  Antiquités  égyptiennes  (^l 


TOPOGRAPHIE   D^ ALEXANDRIE. 


Dans  le  vestibule  et  dans  la  petite  chambre  à  gauche  de  l'entrée 
est  exposée  une  collection  de  plans  et  de  vues  de  la  ville  an- 
cienne et  moderne,  ainsi  que  des  photographies  de  plans  et  des 
essais  de  restitution  de  ses  anciens  monuments.  Une  série  de 
photographies  d'œuvres  d'art  anciennes  et  modernes  inspirées  par 
l'histoire  d'Alexandrie  devra  compléter  cette  section  du  Musée, 
dont  l'importance  et  Tintérét  augmentera  dès  que  je  pourrai  la 
classer  plus  méthodiquement  dans  un  milieu  plus  approprié. 

i-i^.  Reconstruction  du  Phare.  Dessins  originaux  par  le  prof. 
Auguste  Thiersch,  qui  ont  servi  au  prof.  H.  Thiersch  pour  l'il- 
lustration de  son  volume  sur  le  Phare  (v.  p.   94). 

2.  Vue  du  Portus  Magnus  (?). 

3.  Plan  d'Alexandrie  ancienne  par  G.   Botti. 

(i)  Deux  volumes  ont  déjà  paru:  E.  Breccia,  Iscriziotii  greche  e  latine. 
Le  Caire,  191 1,  p.  XXXI,  275  et  pi.  LXT  (prix  P.  2S2);  E.  Breccia,  La  uecro- 
poli  di  Sciatbi,  t.  I,  p.  LVI,  212,  t.  II,  pi.  LXXXII  (prix  P.  440).  Un  troisième, 
consacré  aux  sculptures  gré  :o-romaines,  est  sous  presse;  d'autres  sont  en  prépa- 
ration. 


^ „      I  4(3      ^ _ 

4.  Vue  d'Alexandrie  d'après    un    écrivain  hollandais  du  XVl''^ 
siècle. 

5.  Plan  de  la  ville  ancienne  par  Mahmoud-El-Falaki. 

6.  Plan  de  la  ville  ancienne  par  Ne'routsos. 

7.  Carte  des  environs  d'Alexandrie  par  Mahmoud-El-Falaki. 

8.  Photographie    de  l'obe'lisque  du  Ce'sareum  (aiguille  de  Gle'o- 
pâtre)  prise  peu  avant  son  transport  à  New-Vork. 

9.  Reconstruction  du  Phare  par  Ebers,  par  Veitmejer,  par  Adler. 

10.  Photographie  du  fort  Qaït  bey  à  l'époque  de  Bonaparte  ainsi 
que  des  ruines  du  même  fort  en  l'e'tat  actuel. 

11.  Plan  d'Alexandrie  par  la  Mission  d'Egypte  (1799-1801). 

12.  Plan  de  la  ville  en    1S55. 

13.  Reconstruction  fantaisiste  du  Serapeum  faite  au  XVIH'''*^ 
siècle  d'après  la  description  d'Aphthonius. 

14-18.  Photographies  de  tapisseries  flamandes  reproduisant  des 
e'pisodes  de  la  vie  d'Antoine  et  de  Cle'opàtre. 

19.  Photographie  du  remarquable  tableau  repre'sentant  Cle'opàtre 
par  Moïse  Bianchi. 

20.  Photographie  de  la  mosaïque  de  Pompéi  (Muse'e  de  Naples) 
dite  de  la  bataille  d'Alexandre.  A  gauche,  tête  nue.  le  Con- 
quérant à  cheval. 

21.  Photographie  de  la  mosaïque  de  Palestrina  (près  de  Rome, 
palais  Barberini)  repre'sentant,  paraît-il,  l'Egypte  vue  à  vol  d'oi- 
seau, à  partir  d'Alexandrie  et  de  Canope  (en  bas,  à  gauche) 
jusqu'à  la  Nubie. 

Dans  la  petite  chambre  à  gauche  : 

22.  Grand  plan  d'Alexandrie  moderne  relevé'  en  1890.  L'amiral 
Blomfield  v  a  marque'  en   noir  un  plan  de  la  ville  ancienne. 

23.  Plan  de  l'ancienne  Alexandrie  par  Sieglin. 

24.  Plan  d'Alexandrie  au  commencement  du  XIX"^*^  siècle  par 
Valentia  (1802-1806). 

25.  Plan  de  la  ville  en    1868,  par  Bnrrau. 

26.  Photographie  du  ce'lèbre  tableau  de  Bellini  repre'sentant 
St-Marc  qui  prêche  aux   Alexandrins. 

27-67.  Autres   vues  et  releve's. 

Dans  le  passage  entre  le  Vestibule  et  la  Salle  6,  Vitrine  hori- 
zontale :  une  collection  d'armes  et  d'instruments  en  pierre  d'âge 
pre'historique  provenant  du  Fayoum  et  d'autres  régions  de  l'Egypte. 
Don  de  M.  Seton  Karr. 


47 


INSCRIPTIONS  GRECQUES  ET  ROMAINES. 


Il  n'est  pas  nécessaire  d'insister  sur  la  très  grande  importance 
que  chaque  document  e'pigraphique  peut  avoir  pour  les  diverses 
branches  des  e'tudes  anciennes.  L'histoire,  la  topographie,  l'his- 
toire de  l'art,  de  la  religion,  des  mœurs,  la  philologie,  enfin 
toutes  les  antiquite's  publiques  et  prive'es  reçoivent  presque  tous 
les  jours  quelque  nouvelle  lumière  grâce  aux  inscriptions,  qu'il  s'a- 
gisse d'ailleurs  de  de'crets  publics  et  d'inscriptions  honorifiques 
(en  ge'ne'ral  sur  des  bases  de  statues,  quelquefois  sur  des  troncs 
de  colonnes),  ou  bien  de  de'dicaces  votives,  ou  de  diplômes  mili- 
taires (sur  des  plaques  en  bronze),  ou  d'e'pitaphes,  ou  d'humbles 
mais  intéressantes  inscriptions  sur  des  anses  d'amphores,  sur  des 
bouchons  en  plâtre  fermant  des  vases  en  terre  cuite,  sur  des 
tesserœ  en  ivoire,  en  plomb,  etc. 

Notre  collection  d'inscriptions  gre'co-romaines  présente  des 
exemplaires  de  toutes  les  catégories,  et  quelques-unes  de  telle 
importance  qu'elles  ont  donne'  lieu  à  des  monographies  spéciales. 
Presque  toutes  ont  e'té  re'unies  dans  la  salle  6  (à  gauche  de 
l'entre'e).  Elles  proviennent  dans  la  presque  totalité'  de  l'Egypte 
et  en  grande  partie  d'Alexandrie  elle-même.  Avant  d'entrer  dans 
la  salle  6,  donner  un  regard  au  : 

Moulage  de  la  Pierre  de  Rosette.  (L'original  est  au  British 
Muséum). 

On  sait  que  ce  sont  principalement  les  e'tudes  faites  sur  cette 
pierre  qui  ont  abouti  au  de'chiffrement  de  l' e'criture  hie'ro- 
glyphique  et  constitue'  ainsi  le  point  de  de'part  de  toutes  nos 
connaissances  sur  l'Egypte  pharaonique.  La  pierre  contient  en 
trois  e'critures  —  hie'roglyphique,  de'motique,  grecque  —  un 
seul  et  même  de'cret  promulgue'  par  les  prêtres  de  Memphis, 
en  196-5  av.  J.-Gh.,  en  l'honneur  du  roi  Ptole'me'e  Epiphane,  lors 
de  son  couronnement.  Elle  fut  découverte  en  août  1799  par 
M.  Bouchard,  officier  de  l'arme'e  française,  dans  le  fort  St- Julien 
près  de  la  ville  de  Rosette.  Le  fort  a  Jte'  démoli,  il  y  a  une 
douzaine  dr'annJes.  Le  seul  souvenir  qui  en  reste  est  la  repro- 
duction à  l'aquarelle  expose'e  ici  à  cote'  de  l'inscription. 

Par  l'article  XH  de  la  Capitulation  d'Alexandrie,  signée  par 
le  ge'ne'ral  Menou  pour  l'évacuation  de  l'Egypte,  la  pierre  de 
Rosette  tomba  au  pouvoir  des  Anglais.  Elle  fut  ensuite  trans- 
porte'e  à  1-ondres  et  de'pose'e  au  British  Muséum. 


^ ,48  

Après  les  tentatives  de  Sacy  et  d'Akerblad,  qLii  re'ussirent  à 
fixer  la  position  respective  de  plusieurs  noms  propres,  M.  Young, 
partant  de  l'hypothèse  de  Zoega,  que  les  groupes  hie'roglyphiques 
dans  un  anneau  elliptique,  ou  cartouche,  renfermaient  les  noms 
des  souverains,  e'tudia  le  cartouche  de  Tinscription  de  Rosette 
qui,  d'après  le  texte  grec,  devait  renfermer  le  nom  du  roi  Ptole'- 
me'e,  et  réussit  à  deviner  trois  signes  :  P.  T.  I  ;  dans  un  autre  car- 
touche de  Karnak,  avec  le  nom  de  la  reine  Be're'nice  il  devina  le 
signe  N.  Mais  il  s'arrêta  là,  ses  essais  ulte'rieurs  furent  comple'- 
tement    malheureux. 

Le  mérite  d'avoir  e'tabli  les  principes  du  de'chiftrement  de 
l'e'criture  hie'roglyphique  (1822)  doit  revenir  en  entier  à  Fran- 
çois Ghampollion  (1799-1832).  Après  avoir  e'tudië  les  cartouches 
de  la  pierre  de  Rosette,  il  put  avoir  sous  les  yeux  l'obe'lisque  de 
Philae,  contenant  une  inscription  bilingue  (hie'roglyphique  et 
grecque)  dans  laquelle  il  y  avait  un  cartouche  identique  à  celui 
de  la  pierre  de  Rosette  et  un  autre.  Il  de'termina  que  l'e'criture 
des  noms  royaux  e'tait  exclusivement  alphabe'tique  et  fixa  les  si- 
gnes qui  donnaient  la  transcription  U.T.O.A.M.I.I.  Par  une  se'rie 
de  comparaisons  et  de  raisonnements,  il  parvint  bientôt  à  de'- 
chiffrer  l'autre  cartouche,  qui  e'tait  celui  de  Gle'opâtre.  Il  cons- 
tata que  les  lettres  communes  dans  la  graphie  grecque  aux  deux 
noms  de  Ptole'me'e  et  de  Gle'opâtre  e'taient  reproduites  par  des 
signes  hie'roglyphiques  identiques  dans  les  deux  cartouches,  et 
celles  qui  e'taient  différentes  ne  s'y  rencontraient  pas.  Muni  de 
cette  sorte  d'alphabet  rudimentaire,  en  partie  sûr  en  partie  très 
probable,  il  multipHa  les  e'tudes  et  les  comparaisons  et,  par  voie 
d'exclusion  successive,  il  parvint  à  de'chiffrer  une  quantité'  de 
noms  de  rois  et  d'empereurs,  de  façon  à  pouvoir  fixer  un  grand 
nombre  de  signes  hie'roglyphiques.  Ils  sont  très  nombreux  5  il  y  en 
a  environ  500  qui  sont  d'usage  courant,  les  uns  phone'tiques  (al- 
phabe'tiques  et  syllabiques),  d'autres  ide'ographiques,  d'autres 
de'terminatifs.  A  l'aide  du  copte,  qui  est  la  forme  la  plus  re'cente 
de  l'ancienne  langue  e'gyptienne,  on  ne  tarda  pas,  non  seule- 
ment à  lire,  mais  aussi  à  comprendre  les  inscriptions  hie'rogly- 
phiques. 

Ensuite  E.  Brugsch  fixa  la  lecture  et  la  compre'hension  du 
de'motique  qui  e'tait  l'e'criture  employe'e  ge'ne'ralement  dans  les 
besoins  de  la  vie  prive'e:  actes,   contrats,  lettres,  etc. 

L'e'criture  de'motique  est  une  sorte  de  tachygraphie  tire'e  des 
hie'roglyphes,  mais  où  les  traits  sont  tellement  simplihe's  qu'au- 
cun hie'roglyphe  n'y  est  plus  reconnaissable. 


'49 


SALLE  6. 


Les  inscriptions  ptolemaïques  sont  rangées  le  long  de  la  paroi 
de  droite,  autant  que  possible  par  ordre  chronologique,  les  ins- 
criptions romaines,  grecques  et  latines,  le  long  de  la  paroi  de 
gauche  et  sur  les  deux  soubassements  en  maçonnerie  qui  flan- 
quent la  porte  d'entre'e.  La  grande  base  en  marbre  en  l'hon- 
neur de  Valentinien  fait  exception  :  on  a  e'te'  oblige',  pour  des 
raisons  d'espace,  de  la  placer  au  milieu  de  la  paroi  de  droite. 
Les  inscriptions  fune'raires  font  suite  aux  inscriptions  des  autres 
cate'gories. 

1.  Base  cV une  statue  dédiée  à  Ptole'me'e  I*^''  Soter,  le  fondateur 
de  la  dynastie  des  Lagides,  par  un  certain  Diodote,  fils  d'A- 
che'e.  Au  bas,  la  traduction  de'motique.  Granit  noir  5  envoi  du 
Directeur  Ge'ne'ral  du  Service  des  Àntiquite's. 

2.  Dédicace  en  l'honneur  de  Ptole'me'e  II,  fils  et  successeur  de 
Ptole'me'e  Soter,  par  un  certain  Ariston,  tils  de  Python.  Lettres 
carre'es  très  belles,  bien  grave'es. 

3.  Dédicace  semblable  par   un  anonyme. 

10.  Dédicace  d'une  chapelle  et  de  quelques  autels  à  Zeus  pour 
la  santé'  du  roi  Ptole'me'e  III.  Marbre  blanc.  L'inscription  a 
e'te'  trouve'e  à  Siouf  (Ramleh)  et  nous  donne,  par  conséquent, 
un  inte'ressant  renseignement  topographique. 

I  I.  Les  Juifs  (of  'lovôaioij  re'sidant  à  Sche'dia  ont  consacre  une 
synagogue  pour  la  santé'  du  roi  Ptole'me'e  III,  de  sa  femme  et 
sœur  Be're'nice  et  de  leurs  fils.  Dalle  en  calcaire.  Prov.  Sche'- 
dia (environs  de  Kafr-el-Dawar). 

L'inscription  prouve  que  de'jà  sous  Ptole'me'e  Evergète  (240- 
222)  les  Juifs  formaient  dans  la  petite  ville  de  Sche'dia  une 
communauté'  et  qu'ils  y  posse'daient  une  synagogue.  Celle-ci 
est  de'jà  appele'e  du  nom  si  fre'quent  aux  e'poques  ulte'ricures 
de  «  Maison  de  la  prière  '>.  Cette  de'dicace  offre  un  argument 
à  ceux  qui  croient  qu'en  Egypte,  ainsi  qu'en  Syrie,  le  titre 
n()e/.({ })  (sœur  du  roij  appartenait  à  la  reine  de  droit.  En  effet 
Be're'nice  e'tait  cousine  de  son  mari  et  non  pas  sa  sœur. 

23.  Dédicace  à  Anubis  pour  la  santé'  de  Ptole'me'e  IV  Philopa- 
tor  et  de  sa  femme,  faite  par  les  doyens  (.-roFofifTfooi)  de  la 
corporation  des  meuniers  (T(or  oh'ooy.ô.-roy).  Dalle  en  marbre 
blanc.   Prov.  Alexandrie. 


I50     

Le  pain  de  doura  (V/.vqa  était  un  pain  ordinaire  pour  l'ali- 
mentation du  peuple.  Les  doyens  de  la  corporation  sont  au 
nombre  de  sept,  et  le  premier  a  le  titre  de  prêtre.  Ils  sont  tous 
d'origine  égyptienne,  bien  que  l'inscription  soit  re'dige'e  en  grec. 
Une  association  professionnelle,  dont  les  membres  étaient 
de  purs  Egyptiens,  ayant  une  organisation  en  partie  religieuse, 
en  Egypte  au  III'"^  siècle  av.  J.-Ch.,  est  chose  fort  neuve  et 
vraiment  intéressante. 

2-|.  Dédicace  à  Sarapis  et  Isis  en  l'honneur  de  Ptole'mee  IV  Phi- 
lopator  et  de  sa  femme  et  sœur  Arsinoe',  par  Arche'polis  fils 
de  Cosmos,  citoyen  d'Alexandrie,  inscrit  dans  le  dème  leov- 
rarevg.  Dalle  en  marbre  blanc.  Prov.  Alexandrie. 

L'organisation  administrative  de  la  population  alexandrine 
(v.  p.  23)  comprenait  pour  la  classe  des  habitants  ayant  le  droit 
de  cite'  une  division  en  tribus  (rfvlal)]  chaque  phylé  e'iait  subdi- 
vise'e  en  un  certain  nombre  de  dèmes.  Cette  inscription  nous 
fait  connaître  un  dème  que  nous  ignorions  auparavant. 

31.  Base  de  statue  pour  le  roi  Ptole'me'e  V  Epiphane,  de'die'e  par 
les  chefs  des  corps  d'e'lite  des  troupes  indigènes  constituant  la 
Garde  du  palais  royal.  Granit  rouge.  Prov.  Alexandrie  (Porte 
Rosette). 

37.  Linteau  de  porte  en  pierre  calcaire  blanche  ;  on  y  trouve 
gravée  sur  quatre  lignes  la  de'dicace  d'un  .-roo.TrAor  et  d'un 
ûvgojua  à  Zeus  Soter  par  Lysimaque  fils  de  Bastachilas  et  par 
ses  fils,  pour  la  santé'  du  roi  Ptole'me'e  VI,  sa  femme  Cle'o- 
pâtre  et  leur  frère   Ptole'mee.  Prov.  Be're'nice  (Mer  Rouge). 

37  *.  Cette  inscription  nous  apprend  que,  sous  le  règne  de  Pto- 
le'mee VIII,  Soterikos,  fils  de  Ikadion,  de  Gortyne  (Crète),  et 
l'un  des  commandants  de  la  garde  royale,  envoyé'  en  mission 
par  Paotis,  stratège  de  la  The'baïde,  ayant  accompli  à  souhait 
sa  tâche,  a  de'die  cette  pierre  à  Pan,  dieu  du  bon  chemin,  et 
aux  autres  dieux  et  déesses.  Marbre  blanc.  Prov.  Coptos, 

40  ^.  Dédicace  à  Tryphena^  probablement  de  Naucratis,  nourrice 
du  roi  Ptole'me'e  XIII,  par  ses  concitoyens. 

44  ^.  Longue  liste  de  mercenaires  des  Ptole'me'es  de  garnison  à 
Hermoupolis  Magna  (Aschmounein,  Haute-Egypte).  Ils  avaient 
de'die'  cette  inscription  avec  tous  leurs  noms,  en  l'honneur  du 
roi,  pour  le  remercier  de  certaines  concessions  qu'il  leur  avait 
faites. 

44  ^\  (De'pose'e  sur  le  sol.  appuyée  contre  la  paroi).  Base  d'tine 
statue  en  granit  rouge  e'rige'e  par  la  ville  d'Alexandrie  en 
l'honneur  de  Lycarion,  fils  de  Noumenios,  frère  de  Ptole'me'e 
et  oncle  d'un  autre  Noumenios  (tous  e'videmment  personnages 
de  haute  qualité').  Lycarion  avait  les  titres  de  parent  du  roi, 


131 

doyen  honoraire  des  anciens  officiers  de  la  cour,  ministre  des 
finances,  exegète  (charge  religieuse  et  administrative),  recteur 
du  gymnase.  Le  document,  qu'on  peut  dater  du  I*^^'  siècle  av. 
J.-Gh..  est  très  important  pour  l'organisation  administrative  de 
la  ville  d'Alexandrie  à  l'e'poque  ptolcmaïque.  Prov.  Alexandrie. 

107.  Base  de  colonne,  La  surface  inférieure  porte  gravée  en 
beaux  caractères  une  de'dicace  aux  dieux  par  les  jrgvTdvsiç  (pré- 
sidents) et  le  secrétaire  du  sénat.  Marbre  blanc.  Prov.  Abou- 
Mandour  (Rosette). 

Cette  inscription  aurait  une  importance  capitale  pour  l'histoire 
administrative  de  l'Egypte  sous  les  Ptolémées,  s'il  n'existait 
pas  un  doute  sur  son  origine  égyptienne.  Antérieurement  aux 
Ptolémées,  Naucratis  était  la  seule  ville  ayant  une  constitution 
hellénique  avec  les  éléments  du  sénat  et  de  la  ttô/jç.  On  est 
porté  à  croire  que,  de  même  qu'Alexandrie,  Ptolémaïs  et  Her- 
moupolis  avaient  été  organisées  de  cette  sorte  au  début  de 
l'époque  ptolémaïque,  et  notre  inscription  prouverait  l'existence 
d'une  autre  communauté  complètement  hellénisée  à  Abou-Man- 
dour  (ancienne  Bolbitine)  5  mais  le  dialecte  dorique  du  texte 
fait  penser  que  l'inscription  trouvée  en  cet  endroit  provenait 
de  Rhodes.  Récemment  le  Dr  Plaumann  a  essayé  de  revendi- 
quer cet  important  document  pour  Alexandrie. 

185.  Têfe  de  lion^  formant  gouttière  pour  l'écoulement  des 
eaux  ;  elle  avait  été  travaillée  dans  un  bloc,  sur  lequel  on 
avait  gravé  une  longue  inscription  zodiacale  5  ce  bloc  avait 
donc  fait  partie  d'une  sorte  d'horloge  solaire,  laquelle,  d'après 
l'observation  du  lever  du  soleil,  permettait  de  reconnaître  les 
mois  naturels  et  les  saisons  en  fixant  même  les  périodes 
pendant  lesquelles  les  navigateurs  pouvaient  ou  non  se  risquer 
loin  de  la  côte,  en  haute  mer.  C'est  un  document  unique  en 
son  genre.  Calcaire  nummulitique.  Prov.  Mariout. 
6.  (Au  milieu  de  la  salle,  devant  le  bœuf  Apis.)  —  Autel 
trouvé  in  situ  par  la  mission  Sieglin  dans  le  terrain  de  la 
colonne  dite  de  Pompée,  L'intérieur,  actuellement  vide,  était 
rempli  de  cendres.  Les  quatre  faces  sont  encore  en  partie 
décorées  de  festons  en  couleur  bleue.  Sur  la  face  antérieure 
on  lisait  une  dédicace  peinte  en  bleu  foncé  —  actuellement 
beaucoup  de  mots  sont  effacés  —  en  l'honneur  de  Ptolémée  II 
et  de  sa  sœur  et  femme  Arsinoé. 

Revenir  près  de  la  porte   d'entrée,  à   droite. 

42.  Base  de  statue  dédiée  par  le  TTuoâairoç  Aphrodyse,  à  Antoine 
le  Grand,  l'Inimitable,  son  dieu  et  bienfaiteur,  l'an  19  de 
Cléopâtre  et  4  d'Antoine,  le  29  de  AVa^^  =  24  décembre   50 


152        

av.  J.-Gh.  Granit  gris.  Prov.  Alexandrie,  près  de  la  gare  de 
Ramleh.  C'est  le  seul  document  e'pigraphique  qui  nous  rappelle 
l'existence  à  la  fois  idyllique,  folle  et  tragique  que  menait  en 
Egypte  le  Triumvir. 

Parmi  les  inscriptions  latines  ou  grecques  d'e'poque  romaine, 
les  plus  nombreuses  sont  grave'es  sur  des  bases  de  statues  dresse'es 
en  l'honneur  de  l'un  des  empereurs. 

4g.  Colonne  en  calcaire  nummulitique.  Hauteur  2  m.  36.  Prov. 
Alexandrie,  Minet-el-Bassal.  L'inscription  qui  est  grave'e  sur  la 
colonne  est  bilingue,  en  latin  et  en  grec.  Elle  parle  d'un 
canal  ou  aqueduc  construit  par  Auguste,  depuis  Sche'dia  (voi- 
sinage de  Kafr-el-Dawar  actuel)  jusqu'à  Alexandrie,  sur  une  lon- 
gueur de   35  kilomètres,  l'an  40  de  l'empereur. 

Cette  formule  de  datation  selon  les  années  de  règne  du  sou- 
verain était  employe'e  en  Egypte,  même  à  l'e'poque  romaine. 
L'Egypte  était  conside're'e  comme  domaine  personnel  de  l'em- 
pereur. L'anne'e  impe'riale  commençait  le  1^^  Thot,  premier  jour 
de  l'an  égyptien  =  29  août.  Pour  la  première  anne'e  du  règne, 
la  fraction  d'anne'e  comprise  entre  l'accession  au  trône  et  le 
i^^  Thot  suivant  entrait  en  ligne  de  compte.  Un  exemplaire 
identique  de  notre  inscription,  mais  grave'  sur  une  petite  dalle 
de  marbre,  est  au  Muse'e  de  Vienne.  Elle  a  e'té  trouvée  en 
dehors  de  la  Porte  Rosette. 

60.  (A  gauche  de  la  colonne  précédente).  Stèle  à  forme  de  pseudo- 
naïskos.  L'inscription  bilingue  rappelle  que,  sous  la  préfecture 
de  Septimius  Vegetus,  l'an  M  de  l'empereur  Domitien  (86-87), 
on  a  creusé  le  canal  Philiagranum  de  la  localité  dite  Tria 
Soldum  jusqu'à  Petra.  Calcaire  nummulitique.  Prov.  Schédia. 
Le  canal  Philiagranum  doit  être  placé  entre  Kafr-el-Da\var 
et  Alexandrie.  Petra  doit  correspondre  à  la  localité  appelée 
actuellement  Hagar  el-Nawatieh.  On  remarquera  que  le  nom 
de  l'empereur  est  martelé.  Ce  martelage  a  été  fait  avec  in- 
tention. L'empereur,  après  sa  mort,  pouvait  être  divinisé,  et 
dans  ce  cas,  dans  les  inscriptions  postérieures  à  sa  mort,  on 
retrouve  le  titre  divus  =  Oeôç  ;  mais  sa  mémoire  pouvait  être 
abolie,  condamnée  par  un  décret  du  sénat,  et  dans  ce  cas  son 
nom  était  martelé  sur  tous  les  monuments.  Domitien  avait 
subi  la  damnatio  memoriœ. 

72.  Dédicace  par  la  ville  d'Alexandrie  (//  .to/./s)  d'une  statue  à 
Marc  Aurèle,  grâce  aux  soins  d'Apollon,  fils  d'Apollonios,  grand 
pontife  des  empereurs.  Marbre  grisâtre.   Prov.  Alexandrie. 

82.  Dédicace  d'une  statue  que  la  ville  d'Alexandrie  éleva  à  Ca- 
racalla  par  les  soins  du  grand  pontife  des  empereurs. 


133      

65.  Dalle  de  schiste  verdâtre.  Inscription  bilingue  (latine  et 
grecque)  qui  fait  mention  d'une  expédition  militaire  entreprise, 
sous  le  règne  d'Hadrien,  par  un  fonctionnaire  romain,  Sulpicius 
Serenus,  contre  les  Agriophages  (mangeurs  de  bêtes  fe'roces). 
163.  Petite  colonne  brisée  à  mi-hauteur  qui  se  trouvait  à  l'entre'e 
d'un  des  temples  de  la  ville  grecque  de  Ptolc'maïs  (dans  la 
Haute-Egypte).  Elle  est  malheureusement  mutile'e.  Elle  e'nu- 
mère  les  prescriptions  pour  les  purifications  qu'à  certaines 
pe'riodes  de  Tanne'e  on  devait  accomplir  avant  de  pouvoir 
entrer  dans  le  temple.  Dans  la  première  partie  on  spe'cifiait 
les  cas  de  purification  pour  les  hommes,  dans  la  seconde  partie 
pour  les  femmes  qui  avaient  accouche'  d'un  garçon,  pour  celles 
qui  avaient  avorte,  pour  celles  qui  avaient  expose'  un  enfant, 
etc.  Basalte  noir.  Prov.  Ptole'maïs  (Menschieh). 
76.  Inscription  honoraire  [dédicace  d'une  stattte)  en  l'honneur 
de  l'empereur  Marc  Aurèle  bienfaiteur  et  sauveur  de  l'univers, 
que  la  ville  (d'Alexandrie  ou  de  Pachnemounis  ?)  a  fait  graver 
par  les  soins  d'Isidore,  haut  fonctionnaire  administratif,  grand 
prêtre  d'Apollon  et  gardien  du  Se'rapeum  de  Pachnemounis. 
Marbre  blanc.  Prov.  Kdm  el-Kanziri  =  Pachnemounis,  dans  le 
nome  Sêbennytique. 

En  face,  au  milieu  de  la  paroi   de  droite: 

92.  Grande  hase  cubique  en  marbre  blanc  (haut,  i  m.  50,  larg. 
I  m.  15,  prof,  o  m.  50)  pour  une  statue  de  Valentinien 
aetermim  imperatorem  e'rige'e  par  C  Valerius  Eusebius,  vir 
cJarissinms^  cornes  ordinis  primi  ac  per  orientent.  Prov. 
Alexandrie  (Rue  Rosette,  des  fondations  de  la  maison  Li- 
fonti  à  sept  mètres  de  profondeur). 

La  base  est  plus  ancienne  que  l'inscription  actuelle.  G.  Va- 
lerius Eusebius,  ce  magistrat  d'ordre  civil  et  administratif  avec 
juridiction  en  Orient,  et  (e'videmment)  aussi  en  Egypte,  a  eu 
soin  de  faire  marteler  l'ancienne  inscription  (ptole'maïque  peut- 
être)  pour  graver  sur  la  même  surface  ante'rieure  de  la  base, 
mais  renverse'e,  la  nouvelle  inscription.  Ce  proce'de',  aussi  e'co- 
nomique  que  vandale  et  bien  regrettable  au  point  de  vue  de 
l'histoire,  a  e'te,  he'las  !  fort  souvent  employé  à  Alexandrie. 

Dans  la  vitrine  verticale  en  fer,  le  long  de  la  paroi  droite, 
voir  : 

39.  Deux  plaques  en  bronze.  Elle  constituent  les  deux  parties 
d'un  diplôme  militaire  trouve'  à  Goptos  en    1881. 

Aux  soldats  qui  avaient  honorablement  accompli  leur  temps  de 
service,  l'empereur  accordait  certains  privilèges.  Il  promulguait 


154     

une  loi  comprenant  la  liste  de  tous  les  militaires  qui  venaient 
d'être  ainsi  favorise's. 

Cette  loi  grave'e  sur  bronze  était  déposée  au  Capitole,  et 
chaque  soldat  recevait  un  diplôme^  c'est-à-dire,  deux  tablettes 
en  bronze  :  sur  l'une  e'tait  grave'e  la  loi,  sur  l'autre  les  noms 
et  matricules  du  soldat.  Les  deux  tablettes  formant  diptyque 
e'taient  re'unies  au  moyen  de  fils  qui  devaient  porter  sept  cachets 
de  cire,  chacun  donnant  le  nom  d'un  des  sept  citoyens  romains 
qui  devaient  te'moigner  de  l'authenticité'  de  la  copie.  En  ge'ne'ral, 
ces  privilèges  e'taient  les  suivants  :  droit  de  cite'  e'tendu  aux  fils 
mêmes  et  à  leurs  descendants  directs,  droit  de  contracter  ma- 
riage dans  la  forme  du  connubium  conforme'ment  au  droit  civil 
romain. 

Notre  diplôme,  dc'livre'  durant  le  règne  de  Domitien,  81-96 
après  J.-Ch.,  est  en  faveur  de  C.  Julius  Saiurninus.  Cette  loi 
ge'ne'rale  s'appliquait  aux  soldats  ayant  accompli  25  ans  de 
service  au  moins  et  qui  faisaient  partie  à  cette  e'poque  des 
trois  ailes  de  cavalerie  et  des  sept  cohortes  d'infanterie  en  gar- 
nison en  Egypte. 

Dans  la  même  vitrine,  v.  6\^,  la  Tablette  en  bois  contenant  une 
longue  inscription  latine,  e'crite  à  Alexandrie  le  2  juillet  94 
ap.  J.-Ch,  conformément  à  l'autorisation  de'livre'e  par  le  pre'tet 
d'Egypte  le  jour  prêce'dent.  On  y  lit  la  copie  de  deux  ordon- 
nances impériales  confe'rant  certains  droits  et  privilèges  à  cer- 
taines cate'gories  de  soldats  romains  ayant  reçu  le  congé'  hono- 
rable [Jionesta  niissio)  ainsi  qu'une  déclaration  faite  sous  la  foi 
du  serment  et  appuye'e  par  les  te'moignages  de  sept  te'moins, 
que  les  trois  fils  du  vétéran  C.  Valerius  Quadratus  lui  sont 
nés  pendant  le  temps  de  son  service  et  par  conséquent  sont 
citoyens  romains.  Ce  document,  des  plus  intéressants,  a  donné 
lieu  à  de  nombreuses  dissertations.  J'y  vois,  avec  plusieurs, 
un  certificat  de  droit  de  cité  pour  les  fils  d'un  vétéran,  délivré 
par  le  préfet  d'Egypte  sur  la  base  d'un  diplôme  militaire  en 
bronze  qui  lui  a  été  présenté  ;  d'autres  y  voient  un  document 
original  analogue  aux  diplômes  militaires,  mais  non  identique. 
La  concession  de  certains  privilèges  aux  légionnaires,  dont  on 
ne  connaît  pas  jusqu'ici  de  diplômes  militaires,  aurait  été 
délivrée  sur  des  tablettes  en  bois,  tandis  que  le  diplôme  mili- 
taire en  bronze  était  réservé  aux  troupes  auxiliaires.  Prov. 
Batn-Hérit  (Fayoum)  =--  Théadelphie. 

Epitaphes^  stèles  funéraires.  Les  inscriptions  funéraires  pro- 
venant des  nécropoles  d'Alexandrie  sont  ou  gravées  ou  peintes 
sur  une  stèle  (généralement  en  calcaire  du  Mex,  souvent    aussi 


I  ^  ^ 

en  calcaire  nummulitique,  plus  rarement  en  marbre)  qui  e'tait 
place'e  au-dessus  du  tombeau.  Dans  les  tombeaux  en  forme  de 
luculi,  l'inscription  e'tait  peinte  sur  la  face  extérieure  de  la  dalle 
de  scellement.  Sur  cette  dalle  on  reproduisait  en  couleur  une 
porte  (voir  des  exemplaires  assez  bien  conserve's  plus  loin,  salle 
2 1  ),  au-dessus  de  laquelle  on  e'crivait  le  nom  du  de'funt  et  la 
formule  /aToe  prcce'de'e,  à  partir  du  11"^^  siècle  av.  J.-Gh.,  de 
X(j)jOTF  et  quelquefois  de  la  formule  eiyi^wx^'  q'^^  devient  très  fre'- 
quente  aux  e'poques  plus  re'centes.  Au  nom  du  de'funt,  on  ajou- 
tait sa  filiation  et,  plus  rarement,  l'indication  de  sa  patrie.  En 
ge'ne'ral,  ces  inscriptions  sont  très  pauvres  de  de'tails  ;  mais  nous 
posse'dons,  entre  autres,  une  très  jolie  e'pitaphe  (n°  317). 

La  stèle  fune'raire  pouvait  avoir  un  relief  reproduisant  la  scène, 
pourrait-on  dire,  du  congé  que  prend  le  défunt,  ou  un  e'pisode 
ge'ncrique  quelconque  de  sa  vie  —  on  le  représente  s'amusant 
soit  avec  son  chien  favori,  soit  avec  un  oiseau,  etc.,  —  ou  même 
la  scène  du  repas  fune'raire. 

Au  lieu  d'être  de'core'e  d'un  bas-relief,  la  stèle  était  souvent 
peinte.  La  peinture  est  faite  soit  directement  sur  la  pierre,  soit 
sur  une  couche  de  stuc  dont  celle-ci  est  revêtue. 

Les  scènes  peintes  possèdent  en  ge'ne'ral  des  caractères  moins  ge'- 
ne'riques  et  plus  individuels  que  celles  qui  sont  sculpte'es  en  relief, 
comme  elles  ont  aussi  une  plus  grande  liberté'  de  mouvement. 
Elles  sont  souvent  d'un  dessin  assez  fin  et  soigne',  et  ne  pre'sentent 
jamais  ces  barbouillages  exe'cute's  à  grands  coups  de  pinceau,  comme 
on  en  voit  sur  beaucoup  de  peintures  murales  de  De'los  à  peu  près 
contemporaines.  La  chair  des  hommes  est  toujours  peinte  en  rouge, 
rouge-brun  ;  celle  des  femmes  en  blanc  ou  en  jaune-rose.  Pour 
les  vêtements  et  les  armes  il  n'y  a  pas  de  couleurs  convention- 
nelles Les  acrotères  et  le  tympan  du  pseudo-naïskos  sont  peints 
soit  en  jaune,  soit  en  rouge,  soit  en  bleu.  La  frise  d'oves  est  à  fond 
jaune  ou  bleu  avec  contours  rouges.  L'inscription  est  peinte  presque 
toujours  sur  la  pseudo-architrave,  en  lettres  rouges  ou  noires. 

Les  bas- reliefs  alexandrins  sont,  en  ge'ne'ral,  de  petite  dimen- 
sion (le  n°  27  de  la  salle  16  fait  exception)  et  peu  nombreux 
sont  ceux  qui  ont  une  importance  artistique  réelle.  Mais  leur 
inte'rêt  est  ne'anmoins  conside'rable  parce  qu'ils  forment  ainsi 
une  série  qui  permet  de  suivre  le  de'veloppement  pris  par  ce 
genre  de  monuments  pendant  plusieurs  siècles. 

Si  le  calcaire  nummulitique,  qui  est  la  matière  le  plus  souvent 
employe'e  pour  les  plus  anciens  de  ces  petits  monuments,  jouit 
d'une  conservation  parfaite,  il  est,  par  contre,  d'un  travail  dif- 
ficile. C'est  pour  cette  raison  qu'on  donna  la  pre'fe'rence  au 
calcaire    doux    et    friable    de     la    roche    du    Mex.    Ce    dernier 


,56     

n'offre  pas  de  larges  surfaces  polies  homogènes,  sans  trous  ;  on 
commençait  d'abord  à  travailler  la  pierre  grosso  modo  ;  puis  on 
la  recouvrait  d'une  couche  de  stuc,  qu'on  modelait  ensuite  plus 
soigneusement  et  qu'on  de'corait  au  moyen  de  la  peinture.  Les 
traces  en  sont  fre'quentes  sur  nos  bas-reliefs.  Sur  les  plus  an- 
ciens de  nos  bas-reliefs  fune'raires  alexandrins,  l'influence  attique 
est  de  toute  e'vidence.  Le  n"  27  expose'  plus  loin  dans  la  salle 
16  doit  avoir  e'te'  sculpte'  ou  à  Athènes,  ou  à  Alexandrie  vers  la 
fin  du  IV"^^  siècle  par  un  artiste  venu  d'Athènes.  Ne'anmoins, 
nous  posse'dons  des  pièces  qui  se  distinguent  des  bas-reliefs  at- 
liques  par  une  finesse  d'expression  et  une  liberté'  de  mouvement 
remarquable  (v.  n°  83^).  Mais  cette  originalité'  ne  dura  guère,  et 
le  type  de  deux  individus  qui  se  serrent  la  main  devint  bientôt 
banal  ;  on  en  trouve  également  qui  repre'sentent  un  seul  individu 
debout,  et  d'autres,  surtout  à  l'époque  romaine,  qui  repre'sentent 
plusieurs  personnages  couche's  sur  un  lit  [y.h'vy])  prenant  leur  repas. 
Sur  d'autres  bas-reliefs,  l'influence  de  l'art  indigène  est  claire 
(salle  1 1). 

83  ^.  Ce  bas-relief,  qui  est  fissure'  et  dont  la  surface  est  très  de'- 
te'riore'e,  est  un  des  monuments  fune'raires  de  l'antiquité'  les 
plus  expressifs  et  les  plus  touchants.  Sur  un  lit  IxUvt^)  a- 
vec  chevet,  coussins  et  drap,  on  voit  une  femme  assise,  vêtue 
du  chiton  et  du  manteau  ;  les  pieds  sont  pose's  sur  un  tabouret. 
Elle  est  mourante,  mais  tâche  de  soulever  la  moitié'  supe'rieure 
de  son  corps  comme  pour  respirer  encore.  Elle  appuie  le 
bras  gauche  sur  l'e'paule  d'une  petite  fille  qui  s'eflbrce  de 
se  tenir  droite  et  solide  afin  de  la  soutenir.  Le  bras  droit 
de  la  mourante  contourne  le  dos  d'une  fille  plus  grande  que 
la  première,  et  dont  la  moitié'  inférieure  du  corps  est  cache'e 
par  les  genoux  de  sa  mère.  Cette  jeune  fille  embrasse  le 
cou  de  sa  mère  et  fait  un  effort  de'licat  et  en  même  temps 
e'nergique  pour  l'attirer  à  elle,  afin  de  l'empêcher  de  s'aban- 
donner complètement.  On  le  voit,  c'est  un  tableau  plein  de 
sentiment,  de  ve'rite'  et  d'expression  (voir  le  n°  82^  pareil 
et  peut-être  plus  ancien,  mais  plus  de'te'riore'  et  d'une  exe'cu- 
tion  moins  heureuse;  le  n°  108  est  probablement  faux). 
Calcaire  du  Mex.  Prov.  Alexandrie  (Hadra). 

84  ^.  Une  jeune  femme  vêtue  du  chiton,  assise  sur  un  siège,  re- 
garde à  gauche.  Elle  est  en  train  de  sortir  une  ornementation 
d'une  boîte  qu'une  servante  lui  pre'sente.  Traces  de  coloration  ; 
le  vêtement  de  la  servante  devait  être  peint  en  bleu.  Calcaire 
du  Mex.  Prov.  Hadra. 

87  ^.  En  forme  de  naïskos.  Conservation  parfaite  (fig.  38).  Sur  un 


'57     

siège  où  se  trouve  un  coussin,  est  assise  une  femme  drape'e  du 
chiton  avec  le  manteau.  La  position  du  corps  se  détache  en 
profil,  mais  la  figure  se  présente  presque  totalement  de  face. 
Le  bras  droit,  dont  le  coude  est  posé  sur  le  genou,  sert  d'appui 
à  la  tête  qui  est  légèrement  inclinée  en  avant  sur  le  dos  de  la 
main.  Une  servante,  debout  derrière  sa  maîtresse,  agite  un  é- 
ventail  au-dessus  de  sa  tête.  La  ,  position  de  [cette  servante, 
qui  est  fréquente  sur  les  bas-reliefs  alexandrins,  ne  se  rencon- 


^t      :  M'    ./    , 


Fig.  38. 


Fig-.  39- 


tre  jamais  sur  les  bas-reliefs  attiques.  Calcaire  nummulitique. 
Prov.  Hndra. 
88  ^.  Stèle  avec  fronton  (fig.  39).  Une  dame  drapée  du  chiton  et 
du  manteau  qui  remonte  jusque  sur  la  tête,  est  assise  sur  une 
chaise  très  simple  ;  elle  tend  le  bras  droit  à  une  autre  dame 
debout,  qui  est  drapée  du  chiton  avec  une  haute  ceinture  et  un 
manteau.  Au  bas  de  la  scène  se  trouve  gravée  l'inscription  : 
'locôojga  'AoTFiiiola,  Tlioibinom.  Ces  deux  femmes  Isidora  et  Ar- 
témise  sont  originaires  de  la  Pisidie. 

A  remarquer  la   finesse  du  dessin,  la  mollesse  des  lignes,  le 


158      

peu  de  profondeur  des  plans.  Dans  les  deux  figures,  la  chevelure 
adhère  au  front  :  elle  recouvre  les  oreilles  et  tombe  en  nœuds 
derrière  la  nuque;  la  tête  est  e'iègante  et  petite,  le  buste  le'ger, 
les  jambes  qui  sont  longues  et  le'gèrement  e'cartees  sont  recou- 
vertes d'un  amas  d'e'toffes  conside'rable.  Calcaire  nummulitique. 
Prov.  Hadra. 

Nous  nous  bornerons  à  signaler  les  numéros  : 

92'',  qui  repre'sente  un  jeune  homme  assis  sur  un  tronçon  de 
colonne  sur  lequel  il  a  jeté  son  manteau  (une  autre  figure  devait 
probablement  lui  faire  face). 

1 50'^,  un  enfant  debout,  tenant  une  oie  sous  le  bras  gauche,  se 
penche  vers  un  petit  chien. 

91^',  deux  femmes  debout,  en  face  Tune  de  l'autre,  se  serrant  la 
main. 

97^,  un  homme  âge'  assis  sur  une  chaise,  sur  le  dos  de  laquelle 
il  appuie  le  bras  gauche  ;  le  bras  droit  est  abandonne'  le  long 
d'un  gourdin,  [.es  traits  du  visage  sont  maigres,  le  nez  aquilin, 
la  barbe  pointue.  Il  regarde  au  loin  devant  lui.  Portrait  plein  de 
caractère  et  riche  d'une  expression  obtenue  avec  peu  de  lignes. 

96^,  stèle  du  soldat  Lycomedes.  Elle  est  inte'ressante  par  la  forme 
de  son  fronton. 

Les  stèles  peintes  re'unies  dans  cette  salle,  vu  leur  état  de  con- 
servation, n'ont  dintJrèt  re'el  que  pour  les  savants.  "Voir  plus 
loin  (salle  17.  20  et  21)  la  belle  collection  provenant  des  ne'cro- 
poles  de  Chatby,  d'ibrahimieh,  de  Hadra. 

317.   Belle  e'pitaphe  d'un  sentiment  aussi  de'licat  qu'exquis: 
Ovxéri  Ôij  judztjo   os    4>i/.6^8rs   bé^aio   ysooîr 
oàv  èoaxàv  ygovÎMç  àfiqiOaÂovoa  béo}]v 
ovôs  fiST    aîSécov  dr'  àyâxXvTOv  ijXvOsg  àozv 
yv/iivaoîov  oy.isqwi  yijdôovroç  ôuj-iéôcor 
àXkà  oov  dorea  7i}]yà  ::iar))g  Osxo  tsTÔs  y.ouîooaç, 
Kavvoç  sjTsl   uaXeoôjt  oâgy.aç  s'ôsvos  :jvoi. 

«  Ta  mère^  ô  Philoxène^  ne  t'a  plus  reçu  dans  ses  bras,  te- 
nant embrassé,  après  une  longue  absence,  ton  visage  aimé.  Tu 
nés  plus  rentré  avec  tes  jeunes  compagnons  dans  la  cite  il- 
lustre pour  être  heureux  dans  Tintérieur  ombreux  du  gym- 
rase.  Mais  ton  père,  ayant  apporté  tes  ossements  robustes, 
les  a  déposés  ici  après  que  Kaunos  eut  consumé  tes  chairs 
dans  un  feu  violent  «. 

Le  jeune  homme  dont  le  père  pleure  la  mort  et  dont  il  a  porte' 
les  cendres  de  Kaunos  à  Alexandrie,  servait  probablement  dans 
la  flotte  des  Ptole'me'es,  dont  Kaunos  e'tait  une  station. 


I  59 

31 8.  Autre  inscription  métrique  d'e'poque  romaine  de'couverte  à 
Gabbari  place'e  dans  un  ce'notaphe  au-dessous  du  portrait  de 
l'orfèvre  Konobus  qui,  à  l'âge  de  26  ans  et  demi,  e'tait  mort 
loin  de  sa  ville  natale,  en  Italie  où  il  e'tait  depuis  onze  mois. 

319.  Autre  e'pithaphe  me'trique  assez  belle,  provenant  de  Sakkara, 

Les  bas-reliefs  romains  qui  sont  ge'ne'ralement  travailles  dans 
la  technique  «  en  creux  »,  repre'sentent  le  repas  funéraire,  c'est- 
à-dire  le  mort,  de  face,  couche'  sur  la 
x)Jv)]  avec  une  tasse  dans  la  main 
droite  ;  devant  lui,  se  trouve  une  table 
avec  de  la  viande,  du  pain  et  une 
amphore;  dans  un  coin,  un  animal 
sacre', 

330^ 

tent  le  mort,  vu  de  face  debout  (voir 

252^^5   247^;   322*^;  233^'). 


chacal,  faucon,  etc.  (voir  317'' 
371'').  D'autres  reprësen- 


Les  inscriptions  funéraires  d  e'poque 
romaine,  soit  latines,  soit  grecques, 
sont  en  ge'ne'ral  plus  riches  en  de'tail 
que   les  inscriptions  ptole'maïques. 

Le  n°  371^  se  re'fère  à  un  certain 
Sarapion,  mort  à  lâge  de  70  ans, 
l'an  4  de  l'empereur  (le  nom  de  l'em- 
pereur n'est  malheureusement  jamais 
indique')  Ce  Sarapion  a  e'te'  pre'sident 
des  deux  gymnases  de  Nikiou  ;  il  fut 
bon  père,  bon  mari,  bon  ami,  joyeux, 
vertueux  et  exempt  de  tout  chagrin. 

Les  inscriptions  latines  appartien- 
nent presque  toutes  à  des  soldats  et 
donnent  les  indications  suivantes  :  D. 
M.  (Dis  Manibus  sacrum)  ;  le  nom  du  i.i^,   ,,,. 

de'funt,  la  pe'riode  pendant  laquelle  il 
a    servi    dans    l'arme'e.    les    fonctions 

qu'il  y  a  remplies,  le  nom    de    celui  qui    a    dresse  le  monument 
(v.  au  centre  de  la  paroi  sur  un  socle  le  n°  4S0). 


480  (fig.  40).  Sur  un  tronc  de  colonne  en  marbre  bleuâtre, 
spe'cialement  travaille'  sur  une  partie  de  sa  surface  verticale,  est 
représente'  en  haut  relief  le  soldat  romain  Aurèle  Alexandre, 
d'origine  mace'donienne,  mort  à  31  ans  après  13  ans  de  service. 
Le  monument  lui  a  ete'  e'rige'  par  Aurèle  He'liodore,  son  af- 
franchi   et    son    he'ritier.    De    la    main    droite  il  soutient  une 


i6o     

patère  à  libation,  de  la  main  gauche  un  vohimen.  L'image  est 
flanque'e  de  deux  enseignes  militaires  :  deux  lances  de'corëes  de 
sept  boucliers  ronds  et  surmonte'es  d'une  main  ouverte. 


/  VF  f  liVS  S  At\V5Mli  \  CjTYiXlMlV 

>cxxy>âuitakmwiwn;:tu;sv 


Fig.   4] 


252  (fig.  41).  Dalle  fune'raire  en  marbre  qui  de'corait  la  tombe 
du  soldat  de  la  deuxième  légion  Atirelins  Sahius,  svrien, 
mort  à  l'âge  de  35   ans. 


PAPYRUS. 


On  appelle  papyrus  tout  document  e'crit  sur  des  feuilles  pre'- 
parées  avec  la  plante  qui  porte  ce  nom.  Ce  qui  distingue  les 
différentes  cate'gories  de  papyrus,  c'est  la  langue  employe'e,  le 
genre  d'écriture,  l'époque  ou  le  contenu.  De  telle  sorte  que  nous 
avons  des  papyrus  litteVaires,  judiciaires,  magiques,  les  papyrus 
grecs  ou  latins,  les  papyrus  hie'ratiques,  fune'raires,  demotiques, 
les  papyrus    ptolemaïques,    romains,  byzantins,  coptes,  etc.  Pour 


i6i         -     ^ 

préparer  la  feuille  servant  à  re'criture  on  prenait  la  tige  de 
la  plante,  dont  on  enlevait  l'ecorce  exte'rieure,  et  dont  on  ne 
gardait  que  la  moelle  qu'on  sectionnait  en  longueur  ;  on  formait 
ainsi  une  première  couche.  Au-dessus  et  au  travers  de  celle-ci  on 
plaçait  une  autre  couche,  (^es  deux  couches  n'e'taient  pas  croisées 
à  la  façon  d'un  tissu,  mais  simplement  superpose'es;  on  les  mouil- 
lait avec  un  liquide  dont  nous  ignorons  la  nature  et,  après  les 
avoir  presse'es  de  façon  à  les  faire  adhe'rer  intimement,  on  les 
laissait  se'cher.  Les  papyrus  e'taient  alors  prêts  à  recevoir  les  si- 
gnes qu'on  allait  y  e'crire  au  moyen  d'une  petite  baguette  pointue  ; 
la  pointe  e'tait  quelquefois  unie,  quelquefois  coupe'e  en  deux  moi- 
tie's.  L'encre  e'tait  ge'ne'ralement  à  base  de  fer  ou  de  suie  mêle'e 
avec  de  la  gomme  et  de  l'eau.  On  pouvait  coller  plusieurs  feuil- 
les bout  à  bout  et  avoir  ainsi  des  papyrus  longs  d'un,  de  deux 
mètres,  dont  on  faisait  un  rouleau.  Lorsque  celui-ci  avait  e'të  cou- 
vert d'e'criture,  on  le  de'posait  soit  dans  les  archives  prive'es  ou 
publiques,  soit  dans  une  bibliothèque. 

Les  papyrus,  qui  ne  se  sont  pas  bien  conserve's  dans  les  ruines  des 
villes  anciennes  du  Delta,  à  cause  de  l'humidité'  du  sol,  sont,  par 
contre,  nombreux  dans  les  Kiiiiâii  et  les  ne'cropoles  du  Fayoum 
et  de  la  Moyenne  et  de  la  Haute-Egypte  (0.  Le  Kôm  (pluriel  Ki- 
mân)  mot  arabe  qui  signifie  une  petite  colline,  est  forme'  soit  des 
ruines  des  maisons  de  la  ville  ancienne,  soit  d'immondices  ou  de 
de'tritus  de  toutes  sortes.  Etant  donne',  d'une  part,  les  conditions 
favorables  de  se'cheresse  et,  de  l'autre,  la  protection  contre  toute 
substance  dJte'iiorante,  le  Kôm  a  conserve' intacts  tous  les  morceaux 
de  papyrus  qu'on  y  avait  jete's  ou  de'pose's.  Il  est  probable  qu'on 
jetait  au  de'potoir,  non  seulement  les  papyrus  de'chire's  ou  inutiles, 
mais  même  des  archives  entières  qui  avaient  perdu  tout  inte'rêt 
pour  les  ge'ne'rations  poste'rieures.  D'ailleurs,  dans  des  maisons 
abandonnées,  on  a  retrouve'  des  lots  conside'rables  de  papyrus  qui 
y  e'taient  reste's  cache's  jusqu'à  nos  jours.  Dans  le  Kom,  on  ne 
trouve  ge'ne'ralement  pas  une  grande  quantité'  de  papyrus  ante'- 
rieurs  à  l'e'poque   romaine. 

Des  papyrus  ptole'maïques  ont  e'te'  recueillis  assez  souvent  dans 
les  ruines  de  maisons  remontant  à  l'époque  des  Lagides  (mais 
presque  jamais  dans  les  Kimans  formes  d'immondices  et  de  de'- 
tritus). Cela  s'explique  par  le  fait  que  les  papyrus  des  époques 
pre'ce'dentes  devaient  se  trouver  dans  les  couches  plus  basses  du  Kôm 

(i)  Dans  le  Delta  la  seule  ville  de  Mcn.iès  (environs  de  Mansouia)  a  donné 
des  papyrus,  mais  carbonisés.  En  dehors  de  l'Eg:ypte  le  seul  endroit  qui  ait  fourni 
des  papyrus  est  Herciilanum.  Dans  les  ruines  d'une  villa  suburbaine  à  Ilercula- 
nurn  (près  de  Naples)  on  a  découvert  entre  1752-1754  des  paj)yrus  carbonisés  en 
grande  quantité,  appartenant  à  la  Bibliothèque  d'un  philosophe  épicurien;  ils 
sont  tous  conservés  au  Muée  de  Naples. 


I    G2      • 

envahies  par  l'humidité  et  que,  d'autre  part,  à  l'e'poque  romaine 
peut-être,  on  a  employé'  pour  les  besoins  de  l'agriculture  Tex- 
cellent  engrais  re'sultant  de  la  de'composition  des  matières  ve'ge'- 
tales  de'pose'es  dans  le  KÔm.  On  trouve  les  papyrus  de  l'âge 
ptole'maïque.  et  aussi  des  de'buts  de  l'e'poque  impe'riale,  dans  les 
ne'cropoles  des  époques  respectives,  où  sont  ensevelis  soit  des 
êtres  humains,  soit  des  animaux  sacre's  (crocodiles,  chats,  chiens, 
etc.).  On  avait,  en  etfet,  l'habitude  de  couvrir  la  momie  d'un  carton 
fait  de  toile,  de  plâtre  et  de  vieux  papyrus.  On  de'posait  aussi 
des  papyrus  à  côte   des  cadavres. 

Pour  ne  parler  que  des  papyrus  grecs  (les  papyrus  latins  sont 
jusqu'à  pre'sent  très  rares)  il  est  bien  e'vident  que  la  découverte 
de  nouveaux  papyrus  est  d'importance  primordiale  pour  la  science. 
Non  seulement  ces  recherches  ont  souvent  restitue'  à  l'admira- 
tion du  monde  intellectuel  de  magnifiques  morceaux  litte'raires 
qu'on  croyait  à  jamais  perdus,  mais  elles  ont  mis  en  lumière 
une  se'rie  incomparable  de  documents  pour  servir  à  l'histoire  de 
la  vie  prive'e  et  publique  de  l'Egvpte,  tant  ptole'maïque  que  ro- 
maine. Et  personne  n'ignore  la  part  et  l'influence  que  l'Egypte 
de  cette  e'poque  a  eues  dans  l'histoire  ge'ne'rale  de  la  civilisa- 
tion. Les  sciences  auxquelles  la  papyrologie  apporte  spe'ciale- 
ment  une  aide  puissante  sont  la  philologie,  Vhistoire  de  Van- 
liquilé,  Vhistoire  du  droit^  la  théologie.  Pour  la  connaissance 
de  l'ancienne  Alexandrie,  les  papyrus  n'avaient  pas  fourni  une 
contribution  appre'ciable  jusqu'à  ces  dernières  anne'es  5  mais  ac- 
tuellement les  papyrus  d'Abousir-el-Melek  au  Musée  de  BerHn  (con- 
trats, lettres  etc.),  et  les  papyrus  du  se'minaire  philologique  de 
Halle  (extraits  de  lois  et  de'crets  alexandrins)  constituent  une 
source  inépuisable  de  pre'cieux  renseignements  sur  la  topographie, 
ainsi  que  sur  la  vie  publique  et  prive'e  des  Alexandrins  à  l'e'poque 
ptole'maïque   et  à  l'époque  d'Auguste  (^). 

Le  premier  papyrus  grec  d'Egypte  parvenu  en  Europe  est 
celui  qui  fut  acheté'  en  1778  par  un  marchand  et  qui  passa 
ensuite  en  possession  du  cardinal  Borgia  ;  il  fut  e'dite'  en  1778 
par  Nicolas  Schow.  Dans  le  cours  du  XI X"'^  siècle  plusieurs 
papyrus  parvinrent  aux  Muse'es  d'Europe  ;  ils  provenaient  de  trou- 
vailles fortuites  faites  par  les  fellahin.  C'est  de  1889-go  seule- 
ment que  datent  les  fouilles  me'thodiques,  entreprises  par  des 
savants  en  vue  de  rechercher  ces  pre'cieux  documents.  Les 
expe'ditions  plus  importantes,  dont  quelques-unes  travaillent  en- 
core, ont  été'  l'anglaise  (Flinders  Pétrie,  et  surtout  Grenfell  et  Hunt 

(i)  D'autres  papyrus  aiialog'ues,  du  lime  siècle  ap.  J.-Ch.,  provenant  de  Bali:- 
Hérit  (Fayoum)  seront  publiés  prochainement.  Voir  Schubart  W.  dans  Anttliche 
Berichte   aus  den  Kônigl.  Kimstsamml.,  Berlin,  novemb.   1913,  p.  55  sq. 


163       

qui  ont  fait  des  découvertes  ce'lèbres  à  Oxyrhynkos-Behnesa,  Haute 
Egypte),  la  française  (Jouguet  et  Lefebvre),  l'allemande  (Schafer, 
Wilcken,  Rubensohn,  Zucker,  Schubart),  l'italienne  (Schiapnrelli, 
Viteili,  Breccia,  Pistelli).  A  côte'  de  ces  recherches  syste'mati- 
ques  ont  continue'  les  trouvailles  fortuites  et  les  fouilles  clandestines 
des  indigènes,  de  telle  sorte  que  beaucoup  de  papyrus  ont  passe' 
entre  iSijo-iqio  dans  le  commerce,  pour  être  disperse's  ensuite 
aux  quatre  coins  du  monde.  Toute  Faculté'  philologique  de  quelque 
importance  possède  aujourd'hui  quelques  papyrus  ;  les  collections 
prive'es  sont  e'galement  nombreuses:  les  plus  importantes  de  toutes 
parmi  ces  dernières  sont  celle  de  l'Archiduc  Rainier  (Vienne)  et 
celle  de  Lady  Amherst  (achete'e  par  P.  Morgan). 

Notre  collection,  forme'e  surtout  de  papyrus  grecs,  allant  de 
l'e'poque  ptole'maïque  à  l'e'poque  byzantine  (III'"^  siècle  av.  J.-Gh., 
VI-VII'"'^  siècle  après)  et  de  papyrus  coptes,  n'est  pas  riche  en 
comparaison  des  splendides  collections  de  l'Angleterre,  de  l'Alle- 
magne, de  la  France,  de  l'Italie,  de  la  Suisse,  de  l'Ame'rique  ; 
mais  notre  Muse'e  possède  ne'anmoins  quelques  pièces  de  premier 
ordre.  Cette  collection  provient  soit  d'achats,  soit  d'envois  de  la 
Direction  Ge'ne'rale  du  Service  des  antiquite's,  soit  encore  de 
dons  de  Maître  Glymenopoulo  et  de  M.  Adolphe  Cattaoui,  lequel, 
entie  autres,  a  ce'de'  au  Muse'e  d'Alexandrie  un  ce'lèbre  papyrus 
judiciaire. 

Vitrine  N.  n°^  1-3.  Homère.  Fragments  de  l'Iliade.  4.  SchoUa 
home'riques.  5.  Calliniaque,  Fragments  de  l'hvmne  IV  à  De'los. 
V.    84.    rviKfUi]  fih'  /aiçlovair  uzs  ôgvaç  oii/^go.;  âé^si 

rvacfai   d' a\v  y.Aalovoir  ors  ôgvoir  [ovx   hi   (yvlXa. 
Tolç   tityy'r^  'Ajto/J.cov   v.-Toy.(>L-Tioç  [tiirù  /o/.o')i)fj, 
(fdr/i;aT]o   è  ovx   Ô.t^'/.egtov   «,Tf//,/yo«[s   t'.Ti    (~)>'j(hj, 
'Hi'llh],   tI.-t^tf   Tiùuira    ror  (/.rrixa  .-tÔt^hov  slèyyeig  ; 
iii'j   Tid),   in'i]  fi'ui'xovTa  (^laÇeo  fiavzevsoOai. 
Or.-Toj   aoi]    ]Ji'0(7jri   uh'ei   xoiJio\pijioç  sôoi] 
ovôs  XI  jr]w(?)  ryOvtjXf-)'  ocpiç  fiéyaç,  [akk'szi   xeïvo 
dî]oîov  ai]yoyn'i:[(]ov  d.-ro  IIâ[s]iot[oTo  Traoéojiov 
IIagrt:n\i>y   ykj  ôema  .-Teoiozé(/[8(   h'rta  xvxloiç. 
àXX'Ei^in:£ç  è\oéoi   zi    roiuozsoor   1}   «[.to   ()d(f'V}]ç 

G.  Isocrate,  ZZ  37,   3-^,   39  du  Panégyrique. 

Dans  la  même  vitrine,  d'autres  fragments  classiques.  Parmi  les 
papyrus  ptole'maïques  non  littéraires,  voir  n°  14.  Requête  d'un 
prisonnier  au  roi.  i  5.  Plainte  contre  le  comarque  Pakyvis. 
18.  Déclaration  de  biens  et  de  personnes.  22.  Lettre  d''un  cer- 
tain Diogène  à  Apollonios  pour  affaires  privées. 


1 64      

Dans  la  vitrine  M,  quelques   lettres   adressées  au  roi,    etc. 

Au-dessus  des  vitrines  M-N.  :  Papyrus  judiciaire  Cattaoïii^  long, 
o  m,  80,  haut,  o  m.  22  ;  il  est  e'crit  sur  les  deux  faces.  C'est 
le  plus  conside'rable  parmi  les  papyrus  non  litte'raires  d'e'- 
poque  romaine.  Le  commencement  de  ce  papyrus  se  trouve 
au  Musée  de  Berlin.  Il  contient  7  protocoles  judiciaires  écrits 
de  la  même  main  et  se  re'fe'rant  à  des  questions  relatives  au 
mariage  de  soldats  romains. 

i*"  Col.  I,  1-4.  Protocole  du  praefectus  Aegypti  M.  Rutiiius  Lu- 
pus dans  une  question  qu'on  ne  peut  pas  déterminer  (i  14-1 17 
ap.  J.-Ch.).  —  2°  Col.  I,  5-13.  Protocole  du  même  praefectus 
(3  janvier  117)  se  référant  à  des  «  plaintes  pour  dots  »  soule- 
vées par  des  femmes  de  soldats.  —  3°  Col.  I,  1 4-111,  10.  Pro- 
tocole dun  àgyibiy.aorijç  (haut  fonctionnaire  judiciaire)  en  sa 
qualité  de  délégué  du  praef.  Aeg.  M.  Petronius  Mamertimts 
(25  février  134,^.  Même  objet  que  le  précédent.  —  4°  Col.  III, 
11-12.  Plainte  préjudicielle  d'un  soldat,  citoyen  romain,  se 
référant  au  «  status  familia;  »  de  son  fils,  «  fils  de  soldats  » 
(24  octobre  114).  —  5°  Col.  IV,  1-15.  Demande  d'une  ci- 
toyenne d'Alexandrie  pour  faire  exempter  de  Tmipot  la  suc- 
cession de  son  fils,  liœres  testamentaritis  d'un  soldat  romain 
(4  juin  115).  —  6°  Col.  IV,  16-V,  26.  Demande  préjudicielle 
d'un  soldat,  civis  alexandrinus^  se  référant  au  status  civi- 
tatis  de  son  fils  (26  août  142).  —  7°  Col.  VI.  Procès  causé 
par  des  délations  contre  la  femme  d'un  soldat  :  hona  vacantia. 
—  Le  verso  du  papyrus  contient  la  pétition  d'un  soldat  qui, 
se  basant  sur  plusieurs  documents,  nous  trace  l'histoire  assez 
compliquée  d'un  procès. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Botti,  Riv.  Egiz.,  \'II,  p.  529  suiv.;  Sciai.oia, 
Bull.  deWIst.  di  diritto  romano.  VIII.  iSy^,  p.  15^  suiv.  ;  Mélanges  Revit- 
loitt,  p.  3S4  suiv.  ;  Bott/,  Bull.  Soc.  Arch.,  4,  (1902),  p.  108-118;  Gkenfell, 
HuNT  et  P.  Mever,  Arch.  Jiir  Papyrus/orschung,  3,  p.  35-105. 

80.  Contrat  de  location^  dans  le  village  de  iNiloupolis,  Le  1 2 
septembre  65  ap.  J.-Ch.  deux  lesones  de  la  déesse  Isis  Ne- 
phremmis  donnent  en  location,  jusqu'au  2  septembre  de  l'an  ôô, 
l'Isieion  de  Nephremmis  à  un  certain  Petesouchos,  au  prix 
de   300  drachmes  d'argent,  payables  par  acomptes  mensuels. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Vitelli  G.,  Mélanges  Châtelain,  p.  288  suiv. 

Parmi  les  autres  papyrus,  il  y  a  des  lettres  privées  (n°^  60,  82, 
90,  etc.),  des  contrats  (n°^79,  88,  96,  etc.  n°:79  vente  d'un  cha- 
meau); le  n°  113  est  une  requête  de  certains  fermiers  de  Sokno- 
paiou  Nêsos  (P'ayoum)  au  stratège  du  nome  Arsinoïte  pour  se 
plaindre  contre  un  agresseur  et  ses  quatre  frères  qui  ont  voulu 


.     165 

les  empêcher  de  faire  les  semailles  et  s'approprier  leurs  champs. 
Le  n"  119  est  un  papyrus  magique^  contenant  des  formules 
d'invocation  au  bon  ge'nie  Nilus.  au  grand  esprit  Sabaoth,  pour 
avoir  toutes  sortes  de  bonnes  fortunes.  Le  n°  \i2  est  la  de- 
mande, libellas,  d'une  attestation  d'avoir  sacrifie'  aux  dieux, 
présentée,  pendant  la  perse'cution  de  Dèce,  par  une  dame  Au- 
rélia, prêtresse  du  dieu  Petesouchos,  à  la  commission  pre'posêe 
aux  sacrifices. 

Dans  la  Vitrine  O.    Tablettes  en    bois  à  l'usage    d'e'coliers  ;  sur 
celle  qui  porte  le  n°  i    sont  e'crits  des  vers    d'Homère. 


Monuments   divers  au  centre  de  la   salle. 

332^.  Scarabée  colossal  provenant  du  terrain  de  la  Colonne  dite 
de  Pompe'e.  Inscription  hiéroglyphique  pour  le  dieu  Khopri 
(XIX""^  dynastie).  Granit  rouge.  Long,  o  m.  90,  haut,  o  m.  (jo. 

351'',  Sphinx  assez  remarquable  comme  travail,  malheureusement 
acéphale.  Il  porte  grave'  sur  la  poitrine  et  entre  les  pattes  de 
devant  le  cartouche  d'Har-em-heb  (XYIH'"*^  dynastie).  De'couvert 
aux  environs  de  la  colonne  dite  de  Pompe'e.  La  tête  avait 
e'te'  casse'e  intentionnellement  en  mille  petits  morceaux. 

331.  Dieti  Apis  trouve'  en  morceaux  (1895)  à  l'ouest  de  la  co- 
lonne dite  de  Pompée  et  restauré  en  1898  par  le  sculpteui- 
Marcucci.  Ce  monument  appartient  indubitablement  à  l'époque 
de  l'empereur  Hadrien,  ainsi  que  l'indique  une  inscription  frag- 
mentaire trouvée  avec  la  statue  brisée  du  taureau  et  qui  devait 
faire  partie  du  pilier  placé  comme  soutien  sous  le  ventre  de 
l'animal.  C'est  un  monument  des  plus  dignes  d'attention. 
Granit  noir    Haut,    i    m.   80  (fig.   23,   pag.   99). 

330.  Sphinx  femelle.  Cette  statue  est  travaillée  avec  une  liberté 
qui  n'était  pas  coutumière  à  l'époque  préalexandrine.  Elle 
incline  la  tête  de  côté  et  croise  les  pattes  de  devant.  Calcaire 
jaunâtre.  Prov.   Alexandrie  (Sérapeum)  (fig.  42). 


SALLE  7. 


Une  partie  des  monuments  qui  sont  exposés  dans  cette  salle 
provient  des  fouilles  exécutées  dans  les  environs  d'Aboukir  en 
i89r  par  S.  K.  Daninos  Pacha;  il  y  découvrit  des  ruines  qu'il 
a  identifiées  comme  étant  celles  du  sanctuaire  de   iMénouihis.  Ces 


66 


monuments  n'ont  pro- 
bablement pas  ëte'  exe'- 
cute's  pour  l'endroit  où 
ils  ont  e'te'  de'couverts, 
mais  ils  y  ont  e'te'  trans- 
porte's  d'He'liopolis  ou 
de  S  aïs. 

I ,  Staiue  colossale  {hau- 
teur, 2  m.  (82)  d'un 
Pharaon  du  Moyen 
Empire  (de  la  dy- 
nastie e'trangère  des 
Hyksos)  usurpe'e  par 
„.  Ramsès  II.  A  droite, 

Fig.  42.  .  ,  ' 

on  voit  grave  le  por- 
trait de  la  princesse 
Hout-iMa-Ra,  fille  de  Ramsès  II,  celle'Jqui.  selon  la   tradition, 
aurait  sauve'  des  eaux  Moïse  enfant. 

3  et  5.  Dnix  sphinx  ace'phales,  le  premier  au  nom  d'Amenemhat 
IV,  le  deuxième  au  nom  d'un  Pharaon  de  la  XII^^  dynastie 
et  usurpe'  e'galement  par  Ramsès  IL  Grès  rougeâtre.  Long. 
I    m.   87,  haut.    I    m.  40. 

4.   Têie  de  Pharaon.  Prov.  Aboukir. 

18.  Buste  d'une  statue  de  Ramsès  II.  Granit  rouge.  Près  de  ce 
buste  sont  expose'es  des  pho- 
tographies du  champ  des 
fouilles  (avec  le  monument 
en  place),  ainsi  que  du  groupe 
colossal  en  granit  de  Ram- 
sès II  et  de  sa  fille,  actuel- 
lement dans  la  cour  da 
Muse'e.  Prov.  Aboukir. 

2.  Acte -d'adoration  au  dieu 
Horus,  et  6,  fragment  d'une 
statue  de  Ramsès  VIII,  pro- 
viennent d'Alexandrie. 

Vitr.B.n"!'^.  Buste  deroisaïie. 
Travail  de  l'école  de  Mem- 
phis,  caracte'rise  parune  exé- 
cution fine  et  molle.  Granit 
noirâtre  (fig.  43).  14-  Belle 
tête  de  jeune  Pharaon. 


Fltr. 


i67     

Socles    17-19:    Deux  couvercles  de  sarcophages  en  bois  peint. 

Vitrine  G.  Detix  statues  incomplètes  du  même  personnage, 
PsherephtaJi,  haut  fonctionnaire  à  la  cour  des  Ptole'mées  ;  il 
e'tait  «  scribe  de  son  roi,  ve'rificateur  du  tre'sor,  chef  du  se- 
cret de  la  maison  de  Phtah,  du  Rasatit,  du  Serapeum  de  Rha- 
kotis,  et  de  la  maison  fune'raire  d'Anubis  sur  sa  montagne, 
chef  de  la  garde-robe  royale,  etc.  ».  Calcaire  jaune.  Prov.  Alex- 
andrie (Serapeum). 


SALLE  8. 

Superbe  chapiteau  hathorique  en  basalte  noir.  Ce  type  de  cha- 
piteau (v.  temple  de  Dendera),  devint  à  la  mode  sous  les  Ptole'- 
me'es  et  fut  fre'quemment  employé'  dans  les  constructions  de 
cette  e'poque.  Celui-ci  a  e'te'  trouve'  isole',  à  Alexandrie,  au 
sud  de   la  Porte  Rosette. 

1,2,4,  5-  Sarcophages  anthropoïdes  en  calcaire  nummulitique, 
trouve's  dans  une  ne'cropole  de  la  province  de  Ke'neh. 

3.  Bas-relief  funéraire  (il  formait  le  linteau  d'une  porte)  remar- 
quable par  la  finesse  de  son  dessin  et  la  vivacité'  de  l'expres- 
sion des  personnages.  Il  faisait  partie  de  la  de'coration  d'un  tom- 
beau he'liopolitain  (0  (fig.  44).  Le  Pharaon  Zanoufir,  fils  d'On- 
khoupsammatik,  ne'  de  la  dame  Noubêiti,  est  assis  à  gauche 
sur  son  trône.  Un  e'norme  bouquet  de  lotus  se  dresse  en  terre 
derrière  lui  5  un  second  bouquet  est  plante'  devant  lui;  une  grue 
perchée  sur  la  plus  haute  fleur  tient  dans  son  bec  un  lotus 
e'panoui;  et  deux  canards  d'espèces  diffe'rentes,  un  bouton  de 
lotus  au  bec,  sont  lie's  par  les  ailes  au  nœud  qui  serre  le  bou- 
quet. Au-delà  trois  scènes  de  re'jouissances  sont  figure'es,  qui 
sont  separe'es  l'une  de  l'autre  par  deux  bouquets  analogues  à  celui 
de  l'extrême  gauche.  Dans  le  premier  un  rhapsode  chante  en 
s'accompagnant  d'un  trigone.  C'est  un  homme  âge',  comme 
le  prouvent  les  rides  de  la  face  et  les  plis  de  la  nuque.  Il 
est  assis  sur  un  tabouret-,  il  a  la  tête  rase  et  les  pieds  chaus- 
se's  de  sandales  courtes,  releve'es  le'gèrement  à  la  pointe  ;  il 
est  drape  dans  un  grand  pallium  plisse,  dont  l'extrémité'  lui 
flotte  sur  l'e'paule  et  laisse  libre  le  mouvement  des  bras.  Trois 
musiciennes  sont  debout  derrière  lui.  La  première  accom- 
pagne le  chant  de    la  voix    humaine  et    de  la  harpe  sur    un 

(l)  Ce  beau  relief  a  été  étudié  dans  ses  détails  et  en  rajipoit  avec  d'autres 
bas-reliefs  du  même  style  par  G.  Maspero,  Musée  égyptien^  II,  2,  p.  84  suiv.,  au- 
quel  j'en  emprunte    la  description. 


: l68      

tambour  oblong  en  forme  de  tonneau,  qui  lui  pend  au  cou  par 
une  courroie  :  elle  est  habille'e  du  sarrau  frange'  dont  les  bre- 
telles sont  liées  au-dessus  du  sein  et  du  grand  pallium  plisse' 
qui  l'enveloppe  entière  :  elle  est  coiffe'e  de  la  perruque  courte 
à  petites  frisures,  qui  de'gage  la  tête;  un  ruban,  dont  l'extre'- 
mite'  tombe  sur  la  nuque  en  formant  boucle,  serre  sur  le  front 
un  lotus  e'panoui.  Les  deux  nutres  femmes  frappent  dans  leurs 
mains  pour  accentuer  le  rythme.  Dans  la  seconde  scène  un 
personnage  nomme'  Khaemmoufir,  pre'pare  à  boire  pour  le 
de'funt.  Il  a  la  tête  rase  et  les  pieds  chausse's  de  sandales  à 
frein  revenant  sur  la  cheville  ;  il  porte  le  pallium.  La  dernière 
scène  est  une  scène  de  danse.   Deux  danseuses,  nues  en  appa- 


rence, dessinent  un  mouvement  en  s'accompcignant.  la  première 
sur  une  Ivre,  la  seconde  sur  la  guitfire.  Derrière  les  danseuses, 
un  dernier  bouquet  se  dresse,  sur  lequel  une  petite  grue  est 
perche'e.  —    Prov.  Hcliopolis.  Don  de  S.   E.   Tigrane  Pacha. 

Caisse  C.  Momie  provenant  d'une  ne'cropole  de  la  Haute -Egypte, 
endommagée  pendant  le  transport  par  des  bateliers  à  la  re- 
cherche de  tre'sors. 

Caisse  E.  Momie  de  la  XXVI'"^  dynastie,  dans  son  cercueil 
de  sycomore.  Le  cercueil  exte'rieur  n'est  pas  de'core'.  Le  car- 
tonnage qui  enveloppe  la  momie  est  peint  sur  toute  sa  sur- 
face. Le  masque  de  la  momie  est  peint  en  couleur  rose,  la 
perruque  en  noir.  Sur  le  sommet  de  la  poitrine,  la  de'esse  Neith 


ibQ 

de  profil  tournée  vers  la  droite  portant  le  signe  de  la  vie.  Des 
e'paules  de  la  momie  descend  un  large  et  riche  collier.  Le  reste 
du  corps  est  divise'  en  six  zones  horizontales;  et  dans  chacune 
de  celles-ci  sur  un  fond  jaune-or  sont  peintes  des  scènes  du 
rituel  fune'raire.  Les  couleurs  pre'dominantes  sont  le  vert  (pour 
les  chairs),  le  noir  (pour  les  vêtements). 

Caisse  B  (387).  Cercueil  extérieur  de  momie,  provenant  de 
la  deuxième  trouvaille  de  Deir-el-Bahari  en  iSgi  (v.  Maspero, 
Guide  du  Musée  du  Caire).  La  surface  intérieure  a  le  fond 
rouge;  les  figures  sont  peintes  en  jaune,  en  vert  et  en  blanc. 
Sur  les  parois  verticales,  du  côte'  de  la  tête,  un  serpent  aile', 
les  ailes  de'ploye'es,  et  le  signe  de  la  de'esse  Neith  sur  la 
poitrine  ;  aux  côte's,  six  ge'nies  debout  auprès  d'un  autel 
surmonte'  d'un  vase  à  libation.  Dans  la  surface  horizontale, 
du  côte'  de  la  tête,  un  serpent,  le  corps  replie'  plusieurs 
fois  sur  lui-même,  serrant  dans  ses  replis  le  signe  de  la  vie. 
Au-dessous,  la  de'esse  Neith,  debout,  de  profil  tournée  vers 
la  droite;  à  gauche  elle  est  flanque'e  de  signes  hie'roglyphiques; 
cà  droite  un  serpent  enroule'  autour  d'une  plante  de  lotus  ;  plus 
bas,  sur  une  base,  est  l'âme  sous  forme  d'oiseau.  Dans  la  zone 
infe'rieure  une  divinité'  assise,  de  profil,  tourne'e  vers  la  droite, 
portant  la  plume,  signe  de  la  ve'rite'.  Partie  exte'rieure  (à  gauche 
du  visiteur).  La  montagne  de  l'Occident.  En  haut  la  de'esse 
Nout  embrasse  le  disque  du  soleil  ;  au  centre  du  disque  est 
le  scarabe'e  ve'ne're'  de  Khepra  :  suivent  (à  droite)  trois  rangées 
de  chacals,  cynocéphales  et  éperviers  adorant  le  soleil.  La 
scène  suivante  a  pour  point  central  la  momie  qui  est  placée 
debout  vers  l'extrémité  droite  de  la  caisse,  de  profil  tournée  vers 
la  gauche  ;  douze  personnes,  des  pleureuses,  des  prêtres  habillés 
de  la  peau  de  panthère,  s'inclinent  vers  la  momie  et  lui  font 
des  offrandes.  La  momie  est  placée  à  l'entrée  du  tombeau,  un 
édifice  rectangulaire  surmonté  d'une  petite  pyramide.  (A  droite 
du  visiteur).  La  montagne  de  l'Occident,  la  déesse  du  nord  à 
l'œil  d'Horus  ;  la  déesse  Hathor  sous  forme  de  vac.he  blanche 
tachetée  de  noir,  descend  de  la  montagne.  Le  fils  du  défunt, 
suivi  d'une  femme  habillée  en  noir  (la  veuve),  fait  de  nom- 
breuses offrandes  à  la  divinité  (des  vases,  une  oie,  des  pains, 
des  gâteçiux,  des  fruits).  Une  barque  flotte  sur  le  Nil;  elle  trans- 
porte le  défunt  et  sa  mère.  La  barque  est  remorquée  ;  un  pilote 
debout  près  de  la  proue  dirige  la  manœuvre  et  tient  les  câ- 
bles auxquels  sont  attachés  quatre  chacals  d'Anubis  et  trois 
éperviers  à  tête  humaine.  Au  dessous,  une  seconde  barque  à 
trois  rameurs  transporte   les  offrandes. 

La  caisse  A  (380)  provient  de    la    même    trouvaille  de    Deir-el- 


I70     

Bahari.  Bien  qu'en  partie  moins  bien  conserve'e  que  la  pre'ce'- 
dente,  elle  est  recouverte  de  belles  peintures,  en  couleurs 
brillantes  f  jnd  jaune-or,  la  figure  en  vert,  noir  et  rouge),  qui 
repre'sentent  toute  une  se'rie  de  scènes  du  rituel  fune'raire. 


SALLE  9. 

1.  Fragment  de  la  porte  du  tombeau  d'un  personnage  de  l'Ancien 
Empire. 

2.  Le  dieu  Honis  l'aîne'  sous  la  forme  d'e'pervier  dans  un  naos. 
Il  porte  sur  la  tête  la  double  couronne  de  la  Haute  et  de  la  Basse 
Egypte.  Le  naos  a  une  double  frise  forme'e  par  un  double 
e'pistylium,  de'core'  du  disque  solaire  entre  deux  uraeus.  La 
corniche  est  surmontée  d'une  rangée  d'uraeus,  Prov.  Denderah. 

5.  Fragment  d'une  statuette  de  scribe  assis. 

7.   Chapiteau    à    tête    d'Hathor   (cfr.    salle    7,    n°   (>).    Don    de 

M.  L.  Avierino.  Prov,  Alexandrie  (probablement). 
9.  Statue  de  la  déesse  Sekhet^    à    tête  de  lionne,  trouve'e  dans 

les  fondations  de  la  maison  Mavridis,  rue  Cherif-Pacha  (XVIII"^'-' 

dynastie).  Basalte  noir.   Haut,    i    m.    32. 
14.   Basalte  noir.    Haut,  o  m.  45.  Buste  du   roi  Psainmetik  IL 

Sur    la    poitrine,    suspendue    au   cou    en  guise    d'amulette,  la 

de'esse  Neith,  ayant  sur  la  tête  la   plume,  symbole  de    la  ve'- 

rite'.   Prov.   Alexandrie.  Port-Est. 
16.  Bîtste  de  prHre  égyptien.  Les  yeux  en  ivoire  et  e'bène  sont 

rapporte's 
21.  Fragment  à^ obélisque  du    roi  Séti  I^''  trouve'  à  Alexandrie 

(quartier  Labbane).  où   il  doit  avoir  e'te'  transporte'  d'He'liopolis. 

En  effet  le  roi  Se'ti  est  repre'sente'  faisant  des  de'votions  au  roi 

Atoun. 
27.   Statue  assise.  acéphah\  de  Raïuscs  11.^  trouvée  sur  le  plateau 

de   la   colonne   dite   de  Pompe'e.   Granit  rose.   Haut,  i    m.    0(). 

Bon  travail. 

30.  Stèle  cintrée.  Le  serpent  Agathode'mon,  de  profil  tourne' 
vers  la  gauche,  ayant  la  double  couronne  royale,  se  dresse 
sur  sa  queue  enroule'e,  entre  deux  Jperviers  couronne's  et  un 
troisième  aux  ailes  e'ploye'es. 

31.  Stcle  funéraire  peinte.  Bas-relief  repre'sentant  une  scène 
d'offrandes  à   l'occasion  d'un  enterrement  (Moyen  Empire). 

34.  Calcaire  jaune.  Haut,  o  m.  30,  long,  o  m.  23.  Stèle  cin- 
trée. Le  dieu  Osiris  assis  entre  Isis  et  Nephtys,  debout.  En 
bas,  inscription  de'motique. 


36-37»  Planches  de  cercueil  sur  lesquelles  on  a  dessine'  des  ge'nies 
fune'raires. 

38.  Albâtre.  Base  d'une  colonne  du  palais  du  roi  Ramsès  III 
dans   la  ville  d'Onion. 

39.  Calcaire  jaune.  Long,  o  m.  30,  haut,  o  m.  22.  Table  d'of- 
frande au  dieu  crocodile  (Petesouchos)  richement  de'core'e.  Le 
dieu  est  repre'sente'  en  relief  dans  un  bassin  d'une  forme 
rectangulaire,  au  fond  duquel  les  desservants  descendaient  par 
deux  escaliers.  Le  bassin  communique  par  un  canal  avec  un 
autre  bassin  carre',  plus  profond.  La  bordure  supe'rieure  est 
richement  de'core'e  par  une  graeca^  par  des  rosettes  et  par 
des  scarabe'es  en  relief. 

Au  milieu  de  la  salle.  Sur  une  sorte  de  caisse  en  bois  sculpte', 
est  de'pose'  un  brancard  pareillement  en  bois,  qui  devait  servir 
aux  processions  du  dieu  Pete- 
souchos ou  Pnéphe'rôs  (dieu 
crocodile)  (fig.  45)  adore'  à 
The'adelphie.  Sur  le  brancard, 
une  momie  de  crocodile.  Caisse 
et  brancard  ont  e'te'  de'couverts 
dans  le  temple  de  The'adel- 
phie (Batn  He'rit,  Fayoum)  qui 
remonte  à  la  moitié'  du  H""' 
siècle  av.  J.-Ch.  Des  photo;^ra- 
phies  et  une  aquarelle  accro- 
chées à  la  paroi  de  la  caisse 
faisantface  à  l'entre'e,  montrent 
ces  objets  tels  qu'ils  étaient  au 

moment  de  la  découverte  dans  Ig  vestibule  de  la  ceïla  du  temple, 
ainsi  que  des  prêtres  portant  le  dieu  en  procession.  Au  centre 
de  la  paroi  du  fond  de  la  sali.e  est  déposée  la  grande  porte 
en  bois  du  pylône  extérieur  du  temple.  Elle  est  très  solide, 
et  presque  intacte.  Une  inscription  grecque  gravée  sur'la  face 
extérieure  rappelle  que  le  pylône  et  la  porte  ont  été  érigés 
par  Agathodore,  fils  d'Agathodore,  Alexandrin,  inscrit  dans  la 
deuxième  hipparchie,  en  l'honneur  du  roi  Ptolémée  (Evergète 
II).  de  sa  sœur  (et  femme)  Cléopatre,  et  de  sa  femme  (et 
niècej  Cléopatre,  l'an  137  av.  J.-Ch.  A  côté  sont  exposées  des 
photographies  du  pylône  en  pierre  calcaire,  flanqué  de  deux 
lions,  ainsi  que  de  la  cour,  de  la  cella  et  de  l'autel.  D'autres 
monuments  provenant  de  ces  fouilles  sont  dans  cette  même 
salle  (ils  portent  tous  un  petit  écriteau  explicatif;.  Nous  avons 
transporté  et  nous  allons  reconstruire  dans  la  cour  du  Musée 
le   pylône  et  l'autel  de  ce  temple  si  intéressant. 


Fi?.    \5-. 


SALLE  10. 

Cette  salle  a  e'te'  de'die'e  à  la  me'moire  de  feu  Sir  John  An- 
toniadis,  parce  que  cet  homme  e'claire',  donnant  un  exemple  qui 
devrait  être  imite'  par  d'autres  concitoyens,  a  offert  au  Muse'e 
une  grande  partie  des  objets  expose's  dans  cette  salle,  et  d'autres 
encore.  La  salle  Antoniadis  contient  une  riche  se'rie  de  petits 
monuments  pharaoniques  ainsi  que  des  bijoux  de  ditfe'rentes  é- 
poques  :  statuettes  de  dieux,  objets  du  culte,  ouschabtis,  amu- 
lettes, canopes,  vases  en  albâtre.  Il  y  a  e'galement  quelques  mo- 
mies et  quelques  cartonnages  de  momies. 

A  l'entre'e  de  la  Salle,  Socle  B.  Calcaire  jaune.  Long,  o  m. 
85,  larg.  m,  i.  Prov.  Samanoud.  Belle  lable  d'offrande  du 
temps  du  roi  Amenemhat  de  la  XI"^^  dynastie.  Elle  est  divise'e 
en  deux  parties.  Dans  l'une  il  y  a  deux  bassins  rectangulaires, 
pourvus  de  petits  canaux  destine's  à  amener  les  re'sidus  de  la 
libation  dans  l'autre  section  de  la  table  forme'e  par  un  bassin 
à  degre's.  Ces  bassins  à  degre's  symbolisaient,  d'après  les  con- 
ceptions religieuses  des  Egyptiens,  l'Univers,  c'est-à-dire  la  vie 
terrestre  et  celle  d'outre-tombe. 

Vitrine  C.  3-25.  Statuettes  d'Osiris  et  Osiris-Oimophris.  Il  est 
repre'sente'  quelquefois  debout,  coiffe'  de  l'uraeus,  de  la  double 
couronne  et  de  la  plume,  le  fouet  et  le  crochet  en  mains 
(n"*  3,  5,7,  10,  15);  d'autres  fois,  à  ces  symboles  sont  ajoute'es 
les  cornes  qui  indiquent  la  puissance  du  Nil  fn"  4)  ou  le  disque 
solaire  (n"  13);  d'autres  fois  encore,  il  est  repre'sente'  sans  le 
fouet  ni  le  crochet  (n"  1 6).  Souvent,  on  lit  en  hie'roglyphes  sur 
la  base:  «  Osiris  donne  la  vie  pour  toujours  ».  Osiris  repre'senta 
d'abord  le  Nil  inconstant  et  sauvage  des  e'poques  primitives, 
puis  le  cote'  heureux  de  sa  natuie  ayant  pre'valu  à  mesure 
que  les  riverains  avaient  appris  à  re'gler  son  cours,  il  n'avait 
pas  tarde'  à  se  transformer  en  bienfaiteur  de  l'humanité'.  Il 
e'tait  aussi  le  seigneur  de  la  terre  en  sa  qualité'  de  roi,  et  il  avait 
appris  aux  hommes  tous  les  me'tiers.  D'ailleurs  il  ne  tarda  pas 
à  devenir  le  protecteur  des  morts.  Le  lieu  d'origine  de  son 
culte  fut  la  ville  de  Busiris  dans  le  Delta,  mais  il  devint  la 
divinité'  principale  d'Abydos. 

26-40.  Le  taureau  Apis,  coiffe'  de  l'uraeus  et  du  disque  solaire. 
Le  taureau  Anis  e'tait  l'image  vivante   de  Phtah  sur  la   terre. 


. ,73     

On  le  gardait  dans  une  des  cours  du  temple  de  Phtah,  à  Mem- 
phis,  où  il  rendait  des  oracles.  Mort,  il  avait  sa  se'pulture  dans 
le  Se'rapeum.  Il  n'y  avait  jamais  qu'un  Apis  à  la  fois,  et  le 
taureau  n'e'tait  adore'  comme  Apis  que  lorsqu'il  portait  cer- 
taines marques  sacre'es,  telles  que  taches  noires  sur  le  flanc, 
triangle  au  front,  tache  en  forme  de  croissant  sur  le  poitrail. 

41-45.  La  déesse  Hallior.  Hathor,  de'esse  de  la  montagne  qui 
séparait  la  terre  d'Egypte  de  l'autre  monde,  e'tait  repre'sente'e 
sous  la  forme  d'une  vache  ou  d'une  femme  à  oreilles  de  vache. 
Elle  e'tait  la  de'esse  de  la  beauté',  que  les  Grecs  identitièrent 
avec  leur  Aphrodite. 

46-60.  Le  dieit  Plitali.  Phtah,  identifie'  avec  Vulcain,  était  le 
dieu  suprême  de  Memphis.  On  le  repre'sentait  debout  ou  assis, 
tenant  un  sceptre  des  deux  mains,  à  la  figure  fine  et  souriante. 
G 'e'tait  lui  qui  avait  donne'  leur  forme  à  toutes  les  choses  exis- 
tantes. Les  n°^  60  ^'^  et  suiv.  repre'sentent  Phtah  Patèque, 
re'apparition  à  la  vie  du  soleil  vainqueur  des  te'nèbres. 

61-68.  Le  dieu  Nofirioum.  Nofirtoum  e'tait  le  fils  de  Bastit 
ou  de  Sekhet,  et  il  paraît  avoir  incarne'  une  des  formes  du 
soleil,  ou  plutôt  la  force  solaire,  l'ardeur  que  l'astre,  à  son  lever, 
met  à  dissiper  les  e'ternels  ennemis  de  son  œuvre. 

69-76.  Le  dieu  Noum  ou  Khnoum  (Knouph,  Knoumis,  Ghnouphis, 
des  Grecs).  Il  jouait  à  Ele'phantine  le  même  rôle  qu'Ammon 
à  Thèbes  et  que  Phtah  a  Memphis,  c'est-à-dire  qu'il  y  repré- 
sentait le  dieu  suprême,  le  dieu  créateur  et  primordial;  mais, 
sous  le  nom  de  Noum-Ra,  il  était  la  divinité  se  manifestant  par 
le  soleil.  Il  est  représenté  avec,  une  tête   de  bélier. 

77-106.  Déesse  Thouéris  ou  Apet^  à  tête  d'hippopotame,  aux 
mamelles  pendantes.  Quelquefois  elle  est  léontocéphale.  Elle 
personnifie  l'espace  dans  lequel  le  soleil  prend  naissance,  elle 
est  la  déesse  mère  et   nourrice. 

107-132.  Figurines  d'Anoitp  ou  d'  Antthis,  à  tête  de  loup  ou 
de  chien.  Il  est  le  dieu  de  l'embaumement  et  de  l'ensevelis- 
sement (voir  à  Kôm-el-Ghogafa  la  scène  principale  dans  les 
bas-reliefs  de  la  niche  du  fond),  le  dieu  des  morts. 

133-179.  Le  dieu  Tliot^  à  tête  d'ibis.  Thot,  identifié  par  les 
Grecs  avec  Hermès,  était  le  dieu  inventeur  de  l'écriture,  le 
dieu  pondérateur,  intelligence  directrice  de  l'Univers.  A  l'origine 
Thot  est  une  divinité  lunaire,  mais  il  est  en  même  temps  le 
secrétaire  des  dieux,  le  juge  céleste,  le  dieu  de  la  sagesse  et 
de  la  science.  L'ibis  et  le  singe  cynocéphale  lui  étaient  con- 
sacrés. Le  centre  principal  de  son  culte  était  la  ville  de 
Schmoun,  l'Hermoupolis  Magna  des  Grecs,  aujourd'hui  Aschmu- 
nein  (province  d'Assiout). 


174     

Vitr.  C.  Dans  le  compartiment  inteVieur,  une  collection  de  po- 
teries provenant  des  fouilles  faites  par  Flinders  Pétrie  à  Tark- 
ham.  H'ne.Tiin'e  dynastie. 

Vitr.  D.  I.  Tt'te  de  momie,  La  figure  est  en  partie  couverte 
d'un  revêtement  forme'  de  bandelettes  de  toile.  2.  Intéressante 
itie  de  momie  gardant,  en  bon  e'tat  de  conservation,  un 
masque  en  plâtre  dore':  ce  masque  est  très  inte'ressant  parce 
qu'il  moule  tout  à  fait  la  figure  du  mort,  et  par  conséquent 
nous  montre  tous  les  détails  de  sa  physionomie.  3.  Bois  peint. 
Vache  accroupie^  de  profil,  tourne'e 
vers  la  droite  ;  l'inte'rieur  est  creux 
et  l'ouverture  carre'e  ame'nage'e  sous 
le  cou  communique  avec  un  bassin 
rectangulaire  que  la  vache  tient  entre 
les  jambes  de  devant  ;  c'e'tait  une 
sorte  de  boîte  d'offrande  votive  pour 
,  ^i^m  l'ame  d'un  fonctionnaire  charge'    du 

KâyPl^^  be'tail    d'Ammon,    ainsi   que    le   rap- 

fA^I^^^  porte     l'inscription      hie'roglyphique 


n-ave'e  horizontalement  sur  le  dos  de 


la  vache.  Bon  travail.  4.  Momie  d'en- 
fant^ dans  son  cartonnage  peint  et 
son  masque  dore'.  Cet  enfant  e'tait 
fils  d'un  dignitaire  appartenant  à  une 
famille  sacerdotale.  5.  Momie  d'un 
aigle  dans  son  revêtement  de  toile. 
6.  Momie  d'ibis.  Dans  la  surface  su- 
pe'rieure  du  maillot  qui  l'enveloppe  est 
applique'e,  en  relief,  l'image  de  Thot 
assis,  coupe'e  dans  une  bande  de  toile. 


Fig.  46. 


'Vitr.  AA.  Dans  le  rayon  b.  Deux  beaux 
scarabées  ailés  en  e'mail  bleu-fonce'  ; 
trois  serpents  uraetts  en  bois  dore'. 
I,  2,  3-10  (rayon  d).  La  de'esse  Sekhet  ou  Seclimet  (la  puissante) 
quelquefois  assise,  quelquefois  debout.  De'esse  personnifiant  la 
force  de  la  lumière  solaire  ;  de'esse  guerrière  lançant  le  feu 
contre  Tennemi.  Le  centre  de  son  culte  e'tait  Memphis.  Elle 
est  repre'sente'e  avec  un  corps  de  femme  et  une  lête  de  lionne, 
souvent  surmonte'e  du  disque  et  du  serpent    uraeus. 

Le  n°  I,  une  très  belle  statuette  en  bronze  haut,  o  m.  24), 
repre'sente  Sekhet  assise  sur  un  trône,  tenant  dans  la  main 
gauche  une  fleur  en  or   (fig.   46). 


i 


Il- F  5  (rayon  ^).  Iiiihotep.  C'était 
une  divinité  solaire.  Fils  aine  de 
Phtah,  enfanté  par  Nout. 

16-31  (rayon  e).  Quinze  statuettes 
de  Cynocéphales^  les  unes  en 
bronze,  les  autres  en  terre  c- 
maille'e.  G'e'tait  le  singe  consacre 
à  Thot.  Il  est  toujours  repre'senté 
assis  sur  son  arrière-train.  Quel- 
quefois sa  tcte  est  surmontée  du 
disque  solaire. 

32-35  (rayons /,  î,  /).  Bast  (chatte, 
ou  corps  humain  à  tête  de  chatte). 
5  [  (Hg.  47).  Petite  chatte  en 
bronze    portant    des  boucles  d'o-  Pig.^  ^, 

reilles  en  or.    55   (fig.    48)   (haut. 
G  m.   23).  Exemplaire  en  bronze 

bien  conservé  et  d'un  très  bon  travail.  —  Basi,  forme  atténuée  de 
Sekhet,  adorée  à  Bubastis,  était  la  personnification  de  la  chaleur 
bienfaisante.  Quelquefois  elle  est  considérée  comme^  déesse  de 
la  guerre,  mais  elle  se  plait  surtout  à  la  musique  et  à  la  danse. 

56-89  (rayons  //,  k).  Horus  à  tète  d'épervier  et  éperviers  sacjés 
d'Horus.  Sans  couronne,  ou  coiffé  du  disque  solaire  (58)^ou 
plus  souvent  du /'sc^^w/ (double 
couronne  de  la  Basse  et  de  la 
Haute  Egypte)  (fig.  49).  — 
Fils  d'Isis  et  d'Osiris  il  repré- 
sente le  soleil;  il  ressuscite  le 
soleil  levant.  L'idée  de  repré- 
senter le  soleil  comme  un  fau- 
con volant  dans  le  ciel  est  très 
ancienne. 

90.  Bronze,  hauteur  o  m.  23. 
Le  dieu  Râ  hiéracocéphale, 
coiffé  du  pschent^  assis  devant 
un  obélisque.  L'obélisque  était 
la  partie  essentielle  du  temple 
de  Râ  et  représentait  la  rési- 
dence du  dieu  (fig.    50). 

[)\.  Porcelaine,  haut,  o  m.  11. 
Le  dieu  Râ  hiéracocéphale, 
coiffe  du  pschent,  debout,  la 
main  droite  sur  la  poitrine,  la 
main  gauche  le  long  du  corps.  Fig:.  48. 


PI^^P", 

WÊ 

■   * 

> 

^; 

mm 

w 

92  (ravon  k).  Bois  peint  et  dore  (voir  aussi  92^"^,  ravon  /).  Statue 
d'Osiris.  La  base  est  souvent  formée  d'une  boîte  destine'e  à 
renfermer  des  papyrus  funéraires. 

93-107.  Petites  boites  en  bronze  destine'es  à  contenir  des  reliques 
de  serpents,  de  crocodiles  et  d'autres  animaux  sacre's.  L'animal, 
dont  la  boîte  renfermait  quelques  restes,  est  sculpte  sur  la 
surface  supérieure. 

108  (rayon  k).  Terre  cuite  emaillee  (fig.  51).  Belle  ampoule 
lenticulaire  à  vernis    verdâtre,  garnie  de   rangs  de  perles  ou 


Fig.  ^9. 


Fig. 


d'oves  sur  la  tranche,  d'un  collier  sur  la  panse.  Le  cou  est 
flanque  de  deux  singes  accroupis  en  guise  d'anses.  Tout  autour, 
au  bord  de  la  panse,  est  gravée  une  invocation  à  Phtah  et 
à  Neith.  On  échangeait  celte  sorte  de  vase  comme  e'trenne 
le  jour  de  l'an. 

109.  Jolie  petite  statuette   de  criophore  en  e'mail  bleu. 

I  10.  Feuille  de  dattier.  Panier  dans  lequel  on  avait  place'  des 
fruits  de  doum  et  des  œufs. 

Vitr.  DD.  Collection  de  vases  en  albâtre  provenant  des  fouilles 
faites   à   Sakkarah  (xMemphis).   IV-\T"^   dynastie. 

Vitr.  E.  Rayon  supérieur.  Bronzes.  Statkettes  et  bustes  de 
divinite's  diverses  à  classer  (Osiris,  Harpocrate,  Mat,   Bast). 

I.  Terre  cuite.  Le  dieu  Hobs  debout.  2.  Le  même  en  porce- 
laine. 3.  Bronze.  Le  dieu  Hor-sJiefi.  4.  Porcelaine.  Quatre 
génies   typhonieiis,  debout  autour  d'un  cylindre  surmonte'  d'un 


Fig. 


scarabée.  3.  Bronze  (fig.  52). 
Beau  chacal  de  profil  à  droite, 
couche  sur  le  ventre,  sur  une 
fleur  de  lotus.  6--J.  Bronze.  Icli- 
veiunons  sacres.  8-10.  Fjronze. 
Poissons  sacrés.  11-13.  Ar- 
pions  probablement  symboli- 
ques de'die's  à  quelque  divinité'. 
14.  Pierre  dure  grisâtre.  Frag- 
ment d'un  iîistruinent  de  toi- 
lette,dom  il  formait  le  manche: 
repre'sente  une  négresse  cou- 
che'e  horizontalement  sur  le 
ventre,  les  bras  allonge's  en 
avant.  15.  Porcelaine.  Phtah 
patèqite  foulant  à  ses  pieds 
deux  crocodiles,  la  tête  flan- 
quée de  deux  faucons  d'Horus,  adosse's  à  un  pilier  de'core'  par 
des  images  d'Isis,  en  relief,  repre'sente'e  debout,  la  tête  ornée 
du  disque  solaire.  16-22.  Pectoraux-égides  d'Hathor,  de  Bast 
et  d'autres  divinite's.  23.  Bronze.  Barbare  vaincu  (Cfr.  Rei- 
NACH,  Répertoire,  II,  424,7),  le  corps  nu,  la  tête  casque'e, 
assis  sur  son  talon  gauche,  le  genou  gauche  appuyé'  au  sol, 
la  cuisse  droite  replie'e  en  arrièr-^  sur  la  moitié'  infe'rieure  de 
la  jambe;  les  mains  sont  soulevées  au-dessus  de  la  tête  pour 
soutenir  un  gros  disque  en  bronze.  24.  Joli  petit  flacon  en 
e'mail  bleu,  le  corps  de'core'  d'une  se'rie  d'images  de  divinités, 
en  relief.  25.  Pierre  noire.  Sphinx  portant  sur  son  dos  une 
table  d'ofl"rande. 

Dans  le  compartiment    du    centre    de     cette    même    vitrine. 
Papyrus    fragmentaires^     en 
partie  hie'ratiques  (412-416),  en 
partie    de'motiques    (417-422). 

Dans  le  compartiment  infé- 
rieur, collection  de  poteries 
provenant  des  fouilles  faites 
par  Flinders  Pétrie  à  Tark- 
ham.  II'"*^  et  III'"^  dynastie. 

Vitr.  F  (v.  aussi  A.  G.  I.  K.).  Cou- 
vercles extérieurs  de  caisses 
de  momies.  Bois  peints.  Cha- 
cun de  ces  couvercles  est  rem- 
pli de    scènes   se    référant    au  Fig.  52. 


.-^ 178    

vovage  de  la  momie  dans  l'autre   monde,  ou   à  la  protection 
que  celle-ci  reçoit  de  diffe'rentes  divinite's. 

Nous  nous  bornerons  à  reproduire  comme  type  la  description 
des  scènes  repre'sente'es  sur  le  cercueil  F.  C'est  le  couvercle 
du  cercueil  de  Chonsoiimès,  prêtre  d'Ammon  à  Thèbes,  pro- 
venant de  la  trouvaille  de  Deir-el-Bahari  en  1891.  La  momie 
de  Chonsoumès  est  au  Muse'e  du  Caire.  Ce  couvercle  est 
momiforme  :  la  tête  porte  un  bouquet  de  lotus,  symbole  de 
nouvelle  naissance  ;  le  collier  qui  couvre  la  poitrine  se  compose 
de  fleurs  et  de  boutons  de  lotus  ;  au  centre  du  collier  on 
voit  le  scarabée  de  Khepra,  les  ailes  e'tendues  sur  le  dad 
(nilomètre),   coifte  du  disque  solaire. 

Premier  Tableau.  A  gauche,  Osiris  dans  un  naos  orne  d'u- 
raeus,  est  assis  devant  la  table  des  offrandes,  assiste'  lui-même 
de  la  de'esse  Nephtvs  qui,  debout  derrière  lui,  reçoit  par  le  ka 
du  de'funt  l'offrande  de  l'encens.  Isis  aile'e,  peinte  en  vert, 
e'tend  ses  ailes,  en  signe  de  protection,  sur  l'âme  de  Chonsou- 
mès. Le'gende  :  «  Isis,  la  grande  mère  de  dieu,  la  maîtresse 
dans  l'occident,  accorde  toute  chose  bonne  et  pure  ».  Repre'- 
sentation  analogue  à  droite  :  ici  la  de'esse  qui  est  debout  est 
Isis,  celle  qui  est  aile'e  est  Nephtvs.  Le'gende  :  «  Nephtvs, 
de'esse  auguste,  maîtresse  de  l'occident,  accorde  etc.  ».  Der- 
rière Isis  on  voit  Anubis  ;  deux  ge'nies  fune'raires  à  droite  et 
deux  à  gauche. 

Deuxième  Tableau.  Nout,  de'esse  du  ciel,  les  chairs  peintes 
en  vert,  e'tend  ses  ailes  pour  recevoir  Chonsoumès  dans  son 
sein.  De  chaque  côte  Anubis  est  debout,  tenant  l'e'tendard  de 
l'Amenti  ;  l'âme  de  Chonsoumès  en  adoration.  Au-dessous  de 
Nout  plane  un  scarabe'e  aile'  surmonte'  du  disque  solaire 
flanque'  d'uraeus,  A  droite  et  à  gauche  de  celui-ci,  des  scènes 
d'adoration. 

Troisième  Tableau.  Au  centre,  le  naos  de  Khepia.  Au 
sommet,  le  soleil  qui  plane  du  nord  au  sud  sur  l'hiéroglyphe 
indicatif  du  mot  ciel.  L'œil  mystique  d'Horus  à  droite  et  à 
gauche,  ainsi  que  la  de'esse  aile'e  du  nord  et  celle  du  sud.  Au 
milieu,  le  scarabe'e  simple,  coiffe'  du  disque  solaire  et  de  la  croix 
anse'e  re'pe'te'e  quatre  fois  (la  croix,  en  e'criture  hie'roglyphique, 
signifie  vie).  De  chaque  cote'  la  le'gende  :  «  Osiris  seigneur  de 
l'e'ternite'  »,  et  ge'nie  barbu  assis.  A  droite  Osiris,  seigneur  de 
l'e'ternite'  et  demeurant  dans  l'Amenti,  assiste  d'Isis  debout  avec 
une  bandelette,  est  coiffe'  du  disque  solaire  et  assis  vis-à-vis 
d'une  de'esse  à  figure  de  serpent  aile',  aux  grands  replis,  debout. 
A    gauche,    même    repre'sentation,    sauf    qu'Isis  se   change    en 


■ — — — — —     179     

Nephtys.  Au  bord  de  chaque  côte,  Ghonsoumès  en  prêtre, 
debout,  rase',  revêtu  d'un  longue  robe  flottante,  fait  ses  offrandes 
à  Osiris. 

Au-dessous  de  ce  tableau,  au  centre,  le  disque  solaire  aile'  plane 
du  nord  au  sud.  Quatre  fois  le  signe  de  la  vie,  cinq  uraeus 
à  droite  et  autant  à  gauche.  Quatre  ge'nies  fune'raires.  Suit 
encore  le  scarabe'e  coiffe'  du  disque  solaire,  les  ailes  ouvertes. 
Plus  bas,  le  disque  solaire  et  deux  scarabe'es  simples  ;  quatre 
ge'nies  à  droite  et  trois  à  gauche,  devant  l'emblème  de  l'Amenti. 
Autre  scarabe'e  aux  ailes  e'tendues,  promesse  de  re'surrection, 
et  enfin  le  disque  solaire  entre  la  de'esse  du  nord  et  celle  du 
sud,  l'œil  mystique  de  droite  et  celui  de  gauche  ;  de  chaque 
cote'  un  uraeus.  A  droite,  Osiris  coiffe'  de  la  couronne  verte 
avec  les  deux  plumes  (justice  et  ve'rite')  est  assis  devant  la 
table  des  offrandes,  assiste'  d'Isis  debout.  Prière  banale  pour 
que  l'on  donne  toute  chose  bonne  et  pure  à  Ghonsoumès. 
Vis-à-vis  d'Osiris,  un  ge'nie,  qui  a  pour  tète  le  signe  de  l'A- 
menti, est  debout.  A  gauche,  représentation  analogue. 

Plus  bas,  ligurations  analogues:  le  ge'nie  est  coifle  du  sca- 
rabe'e ;  le  signe  de  l'Amenti  est  derrière  Isis.  Au  pied,  trois 
génies  aftVonte's  avec  la  de'esse  aile'e  au  corps  de  serpent.  La 
dernière  scène  montre  le  de'funt  en  prière  devant  Osiris 
hie'racoce'phale,  coiffe'  du  disque  solaire  et  assis  à  la  table 
des  offrandes. 

Vitr.  H.  Compartiment  supe'rieur.  Vases  Canopes  en  albâtre. 
Ces  vases  devaient  recevoir  les  entrailles  du  de'funt,  retire'es 
du  corps  pour  l'embaumement.  Pour  chaque  cadavre  il  fallait 
quatre  vases  :  un  pour  l'estomac,  un  pour  les  intestins,  un 
pour  les  poumons,  un  pour  le  foie  ;  et  chaque  vase  e'tait 
place  sous  la  protection  d'un  génie  fune'raire  :  Amset,  Hapi, 
bouamoutef,  Kebehsenouf,  les  quatre  fils  d'Horus. 

A  côte' de  ces  vases  canopes,  quelques  alahastra  ou  lacrima- 
toires,    des    coupes,  des  cantharoi^  de  petits  mortiers,  etc. 

Dans  le  rayon  &.•  Petite  dalle  en  calcaire  jaune,  portant  en 
relief  un  taureau  d'un  travail  remarquable. 

Dans  le  compartiment  du  centre,  petits  vases  de  toilette  :  un 
brûle-parfums;  d'autres,  destines  à  contenir  le  kohol^  c'est-à-dire, 
les  poudres  noires  dont  les  hommes  et  les  femmes  se  teignaient 
les  paupières  et  les  sourcils  (n"^  1-2);  le  n°  3  e'tait  pour  les 
parfums  pâteux  et  les  onguents  parfume's  ;  n"  4,  vase  pour 
broyer  les  couleurs.  Pour  des  raisons  d'ordre  pratique  on  a 
place  ici  le  n°  5,  table  d^offrande  en  calcaire  jaune,  très  bien 
conserve'e  et  finement  travaille'e. 


-^ —     I  So — 

Dans    le    compartiment  infe'rieur  : 
vases  canopes  en  albâtre. 


n-os 


Vitr.    BB  (ravon  d).    i.  Figurine  de  la  de'esse 
MaîL  Elle  personnifiait  l'espace  dans  lequel 
le  soleil  prend  naissance. 
2-20.  Figurines  du  dieu  Slioii.  Il  personnifie 
la  force   cosmogonique  du  soleil  ;    il   sou- 
tient et  porte  le  ciel. 
21-24.  Figurines  de  Choiisoit^  dieu  lunaire,  com- 
putateur  du  temps  et  aussi  dieu  gue'risseur. 
2S-32    (rayons    h    et    e).    Bronze    (le    n"    29 
bronze-dore)  (fig.  53).  Statuettes  de  Neith^ 
de'esse   guerrière,  ve'ne're'e    principalement 
à  Sais.    Elle  a  pour  coiffure   la   couronne 
du  nord.  On  la  repre'sente  souvent  arme'e 
Pj^_  d'arc    et    de    flèches,    qui     doivent     faire 

allusion  au  rayonnement  que  darde  l'œil 
solaire.  Elle  est  en  même  temps  une  di- 
vinité de   la  guerre.   Son  culte,  ainsi  que  celui  d'Hathor,  e'tait 

desservi  par  des  femmes. 
33-36    (ravon  /).    Bronze.  Statuettes  d'Aunnon^  Aminon-Rù.   Il 

ressemble    beaucoup  au  dieu  Min  et,  comme  lui,  porte   deux 

hautes  plumes  sur  la  tète.   Il  e'tait  le   dieu  suprême  de  Thèbes, 

et  personnifiait   la  divinité'  cache'e,    se    mani (estant    seulement 

par  le  soleil. 
37-Ô7    (ravon  g).    Bronze,    porcelaine,    terre 

cuite.    Figurines    du    dieu  Bès^  exemplaire 

très    beau    et    parfaitement    conserve     au 

n"  37  (fig.  54).  Bès  personnifie  l'ardeur  re- 
doutable du  soleil  en  tant  que  dieu  guerrier. 

Il  est  aussi  dieu  de   la    musique   et    de    la 

danse.  Il  a  un  corps  monstrueux,  aux  yeux 

à  fleur  de  tête,  à  la  langue  pendante,  aux 

jambes    ècarte'es.    Il    devint   un    dieu    très 

populaire    à   Tèpoque    gre'co-romaine.    Les 

oracles,   qu'il  profe'rait  dans  un  sanctuaire 

près   d'Abydos,  e'taient  très  appre'cie's.    On 

le  conside'rait  même  comme  dieu  protecteur 

des  morts  et  des  tombeaux,  dont  il  e'cartait 

les  esprits  malfaisants. 
68-go  (rayons  h  et  /).  Harpocrate  ou   «  Horus 

enfant  ».  Il  est  repre'sente'  la  tête   chauve, 

sauf  une  mèche    pendant    sur   l'e'paule.   On 


Fig.   5-1- 


lui  donne  les  formes  d'un  enfant  aux 
membres  potele's.  Le  doigt  qu'il  porte  à 
sa  bouche  devait  signifier,  paraît-il,  qu'il 
commandait  le  silence  sur  les  profonds 
mystères  qu'on  lui  avait  re'vélés.  Nous 
verrons  plus  loin  (salle  i8)  dans  une 
riche  se'rie  de  figurines  en  terre  cuite 
d'époque  romaine,  la  grande  variété  d'at- 
tributs qu'on  avait  accumulés  sur  ce 
dieu  enfant.  De  petits  monuments  de 
basse  époque  (voir  n°^  9i-94)  'e  re- 
présentaient debout  sur  des  crocodiles  et 
tenant  un  scorpion,  un  lion,  deux  ser- 
pents et  une  gazelle;  au-dessus  du  dieu 
grimace  la  tête  du  monstre  Bès^  qui, 
en  cette  circonstance,  paraît  représenter 
la  force  destructive  de  la  nature  en 
opposition  avec  l'éternelle  jeunesse  per-  Fig.  55. 

sonnifîée  par  Horus.  En  général  ce  mé- 
lange de  divinités  a  un  but  prophylactique:  on  veut  augmenter 
la  force  magique  de  ces  images  contre  les  esprits  malfaisants. 
95  (rayon  À').    Porcelaine.  Minuscule    figurine  de  Khein^  le  dieu 

qui  s'engendra  lui-même  en  fécondant  sa  mère. 
96-135  et  suiv.  Nombreuses  statues  et  statuettes  d'Isis,  soit  seule, 
soit,   plus  souvent,  allaitant  son  fils  Harpocrate  (fig.    55). 

Isîs  n'était  à  l'origine  que  la  divinité  de  Bouto, 
ville  du  Delta.  Par  sa  seule  puissance  elle  avait 
enfanté  Horus.  De  bonne  heure  on  l'unit  à  son 
voisin  Osiris,  dieu  de  Busiris  et  de  Mendès. 
Osiris  devint  son  frère  et  son  époux;  et,  lorsqu'il 
fut  tué  traîtreusement  par  Sei  (le  principe  du 
mal),  ce  fut  Isis  qui  le  fit  renaître.  Isis  est, 
dans  la  génération,  le  principe  femelle,  indis- 
pensable à  la  perpétuité  de  l'espèce.  D'ailleurs 
cette  déesse,  surtout  à  l'époque  gréco-romaine, 
finit  par  absorber  petit  à  petit  une  infinité 
d'attributions.  Elle  fut  la  terre  habitable  et 
nourricière,  elle  symbolisa  la  nature  (souvent 
on  la  représente  voilée  pour  indiquer  que  la 
nature  dissimule  a  l'homme  ses  secrets).  On 
la  considère  comme  plus  sage  que  toute  autre 
divinité,  que  tous  les  hommes,  que  tous  les 
philosophes.  Il  n'y  avait  rien  d'inconnu  pour 
Fig.  56.  elle    au    ciel    et    sur    la    terre.    C'est    elle    qui 


l82 

règne  sur  la  voûte  ce'leste,    qui   préside    à    l'agriculture   (Isis- 
De'me'ter),  qui  veille  à  la  vie   d'outre-tombe   (Isis-He'cate),    qui 
protège  la  navigation.  Souvent  elle  est  identifie'e  avec  la  For- 
tune (Isis-Tychè).  Le  nourrisson  qu'elle  serre  contre  son  sein 
sur    les    statues    et    statuettes  d'e'poque   gre'co-romaine,  ou  le 
jeune  garçon,  qui  se  tient  debout  à  ses  côte's,  est  son  fils  Har- 
pocrate.  Isis  était  la  divinité  protectrice  d'Alexandrie  et.  comme 
telle,  était  représentée  tenant  un  radeau  dans  sa  main  droite. 
A  coté  des  images  de  cette  déesse,  la  plus  célèbre  de  toutes 
les  divinités  égyptiennes,  sont  exposés   quelques   sisires  (137- 
i-io,  surtout  le  n°    137)  et  quelques  siliihv  (n°s  141-143)  ins- 
truments   caractéristiques    de    son    culte, 
^isisjs^  qui   était   desservi    principalement  par  des 

^        \^  femmes.    «  Le  sistre  (fig.  56),  dit  Apulée, 

est  une  crécelle  d'airain,  lame  étroite  re- 
courbée en  forme  de  baudrier  et  traversée 
par  plusieurs  bâtonnets  qui  le  heurtaient 
avec  un  son  aigu  quand  on  secouait  vive- 
ment le  bras  ».  Le  sistre,  à  l'époque  ro- 
maine, devint  l'attribut  essentiel  et  caracté- 
ristique de  la  déesse,  de  ses  prêtresses, 
de  ses  adorateurs.  Le  manche  représente 
souvent  une  statuette  de  Bès.  —  La  situla 
(%•  57)  ^^^  u"  ^'^^^  à  forme  ovoïde  avec 
un  col  très  large,  muni  d'une  anse  mobile, 
qui  avait  dans  la  religion  isiaque  une 
importance  particulière.  Pour  les  fervents 
d'isis,  l'eau  du  Nil  est  une  dérivation 
d'Osiris.  Le  vase  qui  contient  ce  principe 
divin,  source  féconde  de  toute  vie,  a  la 
première  place  dans  les  cérémonies  du 
culte.  La  surface  extérieure  de  ces  siinlœ  est  souvent  décorée 
de  plusieurs  figurines   se  rattachant  au  culte  isiaque. 

Dans  le  compartiment  /  : 

144-145.  Deux  chevets  de  momie  en  bois. 

146.  Pliant  en  bois  incrusté  d'ivoire. 

147.  Calcaire.  Modèle  d\tne  maisonnette  égyptienne. 
148-133.  Terre  cuite.  Cônes  funéraires  symbolisant,  paraît-il,  des 

offrandes,  c'est-à-dire,  des  pains  à  forme  conique. 


Fig. 


Vitr.  L.  Les  compartiments  supérieurs  de  la  vitrine  L  renferment 
une  collection  à'Oitshatbi  ou  Shabtaion^  les  Répondants,  ainsi 
nommés  parce  qu'ils  devaient  répondre  et  se  présenter  à  l'appel 


du  nom  du  défunt  pour  exécuter  les  corve'es  qu'Osiris  avait 
le  droit  d'exiger  d'eux.  Les  formules  qu'on  voit  grave'es  sur 
leur  corps  correspondent  à  cette  ide'e.  On  les  de'posait  en 
grand  nombre  dans  la  tombe  avec  la  momie.  Ceux  qui  sont 
ante'rieurs  à  la  XYIIP"^  dynastie  sont,  ge'ne'ralement,  en 
bois,  en  granit,  en  calcaire  ou  en  albâtre.  Sous  la  XVIII'"*-" 
d)aiastie  commence  à  paraître  la  terre  cuite  revêtue  d'un 
e'mail  bleu,  et,  ce  qui  devient  ensuite 
d'usage  ge'ne'ral,  la  pierre  et  la  terre  cuite 
à  e'mail  vert.  —  Dans  le  compartiment 
inférieur,  quelques  vases  en  terre  cuite^ 
des  couronnes  de  fleurs  naturelles  des- 
se'che'es. 

Vitr.  M.  Beau  cartonnage  de  momie 
(fig.  58).  En  haut,  entre  les  bandelettes 
qui  resserrent  le  visage  et  la  gorge  de 
la  momie,  on  voit  la  déesse  Mait  (la 
juste),  de'esse  du  droit  et  de  la  ve'rite', 
femme  du  dieu  Thot^  assise  à  gauche, 
portant  le  signe  de  la  vie  ;  dans  une 
zone  au-dessous,  l'ibis  du  dieu  Thot  ; 
devant  lui  la  plume  de  la  ve'rite'.  Sur 
la  poitrine,  est  e'tendu  le  grand  scarabe'e 
aile'  :  la  première  figurine  de  droite  (à 
tète  d'epervier)  est  le  génie Donanioittef-^ 
il  est  suivi  par  Khebsenouf^  à  tête  de 
chacal.  Du  cote'  oppose,  c'est-à-dire  à 
gauche  du  scarabe'e,  on  voit  le  ge'nie 
Amset  à  tête  humaine,  suivi  de  Hapi, 
à  tête  de  chacal. 

Premier  Tableau.  Osiris-Onnofris, 
debout,  suivi  par  les  de'esses  Isis,  Ne- 
phtys  et  Maît,  se  voit  pre'senter  par 
Thot,  Anubis  et  une  autre  déesse,  Maît, 
l'âme  de  la  de'funte,  sous  les  traits  que  cette  dame  avait  dans 
sa  vie  terrestre. 

Deuxième  Tableau,  Ici  Osiris  est  assis  en  juge  des  défunts 
sur  un  trône  place'  au-dessus  de  la  moitié'  infe'rieure  du  corps 
d'un  serpent,  dont  la  moitié'  supe'rieure  se  dresse  devant  le 
dieu,  pour  e'pouvanter  ceux  qui  voudraient  s'approcher.  Der- 
rière Osiris  se  tient  debout  la  de'esse  Isis.  Le  chien  infernal 
fait  lui  aussi  bonne  garde  au  dieu.  Anubis  a  dressé  la  balance 
à    deux    plateaux  :    dans    l'un  des  plateaux  il  a  mis  le  cœur 


Fig.    58. 


^ 184 

de  kl  défunte,  dans  Tnutre,  une  statuette  de  la  déesse  Maîr. 
L'e'quilibre  est  parfait.  Le  dieu  Tiiot  l'annonce  à  Osiris,  qui 
prononce   le  jugement. 

Troisième  Tableau.  Osiris  recevant  les  hommages  d'Isis 
et  Râ-Hor  à  droite,  de  Nephtys  et  Anubis  à  gauche. 

Quatrième  Tableau.  Les  quatre  ge'nies  principaux  de  l'A- 
menti,  les  quatre  fils  d'Horus  gardiens  et  protecteurs  de  la 
se'pulture,  marchant  à  droite  dans  Tordre  suivant  :  Amset^ 
Hapï^  Douamoutef  et  Khehsenottf. 

Vitr.  O  (horizontale).  Collection  de  scarabées  et  d'amuleiies  en 
difife'rentes  matières. 

L'amulette  en  forme  de  scarabée  est  un  symbole  de  durée 
pre'sente  et  future  :  la  garder  sur  soi  e'tait  une  garantie  contre 
la  mort.  Mille  significations  mystiques  de'coulèrent  de  ce  pre- 
mier sens  ;  mais,  après  avoir  constitué  pour  des  siècles  un 
moyen  de  protection  contre  toute  sorte  de  malheurs,  les 
petits  scarabées  finirent  par  n'être  plus  que  des  bijoux  sans 
valeur  religieuse.  On  en  faisait  des  chatons  de  bague,  des  pen- 
deloques de  collier  et  ainsi  de  suite.  —  L'amulette  en  forme 
de  colonnette  en  feldspath  vert  (n"^  1759  et  suiv.)  rappelait 
l'idée  du  rajeunissement  divin.  —  L'œil  mystique^  Voudja 
(n°  1736  et  suiv.)  protégeait  contre  le  mauvais  œil,  contre 
les  paroles  d'envie  et  de  colère,  contre  la  morsure  des  ser- 
pents. —  Les  n°^  1760,  1762,  1784,  dadoii,  dottdoif^  étaient 
l'emblème  de  la  stabilité  éternelle.  —  i  1 54,  à  forme  de 
cœur.  —  '535-  Pierre  noire.  Deux  doigts^  l'index  et  celui 
du  milieu  serrés  l'un  contre  l'autre  et  allongés  en  avant.  — 
1532:  Masque  de  Bès  qui  protégeait  contre  les  esprits  malfai- 
sants. —  Il  paraît  qu'à  l'origine  beaucoup  d'amulettes  n'étaient 
pas  conçues  comme  telles.  Elles  n'étaient  que  des  imitations 
en  petites  proportions  de  tous  les  objets  qu'à  une  époque  plus 
ancienne  on  plaçait  réellement  dans  la  tombe  à  côté  du  mort 
(voir  n"^  1 1  5 1  et  suiv.,  imitations  du  chevet  sur  lequel  devait 
reposer  la  tête  de  la  momie;  n°  1530,  imitations  d'animaux, 
vaches,  brebis,  etc.).  1783:  Godet  à  forme  de  biche^  pieds  liés 
ensemble,  corps  aplati  et  creusé  en  bassin  carré. 

Vitr.  P.  Cette  vitrine  renferme  quelques  petits  vases  à  parfum 
de  Rhodes  et  de  Chypre  (n°  1887,  Aryballisque;  n^  I887^ 
Vase  amigdaloïde)  et  des  bijoux  d'époques  différentes  qui 
seront,  en  temps  voulu,  placés  dans  leurs  séries  chronologiques 
respectives.  1793,  1797,  1798:  Bracelets  en  gros  fil  d'or. 
1794,     1796:   Deux  autres  bracelets  pareils   terminés    en    tête 


,85     

de  serpent.  1795  :  Bracelet  forme'  d'une  barre  d'or  tordue  non 
ferme'e,  termine'  aux  extre'mités  par  un  buste  d'Isis  (voir  les 
n''^  18 18,  1820  du  même  type,  mais  en  argent).  1799- 1806  : 
Huit  boucles  d'oreilles  en  or  et  pierres  pre'cieuses.  f  807  : 
Cinq  agrajes  à  masque  de  tête  humaine.  182  i,  1822:  Argent, 
Bracelels  termine's  en  buste  de  Sarapis  et  d'Isis.  1825:  Or, 
Vingt-et-une  figurines  de  divinités  égyptiennes  destine'es  à 
être  applique'es  sur  les  robes  des  momies.  1826,  1S27  :  Ba- 
celets^  diam.  o  m.  095,  haut,  o  m.  035;  surface  courbée  demi- 
sphe'rique  de'core'e  de  reliefs,  rosettes,  oves,  au  centre  de  losan- 
ges (e'poque  byzantine).  1830:  Or,  Collier  compose'  d'une  chaî- 
nette et  de  neuf  figurines  de  divinite's  égyptiennes.  1832-33: 
Oi-,  Boucles  d'oreiltes  assez  êle'gantes.  1838-1840:  Cuivre  dore', 
Bracelet  à  corps  aplati  de  serpent  enroule'.  1846:  0\\  Bague 
avec  scarabe'e.  1847-1853:  Or,  Boucles  d'oreilles.  1864- 
1872:  Huit  bagues  enor.  1856:  Or,  Bracelet  à  corps  de 
serpent  d'un  travail  exquis.  1858:  Chaînette  d'or  fermée  par 
un  me'daillon  de'core'  d'un  gorgoneion  en  relief  (cfr.  1919). 
1861  :  Bague  à  plusieurs  tours;  les  deux  extre'mités  sont 
termine'es  par  deux  têtes  de  serpent.  1873:  Or,  Boucles  d'o- 
reilles. 1874,  1882:  Or,  Bague  et  Boucles  d'oreilles.  1889: 
Or,  Figurine  de  Vénus  Anadyomène.  1890:  Or  et  rubis. 
Petite  bague  (Port  oriental,  Alexandrie).  1S95:  Or,  diam.  o  m. 
o'^.  Bracelet  termine  en  tête  de  serpent.  1898:  Or,  diam. 
o  m.  075.  Bracelet  termine'  en  buste  d'Harpocrate  et  Gorè. 
1899:  Collier  en  or  et  e'meraudes.  1902,  1908:  Or,  Boucles 
d'oreilles.  1909-1911:  Or,  Disques  avec  tête  de  Me'duse  en 
relief.  19 19:  Ôr,  Collier  termine'  en  médaille  de'core'e  d'une 
Me'duse  en  relief.  1923:  Fils  d'or,  Coijfure  d'une  jeune  fille 
de  Canope  qui  e'tait  ensevelie  dans  le  sarcophage  n"  3  expose' 
dans  le  jardin.  1926:  Or,  Plaquette  sut  laquelle  sont  tracées 
vingt-six  lignes  d'e'criture.  1927:  Or,  Restes  d'une  couronne 
funéraire. 


SALLE  11. 


Dans  cette  salle  nous  avons  tâche'  de  re'unir  les  spe'cimens  les 
plus  intéressants  que  le  Musée  possède  de  l'art  égyptien  à  l'é- 
poque gréco-romaine,  ou  les  monuments  qui  ont  un  caractère 
mixte,  c'est-à-dire  qui,  tout  en  ayant  été  travaillés  avec  les  ten- 


i86     

dances  et  les  procèdes  de  l'art  e'gyptien,  re'vèlent  quelque  in- 
fluence de  l'art  grec,  ou  reproduisent  des  scènes  e'gyptiennes 
avec  inscription  grecque  ou  vice-versa (^)  (voir  aussi  dans  la  salle 
suivante,  de'die'e  à  l'iconographie,  le  n°  33  (Alexandre  IV)  et  le 
n°  60  (Ptole'me'e  Philopator). 

I  (A  l'entrée  de  la  salle):  Granit  d'Assouan,  haut,  i  m.  10. 
Partie  infe'rieure  d'une  stahte  colossale  d'un  prince  ou  d'une 
princesse  de  la  famille  des  Ptolémées. 

A  côte'  se  trouvent  les  phoiographies  en  grand  format  de 
trois  statues  analogues,  mais  en  parfait  e'tat  de  conservation, 
exposées  au  Musée  égyptien  du  Vatican.  Elles  représentent 
Ptolémée  II  Philadelphe,  sa  sœur  et  femme  Arsinoé  et  une 
autre  princesse.  On  pense  que  ces  trois  statues  étaient  autrefois 
à  Alexandrie.  Un  empereur  romain  (Hadrien?)  les  aurait  trans- 
portées à  Rome  pour  décorer  quelque  temple  ou  quelque  palais. 
D'ailleurs  les  archéologues  ne  sont  pas  d'accord  à  ce  sujet. 
Un  fait  qui  rend  plus  probable  l'origine  alexandrine  de  ces 
statues,  c'est  qu'on  a  trouvé  à  Alexandrie  les  restes  d'une  qua- 
trième statue  du  même  type, 

II -14.   Inscriptions   hiéroglyphiques  de  l'époque  gréco-romaine. 

15,  16,  17.  Stèles  portant,  en  relief,  des  scènes  tout  à  fait  égyp- 
tiennes, mais,  au-dessous  de  la  scène,  elles  ont  une  inscription 
grecque. 

1  8.  Stèle  votive  à  Amtbis  dédiée  par  Héroïdès  mechanicos,  pour 
Irène,  fille  de  Dorion  (v.  aussi    n''^  3162,  3163,  3174). 

iQ,  Calcaire  jaune,  haut,  o  m.  55.  Relief  représentant  Horus  en 
guerrier,  de  profil  à  droite  soutenant  un  bouclier  dans  sa  main 
gauche,  la  tête  surmontée  de  la  double  couronne  de  la  Haute 
et  de  la  Basse  Egvpte. 

20.  Grès,  haut,  o  m.  60.  Relief  représentant  un  Ptolémée,  le 
buste  de  face,  la  figure  de  profil  à  gauche,  La  tête  coitfée 
d'une  perruque,  porte  le  diadème  qui  est  décoré  sur  le  front 
d'un  uraeus.  Travail  d'une  certaine  mollesse. 

24.  Le  Nil  couché  à  droite  ;  près  de  lui,  on  voit  la  déesse 
Anonké  son  épouse  (ou  Euthenia). 

33,  Le  vase  de  la  déesse  Anoiiké  entre  deux  Agathodémons  af- 
frontés, 

34,  Detîx  Agathodémons  mitres  affrontés  5  celui  de  droite  re- 
présente Sarapis,  l'autre  Isis  (fig.    59), 

35-36.  Deux  stèles  fragmentaires  provenant  de  Chatby  avec  scè- 
nes d'adoration  du  serpent  Agathodémon  (fig.   Go). 

(i)  Font  exception  les  cinq  tableaux  contenant  des  fragments  de  peintures  mu- 
rales, qu'on  a  été  obligé  de  garder  provisoirement  ici  pour  des  raisons  d'ordre 
pratique. 


,87 


Isis  alexandriue^   revêtue    du    chiton  et    de  l'himation  tiré 
jusque  sur  la  tète  ;  sur  la  tête  elle  porte  le    modius  ou   cala- 


thus;  dans  la  main  droite  elle 


tient  une  haute  torche.  Elle 
est  debout  entre  deux  serpents.  Celui  de  gauche  est  couronne 
du  pschent  et  porte  serre' dans  ses  replis  le  caducée  d'Hermès; 
l'autre  est  couronné  du  disque  solaire,  des  plumes  et  des 
cornes  d'Ammon  ;  il  tient  le  sistre    d'Isis. 

39.  Bas-relief  représentant  Minerve  en  armes,  Zeus^  Sarapis 
et  Hercule. 

40.  Isis-Cércs  et  Hor-HéracJès  sous  les  traits  de  deux  Agatho- 
dé nions  affrontés. 

41.  Stuc  peint;  c'est  une  dalle  de  locuhis  trouvée  par  Botti  à 
Gabbari  en  1900.  Au  centre  une  je^ine  fille  debout,  presque 
de  face,  tète  nue,  habillée  du  chiton  et  de  l'himation.  À  droite 


rig-  59. 


Fi-.  60. 


du  visiteur,  trois  divinités  superposées:  Thot,  Hortts.  Isis'^pté- 
rophore.   Il  en  est  de  même   à  gauche. 

42.  Haut.  o.  m.  37.  C'est  la  lèfe  d'une  staiue-porlrait,  proba- 
blement d'un  prêtre,  travaillée  dans  le  style  égyptien  avec 
pilier-support  derrière  le  dos.  Il  porte  un  diadème  qui  se 
noue  sur  le  haut  du  front  en  deux  boutons  qui  imitent  des 
boutons  de  lotus  (v.  n"  60,  dans  la  vitr.  B,  la  tête  en  granit 
noir).  Le  traits  sont  ceux  d'un  homme  solide  et  fort,  mais  le 
visage  est  extrêmement  maigre,  le  front  est  large  et  carré,  mar- 
qué de  grosses  rides.  On  dirait  que  le  sculpteur  a  voulu 
représenter  un  personnage  dont  la  vie  était  absorbée  par  l'as- 
cétisme et  la  prière. 

43-53.  Trouvaille  faite  dans  le  temple  de  Soknopaiou  ('•'  à  Dimeh 

(1)  Ce  groupe  de  statues  a  donné  lieu  à  bcaucr.up  de  discussions:  voir  Botti, 
Catalogne,  pages  467  et  suiv.,  et  Apostolides,  La  statue  cflréuce. 


88 


(FayoLim).  Ces  statues  n'ont  pas  une  valeur  artistique  excep- 
tionnelle, mais  elles  sont  inte'ressantes  parce  qu'elles  semblent 
être  execute'es  par  des  écoles  indigènes  influence'es  par  l'art 
grec.  Entre  ces  mêmes  statues  il  doit  exister  des  diffe'rences 
chronologiques. 
43.  Statue  dont  le  visage  pre'sente  des  caractéristiques  person- 
nelles; elle  porte  sur  les  plis  de  sa  robe  dans  le  sens  vertical 
une  inscription  grecque  votive. 
49.  Statuette  portant  sur  le    côte'  droit    une    inscription  qui  dit 

qu'elle  a  e'te  exe'cute'e  par  TIftsç  UaTrov. 
54.  Basalte  noir.  Cette  tète  de  Ntihien  est  pleine  de  vigueur   et 

d'expression.  Elle  est  même 
:  -  remarquable    pour    l'exacti- 
tude  avec  laquelle  l'artiste 
a    e'tudie'    et    reproduit    les 
caractères    physionomiques 
de    la    race.   Prov.  Dimeh  ? 
55-59.  CVitr.    B.   rayon    d'en 
haut).    Divers     exemplaires 
du  dieu  monstre  Bès  repre'- 
sente'  en  relief  sur  des  dalles 
de  calcaire  jaune. 
55.  A  cote'  de  Bès,  à  sa  droite, 
on    remarque     une    petite 
femme   nue,    vue    de   face, 
debout,  jouant  du  sistre  et 
du  tambourin. 
60.   Granit  noir  (fig.  61).  Tête 
pleine   d'expression,    repre'- 
sentant  un  prêtre,  analogue 
au    n°    42  :    l'un   et    l'autre 
sont  couronne's  du  diadème  à  double  fleur  de  lotus,  se  nouant 
sur    le    haut    du    front    (v.    d'autres    têtes  semblables  dans  la 
même  vitrine). 
C)i.  Onze  plaques  en  calcaire  jaune  qui  devaient  décorer  les  pa- 
rois   d'un    temple    à    Athribis  (Benha).  Elles   contiennent  des 
morceaux  de   bas-reliefs  en  creux.    A    côte'  de    la    figure    hu- 
maine assise  de  droite  à  gauche,  il  v  a  des  traces  de  lettres 
grecques;  la  tête   de   la  même  figure   est  coiffe'e    de    plusieurs 
symboles  religieux,   crocodile,  ichneumon,  be'lier,  d'un  travail 
exquis,    surmonte's    de    la    couronne    d'Ammon.    En    face    de 
ce    personnage    e'tait    repre'sente'  le  dieu    Horus    à    corps    hu- 
main et  tête  de    faucon  de  profil    à    droite.    Au-dessus  de  la 
tête  sont  des  cornes  de    bœuf,  et   un    e'norme    disque    solaire, 


Fig-.  61. 


de  la  partie  antérieure  duquel  s'avance  un  serpent  uraeus. 
Entre  ces  deux,  figures  et  au-dessus  sont  repre'sente's  en  pro- 
portions plus  petites  un  sphinx  de  profil  à  gauche,  et  un  faucon 
ayant  la  double  couronne  de  la  Haute  et  de  la    Basse-Egypte. 

62.  Calcaire  jaune.  Joli  petit  naos,  malheureusement  en  me'diocre 
e'tat  de  conservation,  mais  qui  donne  une  ide'e  exacte  de  cer- 
taines constructions  d'e'poque  hellénistique.  Il  est  de'die'  à  Isis 
qui  est  represente'e  en  haut-relief,  au  centre  de  la  niche,  assise 
sur  un  trône  et  allaitant  son  fils  Hurpocrate.  Les  côte's  du 
trône  sont  forme's  par  deux  sphinx:.  Deux  hautes  colonnes  à 
chapiteaux  fleuris  soutiennent  un  fronton  très  e'ieve',  divise'  en 
deux  sections  dont  une  de'core'e  du  disque  solaire  aile'.  Au-dessus 
est  une  frise  denticule'e  qui  supporte  le  couronnement  constitue' 
d'une  corniche  cintre'e  au  milieu  de  laquelle  plane  le  disque 
solaire.  Quelque  peu  en  arrière  deux  colonnes  à  chapiteaux 
papyriformes,  surmonte's  d'abaques  à  tête  d'Hathor,  soutiennent 
une  architrave  surmonte'e  d'une  frise  d'uraeus.  Encore  plus 
en  arrière  est  le  vrai  e'dicule  ou  cella  dont  l'entre'e  est  flanque'e 
par  deux  socles  qui  supportent  deux  sphinx  se  faisant  face; 
l'entre'e  n'a  qu'une  architrave  couionne'e  par  une  frise  denti- 
cule'e. Sur  la  base  du  naos  est  grave'e  une  inscription  de'mo- 
tique.   Calcaire  jaune.  Prov.   Komel-Haualid. 

66.  (Au  dessus  de  la  vitr.  A).  Dalle  en  calcaire  jaune,  sur  la 
face  ante'rieure  de  laquelle  est  sculpte'  en  relief  de  profil 
à  droite  le  corps  d'un  long  serpent.^  replie'  six  fois  sur  lui- 
même,  la  tète  surmonte'e  de  la  plume,  symbole  de  la  vcritJ. 
Bon  travail.  Prov.  Alexandrie. 

69.  (Vitr.  A).  Calcaire  jaune-clair,  haut,  o  m.  50.  Statue  mal- 
heureusement ace'phale,  d'une  femme  représentée  debout,  ados- 
sée à  un  pilier,  les  mains  allongées  sur  les  cuisses,  la  jambe 
gauche  en  avant  de  la  droite.  Elle  est  vêtue  d'une  étroite 
tunique  qui  ne  cache  pas,  mais  marque  plutôt  les  lignes  et  les 
charmes  de  ce  beau  corps  juvénile,  aux  formes  tendres  et  en 
même  temps  solides,  élégantes  et  robustes.  L'artiste  a  travaillé 
d'après  les  canons  de  l'art  égyptien,  mais  il  était  évidemment 
sous  l'influence  de  l'art  grec  (v.  Maspero,  Art  en  Egyple.^p.  261). 

70.  Calcaire  blanc.  71.  Marbre.  Deux  Osiris-Canopes^  le  corps 
recouvert  d'amulettes,  en  relief. 

75.  Calcaire  jaune,  haut,  o  m.  43.  Stèle  fnnéraire  d'époque  gréco- 
romaine  représentant  ie  défunt  debout  au  centre  d'un  naos 
de  style  égyptien. 

76.  Calcaire  jaune.  Dans  un  naos  une  divinité  à  buste  de  femme, 
aux  cheveux  flottants  et  la  partie  inférieure  du  corps  en  ser- 
pent se  dressant  sur  sa  queue. 


^ IQO         

']■] .  Granit  veidâtre,  haut,  o  m.  27.  Torse  d'une  statue  de  femme, 
dont  le  travail  rond  et  mou  peut  être  compare'  à  celui  de  la 
statuette  n"  69. 

78.  Granit  noir.  Beau  torse  d'une  statue  de  de'esse  ou  d'une 
prêtresse  d'Isis.  l.e  châle  qui  couvre  ses  e'paules  forme  sur 
la  poitrine  le  nœud    isiaque.  Prov.  Fouah,  Garbieh. 

79-80.  Appuye's  au  sol,  gros  blocs  de  calcaire,  ayant  des  empreintes 
gigantesques  de  pieds.  Ces  empreintes  e'taient  dëdie'es  à  quel- 
que divinité'  (Sarapis,  Isisj  comme  ex-voto  pour  pèlerinage  ac- 
compli ou    pour   grâce    reçue    (voir  les  stèles  81-82). 

Au  milieu  de  la  salle,  on  a  placJ  une  mosaïque  découverte 
dans  le  quartier  de   Moharrem-Bey. 

Tableaux  1-5.  Pour  qui  connaît  les  peintures  murales  de 
Pompci,  les  p'èces  qu'on  a  range'es  ici  paraîtront  bien  pauvres  ; 
ne'anmoins,  ces  pauvres  fragments  ont  une  importance  consi- 
de'rable,  non  seulement  parce  qu'ils  forment  les  vestiges  d  une 
branche  de  l'art  qui  doit  avoir  e'te'  très  florissante  à  Alexan- 
drie (v.  ne'cropole  d'Anfouchv),  mais  aussi  parce  que  les  peintures 
murales  pompe'iennes,  dès  leur  origine  et  leur  de'veloppement, 
ont  du  être  grandement  influence'es  par  les  royaumes  divers 
qui  se  formèrent  lors  de  la  division  de  l'empire  d'Alexandre  le 
Grand,  notamment,  sans  doute,  par  Alexandrie  elle-même. 
D'ailleurs,  parmi  ces  fragments,  quelques-uns  sont  assez  jolis 
(voir  surtout  les  tableaux  n°'^  3   et    5). 


SALLE  12. 

Portraits   et   petites  sculptures. 


Presque  toutes  les  sculptures  du  MusJe  ont  JtJ  réunies  dans 
les  salles  12  et  16.  Pour  des  raisons  d'ordre  matériel  on  a  dû 
placer  la  statue  colossale  d'Hercule  au  milieu  de  la  rotonde 
dans  la  galerie  qui  traverse  le  jardin,  et  la  tête  colossale  de 
Marc  Antoine  dans  le  jardin  même.  On  a  e'te'  malheureusement 
oblige'  de  laisser  dans  la  salle  4,  par  crainte  de  le  briser,  le 
groupe  funéraire  en  calcaire  nummulitique,  dans  lequel  on  a 
voulu  reconnaître  la  reine  Be'rênice  en  Niobe'.  Le  groupe  de 
Dionysos  et  du  Faune,  re'cemment  de'couvert  a  e'te'  place'  dans 
la  salle   20. 


I  0  r 

Comme  introduction  à  cette  partie  du  guide  le  visiteur  pourra 
lire  le  paragraphe  sur  VArt  Alexandrin^  p.  27.  Toutes  les  sculp- 
tures du  Muse'e  appartiennent  à  l'e'poque  hellénistique  et  romaine 
(du  III"'*^  siècle  avant  au  III"'^  siècle  après  J,-Gh.  à  peu  près). 
Il  est  souvent  difficile  de  les  dater  avec  une  précision  absolue 
ou  même  avec  une  approximation  bien  sûre,  mais  souvent  aussi 
la  date  approximative  de  leur  origine  semble  e'vidente  et  peut 
être  affirme'e  sans  crainte  excessive  d'erreur. 

Notre    description    commence 
par  la  paroi  à  droite  de  l'entre'e. 

\C)  !324i).  xMarbre  blanc  à  gros 
grain,  haut,  o  m.  31,  du  visage 
o  m.  20  (fig.  62).  Portrait  de 
Jenne  homme,  probablement  un 
athlète.  Ce  buste  faisait  cer- 
tainement partie  d'une  statue. 
Il  est  de  face,  le'gèrement  in- 
cline' vers  sa  droite.  Le  cou  est 
fort  et  solide  ;  les  muscles  bien 
relevés  autour  de  la  pomme 
d'Adam.  La  structure  architec- 
tonique  du  visage  est  robuste, 
mais  bien  proportionnée,  le 
front  triangulaire  ne  descend 
pas  tout  droit,  mais  présente 
une  remarquable  saillie  à  partir 
du  milieu  jusqu'aux  sourcils 
et  à  r  attache  du  nez.  Les 
yeux    sont    profonds    avec    de 

fortes   ombres    aux    contours  :  &•  o-- 

le  sourcil  inférieur  presque  ho- 
rizontal, le  supérieur  en  demi  cercle  assez  accentué.  La  pru- 
nelle n'est  pas  marquée.  Le  nez  était  droit,  la  bouche  petite, 
légèrement  entr'ouverte,  les  lèvres  relevées  bien  dessinées.  Les 
cheveux  abondants,  mais  a  peine  esquissés,  légèrement  bouclés, 
descendent  du  haut  du  front  sur  les  tempes.  Malgré  le  calme 
du  regard,  cette  belle  tête  exprime  de  l'énergie,  on  dirait  même 
de  la  passion.  Elle  appartient,  je  crois,  au  IV'"^  siècle  av.  J.-Gh. 
On  serait  tenté  de  la  rapprocher  des  sculptures  de  Scopas. 
Prov.  Alexandrie  (?). 

16^(19118).    (Sur    le  grand    chapiteau  à    coté).    Marbre   blanc   à 


gros    grains,    haut. 


31.  du  visage  o  m,   23.   Malgré  la 


médiocre    conservation  de  cette  tête,  il    est    aisé  d'y  voir  un 


^ 1  q2      • 

portrait  d'Alexandre  le  Grand.  —  Les  portraits  d'Alexandre, 
d'après  la  description  que  nous  en  a  laisse'e  Plutarque,  peuvent 
se  reconnaître  au  moins  à  trois  caractères  essentiels,  c'est-à- 
dire  :  I.  aux  longs  cheveux  retombant  sur  le  front  ;  2.  aux 
yeux  dirige's  le'gèrement  en  haut  (aroj  (i/.hstrl  ;  3.  à  la  position 
de  la  tête  et  du  cou  (yjJoig  igayj'ilovi.  —  Le  front  est  presque 
divise'  en  deux  par  la  forte  saillie  que  fait  la  moitié'  inférieure. 
Les  yeux  sont  profonds,  les  sourcils  accentue's.  La  prunelle 
n'est  pas  marque'e.  Au  sommet  de  la  tête  est  un  trou  cylin- 
drique, dans  lequel  devait  être  fixe  un  ornement  comple'men- 
taire  du  diadème.  C'est  e'videmment  le  reste  d'une  statue.  Je 
crois  y  voir  l'influence  de  l'e'cole  de  Scopas.  Prov.  Alexandrie 
(Rue  Rosette). 

17  (3242),  Granit  rose,  haut,  o  m.  34,  du  visage  o  m.  25. 
Schreiber  y  a  reconnu  une  tête  d'Alexandre  le  Grand  ap- 
partenant à  l'e'poque  helle'nistique  et  probablement  influence'e 
par  quelque  statue  du  Gonque'rant  sculpte'e  par  Lysippe.  Mais 
l'œuvre  tient  aussi  de  l'art  e'gyptien  ;  le  granit  d'abord  est  la 
pierre  presque  ge'ne'ralement  employe'e  dans  la  statuaire  indi- 
gène; et  ce  n'est  pas  un  proce'dê  de  l'art  grec  de  travailler 
les  prunelles  dans  une  autre  matière  pour  les  incruster  ensuite 
dans  le  creux  de  l'œil.  L'incrustation  a  disparu  et  on  ne 
voit  que  les  creux  (même  proce'dê'  dans  la  tête  n°  33,  en  granit 
vert,  d'Alexandre  IV,  fils  posthume  du  Gonque'rant,  et  dans  le 
n°  60,  en  granit  rose,  tête  de  Ptole'me'e  Philopator).  Sur  le 
sommet  de  la  tête  est  un  gros  trou,  qui  doit  avoir  servi  à  fixer 
un  ornement  :  Schreiber  pense  au  serpent  uraeus,  mais  c'e'tait 
plutôt  la    couronne    d'Ammon.  Prov.  Alexandrie. 

BIBLIOGRAPPIIE.  —  Schreibek,   Sliidien  itber  das  Bildniss  Alexan- 
ders  des  Grossen,  p.  46  et  suiv. 

18  (3244).  Marbre  blanc  à  petit  grain,  haut  o.  m.  25.  Tête 
de  jeune  guerrier  (fig.  63-64).  Il  est  complètement  de  face 
et  regarde  droit  devant  lui.  La  tête  est  couverte  d'un  casque 
ferme'  par  un  sous-gorge,  Ge  casque  calotte  se  replie  en  pointe 
sur  le  sommet  du  front,  mais  adhère  parfaitement  à  la  tête  en 
laissant  à  de'couvert  les  oreilles.  Quelques  cheveux  fins  et  longs 
descendent  sur  le  front  sortant  par  dessous  le  casque.  Le  front 
triangulaire  est  caracte'rise'  par  une  forte  saillie  près  du  point 
de  conjonction  avec  le  nez.  Les  yeux  sont  profonds  ;  l'arc 
du  sourcil  bien  marque'  ;  le  creux,  qui  se'pare  l'œil  du  nez, 
assez  profond.  La  bouche  petite,  entr'ouverte,  n'est  pas  coupe'e 
en  ligne  droite,  mais  à  double  saillie.  Le  visage  est  oblong. 
La  structure  architectonique  de  la  tête  et  du  visage  est  obtenue 
au  moyen  de  lignes  droites.   La  prunelle  est  marque'e  par  une 


'93     

petite  concavité'  ronde.  Il  me  semble  que  cette  belle  tête 
re'vèle,  bien  qu'à  un  degré  beaucoup  moindre  que  la  tête  n'^  i  6, 
l'influence  de  l'e'cole  de  Scopas. 

20  (3908).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  46,  du  visage 
o  m.  25.  lête  de'tache'e  violemment  d'une  statue  (fig,  24, 
p.  100).  Du  côté  droit  le  cou  est  entièrement  conservé  ainsi  que 
le  sommet  de  la  poitrine.  Un  peu  plus  grande  que  nature.  Ap- 
partenait à  une  statue  de  déesse.  Les  cheveux  divisés  sur  le 
haut  du  front  descendent  en  longues  tresses  ondulées  couvrant 
la  moitié  supérieure  des  oreilles  derrière    la  nuque,  mais  sans 


Fig.  63- 


Fig.  64. 


former  chignon  ;  il  sont  fermés  par^'un  ruban  ou  bandelette 
(diadème)  qui  contourne  la  tête  et  va  se  nouer  sous  la  nuque 
formant  tout  autour  de  la  chevelure  une  sorte  de  sillon.  Le 
front  est  triangulaire,  large  et  droit.  Les  yeux  sont  assez 
profonds,  le  nez  plutôt  large  et  fort,  suivant  qu'on  peut  en 
juger  d'après  la  partie  conservée.  La  bouche  est  petite,  sinueuse, 
aux  lèvres  plutôt  charnues.  Toute  la  figure  révèle  une  femme 
dans  le  plein  épanouissement  de  sa  florissante  jeunesse.  Le 
visage  est  formé  par  des  plans  bien  fondus.  L'expression 
est  rêveuse  et  en  même  temps  passionnée.  La  prunelle  n'est  pas 
marquée  par  un  trou,  mais  il  est  très  probable  que  la  prunelle 
et  l'iris  étaient  reproduits  au  moyen  de  la  peinture.  En  etîet  la 
statue  devait  être  peinte  et  en  partie  dorée.  Ce  spécimen  assez 


■ 194        — — 

remarquable  de  l'art  helle'nistique  d'Alexandrie  a  e'te'  de'couvert 
aux  environs  de    la    colonne  dite  de  Pompée, 


2  1    (3466).   Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut, 
o  m.  20.   Tête    de  femme^ 


o  m. 


du  visage 


surmontée  d'une  couronne.  C'est 
évidemment  une  reine  et  je  crois 
pouvoir  y  reconnaître  Be're'nice, 
femme  de  Ptole'me'e  III  Evergète 
(241-222  av.  J.-Gh.).  La  riche 
chevelure,  en  grosses  tresses  on- 
dule'es,  couvrant  une  moitié'  des 
oreilles,  descend  jusqu'au-dessous 
de  la  nuque,  où  elle  forme  chi- 
gnon. Une  partie  de  la  chevelure 
qui  couvre  la  partie  supérieure 
de  la  tête  sort  par  dessous  la 
grosse  tresse  et  descend  sur  les 
joues  et  derrière  les  oreilles  en 
petites  tresses  boucle'es,  cylin- 
driques. C'est  une  coiffure  que 
nous  retrouvons  sur  d'autres  por- 
traits de  reines  Lagides  (voir 
dans  la  grande  vitr.  A  les  n°^  10 
^'o-  ^5-  et    II).    La  tête  était  surmonte'e 

d'un  ornement  en  or,  fixe'  dans 
un  trou  cylindrique.  Pour  arracher  cet  ornement,  de'jà  dans 
l'antiquité',  on  a  fait  e'clater  la  moitié'  droite  du  visage,  du  nez 
et   au-dessus.   Prov.   Environs  de  la  colonne  dite  de  Pompe'e. 

19  (3239).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  26,  du  visage 
o  m.  20.  La  surface  a  e'te'  ronge'e  par  le  sel  de  la  mer,  la 
tête  ayant  été'  ensevelie  sous  l'eau  près  du  Port  oriental. 
Maigre'  ce  de'plorable  état  de  conservation,  on  reconnaît  la 
finesse  du  travail  de  cette  tête  aux  traits  assez  individuels. 
C'est  évidemment  un  portrait  ;  quelques  archéologues  y  recon- 
naissent un  portrait  de  Cléopâtre  ;  en  effet  le  profil  de  la 
tête  rappelle  le  profil  que  la  fameuse  reine  a  sur  les  monnaies, 
avec  la  coiffure  à  tresses  divisées  au  milieu  du  front  et  descen- 
dant en  grosses  ondulations  sur  les  tempes  et  sur  les  oreilles 
pour  se  réunir  en  gros  chignon  derrière  la  nuque  5  mais  l'ab- 
sence du  diadème,  à  mon  avis,  rend  cette  identification  dou- 
teuse. La  figure  est  vue  de  face  et  regarde  droit  devant  elle, 
les  yeux  sont  plutôt  profonds,  la  prunelle  n'est  pas  marquée. 
Prov.  Alexandrie. 

20  (3243).  Marbre  blanc  à  petit  grain,  haut,  o  m.  32,  du  visage 
o  m.   20  (fig.   63).  Cette  tête  aux  traits  nettement  caractérisés 


195     

est  évidemment  un  portrait;  elle  représente  JîiJes  César.  Le 
visage  est  remarquablement  plus  large  dans  la  partie  supe'- 
rieure.  Le  front  est  large  et  haut,  point  du  tout  ombrage'  par 
la  chevelure  courte  et  plate.  La  figure  est  maigre,  tine,  pleine 
d'expression  intelligente  ;  les  tempes  accentue'es,  bombées.  Les 
oreilles  sont  conside'rablement  de'tache'es  de  la  tête.  I-es  yeux 
nont    pas  la  prunelle  marque'e. 

Dans  la  petite  vitrine  G,  à  remarquer  plusieurs  tcies  féminines 
ayant  appartenu  à  des  statuettes  de  modestes  dimensions,  mais 
d'exe'cution  assez    soignée.   2.   Venus  qui  fait  une   torsade    de 


ses    cheveux. 


6,    7,    8  :    Tètes    et    bustes   de     Vénus.    Le 


n"^  8  est  le  meilleur  de  tous.  La  tête  féminine  n"  4  a  les  yeux 
peints  en  rouge  et  en  noir  et  porte  d'autres  traces  de  poly- 
chromie. 9.  Marbre  alabastroïde:  Eros  grassouillet,  aux  mem- 
bres potele's,  lie'  à  un  tronc  d'arbre.   Prov.   Alexandrie. 

Grande  Vitrine  A. 

1-2.   Têtes  féminines  de  petites    dimensions,  de    style  ide'aliste. 

3.    Tête  virile.   4-6.    Têtes  féminines.    Travail    alexandrin    de 

l'e'poque  pre'romaine. 
5   (3262).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.   22,  du  visage 

o  m.  16  (fig.  G6).  Jeune  femme 

de  souche    aristocratique.    Le 

crâne  est  petit,  le  visage  oblong 

le'gèrement     incline'     vers     sa 

gauche.  Les    traits    sont    fins 

et  de'licats.  Les  cheveux  sont 

divise'sen  plusieurs  tresses  pres- 
que simplement  e'bauche'es  qui. 

partant  du   front,    se    dirigent 

derrière  la  nuque,  où  elles  sont 

ferme'es  par  un  ruban  ou  ban- 
delette qui  entoure  le  crâne.  Le 

front  est  petit  et  triangulaire. 

Les  yeux,  assez  profonds,  n'ont 

pas  la  prunelle  marquée.   Les 

sourcils  sont  presque  horizon- 
taux. Le  nez  est  mince  et  droit, 

la  bouche   petite,  entr'ouverte. 

I.a     jeune    dame    regarde    au 

loin    devant    elle;    l'expression 

est  douce,  mais    pensive  et  rêveuse.   Don    de    M.   Antoniadis, 
7  {3264),  Marbre  blanc.  Tête  féminine  a  coii^'uve  très  compliquée. 

Elle  porte  une  perruque    forme'e    de   nombreuses  tresses  ran- 


66. 


___ iq6     

gëes  en  rayons  superposes  qui  lui  cachent  les  oreilles  et  une 
partie  des  joues.  A  droite    et  à    gauche    du  visage,  au-dessus 
de  la  perruque,  sont  suspendues  de  chaque  côte'  une  tête  de 
lion  et  une  tète  de  bœuf.   La  perruque  est  surmonte'e    d'une 
couronne  cylindrique    ayant  la    surface  extérieure  de'core'e  de 
grosses     pointes    en    haut-relief;     une    e'paisse    couronne    de 
fleurs  entoure    la  pre'ce'dente  :  un  croissant  plane  au-dessus  du 
front.  Ne  serait-ce  pas  l'image  d'une  reine  Lagide  en    de'esse  ? 
S  (3265).  Calcaire.    Tète  féminine  pourvue  d'une  riche  chevelure, 
boucle'e,    surmonte'e    d'une    couronne  orne'e  du  disque  solaire 
entre  deux  cornes.  Les  yeux  e'taient  rapporte's.  Probablement 
c'est  le  portrait  d'une  reine  en  de'esse. 
15  (3270).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  147,  du  visage 
o  m.    10.    Cette  tête  est    simplement 
e'bauche'e  dans    la    partie   poste'rieure 
(probablement    elle     e'tait    comple'te'e 
avec  une  matière  différente)  ;  mais  le 
visage  est  en  parfait   e'tat   de  conser- 
vation.   On    reconnaît    autour    de    la 
chevelure  les  traces  de  la  bandelette- 
diadème.   La  tête  est  légèrement    in- 
clinée vers  sa  gauche,  le  front   large 
n'est  pas  tout  à  fait  droit,  car  il  pré- 
sente une    saillie    près    du    point    de 
conjonction  avec  le  nez  qui  est  droit 
et  régulier.  Les  yeux,  peu  profonds, 
n'ont    pas    la    prunelle    marquée.  La 
bouche   petite,  la  lèvre  supérieure  lé- 
gèrement soulevée;  le  cou,   fort,  laisse 
voir   la    pomme  d'Adam.   A  première 
vue,  l'expression  douce    et    les   traits 
fins    nous    laisseraient    croire    à    un 
portrait  de  femme  (le  cou  assez    fort 
est     même     caractéristique     pour    les 
femmes?de  la  famille    des    Lagides)  ;   mais  il  s"agit  en  réalité 
d'un    homme,    et    je    n'hésite  pas  à  y  reconnaître  le  portrait 
d'un  Ptolémée    et    plus    précisément  de  Plolémée  III  dans  la 
fleur  de  l'âge. 
15^    (19122).  Ce  httste  est  à  mon  avis  un  portrait  du  même  roi, 


Fig.  67. 


mais  un  peu  plus  âgé  (fig. 


O7 


/  h 


IO-I2.  Trois  portraits  de  reines  Lagides. 

II  (3274).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  115,  du  visage  o  m.  063. 
Tête  féminine  légèrement  tournée  vers  sa  droite,  surmontée 
de  la  couronne.  Le  visage  et  le  cou  sont  comme  encadrés  dans 


197 

la  partie  supérieure  d'un  riche  voile  qui,  tire'  sur  le  sommet 
de  la  tête,  descend  en  larges  plis  derrière  le  dos  et  à  droite 
et  à  gauche  du  visage  sur  les  e'paules.  C'est  e'videmment  une 
reine  Lagide  (il  suffit  de  confronter  les  monnaies  des  Ptole'me'es 
pour  s'en  convaincre),  probablement  Arsinoé  PhiladeJphe. 

12  (3275).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  185,  du  visage  o  m.  12. 
Tête  féminine  le'gèrement  tourne'e  vers  sa  droite  (fig.  68).  Les 
cheveux  sont  divisés  au  milieu  du  front  et  descendent  ondule's 
de  manière  à  couvrir  les  tempes,  tandis  que  sur  les  oreilles 
et  dans  la  partie  postérieure  ils  sont  rangés  en  nombreuses 
tresses  bouclées  cylindriques.  Ces  tresses  descendent  en  rayons 
superposés,  jusque  sur  les  épaules.  Le  visage  est  d'un  ovale 
parfait,  aux  formes  pleines,  mais  aristocratiques.  La  couronne 
qui  surmonte  la  chevelure  indique  le  portrait  d'une  reine.  J'y 
vois  un  portrait  de  Bérénice  //, 
femme  de    Ptolémée  IIL 

Dans  les  rayons  supérieurs  de  la 
section  gauche,  dans  la  même  vi- 
trine A.  2  3- 2  S.  Autres  petits 
bustes  féminins  d'époque  hellé- 
nistique (v.  le  n"  25,  d'une  exé- 
cution assez  soignée)  aux  formes 
bien  fondues,  à  l'expression  in- 
définie, énigmatique. 

Dans  les  rayons  inférieurs,  20  (3282). 
Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut, 
o  m.  15.  Buste  du  dieu  Pan.  La 
nature  animalesque  de  cette  di- 
vinité est  rendue  avec  un  réa- 
lisme parfait. 

^l  {yi%^).  Tète  de  Faune ^cowvonnée  ^^• 

de  fleurs,  d'un  réalisme  accentué. 
22,    Tête  de  vieux  Faune^  d'une  remarquable  exécution. 


23  (3336).  (Sur  le  socle):  Calcaire  nummuHtique,  haut,  o  m.  33, 
du  visage  o  m.  22.  Portrait  réaliste  d'homme  âgé,  sans  barbe 
ni  moustaches,  coiffé  d'une  calotte  de  feutre  adhérente  à  la 
tête.  Les  traits  assez  grossiers  sont  très  individuels.  C'est  évi- 
demment le  portrait  d'un  guerrier  (macédonien  ?\  Prov.  Alex- 
andrie (Gabbari). 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Schreibkr,  Necrop.  von  Kôin-esch-Schuk.,  p.  255. 
Reinach  a.  J.,  Les  Gâtâtes  dans  Vart  alexandrin,  pag.  73,  fig.  35. 

32^  (3337).  Plâtre,  haut,  o  m.  48,  du  visage  o  m.  22.  Buste 
viril^  nu,  sans  barbe  ni   moustaches.  La  belle  tête   a  une  ex- 


IQ> 


Fk 


pression  pensive;  elle  est  tournée 
quelque  peu  à  gauche.  Les  che- 
veux sont  abondants  et  cre'pus, 
le  front  rondelet.  Les  yeux,  assez 
grands,  ont  la  prunelle  marque'e 
par  une  le'gère  protube'rance.  Le 
nez  re'gulier,  la  bouche  droite  bien 
forme'e,  aux  lèvres  fines.  La  moitié' 
supérieure  du  visage  est  plutôt 
large  en  comparaison  de  la  moitié 
inférieure.  Les  traits,  bien  indivi- 
duels, sont  ceux  d'un  jeune  homme 
distingue'  et  dans  la  fleur  de  l'âge 
(fig.  69).  Ce  buste  a  e'te'  trouve'  au- 
dessus  d'un  sarcophage  avec  l'outre 
e'galement  en  plâtre  qui  lui  fait  face. 
3-  (3339)5  hauteur  o  m.  55.  Ici 
nous  avons  un  Jeune  homme  aux 
traits  plus  vulgaires  que  ceux  du  pre'ce'dent.  Le  visage  est  plus 
large  et  plus  plat,  le  cou  plus  fort.  Les  yeux  ont  la  prunelle 
releve'e  par  un  cercle  et  l'iris  marque'  par  un  trait  en  forme 
d'aste'risque.  Tandis  que  le  pre'ce'dent  est  nu,  celui-ci  est  ha- 
bille' du  chiton  et  du  manteau  (fig.  70).  D'après  les  conditions 
de  la  de'couverte  on  pourrait  attribuer  les  deux  bustes  à  l'e'po- 
que  des  Antonins.  Prov.  Alexandrie  (Ne'crop.  occidentale). 
24  (333'^)-  (Socle):  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  34,  du  visage  o  m.  20. 
Pour  travailler  cette  ièie  rcaliste  aux  traits  individuels  assez 

grossiers,  on  a  employé'  une  partie 
de  la  corniche  d'un  e'difice.  En 
effet  dans  la  partie  poste'rieure  on 
voit  encore  des  astragales  et  des 
oves.  Les  cheveux  devaient  être 
exe'cute's  à  part  et  ajoute's  comme 
une  perruque.  La  façon  dont  est 
coupée  la  base  du  cou  de'montre 
évidemment  que  la  tête  devait  être 
encastre'e  dans  une  statue. 
28  (3344).  (Sur  l'e'tagère  à  côte'  de 
la  vitr.  D).  Marbre  bleuâtre,  haut, 
o  m.  30.  Tête  virile  avec  riche 
barbe  boucle'e  et  longues  mous- 
taches. P>ont  large,  ride',  faisant 
une  saillie  remarquable  vers  l'os 
du  nez.   Les  yeux,    très   profonds, 


199     ■ 

ont  une  expression  de  force  dominatrice.  Cette  tête  a  certaine- 
ment appartenu  à  une  statue  d'Hercule.  Elle  est  d'un  assez  bon 
travail,  mais  la  conservation  en  est  mauvaise.  Prov.  Alexandrie? 


Petite  vitr.  D.  i.  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  09.  TiHe  virile  avec 
longue  barbe  et  longues  moustaches,  cheveux  longs  comme 
ceux  d'une  femme.  Dionysos  ou  Esculape.  Prov.  Alexandrie. 
4-8.    Torses  d'Hermaphrodite;  le  n'   7  est  d'un  bon    travail. 

Vitrine  D.  i.  Marbre  blanc,  o  m.  25.  Dans  ce  portrait  de  feinine 
âgée^  d'une  grande  maigreur,  aux  traits  individuels,  on  a  voulu 
reconnaître  un  portrait 
de  Cle'opâtre  à  la  fin 
de  sa  vie.  Cette  identi- 
fication est  au  moins 
très  douteuse;  mais  l'ex- 
pression volontaire  de 
cette  tète  est  vraiment 
remarquable.  Les  che- 
veux en  tresses  paral- 
lèles sont  simplement 
e'bauche's  ;  le  front  petit 
est  traverse'  comme  par 
un  sillon;  les  sourcils 
sont  extrêmement  proe'- 
minents,  les  yeux  creu- 
se's,  oblongs,  n'ont  pas 
la  prunelle  marque'e.  Le 
nez  a  une  courbe  aqui- 
line  ;  la  bouche  est  large  ; 
les  lèvres  minces,  les 
joues  comme  desse'che'es 
laissent  voir  les  os  des 
mâchoires. 

Sur  la  base:  n^  33  (3357),  haut,  o  m.  35.  Granit  verdâtre.  Tèle 
colossale  d'un  jeune  roi  avec  diadème  et  uraeus,  mais  sans  la 
double  couronne  de  la  Basse  et  de  la  Haute  Egypte.  Quelqu'un 
y  a  reconnu  Ptolèmèe  V;  d'autres  y  voient  Alexandre  IV,  fils 
posthume  d'Alexandre  le  Grnnd.  En  tout  cas  on  a  ici  un  beau 
spe'cimen  de  ce  style  greco-ègyptien  exécute  selon  le  modèle 
et  le  canon  de   l'art  indigène.  Les  yeux  e'taient  rapporte's 

60.  Granit  rose.  Tête  colossale  de  Plolenice  IV  Philopator  coiffée 
de  la  double  couronne.  Elle  a  ète'  trouve'e  à  Aboukir,  puis 
transportée  à  Bulkeley  (Ramleh)  dans  un  terrain  devenu  plus 


tard  propriété  du  Dr  Rufter.  qui  a  bien  voulu  la  ce'der  au 
Muse'e.  Les  yeux  e'taient  rapporte's.  Sans  barbe  ni  mousta- 
ches, mais  avec  des  favoris  boucle's  à  la  façon  de  ceux  qu'on 
voit  sur  les  monnaies  de  Ptole'mëe  IV. 

Vitr.  G.  Plâtre,  haut,  o  m.  30.  Portrait  d'un  Libyen  (fig.  71). 
C'est  le  portrait  d'un  homme  jeune  d'une  race  non  europe'enne. 
Les  cheveux  courts  retombent  sur  le  front  en  mèches  plates; 
les  yeux  sont  gros,  à  fleur  de  tête.  Les  pommettes  proe'mi- 
nentes,  le  nez  fort  et  large  ;  la  bouche  est  marque'e  par  une 
ligne  mince  presque  droite.  Le  menton  est  large  et  fort  ;  de 
minces  et  courtes  moustaches  couvrent  la  lèvre  supérieure; 
une  barbe  fine,  courte,  cre'pue,  encadre  le  visage.  La  prove- 
nance parait  être  la  Cyrénaïque. 

Dans  la  même  vitrine,  des  têtes  de  Zeus  Sarapis  en  marbre, 
ainsi  qu'une  petite  statue  en  calcaire  de  Sarapis  assis  sur  un 
trône,  la  tête  surmonte'e  du  modius  orne'  d'e'pis  en  relief:  cette 
statue,  dont  l'exe'cution  est  très  me'diocre,  est  toutefois  impor- 
tante, car  c'est  évidemment  une  copie  de  la  célèbre  statue 
qui  était  placée  au  Sérapeum.   Prov.  Alexandrie. 

Dans  la  petite  vitrine  E,  à  remarquer  le  n"  ig,  portrait  mi- 
nuscule, en  pâte  de  verre,  de  l' empereur  Auguste. 

Sur  les  étagères:  n^  50  (3233).  Granit  vert,  haut,  o  m.  28. 
Buste  d'une  statue  accrochée  au  pilier.  Homme  barbu,  au 
visage  plat,  au  front  ridé,  aux  muscles  gonflés  et  relevés 
autour  de  l'os  du  nez,  aux  grands  yeux  profonds,  au  regard 
méchant. 

51  (3367).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  35,  du  visage  o  m.  25. 
On  a  reconnu  dans  cette  tête  trouvée  à  Alexandrie  un  portrait 
de  V empereur  Hadrien.  La  tête  faisait  partie,  sans  doute,  d'une 
statue. 

5  5  (3  37  0-  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  j^n.  Portrait  de  Septime 
Sévère.  La  structure  du  crâne  est  longue  et  étroite;  les  cheveux 
abondants,  longs  et  crépus  ;  une  belle  et  longue  barbe  bouclée 
encadre  le  visage.  Le  front  est  large,  les  yeux  profonds  ont 
la  prunelle  relevée  par  un  cercle  et  l'iris  marqué  par  un 
petit  trou  en  forme  de  croissant.  Le  nez  droit  est  plutôt  lar- 
ge à  la  base.  La  tête  est  tournée  légèrement  à  gauche.  L'ex- 
pression est  sérieuse.  Prov.  Alexandrie  (fig.  72). 

52  (3374).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  35,  dont  7  cm.  pour  le 
cou.  Tète  de  jeune  homme  à  la  chevelure  abondante  et  bouclée. 
Le  visage  est  remarquablement  large  à  la  hauteur  des  pom- 
mettes, les  joues  sont  plutôt  fuyantes.  Les  veux  ont  l'iris  mar- 


____ 201 

que  par  un  trou  circulaire.  On  a  reconnu  dans  cette  tcte  un 
portrait  de  Marc  Aurèle  pendant  sa   jeunesse. 

Grande  vitrine  B  à  droite.  35-40.  Bustes  et  têtes  de  Sarapis. 
Le  n°  42,  pourvu  du  calathus;  38,  une  grande  bague  en  mar- 
bre portant  à  la  place  du  chaton  un  buste  de  Sarapis  en  re- 
lief. Le  n°  45,  en  pierre  noire,  imite  la  couleur  de  la  statue 
du  Se'rapeum  et  re'pond  au 
caractère  sombre  du  dieu 
conside're'  comme  roi  de 
l'enfer. 

Section  du  milieu  dans  la 
même  vitrine  :  20-24.  Cinq 
têtes  de  petites  dimensions 
reproduisant  Alexandre  le 
Grand  aux  traits  plus  ou 
moins  ide'aHsês.  20,  en  cal- 
caire blanc,  est  d'un  travail 
sommaire.  22  paraît  une 
copie  en  proportions  re'- 
duites  d'un  original  de  Ly- 
sippe,  le  sculpteur  pre'ferê 
duGonque'rant  macédonien; 
il  a  une  expression  douce, 
rêveuse,  presque  molle, 
ainsi  que  le  n°  23  trouve'  à 
K6m-el-Ghogafa.  Le  n°  24, 
par  contre,  qui  re'pond  bien 
à  la  description  du  portrait 
d'Alexandre  donne'e  parPlu- 

tarque  (v.  ci-dessus,  p.  192),  exprime  la  force  piesque  doulou- 
reuse de  la  pense'e,  l'e'nergie  de  la  volonté'.  Le  front  est 
presque  divise'  en  deux  par  un  sillon  qui  le  traverse  hori- 
zontalement. Prov.  Alexandrie  (fig.   6,  pag.    17). 

BIBLIOGRAPHIE    —  Schreiber,  o.    c, 

24  (3408).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  28.  Moitié'  droite  d'une 
tête  expressive  d'homme  âge',  barbu.  Le  front  est  ride',  les  yeux 
profonds,  le  sourcil  en  arc  accentue'.  Gette  tête  faisait  partie 
d'une  statue   d'Hercule. 

27  (3409).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  i  5.  Souriante  tête  d'enfant, 
tournée  à  gauche,  aux  joues  grassouillettes,  au  front  haut  et 
rondelet,  aux  yeux  profonds,  à  la  bouche  petite,  entr'ouverte 
de  façon  à  laisser  voir  les  dents,  au  menton  petit  et  rond. 
Prov.  Alexandrie. 


Fig.    72. 


Section  de  gauche  dans  la  même  vitrine.  Dans  le  rayon  supe'- 
rieur,  remarquer  la  tète  d'enfant  n"  4,  intéressante  pour 
l'ornement  qui  lui  pend  des  cheveux  sur  le  front,  forme' 
d'une  plaquette  en  or  à  laquelle  e'taient  suspendus  trois 
petits  disques  pareillement  en  or:  un  gros  trou  cvlindrique 
rempli  de  plomb  e'tait  sur  le  sommet  de  la  tête  et  devait 
servir  à  fixer  un  ornement  en  me'tal.  Prov.  Alexandrie  (terrain 
de  l'hôpital  indigène) 

Rayon  du  milieu.  9  (3  4.[8).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  215. 
Moitié'  ante'rieure  d'une  tête  d'homme  âge',  sans  barbe  ni  mous- 
taches, le  large  front  ride',  les  sourcils  en  arc,  qui  convergent 
comme  dans  un  effort  de  pense'e  ou  de  pre'occupation.  Prov. 
Alexandrie.  16  (3472).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  265,  Moitié' 
postérieure  d'un  ioi'se  de  Vémis.  Il  est  conserve'  seulement 
de  la  base  du  cou  aux  cuisses.  Sur  les  e'paules,  quelques 
restes  des  cheveux.  Ce  torse,  d'un  travail  exquis,  pre'sente  la 
de'esse  nue  dans  le  plein  e'panouissement  de  sa  florissante 
beauté'. 

Dans  le  rayon  infe'rieur,  de  nombreuses  statues  acéphales  de 
Vénus^  repre'sente'e  soit  nue,  soit  sortant  du  bain,  en  train 
de  s'envelopper  dans  l'himation.  L'exe'cution  est  en  ge'ne'ral 
me'diocre.  La  meilleure  de  toutes  est  celle  qui  porte  le 
n°  65  (3446).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  50,  provenant  d'Asch- 
mouneïn 

Une  imnge  de  Ve'nus  devait  de'corer  la  chambre  nuptiale  de 
presque  tous  les  jeunes  marie's.  Ceci  explique  la  quantité'  de 
statuettes  de  cette  divinité'  (en  marbre,  en  bronze,  en  terre- 
cuite)  qu'on  trouve  même  dans  les  maisons  des  villes  pro- 
vinciales. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Rkinach    ^,  Répertoire,    II,    334,5  =  Irv.  3448  ; 
335,7  =  I"v.  3439;  336,5  =  Inv.  3446;  3^9,2  =  Inv.   3449;  371,3  r^  Inv.   3434. 

Socle:  33  (3240).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  30.  Moitié'  ante'rieure 
d'une  tête  de  Sarapis^  un  peu  faible  d'exe'cution  et  d'expression. 
Les  cheveux,  la  barbe  et  les  moustaches  sont  creuse's  peu 
profonde'ment  et  restent  sans  mouvement  ni  vie.  Les  traits 
sont  re'guliers,  mais  un  peu  plats. 

BIBLIOGRAPHIB.   —  Amklung,  R.   A.,  IVme   Soi  ie,  I,  2,    p.   189. 

36  (34^3).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  30  (tig.  73).  La  tète  de 
Zetts  qui  est  place'e  à  côte',  est  très  vivante  et  pleine  d'ex- 
pression, maigre'  l'absence  des  cheveux  et  de  la  barbe,  qui  de- 
vaient être  exe'cute's  se'pare'ment  en  plâtre.  Le  front  large  et 
haut  est  marque'  d'un  profond  sillon  horizontal  et  des  bosses 
conside'rables   lui  donnant  une    expression  de  pense'e  profonde 


et  d'énergie.  Les  yeux  sont  profonds;  le  nez  droit  et  fort,  la 
bouche  sensuelle.  On  a  rapproche'  cette  tête  d'une  autre  de  Zeus 
du   Muse'e  de  Naples.  Le  type  rappelle  aussi  le  Zeus  d'Otricoli. 

BILIOGRAPHIE.  —   Sieveking  dans  Bruckmann,  Denkmaler,  n.  605. 

37  (3464).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  30.  Cette  tcte  diadéniée  de 
Zeus  (ou  de  Sarapis)  est  d'une  exécution  moins  habile,  mais 
elle  a  quand  même  une  expression  de  force  et  de  majesté'. 


Vitrine  F.  Parmi  ces  petits  bronzes  remarquer  quelques  amours 
ailés  debout,  soulevant  dans  la  main  droite  un  oiseau  (3483- 
3486)  ;  ou  assis,  tenant  dans 
la  droite  une  coupe  (3303). 
Le  n"  3494  (fig.  20,  pag.  96)  est 
un  exemplaire  bien  travaille 
et  complet  du  monstre  Cerbère 
à  trois  tètes  de  chien  (les  têtes 
latérales,  plus  petites  que  celle 
du  centre  et  allonge'es,  res- 
semblent à  des  têtes  de  serpent) 
ayant  des  serpents  autour  des 
jambes  et  de  la  poitrine.  Le 
n°  3502  (fig.  22,  pag.  98)  re- 
produit un  autre  type  du  même 
monstre,  c'est-à-dire,  un  chien 
ou  un  lion  sur  la  tête  duquel 
se  dresse  un  serpent,  dont  la 
tête  est  surmonte'e  du  iiiodius 
ou  caJathns  de  Sarnpis. 


38  (3465).   Marbre  blanc  a  gros 


ï^ig.   73- 


grain,  haut,  o  m.  32,  du  visage 
o  m.  18.  Buste  d'inconnu.  Il  faisait  partie  d'une  statue.  C'est 
le  portrait  d'un  homme  jeune,  barbu  ;  il  regarde  vers  sa  droite, 
la  tête  légèrement  inclinée  sur  l'épaule  du  même  coté.  Les 
traits  sont  individuels  et  grossiers.  La  structure  de  la  tête  est 
large,  les  plans  du  visage  se  réunissent  en  lignes  irrégulières. 
Les  pommettes  sont  larges  et  proéminentes.  La  lèvre  infé- 
rieure et  le  menton  tirés  un  peu  en  arrière.  La  chevelure  est 
abondante,  bouclée,  peu  soignée.  La  barbe  qui  encadre  les 
mâchoires  et  le  menton  est  courte,  fine  et  n'a  pas  été  taillée 
en  relief.  Le  front  rectangulaire  tombe  droit  sur  le  nez  large 
et  fort.  Les  yeux  n'ont  pas  la  prunelle  marquée.  Prov.  Alex- 
andrie (Kôm-el-Chogafa). 

BIBLIOGRAPHIE.     —     SciiKianEu,    Kôm-esch-SchnkàJa,    p.    267.     PI. 
XLIX-L. 


204        

39  (3369)- ^^^'t)re  blanc,  haut,  o  m,  33.  Tête  colossale  de  déesse. 
La  chevelure  e'tait  travaillée  se'pare'ment.  En  effet  celle  qu'on 
voit  sur  le  sommet  du  front  et  sur  les  tempes  est  simplement 
e'bauche'e,  et  d'autre  part  la  cavité'  large  et  profonde  existant 
dans  la  partie  supe'rieure  et  poste'rieure  de  la  tête  devait  évi- 
demment servir  à  fixer  le  crâne  actuellement  manquant,  la  che- 
velure ainsi  que  des  ornements  en  me'tal.  Sur  le  sillon  qui  con- 
tourne la  tempe  droite  devait  s'adapter  un  diadème  en  métal.  Les 
lobes  des  oreilles  pre'sentent  des  trous,  auxquels  e'taient  sus- 
pendues des  boucles.  Front  large,  triangulaire,  rondelet  5  les 
yeux  très  grands,  à  forme  d'  amande,  n'ont  pas  la  prunelle 
marque'e.  La  bouche  est  relativement  petite,  entr'ouverte,  les 
lèvres  quelque  peu  charnues.  Le  visage  est  d'un  bel  ovale. 
L'expression  est  douce  et  souriante.  Bon  travail.  Le  nez  est 
restaure'.  Prov.  Alexandrie  (?) 

40  (3469).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  31,  du  vi- 
sage o  m.  19.  Têle  détachée  de  la  statue  d'un  prêtre  (de 
Sarapis  ?).  Portrait  d'homme  âge',  maigre,  sans  barbe  ni  mous- 
taches. Chevelure  longue,  ondule'e,  descendant  jusqu'à  couvrir 
les  oreilles.  Le  front  haut,  traverse'  par  des  rides.  Les  yeux  ont 
la  prunelle  marque'e  par  un  cercle  et  liris  par  un  signe  assez 
profond  en  forme  de  croissant.  L'expression  de  la  figure  est 
se'rieuse  et  pensive.  Elle  rappelle  l'expression  des  prêtres-ascètes 
que  nous  avons  vus  dans  la  salle  1 1  (n°^  42  et  60).  La  tête  est 
surmonte'e  d'une  couronne  que  nous  devons  supposer  en  métal, 
forme'e  par  deux  bandes  soude'es  l'une  à  l'autre  se  terminant  à 
la  partie  supe'rieure  par  de  petits  arcs  ouverts  en  haut.  Ce  dia- 
dème est  orne'  sur  le  devant,  au  sommet  du  front,  d'une  sorte 
de  me'daillon  en  relief  contenant  une  e'toile  dans  un  cercle. 
C'est  un  emblème  que  portaient  les  prêtres  des  divinite's  orien- 
tales. Prov.  Alexandrie  (K6m-el-Chogafa). 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Schsejber,  o.  c,  p.  262-266.  PI.  XLV-XLVI. 

Sur  les  e'tagères,  quatre  tètes  féminines   aux  traits  individuels. 

41  (3470).  Calcaire  jaune,  haut,  o  m.  22.  Jeune  femme  à  la 
figure  petite,  aux  traits  peu  re'guliers,  mais  sympathiques.  La 
chevelure,  en  boucles  petites  et  nombreuses,  encadre  les  tem- 
pes et  couvre  les  oreilles.  Un  manteau  ou  voile  lui  couvre  la 
partie  poste'rieure  et  supe'rieure  de  la  tête,  descendant  derrière 
le  dos  et  sur  les  e'paules  ;  le  front  est  petit  et  rond  ;  les  yeux 
assez  grands  ont  la  prunelle  releve'e  par  un  cercle  ;  le  nez  a 
la  pointe  le'gèrement  souleve'e  ;  le  menton  est  rond,  petit,  proe'- 
minent.   Bon  exemplaire  du  stvle  re'aliste. 


__       20  5        

42  (347  0'  Jt'iiue  Jemme  très  bien,  mêtne  trop  bien  en  chairs, 
au  visage  rond  et  gras,  l.es  yeux  sont  grands,  à  fleur  de 
tète  ;  la  prunelle  n'est  pas  marquée.  La  coiffure  est  assez 
complique'e  5  une  tresse  est  sur  le  haut  de  la  tète  perpendi- 
culairement au  front  ;  d'autres  sont  frise'es  à  ondulations  pa- 
rallèles au  front  ;  d'autres,  laissant  tout  à  fait  à  découvert  les 
oreilles,  descendent  jusqu'au-dessous  de  celles-ci  et  derrière 
la  nuque. 

43  (3472),  Haut,  o  m.  25,  Cette  tête  a  des  traits  presque  virils  5 
les  cheveux  ondules,  divises  au  milieu  du  front,  descendent 
en  grosses  tresses  sur  les  tempes  et,  couvrant  une  moitié  des 
oreilles,  vont  se  nouer  au-dessous  de  la  nuque. 

44  (3471).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  35,  dont  13  cm.  pour  le  cou. 
Elle  devait  faire  partie  d'uae  statue  plus  grande  que  nature, 
représentant  une  femme  au  visage  robuste,  rondelet. îEUe  est 
tournée  légèrement  vers  sa  gauche  ;  les  yeux  assez  grands 
n'ont  pas  la  prunelle  marquée;  l'expression  est  douce,  mais 
sérieuse. 

Au-dessus  des  chapiteaux  placés  contre  la  petite  paroi  vers  la 
salle  '  I,  est  une  tête  colossale^  virile,  haut,  o  m.  60,  en  mar- 
bre blanc,  (le  crâne  et  la  partie  postérieure  manquent)  de  style 
égyptisant  et  qui  a  probablement  servi  comme  modèle  dans 
un  atelier  de  sculpture.  Don  de  Tigrane   Pacha. 

Dans  le  passage  entre   la   salle    i  i    et   la  salle    12: 

1  (3226).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  23,  du  visage 
o  m.  17.  C'est  un  portrait  d'adolescent^  d'un  réalisme  plein 
de  vérité  et  en  même  temps  de  grâce.  Il  est  tourné  vers  sa 
gauche  avec  une  expression  sérieuse.  Son  crâne  est  celui  d'un 
dolicocéphale  allongé  dans  la  partie  postérieure  en  poire, 
ayant  le  sommet  du  front  proéminent.  Les  yeux  n'ont  pas  la 
prunelle  marquée.  Les  cheveux  sont  simplement  ébauchés. 
Schreiber  reconnaissait  dans  ce  portrait  un  enfant  égyptien, 
mais  il  pourrait  bien  être  également  de  souche  grecque  ou  ro- 
maine. Prov.   Alexandrie  (K6m-el-Chogafa). 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Schreiher,  o.  c,  p.  269.  PI.  LIII-I^IV. 

2  (3517).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  2  i  (du  crâne), 
o  m.  14  (du  visage).  Portrait  d'un  enfant  entre  trois  et  cinq 
ans,  pourvu  d'une  riche  chevelure  réunie  dans  un  nœud  au 
sommet  du  front  et  descendant  sur  les  tempes  et  derrière 
la  nuque  en  longues  boucles.  C'est  un  enfant  bien  nourri,  aux 


206 


traits  assez  irreguliers,   mais    sympathiques.    Prov.    Alexandrie 
(K6m-el-Ghogafa). 


BIBLIOGRAPHIE 


SCHREIBER,    O.     C,    p.    270.    PI.    LV-LVI. 


3  (3516).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  38,  du  visage 
o  m.  133  (fîg.  74).  Portrait  de  jeune  dame,  en  parfait  e'tat 
de  conservation  et  d'une  remarquable  beauté'.  Elle  regarde 
au  loin  vers  sa  droite.  Les  yeux  presque  voile's  n'ont  ni 
la  prunelle  ni  l'iris  marque's;  le  nez  aquilin  est  nettement 
distinct  du  front.  L'expression  du  visage  est  se'rieuse  et 
triste.  Les  traits  du  visage,  très  personnels,  n'ont  pas  une 
parfaite  re'gularite',  mais  sont  ne'anmoins  aristocratiques  ;  les 
formes  sont  fines  sans  maigreur.  La  coitïure  à  grosses 
tresses  parallèles  au  front  et  à  petites  boucles,  avait  ete'  mise 
à  la  mode  par  Julia,  fiUe  de  Titus.  Prov.  Alexandrie  Kom- 
el-Ghogafa). 


BIBLIOGRAPHIE. 


SCHREIBER,    o.    C,    p.    2Ô6.    PI.    XLVII-XLVIII. 


4  (3225).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  37,  du  visage 
o  m.  22.  Buste  qui  devait  faire  partie  d'une  statue.  C'est 
le  portrait  d'une  femme  encore  jeune,  aux  traits  peu  affines. 

La  coiffure  est  identique  à 
celle  qu'on  rencontre  sur  les 
monnaies  de  Julia  Soemias, 
la  trop  ce'lèbre  mère  d'Ela- 
gabale.  Les  cheveux,  divises 
au  milieu  de  la  tête  et  qui 
descendent  par  ondulations 
svme'triques  sur  les  tempes 
laissant  tout  à  fait  à  de'cou- 
vert  les  oreilles,  vont  se 
ramasser  derrière  la  nuque 
en  chignon  cpais  et  plat. 
Ils  forment  en  somme  une 
sorte  de  casque-calotte.  D'a- 
près cette  coiffure  on  a 
voulu  reconnaître  en  cette 
tète  un  portrait  de  Julia 
Soemias. 

Vers   le   milieu  de   la  salle  : 


Fig-    7+- 


27  (3  5 '9)-  Marbre  blanc,  haut. 
o  m. 


Vénus^  acéphale,  les  bras  et  les  jambes  coupe's  à  mi-hauteur,  si 
elle  ne  révèle  pas  une  habileté'  technique  extraordinaire,  produit 
cependant  une  agre'able  impression  La  de'esse  est  repre'sente'e 
nue  après  le  bain,  faisant  le  mouvement  de  chausser  son  pied 
droit  d'une  sandale. 

Au  centre  de  la   salle  : 

30  (3250;.  Marbre  blanc,  haut.  2  m.  15  (fig.  16,  pag.  82), 
Statue  colossale  de  l'empereur  Marc  Aurèle.  L'empereur  est 
repre'sente'  debout,  de  face,  le'gèrement  tourne'  à  droite.  Le 
poids  du  corps  repose  sur  la  jambe  droite  ;  la  jambe  gauche 
est  incline'e,  pousse'e  en  arrière.  L'empereur  est  tête  nue,  habille' 
en  commandant  militaire  avec  la  cuirasse  impe'riale,  orne'  de 
l'e'charpe  du  commandement.  La  cuirasse  est  du  tvpe  à  e'pau- 
lières  et  lambrequins  5  elle  est  de'core'e  de  plusieurs  motifs 
en  relief.  Sur  le  haut  du  torse,  le  gorgoneion;  au-dessous  du 
gorgoneion,  deux  griffons  aile's.  Sur  la  partie  qui  recouvre  le 
ventre  devait  être  un  aigle,  mais  qui  a  e'te'  martelé'  à  l'e'poque 
chrétienne  pour  être  remplace'  par  une  croix  en  creux.  Le  bord 
infe'rieur  de  la  cuirasse,  taille  en  frange,  aux  coins  arrondis,  a 
chaque  plaquette  de'core'e,  soit  d'une  tête  d'animal,  soit  d'une 
fleur  stylise'e,  en  relief.  On  remarque  :  dans  celle  du  centre, 
un  gorgoneion  -,  à  droite,  une  tête  de  mouton,  et  ensuite  une 
fleur  toute  ouverte  à  quatre  pe'tales  ;  à  gauche,  une  tête  d'a- 
nimal (peu  visible),  une  fleur  comme  la  pre'ce'dente,  une  tête 
d'aigle.  De  la  main  gauche  souleve'e  à  hauteur  du  flanc,  l'em- 
pereur serre  la  poigne'e  de  l'e'pe'e;  le  bras  droit  est  appuyé'  sur 
une  corne  d'abondance  qui  s'e'lève  du  sol  à  cote'  de  la  jambe 
droite.  Le  manteau,  noue'  sur  lêpaule  gauche,  est  ramasse' 
sur  le  bras  du  même  cote'  et  descend  le  long  du  flanc  gauche 
jusqu'au-dessus  du  genou.  La  chevelure  est  riche  et  boucle'e  ; 
une  barbe  e'paisse  et  fine  encadre  le  visage.  Les  yeux  ont  la 
prunelle  marque'e  par  un  petit  trou.  L'empereur  philosophe  re- 
garde au  loin  avec  une  expression  douce  et  pensive.  Prov. 
Alexandrie  (des  fondations  du  the'atre  Zizinia).  Don  du  comte 
de  Zizinia. 

BIBLTOGRAPH[E.  —  Reinach  S.,  Répertoire,  III,   161,5. 

Dans  le  passage  entre   les  salles    12   et    13: 

64  (3361).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  10,  du  visage 
o  m.  13.  Tête  d'un  garçon  entre  huit  et  dix  ans.  Les  cheveux 
sont  ferme's  par  un  ruban  qui  entoure  le  crâne,  et  sont  ranges 


208        

en  boucles  allonge'es  tout  autour    du   front.  Prov.  Alexandrie 
(Kôm-el-Chogafa). 

BIBLIOGRAPHIE.   —  Schreiber,   o.  c,  p.  268.  PI.  LI-LII. 

Sur  l'e'tagère  à  gauche: 

65  (3362).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  26.  Tête  virile^  aux  traits 
individuels,  assez  expressive.  Cheveux  plats  et  lisses.  Les  yeux 
ont  la  prunelle  releve'e  par  un  trou  (Retouches   modernes  ?). 

Sur  le  socle   à  gauche  : 

66  (3359'«  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  28.  Cette  têle  aux  cheveux 
abondants  et  boucle's,  aux  traits  irre'guliers,  aux  gros  yeux, 
aux  tempes  fuvantes,  au  nez  fort,  aux  lèvres  charnues,  re- 
pre'sente  un  jeune  homme  qui  n'est  pas  de  race    europe'enne. 

Sur  l'e'tagère  à  droite  : 

67  (3360).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  12.  Jeune  femme  d'un  type 
e'tranger  à  l'Egypte  ;  le  front  bas,  les  yeux  à  fleur  de  tête, 
le  visage  petit,  sans  expression,  coifle'e  de  tresses  plates,  pa- 
rallèles au  front  et  ramasse'es  en  un  gros  chignon  circulaire 
sur  le  sommet  de  la    nuque. 


SALLE  13. 


Vitrine  A.  Echantillons  des  diffe'rentes  qualite's  de  marbres, 
granit,  albâtre,  porphyre,  etc.,  recueillis  pendant  les  fouilles 
sur  le  territoire    d'Alexandrie. 

Vitr.  F.  I  (19079).  Petit  torse  cV athlète  d'une  exe'cution  soigne'e. 
L'anatomie  est  bien  observe'e  ;  les  muscles  sont  habilement 
repre'sente's  en  relief. 

2  (19081).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  17  (fig.  75). 
Jeune  Faune  ou  Silène  souriant,  tourne'  à  droite,  regardant 
au  loin  en  haut.  Les  cheveux  e'pais  et  en  mèches  sans  ordre 
sont  entoure's  d'une  lourde  couronne.  La  nature  animale  est 
caracte'rise'e  par  les  oreilles  pointues  ainsi  que  par  les  traits 
gros  et  vulgaires.  Les  yeux  grands  et  tout  ouverts  ont  les  pru- 
nelles marque'es  par  un  trou  circulaire.  La  bouche  entr'ouverte 
laisse  voir  les  dents.  Cette  tête  est  travaille'e  avec  une  remar- 
quable habileté'  technique. 


. _ ___ .—^    209     — -— --^- 

3  (igoSo).  Marbre  alabastroïde.  Torse  d'éphèbe  on  de  divinité 
(Hermaphrodite  ?).  Le  mouvement  rappelle  celui  de  l'Hermès 
praxite'lien  soutenant  dans  l'avant-bras  gauche  Dionysos  enfant. 

5  O9536).    Bronze,    haut,    o    m.    145.  '  7"^/^    de    négresse    d'un 
re'alisme  parfait  dans  tous  les  de'- 
tails  et  d'une  exe'cution  très  soi- 
gnée. 

En  haut  de  cette  vitrine  F.  Dalle  en 
calcaire  portant  un  relief  d'un  tra- 
vail grossier.  Le  relief  repre'sente 
Némésis  habille'e  d'une  courte  tu- 
nique, aile'e,  volant  ou  courant  à 
droite.  Le  pied  droit  soulevé  en 
arrière  est  appuyé'  sur  une  roue 
qu'elle  fait  eVidemment  rouler.  Sur 
une  seconde  roue  qui  est  derrière 
la  pre'ce'dente,  est  place'e  la  patte 
droite  ante'rieure  d'un  griffon  aile', 
autre  figure  symbolique  (zoomor- 
phe)  pour  représenter  Ne'me'sis, 
de'esse  de  la  jalousie  et  de  la 
vengeance,  dont  le  culte  fut  si  re'pandu 
tique  et  romaine. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Perdri/îet  P.,   B.   C.    H. 
ibidem,  XXXVI  (1912),  p.  248-274. 


Fig-.    75- 


à    l'e'poque    helle'nis- 


XXI  (1898),  p.  599-602  ; 


Au-dessus  du  gros  chapiteau  en  granit  entre  les  salles  13-15: 
4.  Marbre  blanc  à  gros  cristaux,  haut,  o  m.  57.  Torse  de  Pan. 
Maigre'  l'absence  de  la  tête  et  des  pieds  (de  bouc),  il  est  aise' 
d'y  reconnaître  la  divinité'  qui  personnifiait  la  vie  agreste  et 
brutalement  sensuelle.  On  sait  qu'on  peut  ramener  la  repre'- 
sentation  de  Pan  à  deux  types  principaux.  Dans  l'un  surabon- 
dent les  traits  de  la  nature  animale  5  dans  l'autre  l'animalité' 
est  réduite  au  minimum.  Notre  torse  est  du  premier  type.  Le 
thorax  et  les  bras  sont  recouverts  de  longs  poils;  e'videmment 
ce  sont  les  jambes  d'un  bouc.  Une  peau  de  bouc  lui  descend  de 
l'épaule  sur  le  bras  gauche  qu'elle  enveloppe,  laissant  ainsi  li- 
bre et  nu  le  reste  du  corps.  De  la  main  gauche  il  devait  s'ap- 
puyer sur  un  bâton  recourbe.  Le  bras  droit  e'tait  replie'  sur  la 
poitrine.  De  la  main  droite  il  soutenait  probablement  une  sy- 
rinx.  Ce  torse  est  d'un  travail  soigne';  la  structure  anatomique, 
les  masses  des  muscles  et  leurs  mouvements  sont  reproduits 
avec  beaucoup  de  précision  et  de  finesse.  Je  crois  que  cette 
statue  date  de  l'âge   helle'nistique. 


Vitr.  H.  I.  Bronze,  haut,  o  m.  28.  Isis.  Debout  dans  l'attitude 
du  repos,  la  jambe  avance'e,  la  main  gauche  souleve'e  tenant 
un  objet  (vase  ou  fruits).  Elle  est  habille'e  d'une  tunique  et 
d'un  manteau,  dont  les  deux  extre'niitës  forment  le  nœud  isia- 
que  sur  le  devant  de  la  poitrine.  Les  cheveux  sont  range's 
en  tresses  épaisses  à  rayons  superpose's  et  formant  frange  sur 
le  front.  La  de'esse  a  sur  la  tête  le  vautour  surmonte  d'un 
disque  insère  entre  deux  cornes  et  deux  plumes.  Le  bras  droit 
manque.  Type  commun  gre'co-e'gyptien.  (Cfr.  Edgar,  Greek 
Bronzes^  27669-27672). 

2.  Bronze,  haut,  o  m.  055.  Caricature  de  sénateur  romain  ou 
d'orateur  drape  dans  sa  toge  et  dont  la  tête  est  remplace'e 
par  celle  d'un  rat.  Il  est  identique,  ou  à  peu  près,  à  la  sta- 
tuette reproduite  par  Ghampfleury,  Histoire  de  la  caricature^ 
pag.    121. 

Vitr.  D.  Plusieurs  torses  d'Eros,  d'Hermaphrodite  et  de  Vénus. 

I  (16425).  Belle  tête  d'enfant  grassouillet  et  souriante.  La  bouche 
bien  dessine'e  est  entr'ouverte  ;  de  la  chevelure  e'paisse  et 
boucle'e  descend  sur  le  front  un  ornement  que  nous  devons 
supposer  en  métal,  forme  d'une  chaînette  à  laquelle  sont  at- 
tache's  plusieurs  petits  médaillons. 

Dans  les  niches  ame'nage'es  sur  les  parois  de  la  salle  :  Statues 
acéphales  de  femmes  drapées  (4,   5,   6,  7). 

5.  Marbre  blanc,  haut,  i  m.  Le  poids  du  corps  porte  sur  la 
jambe  gauche  5  la  jambe  droite  est  replie'e  en  arrière.  Sur  le 
chiton  d'une  étoffe  plutôt  e'paisse,  est  l'himation,  dont  le  pan 
gauche  est  pose'  sur  l'e'paule  gauche  tandis  que  l'autre,  tour- 
nant derrière  le  dos  et  sous  l'aisselle  droite,  va  lui  aussi  finir 
sur  l'e'paule    gauche, 

6.  Haut.  I  m.  rS.  Le  poids  du  corps  porte  sur  la  jambe  droite, 
tandis  que  la  gauche  est  replie'e  en  arrière.  Elle  est  habille'e 
d'un  chiton  de  fine  e'toffe  à  nombreux  plis  verticaux.  Le  man- 
teau, dont  un  pan  est  pose'  sur  l'e'paule  gauche,  descend  der- 
rière le  dos  et,  remontant  sur  le  flanc  droit,  se  ramasse  autour 
du  ventre,  soutenu  par  la  main  gauche.  Par  conse'quent  il  ne 
recouvre  pas  le  bras  droit  et  les  seins,  ce  qui  permet  de  con- 
stater que  la  courte  manche  du  chiton  n'est  pas  cousue  ;  en 
effet  les  bords  de  l'e'toffe  sont  fermes  par  plusieurs  agrafes. 

7.  Haut,  o  m.  90.  Jeune  femme  debout.  Le  poids  du  corps  re- 
pose sur  la  jambe  droite;  la  jambe  gauche  est  incline'e  en  ar- 
rière de  cote'.  Elle  est  habille'e  du  chiton  et  du  manteau,  dont 
le   pan  droit    est   jeté  derrière    l'épaule  gauche  ;    le  bras  droit 


soulevé  pour  faire  ce  mouvement  est  replie'  sur  la  poitrine  et 
retenu  par  les  plis  de  l'e'toffe.  Le  motif  est  gracieux  et  élé- 
gant, mais  le  travail  est  lourd  et  sans  finesse. 

Au  centre  de  la  salle,  sur  une  haute  base  : 

1  (3608).  Marbre  blanc,  haut,  i  m.  90.  Statue  d'empereur.  Au- 
tour de  la  cuirasse,  qui  n'est  pas  de'core'e  de  reliefs,  l'e'charpe 
du  commandement.  La  tête  de  Septime  Se'vère  est  rapporte'e 
et  n'appartient  pas  à  la  statue. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Reinach  S.,  Répertoire,  III,  160,5. 

2.  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  71.  Base  d'une  statuette  de  la 
déesse  Isis  de'die'e  par  un  certain  Dioscoure,  sa  femme  et  ses 
enfants  pour  grâce  reçue.  Sur  les  côte's,  deux  serpents  en 
relief.  Prov.  L'île  Mahar-el-Ghaaran  (Mariout). 

Près  de  l'entre'e  de  la  salle    14: 

3.  Calcaire,  haut,  o  m.  62,  larg.  o  m.  40.  Naos  funéraire  à 
colonnes  lotiformes.  A  l'entre'e  e'taient  deux  figures  en  haut 
relief,  aujourd'hui  en  mauvais  e'tat  de  conservation.  Sur  la  paroi 
de  droite  et  de  gauche,  deux  chiens  d'Anubis  en  haut  relief 
comme  gardiens  ;  dans  la  partie  poste'rieure  est  une  porte 
entr'ouverte.  (v.  Schreiber,  Kôm-esch-Schtikâfa,  p.    174-175). 


SALLE  14. 


Au  centre  du  dallage  de  la  salle  on  a  place'  ce  qu'on  a  pu 
sauver  de  la  mosaïque  dite  de  Méduse^  existant  jadis  au  Mont 
des  Oliviers  (Gabbari)  et  publiée  dans  la  Rev.  Arch.  en  1846. 
A  cette  e'poque  elle  était  en  parfait  état  de  conservation.  Ce 
qui  reste  (long.  2  m.  24,  larg.  2  m.  20)  faisait  partie  du  com- 
partiment central  des  trois  dont  se  composait  la  mosaïque  en- 
tière. Au  centre  une  tête  de  Méduse  (tout  à  fait  disparue)  ailée, 
entourée  d'une  égide  (gorgoneion).  Cette  mosaïque  est  d'un 
travail  assez  fin  à  petits  cubes    polychromes. 

Contre  la  paroi  du  fond  : 

I  (3661).  Marbre  blanc,  haut,  i  m.  82.  Statue  romaine  d'orateur 
ou  d'écrivain.  A  sa  droite  est  une  cista  remplie  de  plusieurs 
votumina   (rouleaux  de  papyrus).  Il  tient  un  rouleau  ou   une 


mappa  dans  sa  main  gauche.  Le  poids  du  corps  repose  sur 
la  jambe  droite,  la  jambe  gauche  est  le'gèrement  avance'e  sur 
l'autre  et  incline'e.  Il  est  habille'  de  la  tunique  et  d'un  large 
manteau  [toga]  qui  enveloppe  le  corps,  laissant  à  de'couvert 
une  partie  de  la  poitrine.  La  main  droite,  souleve'e  à  hauteur 
de  la  poitrine,  est  appuye'e  sur  les  plis  de  la  toge.  La  statue 
provient  d'Aschmouneïn  (Hermoupolis  Magna).  Sa  tête  est 
rapportée  :  elle  est  d'un  marbre  ditfe'rent.  C'est  un  portrait 
d'inconnu  très  expressif,  probablement  d'e'poque  hellénistique. 

Dans  cette  salle  et  dans  la  suivante  sont  expose's  la  plupart 
de  nos  fragments  d'architecture,  qui  proviennent  malheureuse- 
ment presque  tous  de  trouvailles  fortuites.  Sauf  les  stèles  fune'- 
raires,  aucune  des  autres  pièces  n'a  e'te'  trouve'e  in  situ  avec 
les  autres  restes  de  l'e'difice  auquel  elle  avait  appartenu. 

En  ge'ne'ral,  on  remarque  que  l'emploi  du  marbre  n'était  pas 
fre'quent  5  nous  dirons  même  qu'il  e'tait  rare,  et  que  les  matières 
le  plus  souvent  employe'es  e'taient  le  calcaire  nummulitique  et 
le  calcaire  jaune  tendre  dont  le  type  est  le  calcaire  du  Mex. 

Le  calcaire  nummulitique  présentant  une  grande  difficulté'  à 
être  travaille'  avec  finesse  dans  les  de'tails  à  cause  de  sa  surface 
irrêgulière  et  difficilement  polissable,  il  e'tait  recouvert  d'une 
couche  de  stuc,  puis  de'core'  à  l'aide  de  la  polychromie.  Cette 
technique  devait  être  employe'e  aussi  pour  le  calcaire  du  Mex. 
Ce  calcaire  qui  est  grossier  se  prêtait  ne'anmoins  à  toutes  les 
hardiesses  du  travail  le  plus  fouille',  et  donnait  ainsi  à  l'archi- 
tecte le  moyen  d'obtenir  une  ornementation  plutôt  complique'e, 
mais  dont  la  polychromie  pouvait  tirer  les  plus   heureux  effets. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Schreiber,  Kôm-esch-Schukâ/a,  Kap.  XIX  ;  Del- 
BRiicK,  Helleiiistische  Bauten  itn  Latimn,  Strassburg,  1912,  II,  p.  142  ;  149; 
157   sq.  ;   1Ô4  sq.  ;   166  sq. 

2-4  (3664,  3668,  3671).  Calcaire.  2-3.  Deux  chapiteaux  et  une 
partie  de  demi-colonnes  qui  s'y  rapportent.  4.  Couple  de  demi- 
colonnes  et  de  chapiteaux  du  même  type.  Les  colonnes  sont 
forme'es  par  des  faisceaux  de  tiges  de  papyrus  et  de  lotus 
et  les  chapiteaux  par  les  fleurs  des  mêmes  plantes.  Ce  type 
floral  de  colonne  et  de  chapiteau  a  été'  très  employé  à  l'é- 
poque gréco-romaine.  Traces  de  polychromie  (rouge  pâle,  jaune). 
Prov.  Alexandrie  rue  d'Allemagne,  fondations  de  la  maison 
Lévi  et  Francis). 

5  (18873).  Chaux  et  plâtre.  Partie  supérieure  d'une  niche  ou 
édicule  a  petits  caissons  hexagonaux  sculptés;  la  corniche  est 
décorée  d'une  frise  de  longs  denticules  et  d'une  greca.  Prov. 
Alexandrie  (Mafrousa). 


213 

6.  Calcaire,  haut,  i  m.  38.  Porte  d'une  tombe  à  locultis  (fig.  '/6). 
Elle  imite  l'entrée  d'un  temple.  Tandis  que  le  fronton  est  du 
style  grec,  tout  le  reste  rappelle  l'art  égyptien.  Deux  colonnes 
soutiennent  une  frise  à  double  épistylitim^  dont  la  moitié  supe'- 
rieure  est  de'core'e  par  des  agathode'mons  aile's  en  relief,  dispose's 
à  droite  et  à  gauche  d'un  bouquet  de  lotus.  Le  fronton  est 
triangulaire  sans  acrotères.  Sur  la  dalle  qui  occupe  l'espace 
de  la  porte  est  représente'e  en  relief  la  façade  d'un  temple 
égyptien  surmonte'  d'une  haute  frise  d'uraeus  vus  de  face,  la 


tète  orne'e  du  disque  solaire.  Au  milieu  de  la  façade  un  joli 
bouquet  de  cinq  fleurs  de  lotus.  Au-dessous  de  cette  porte 
est  la  table  en  calcaire,  reconstitue'e  telle  qu'elle  e'tait  dans  la 
tombe.  Elle  devait  servir  à  recevoir  les  offrandes  funéraires. 
Prov.  Mafrousa  (Nécrop.  occidentale).  —  Sur  cette  table  sont 
déposés  deux  Sphinx  en  albâtre  (long,  o  m.  56),  dont  l'un  sou- 
tient entre  ses  pattes  de  devant  un  autel  et  l'autre  une  sta- 
tuette d'Osiris  assis.  Un  troisième  Sphinx  en  marbre  faisait 
partie  d'un  bloc  cubique  qui  servait  de  support  au  grand  sar- 
cophage exposé  dans  la  salle  17,  à  gauche  de  In  porte  donnant 
sur  la   cour. 


2  14       

Au  milieu  de  la  paroi,  en  haut,  fragment  de  corniche  d'un 
e'difice  décore'  par  des  caissons  sculpte's  en  losanges. 

Vitr,  B.  Chapiteaux^  voUttes  de  chapiteaux,  corniches  avec  restes 
de  polychromie  (bleu,  rose,  jaune).  Prov.  Alexandrie. 

Vitr.  A.  1-2  (rayon  supe'rieur).  Deux  chapiteaux  corinthiens,  soi- 
gneusement travaille's,  qui  gardent  leur  polychromie.  Prov. 
Alexandrie.   3.   Chapiteau  papyriforme. 

Au  centre  de  la  paroi  à  droite  de  l'entre'e  : 

10  (3640).  Calcaire,  haut,  o  m.  80,  larg.  o  m,  70.  Balte  de  fer- 
meture d'un  locultts.  Elle  porte  en  relief  l'image  d'une  porte 
forme'e  de  deux  battants,  chacun  divise'  en  deux  panneaux; 
dans  chaque  panneau  est  un  heurtoir  à  tête  de  lion  soute- 
nant un  anneau. 


SALLE  15. 


A  l'entre'e  de  la  salle  i  5.  Granit  vert,  haut,  o  m.  50.  Chapiteau  du 
type  corinthien  à  feuilles  lisses  et  volutes.  Epoque  ptole'maï- 
que.   Prov.  Alexandrie  (Hôpital  du  Gouvernement). 

Dans  la  riche  collection  de  chapiteaux  re'unis  dans  cette  salle 
il  est  aise'  de  remarquer  que  le  type  corinthien  avec  ses  varie'te's 
secondaires  pre'domine  d'une  façon  absolue  (fig.  77-78). 

On  rencontrait  moins  dans  l'architecture  des  petits  e'difices  le 
chapiteau  ionique  [n°  45),  dont  nous  avions  d'ailleurs  de  beaux 
spe'cimens  dans  l'architecture  monumentale  (v.  salle  16).  Le 
dorique  est  encore  plus  rare.  —  Le  chapiteau  corinthien  est  du 
type  helle'nistique  :  la  moitié'  infe'rieure  de'core'e  par  des  feuilles 
d'acanthe  et  la  moitié'  supe'rieure  par  deux  volutes  en  corym- 
bes  oppose'es  l'une  à  l'autre  ;  entre  les  deux  corymbes  passe 
une  tige  qui  soutient  une  fleur  e'panouie  au  centre  de  la  cor- 
niche du  chapiteau  (25^^,  62,  65);  les  volutes  sont  souvent  di- 
vergentes (34,  37,  40).  Quelquefois  aux  feuilles  d'acanthe  sont 
mêle'es  des  feuilles  de  vigne  (62).  La  matière  est  très  souvent 
le  calcaire  blanc,  quelquefois  le  calcnire  nummulitique;  et  tous 
conservent  des  traces  plus  ou  moins  e'videntes  de  polychromie. 
Dans  plusieurs  chapiteaux  et  plusieurs  e'dicules  on  reconnaît 
soit  des  spe'cimens  des   styles    architectoniques    e'gyptiens    soit  un 


215 


mélange  de  motifs  grecs  et  de  motifs  égyptiens.  Le  spe'cimen  le 
plus  inte'ressant  à  ce  point  de  vue  est  le  chapiteau  n°  2  (sur 
une  petite  colonne  de  ciment),  qu'on  peut  de'fînir  corinthien,  m.ais 


Fig.    77. 


qui  pre'sente  mêle  à  quelques  feuillesjd'acanthejet^aux  corymbes 
le   lotus  et  le  papyrus,    ainsi  que   le  serpent  uraeus  (fig.  79). 

Q.  Calcaire  revêtu  de  stuc.  Corniche  d'une  porte.  Sur  la  gorge 
en  relief  deux  faucons  dllorus,  oppose's,  et  derrière  eux  deux 
couronnes  de  la  Basse  Egypte.  En  haut,  frise  d'uraeus.  Traces 
de   peinture. 


2lG 


Fig.    78. 


I  o.  Calcaire,  h.  o  m.  7  5. 
Pseudo porte  d'une 
tombe;  deux  colonnes 
à  faisceau  de  papyrus 
et  de  lotus,  à  chapi- 
teaux lotiformes,  sou- 
tiennent une  haute 
corniche  couronne'e 
par  une  frise  d'u- 
raeus.  Au  milieu  est 
l'encadrement  d'une 
porte  en  style  égyp- 
tien. 
8.  Calcaire,  haut,  o  m. 
80.  Autel  pour  sa- 
crifice. La  base  est 
censée  repre'senter  un  édifice  quadrangulaire  plus  large  à  la 
base  qu'au  sommet.  A  la  surface  ante'rieure  une  porte  à  deux 
battants  entr'ouverts';  au  côte'  gauche,  un  édicule;  au  côte' 
droit,  une  porte  toute  ouverte  sans  battants. 

Dans  l'encadrement  en  bois  :  68  et  69.  Plusieurs  fragments 
de  petites  corniches  en  stuc,  de'core'es  de  reliefs  qui  repre'sen- 
tent  soit  des  griffons  atfronte's  deux  à  deux,  ayant  entre 
eux  une  palmette  stylise'e,  soit  des  sphinx  ,  aile's,  e'galement 
atfronte's,  soit  des  bucrânes  et  des  palmettes.  Travail  assez 
fin,  d'e'poque    ptole'maïque. 

20.  Paroi  ante'rieure  d'un   sarcophage,  de'core'e  d'une  peinture    à 

fresque.  Un  clou  placé  au  centre 
et  deux  clous  aux  extrémités  sou- 
tiennent un  riche  et  long  feston 
de  fleurs  reliées  par  un  mince  et 
long  ruban.  Dans  la  partie  cen- 
trale, suspendu  au  ruban  est  un 
masque  comique.  Dans  l'espace 
limité  par  les  deuK  arcs  du  feston, 
sont  peints  deux  coqs,  se  faisant 
vis-à-vis,  prêts  à  se  lancer  l'un 
contre  l'autre.  Travail  exécuté  de 
chic,  mais  avec  habileté.  11"'^ 
siècle  après  J.-Ch.  —  De  la  même 
tombe  faisait  partie  la  paroi 
peinte  n°  50,  qui  représente 
Fig,  79.  une   perspective    architectonique. 


En  haut  des  parois  : 

68.  Marbre  blanc.  Corniche  d'un  portique  de'die'  (à  un  empereur?) 
par  la  ville,  //  jt6a{iç\. 

6(j.  Fût  d^une  colonne  en  calcaire  revêtu  d'une  fine  couche  de 
stuc,  bsse  dans  la  partie  infe'rieure,  ensuite  cannelé'.  Le  cha- 
piteau corinthien,  de'core  de  feuilles  et  tiges  d'acanthe  et  de 
corymbes,  est  bien  conserve'  et  garde  des  traces  e'videntes  de 
polychromie  (rouge,  jaune,  bleu).  Prov.  Alexandrie  (Hadra) 
(fig^  80). 

Les  chapiteaux  n°-  3  et  70-71  gardent  eux  aussi  des  traces  assez 
accentue'es  de  polychromie. 


Fig.   80. 


SALLE  16. 

A  l'entrée:  Deux  têtes  de  //ow  formant  gouttière. 
A  droite  de  l'entre'e: 

I,  Sur  un  tronc  de  colonne  en  granit  (haut,  i  m.  45,  diam.  o  m. 
90)  portant  gravée  une  inscription  latine  en  l'honneur  de 
T(itus)  Longaeus  Rufus,  pre'fet  d'Egypte  en  185  ap.  J.-Ch.,  sont 
places  deux  gros  chapiteaux  en  calcaire  nummulitique  (larg.  de 
chaque  côte'  en  haut,  i  m.)  du  type  corinthien,  la  moitié'  infe'- 
rieure  de'core'e  par  des  feuilles  d'acanthe,  la  partie  supe'rieure 
par  deux  volutes  oppose'es  l'une  à  l'autre  ;  dans  le  centre  du 
bord  supe'rieur  une  fleur  e'panouie.  Les  angles  ont  des  feuilles 
d'une  seule  pièce  repliées  sur  elles-mêmes  en  volutes.  Prov.  A- 
lexandrie. 

4  (3876).  Marbre  blanc,  o  m.  45.  Torse  d\ine  statue  virile  nue 
(un  pan  de  la  chlamyde  sur  l'e'paule  gauche)  repre'sentant  une 
divinité'  ou  un  he'ros.  Les  muscles  de  la  poitrine  et  du  ventre 
sont  rendus  avec  force  et  ve'rite'.  La  tète  et  les  bras  e'taient 
travaille's  se'pare'ment.  La  partie  poste'rieure,  coupe'e  vertica- 
lement, n'e'tait  pas  travaille'e;  elle  pre'sente  une  cavité  carre'e. 
La  statue  devait  faire  partie  d'un  groupe  probablement  place' 
sur  le  tympanon  du  fronton  d'un  temple.   Prov.  Alexandrie. 

5  (3868).  Marbre  blanc,  i  m.  10.  Torse  d'une  statue  de  Mé- 
nade  presque  nue.  La  nehrîs  noue'e  sur  l'e'paule  droite  lui 
couvrant  seulement  le  sein  droit,  une  partie  du  ventre  et 
le  flanc  gauche.  On  a  voulu  repre'senter  une  femme  dans  le 
premier  e'panouissement  de  sa  jeunesse.  Les  seins  sont  ronds, 
bien  forme's,  droits  et  solides,  les  formes  e'ie'gantes,  e'iance'es 
et  en  même  temps  robustes. 

6  (3863).  Marbre  blanc,  i  m.  Torse  d'une  statue  inacheve'e  d'une 
divinité' ou  d'un  he'ros.  11  est  presque  nu;  la  chlamyde  agrafe'e 
sur  r  e'paule  droite  e'tait  jete'e  derrière  le  dos.  On  remarquera 
les  points  fixe's  par  le  sculpteur  pour  servir  de  guide  aux  ou- 
vriers èbaucheurs.  Prov.  Alexandrie  (Fondations  du  The'àtre 
Zizinia). 

Sur  l'e'tagère  en  marbre,  au-dessus  de  la  statue   pre'ce'dente  : 

7  (3874),  8  (3903),  9  (3891;.  Trois  statuettes  acéphales  d\Alex- 
andre  le  Grand  à  Vcgide.   Le  Conquérant   en   héros   divinise 


2  19 

porte  une  grande  égide  agrafée  sur  l'e'paule  droite,  qui  lui 
laisse  à  de'couvert  les  jnmbes  au-dessous  des  genoux,  le  flanc 
et  le  bras  droit.  Le  meilleur  exemplaire  et  le  mieux  con- 
serve est  celui    qui    porte  le  n"  8.   Prov.  Alexandrie. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Perdrizet  T..  Un  type  inédit  de  la  plastique 
grecque,  Alexandre  à  Végide  dans  Monuments  et  Mémoires  Piot,  t.  XXI, 
Jer  tasc. 


Fig.    8i 


10  (3870).  Marbre  blanc,  1  m.  17  sans  la  tète  qui  ne  lui  appar- 
tient pas.  Stattie  de  femme  habillée  du  chiton  noue'  par  une 
ceinture  sous  les  seins  et  de  l'himation.  Elle  est  debout  sur 
un  socle,  soutenant  du  bras  gauche  une  corne  d'abondance. 
(Isis-Tychè?). 

BIBLIOGRAPPIIE.  —  Reinach  S.,  Répertoire,  III,  p.  79,  5. 


12  (17838).  Sur  une  colonne  de  granit  verdàtre  :  Marbre  blanc 
à  gros  grain.  Remarquable  buste  de  Déméter-Sélént\  avec  dia- 
dème et  voile  ;  deux   bouts  de    cornes    sur  le     front.  La  tète 


inclinée  vers  la  droite  du  spectateur,  les  yeux  grands  bien 
dessine's,  la  prunelle  releve'e  par  un  cercle  et  l'iris  marque' 
en  creux  (fig.   8i). 

13  (3875).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  i  m.  -^o.  Statue  de 
feuime  drapée.  Le  chiton  est  noue'  par  une  ceinture  sous  les 
seins,  l'himation  est  jeté'  autour  du  corps  avec  un  mouvement 
assez  e'iegant.  Cette  dame  est  repre'sente'e  le  pied  droit  avance', 
en  train  de  marcher  ;  de  la  main  droite  elle  soulève  le  chiton 
pour  ne  pas  le  laisser  traîner  à  terre.  Le  bras  droit  e'tait  tra- 
vaille' à  part.   Prov.  Alexandrie  (Sidi-Gaber). 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Reixach   S.,  Répertoire,  II,  662,  j. 

14  (3871).  Marbre  blanc  à  petit  grain,  haut,  i  m.  15.  Jeune 
nymphe  qui  devait  tenir  des  deux  mains  les  manches  d'un  vase 
appuyé'  sur  le  tronc  d'arbre  qui  est  devant  elle.  Prov.  Alex- 
andrie. 

BIBLIOGRAPHIE.  -  Breccia,  B.  S.  A.,  7,  p.   72,  fig.  24. 

15  (3S79).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut.  2  m.  10.  Statue  de 
dame  romaine  habille'e  du  chiton  et  de  l'himation.  Elle  est 
debout  de  face.  Le  poids  du  corps  repose  sur  la  jambe 
droite,  la  jambe  gauche  est  incline'e  en  arrière.  C'est  une  sta- 
tue fune'raire.  Elle  a  ete'  de'couverte  dans  le  cimetière  an- 
nexe aux  quartier  de  la  le'gion  romaine  campe'e  à  Nicopolis 
(Moustapha  Pacha). 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Reixach  S.,  Répertoire,  II,  666,  1. 

16  (3880).  Marbre  blanc  à  petit  grain,  haut,  o  m.  63.  Torse  de 
jeune  homme  en  héros^  le  corps  presque  nu.  la  chlamvs  jete'e 
derrière  le  dos.  Ce  fragment  de  statue  re'vèle  une  remarqua- 
ble finesse  d'exe'cution. 

17  (3881).  Calcaire  jaune,  hnut.  1  m.  20.  Torse  de  Vénus  très 
endommage',  mais  d'un  bon  travail.  La  de'esse  a  la  partie 
supe'rieure  du  corps  nue  ;  elle'tâche  (dans  un  mouvement  de 
pudeur  ou  peut-être  par  suite  d'une  im.pression  de  froid  en 
sortant  du  bain;  de  cacher  ses  seins  avec  les  bras  et  la  main 
gauche,  tandis  que  le  bras  droit  s'abaisse  pour  relever  les  habits 
qui  e'taient    à   ses   pieds.    Prov.    Alexandrie. 

Sur  Te'tagère  en  marbre,  au-dessus  de  la  \"enus  : 

18  (3869).  Haut,    o  m.   50.  Buste  colossal    d'inconnu  (divinité). 


K)  (3871).  Haut,  o  m.  58.  Buste  colossal  de  Sélénè^  reconnais- 
sable  aux  bouts  des  cornes  qui  poussent  sur  le  front. 

20  (3882).  Haut.  I  m.  Y:).  Statue  acéphale  de  femme  h?ib\\\ée  du 
chiton  avec  long  apoptigma  et  d'un  manteau  drape'  de  façon 
à  laisser  à  découvert  le  flanc  droit  et  le  sein  gauche.  Elle  est 
repre'sentee  debout,  de  face  sur  un  socle.  Le  poids  du  corps 
repose  sur  la  jambe  gauche  ;  la  jambe  droite  est  le'gère- 
ment  inclinée.  Sur  le  genou  droit  est  gravée  l'inscription 
lAuucôyio;  'AjioUmvIov  èjtoîei,  Ammonius,  fils  d'Apollonius,  en 
est  l'auteur. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Von  Bissing,  Die  griechisch-rômischen  Alter- 
tilnier  in  Muséum  zu  Cairo,  dans  Aich.  Anzeiger,  1901,  p.  204  ;  Reinach 
S.,  Répertoire,  III,  192,  7  (non  pas  11). 

2  1  (3885).  Sur  une  colonne  de  granit  grisâtre:  Marbre  blanc  à 
gros  grain,  haut.  o.  m.  80.  iBuste  colossal  d'une  prêtresse  d'I- 
sis  (probablement  une  reine).  Malheureusement  la  surface  du 
marbre  est  rongée.  Les  yeux  étaient  rapportés.  Au-dessus 
du  chiton  elle  porte  un  châle  frangé  formant  sur  la  poitrine  le 
nœud    isiaque.  Prov.    Alexandrie. 

22  (4780).  Calcaire,  haut,  i  m.  40.  Statue  acéphale  d'une  prê- 
tresse d'Isls.  Sur  le  bras  gauche  elle  tient  la  situla^  le  vase 
contenant  l'eau  sacrée.  La  situla  avec  le  sistre  (v.  p.  181)  con- 
stituent les  instruments  caractéristiques  du  culte  de  cette 
divinité.  Le  sistre  était  probablement  dans  la  main  droite  qui 
manque.  En  dehors  du  chiton  et  de  l'himation  elle  porte  le 
châle  qui  forme  sur  la  poitrine  le  nœud  isiaque.  Travail  som- 
maire. Prov.  Haute  Egypte. 

23  (11311).  Marbre  blanc,  haut,  i  m.  37.  Statue  d'une  prêtresse 
d'Isis.  Elle  porte  une  corne  d'abondance  appuyée  contre  l'a- 
vant-bras  gauche.  Même  habillement  que  la  précédente.  Gros 
nœud  isiaque  sur  la  poitrine.   Prov.  Alexandrie. 

24  (17842).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  i  m.  30.  Partie 
inférieure  (des  cuisses  aux  pieds)  d'une  statue  colossale  virile 
drapée.   Bon  travail.  Prov.  Environs  d'Aboukir, 

25  (3887).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  60.  Médiocre  huste  de 
Socrate  (authenticité  douteuse),   —  Don  de  Mr.   Antoniadis. 

Au-dessus  de  la  colonne  en  syénite  qui  suit: 

28.  Très  beau  chapiteau  ionique  en  calcaire  nummulitique  datant 
du  III"^^  siècle  av.  J.-Gh.  Larg.  entre  les  points  extérieurs  des 
volutes  I  m.  10,  du  côté  de  l'abaque  o  m.  85;  hauteur  (prise 
au  centre)  o  m.  28,  haut,  de  la  volute  o  m.  35  (fig.  14, 
p.  jG).  Ce   chapiteau  est  tout  à  fait  pareil  à  ceux  du  temple 


d'Athèna  Polias  à  Priène.  11  a  ete  découvert  avec  cinq  autres 
identiques  (voir  celui  qui  est  place'  vis-à-vis  sur  une  autre  co- 
lonne de  sye'nite  ;  les  quatre  autres  sont  expose's  dans  la  cour) 
près  du  aéyag  huljv  (Port-Est)  entre  la  rue  Joussef  Eiz-Eddine 
et  Silsileh  (Gap  Lochias). 

26  (16160)  Plâtre,  haut,  o  m.  98.  Buste  colossal  de  Dionysos 
Sarapis  ou  d'Hermès-Sarapis  (v.  les  deux  ailes  sur  les  tempes)  ; 
probablement  destine  à  décorer  une  paroi  d'un  temple,  ainsi 
que  le  buste  d'Isis  lui  faisant  face. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Edgar,  Greek  Sculpture.  Catalogue  général  (Musée 
du  Caire),  pag.  69. 

27  (3893)-  Marbre  blanc,  haut,  i  m,  35.  C'est  le  plus  ancien 
bas-relief  funéraire  grec  trouve'  à  Alexandrie.  Il  doit  dater 
du  IV"^=  siècle.  Probablement  importe'  d'Athènes.  Une  femme 
de  profil  à  gauche  est  assise  à  droite  sur  un  escabeau.  Elle 
incline  tristement  la  tête,  l'appuyant  sur  la  main  droite  qui 
à  son  tour  s'appuie  sur  la  jambe  droite.  Elle  est  habille'e  du 
chiton  et  de  1"  himation;  une  servante,  debout  devant  elle, 
lui  présente  une  boîte  renfermant  les  bijoux  dont  la  dame  se 
parera  pour  son  dernier  voyage.  Prov.  Alexandrie.  Quartier 
Lebbane. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Pfuhi.,  Athen.  Mitteil.,  1901,  XXVI  :  Alex.  Grab- 
reliefs,  p.  254-265. 


29  (19404).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  60.  Statue 
acéphale  de  Dionysos.  Personnage  aux  formes  pleines  et  bien 
en  chair,  mais  en  même  temps  sveltes  et  robustes.  Il  est  sur 
une  plinthe  debout,  de  face.  Le  poids  du  corps  repose  sur 
la  jambe  gauche  ;  la  jambe  droite  est  le'gèrement  en  arrière 
et  pliêe.  La  partie  exte'rieure  de  la  jambe  gauche  est  appuve'e 
à  un  tronc  d'arbre,  autour  duquel  est  représente'  en  relief 
un  tronc  de  vigne  avec  feuilles  de  vigne  et  grappes  de  raisin. 
Le  jeune  homme  posait  sur  la  colonne  l'avant-bras  gauche  (ac- 
tuellement casse').  De  la  main  gauche  il  devait  tenir  soit  une 
grappe  de  raisin  soit  un  vase  à  boire.  Le  bras  droit  casse'  au- 
dessus  du  coude  e'tait  allonge'  le  long  du  corps  un  peu  en  de- 
hors. Le  corps  est  presque  entièrement  nu,  car  la  nehris  noue'e 
sur  l'e'paule  droite  ne  couvre  qu'une  partie  de  la  poitrine  et 
du  dos.  La  chevelure  e'tait  longue  et  boucle'e.  Les  pointes 
de  quelques  longues  mèches  sont  visibles  au  sommet  du  dos  et 
sur  la  partie  ante'rieure  des  e'paules;  et  ceci  rend  e'vidente 
l'identification  de  cette  statue  avec    celle  de  Dionvsos,    iden- 


223 

tification  d'ailleurs  assez  claire.  Le  travail  est  remarqua- 
blement soigne',  même  dans  la  partie  postérieure.  On  remar- 
quera le  sillon  qui  contourne  la  jambe  et  la  sépare  du  tronc 
d'arbre.  C'est  une  bonne  copie,  probablement  romaine,  d'un 
original  qui  doit  remonter  à  l'e'cole  de  Praxitèle  plutôt  qu'à 
celle  de  Polvclète.  Prov.  Kôm-el-Dosheh   (Basse  Egypte). 

30  (3937).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  47.  Triple 
Hécate^  en  qui  on  doit  probablement  reconnaître  Hécate 
triv'ia^  déesse  des  carrefours.  Autour  d'une  colonne  à  l'inte'- 
rieur  vide,  sont  place'es  trois  images  presque  identiques  de  la 
de'esse  He'cate.  Elle  est  represente'e  habille'e  d'une  tunique 
talaire,  qui  recouvre  une  tunique  plus  courte  noue'e  par  une 
ceinture  sous  les  seins.  La  tête  est  surmonte'e  d'un  calathus; 
un  voile,  couvrant  à  moitié'  celui-ci,  descend  sur  les  épaules 
et  derrière  le  dos.  Les  cheveux  sont  frise's  en  longues  tresses 
qui  descendent  sur  l'une  et  l'autre  e'paule,  par  devant.  Les 
figures  ne  sont  pas  toutes  les  trois  dos  à  dos,  car  un  tronc 
de  colonne  en  se'pare  deux.  A  cette  colonne  est  adosse'  un 
chien  (il  ressemble  à  un  le'vrier)  assis  sur  son  arrière-train. 
Au-dessus  de  ce  tronc  de  colonne,  sur  une  console,  est  pose' 
un  autre  animal  (oiseau  ?).  Une  des  figures  a  les  bras  allonge's 
et  colle's  au  corps  ;  de  la  main  droite  elle  tient  un  gros  objet 
(phiale?)  que  guette  le  chien.  La  figure  à  côte'  saisit  des  deux 
mains  la  robe  comme  pour  la  relever;  la  troisième  a  la  main 
droite  replie'e  contre  la  poitrine  et  tient  un  fruit.  La  triple 
He'cate  était  une  divinité'  chtonienne  en  rapport  avec  Hadès, 
et,  comme  reine  des  carrefours,  elle  envoyait  aux  voyageurs 
attarde's  les  fantômes  et  les  monstres  terrifiants  de  la  nuit. 

Voir  à  côte  une  seconde  statue  plus  petite,  haut,  o  m.  40, 
presque  identique. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Rkinach  S.,  Répertoire,  II,  323,  g. 

31  (3951).  Baignoire.  Pierre  noire  donnant  un  son  presque  me'- 
tallique,  provenant,  paraît-il,  d'une  carrière  entre  Goptos  (Haute- 
Egypte)  et  Be'renice  (Mer  Rouge).  Long,  2  m.  35,  haut.  1  m. 
Les  surfaces  late'rales  sont  de'core'es,  l'une  de  deux  têtes  de 
lion  à  la  bouche  ouverte,  à  la  langue  pendante,  à  la  crinière 
boucle'e,  finement  sculptées;  l'autre,  de  deux  têtes  de  lion 
identiques  aux  précédentes,  et,  entre  celles-ci,  au  centre,  près 
du  bord  inférieur,  d'une  tête  de  lynx  dont  la  bouche  trouée 
servait  à  vider  la  cuve.  Cette  baignoire  a  été  employée  comme 
sarcophage  en  y  ajoutant  un  couvercle  de  granit  rose.  Prov. 
Alexandrie  (Wardian,  nécropole  occidentale). 


224       — ■ 

32  (3867)-  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  51,  Belléro- 
phon  sur  le  cheval  Pégase.  Bellerophon  chevauche  Pégase,  le 
fabuleux  cheval  aile'  que  certains  dieux  protecteurs  avaient 
envoyé'  au  jeune  he'ros  quand  il  allait  combattre  la  Chimère. 
Le  monument  e'tait  adosse'  à  un  pilier  de  soutien.  Le  cheval 
fort,  musculeux,  a  la  partie  ante'rieure  du  corps  soulevée  et 
fait  un  effort  pour  s'e'lancer.  Le  cavalier  lui  saisit  le  cou 
du  bras  gauche  tandis  qu'il  se  retourne  en  arrière,  peut-être 
pour  regarder  l'effet  de  ses  coups  contre  la  Chimère.  La  tête 
de  Belle'rophon  ainsi  que  celle  de  Pe'gase  manquent,  la  moitié' 
infe'rieure  des  jambes  du  cheval  est  e'galement  casse'e.  Ce  joli 
monument  —  helle'nistique  selon  toute  vraisemblance  —  a  e'te' 
de'couvert  par  Pugioli  dans  un  puits  de  la  ne'cropole  occi- 
dentale. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Reixach  S.,  Répertoire,  II,  507,  j. 

33  (39^5)-  Pi^d  colossal  en  marbre,  chausse  d'un  calceti s  riche- 
ment de'core'  et  surmonte'  d'un  buste  acéphale  de  Sarapis.  Dans 
la  partie  poste'rieure  au-dessus  du  talon  se  dressent  deux  ser- 
pents uraeus,  entre  lesquels  on  voit  la  partie  infe'rieure  d'une 
statuette  assise  d'enfant,  probablement  Harpocrate.  Sur  le  ta- 
lon est  grave'e  une  inscription  grecque  rappelant  que  cet  ex-voto 
a  e'te'  de'die'  à  Se'rapion  par  P(ublius)  Acilius  Zosimos  et  Aelius 
Doriphore,  Prov.  Alexandrie. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Schmidt  C,  dans  Arch.  Anzeiger,  1896,  p.  54  : 
De  Ricci,  dans  Rev.  Arch.,  IV  série,  t.  II,  p.  191  en  note  ;  M.  Bieher, 
dans  Ath.  MUteil,,  XXXV  (1910),  p.  8,  note  2  ;  Weinreich,  dans  Ath.  Mit- 
ieil.,  XXXVII  (1912),  p.  38. 

Au  centre  de  la  salle  : 

34  (3936).  Marbre  blanc  à  très  gros  grain,  haut,  i  m.  98.  Aigle 
colossal  au  repos.  Prov.  de  l'île  de  Thasos.  Don  de  S.  A.  le 
Khe'dive  (fig.  82). 

Derrière  celui-ci,  appuyé'  contre   le  socle  : 

3  5  ('7856).  Calcaire  nummulitique,  long,  i  m.  20,  haut,  o  m.  60. 
Bain  de  siège.  Prov.  Alexandrie. 

3^"^  (3934)-  Marbre  blanc,  haut,  i  m.  05,  larg.  de  chaque  côte 
en  bas  o  m.  48,  en  haut  o  m.  36.  Base  triangulaire.  La 
partie  infe'rieure  des  surfaces  late'rales  est  orne'e  de  couples  de 
volutes  en  S,  de  rosaces  de  fleurs  stylise'es  et  des  ailes  de 
trois  sphinx,  dont  le  corps  est  engage'  dans  les  angles  du  can- 
délabre qui  est  censé'  reposer  sur  le  dos  de  ces  trois  monstres. 


22  5        

Au-dessus  du  sphinx,  l'angle  est  de'core'  d'une  file  verticale  d'astra- 
gales. Sur  la  surface  supérieure  le  trou  central  est  dans  un^tre'- 
pied  bas  de'core  par  des  feuilles  d'acanthe  et  de  vigne,  renversées. 

37  (393ï"393  5)-  Basalte  noir,  long,  i  m.  95,  haut,  (de  la  cuve) 
o  m.  61,  du  couvercle  o  m.  20.  Sarcophage  à  forme  de  bai- 
gnoire.  Les  surfaces  la- 

te'rales  de  la  cuve  sont 
décore'es  de  têtes  de  lion 
et  d'une  tête  de  lynx  en 
relief,  comme  le  n°  31 
qui  a  été  trouvé  en 
même  temps  et  dans  le 
même  lieu  que  celui-ci. 
Le  couvercle  du  sarco- 
phage a  le  flanc  anté- 
rieur décoré  par  un  lourd 
feston  de  fruits  et  fleurs 
(où  le  pavot  domine)  sou- 
tenu à  distance  conve- 
nable par  trois  génies 
ailés  qui  tiennent  dans 
leurs  mains  une  cou- 
ronne et  des  fleurs  de 
pavot. 

38  (20194).  Marbre  blanc, 
haut.  I  m.  20.  Statue 
d'homme  drapé  assis  sur 
une  élévation  de  terrain. 
Il  est  vêtu  du  chiton  et 
de  l'himation,  ^'dont  le 
pan  droit  est  ramassé 
sur  les  genoux.  La  tête 
et  les  bras  (qui  man- 
quent) étaient  travaillés 

à  part  et  insérés  dans  le  tronc.  C'est  probablement  la  statue 
d'un  écrivain  (Ménandre  ?).   Prov.  Basse  Egypte. 

39  (3930).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  85.  Avant-bras  soutenant 
dans  la  main  ouverte  une  grosse  sphère.  Il  devait  appartenir 
à  une  statue  colossale  (d'empereur.?).  L'effort  des  muscles  et 
le  gonflement  des  veines  causé  par  l'effort  est  bien  reproduit. 
Prov.    Benha  (ancienne  Athribis). 

A  gauche  de  l'entrée  : 

40  (17855).  Calcaire  nummulitique,  haut,   o  m.  64,  larg.  du  coté 


l'ig:.  i2. 


2  26       

aux  extrémités  des  volutes  o  m.  92.  Chapiteau  corintJiien. 
Chapiteau  d'une  colonne  cannele'e  appuye'e  à  un  pilastre.  Ce 
de'bris  d'un  grand  e'difice  qui  devait  se  trouver  dans  le  quartier 
roval  (il  provient  des  fondations  dune  maison  bâtie  le  long 
de  la  rue  Joussef  Eiz-Eddine)  remonte  au  III '"^  siècle  av. 
J.  Gh.  La  moitié'  infe'rieure  est  de'core'e  de  feuilles  d'acanthe 
dentelées  en  volutes  et  d'he'lices  concaves  enroulées  autour 
d'un  disque.  Au  centre  du  bord  de  la  tablette  supe'rieure  et 
dans  les  angles,  au-dessous  de  celle-ci,  sont  trois  fleurs,  dont 
les  hautes  tiges  em.ergent  parmi  les  feuilles  d'acanthe  (fig.   1 5, 

P-    77)- 

41  (3923)  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  52.  Torse  viril  nu.  Conserve' 
de  la  base  du  cou  au  pubis.  Les  bras  e'taient  travaille's  à 
part  comme  on  peut  s'en  rendre  compte  par  les  trous  ame'- 
nage's  à  cet  effet.  Non  seulement  la  partie  poste'rieure  n'est 
pas  travaille'e,  mais  elle  manque  sur  une  large  tranche  Evi- 
demment, ainsi  que  le  de'montre  davantage  un  gros  trou  carre' 
destine'  à  fixer  un  tesson,  le  torse  devait  être  attache'  à  une 
paroi.  Ce  torse  dun  travail  assez  soigne'  a  e'te'  trouve'  avec 
les  n"^  42,  43,  45.  Probablement  ils  faisaient  tous  partie  d'un 
même  groupe  de'coratif,  place'  sur  le  fronton  d'un  grand  e'di- 
fice. Ils  proviennent  de  la  zone  occupe'e  dans  l'antiquité'  par 
le  quartier   royal  près  du  port  oriental  (uéyag  /.iio'/ri. 

42  (3924).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  90.  Torse  de  femme,  plus 
grand  que  nature.  La  tête  et  les  bras,  travaille's  à  part,  man- 
quent; les  jambes  sont  coupe'es  à  mi-cuisse.  Le  poids  du  corps 
reposait  sur  la  jambe  gauc'ne  ;  la  jambe  droite  e'tait  avance'e  et 
fle'chie.  Le  bras  droit  devait  être  soulevé'  au-dessus  de  la  tête. 
Elle  est  habille'e  d'une  tunique  collante  faite  d'une  e'toffe  légère, 
noue'e  par  une  ceinture  sous  les  seins  qui  sont  bien  de'veloppe's, 
droits  et  solides.  La  tunique  e'tait  sans  manches,  ouverte  en  sa 
partie  supe'rieure  du  côte'  droit  et  retombant  sur  la  poitrine  de 
façon  à  laisser  tout  à  fait  à  de'couvert  un  des  seins.  La  partie 
poste'rieure  n'est  pas  travaille'e  ;  on  y  voit  par  contre  plusieurs 
trous  carrés  ou  rectangulaires  destine's  à  fixer  la  statue  à  une 
paroi.  Un  trou  pareil  est  sur  la  hanche  gauche  un  peu  en  ar- 
rière. Sur  la  cuisse  droite  et  entre  les  jambes  on  observe  des 
traces  e'videntes  d'oxydation.  C'est  dans  ces  points  qu'e'taient 
fixés  soit  les  ornements  soit  les  attributs  en  métal  qu'on  avait 
placés  sur  la  statue.  On  est  tenté  de  voir  dans  ce  torse,  d'après 
1  habit  et  le  mouvement,  le  reste  dune  Victoire.  Il  n'est  pas 
douteux  en  tous  cas  qu'il  rît  partie  d'un  groupe  décoratif, 
probablement  placé  sur  le  fronton  d'un  grand  édifice.  De  même 
que  la  statue  précédente,   malgré  le  travail    sommaire    et  les 


inégalités  d'exc'cution,  celle-ci  révèle  une    remarquable    habi- 
leté' et  produit  une  bonne  impression. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  De  Ricci,  Comptes  rendus   de  VAcad.  des  Ins- 
criptions, 19^8,  décembre;  Reixach   S.,  Répertoire,  IV,  238,  o. 

43  (3923).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  80,  Torse  viril. 
Ce  torse  viril,  qui  devait  repre'senter  un  homme  robuste  aux 
muscles  bien  développes,  est  travaille'  même  dans  la  partie  pos- 
te'rieure,  mais  il  faisait  groupe  avec  les  pre'ce'dents.  Tête,  jam- 
bes et  bras  (ceux-ci  travaille's  se'pare'ment)  manquent  ;  cepen- 
dant on  remarque  sans  peine  la  position  tourmente'e  qu'avait 
la  statue. 

43  (3928).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  75,  larg.  (entre  les  parties 
exte'rieures  des  genoux)  o  m.  60.  Fragment  de  statue  assise 
sur  un  trône,  plus  grande  que  nature.  Un  large  manteau  en- 
veloppe les  jambes  (toute  la  partie  supe'rieure  de  la  statue, 
qui  était  travaille'e  dans  un  autre  bloc  de  marbre,  manque)  ; 
un  pan  du  manteau  venant  du  flanc  gauche  est  ramasse'  sur 
les  jambes  entre  lesquelles  il  descend  en  beaux  et  riches  plis. 
La  partie  infe'rieure  de  la  jambe  gauche  à  partir  du  genou 
e'tait  travaille'e  se'pare'ment  et  elle  e'tait  nue.  S'il  n'en  était 
pas  ainsi,  on  ne  comprendrait  pas  pourquoi  l'artiste  aurait  tra- 
vaille' avec  tant  de  soin,  même  les  plis  du  manteau  qui  re- 
tombe sur  la  partie  ante'rieure  du  trône.  Il  est  même  évident 
que  la  statue  e'tait  haut  place'e  et  que  ces  de'tails  pouvaient 
être  vus  d'en  bas.  Ce  morceau  de  sculpture  est  d'un  travail 
plein  de  force  ;  remarquables  surtout  sont  les  plis  nombreux 
du  manteau,  profonde'ment  fouille's,  souples  et  mouvementés. 
Cette  statue  faisait  groupe  avec  les  trois  pre'ce'dentes,  mais  elle 
révèle  à  mon  avis  une  technique  plus  habile  et  plus  raffinée. 
Il  est  probable  que  cette  statue  était  au  milieu  du  fronton 
et  constituait  la  figure  centrale  du   groupe. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Reinach  S.,  Répertoire,  IV,  430,5  (femme  assise)  : 
cf.  C.  R.  Acad.,  1908,  pag.  794. 

46  (3866).  Marbre  blanc  d'un  grain  très  gros,  haut,  i  m.  20. 
Torse  viril.  La  chlamys  nouée  à  droite  est  jetée  derrière  les 
épaules  et  le  dos,  et  ne  recouvre  que  la  partie  supérieure  de 
la  poitrine.  Les  membres  sont  robustes  et  les  muscles  font 
une  forte  saillie.  Le  poids  du  corps  appuyait  sur  la  jambe  droite; 
la  jambe  gauche  avancée  était  légèrement  pliée.  Alalgré  le  dé- 
plorable état  de   conservation  on  y  reconnaft  un  bon  travail. 

47  (39 '6)-  Marbre  blanc  avec  taches  bleuâtres,  haut,  i  m.  90. 
Statue  colossale  assise  de  Sarapis  en  bon  état  de  conservation. 
Le  nez  manque  à  moitié  et  les  moustaches  sont  quelque  peu 
rongées.   Les  bras  sont  cassés  au-dessus  du  coude.  Le  dieu  est 


_ .      228       

assis  sur  un  trône  eleve,  les  pieds  appuye's  sur  un  escabeau 
transversal.  La  jambe  droite  est  avance'e,  et  la  plante  du  pied 
repose  entièrement  sur  l'escabeau  ;  la  jambe  gauche  est  fle'chie 
en  arrière  et  n'appuie  sur  l'escabeau  que  par  la  pointe  du 
pied.  L'habillement  se  compose  d'une  tunique  (chiton)  à  cour- 
tes manches  et  d'un  manteau.  Le  pan  gauche  de  celui-ci  des- 
cend de  i'e'paule  droite  sur  le  devant;  le  reste  du  manteau  des- 
cendant derrière  le  dos  laisse  libre  I'e'paule  droite  et  remonte 
sur  les  jambes,  et,  passant  par  dessus  la  cuisse  gauche,  retombe 
en  plis  lourds  vers  le  pied.  Le  corps  est  repre'sente'  de  face, 
la  tête  légèrement  tourne'e  vers  sa  droite.  Le  front  large  et 
haut,  saillant  vers  la  base,  est  ombrage'  par  les  mèches  de 
cheveux  qui  retombent  du  sommet  de  la  tête.  La  chevelure 
longue,  boucle'e  forme  une  ve'ritable  crinière.  Les  yeux  sont 
trop  grands  (ni  la  prunelle  ni  la  pupille  ne  sont  marque'es), 
mais  profonds  vers  la  racine  du  nez  ;  les  arcades  sourcilières 
sont  assez  de'veloppe'es  et  presque  enfle'es  Le  nez  e'tait  fort 
et  droit.  Une  riche  barbe  boucle'e  encadre  les  joues  et  le 
menton  carre'  et  robuste.  De  longues  moustaches,  retombant 
à  la  chinoise,  aux  pointes  releve'es  en  boucle,  ombragent  la 
bouche  sinueuse,  charnue,  entr'ouverte.  L'expression  de  la  sta- 
tue est  re'fle'chie,  se'rieuse  et  douce  en  même  temps  5  elle  re'- 
vèle  aussi  une  tranquille  assurance  et  une  calme  autorite'.  Au 
sommet  de  la  tête,  est  dessine'  le  bord  infe'rieur  du  modius,  qui 
e'tait  travaille'  se'pare'ment  et  fixe'  dans  une  profonde  cavité'  rec- 
tangulaire. La  main  gauche  souleve'e  à  hauteur  de  I'e'paule 
s'appuyait  à  un  long  sceptre  ;  la  main  droite  baisse'e  s'ap- 
puyait sur  la  tête  du  gardien  infernal,  le  monstre  trice'phale 
Cerbère  (fig.  21,  pag.  97).  Epoque  romaine.  Prov.  Alexandrie 
(Rue  Adibj.  En  avant  se  trouve  une  me'diocre  copie  d'e'poque 
romaine,  qui  pre'sente  cependant  quelques  reflets  de  la  beauté' 
du  ce'lèbre  chef-d'œuvre  helle'nistique  ve'ne'rè  au  Se'rapeum, 

BlBLIOGR.\PHIE.  —  Sur  les  statues  de  Sarapis  v.  Amei.ung,  Le  Sa- 
rapis  de  Briaxis  dans  Rev.  Arch.,  IV™^  Série,  Tome  II,  pag-.  177-204;  cfr. 
Isidore  Lévy,  Sarapis  (Extrait  de  la  Revue  de  l'Histoire  des  Religions, 
1913)  et  Weber  W.,  Die  aegyptische-griechischen  Terral'oiten,  Berlin, 
Curtius,  1914,  p.  25  et  sq.  ;  Reinach  S.,  Répertoire,  II,  18,11. 

48  (3913).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  60.  Sarapis  assis.  Cet  exem- 
plaire est  ace'phale;  mais  il  garde,  en  plus  du  pre'ce'dent,  des 
restes  du  Cerbère  :  au  milieu  est  une  tête  de  chien,  et  par 
côte'  des  têtes  de  serpent. 

49  (3917^'  Chaux  et  plâtre,  haut,  o  m.  35.  Tête  colossale  de 
Sarapis  (fig.  83),  au-dessus  d'une  belle  colonne  en  marbre 
violet. 

50  (79).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.    30.    Torse  d'une  statue  (d'O- 


229        

siris  ?),  représentant  un  homme  habille'  d'une  tunique  collante, 
■  lisse,  aux  longues  manches,  au  bord  supe'rieur  rabattu  autour 
du  cou.  Il  a  les  deux  mains  replie'es  sur  la  poitrine,  serrant 
de  la  droite  le  fouet  et 
de  la  gauche  le  crochet 
osiriaques.  Sur  le  bord 
rabattu  de  la  tunique, 
sont  repre'sente's  en  re- 
lief une  étoile  à  sept 
pointes,  deux  scarabe'es, 
un  croissant;  sur  la 
poitrine,  à  droite  et  à 
gauche,  sont  deux  gros- 
ses e'toiles.  Sur  le  ventre, 
deux  bœufs  Apis  vis-à- 
vis  en  deçà  et  au-delà  du 
long  serpent  qui  monte 
verticalement  le  long  du 
corps  jusqu'au  sommet 
de  la  poitrine.  D'autres 
e'toiles,  volutes,  etc.,  c- 
taient  dans  la  partie  in- 

fe'rieure.  Est-ce  bien  une  '^"    '^' 

statue  d'Osiris,  ainsi  que 

le  croit  le  prof.  Weber  ?  J'avais  pense'  y  reconnaître  un 
prêtre  de  Sarapis  ou  de  Mithra.  Prov.  Alexandrie  (ruines  du 
Se'rapeum,  colonne  dite  de  Pompe'e). 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Breccia,  Rapport    sur   le   jnarche   du    Service 
du  Musée  (1910-111,  p.  13,  pi.  IV  ;  Weber,    Terrakotten,  p.  40,  fig-.   25. 

51  (3909).  Marbre  bleuâtre,  haut,  i  m.  25.  Autve  slattte  de  Sa- 
rapis assis,  assez  mal  conservée. 

Sur  l'e'tagère  : 

52  (3912).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  50.  Moitié'  ante'rieure  d'une 
iêie  colossale  de  Sarapis.  Le  crâne  et  la  chevelure  devaient 
être  comple'te's  en  plâtre.  Pour  les  caracte'ristiques  de  cette 
tête,  il  faudrait  repe'ter  à  peu  de  chose  près  ce  que  nous 
avons  observe'  au  sujet  des  autres  meilleures  images  de  Sa- 
rapis. Le  travail,  sans  être  d'une  finesse  extraordinaire,  n'est 
pas  grossier.  A  remarquer  les  traces  nombreuses  et  e'videntes 
de  polychromie  (au  moment  de  la  de'couverte  on  a  pu  observer 
même  quelque  trace  de  dorure). 

52*  (3914).  Basalte  noir,  haut,  o  m.  51.  Tête  colossale  de  Sarapis. 
Cette  belle  tête  de  Sarapis  a  cte'  elle  aussi  trouve'e    dans   les 


230     

environs  de  la  colonne  dite  de  Pompe'e.  Elle  est  travaille'e  avec 
une  remarquable  habileté  technique  et  produit  une  bonne  im- 
pression, maigre  son  me'diocre  e'tat  de  conservation.  Les  pupil- 
les sont  marque'es  par  un  cercle.  La  couleur  de  cette  tête  rap- 
pelle que  la  première  statue  originale  de  Sara  pis,  expose'e  et 
adore'e  au  Se'rapeum,  e'tait  de  couleur  bleu-noirâtre. 

53  (3900)-  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut,  o  m.  35  (fig.  84).  Por- 
trait  d'inconnu.  Conservation  parfaite.  Mr  Hogarth  se  demandait 
à  tort,  je  pense,  mais  sans  oser  re'pondre  affirmativement,  s'il  ne 
repre'sentait  pas  l'empereur  Hadrien.  Traits  individuels  repro- 
duits avec  un  soin  et  une  pre'cision  admirables.  C'est  un  homme 
âge,  bien  en    chairs,  presque  gras,  aux  formes  abondantes  et 

molles.  Le  crâne,  large  et  ron- 
delet, accuse  une  asyme'trie  ac- 
centuc'e.  Tandis  que  la  tempe 
gauche  est  plate  et  fuyante,  au- 
dessus  de  l'oreille  gauche  le 
crâne  s'enfle  en  une  large  bosse. 
La  moitié'  droite  du  crâne  est 
saillante.  Le  front  étroit  et  haut 
est  traverse'  par  une  profonde 
ride  horizontale  et  fait  saillie 
vers  la  racine  du  nez,  près  des 
arcades  sourcilières.  Les  yeux 
assez  profonds  près  du  nez  ont 
le  globe  proe'minent.  Ni'  la  pru- 
nelle ni  la  pupille  ne  sont  mar- 
que'es. Le  nez,  long  et  fort,  ne 
descend  pas  en  ligne  droite, 
mais  en  ligne  d'abord  saillante 
et  ensuite  baisse'e  près  de  la  pointe.  Le  visage  est  complète- 
ment rase,  les  joues  charnues,  quelque  peu  retombantes.  Deux 
rides  profondes  descendant  transversalement  de  la  base  du 
nez  encadrent  la  bouche  aux  lèvres  plutôt  minces  et  ferme'es. 
Le  menton  est  large  et  le'gèrement  pointu.  Un  ruban  (diadème?) 
e'troit,  mais  e'pais,  fait  le  tour  entier  du  crâne  qui  est  presque 
tout  à  fait  chauve.  L'artiste  a  su  traiter  son  sujet  avec  une 
re'elle  habileté'  technique.  Prov.  Kôm-el-Khanziri  (Basse  Egypte). 

54  (3878).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  49.  Apollon  assis  sur. 
Voniphalos.  La  tête  fait  de'faut,  le  bras  droit  est  casse'  au-dessus 
du  bicepi,  le  pied  et  la  main  gauche  manquent  aussi.  La  tête 
et  la  main  gauche  e'taient  rapporte'es.  Apollon  est  repre'sente 
à  moitié'  nu.  Le  manteau,  jeté'  sur  les  jambes,  laisse  tout  à 
fait  à  de'couvert  l'abdomen  et  la   poitrine,  et,  contournant  la 


84. 


231     

hanche  droite,  remonte  un  peu  derrière  le  dos  et  va  se  ramas- 
ser sur  l'avant-bras  gauche  pour  retomber  entre  les  jambes.  Le 
pied  gauche  reposait  à  plat  sur  le  sol,  la  jambe  droite  est  le'- 
gèrement  pousse'e  en  arrière  et  fle'chie.  C'est  un  jeune  homme 
aux  formes  sveltes  et  robustes,  à  la  musculature  fortement 
de'veloppe'e.  Le  modèle  est  bien  rendu.  La  draperie  est  un 
peu  sèche.  Cette  statue  est  probablement  une  copie  réduite 
d'un  original  en  bronze.  Elle  remonte  à  l'époque  helle'nistique 
et  l'original  peut  être  place'  au  III"'^  siècle  av.  J.-Ch.  L'om- 
phalos  est  un  tronc  de  cône  assez  simple,  sans  décoration.  L'om- 
phalos  était  censé  représenter  le  nombril  du  monde  et  il 
était  placé  à  Delphes  dans  l'adyton  du  temple  à  côté  de  la  statue 
d'or  d'Apollon.  Souvent  il  est  représenté  couvert  de  bandelettes 
et  de  branches  de  laurier.  L'omphalos  en  granit  rouge  (voir 
n"  54 '"^  appuyé  au  sol  devant  la  statue  d'Apollon)  que  j'ai  ré- 
cemment recueilli  à  Hadra  est  entouré  d'un  serpent  :  c'est  une 
allusion  évidente  à  l'un  des  dogmes  fondamentaux  de  la  religion 
pythique,  à  la  victoire  remportée  par  le  dieu  sur  le  serpent 
Python.  Notre  Apollon  assis  sur  l'omphalos  a  été  acheté  à  Alex- 
andrie en  igo2,  mais  il  paraît  qu'il  a  été  importé  d'Asie 
Mineure. 

BIBLIOGRAPHIE  —  alan  J.  Wace,  Apollo  seated  on  the  Omphalos, 
dans  Animal  of  the  British  School  at  Athens,  vol.  ]X  (1902-03),  p.  211-242; 
Reinach  s.,  Répertoii  e,  JI,  361,3.  =  IV,  57.-. 

5  3  (s^^S)  Granit  vert,  haut,  o  m.  60.  Porteur  d'outre.  On  a 
désigné,  à  tort  selon  moi,  cette  statue  comme  étant  celle 
de  Bacchus  trébuchant  sur  une  outre  pleine  de  vin.  La  fi- 
gure n"a  aucun  des  caractères  de  Bacchus.  Il  semble  plus 
probable  que  nous  avons  affaire  ici  à  un  exemplaire  de  ces 
sujets  de  genre,  de  ces  scènes  de  la  rue,  dont  lé  goût,  selon 
quelques  archéologues,  aurait  caractérisé  un  des  styles  de  l'art 
alexandrin.  Nous  nous  trouvons  probablement  en  face  d'un 
vendeur  d'eau  ou  d'un  porteur  de  vin  (v.  la  grappe  de  raisin 
sur  le   tronc  d'arbre).   Travail  sommaire. 

56-59.  Quatre  statues  romaines.,  acéphales,  simplement  décora- 
tives, honoraires  ou  funéraires.  Toutes  ont  été  découvertes  à 
Alexandrie,  probablement  près  du  cimetière  romain  de  Sidi 
Gaber. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  A.  J.  Reinach,  Bull.  Soc.  Arch.,  it  (1909),  p.  300  sq. 

56  (3907).  Marbre  blanc  à  larges  taches  bleuâtres,  haut.  1  m.  55. 
Personnage  drapé  court,  bien  en  chair,  la  jambe  droite 
appuyée  à  un  tronc  d'arbre,  la  gauche  dégagée,  légèrement 
pliée;  habillé  de  la  tunique  et  de  la  toge.  Le  bras  droit 
était  allongé  et  appuyé  sur  le  tronc  d'arbre.  De  la  main  gau- 


232      

che.  soulevée  à  hauteur  de  l'abdomen,  il  tient  une  mappa.  Les 
pieds  sont  chausse's  de  calcei  de  l'espèce  la  plus  commune 
[péronés)    en    cuir    souple.  Travail  sommaire. 

57  (39^9)-  Marbre  blanc  à  taches  bleuâtres,  haut,  i  m.  73.  Per- 
sonnage drapé ^  dans  la  même  position  que  le  pre'cëdent.  Seu- 
lement le  bras  droit,  au  lieu  d'être  allonge',  est  replie'  sur  la 
poitrine  et  retenu  par  les  plis  de  la  toge.  Il  est  chausse'  du 
calcetis  patricïus.  Travail  d'atelier. 

58  (3904).  iMarbre  blanc,  haut,  i  m.  75.  Personnage  drapé^ 
debout  dans  la  même  attitude  que  les  prëce'dents  ;  mais 
la  jambe  droite,  au  lieu  d'être  appuye'e  contre  un  tronc  d'ar- 
bre ou  un  pilier,  est  contiguè"  à  une  ciste  (capsa)  surmonte'e 
de  rouleaux  de  papyrus.  De  la  main  gauche  il  tient  la  niappa^ 
de  la  droite  une  patère.  Une  bague  entoure  l'annulaire  de  la 
main  gauche.  Aux  pieds,  des  calcei  de  l'espèce  la  plus  com- 
mune. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  V.  11.0556-59:  Rki^acu  S.,  Répertoire,  11,625,2. 

59  (3902).  Marbre  blanc,  haut,  i  m.  30.  Personnage  drapé, 
debout,  s'appuyant  sur  la  jambe  gauche  qui  touche  à  une 
capsa  surmonte'e  d'un  paquet  de  rouleaux.  La  main  gauche, 
qui  fait  de'faut,  e'tait  souleve'e  jusqu'à  hauteur  de  l'abdomen  ; 
la  main  droite  allonge'e,  quelque  peu  e'carte'e,  soutient  un  pan 
de  l'ample  et  riche  toge.  Travail  moins  sommaire  que  celui  des 
prëce'dents. 

Sur  l'e'tagère  : 

ôo(j6ita).  Portrait  réaliste  de  femme  mûre,  aux  traits  vulgaires, 
aux  joues  charnues,  mais  molles,  à  la  coiffure  plate  à  ondula- 
tions parallèles  allant  du   front  à  la  nuque. 

61  (3897).  Marbre  blanc,  haut,  o  m.  65,  long,  i  m.  40  (fig.  85).  Per- 
sonnage couché.  Vieillard  à  demi-e'tendu  sur  un  lit.  Le  poids 
du  corps  appuie  sur  le  côte'  gauche.  La  tête  est  le'gèrement 
tourne'e  vers  sa  droite.  Il  est  habille'  d'une  tunique  et  d'un 
manteau.  Celui-ci  couvre  seulement  l'épaule  gauche  et  les 
jambes.  L'avant-bras  gauche,  appuyé'  sur  une  sorte  de  coussin, 
soutient  en  grande  partie  le  poids  de  la  moitié'  supe'rieure 
du  corps.  De  la  main  gauche  le  personnage  tient  un  vase  à 
boire  ;  de  la  main  droite,  allonge'e  et  abandonne'e  sur  la  cuisse, 
du  même  côte',  un  bouquet  de  fleurs.  Les  traits  sont  indivi- 
duels, et  la  tête  en  tant  que  portrait  est  très  digne  d'attention. 
Le  crâne  grand  et  rond  est  tout  à  fait  chauve  dans  la  partie 
supe'rieure.  Le  front  large  est  traverse'  par  des  rides  profon- 
des.   Les    veux    gros    proe'minents    n'ont    ni    la    prunelle    ni 


233 

l'iris  marques,  et  ils  sont  entourés  d'e'paisses  paupières.  L'ar- 
cade sourcilière  est  très  peu  accentue'e.  Le  nez  large  et  fort 
surmonte  une  bouche  large  et  sinueuse.  Le  menton  large  est 
entoure'  d'une  barbe  fine  marque'e  par  des  traits  superficiels, 
de  même  les  moustaches  dont  les  pointes  retombent  à  la  chi- 
noise. Ce  travail  d'atelier  est  plein  de  de'fauts,  mais  la  tête  est 
assez  caractéristique.  La  mollesse  de  formes  du  vieillard  est 
e'galement  rendue  avec  un  certain  succès. 

BIBLIOGRAPHIE.  —    Schreiber,  Kôm-esch-Schukâfa,  pag.  256;  Col- 
nGNON,  Les  statues  funéraires,  pag.  357,  fig-.  227. 

A  l'entre'e  de  la  salle    17: 

62  (3896).  Marbre  blanc,  long,  o  m.  40.  Génie  funéraire.  Il  est 
couché  sur  le  coté  droit,  appuyant  la  tête  sur  son  bras  gau- 
che replié.  Le  bras  droit  est  allongé  en  avant  près  d'une 
torche  appuyée  au  sol.  La  tête,  qui  fait  défaut,  était  rapportée. 
A  remarquer  la  ressemblance  de  ce  type  de  génie  funéraire 
avec  celui  qui  lui  fait  face.  Ceux  qui  ne  le  croient  pas  plus 
ancien  que  la  Renaissance  italienne  pourraient  avoir  tort. 


Fig.  85. 


234 


SALLES  17-18. 


J'aurais  voulu  arranger  par  séries  disliactes  et  sJpare'es  toutes 
les  différentes  catégories  de  petites  pièces  (ustensiles,  lampes,  ver- 
reries, figurines  en  terre  cuite,  produits  de  la  ce'ramique,  etc  ), 
qui  remplissent  les  salles  17  et  185  mais  l'accroissement  incessant 
de  nos  collections,  les  conditions  de  l'e'difice,  et  surtout  les  vi- 
trines d'un  modèle  peu  pratique,  m'ont  trop  souvent  empêche' 
de  mettre  intégralement  à  exe'cution  un  classement  me'thodique 
et  de'finitif.  Cependant  j'ai  groupe'  autant  que  possible  les  pièces 
selon  leur  affinité',  soit  de  matière,  soit  de  sujet,  soit  de  prove- 
nance, et  le  visiteur  pourra,  j'espère,  acque'rir  une  notion  assez 
claire  de  l'inte'rêt  qui  s'attache  à  chacun  de  ces  groupements. 

D'ailleurs,  pour  ne  pas  l'obliger  à  revenir  plus  d'une  fois 
devant  une  même  vitrine,  je  vais  donner  ici  en  tête  de  cette 
partie  du  guide,  dans  de  courts  chapitres  pre'liminaires,  quelques 
mots  d'explication  sur  le  caractère  des  se'ries  les  plus  impor- 
tantes ou  les  plus   richement  repre'sente'es  : 

i")  Urnes  cinéraires  ; 

2°)  Lampes  ; 

3°)  Figurines  en  terre  cuite. 

Urnes  cinéraires.  —  Les  Grecs  alexandrins  ont  indiffe'rem- 
ment  employé'  pour  leurs  morts  soit  l'inhumation  soit  la  cre'- 
mation.  Les  cendres  des  cadavres  brùle's  dans  un  endroit  ad  hoc 
(appelé'  tistrimim  par  les  Romains)  place'  au  milieu  ou  à  proxi- 
mité' des  ne'cropoles,  e'taient  recueillies  dans  des  vases,  ge'ne'rale- 
ment  en  terre  cuite,  dont  les  types  les  plus  fre'quents  sont 
VJiydrie  ou  le  kalpe.  Vamphore  et  moins  fre'quemment  le  cratère 
ou  le  stamnos. 

En  gène'ral,  ces  vases  se  rattachent,  quant  à  la  forme,  à  la 
ce'ramique  grecque  ;  mais  ils  ont  ete'  trouve's  à  Alexandrie  en 
telle  quantité'  et  beaucoup  d'entre  eux  pre'sentent  une  de'coration 
si  particulière  qu'ils  peuvent  bien  constituer  une  section  à  part 
dans  l'histoire  de  la  ce'ramique  et  qu'on  pourrait  les  appeler 
«  urnes  cine'raires  alexandrines  ». 

«)  Une  première  cate'gorie.  la  plus  nombreuse,  est  forme'e  par 
les  urnes  hydriformes  ou  amphoriformes.  qui  sur  le  fond  jau- 
nâtre   ou    rougeâtre    de    la  terre    cuite    portent  une  décoration 


236 

très  caractéristique.  Celle-ci  consiste  en  bandes  line'aires  plus  ou 
moins  larges,  tire'es  en  cercle  autour  du  pied,  à  moitié'  de  la 
panse,  sur  l'épaule,  autour  du  col  et  de  l'embouchure.  Les  cercles 
qui  entourent  la  panse  et  l'e'paule  sont  re'unis  entre  eux  par 
des  lignes  verticales  ou  par  des  palmettes  près  des  anses  (fig.  86). 
Dans  les  espaces  ainsi  encadre's  sont  peintes  en  marron  ou 
en  noir  des  spirales  qui  se  re'pètenr,  des  palmettes,  des  rosaces, 
des  festons^ou  des  guirlandes  de  fleurs,  des  branches  de  lierre, 

d'olivier,  de  laurier  (fig.  87  ;  cfr. 
fig.  86;  fig.  12.  p.  71).  Plus  rarement 
on  V  rencontre  une  perspective  archi- 
tectonique,  des  dauphins  (fig.  88),  des 
oiseaux  aquatiques,  des  chevaux  aile's, 
une  scène  de  combat  (fig.  89),  un 
profil  de  tête  humaine. 

Ces  urnes  datent  toutes  du  III'"^ 
siècle  av.  J.-Ch.  et  même  de  la  fin 
du  IV"^*^.  On  les  a  trouve'es  en  grande 
quantité'  à  Chatby,  à  l'Ibrahimieh,  à 
Hadra  (d'où  la  de'nomination  commune 
de  Hadra-Vasen)  et  même  dans  la 
ne'cropole  occidentale  (Gabbari-War- 
dian).  Ce  tvpe  d'urnes  cine'raires  est 
originaire  d'Alexandrie,  d'où  il  a  e'te' 
importe'  à  Chypre,  en  Crète,  à  Rhodes, 
dans   la  Russie    me'ridionale. 

Beaucoup  de  ces  urnes  portent  soit 

°"   ^  '  en    peinture    soit    en    graffite    sur   la 

panse    ou    sur    l'e'paule,   le  nom    du 

défunt   souvent   accompagne  du  nom  du  père  et  de  l'indication 

de  sa  patrie. 

Un  groupe  de  ces  inscriptions  nous  permet  de  fixer  avec  pre'- 
cision  la  date  de  leur  emploi.  Elles  appartiennent  soit  à  des 
mercenaires  des  Ptole'me'es,  originaires  de  Thrace,  de  Crète,  de 
Thessalie,  etc.,  soit  à  des  ambassadeurs  des  fêtes  religieuses 
iOeoooI)  envoye's  en  mission  à  Alexandrie  et  morts  dans  cette 
ville,  où  ils  ont  e'te'  ensevelis  par  les  soins  d'un  fonctionnaire 
ou  d'un  entrepreneur  de  pompes  funèbres. 

^)  Une  seconde  classe  est  constitue'e  par  les  vases  qui,  tout 
en  ayant  les  mêmes  formes  que  les  prece'dents,  ont  e'te'  de'core's 
d'une  peinture  à  la  gouache  après  leur  cuisson  de'finitive.  Ils  ont 
e'te  enduits  d'un  badigeon  à  la  chaux  et  sur  celui-ci  on  a  peint 
en  plusieurs  couleurs,  souvent  assez  bien  conserve'es,  soit  un 
feston  de  fleurs,  soit  des  rubans,  soit  des  armes  (fig.  13,  p.  71)1 


237 

des  amphores  panathenaïques,  des  momuments  fune'raires,  un 
gorgoneion  (tête  de  Méduse)  et  même  des  parties  de  Thabille- 
ment  (par  ex.    une  paire  de  souliers). 

Les  urnes  en  terre  cuite  vernissée  en  noir  avec  décoration  en 
blanc  surperposé  (fig.  89),  souvent  portant  des  médaillons  ou  pla- 
quettes en  relief,  sont  également  fréquentes,  à  Alexandrie,  mais 
elles  n'ont  rien  de  particulièrement  alexandrin,  ayant  été  im- 
portées de  l'étranger  (de  l'Italie  méridionale  probablement),  ou 
étant  des  imitations  locales  de  cette  même  céramique  étrangère. 
Les  urnes  cinéraires  en  albâtre  sont  de  même  assez  fréquentes. 
Vers  la  fin  de  l'époque  hellénistique  et  à  l'époque  romaine  les 
urnes  en  terre  cuite  émaillée  de  vert  et  en  plomb  deviennent 
fréquentes.   On  en  a  trouvé  même  en    verre, 

BIBLIOGRAPHIE. -SchmkibkrTh.,  Die  !^ekropole  von  Kôm  e>;ch-SchHkâfa, 
Kapitel  XVI,  §7  ;  Breccia  Ev.,  Iscrizioni  greche  e  /«/?;/<?  (Catalogue  Général), 
p.  IX-XVII  ;  La  Necropoli  di  Sciatbi,  p.  25  sq.  ;  Pagenstkcher  R.,  Die  grie- 
chisch-aegyptischen  Sainmlung  Ernst  von  Sieglin,  3er  Teil.  Dans  ces  ouvra- 
ges on  trouvera  citée  toute  la  littérature  antérieure.  D'une  façon  générale,  je 
reriviàe  à  ces  publications  pour  ce  qui  se  réfère  à  tous  les  produits  céramiques 
conservés  au  Musée  gréco-romain  et  publiés  jusqu'à  ce  jour. 

Lampes.  —  La  quantité  de  lampes  qu'on  trouve  à  Alexandrie, 
soit  dans  les  collines  de  détritus,  soit  à  côté  ou  à  l'intérieur 
des  tombes,  est  vraiment  extraordinaire.  Le  Musée  en  possède 


■:_\ 


Fig.    91.  Fig.   02. 

une^collection  de  plusieurs  centaines,  dont  une  publication  scien- 
tifique montrera  la  grande  importance.  En  effet,  les  lampes 
comptent  parmi  les  plus  précieux  et  les  plus  intéressants  pro- 
duits de  la  céramique  ancienne. 

Les  Grecs  avaient  en  général  l'habitude  de  s'éclairer  avec  des 
chandelles:  mais  on  trouve  des  traces  de  lampes  jusqu'à  l'épo- 
que mycénienne  et  l'usage  doit  en  être  devenu  commun  à  l'é- 


238 

poque  hellénistique.  Nous  en  avons  découvert  une  quantité' 
considérable  dans  des  tombes  du  III""^  siècle  av.  J.-Ch.  L'or,  le 
bronze,  l'albâtre,  le  verre  ont  e'te'  employe's  depuis  l'origine  pour 
fabriquer  les  lampes  ;  mais  l'argile  cuite  est  naturellement  la 
matière  prédominante  La  plupart  des  lampes  sont  faites  au 
moule,  en  deux  coquilles,  supérieure  et  infe'rieure,  qu'on  ajuste 
ensuite  l'une  contre   l'autre  avant  la  cuisson. 

Dans  notre  collection  on  peut  aisément  distinguer  les  lampes 
preromaines,  romaines  et  chre'tiennes.  Les  lampes  preromaines 
ne  portent  en  ge'neral  aucune  de'coration  en  relief  ;  elles  sont 
aussi  très  simples  :  un  re'cipient  rond,  cylindrique,  avec  un  large 
trou   central  pour  v  verser  l'huile.   Elles  sont  de'pourvues  d'anse 

poste'rieure  et  n'ont  qu'une  petite 
proe'minence  late'rale  perce'e  d'un 
petit  trou  qui  devait  servir  à 
enfiler  ces  lampes  par  dizaines  à 
une  ficelle  pour  les  suspendre 
à  un  clou,  soit  dans  la  fabrique, 
soit  dans  la  boutique  du  mar- 
chand. D'autres  ont  le  re'cipient 
demi-sphe'rique,  monte'  sur  pied, 
avec  manche  late'ral  en  forme 
d'anneau  assez  large,  avec  bec 
mince  proe'minent,  sur  la  pointe 
duquel  est  un  trou  circulaire 
d'où  sortait  le  lumignon.  Le  bord 
du  trou  central  supe'rieur  est  dé- 
core' d'une  spirale  qui  se  re'pète 
en  noir  sur  fond  rouge.  Les  unes 
et  les  autres  sont  d'une  belle  argile  rouge,  sans  autre  de'coration, 
recouvertes  d'un  beau  vernis  noir  me'tallique  brillant.  Les  exem- 
plaires à  deux  becs  sont  très  rares. 

On  rencontre  aussi  des  e'cuelles  en  terre  cuite  ou  en  bronze, 
dont  le  bord  est  comme  pince'  de  manière  à  former  un  bec. 
Aux  nombreux  spe'cimens  de  lampes  de  ce  genre  recueiUis  à 
Chypre  et  en  Phe'nicie  et  dans  la  plupart  des  re'gions  où  les 
Phe'niciens  ont  se'journe',  il  faut  ajouter  la  riche  collection  d'A- 
lexandrie. Sous  l'empire,  l'usage  des  lampes  devint  ge'neral  dans 
tout  le  monde  romain.  Les  lampes  de  cette  e'poque  sont  beau- 
coup plus  aplaties  que  les  pre'ce'dentes.  On  peut  en  distinguer 
deux  types  principaux  (pour  les  lampes  chre'tiennes,  v.  plus  loin). 
a)  Lampes  à  re'cipient  rond,  sans  anse,  munies  d'un  bec  très 
de'tache',  le  plus  souvent  orne'  de  volutes  (fig.   91). 

/5)  Lampes   à    re'cipient    plus    ou    moins    rond,   munies    d'une 


Fiir. 


239     

anse  postérieure  en  forme  d'anneau  (fig.  92),  de  triangle  (fig.  93), 
de  croissant,  etc.)  ;  le  bec  est  court  et  rond. 

Le  re'cipient  e'tait  tantôt  à  air  libre,  tantôt  couvert.  Dans  ce 
dernier  cas  la  face  supe'rieure  était  percée  d'un  ou  plusieurs 
orifices  où  l'huile  était  versée.  Parfois,  cet  orifice  ou  ces  orifices 
étaient  fermés  par  un  couvercle  mobile  (v.  une  lampe  en  bronze 
dans  le  compartiment  du  milieu  de  la  vitrine  G,  salle  17).  Il  y 
a  aussi  des  lampes  à  suspension,  d'autres  qui  pouvaient  se  fixer 
au  moven  d'un  tube  central,  d'autres  qui  étaient  soutenues  par 
■un  pied  formant  une  seule  pièce  avec  la  lampe  même. 

A  côté  des  petites  lampes  à  une  seule  mèche,  on  en  trouve 
de  plus  grandes  à  deux,  à  trois,  à  cinq,  à  sept,  parfois  jusqu'à 
vingt  mèches. 

Nous  avons  dit  que  les  types  principaux  sont  au  nombre  de 
deux  ;  mais  naturellement  Tusage  et  le  caprice  créèrent  une 
quantité  de  variétés  secondaires.  On  eut  des  lampes  en  forme 
de  vase,  en  forme  de  statuette  ou  en  forme  de  maisonnette,  en 
forme  de  pied,  de  tête  (quelquefois  grotesque)  d'un  animal,  etc. 

Les  lampes  portaient  fréquemment  des  inscriptions  destinées 
soit  à  indiquer  à  l'acheteur  le  sujet  représenté  sur  la  lampe, 
soit  à  marquer  le  nombre  d'heures  que  la  lampe  pouvait  durer 
allumée  (5  heures,  3  heures  et  ainsi  de  suite).  D'autres  inscrip- 
tions sont  des  acclamations  ou  des  formules  que  le  fabricant  ou  la 
lampe  elle-même  était  censée  adresser  au  public.  D'autres  en- 
fin, et  ce  sont  de  beaucoup  les  plus  nombreuses,  portent  des 
signatures  de  potiers,  de  véritables  marques  de  fabrique.  Nom- 
breuses sont  les  lampes  importées  d'Italie,  mais  très  nombreuses 
aussi  les  lampes  de  fabrication  locale.  Les  marques  les  plus  fré- 
quentes à  Alexandrie  sont  :  Phœtaspi,  Strobili,  Octavi.  G.  Dessi, 
Fortis,  Ei'TÎ'/oi\  etc. 

Plus  souvent  encore,  les  lampes  portent  des  ornements  en 
relief,  sur  le  disque  supérieur  ou  sur  l'anse  postérieure,  dont 
la  superficie  est  parfois  considérable.  Ce  sont  tantôt  des  images 
de  dieux,  des  emblèmes  empruntés  au  culte,  des  scènes  mytho- 
logiques ou  héroïques,  plus  rarement  des  sujets  historiques,  parfois 
des  fables  d'Esope,  des  spectacles  du  cirque,  des  situations  sca- 
breuses, etc.  Nous  devons  nous  borner  à  ne  signaler  dans  les 
pages  suivantes  que  quelques-unes  des  lampes  les  plus  intéres- 
santes soit  pour  leur  forme,  soit  pour  la  beauté  ou  l'importance 
ou  la  curiosité  de  la  scène  qu'on  y  voit  représentée. 

Figurines  EN  terre  cuite  (fig.  94).  —  Depuis  la  grande  décou- 
verte des  figurines  en  terre  cuite  à  Tanagra,  puis  en  Asie  Mineure 
et  en  d'autres  endroits  du  monde  grec,  un  grand   intérêt    s'est 


240 

attache  à  ce  genre  d'antiquite's.  Les  figurines  d'Alexandrie,  bien 
que  peu  connues  jusqu'ici,  ont  pourtant  une  importance  re'elle, 
soit  à  cause  de  leur  varie'te',  soit  à  cause  de  la  finesse  et  de  l'ide'ali- 
sation  de  certains  types.  Les  figurines  du  genre  grotesque  parais- 
sent plus  fréquentes,  en  ge'neral,  à  l'e'poque  romaine.  Les  arche'o- 
logues  se  sont  souvent  demande'  pour  quelle  raison  les  anciens 
ont  place'  ces  figurines  dans  leurs  tombes.  A  l'origine,  <  ces 
figurines,  qui  ont  un  caractère  votif,  sont  e'videmment  en  relation 
avec  les  croyances  fune'raires  >. 

«  Que  dans  des  siècles  de  foi,  comme  au  temps  des  guerres' 
me'diques,  on  enterrât,  avec  le  mort,  des  images  du  culte  repre'- 
sentant  des  divinite's,  rien  n'est  plus  naturel  ;  on  l'entourait  de 
ses  dieux,  on  y  joignait  ses  armes,  ses  bijoux,  tout  ce  qui  lui 
avait  e'të  familier  pendant  sa  vie.  Plus  tard,  quand  le  sentiment 
religieux  se  relâcha,  on  continua  à  respecter  la  tradition  dont 
le  sens  s'est  obscurci;  on  persista  à  placer,  dans  le  tombeau  du 
mort,  des  figurines  qui  lui  rappelleront,  dans  l'autre  vie,  les 
compagnons  de  son  existence  mortelle;  ces  personnages  char- 
meront la  vie  à  demi-re'elle  qui  l'anime  encore  dans  le  tombeau  ; 
ils  remplacent  les  êtres  vivants,  esclaves,  chevaux,  qu'aux  temps 
he'roïques  on  immolait  sur  la  tombe  du  guerrier  pour  qu'il  arrive 
dans  l'Hadès  escorte'  de  ses  compagnons  habituels  ».  Dans  cette 
belle  page  de  x\I.  CoUignon,  il  y  a  certes  une  grande  part  de  vrai, 
mais  je  crois  qu'à  l'e'poque  alexandrine  et  romaine,  le  sens  symbolique 
originaire  s'e'tait  complètement  obscurci,  et  que  l'influence  des 
croyances  religieuses  sur  cette  habitude  e'tait  nulle  ou  presque 
nulle.  On  doit  voir  plutôt  dans  la  pre'sence  de  ces  figurines  la 
manifestation  d'un  e'tat  psychologique  qu'on  devine  aise'ment, 
mais  qu'il  est  difficile  d'analyser.  Ces  figurines  qu'on  trouve 
presque  toujours  dans  les  tombes  de  femmes  et  d'enfants,  et 
jamais  dans  celles  des  hommes  ou  des  vieillards,  sont  là  pour 
indiquer,  en  quelque  sorte,  l'affection  de'iicate  des  survivants. 
Elles  repre'sentent  la  fleur  du  souvenir,  le  besoin  de  mettre  une 
atmosphère  de  vie  autour  de  ceux  qui  en  ont  e'te'  pre'mature'- 
ment  prive's;  les  liens  d'affection  les  plus  solides  envers  les 
vieillards  et  les  hommes  ne  se  manifestent  pas  avec  cette  poe'sie 
naïve,  cette  de'licatesse,  qui  ont  un  sens  si  intime,  si  profond, 
si  naturel  lorsqu'il  s'agit  d'enfants,  d'adolescents  ou  de  jeunes 
femmes.  En  somme,  à  partir  d'une  certaine  époque,  les  figurines 
en  terre  cuite  place'es  dans  les  tombes  n'ont,  à  notre  avis,  aucune 
signification  symbolique  pre'cise.  Par  la  force  de  la  tradition  et 
comme  manifestation  d'un  e'tat  d'esprit,  de  même  qu'on  de'pose 
à  côte  des  cadavres  d'hommes  mûrs  ou  de  soldats  un  strigile, 
une  êpe'e,  on  de'pose,    à    côte'    d'autres  cadavres  selon  l'âge  ou 


24 


le  sexe,  des  figurines  en  terre  cuite,  des  couronnes,  etc.  Pour 
ce  qui  a  trait  à  la  fabrication  de  ces  figurines,  les  proce'dés 
sont  au  nombre  de  deux:  la  plus  grande  partie  est  fabrique'e  à 
l'aide  de  moules,  d'autres  sont  façonne'es  à  la  main.  Dans  les 
deux  cas,  la  figurine  e'tait  cuite  au  four,  puis  trempe'e  dans  un 
bain  de  lait  de  chaux,  ensuite  peintes.  Les  exemplaires  peints 
avant  la  cuisson  sont  très  rares.  Les  couleurs  '  employe'es  sont 
le  rose  pour  la  chair,  le  rose  ou  le  rouge 
(rarement/  et  le  bleu  (très  souvent)  pour 
les  habits,  le  marron  ou  le  noir  pour  les 
cheveux. 

Lorsque  on  parle  de  terres-cuites  alex- 
andrines,  on  croit  en  ge'nèral  qu'elles 
sont  pour  la  plus  grande  partie  repre'- 
sentèes  par  des  sujets  de  genre,  par  des 
caricatures,  par  des  figurines  gre'co-egyp- 
tiennes.  Cette  impression  disparaît  lors- 
qu'on classe  ces  figurines  d'après  la  chro- 
nologie et  d'après  les  lieux  de  provenance. 
Les  statuettes  en  terre  cuite  qu'on  a 
recueillies  dans  des  tombes  ou  dans  des 
couches  de  terrain  appartenant  à  l'e'- 
poque  helle'nistique,  reproduisent  en  très 
grande  majorité'  de  jeunes  femmes,  des 
enfants,  des  personnages  mythologiques, 
dont  le  type  est  purement  grec  et  qui 
ont  des  analogies  intimes  avec  les  figurines 
des  autres  re'gions  du  monde  grec  de 
cette  e'poque.  Au  fur  et  à  mesure  que 
nous  nous  rapprochons  de  l'époque  ro- 
maine, on  constate  l'infiltration  de  sujets 
indigènes,  mais  à  Alexandrie  ils  ne  de- 
viennent jamais  pre'dominants.  D'autre  part  les  figurines  qui 
re'vèlent  une  fusion  entre  les  deux  religions  et  les  deux  civi- 
lisations datent  surtout  de  l'ëpoque  romaine  et  il  faut  les  chercher 
principalement  dans  les  villes   provinciales  de  l'inte'rieur. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Schreiber  Th.,  Die  Nekropolc  von  Kôm-esch-Schn- 
kâja,  p.  305  et  sq.  ;  Breccia  Ev.,  La  iiecropoli  di  Sciatbi,  p.  107  et  scj.  Pour  les 
Terres  cuites  du  Fayoum,  v.  plus  loin  p.  264  si\. 


Fig:.   94. 


242 


SALLE  17, 


Vitr.  A,  A^  ;  O,  P.  Collection  de  vases  en  verre  provenant 
en  partie  liAlexandrie  ou  de  l'Egypte,  en  partie  de  la  Syrie 
(achats  ou  dons).  Alexandrie  a  ëte',  on  le  sait,  un  des  centres 
les  plus  importants  de  l'industrie  du  verre  à  l'e'poque  impe'riale. 
D'ailleurs  cette  industrie  e'tait  pratique'e  et  florissante  en  Egypte 
longtemps  avant   la  conquête  grecque. 

Sur  l'importance  des  fabriques  alexandrines  nous  avons  le 
te'moignage  de  Strabon,  et,  sur  le  commerce  d'importation  en 
Italie,  celui  de  CiceVon.  Nous  trouverons  en  parcourant  les  salles 
du  Muse'e  des  traces  e'videntes  de  l'activité'  des  fabriques  de 
verre  alexandrines  ainsi  que  de  la  varie'te'  et  même  de  la  finesse 
de   leurs   ouvrages. 

Dans  la  vitr.  A  :  une  belle  collection  de  houteillts  et  d'autres 
vases  aux  formes  e'ie'gantes  et  pre'sentant  une  irisation  admira- 
ble :  V,  le  n°  i  (7278)  à  panse  ovoïdale.  long  pied  pointu  et 
col  très  haut  (fig.  95);  2  (7271),  3  (7263)  à  forme  d'oiseau 
(fig.  96);  4(7264),  5  (7266),^6  (721  1)  amphorisques;  7(7263) 
tout  petit  bocal,  le  corps  décore'  d'une  branche  de  feuilles 
d'olivier  en  relief;  8  (72 ()7)  amphorisque  à  corps  cordonne'5 
beaucoup  de  balsamaires  à  corps  allonge'  (Don  de  Mr  Rotha- 
cker). 

Dans  la  vitr.  A'  :  de  nombreuses  assiettes,  des  halsainaires  dont 
quelques-uns  empaquete's  dans  des  feuilles  sèches  de  dattier. 
I  (2344),  2  (2345):  Deux  godets  à  fond  jaune  tacheté'  de  mauve. 

Dans   la  vitr.   P  : 

I  (3969).  Masque  barbu  en  pâte  de  verre  polychrome.  2  (3961), 
3  (3962),  4  (3963).  Amphorisques  à  rainures  multicolores 
(%•  97) '1  5(3960),  6  (3964),  7  (3959),  8  (3965).  ^a/sûma/ré-s 
aux  formes  e'ie'gantes,  à  rainures  ou  couches  polychromes  d'un 
agre'able  eflet  (fig.    98). 

Sur  la  colonnette  en  bois  Q  :  Gros  vase  en  verre  employé' 
comme  urne    cine'raire. 


243     

Dans  la  vitrine  O  :  Nombreuses  hotitetlles  et 
halsamaires.  Dans  le  rayon  du  milieu  : 
Fragments  de  vases  mtirrhins  et  mille ftori, 
de  mosaïques  en  verre.  La  grande  mode 
à  l'e'poquc  helle'nistique  fut  de  revêtir  ou 
d'incruster,  sur  les  murs  en  briques,  des 
dalles  de  matières  plus  rares,  marbres,  al- 
bâtres, etc.,  ou  d'y  exe'cuter  des  travaux 
de  mosaïque  avec  des  plaques  en  pâte  de 
verre.  Au  XV!""*^  siècle  le  voyageur  ita- 
lien Filippo  Pigafetta  eut  la  chance  d'ad- 
mirer, intactes  encore,  de  vieilles  maisons 
d'Alexandrie,  dont  les  parois  gardaient  un 
revêtement  d'un  travail  admirable. 

Dans  les  vitrines  n"^  i-io,  accroche'es  aux 
piliers  le  long  des  parois  de  cette  salle,  sont 
exposées  quelques  centaines,  choisies  entre 
plusieurs  milliers,  d'anses  d'amphores  munies 
d'empreintes  ou  de  cachets. 

L'interpre'tation  à  donner  à  ces  inscrip- 
tions n'est  pas  encore  fixe'e.  Les  anciens  se 
servaient  de  grandes  amphores  (il  y  en  a  un 
grand  nombre  e'parses  par  toutes  les  salles) 
pour  transporter  certaines  denre'es,  telles  que 
le  vin,  l'huile,  le  ble',  les  fruits,  les  œufs.  Les  anses  de  ces  re'ci- 
pients  portent  ge'nêralement  des  timbres  qui  permettent  de  re- 
connaître leur  lieu  d'origine  :  Rhodes  (à  Alexandrie,  les  anses 
de  Rhodes  sont  la  très  grande  majorité'),  Cnide,  Thasos,  Paros, 
Smyrne,  etc.  L'usage  de  timbrer  les  amphores  a  pris  naissance  à 
Rhodes.  Sur  les  timbres  rhodiens  on  n'indique  jamais  la  natio- 
nalité', tandis  que  presque  partout  ailleurs  le  fabricant  ajoute  sur 
le  timbre  sa    nationalité. 

Ces  timbres,   lorsqu'ils  sont  complets,  nous  donnent   en  partie 

sur  une  anse,  en  partie  sur  l'au- 

^^^^^^  tre,  ou  sur   une  anse   seule,    les 

ll^^^^B  jjf^         indications  suivantes  :   à  RhoJes, 

i^^^^^E  >m  le    nom    du  prêtre    du    Soleil^ 

«  le   mois^    le  .nom  du  fabricant 

j-'-'k^UgÊl^^t  ^^  ^^^  ^rmé'5  dé  la  ville  (la  rose, 

****Mtt^ygyB|^^W  la    tête    du    dieu    Hêlios,   le    ca- 

^25SBB|||P[^^  ducée)  ;  à  Thasos,    seulement   le 

—      li(_,^  d'origine   (-)aoîcor,  une  sorte 

Fig.  96.  de    corne     etc.,    et   le    nom    du 


l'i^.    9: 


244      

fabricant  ;  à  Gnide  l'indication  d'origine  Kvibiov  ou  KvibUov,  le 
nom  du  phroitrarqiie  et  cehti  du  potier^  et  un  emblème. 

Quelques  arche'ologues  ont  attribue'  à  ces  timbres  une  signi- 
fication officielle,  d'autres  non.  Pour  ceux  qui  donnent  à  l'estam- 
pille un  caractère  officiel,  la  marque  serait  apposée  par  les  ma- 
gistrats et  justifierait  le  payement  d'une  taxe-,  d'autres  pensent 
que  les  estampilles  étaient  des  marques  de  fabrique  et  en  même 
temps  l'équivalent  d'un  poinçon  apposé  après  vérification  offi- 
cielle de  la  contenance.  Mais  il  est  plus  vraisemblable  que  le 
timbrage  était  une  affaire  privée,  permettant  aux  fabricants    de 


Fig.  97- 


Fig.  98. 


faire  connaître  leurs  produits  ;  en  même  temps  c'étaient  des 
signes  permettant  aux  fabricants  de  suivre,  dans  leurs  ateliers,  la 
marche  des  opérations  par  lesquelles  doivent  passer  les  amphores. 
D'ailleurs,  une  fois  le  timbrage  mis  en  pratique  (celui  des  am- 
phores doit  être  imité  de  celui  des  briques  qui  à  l'origine 
avait  pour  but  de  protéger  contre  le  vol  le  propriétaire  plutôt 
que  la  fabrique),  on  en  reconnaît  l'importance  pour  la  réclame, 
pour  le  contrôle  du  travail  ;  c'était  même  une  précaution  et 
une  assurance  contre  certaines  malversations  possibles:  le  timbre 
indiquait  le  mois  de  fabrication,  et  par  conséquent,  avant  que 
le  fabricant  eût  mis  en  circulation  la  provision  fabriquée  à  cette 
date,  il  était  aisé  de  constater  un  vol  éventuel.  Les  moules  à 
timbres  étaient  probablement  de  bois. 


245     

BIBLIOGRAPHIE.  —  II  existe  une  bibliographie  très  riche  sur  cette  ques- 
tion. V.  en  dernier  lieu  :  Martin  P.Nillson,  Timbres  amphorigues  de  Ltndos, 
Copenhague,  1909;  Bleckmanx  F.,  dans  .K'/Zo.  XI,  (1912),  p.  249  sq.  ;  H.  Von 
Gaertringen,  Berliner  Philolog.  IVochenschriJt,  1913,  p.  124  sq.  Pour  la  Bibl. 
relative  à  l'Egypte  :  Breccia.  B.  S-  A.,  9  (1900),  p.  74-85.  Ajoutez  ;  Preisigke  F., 
SammeJbuch  griech.  Urktinden  ans  Aegypten,  passim  ;  Pagenstecher  R., 
Die  griechisch-aegyptische  Sammlung  E.  von  Sieglin,  p.  152  sq. 

Vitr.  B  (à  gauche  de  l'entrée).  Quelques  miroirs^  un  cyathus  ou 
simpulum^  petit  vase  en  forme  de  cuillère  ayant  la  petite 
vasque  assez  profonde  et  pourvu  d'un  long  manche  ;  il  servait 
à  puiser  le  vin  des  cratères  pour^  remplir  les  coupe.  Des 
lampes  pareillement  en  bronze.  D'autres 
ustensiles  domestiques  :  clefs,  agrafes,  cuil- 
lères, etc. 

Dans  le  compartiment  du  milieu,  un  certain 
nombre  de  polissoirs  en  pierre  employe's 
par  les  orfèvres  et  bijoutiers. 

Dans  les  compartiments  inférieurs,  une  col- 
lection d'urnes  cinéraires  en  plomb. 

Sur  la  colonnette  :  B^  Casque  en  bronze. 
B^.  Une  grande  Oinochoè.  B3.  Candélabre. 

Vitr.    C.  (Rayons   supe'rieurs).    Figurines  en 
terre  cuite  provenant  d'une  colline  de  dé- 
tritus qui  était  dans  le  quartier  de  Mohar-  ^'s-  99 
rem  Bey. 

Rayon  a.  Série  danses  de    lampes  avec    de'coration  en  relief  : 

1.  Gorgoneion  ;  2.  Le  serpent  Agathode'mon  ;  3.  Isis  allaitant 
Horus  ;  4.  Buste  de  Sarapis  ;  5.  Divinité  marine  ou  fluviale  à 
la  barbe  extrêmement  touffue  et   longue 

Rayon  h.  Grotesques,  v.  n°^  i,  2,  3,  4  :  Animaux  et  têtes  d'ani- 
maux ;  5.  Singe  soutenant  un  panier  dans  la  main  gauche  re- 
pliée à  hauteur  de  l'épaule  5  6  et  suiv.  Manches  de  pocle 
à  tête  de  bélier,  de  cheval,    etc. 

Dans  le  compartiment  du  milieu,  plusieurs  dizaines  de  lampes 
d'époque  romaine:    i.  Hercule   dans  le  jardin  des   Hespérides  ; 

2.  Mercure  ;  3.  Actéon  se  défendant  contre  ses  chiens;  4.  Le  che- 
val fabuleux  Pégase  ;  6.  Grotesque  ;  7.  Lampe  à  trois  becs, 
caricature  de  deux  vieillards  s'embrassant  (fig.   99). 

La  Vitrine  horizontale  RR  renferme  une  partie  du  mobilier 
funéraire  trouvé  sur  des  momies  à  Wardian  (nécropole  occi- 
dentale d'Alexandrie)  ;  bagues,  chaîne  en  or  et  pierres  précieu- 
ses, boucles  d'oreilles  en  or,  diadème  en  argent,  fragments  de 
collier  en  bronze,  bracelets,  langues  et  doigts  en  feuilles  d'or, 


246     

ainsi  que  beaucoup  d'autres  ornements  et  amulettes  faites  de 
matières  diverses.  1/autre  compartiment  de  cette  vitrine  ren- 
ferme des  pierres  grave'es  et  des  came'es  :  voir  le  n°  2431,  Cor- 
naline^ buste  de  Sarapis  nimbe'  vu  de  face  ;  n°  243  5,  Hématite, 
Sarapis  assis  à  gauche  posant  la  main  droite  sur  Cerbère  ; 
n°  2439,  Jaspe,  Rome  Nice'phore  debout  à  gauche  5  n°  2441, 
Lapislazziili,  Tête  de  Néron  à  gauche  avec  couronne  de  lau- 
rier; n°  2505,  Camée  trouve'  en  morceaux  à  la  colonne  dite  de 
Pompe'e  en  1896 -.buste  de  Minerve  e'gide'e  ;  n^^^  250*^,  2522, 
2528,  Pierres  i^nostiques. 

Vitr.  D.  Dans  le  compartiment  supe'rieur  une  se'rie  de  petits 
autels  votifs  en  terre  cuite  et  en  calcaire.  A  remarquer  dans 
le  ravon  a  le  n"  1,  dont  la  surface  exte'rieure  est  de'core'e  d'un 
feston  de  fleurs  soutenu  par  des  amours  ;  2.  Les  quatre  faces 
du  pilier  portent  des  bustes  en  relief  d'Isis  He'cate,  d'Isis  et 
d'Harpocrate  ;  le  n"^  3  porte  sur  une  des  faces  deux  oreilles 
pour  inviter  la  divinité'  à  bien  e'couter  la  prière. 

Rayon  b.  Restes  de  Pelves,  c'est-à-dire  de  Bassin  destine'  à  chauffer 
de  l'eau  pour  laver  le  linge,  les  vêtements,  les  pieds.  Sur  le 
bord  est  grave'e  la  marque  de  fabrique. 

Rayon  c  et  Compartiment  du  milieu  :  Poterie  d^ Arretinm.  Plu- 
sieurs de  ces  vases  portent  la  marque  de  fabrique  :  Avili  ; 
Primi  ;  Atilii  5  C.  Murri  ;  C.  Chresti,  etc.  et  ses  imitations  lo- 
cales (terra  sigillata)  Keoào^  ;  Xaon  ;   ^aga.Tiç,  etc. 

Sur  un  socle  e'ieve',  contre  la  paroi  orientale  de  la  salle,  est 
place'e  une  statue  colossale  sculpte'e  dans  un  monolithe  de  por- 
phyre. C'est  la  plus  grande  statue  connue,  sculpte'e  dans  cette 
matière.  La  tête  et  le  bras  droit  manquent.  Haut.  2  m»  83. 
Elle  repre'sente  soit  un  empereur  [Dioclélien  d'après  Ne'- 
routsos),  soit  un  Christ  dans  le  type  du  Pantokrator  d'après 
Strzygowski.  Personnage  assis  sur  un  trône  à  dossier,  habille' 
d'une  tunique  et  de  l'himation.  Ce  serait  une  œuvre  du  IV'"^ 
siècle  ap.  J.-Ch.  Elle  a  e'te'  trouve'e  à  Alexandrie  presque  en  face 
de  la  Mosque'e  Attarine,  du  cote'  sud  de  la  rue.  Don  de  la  fa- 
mille De  Zogheb. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Strzygowski,  Koptische  Kiinst  (Catalogue  Géné- 
ral du  ISIusée  du  Caire),  p.  i-6;  Rkinach  S.,  Répertoire,  II,  f)3i,i. 

Devant  cette  statue,  appuyé  contre  le  socle,  est  le  seul  sar- 
cophage en  marbre  blanc  de'core'  d'une  scène  mythologique 
en  relief  découvert  à  Alexandrie  (fig.  100).  Le  sarcophage  typique 
d'Alexandrie  est  le  sarcophage  à  guirlandes  (v.  dans  cette  même 
salle  les  deux  sarcophages  à  droite  et  à  gauche  de  la  porte  qui 
donne  sur  le  jardin).  La  surface  antérieure  est  divise'e  en  deux 


247      ■ 

tableaux,  l'un  plus  petit  à  droite,  l'autre  à  gauche.  Dans  le  petit 
tableau  on  voit  une  femme  (Bacchante)  portant  deux  torches, 
pour  e'clairer  le  chemin  à  Hercule,  qui  étant  ivre  trébuche  et 
marche  avec  difficulté'  soutenu  par  deux  Faunes  5  un  troisième 
Faune  porte  sur  son  e'paule  le  glaive  abandonne  par  le  dieu.  A 
gauche  de  cette  scène  la  surface  du  marbre  fait  saillie  et  cette 
saillie  se'pare  les  deux  sujets  repre'sente's.  De  la  saillie  e'merge 
la  proue  d'un  bateau,  pour  indiquer  que  la  rencontre  entre 
Ariadne  endormie  et  Dionysos  suivi  par  son  thiasos  a  lieu  dans 
l'île  de  Naxos  où  Ariadne  a  de'barque'  seule,  venant  de  Crète  à 
la  poursuite  de  The'se'e.  Le  héros  athe'nien  avait  manque'  à  sa 
promesse  de  l'e'pouser  et  e'tait  parti  de  Crète  en  cachette  après 
son  exploit  contre  le  Minotaure.  Ariadne,  folle  d'amour,  s'e'tait 
embarque'e  seule  pour  le  rejoindre;  mais,  fatigue'e  par  la  longue 


navigation,  elle  relâche  dans  l'île  de  Naxos.  Elle  est  repre'sente'e 
plonge'e  dans  un  sommeil  profond  (v.  la  figure  d'Hypnos,  dieu 
du  sommeil,  debout  à  droite  d'Ariadne,  incline'  vers  elle  et  la 
caressant  de  la  main  droite)  sur  un  lit  bas,  couche'e  sur  le 
côte'  gauche.  A  la  suite  des  mouvements  qu'elle  a  faits  incons- 
ciemment pendant  son  sommeil,  Ariadne  est  reste'e  demi-nue. 
Dionysos  la  surprend  dans  cette  provocante  attitude  et  il  est 
profonde'ment  frappe'  par  sa  beauté',  qui  excite  aussi  l'admira- 
tion e'mue  de  ses  compagnons  (Pan,  Sile'nopappe,  Faunes,  Fau- 
nesses).  Tous  expriment  par  des  mouvements  significatifs  leur 
enthousiasme  et  l'invitation  à  ne  pas  re'veiller  la  belle  dormeuse. 
On  connaît  la  fin  de  l'histoire:  Dionysos  e'pouse  Ariadne.  Sur 
les  faces  latérales  du  sarcophage  sont  repre'sente's  à  droite  des 
Faunes  et  des  MJnadcs  qui  dansent,  à  gauche  une  scène  de 


248     

vendange  (inacheve'e).  Mai- 
gre' l'exécution  peu  soigne'e 
et  les  ine'galite's  qu'on  y 
surprend,  cette  pièce  est 
très  inte'ressante.  Prov.  Ne'- 
_^^  cropole  occidentale. 

^Ê  tfti       il  ;j      Vitr.     E.    Dans    le    comparti- 

■■HK-'  -mÊmm^^  ment  supe'rieur  :  Collection 

de  poteries  diverses  d'  é- 
pcque  romaine.  Dans  celui 
du  milieu  :  Lampes  ro- 
maines. i.La  barque  qui  fait  traverser  aux  morts  l'Acheloos, 
rivière  de^l'Hadès;  elle  est  commande'e  par  Sarapis  (cfr.  les 
n°-  2,  3.  4).  5.  Rapt  d'Europe.  6.  Ve'nus  prenant  le  bain, 
fait  une  torsade  de  ses  cheveux  mouille's.  7-8.  Mercure. 
I).   Gladiateurs. 


Kl-. 


Vitr.  F.  et  Vitr.  horizontale  S.  Collection  de  fragments  de  poteries 
émaillées^  d'e'poque  helle'nistique  et  romaine.  Dans  la  vitr.  F 
à  remarquer  n°  i  (d'autres  à  côte'  et  1-15  dans  la  vitr.  S.).  De 
nombreux  fragments  de  ces  vases  en  e'mail  vert,  en  partie 
dore's,  connus  sous  la  de'nomination  de  Vases  sacrificatoires 
des  reines  d'Egypte  ;  ce  sont  probablement  des  vases  qu'un 
fabricant  avait  mis  dans  le  commerce  soit  comme  preuve  de 
sincère  de'votion  pour  la  famille  royale,  soit  dans  l'espoir  que 
le  sujet  faciliterait  la  vente  de  ses  produits.  Ces  vases  avaient 
la  forme  d'une  oinochoè  et  étaient  e'videmment  une  imitation 
des  vases  en  métal.  A  l'endroit  où   l'anse    s'attache  au  corps 

de  l'oinochoè  on  voit  superpose' 
un  masque  sile'nique  en  rehef 
(vitr.  F.  4,  5,  6,  d'autres  dans  la 
vitr.  S).  Autour  de  la  panse  piri- 
forme  on  voit  une  femme  tourne'e 
à  gauche,  drape'e  du  chiton  et  d'un 
court  manteau,  coiffe'e  du  diadème 
frontal  des  reines  et  de'esses  ;  dans 
les  plis  du  bras  gauche  elle  porte 

(^^^^^^^m-  ^^"^     corne     d'abondance  ;     de     la 

^^^^^^^r  j        main     droite     e'tendue    elle    tient 

^^H^^  une     patère    renverse'e    au-dessus 

^^^^  d'un  grand  autel  carre'  à  acrotères  ; 

à    droite,     derrière    la     reine     se 
]  i^r    ,  ,.  dresse  une  colonnette  conique  en- 


249     

guirlandée  (v.  vitr.  S.  n°  lo).  Une  inscription  est  gravée  en 
creux  sur  la  face  ante'rieure  de  l'autel  (vitr.  S.  n°^  5-6)  Ôecàv 
êvEoysTcàv,  et  à  quatre  centimètres  au-dessus  de  l'autel  une  se- 
conde inscription  en  l'honneur  de  la  reine  Baodîoor/ç:  Bsge- 
riK}}ç,  âyaOrjç  tv/j]ç  (vltr.  S.  7,  8,  9  etc.).  Parmi  les  autres 
fragments,  à  remarquer  dans  la  vitr.  F.  rayon  c:  7,  Scène  de 
combat.  Un  guerrier  probablement  tombe'  de  cheval  (on  observe 
un  cheval  en  fuite  du  côté  gauche),  armé  d'un  bouclier  et 
d'une  épée,  tâche  de  se  défendre  contre  un  éléphant  qui  le 
poursuit  et  qui  a  dressé  contre  lui  sa  trompe.  Le  corps  de 
l'éléphant  est  couvert  d'une  riche  draperie,  ce  qui  prouve  qu'il 
ne  s'agit  pas  d'une  scène  de  chasse. 

BIBLIOGRAPHIE,  —  Biexkowski,   Bull,  de  VAcad.   des    Sciences    de 
Cracovie,  avril-juin  1912  ;  Breccia,  Necropoli  di  Sciatbi,  p.  187,  n.  614. 


Fig.   103. 


8.  Fragment  de  skyphos.  Un  centaure,  de  profil  à  droite,  a  les 
pattes  antérieure  soulevées,  le  bras  droit  armé  d'une  grosse 
pierre  soulevée  contre  un  guerrier  qu'il  tâche  d'immobiliser  de 
sa  main  gauche.  Le  guerrier,  armé  d'un  bouclier  et  d'une  épée, 
a  le  bras  droit  soulevé  jusqu'au-dessus  de  sa  tête  pour  frap- 
per ferme,  mais  il  paraît  sur  le  point  de  succomber.  Beau 
travail  en  haut  relief.  (Observer  les  élégantes  décorations  flo- 
rales de  beaucoup  d'autres  fragments). 

Dans  le  compartiment  inférieur,  deux  longues  sections  de  deux 
conduites  d''eau  en  plomb  (diamètre:  o  m.  14-,  o  m.  09)  et 
plusieurs  tuyaux  en  terre  cuite. 

Vitr.  G.  Cette  vitrine  renferme  une  partie  du  mobilier  funé- 
raire provenant  de  la  nécropole  de  Chatby  (v.  p.  75),  la  plus 
ancienne  nécropole  d'Alexandrie  (entre  la  fin  du  IV'"^  et  la 
première   moitié  du  III'"^  siècle  av.  J.-Gh.).    Parmi  les    pote- 


__ 250     

ries,  voir  les  e'ie'gantes  coupes  vernissées  noires  (1-2)  aux 
longues  anses  à  bâtonnet  attache'es  au  vase  seulement  par  la 
partie  supe'rieure  (fig.  loi);  quelques  kantharoi  (fig.  102)  du 
même  type  (3);  quelques  skyphoi  (4-5).  Parmi  les  figurines  de 
terre  cuite  voir:  n*^  6,  les  quatre  qui  ont  e'te'  placées  autour  des 
urnes  cine'raires  dans  la  même  position  qu'elles  avaient  là  où 
nous  les  avons  de'couvertes;  7.  Cowro77W^  û^é"  y? d^wrs  artificielles 
en  terre  cuite  peinte  (fig.  103)5  8.  Couronne  de  laurier-^  9. 
Couronne  de  'lierre  en  bronze  dore'  et  terre  cuite  •  i  o.  Urne 
cinéraire  dans  sa  gaine  forme'e  de  deux  gros  bassins  en  terre 
cuite;  i  i.  Baignoire  pour  enfant  (employe'e  comme  sarcophage)  ; 
12.  Sarcophage  pour  enfant,  forme'  d'un  gros  tuyau  en  terre 
cuite;  13.  Urne  cinéraire  en  terre  cuite  recouverte  d'une  cou- 
che de  dorure  5  14-15  etc.  Lacrimatoires,  petits  plats,  coupes 
en  albâtre. 

Vitr.  H.  Dix  urnes  cinéraires  hydriformes  du  type  Hadra-Vasen  : 
5.  De'coration  à  branches  d'olivier  ou  de  laurier;  6.  à  branches 
de  lierre.  L'urne  n°  7  renferme  les  cendres  d'un  certain  Glau- 
cias  ;  le  n°  8  porte  sur  la  surface  ante'rieure  une  scène  de 
course  dans  le  stade. 

Vitr.  K.  Urnes  cinéraires  dont  on  peut  fixer  avec  pre'cision  la  date 
d'ensevelissement,  voir  l'inscription  grecque  peinte  sur  la  panse. 
3.  Urne  de  Menecles,  crêtois,  commandant  de  cavalerie  :  il  est 
mort  en  281-0  av.  J.-Ch.  (l'an  5  du  roi,  c.  à  d.  de  Ptole'mêe 
Philadelphe);  Philon  a  pris  soins  de  ses  fune'railles  ;  4.  Le  per- 
sonnage, dont  l'urne  renferme  les  cendres,  e'tait  originaire  de 
la  Pamphylie  :  il  est  mort  en  278-7  av.  J.-Ch.;  6  Urne  de 
Talète,  originaire  de  Gyzique,  embassadeur  des  fêtes  religieuses, 
mort  en   278-7  ;   8.   l'rne   d'Attalos,  originaire  d'Acarnanie. 

Vitr.  L.  (Ne'cropole  de  Ghatby).  Urnes  cinéraires  dêcore'es  de 
branches  d'olivier,  de  lierre  en  couleur  noire,  avant  la  caisson 
de'finitive  (v.  n°^  1,2).  —  Urnes  cinéraires  vexêtues  d'un  enduit 
au  lait  de  chaux  et  de'core'es  d'une  peinture  polychrome  à  la  goua- 
che: n°^  3,  4.  Feston  de  fleurs  et  rubans  ;  5.  Monument  fune'- 
raire,  cuirasse  et  bouclier;  6.  Cuirasse  et  bouclier  (fig.  13,  p.  71); 
(ces  deux  dernières  renferment  les  cendres  de  soldats).  — 
Figurines  en  terre  cuite  :  7.  Jeune  femme  avec  un  large 
chapeau  (petasos)  conique  sur  la  tête  (fig.  104),  —  Stèles 
peintes:  8.  Guerrier  prenant  congé'  de  ses    deux  fils. 

A  gauche  de  la  porte  qui  donne  sur  le  jardin  :  Gros  sarcophage 
en  marbre  blanc,  larg.  i  m.  98,  haut,  (sans  le  couvercle)  o  m. 
98  (fig.    T05).  Couvercle  très  lourd  à  dos  d'âne  avec  acrotères 


251       

aux  quatre  coins.  La  surface  ante'rieure  est  de'core'e  de  festons 
de  fleurs  et  de  fruits  (e'pis,  pavots,  raisins)  suspendus  à  des  clous 
auxquels  sont  attachés  des  bucrânes  ;  une  e'norme  grappe  de 
raisin  descend  du  milieu  de  l'arc  inférieur  de  chaque  feston, 
tandis  que  Tare  de  cercle  supérieur  est  décoré  de  rosaces  ou 
(celui  du  centre)  d'un  gorgoneion.  Prov.  Nécropole  occiden- 
tale (Wardian). 

Au    dessus  de  ce  sarcophage:  Mosaïque  représentant    la  person- 
nification   de    la    légende   du   fleuve 
Alphée  (le  jeune  homme    à   gauche) 
poursuivant    la    belle    nymphe    Aré- 
thuse. 

A  droite  de  la  porte:  Autre  sarco- 
phage du  type  à  guirlande.  Les  di- 
mensions sont  plus  modestes  que 
celles  du  précédent,  et  les  festons  sur 
la  surface  antérieure  sont  soutenus 
par  des  génies  debout  sur  une  base 
cubique.  Les  trois  arcs  de  cercle 
formés  par  les  festons  portent  chacun 
un  gorgoneion.  Ainsi  que  je  l'ai  dit 
au  sujet  du  sarcophage  d'Ariadne, 
le  type  presque  unique  de  sarcophage 
qu'on  rencontre  à  Alexandrie  est 
celui-ci,  décoré  par  des  festons  de 
fleurs.  On  peut  en  voir  un  grand 
nombre  dans  le  jardin.  D'ailleurs  les 
Alexandrins  avaient  une  vraie  manie 
pour  les  fleurs,  qui  étaient  un  des 
éléments  les  plus  essentiels  de  tous 
leurs  arts    décoratifs. 

Au-dessus  de  ce  sarcophage,  plusieurs 
portraits  de   momies,  peints  à  l'en- 
caustique sur  des  tablettes   en    bois,  Fig-,  104, 
Prov.    F'avoum. 


Vilr.  N.  Compartiment  du  milieu:  Une  série  d'étiquettes  de  mo- 
mies^ en  bois  de  sycomore.  «  Vers  l'époque  gréco-romaine 
l'usage  s'étant  généralisé  des  chantiers  où  les  familles  entre- 
posaient les  momies  de  leurs  morts  et  se  déchargeaient  sur 
des  entrepreneurs  spéciaux  du  soin  de  veiller  à  leur  conser- 
vation et  de  célébrer  en  leur  honneur  les  fêtes  usuelles  contre 
payement  d'un  loyer  plus  ou  moins  considérable  selon  la  nature 
de  l'entretien  exigé,  il  fallut,  pour  éviter  les  confusions,  mettre 


252     

sur  elles  des  marques  spéciales:  on  leur  attacha  donc  au  cou 
ou  sur  la  poitrine  de  leur  gaine  ces  tablettes  en  bois,  sur 
lesquelles  leur  nom  et  leur  filiation  étaient  tantôt  e'crits  à  l'encre 
noire,  tantôt  grave's  rapidement  en  creux,  en  demotique  ou  en 
grec.  »  (G.  Maspero).  Presque  toutes  les  tablettes  qui  sont  dans 
notre  Muse'e  ont  e'te'  envoye'es  à  Alexandrie  en  1892  par 
la  Direction  Ge'ne'rale.  Elles  doivent  provenir  des  ne'cropoles 
d'Achmin  et  de  Sohag. 

Dans  les  deux  petites  vitrines  11-12  (accroche'es  aux  parois  inte'- 
rieures  des  piliers  du  côte'  ouest  de  la  salle)  :  Manches  de  bra- 
sier ou  de  four  de  campagne.  Les  vases  complets  dont  ces  man- 


ches ont  fait  partie  sont  très  rares:  il  y  en  a  un  au  Muse'e  de 
Genève  (v.  la  photographie  dans  la  vitr.  11)  qu'on  a  identifie' 
avec  un  brasier  {nvoavrog  ou  èoyâga)  et  plus  re'cemment  avec 
un  four  de  campagne  {yJJ(iavoç  ou  y.oîj^avog).  La  forme  est  celle 
d'un  large  bassin  avec  un  pied  assez  haut,  concave  en  dessous, 
avec  trois  manches  solides,  de'passant  le  bord.  Mr  Walters,  qui 
ne  connaît  pas  ceux  de  notre  Muse'e,  estime  à  plus  d'un 
millier  le  nombre  des  exemplaires  des  différentes  collections  ;  à 
nous  seuls  nous  en  avons  quelques  centaines.  Ces  manches  sont 
de'core's  de  rehefs  sur  un  carre'  représentant  soit  un  drageon  de 
feuilles  ou  de  rosettes,  soit  des  foudres,  soit  une  tête  barbue 
grotesque,  quelquefois  pourvue  d'un  bonnet  conique  (fig.  106), 
soit  une  tête  de  bœuf  Quelquefois  ces  manches  portent  le  nom 
du  fabricant,  Hécataios  en  général.  On  a  affirmé  que  les  têtes 


253     

grotesques  de  ces  manches  représentent  des  génies  de  différente 
nature  place's  ici  par  croyance  superstitieuse  :  ils  auraient  pro- 
te'ge'  la  cuisson  des  viandes.  Furtwangler  y  a  vu  des  Gyclo- 
pes,  les  compagnons  de   Vulcnin. 

Au  milieu  de  la  salle  sont  placées  sept  momies  d'e'poque 
gréco-romaine.  Elles  proviennent  toutes  du  Fayoum.  Voir  celle 
qui  est  expose'e  dans  la  vitr.  T:  elle  garde  intact  son  maillot 
complique'  qui  re'vèle  une  habileté'  spe'ciale  et  même  artistique 
à  pre'parer  les  momies.  Voir  aussi  vitr,  A  A.  BB.  GG.  DD. 

Vitr.  U  (adosse'e  au  pilier  nord-est  de     la    salle).   En  correspon- 
dance avec  le   visage  est  place'  le  portrait  du  défunt  peint  à 
l'encaustique  sur  une  tablette  de  bois,  artistement  encadre'  dans 
une  bordure  en  toile  et  en  plâtre,  dore'e 
et  ferme'e  par  les   bandelettes   qui   em- 
maillottent  la  momie.  Il  repre'sente    un 
homme  assez  jeune  aux  formes  robustes, 
à  la  ligure  large,  aux  pommettes  proe'- 
minentes.  Les  cheveux  sont  noirs,  courts 
et  cre'pus,    le    front    e'troit.    Les   yeux, 
qui  ne  sont  pas  trop  largement  coupe's, 
sont    d'une    couleur    noire    intense;   le 
nez  est  fin  et  droit.  De    minces  mous- 
taches, retombant  à  la  chinoise,  surmon- 
tent la  bouche  petite,  sinueuse,  charnue.  ^'?-  ^°°- 
Une  barbe  courte,  noire,  fine  et  cre'pue 

encadre  la  figure  qui  a  une  expression  re'fle'chie  et  mélanco- 
lique. Le  corps  est  habillé  d'une  tunique  blanche.  C'est  une 
peinture  d'une  vigueur  d'expression,  d'une  vérité  et  d'une 
force  de  teint  vraiment    remarquables    (v.  pi.  en  trichromie). 

Vitr  X.  Avec  quelle  précision  ces  portraits  reproduisent  les  traits 
personnels  du  défunt,  on  peut  l'observer  aussi  sur  la  momie 
qui  est  encore  dans  sa  caisse  de  sycomore  (à  remarquer  la 
courbe  du  nez).  Voir  aussi  dans  la  vitr.   Y. 

On  pense  que  ces  portraits,  faits  pendant  la  vie  pour  être 
accrochés  sur  l'une  ou  l'autre  des  parois  de  la  maison,  en 
étaient  détachés  à  la  mort,  pour  être  placés  sur  les  cada- 
vres. L'époque  de  ces  portraits  peut  être  fixée  avec  une 
grande  approximation  entre    50-150  ap.  J,-Gh. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Ebeks,  Hellenistiche  Portriits  ans  dem  Fcijjum; 
EDGAR  C.  C,  On  the  dating  of  the  Fayiim  Portraits  dans  Journal  0}  Hel- 
lenic  Studies,  vol.  XXV  ;  Guimet  E.,  Les  Portraits  d'Antinoé  au  Musée 
Gniinet,  Paris,  Hachette,  1914. 


— •     2  54     ■ — 

Les  vitrines  horizontales  EE.  FF.  GG.  renferment  des  masques 
en  plâtre  peint  et  des  masques  en  plâtre  dore',  ainsi  que  des 
restes  de  pectoraux,  revêtements  de  mains,  de  pieds,  etc  ,  pro- 
venant en  partie  (vitr.  EE.)  de  la  Haute  Egypte,  en  partie 
de  Taposiris  Magna  (Mariout),  en  partie  d'Alexandrie.  En  ge'- 
ne'ral  aucun  de  ces,  masques  ne  peut  pre'tendre  donner  le 
portrait  du  de'funt,  maigre'  les  diffe'rences  marque'es  qu'on  ob- 
serve entre  un  masque  et  l'autre  (v.  surtout  la  vitr.  EE.)  et 
certains  caractères  personnels  qu'on  peut  observer  sur  quel- 
ques-uns. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Guimet  E.,  o.  c. 

Sur  les  colonnettes  HH.  KK.  Deux  urnes  cinéraires  en  émail 
vert  et  bleu,  de'couvertes  à  Gabbari  (Ne'cropole  occidentale). 
Epoque  romaine. 

Sur  la  colonnette  LL.  Urne  cinéraire  en  terre  cuite  vernissée 
noire  5  une  branche  de  lierre  en  blanc  superpose'  court  autour 
du  vase  à  moitié'  de  la  panse  et  sur  le  col.  Quatre  plaquettes 
en  relief  repre'sentant  de  vieux  silènes  sont  sur  les  e'paules. 
IIl^^  siècle  av.  J.-Ch.   Prov.  Alexandrie  (Ne'cropole  de  Hadra). 


SALLE   18. 


Vitr.  A  (à  droite  de  l'entre'e):  Douze  urnes  cinéraires  alexan- 
drines  en  terre  cuite,  hydriformes,  peintes  avant  la  cuisson, 
en  noir,  rouge,  brun,  marron,  etc.  (v.  p.  234).  La  se'rie  expose'e 
dans  cette  vitrine  pre'sente  une  riche  varie'te'  des  diffe'rents  mo- 
tifs de'coratifs  employe's  pour  ces  vases  et  de  leurs  combinaisons  : 
I.  Rubans,  branches  de  laurier  et  d'olivier;  2.  Palmettes,  ro- 
saces, branches  d'olivier  ;  3.  Perspective  architectonique,  ba- 
lustrade et  portique  avec  vue  sur  un  jardin  où  se  promènent 
deux  oies;  4.  Branches  de  lierre  et  d'olivier;  5.  Scène  de  combat: 
des  quatre  combattants  l'un  a  e'te'  mortellement  blesse'  et  il  est 
e'tendu  à  terre  (à  droite)  ayant  sur  la  tête  un  casque  richement 
crête';  un  second  est  tombe'  à  genoux  et  tâche  de  se  de' fendre 
avec  l'e'pe'e  contre  un  adversaire  qui  est  debout  devant  lui  et 
le  menace  avec  son  e'pe'e  tout  en  se  prote'geant  avec  son  bou- 
clier ;  un  quatrième  combattant  arrive  en  courant  et  fait  le 
geste  de  lancer  une  grosse  pierre  (fig.  89,  pag,  235);  6.  Bran- 
ches de  vigne  et  grappes  de   raisin. 


255     

Vitr.  B  (à  gauche  de  Tentre'e)  :  1-9.  Amphores  et  fragments 
d amphores  panathéna'iqties.  On  sait  que  ces  vases  e'taient  des- 
tinés à  contenir  l'huile  des  oliviers  sacre's,  donne's  en  prix 
aux  vainqueurs  des  jeux  ce'le'bre's  à  l'occasion  des  fêtes  Pana- 
théne'es.  D'un  cote  est  repre'sente'e  Athèna,  arme'e  du  casque, 
de  la  lance  et  du  bouclier,  debout  entre  deux  colonnes,  au 
sommet  desquelles  sont,  soit  des  coqs,  soit  des  chouettes,  soit 
une  statue  d'Athèna,  etc.  ;  dans  le  champ,  dispose'e  verticale- 
ment, on  lit  l'inscription:  TQX  ASENESEN  AGAÙN  [W\^ 
donne'  à  Athènes  dans  les  jeux  athle'tiques);  souvent  une  se- 
conde inscription  donne  le  nom  de  l'archonte  alors  en  fonc- 
tion ;  sur  l'autre  cote'  de  l'amphore  une  scène  de  jeux  dans 
le  stade.  Notre  n°  i  est  date'  de  l'archonte  Phrasikleides,  371-0 
av.  J.-Gh.;  le  n''  2  (prix  donne'  à  un  vainqueur  dans  la  course) 
est  date'  de  l'archonte  Nicomachos,  341-0  av.  J.-Ch.  Ces  deux 
amphores  proviennent  de  la  Gyre'naïque. 

Les  fragments  expose's  à  côte'  ont  e'te'  trouves  à  Alexandrie; 
mais  l'un  d"entr'eux  provient  d'Athènes  ;  d'autres  pourraient 
appartenir  à  des  vases  fabrique's  à  Alexandrie,  imitant  la  forme 
et  la  de'coration  des  vases    athe'niens, 

\'itr.  G,  D,  E.  Dans  les  compartiments  supe'rieurs  est  une  collec- 
tion de  poteries  hetlénistiques  vernisse'es  en  noir  me'tallique, 
souvent  avec  de'coration  en  blanc  ou  en  rouge  superpose' 
(coupes,  verres,  petites  hydries,  skyphoi,  le'cytes,  etc.).  —  Dans 
la  vitr.  G,  à  remarquer  le  kantharos  i,  qui  est  de'core'  d'un 
damier  en  blanc  superpose'  et  d'une  se'rie  de  carre's  inse're's 
l'un  dans  l'autre  de  couleur  jaune  rougeatre;  on  y  voit  aussi 
les  restes  d'une  inscription  plastique  en  rouge  au-dessous  du 
bord  exte'rieur  de  l'embouchure.  -  Dans  la  vitr.  E:  i  (8862) 
Coupe  du  type  mégarien^  signe'e  par  Menemachos,  et  portant 
repre'sente'  en  relief  le  jugement  de  Paris,  reproduit  deux  fois 
sur  les  deux  moitie's  de  la  surface  exte'rieure  ;  le  he'ros  phry- 
gien est  assis  sur  un  rocher  à  droite  ;  les  autres  figures  sont 
dispose'es  de  droite  à  gauche,  de  la  façon  suivante  :  He'ra, 
Athèna,  Aphrodite  (assise,  assiste'e  par  un  petit  Eros)  et  der- 
rière celle-ci  Hermès.  Le  nom  de  Menemachos  est  grave'  en 
relief  en  cercle  dans  le  fond  exte'rieur  du  vase 

BIBLIOGRAPHIE.  —     Pagenstechek  R.,  Die.    griechisch-aegyptische 
Sammlung  E.  von  Sieglin,  3  Teil,  p.  193-4,  PI.  XX. 

Dans  le  compartiment  du  centre  de  ces  mêmes  vitrines 
sont  dispose'es  quelques  centaines  de  lampes  d\'poqite  romaine, 
(un  classement  méthodique  de  la  richissime  collection  de  lampes 
que    le    Muse'e    possède  sera    fait    prochainement). 


256 — - 

Voir  dans  la  vitrine  G:  i.  Deux  Victoires  aile'es  soutenant 
un  médaillon  au-dessus  d'un  autel  cylindrique  entoure'  de  laurier; 
2.  Un  berger,  faisant  la  sieste  près  d'une  fontaine  pendant  que 
son  troupeau  pâture  autour  de  lui  ;  3.  Eros  aile'  chevauchant 
un  dauphin  et  jouant  de  la  lyre  (fig.  107).  Voir  aussi  toute 
une  se'rie  de  divinite's  égyptiennes  ou  syncre'tiques  (Sarapis,  Isis, 
Harpocrate  5  Isis-Se'lènè  embrassant  Sarapis,  les  serpents  Aga- 
thodëmons;  Isis-Cerès;  Sarapis  entre  Isis  et  Harpocrate,  etc.)  ;  4. 
(iîg.  108).  A  deux  mèches  :  Prêtre  d'Harpocrate  portant  l'autel 
du  dieu  ;  à  droite  et  à  gauche  de  la  cuvette,  deux  serpents 
agathode'mons,  celui  de  droite  à  tète  de  Sarapis,  celui  de 
gauche  à  tête  d'Isis. 

Dans  la    vitrine   D:  i.    Triton;  2.    Faune    poursuivant    une 


Fig.   107. 


Fis.   108.  Fig-.   109. 


nymphe  ;  il  l'a  saisie  par  Thabit,  mais  celle-ci,  tout  en  pro- 
tégeant ses  vêtements  avec  la  gauche,  lui  a  pris  le  menton  et 
le  repousse  avec  e'nergie  (fig.    109). 

Vitrine  F.  Parmi  les  wingt-sept  figurines  en  terre  cuite  conser- 
ve'es  dans  cette  vitrine  plusieurs  sont  vraiment  intéressantes 
et  quelques-unes  sont  d'une  valeur  artistique  re'elle.  Presque 
toutes  gardent  leur  couleur  admirablement  conserve'e,  et  si 
certaines  peuvent  choquer  un  goût  trop  raffine'  par  la  juxtapo- 
sition dans  l'habillement  de  teintes  criardes,^  d'autres  de'sar- 
ment  tout  esprit  de  critique.  On  ne  peut  qu'admirer  le  n"  i 
(au  centre  de  la  vitrinej  :  jeune  femme  (fig.  i  10  et  trichromie 
sur  la  couverture)  couronne'e  de  lierre,  au  visage  noble 
et  fin,  aux  formes  robustes  mais  e'ie'gantes  et  sveltes,  à 
l'expression  re'fie'chie,  presque  hautaine  ;  le  poids  du  ^  corps 
appuie  sur  la  jambe  gauche,  la  droite  est  le'gèrement  écartée 


257     

et  fléchie;  elle  est  habillée  du  chiton  et  de  l'himation  ;  le 
bras  gauche  est  replie'  et  la  main  fait  appui  sur  la  hanche  ;  le 
bras  droit  est  soulevé'  sur  la  poitrine,  retenu  par.  les  plis  de 
l'himation  5  les  vêtements  sont  blancs  avec  une  large  bordure 
bleue,  d'une  e'toffe  très  fine,  presque  transparente.  Le  n°  2 
est  finement  travaille'  et  il  a  aussi  une  pose  très  élégante 
(fig.  I  I  i).  4.  Joueuse  de  pandourion  (fig.  1 12).  7.  Jeune  mère 
portant  assis  sur  son  avant-bras  gauche  son  nourrisson  qui  est 


Fig. 


Fig-.   I] 


tout  à  fait  nu  (fig.  i  1 3).  8.  Jeune  femme  debout  regardant  à 
gauche  dans  une  pose  e'ie'gante;  le  bleu  et  le  rouge  clair  des 
habits  sont  parfaitement  conserve's  (voir  trichromie).  9.  Dan- 
seuse (fig.  I  14).  Jeune  femme  debout  de  face,  habille'e  du  chiton 
et  du  manteau  tire'  jusque  sur  la  tête;  de  la  main  gauche  elle 
tient  les  deux  pans  du  manteau  ferme's  sur  la  poitrine  (fig.  94, 
p.  241).  Voir  aussi  les  figurines  du  second  rayon,  surtout  les 
n^^    II,    12,    13,    14. 

Dans  le  compartiment  du  milieu  :  Poteries  originales  d'Arre- 
Hum  et  imitations  soit  locales,  soit  de    fabriques    de     l'Asie 


17 


258    

Mineure.  De  nombreux  fragments  portent  la  signature  soit 
du  potier,  soit  de  celui  qui  avait  fait  les  poinçons  pour  la 
de'coration.  Parmi  les  sujets  qui  ornent  en  relief  la  surface 
exte'rieure  de  ces  vases  {terra  sigillata)  le  plus  remarquable 
est  le  n°  i,  Ge'nie  aile'  jouant  de  la  double  flûte.  Voir  aussi  : 
2.  Tête  d'Hercule  de  profil  à  gauche.  3  et  suiv  :  gladiateur, 
combattants,  masques  comiques.  —  Dans  la  section  droite  du 
même  compartiment  :  les  restes  de  deux  grands  plats  en  terra 
sigillata  de  fabrication  locale  5  dans  le  fond  du  plat,  au  centre, 


Fig.  112. 


un  dattier  ;  à  droite  et  à  gauche  de  celui-ci,  les  bustes  de 
l'Afrique  et  de  la  Mauritanie  affronte's  5  tout  autour  du  bord, 
une  chasse  aux  bêtes  sauvages  :    lion,  sanglier,  etc. 

Vitr.  G.  Dans  le  compartiment  du  milieu,  d'autres  ^poteries  ar- 
rétines  et  leurs  imitations  5  voir  parmi  les  reliefs  de  ces  der- 
nières :  I.  Set-Typhon  (Prov.  Kôm-el-Chogafa,  Se'rapeum);  2. 
Sarapis  5   3-7.  Dromadaires    (Memphis). 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Schreiber  Th.,  Die  Nekropole  von  Kôm-esch-Schu- 
kâja,  Teil  VI,  pag.  298  sq.  ;  Pagenstecher  R.,  Die  griechisch-aegyptische 
Sammlung  E.  von  Sieglin,  3  Teil,  p.  100  sq. 


^^^ 

1 

■ 

wk- 

j 

Kl 

L 

1 

o 

t^ 

y 

PR^:- 

JB 

Fig-,   114. 


— 259       ■ 

Parmi  les  (êtes  de  figurines Jen  terre 
cuite  expose'es  dans  le  compartiment 
supérieur:  i.  Un  enfant  nu  à  cheval 
sur  l'e'paule  gauche  de  sa  mère,  joue 
avec  elle  et  lui  caresse  le  menton, 
A  remarquer  aussi  la  riche  varie'te'  et 
la  complication  des  coiffures  (n"^  2  et 
aussi  3-4  et  suiv.);  5.  Charmante  sta- 
tuette d'un  garçon  assis  sur  un  rocher, 
la  tête  tourne'e  vers  sa  gauche,  habille' 
d'une  tunique  et  d'un  manteau  agrafe' 
sur  l'e'paule  droite;  les  cheveux  longs, 
boucle's,  lui  descendent  sur  les  e'paules, 
l'expression  du  visage  est  souriante  ; 
couleurs  bien  conserve'es  ;  6.  Tête  de 
jeune  femme  surmonte'e  d'une  lourde 
couronne;  la  statue  e'tait  de  dimen- 
sions conside'rables  (haut,  de  la  base 
du  cou  au  sommet  de  la  tête  o  m.  i  i). 

Dans  la  vitr.  H  : 

Compartiment  supérieur.  Section  à  gauche.  Figurines  en  terre 
cuite:  i.  Enfant  souriant  debout  sur  une  bigue  minuscule 
chargée  de  raisins,  traînée  par  une  couple  de  chiens  (hg.  i  i  5). 

2.  Enfant  debout  souriant;  il 
soulève  de  la  main  gauche  les 
bords  inférieurs  de  sa  tunique 
remplie  de  fruits.  —  Dans  la 
section  du  centre  :  3.  Buste 
d'Hercule,  le  bras  droit  armé 
du  glaive,  soulevé  au-dessus 
de  la  tête;  4.  Tête  d'Hercule, 
haut,  o  m.  08,  aux  formes 
puissantes,  pleines  de  vigueur 
et  de  force,  d'un  modelé  bien 
rendu  (fig.  116);  5.  Autre  buste 
d'Hercule  (plâtre)  ;  6.  Tête  de 
Sarapis. 

Dans  le  compartiment  du 
milieu  :  Quelques  échantillons 
de  céramiques  en  reliej  d'épo- 
que romaine,  i.  Hélène,  pour- 
suivie par  son  mari  Ménélas  qui 
Fig.  115.  menace  de  la  tuer  pour  venger 


F'sr. 


260     

sa  trahison,  s'accroche  eftVayce  à  une  statue 
dAthèna  dont  elle  implore  la  protection  ; 
en  faisant  ce  mouvement  elle  laisse  tom- 
ber son  vêtement  et  de'couvre  toutes  ses 
beaute's  ;  à  ce  spectacle,  ainsi  que  le  mythe 
le  raconte,  la  fureur  de  Me'ne'las  se  calme  et 
fait  place  à  l'amour  renaissant.  Cette  situa- 
tion est  expliquée  ici  par  les  petits  amours 
qui  retiennent  le  bras  de  Mene'las  arme' 
d'une  ëpe'e  et  déjà  soulevé  pour  frapper. 
Le  travail  est  médiocre,  mais  la  scène  est 
charmante  5  2.  Hercule  terrassant  le  lion 
de  Ne'mée  •  3,4,  5.  Hercule  en  lutte  avec 
le  taureau  ;    7,  8,   9,  etc.  Masques  et  scènes 


bachiques;    10,    11,    12.    Masques  de    Gorgone; 


La    figu- 


rine fragmentaire  d'une  argile  très  fine  et  d'un  travail  soigne, 
est  sans  doute  hellénistique;  elle  représente  Léda  et  Zeus,  celui-ci 
transformé  en  cvgne,  ainsi  que  le  mythe  le  rapporte  (fig.  117). 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Breccia  E.,  Di  alcnni  frammenti  di  vasi    cou 
rappresentanze  a  rilievo,  dans  B.  S.  A.,  11,  p.  298  sq. 

'Vitr.  L  Figurines  en  terre  cuite.  Collection  de  personnages  et 
de  masques  de  théâtre  (fig.  1 18- 1 1  9)  ainsi  que  de  cflr/ca/«;T5 
et  de  figurines  grotesques. 

Vitrine  K.  Terres  cuites  provenant  des  collines  de  détritus  près 

du  faubourg  de  Hadra.  A  remarquer: 
i.'^Tête  de  Galate^  haut,  du  visage  o  m.  03.  Le  Galate  est  repré- 


Fig. 


201 


Fig. 


Fig.    119. 


sente ^non  pas  ivre,  mais  mourant;  maigre'  l'exage'ration  qu'on 
peut  constater  dans  la  musculature  saillante,  cette  tète  est  très 
vivante  et  pleine  d'une  expression  sauvage  et  douloureuse 
(fig.    120). 

BIBLIOGRAPHIE,  —  Reinach  A.,  Les  Galates  dans  Vart  alex.,  p.  43. 

2.  Tête  de  Gauloise  aux  formes  puissantes.  Les  cheveux  en 
mèches  épaisses  tombent  bas  sur  le  front,  puis  forment  de 
part  et  d'autre  deux  masses  rejetëes  en  arrière  qui  couvrent  les 
oreilles  et  descendent  jusqu'au  cou. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Reinach  A.,  o.  c,  p.  50-51. 

3.  Tête  de  Faune  (reconnaissable  aux  oreilles  pointues,  anima- 
lesques)  ivre  (fig.  12  \\  Il  devait  faire  partie  d'une  statue  ana- 
logue à  celle  du  Muse'e  du  Gaiie,  provenant,  paraît-il,  d'Alex- 
andrie et  connue  sous  la  de'nomination  de  Satyre  cà  l'outre. 
D'autres  figurines  de  ce  type  ont  e'te'  re'cemment  découvertes 
à    Kertch. 

BIB[  lOGRAPHIE.  —  Rkixach  A.,  o.  c,  pas,-.  38;  Pharmakowsky, 
Fragments  de  statuettes  de  Satyres  de  la  ville  de  Kertch  (en  russe),  Odessa, 
1912,    pag.  18,   PI.  II. 

Dans  la  section  à  droite,  une  se'rie  de  Lampes^  de  Statuettes 
et  de  Lanternes:  \.  Lanterne  de'core'e  d'une  Venus  nue,  age- 
nouille'e,  faisant  une  torsade  de  ses  cheveux;  2.  Buste  de  Mi- 
nerve; 3.  Eros;  j\.  Buste  de  nègre;  8.  Joueuse  de  trigon{fig.  122); 
9.  Lampe  à  support;  10.  Lampe-statuette  :  Venus  debout  sor- 
tant du  bain  ;  les  habits  ramasse's  autour  des  genoux  laissent 
à  de'couvert  le  reste  du  corps  ;  les  mains  souleve'es  font  une 
torsade  de  ses  longs  cheveux;  11.  Lampe-statuette:  Eros  aile' 
embrassant  passionnément  Psyché  (fig.    123). 


Dans  la  section  du  centre  : 

i6.  Façade  de  temple  :  on  y  monte  par  un  haut  escalier  de  dix 
degre's  flanque'  de  deux  sphinx  ;  les  colonnes,  lisses  jusqu'au 
tiers  de  la  hauteur  dans  la  partie  inférieure,  sont  ensuite  can- 
nele'es  et  surmonte'es  de  chapiteaux  corinthiens  :  le  fronton  est 
triangulaire  avec  acrotères  ;  dans  l'encadrement  de  la  cella 
on  voit  une  statue  de  Minerve;  13-14.  Masques;  15.  Lampe  dont 
l'anse  est  forme'e  par  un  Eros  aile'  accroupi  ;  1 6  (fig.  1 24).  On 
a  voulu  voir  dans  cette  lanterne  ou  veilleuse  une  reproduction 
(très  mauvaise  sans  doute    du  ce'lèbre  Phare  d'Alexandrie,  qui 


Fig.    12] 


avait  le  premier  e'tage  carre',  le  second  octogonal,  le  troisième 
cylindrique;  17.  Statue  de  Minerve;  18-19-20.  Bustes  de  Mi- 
nerve: 21.  etc.  Lampes  à  support. 

Dans   le   compartiment  du  milieu    horizontal)  : 

Collection  de  lampes  romaines,  dont  plusieurs  pourvues  de  la 
marque  de  fabrique  (Strobili,  Octavi,  etc.).  Presque  toutes  ont 
la  cuvette  supe'rieure  de'core'e  d'une  figure  d'animal  (chien, 
lion,  ours,  gazelle,  taureau,  dauphin,  aigle,  ibis,  lapin,  saute- 
relle et  ainsi  de  suite  . 


Vitr.  L.  Moules  en  terre  cuite  pour  fabriquer  des  figurines  en 
terre  cuite  v.  n°^  1-2).  et  moules  soit  pour  cacheter  des  pains, 
des    gâteaux,    peut-être    aussi    des    bouchons    d'amphore,  soit 


263    — 

aussi  pour  décorer  en  relief  certains 
produits  ce'ramiques.  A  côté  de  chaque 
moule  est  exposée  son  empreinte  en 
plâtre.  Il  y  en  a  qui  sont  d'un  tra- 
vail assez  fin  et  qui  reproduisent  des 
motifs  gracieux.  1-3.  Bustes  de  Dio- 
nysos (fig.  125)5  4.  Vénus  ou  Amphi- 
trite  sur  un  cheval  marin;  5.  Hercule 
luttant  contre  un  centaure;  6.  Vieux 
nain  nu,  dansant  à  côté  d'une*amphore 
remplie  de  vin  ;  dans  la  ['droite  il 
tient  un  trigon,  dans  la  gauche  une 
coupe;  7.  Amphion  jouant  du  pan- 
dourion^  à  cheval  sur  un  dauphin  ; 
8.  Coq  marchant  à  gauche  dans  la 
pose  orgueilleuse   qu'on  lui  connaît. 

Au  centre  de  la  salle  : 


Fig,   122. 


Vitr.  FF.    Collection    de  fragments    de   poteries  de    Naucratis 
(Kôm  Gaief). 

On  sait  que  Naucratis  était  la  ville  où  Amasis,  vers  la  moitié 
du  VI"^®  siècle  av.  J.-Ch.,  avait  réuni  la  plus  grande  partie  des 
mercennires  et  marchands  grecs  qui  depuis  Psammetik  étaient 
dispersés  dans  plusieurs  camps  fortifiés  de  l'Egypte.  Naturelle- 
ment ces  Grecs  entretenaient  un  commerce  suivi  avec  la  patrie 
d'origine  ;  en  conséquence,  on  trouve  dans  les  ruines  de  la 
ville  beaucoup  de  fragments  de  vases  rhodiens,  ioniens,  chy- 
priotes, attiques,  etc.  des  VI"^^,  V'"'^ 
et  IV'"*^   siècles. 


Les  mosaïques,  qui  décorent  le  parquet  de 
cette  salle,  sont  formées  par  de  petits 
cubes  polychromes.  Les  dessins  pré- 
sentent des  combinaisons  très  variées 
de  motifs  géométriques.  Elles  provien- 
nent toutes  des  ruines  de  Canope  (au 
sud  du  fort  Tewfik,  près  d'Aboukir), 
où  elles  décoraient  probablement  le  Sé- 
rapeum  ou  quelqu'une  de  ses  annexes. 

Parmi  les  lampes  dans  la  vitrine-pyramide 
au  centre  de  la  salle,  plusieurs  sont  re- 
marquables, soit  par  le  nombre  des 
mèches  (n"^  1-8),  soit  par  la  forme  (n"  9, 


Fig-.   123. 


264    

Eros  ailé  endormi),  soit  par  la  scène 
reproduite  en  relief  sur  la  cuvette  ; 
10-20.  Gladiateurs  isole's  ou  par  couples, 
se  battant  en  duel  (fîg.  126  et  p.  237); 
21,  Les  trois  Grâces  5  22.  Minerve; 
23.  Isis  alexandrine,  une  corne  d'abon- 
dance sur  le  bras  gauche,  un  radeau 
dans  la  main  droite  ;  24.  Victoire  de 
profil  à  gauche,  soutenant  un  bouclier 
rond  ou  un  me'daillon  (fig.  127);  25-26. 
Faunes  jouant  ou  dansant  ;  27.  Eros  che- 
vauchaut  un  cheval  marin,  bordure  ri- 
chement de'core'e,  anse  forme'e  par  un 
buste  d'Isis  (fig.  128);  28.  A  forme  de 
pied,  la  mèche  est  sur  l'orteil,   etc. 

Dans  la  vitr.    H  H   en  face   de  l'entre'e   de 
Fig.  12^.  la  salle  : 

En  bas:  deux  urnes  cinéraires  du  type 
dit  de  Hadra,  de'couvertes  dans  la  nécropole  de  l'Ibrahimieh. 
Celle  qui  garde  !  encore  son  bouchon,  fermant  avec  du  plâtre, 
contient  les  cendres  d'une  certaine  Agonis,  morte  l'an  25  du 
roi  (Ptolémée  Philadelphe,  261-0  av.  J.-Ch.).  —  Dans  le  com- 
partiment supérieur:  Grande  urne  cinéraire  hydriforme  en  terre 
cuite  vernissée  en  noir,  avec  des  zones  de  décoration  en  blanc 
superposé  et  des  médaillons  en  relief  sur  les  épaules,  soutenus 
par  de  jeunes  femmes  (fig.  129).  Dans  ce  vase  l'imitation  des 
vases  en  bronze  est  évidente.  Sur  le  bouchon  est  insérée  une 
figurine  en  terre  cuite  vernissée  noire,  image,  infidèle  sans  doute 
et  seulement  intentionnelle,  de  la  défunte,  dont  l'urne  renferme 

les    cendres.    Prov.   Nécropole  de 

l'Ibrahimieh. 


Dans  les  vitrines  le  long  de  la  paroi 
droite  de  la  salle,  sont  exposées 
les  nombreuses  statuettes  en  terre 
cuite  connues  sous  l'appellation 
imparfaitement  exacte  de  figurines 
du  Fayonm.  Ces  figurines,  qui  ne 
peuvent  à  aucun  titre  réclamer 
l'admiration  pour  leur  valeur 
artistique,  sont  néanmoins  d'un 
intérêt"  considérable  pour  l'étude 
des  croyances  et  des  mœurs  popu- 


Figr.  125. 


265 


Elles  sont    en   ge'néral   creusées. 


Fig. 


laires. 

travaille'es  au  moule.  On  en  a  trouve'  en 
grand  nombre,  surtout  au  Fayoum,  mais 
aussi  dans  d'autres  villes  de  l'Egypte  ro- 
maine (Akhmîn,  Ehnâs,  Hermoupolis, 
Coptos,Abydos,  Antinoe',  etc.).  La  plupart 
sont  des  figures  de  divinite's  gre'co- 
egyptiennes  et  d'animaux  sacrés  ;  mais 
il  y  a  aussi  un  bon  nombre  de  grotesques, 
de  caricatures,  de  paysans,  d'ouvriers, 
de  sujets  de  genre,  de  figures  d'animaux. 
Dans  toutes  les  statuettes  qui  ne^.sont 
pas  des  caricatures  ou  des  figures  d'ani- 
maux, on  a  voulu  chercher  une  signi- 
fication religieuse  ou  symbolique  (pleureuses,  concubines  du 
mort,  porteurs  de  viandes  pour  le  de'tunt). 

Il  est  eVident  que  les  images  de  divinités  n'étaient  pas  exclu- 
sivement décoratives  et  qu'elles  devaient  servir 
comme  intermédiaires  entre  Thomme  et  la 
divinité;  mais  très  souvent,  à  mon  avis,  ceux 
qui  fabriquaient  ces  figurines  et  les  gens  du 
peuple  qui  les  achetaient  ne  voyaient  pas  dans 
toutes  ces  poupées  une  personnification  déter- 
minée, et  ne  leur  attribuaient  pas  une  signi- 
fication symbolique  précise.  Au  fond,  beaucoup 
de  ces  figurines  ne  sont  pas  très  différentes 
de  celles  qu'on  vend  de  nos  jours  aux  pay- 
sans dans  les  foires  de  campagne  et  les  jours 
de  fêtes  autour  de  certains  sanctuaires. 

HIBLIOGRAPIUE.  —  W.  Schmidt,  Die  Griesk-aeg.  Terrakotter  iny 
CarlsbergGlyptothek,  Copenhague,  1911;  Id.,  Choix  de  monuments  égyptiens, 
lime  série  (Glypt.  Ny-Car Isherg),  l'ruxelles,  1910  ;  Kaufmann  C.  M.,  Die  aeg 
lerrakoten  ci.  griech.-roetn.  Epoque,  Caire,  1913  ;  Reixach  Ad.,  Catalogne 
des  anliq.  égypt.  recueillies  dans  tes  fouilles  de  Coptos  en  1910-1911,  expo- 
sets  au  Musée  de  Lyon,  p.  87  sq. 

L'ouvrage  de  Webkr  W.,  Die  aegyptisch- 
griechischen  Terrakoiten  (Kônigl.  Mus.  zu  Ber- 
lin), Berlin,  Curtius,  1914,  m'est  parvenu  pendant 
la  correction  des  épreuves,  trop  tard  pour  l'uti- 
liser comme   je    l'aurais  voulu. 

Le  prof.  Pau]  Perdrizet  éditera  le  Catalogue 
des  terres-cuites  de  la  richissime  collection  Fou- 
quet  ;  les  prof.  R.  Pagenstecher  et  S.  Loeschke  a- 
nalyseront  Us  terres-cuites  de  la  collection  S'eglin. 

Dans  la  vitr.  P  : 

Rayons  a.  b,  1-24.  Dans  ces  cônes  de  terre 

cuite   à    l'intérieur  creux,  généralement 

ouverts  en  haut  et  en  bas,  (hauteur  18-  l'ig.  128. 


266      

2  2  cm.)  on  a  voulu  voir  des  supports  de  torches,  mais  ceci 
peut  paraître  douteux.  Ils  affectent  souvent  une  forme  phallique, 
et  sur  la  surface  antérieure,  ils  portent  en  bas-relief  quelquefois 


Fi  g.  129. 


une  figure  qui  rappelle  par  certains  de'tails  Sarapis-Dionysos, 
par  d'autres  Priape;  d'autres  fois,  une  tête  sile'nique  de  vieillard 
dans  la  partie  infe'rieure,  reliée  par  des  rinceaux  et  des  grappes 
de  raisin  à  une  tête  juve'nile  (probablement  du  cycle    diony- 


2  07      

siaque),  placée  près  de  l'extre'mite'  supe'rieure.  Au    lieu  d'être 
un  ustensile,  ne  serait-ce  pas    un    objet    de'coratif  auquel    ce- 
pendant la  superstition  du  peuple  attribuait  une  influence  pro- 
pitiatrice  sur  la  fe'condite'?   —   25-32.   On  a  vu  dans  ces  pièces 
des    griffes    de    sistre    ou    des  gaines  de  poignards.    Ce  sont 
des  espèces  de  cônes  renversés^  qu'on   pourrait   croire  formés 
par    des    bouquets    de    longues    feuilles    surmonte's    soit  d'une 
double   corne  d'abondance,  soit  d'une  sorte  de  calice,  soit  de 
deux  torches,  et  de'core's  dans    la  partie  supe'rieure,  soit  d'un 
buste  de  Sarapis  entre  des  festons  de  fleurs  et  de  grappes  de 
raisin,  soit  d'un    serpent    uraeus  se  dressant  entre  les  cornes 
d'abondance.   —   33-3  5-  V<^ses  à  libations  (?)  ou  plutôt  lampes. 
Quelqu'un  voit  d:ms  la  figure  ap- 
puye'e  à  la  colonne  la  gardienne 
(Athèna  ou  Rome)  du  bouclier  à 
l'e'tranger  5  mais  il   faut   observer 
qu'il  y  en  a  même  sans  la  figure 
de  femme  guerrière  avec  bouclier. 
Au-dessus  d'un  re'cipient  oblong, 
affectant  en  gros  la  forme  d'une 
barque,  et   soutenu   par  deux  ou 
quatre  pieds,  se  dresse  une  colonne 
surmontée  d'une  tète  de  cygne  au 
long  cou.  A  la  colonne,  du  côte'  in- 
te'rieur,    est   adosse'e    une    femme 
casque'es'appuyant  sur  un  bouclier. 
Rayon    c.    3Ô-40.   Femmes   as- 
sises sur  une  haute  base  cubique, 
les  jambes  e'carte'es,    le    manteau 
tire'  sur  la  tête.  Nos  exemplaires 
ont  tous  les  bras  coupe's,  mais  il 
est   probable  que  ces  fractures  ne  _^ 

sont  pas  intentionnelles.  Les  bras  travaille's  à  part  et.^ajoute's 
avec  du  plâtre,  e'tant  souleve's,  e'taient  sujets  à  se  casser  facile- 
ment et  à  disparaître.  Pre'tendues  orantes  ou  pleureuses  (à  vrai 
dire,  elles  sont  souvent  souriantes),  quelquefois  nues,  quel- 
quefois habillées.  Sur  le  vêtement  elles  portent  une  longue 
chaine  qui  descend  du  cou  sur  la  poitrine,  ou  se  croise  pour 
descendre  sur  les  hanches  et  continuer  derrière  le  dos.  Sur 
la  poitrine  la  chaîne  est  fermée  par  une  grosse  plaquette  ou 
agrafe  ronde. 

Rayon  f.  Nombreuses  statuettes  de  Bcs^  tenant  les  mains  ap- 
puyées sur  les  genoux,  ou  bien  portant  une  épée  dans  la  main 
droite,    à    la    façon    d'un  guerrier.  Sur  trois  exemplaires,  au- 


Fig.   130. 


2  68 


-^  .  dessus  de  la  haute  couronne  de  plumes, 
se  dresse  un  naos  du  bœuf  Apis  repre'- 
sente'  de  profil  à  droite,  le  disque  solaire 
entre  les  cornes  (fig.    130). 

Dans  la  vitrine   Q: 

Rayon  a.  Tyiiipanistres.  Figurines  de 
femmes  habillées  d'une  longue  tunique, 
couronne'es  de  fleurs,  en  train  de  jouer 
du  tambourin  qu'elles  tiennent  de  la  main 
gauche  souleve'e  et  qu'elles  frappent  de 
la  main  droite.  Quelques-unes  jouent  et 
dansent  en  même  temps. 

Ravon  b.  Figurines  de  femmes  nues, 
portant  des  couronnes  suspendues  au  cou, 
les  mains  souleve'es  au-dessus  de  la  tête 
pour  soutenir  une  corbeille  large  et  pro- 
fonde. Elles  sont  extrêmement  grasses  ; 
p'»-  13 '•  leurs  seins  longs  et  pleins,  tombent  sur  le 

ventre  enfle' (fig.  131).  Dans  ces  cane'phores 
quelques  arche'ologues  ont  reconnu  des  concubines  ou  des  ser- 
vantes du  mort  ;  le  Dr  Regnault  y  voit  une  femme  enceinte  et 
presque  à  terme.  Les  seins  ressemblent  de'jà  à  deux  outres 
pleines.  {U Univers  médical^  25  janvier  1914..  Il  peut  se  faire 
que  ce  soit  un  sujet  de  genre,  sans  aucune  signification  spe'cifique. 
—  D'autres  figurines  reproduisent  un  autre  type  de  la  femme 
nue  à  la  coiffure  complique'e,  la  tête  orne'e  d'une  lourde  couronne, 
les  bras  et  les  pieds  charge's  de  bracelets,  les 
jambes  coUe'es  l'une  contre  l'autre,  les  bras  al- 
longe's  et  colles  au  corps  (fig.  132).  Il  semble 
qu'à  l'origine  on  ait  voulu  repre'senter  une 
déesse  de  la  volupté  (Hathor,  Aphrodite),  mais 
qu'on  ne  tarda  pas  à  y  voir  tout  simplement 
des  courtisanes.  Schreiber  pensait  que  ces  fi- 
gurines de'pose'es  dans  les  tombeaux  étaient  les 
concubines  du  mort. 

Rayon  c.  Figurines  de  femmes  richement  coif- 
fe'es,  habille'es  d'une  tunique  pourvue  d'un  long 
apoptigma  et  pare'es  d'une  longue  chaîne  qui 
entoure  le  dos,  les  épaules  et  les  hanches  et  qui 
est   fermée  sur  la  poitrine  par  une  boucle  ronde. 

Dans  les  vitr.  R,  S,  T,  on  a  réuni  la  collection  de 
statuettes  représentant  Harpocrate^  dans  une 


269     • ■ 

riche  variété  d'attitudes  et  de  symboles.  Nous 
avons  eu  de'jà  l'occasion  de  signaler  (salle  i  i) 
la  grande  popularité'  acquise  à  l'e'poque  ro- 
maine par  cette  forme  d'Horus  (Horus  enfant) 
sur  laquelle  on  accumula  une  grande  quantité 
de  symboles. 

Vitr.  R.  —  Rayon  a.  Harpocrafe  debout,  de 
face,  habille'  d'une  longue  tunique,  la  tête 
chauve,  sauf  une  longue  boucle  lui  descendant 
sur  l'oreille  droite  (cette  caracte'ristique  per- 
met de  distinguer  facilement  Harpocrate  d'E- 
ros,  ou  d'un  enfant  quelconque  ou  de  toute 
autre  divinité'),  un  double  bouton  de  lotus  au 
sommet  de  la  tête  en  guise  coiffure  (fig.    133).  pi.r_  13.. 

De  la  main  gauche  il  tient  un   vase  appuyé' 
sur  la  hanche,  la  main  droite  fuit  le  geste  de 
puiser  dans  ce  vase.     Harpocrate  au  vase,  mais    couronne'  de 
fleurs,    habille'    d'un    manteau   agrafe'  sur  l'e'paule  droite,  jeté' 
derrière  le  dos,  l'index  de  la  main  droite   appuyé'  aux  lèvres 
faisant  le  signe  du  silence.    Le   même,    nu,  ithyphallique.    — 
Rayon  b.  Harpocrate  habille'  ou  nu,  accoude'  à  un  pilier,  la  tête 
surmonte'e  de  la  couronne  de  la  Basse  et  de  la  Haute  Egypte, 
une  corne  d'abondance    sur    le   bras   gauche,   l'index    vers    la 
bouche  (fig.    134).  Sur  quelques    exemplaires   la   couronne   est 
celle    d'Ammon.    —   Rayon   c.    Le  même  ; 
le   même  assis. 


Vitr.  S.  —  Rayons  a,  fc,  c.  Harpocrate  avec 
la  double  couronne  des  pharaons,  nu  ou 
habille'  d'une  tunique,  assis  ou  à  demi- 
couche',  soit  sur  sa  jambe  gauche,  soit  sur 
sa  droite,  un  vase  dans  la  main  gauche 
et  faisant  de  l'index  droit  le  signe  du 
silence.  Le  même,  assis  sur  une  base  cu- 
bique, coiffe'  d'une  lourde  couronne  sur- 
monte'e de  la  double  couronne  pharaonique 
entre  deux  boutons  de    lotus. 

Vitr.  T.  —  Rayon  a.  Harpocrate  coiffe'  de 
la  double  couronne,  habille'  d'une  courte 
tunique,  l'index  aux  lèvres,  montant  un 
cheval  qui  marche  de  profil  à  droite.  — 
Ravon  h.   Le  même  sans  couronne,  habille' 


270 

d'une  chlamys,  armé  d'un  bouclier 
rectangulaire  et  d'une  e'pe'e  (fig. 
135).  i.e  même  à  cheval  sur  une 
oie.  Le  même  à  cheval  sur  le 
be'her  sacre'.  —  Rayon  c.  Har- 
pocrate  assis  sur  sa  jambe  gauche 
au-dessus  d'une  haute  base  circu- 
laire 5  le  bras  droit  manquant  est 
remplacé  par  une  fissure  oblongue 
(était-ce  le  couvercle  d'une  tire- 
lire ?).  —  Rayon  d.  Harpocrate 
nu,  assis,  souriant,  aux  formes 
potelées,  une  hitlla  suspendue  au 
cou.  Buste  du  même  typ2.  — 
Rayon  e.  Harpocrate  assis,  un 
vase  entre  ses  jambes,  dans  le- 
ï^'o-  '35-  quel  il  puise  avec  la  main  droite  ; 

rinde.x  de  la  main  gauche  porté 
aux  lèvres.  Doubles  images  d'Harpocrate  accoudées.  —  Rayon/. 
Harpocrate  dans  un  naos.  Le  même  coiffé  de  la  double  cou- 
ronne pharaonique,  assis  sur  une  grosse  fleur  de  lotus.  Le 
même  en  Osiris.  Le  même  soutenant  sa  propre  image  assise 
sur  son  épaule  gauche. 

Dans  la  vitrine   U: 

Rayon  a.  1-4,  Zens  assis  sur  un  trône,  le  corps  de  trois 
quarts  à  gauche,  la  tête  tournée  à  droite  ;  le  manteau  lui 
couvre  seulement  le  dos  et  la  moitié  inférieure  des  jambes, 
laissant  à  découvert  tout  le  reste  du  corps  aux  formes  puis- 
santes, un  aigle  aux  ailes  déployées  est  à  ses  pieds,  debout, 
adossé  à  la  jambe  gauche  du  dieu,  la  tête  levée  vers  lui.  5-6. 
Statuettes  de  Sarapis  assis  sur  un  trône  dans  la  pose  que 
nous  avons  déjà  eu  l'occasion  de  décrire  à  maintes  reprises, 
la  main  droite  posée  sur  la  tête  du  Cerbère  qui  est  debout, 
de  face,  adossé  à  la  jambe  droite  du  dieu. 

Rayon  h.  Bustes  et  médaillons  de  Sarapis,  anses  d'amphores 
avec  l'image  en  relief  de  cette  divinité  si  populaire.  Buste  de 
Sarapis  sur  un  fauteuil. 

Rayon  c.  Dans  la  moitié  gauche  :  Isis  alexandrine^  une 
corne  d'abondance  sur  le  bras  gauche,  la  main  droite  appuyée 
à  un  radeau.  Isis  allaitant  son  enfant  Horus;  5.  Isis  donnant 
le  sein  au  bélier  sacré.  —  Dans  la  moitié  droite  :  Isis  (ou  prê- 
tresse d'Isis)  richement  habillée  de  lourdes  couronnes  en  ban- 
doulière,   la  tête  surmontée  de  la  couronne  hathorique,  le  bras 


droit  soulevé  agitant  le  sistre.  La 
même  soutenant  dans  la  main  droite 
souleve'e  à  hauteur  de  l'e'paule  le 
vase  qui  renferme  l'eau  sacre'e. 

Rayon  d.  Isis-Cérès  debout,  de  face, 
habillée  d'une  tunique  et  d'un  man- 
teau tire'  jusque  sur  la  tête,  surmon- 
te'e  du  calathus,  la  main  droite  ap- 
puyée à  une  énorme  torche  place'e 
verticalement,  la  pointe  infe'rieure 
au  sol,  la  flamme  en  haut  à  hauteur 
de  la  tête  de  la  de'esse. 

Rayon  e.  Isis-Cérès  debout,  de 
face,  la  tête  surmontée  de  la  couronne 
hathorique,  la  moitié'  infe'rieure  du 
corps  en  serpent  replie'  sur  lui-même 
et  tenant  dans  ses  replis  des  e'pis. 

Rayon  f.  Buste  de  Minerve  qui 
surmonte  une  petite  lampe  adossée 
du  côté  droit  à  la  base  du  buste. 


Fig.  136. 


Dans  la  vitrine  V  : 

Rayon  a.  Figurines  de  Vémts.  Vénus  sortant  du  bain, 
l'himation  abandonné  sur  les  hanches,  faisant  le  geste  d'ar- 
ranger ses  longs  cheveux  mouillés.  La 
même  tout  à  fait  nue.  La  même  age- 
nouillée sur  sa  jambe  droite.  Vénus  à 
demi-couchée  sur  le  côté  gauche  dans  une 
barque.  La  même  s'enveloppant  la  poi- 
trine d'une  zone  ou  ceinture. 

Rayon  h.  Plaquettes  oblongues  avec 
l'image  en  relief  de  Vénus  dans  un  naos, 
debout,  nue,  faisant  une  torsade  de  ses 
cheveux. 

Rayons  &,  c.  Figurines  de  femmes  de- 
bout, de  face,  rappelant  par  l'attitude  et 
par  les  vêtements  abandonnés  sur  les  han- 
ches, ou  par  leur  complète  nudité,  le  type 
de  Vénus  que  nous  venons  de  décrire  5 
mais  celles-ci  ont  les  mains  soulevées  vers 
la  tête  pour  soutenir  une  corbeille  remplie 
de  fruits,  au  milieu  desquels  se  dresse  un 
serpent  uraeus.  Adossés  aux  jambes  on 
Fig.  137.  observe  :  quelquefois    un    garçon    jouant 


de  la  double  flûte  à  droite  et  une  amphore  à  gauche  5  quel- 
quefois un  joueur  de  flûte  à  droite,  une  danseuse  à  gauche. 
Même  dans  ces  figurines  Schreiber  avait  cru  voir  des  con- 
cubines des  morts. 

Rayons  d^  e.  Gracieuses  figurines  d'Eros  dans  différentes  at- 
titudes, charge'es  de  ditfe'rents  symboles  ;  debout,  soutenant  une 
longue  et  lourde  torche  ;  debout,  de  face,  habille'  d'une  tunique, 
les  ailes  de'ployëes,  la  tête  inclinée  sur  l'épaule  droite,  la  torche 
appuye'e  sur  l'épaule  gauche  et  derrière  la  nuque.  Eros  guer- 
rier de  profil  à  droite,  coifïé  du  polos,  habillé  de  la  chlamys, 
un  bouclier  rond  dans  la  main  gauche,  une  épée  dans  la  main 
droite  (fig.  136).  Le  même  armé  de  la  torche.  Eros  guerrier  de- 
bout, de  face,  armé  d'un  bouclier  oblong.  sur  une  fleur  de 
lotus  (fig.    137).  Eros  en  orant,  debout,   les  mains  jointes  sur 


Fig.  138. 

la  poitrine.  Le  même  couché  sur  le  côté  gauche,  et  faisant 
du  bras  gauche  un  coussin  à  sa  tête.  Le  même  assis,  endormi, 
coifl'é  du  polos,  le  menton  appuyé  sur  ses  mains  entrelacées 
et  posées    sur   le  genou  gauche  soulevé. 

Dans  la  vitrine  X  : 

Rayons  a,  b,  c.  Petites  têtes  appartenant  à  des  figurines  de 
différents  types  féminins  5  elles  sont  remarquables  par  la  ri- 
chesse,  la  variété  et  la  complication  des  coiffures  (fig.  138). 

Rayons  d,  e^  f.  Femme  assise  sur  un  socle  élevé,  jouant 
du  trigon.  Deux  jeunes  femmes  jouant  à  Vephedrismos.  Sujets 
de  genre:  Grotesques:  Caricatures;  Objets   divers. 

Rayon  d.  i.  Porteur  d'eau,  un  gros  vase  rempli  de  ce  liquide 
sur  l'épaule  droite;  2.  La  cueillette  des  dattes:  au  paysan  est 
substitué  un  singe  (fig.  139);  3.  Paysan,  le  dos  chargé  de  palmes 
de  dattier,  qui  marche  en  chantant  et  en  jouant  de  la  double 
flûte.  4.  Chameau  chargé  d'amphores,  entre  lesquelles  est  assis 


273      

le  chamelier  ;  le  chameau,  qui  s'est  couche  sur  le  ventre  pour 
faciliter  le  chargement,  est  sur  le  point  de  se  soulever  pour  se 
mettre  en  marche  5  5  (fig.  140).  Une  grenouille  jouant  de  la  lyre. 
assise  sur  un  gros  poisson  (caricature  d'Amphion?);  6.  Lampe 
très  gracieuse,  l'anse  souleve'e  par  un  jeune  nègre  accroupi 
tenant  une  lanterne  dans  sa  main  gauche  ;  7.  Partie  supe'rieure 
d'un  vase  à  tête  de  nègre  ;  8.  Pastophores  (prêtres  de  rang 
infe'rieur)  portant  en  procession  un  naos. 

Vitr.  J.  Objets  divers.  Ustensiles.  Animaux.  —  Un  homme  coiffe' 
du  polos,  debout  sur  un  char  à  deux  roues,  faisant  le  geste  de 


Fig.  139- 


Fig.   140. 


fouetter  les  chevaux  (qui  manquent).  —  Poignard  et  manches 
de  poignard.  —  Fauteuils.  —  Grosse  fleur  de  lotus  sur  une  base 
à  degre's.  —  Oiseau  sur  une  pomme  (?).  —  Griffon  tramant  une 
roue  avec  la  patte  droite  ante'rieure.  —  Représentation  sym- 
bolique de  Ne'mésis.  —  Le  bœuf  Apis.  —  Un  groupe  de  chiens 
(le  type  maltais  est  prédominant);  un  le'opard,  un  e'ie'phant,  des 
chevaux  harnache's  ou  non.  —  A  remarquer  les  chevaux  en 
bois  fixe's  sur  des  rouelles,  qui  devaient  servir  comme  jouets 
d'enfant. 


Une  série  de  figurines  a  cté  classée  dans  une  chambre  qui  est 
fermée  d'ordinaire  et  qui  ne  peut  être  visitée  qu'avec  l'autori- 
sation du  Directeur  du  Musée. 


274 


SALLE  19. 


A  rentrée  de  la  Salle,  accroche'  au  pilier  de  gauche  :  Frag- 
ment d'une  mosaïque  (fig.  141)  d'une  grande  finesse,  travaille'e 
avec    de    tout    petits    cubes    polychromes    coUe's  sur  des   dalles 


Fig.   141. 


en  terre  cuite.  La  figure  quife'tait  repre'sente'e  dans  le  fi-agment 
que  nous  posse'dons  était  celle  de  Klio,  la  Muse  de  l'histoire. 
Prov.  Alexandrie  (Hadra). 

Au  centre  de  cette  salle  a  e'te'  de'posee  une  belle  mosaïque  de'- 
couverte  entre  le  cimetière  israe'lite  et  la  plage  de  la  mer 
(Chatby).  Dans  un  carre'  borde'  d'une  bande  blanche  et  noire 
est  inse're'  un  cercle  borde'  d'une  bande  noire  et  d'une  bande 
blanche.  La  surface  du  cercle  est  occupe'e  par  une  fleur  co- 
lossale   e'panouie,    dont    les  pe'tales  sont  e'tendus  sur  un  plan 


275 

horizontal.  Dans  ces  mêmes  pe'- 
tales  sont  inse're'es  des  branches 
de  lierre.  L'espace  entre  les  sé- 
pales est  occupe'  par  des  couples 
de  volutes  convergentes  se'pa- 
re'es  par  une  figure  qui  ressemble 
à  une  pointe  de  lance.  Les 
quatre  angles  sont  occupés  par 
quatre  calices,  dont  les  anses 
se  prolongent  en  amples  volutes. 
Deux  côte's  du  carre'  sont  flan- 
que's  de  deux  larges  bandes  por- 
tant un  dessin  en  «  grecque  ». 
La  mosaïque  est  forme'e  de  petits 
cubes  de  pierre  polychromes 
(noir,  blanc,    jaune,   rouge-brun)  distribués  avec  goût. 


Fig, 


Dans  les  vitrines  verticales  A.  B,  G,  D,  ont  été  réunies  des  fi- 
gurines en  terre  cuite  provenant  presque  toutes  de  Kôm-el- 
Chogafa. 

Vitr.  A.  Animaux^  sacrés  on  non.  —  Rayon  a.  Aigle,  Poule,  Lion, 
Anubis.  —  Rayon  h.  Chiens  ;  n°  5.  Cerbère  (les  deux  têtes  laté- 
rales font  défaut),  la  poitrine  enveloppée  dans  les  replis  de 
deux  serpents  ;  travail  soigné;  l'expression  féroce  du  gardien 
de  l'enfer  est  bien  rendue.  —  Rayon  c.  Baudets  chargés  d'un 
gros   sac   ou    de    couples    d'amphores. 


Vitr.  B.  —  Rayon  a.  Anses  de  lampes  :  n°^'  5-8.  Polyphème  à  de- 
mi-couché  sous  un  arbre,  jouant  de  la  flûte  de  Pan;  le  bélier 
à  ses  côtés,  une  lyre  suspendue  à  la  branche  de  l'arbre.  Le 
prof.  Sauer  de  Kiel  prépare  une  étude 
détaillée  de  ces  anses.  —  Rayon  h.  Anses 
de  lampes:  i  (fig.  142).  Le  Nil,  sous  la 
forme  d'un  beau  vieillard  à  la  longue 
barbe  bouclée,  presque  nu  (le  manteau 
enveloppe  les  cuisses  seulement),  assis 
au-dessus  d'une  fleur  de  lotus,  coiff'é  du 
double  bouton  de  lotus,  une  corne  d'abon- 
dance sur  le  bras  gauche,  une  branche  de 
papyrus  dans  la  main  droite.  V.  aussi  le 
n^  2:  une  figure  féminine  (Euthenia  ou 
l'Egypte)  est  aux  pieds  du  Nil  à  demi- 
Fig,  143.  couché  et  regarde    vers  lui.    —   Rayon  b. 


^ . —  27G  

Sarapis  sur  un  trône;  Bustes  de  Sarapis  et  d'Isis;  Isis  sur  un 
trône,  allaitant  Horus.  —  Rayon  c.  Bustes  de  Sarapis.  —  Ra- 
yon d.  Bustes  d'Isis. 

Vitr.  G.  —  Ravon  b.  i.  Sept  amphores  bouche'es  range'es  sur  des 
e'tagères  au-dessus  d'un  gros  zire  ;  2.  Harpocrate  debout  ha- 
bille' d'une  tunique  et  d'un  manteau.  la  tête  surmonte'e  d'une 
lourde  couronne,  une  corne  d'abondance  sur  le  bras  gauche, 
l'index  droit  aux  lèvres,  une  oie  à  ses  pieds;  3,  Vase  canope 
à  tête  d'Osiris  au-dessus  d'un  socle  orne'  de  reliefs;  4.  Gyno- 
ce'phale,  une  bulla  suspendue  au  cou  sur  la  poitrine,  la  tête 
surmonte'e  du  disque  solaire.  —  Ges  quatre  figurines  provien- 
nent d'une  tombe  de  la  nécropole  occidentale.  —  F^ayon  d.  i. 
Tête  d'Hercule  couronne'e  de  lierre;  2-3.  Têtes  de  Minerve; 
4-5.  Têtes  de  Pan  et  de  Silène;  6.  Hercule  nu,  debout,  de 
face,  la  main  droite  appuve'e  sur  la  massue  porte'e  comme 
une  canne,  la  peau  de  lion  sur  l'avant-bras  gauche,  les  pommes 
des  Hespe'rides,  qu'il  vient  de  voler,  dans  la  main  gauche  légè- 
rement souleve'e;  7.  Hermès  ou  Mercure  adosse  à  un  pilier 
(fragment  de  vase?;,  debout,  de  face,  habille'  d'une  chlamys 
jete'e    derrière  le  dos,    le   caduce'e   dans   sa   main  gauche. 

Vitr.  D.  Amusante  série  de  figurines  grotesques  et  de  cjricatures 
(fig-    143)- 

Dans  les  vitrines  verticales  I  et  II  a  été  arrangé  le  luohilier  fu- 
néraire recueilli  au  cours  des  fouilles  de  191 2  dans  la  né- 
cropole de  Hadra. 

Dans  la  vitr.  I,  à  remarquer  surtout  le  superbe  vase  en  émail 
bleu,  parfaitement  intact,  décoré  de  trois  masques  de  Bès 
en  relief  sur  l'épaule  et  d'une  statuette  de  Bès  debout  entre 
l'épaule  et  l'orifice  ;  toute  la  surface  extérieure  est  ornée 
de  figures  d'animaux  fantastiques  ou  réels  encadrés  par  des 
zones  de  rosettes  et  de  spirales  (commencement  du  lîl'"*^  siècle 
av.  J.-Gh.).  A  remarquer  aussi  plusieurs  des  figurines  en  terre 
cuite.  —  Rayon  a.  Statuettes  de  jeunes  femmes  debout,  de 
face,  habillées  du  chiton  et  de  l'himation,  dont  les  pans  sont 
ramenés  sur  la  poitrine  par  la  main  gauche,  la  main  droite 
étant  soulevée  et  appuyée  sur  la  hanche.  —  Rayon  h.  \  Joueuse 
de  trigon;  2.  Charmante  figurine  d'enfant  souriant,  à  demi-nu 
(le  manteau  rejeté  sur  l'épaule  gauche  et  derrière  le  dos),  qui 
s'accroche  à  une  herma  de  Dionysos,  pour  protéger  contre 
quelqu'un,  qui  veut  la  lui  prendre,  une  pomme  qu'il  garde 
dans  sa  main  droite;  une  oie  est  adossée  à  sa  jambe  gauche. 


. -^77     — 

Couleurs  délicates  bien  conserve'es  ;  3.  Garçon  et  tiilette  (celui- 
là  nu,  celle-ci  habille'e  du  chiton)  se  disputant  un  canard 
(fig.  144).  —  Rayon  c.  i.  Tète  de  de'ge'ne're'  ou  de  fou,  d'un 
travail  exquis;  2.  Superbe  tète  de  cheval  harnache;  3.  Vieux 
Silène  ;  4.  Harpocrate  à  demi-couche  sur  une  barque  charge'e 
d'amphores,  couronne  de  fleurs,  du  double  bouton  de  lotus 
et  de  la  double  couronne  de  la  Haute  et  de  la  Basse  Egypte. 

Vitr.  II.    Urnes  cinéraires  h  décor  polychrome  et  urnes  à  de'co- 

ration  en  couleur  noire  rehaussée  de  blanc;  urnes  en  albâtre; 

lekane  à  figures  rouges. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Breccia,  Rapport  sur  la  marche  du  Service  du 
Musée  pendant  faniiee  1912. 

Dans  les  vitr.  III  et  IV  sont  exposées  : 
Douze  belles  nrnes  cinéraires  en  al- 
bâtre. 

Dans  les  quatre  niches  aménagées  dans 
les  parois  de  la  chambre  : 

Entre  les  vitrines  A  et  I  :  i.  Stèle  fu- 
néraire en  calcaire  nummulitique  (la 
scène  peinte  a  tout  à  fait  disparu) 
pour  le  thessalien  Hippocrate  fils  de 
Philofes.,  qui  était  certainement  un 
mercenaire  au  service  des  Ptolémées  ; 
2.  Stèle  en  forme  de  naos  portant 
en  relief  une  scène  mal  conservée, 
mais  d'une  touchante  inspiration:  une  i"'g"-  144- 

jeune   fille  s'efforce  de  tenir  soulevée, 

assise  sur  son  lit,  sa  mère  mourante,  à  qui  la  respiration  manque 
et  à  qui  les  trois  coussins  qu'on  lui  a  placés  derrière  le 
dos  ne  donnent  même  plus  de  soulagement. 

Entre  les  vitr.  II  et  B  :  3.  Stèle  peinte  en  forme  d'édifice  sur- 
monté d'une  corniche  décorée  de  triglyphes  et  de  métopes  : 
la  scène  peinte  représente  une  femme  prenant  congé  de  son 
mari,  pendant  qu'une  femme  de  chambre  lui  arrange  sa  toilette 
funéraire  (il  est  intéressant  de  noter  l'effort  de  l'artiste  pour 
reproduire  un  salon  en  perspective  avec  son  plafond  à  cais- 
sons). 

Entre  les  vitr.  G  et  III  :  4.  Stèle  en  forme  de  petit  temple;  dans 

les  parois  du  fond  est  peinte  une  scène  de  congé  entre  deux 

soldats. 

Entre  les  vitr.  IV  et  D  :    5.  Fausse  porte  peinte  sur   la  dalle  de 

fermeture    d'un    loculus  :    les    pleureuses    qui    soutiennent    la 


278      

tessera  portant  l'epithaphe,  les  deux  têtes  de  Gorgone  et 
surtout  l'Hermès  dessine'  à  gauche  de  la  pseudo-porte,  reVè- 
lent  une  habileté'  qui  n'est  pas  coutumière  dans  cette  cate'gorie 
de  monuments    hellénistiques,  (v.  Rapport  du    Mnsce^    19 12). 

Dans  la  vitrine-table  on  peut  voir  plusieurs  tessères  en  os,  en 
ivoire  et  en  verre.  Quelques-unes  portent  des  noms  propres, 
d'autres  des  chiffres,  d'autres  des  figures  en  relief  (têtes  humai- 
nes, joueuse  de  lyre,  crocodiles).  Gomme  curiosité'  observer  les 
trois  dents  naturelles  relie'es  par  un  fil  d'or  et  appartenant  à 
un  cadavre  enseveli  dans  la  ne'cropole  de  Tlbrahimieh,  au  III'"^ 
siècle  av.  J.-Ch. 

Dans  la  vitrine  verticale  isole'e,  place'e  en  tace  de  la  mosaïque  : 
Urne  cinéraire  gardant  encore  sa  belle  couronne  de  fleurs  ar- 
tificielles (fig.  145).  Elle  a  e'te'  de'couverte  dans  la  ne'cropole 
de  Chatbv,  dont  le  mobilier  fune'raire  est  réuni  en  grande 
partie  dans  la  salle  20-21.  (Entre  la  fin  du  IN'"'*^  et  la  pre- 
mière moitié'  du  III'"'-'  siècle  av.   J.-Ch.). 


t-'^.  145- 


279 


SALLE  20. 


Au  milieu  de  la  salle  est  place  le  groupe, 
malheureusement  mutile,  de  Dionysos  et 
de  Faune,  découvert  à  gauche  de  la  Porte 
Rosette,  lors  de  la  de'molition  des  fortifica- 
tions. Maigre'  sa  mutilation,  ce  groupe, 
sculpte  dans  un  beau  marbre  blanc,  pro- 
duit une  bonne  impression.  Dionysos  dans 
une  pose  d'abandon  devait  s'appuyer  sur 
un  jeune  Faune,  lui  passant  le  bras  gauche 
autour  du  cou.  Le  Faune  passait  son 
bras  droit  derrière  le  dos  de  Dionvsos. 
La  jambe  droite  du  dieu  s'appuyait  à  un 
tronc  de  \igne;  adosse'e  à  celui-ci  e'tait  une 
panthère.  De  ce  groupe  on  connaît  plusieurs 

re'pliques  (la  nôtre  se  rapproche   plus  particulièrement  de  celle 
du    Muse'e   Ghiaramonti,  Vatican),  dont  l'original  remonte    pa- 

•    raît-il,  à  l'ccole  de   Praxitèle, 


Fig-.   146. 


Sur  le  soubassement  à  droite  et  à  gauche  de  l'entre'e  sont 
placées  plusieurs  sicles  peinte^^  dont  quelques-unes  très  bien 
conservées,  maigre  leurs  vingt-deux  siècles  d'existence  : 

1.  (à  gauche).  Une  femme  assise  sur  un 
haut  fauteuil  de  profil  à  droite,  habillée 
du  chiton  et  de  l'himation  tire  sur  la 
tète,  berce  sur  ses  genoux  un  petit  enfant. 
Elle  s'appelait  Isodora  et  e'tait  originaire 
de   la  Cyre'naïque. 

2.  Jeune  officier  caracolant  sur  un  superbe 
cheval  qui  marche  à  gauche.  Le  cheval 
est  richement  harnache'.  Le  cavalier  est 
arme  de  la  cuirasse,  de  l'e'pe'e  et  de  la 
lance  ;  une  chlamys  agrafe'e  sur  la  poi- 
trine lui  Hotte  derrière  le  dos.  Une  ordon- 
nance qui  tient  de  la  main  droite  la 
queue  du  cheval  court  derrière  son  maître. 
C'est  un  olLicier    originaire    de  la   ALncJ- 


Fig-.   147. 


28o 

doine,  mort  à  Alexandrie  peu  d'an- 
ne'es  après  la  fondation  de  la  ville. 

Dans  la  grande  viir.  A,  on  peut  ob- 
server un  groupe  d'urnes  ciné- 
raires. A  remarquer  l'urne  n"  i, 
qui  est  recouverte  d'une  couche 
de  stuc  jaune,  sur  lequel  est  estam- 
pe'e  une  de'coration  à  motifs  ge'o- 
me'triques  et  floraux  (imitation  évi- 
dente des  vases  en  or  ou  en  argent)  : 
voir  aussi  des  poteries  vernisse'es 
noires  (fig.  14Ô)  aux  formes  varie'es, 
des  figurines  en  terre  cuite,  des 
vases  poly- 
chromes en 
verre  (fig. 
147)- 

Grande  vitr.  B. 
Autres  belles 
figtirines^^^u- 
tres  vases  : 
Jeunes  fem- 
mes assises 
(1-2)  ou  de- 
bout (3-4-5) 
en  habit    de 

promenade  •  une  joueuse  de  trigon  (fig. 

148)  (6);  des  enfants  en  train  de  faire 

leurs  devoirs  d'e'coliers  (fig.  149)  (7-8-9) 

ou  de  jouer  avec  des  animaux  (10),  etc. 

A  remarquer  aussi  un  large  plat  d'al- 
bâtre qui  avait  servi  au  repas  funéraire 

et  qu'ensuite  on  avait  cassé,  en  déposant  les  morceaux  dans 

la    tombe. 

BIBLIOGRAPHIE.    —    Breccia  Ev.,  La    necropoli    di    Sciatbi,  t.  I, 
p.  LVI,   212,   t.  II,  pi.  LXXXII,  Caire,   1912. 


■g-   149- 


,8i 


SALLE  21. 


Dans  la  Vitrine-table:  i  (11056).  Couronne  de  fleurs  artificielles 
en  terre  cuite  peinte  ou  dore'e.  On  y  compte  plus  de  cent 
fleurs  qu'on  peut  distribuer  entre  quatre  ou  cinq  varie'te's.  Plu- 
sieurs ont  la  corolle  d'une  seule  pièce  avec  rebord  dentela'  et 
un  petit  bouton  relevé'  au  centre.  Celles-ci  sont  entièrement 
dore'es  ;  d'autres  ont  la  corolle  forme'e  par  huit  se'pales  oblongs 
qui  sont  peints  en  diff"erentes  couleurs,  rouge,  vert,  bleu.  etc. 

BIBLIOGRAPHIE.    —    Breccia    E.,    Ghirlandomania    alessandn'na, 
dans  Musée  Egyptien.  III,  1,  et  dans  Necropoli  di  Sciatbi,  Cap.  VII. 

Dans  la  même  vitrine  :   D'autres  couronnes   et  branches  de  lau- 
rier   ou    de    myrte,    les  feuilles  en   bronze   dore',    les    graines 
en  terre   cuite  e'galement  dorées  ; 
2.    Gorgoneia,    Bucranes,  Masque 
en    stuc    dore':    ils    devaient    être 
incruste's   dans  un  sarcophage  ou 


dans  une   caisse  en  bois 


Mi- 


nuscules figurines  de  danseuses, 
et  colonnettes  en  stuc  dore':  celles- 
ci  aussi  devaient  probablement 
orner  une  petite  boîte    en    bois  ; 

4.  Plusieurs  fragments  de  mo- 
saïques en  verre  avec  de'cor  floral  5 

5.  Double  flCite  en  ivoire:  les  deux 
chalumeaux  sont  compose's  de  plu- 
sieurs pièces  distinctes,  soigneuse- 
ment   encastre'es    les    unes    dans 

les  autres;  l'un  a  cinq  trous,  l'autre  six.  Les  anciens  connais- 
saient le  virolet  ou  clef  pour  fermer  automatiquement  les  trous 
des  instruments  de  ce    type. 

Dans  la  cage  en  verre  au  milieu   de  la  salle:  Momies  cV oiseaux 
sacrés  provenant   de  Taposiris  Magna  (Mariout). 


Vitrine  A  (à  gauche  de  l'entre'e;.  —  Rayon  a.  Figurines  en  terre 
cuite  peinte,  de'couvertes  dans  la  nécropole  de  Ghatby.  Jeunes 
femmes  habillées  d'une  tunique  et  d'un  manteau,  assises  ou 
debout  dans  différentes  attitudes.  —  Rayon  h.  i.  Un  joueur  de 


282 

pandoitrion,  de  type  e'tranger  ;  2.  Un  jeune  homme  dans  la 
fleur  de  l'âge,  aux  formes  sveltes  et  e'ie'gantes,  le  manteau 
rejeté  derrière  le  dos,  le  coude  gauche  appuyé'  sur  un  haut 
pilier,  le  bras  droit  soulevé'  sur  la  hanche;  3.  Un  inte'ressant 
type  d'hermaphrodite.  Têtes  de  figurines.  —  Rayon  c.  Garçons 
et  fillettes  ;  une  oie  d'un  travail  soigne  (fig.    i  50). 

Dans  la  grande  vitrine  B.  Unies  cinéraires  (v.  la  belle  et  grande 
amphore  à  fond  noir  me'tallique  avec  de'corations  en  rouge  et 
en  blanc  superpose')  (fig.    151),  albâtres^  poteries^  figurines  en 


Fig.  151- 


terre  cuite  (v.  le  petit  garçon  habillé  du  chiton;^et_~  de  l'hi- 
mation,  ayant  une  couronne  se  terminant  en  pointe  au  sommet 
du  front  sur  la  longue  chevelure  boucle'e;  voir  aussi  le  char- 
mant groupe  d'un  enfant  et  d'une  fille  se  disputant  une  oie). 
Beaux  fragments  de  vases  en  verre  (mille  fiori  et  vases  iniir- 
rhins). 

Dans  les  grandes  vitrines  D  et  FF  ont  ete'  exposes  tous  les 
monuments  recueillis  dans  la  ne'cropole  de  l'Ibrahimieh  (III"'^ 
siècle  av.  J.-Ch.).  Parmi  les  nombreuses  inscriptions  peintes 
en  couleur  rouge,   à  remarquer  surtout  celles  qui    sont  e'crites 


283      — 

en  caractères  arame'ens:  elles  contribuent  à  fixer  la  chrono- 
logie de  la  colonie  juive  à  Alexandrie,  colonie  qui  remonte, 
il  n'y  a  pas  de  doute,  aux  de'buts  du  Ill'^e  siècle  av.  J.-Gh. 
Les  autres  stèles  nous  font  connaître  des  personnages  de  Ben- 
gasi  (Xenaratos,  fils  de  Charmartias,  de  Be're'nice  des  Hespe'- 
rides);  de  Sidon  (Simotera,  fille  d'He'liodore);  de  l'île  de  Thèra 
(Teucosmos,  fils  de  Socritos,  de  Thëra),  etc.  —  Parmi  les  nom- 
breuses figurines,  v.  le  beau  garçon  (vitr.  D,  n°  i)  accoude'  à 
un  pilier,  le  manteau  rejeté'  sur  les  jambes,  le  haut  du  corps 
nu  peint  en  couleur  rose  (avant  la  cuisson),  la  longue  chevelure 
boucle'e  surmonte'e  d'une  couronne  (cense'e  être  en  me'tal). 
2-3-4.  Restes  de  Sirènes  en  pleureuses  s'arrachant  la  cheve- 
lure dans  le  paroxysme  de  la  douleur,  etc. 

Dans  la  vitr.  F.  Le  groupe  de  figurines  en  plaire  peint  (de'couvert 
dans   une   tombe   certainement  d'e'poque    plus  tardive'.  Hercule, 


F\g. 


F'g:-  154- 


Harpocrate,  Min  sur  une  barque  entre  deux  vases  canopes, 
l'un  à  tête  d'Osiris,  l'autre  en  forme  de  grappe  de  raisin;  Min 
sur  une  barque  entre  une  amphore  et  une  colonne,  etc.  — 
Parmi  les  urnes  cine'raires  il  y  en  a  plusieurs  qui  gardent  au 
col  leur  ornementation,  forme'e  d'une  couronne  de  fleurs  arti- 
ficielles (fig.  1 52).  —  A  remarquer  en  outre  dans  la  vitr.  F 
les  peintures  sur  les  urnes  cine'raires:  !.  Scène  de  combat;  2. 
Cheval  aile'  (beau  dessin)  entre  deux  colonnes  (symbolisant 
le  Stade). 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Breccia  E.,  La  necropoli  de  V Ibrahimieh,  dans 
B.  S.  A.,  0,  pag-.   35  et  suiv. 

Vitr.  E.  Grotesques  et  caricatures  en  plâtre  peint -^  fragments 
de  figurines  et  figurines  en  terre  cuite  provenant  de  K6m-el- 
Chogafa.  Dans  le  compartiment  du  milieu  une  collection  de 
lampes^  dont  plusieurs  intéressantes,    i.  Diane  chasseresse;   2. 


284     

Venus  assise  occupe'e  de  sa  toilette  après  le  bain,  aide'e  par 
des  Amours  (fig.  153);  3.  Ve'nus  sortant  du  bain;  4.  Ve'nus 
debout  en  train  de  s'habiller,  un  petit  Amour  lui  pre'sente 
un  miroir  (fig.  154)  ;  5.  Le  dieu  Pan,  une  canne  recourbe'e  dans 
sa   main  gauche,  une  flûte  dans  sa   main  droite  (fig.    153). 


SALLE  22. 


Cette  salle  porte  le  nom  de  S.  A.  le    prince   Toussoun.  par- 
ce que  S.  A.  à  offert  au  xMuse'e  presque  tous  les  monuments  qui 

la  de'corent  et  qui  proviennent    de 
Canope  (Aboukir). 

Parmi  les  monuments  qui  nous 
donnent  quelque  lumière  sur  la 
ville  de  Canope,  il  y  a  des  de'di- 
caces  à  Sarapis  et  à  Isis  qui  re- 
montent à  la  première  moitié'  du 
III""^  siècle  av.  J,-Ch.  (sur  la  paroi  à 
gauche  de  l'entre'e:  n"  i,  en  l'honneur 
de  Ptole'me'e  Philadelphe  et  de  .^a 
femme  par  Callicrate  fils  de  Boiscos 
de  Same;  2-3,  en  l'honneur  de  Pto- 
le'me'e et  de  Be're'nice,  etc.);  d'autres 
""  sont   d'époque    romaine  ;    certaines 

Fis'.  I5Ô-  inscriptions  nous  rappellent   la  Ca- 

nope chre'tienne.  En  outre  il  y  a 
une  belle  se'rie  de  restes  d'architecture  (beaux  chapiteaux  de  type 
fioral),  quelques  remarquables  pièces  de  sculpture,  une  se'rie  de 
figurines  en  terre  cuite.  Voir  dans  la  vitr.  G:  i.  la  belle  scène 
pleine  d'animation  et  d'un  bon  travail  entre  un  vieillard  et  des 
garçons,  scène  qui  se  passe  dans  un  portique  du  gymnase  (fig.  i  56)5 
voir  aussi  le  n"  2  :  un  e'ie'phant  richement  pare'  d'un  large  drap, 
portant  un  guerrier  (?)  sur  son  dos  :  un  Harpocrate  couronne'  de 
fleurs  et  du  double  bouton  de  lotus,  assis  par  terre  devant  l'ani- 
mal, lui  caresse  la  trompe  avec  la  main  gauche,  tandis  que  la 
main  droite  puise  dans  un  vase  ;  n°  3.  Joueuse  de  lyre. 

Au    centre    de    la  salle    est    expose'e    une    mosaïque    provenant 
d'Alexandrie  (Rue  Joussef  Eiz-Eddin)   travaille'e    dans    la   plus 


Z0  3 

ancienne  technique,  c'est-à-dire,  compose'e  de  petits  cailloux 
naturels  de  couleurs  diffe'rentes.  Au  centre  un  guerrier  ou  un 
bestiaire,  arme  du  bouclier  et  de  la  lance,  marchant  à  gauche, 
mais  tourne  à  droite  pour  frapper  un  ennemi  censé'  être  der- 
rière lui  ;  autour,  une  se'rie  de  griffons  affronte's  deux  à  deux. 


SALLE  22  ^ 


On  revient  dans  la  salie  1 8,  d'où  on  passe  dans  la  petite  pièce 
2  2^  ,  où  sont  expose'es  des  peintures  parie'tales  païennes  et  chre'- 
tiennes, 

I .  Ex-voto  au  dieu  PnJphe'ros  ou  Petesouchos.  He'ron  Soubattos, 
un  officier  de  haute  leve'e,  pare'  de  toutes  ses  armes,  son 
cheval  à  côte'  de  lui  (grandeur  moitié'  nature),  offre  un  sa- 
crifice à  la  divinité'  devant  un  tre'pied  surmonte'  d'un  gros 
vase.  Autour  du  tre'pied  s'enroule  un  serpent  qui  dresse 
sa  tête  vers  le  personnage.  Un  esclave  noir,  repre'sente'  beau- 
coup plus  petit  que  son  maître,  est  aux  pieds  de  celui-ci. 
Héron  laisse  tomber  de  l'encens  sur  la  flamme  qui  brûle 
au-dessus  d'un  petit  autel  cylindrique.  Les  offrandes  sacrifica- 
toires  comprennent  aussi  un  poulet,  des  fruits,  etc.,  de'pose's  à 
terre.  La  Victoire  aile'e  qui  arrive  en  volant  et  pre'sente  une 
couronne  au-dessus  de  la  tece  de  He'ron  doit  signifier,  je  pense, 
que  celui-ci  remercie  la  divinité'  pour  être  sorti  sain  et  sauf 
et  victorieux  de  quelque  exploit  militaire,  La  peinture  peut 
remonter  à  l'e'poque  des    Antonins. 

2.  Autre  ex-voto  analogue,  à  peu  près  contemporain,  Prov.  The'a- 
delphie  (Batn-He'rit,  Fayoum). 

Les  autres  fresques  proviennent  toutes  d'une  crypte  ou  chapelle 
souterraine  de'couverte  en  plein  de'sert  mare'otique,  à  trente 
km,  en  ligne  droite  au  sud-ouest  d'Alexandrie.  Elles  sont 
c'videmment  chre'tiennes  (on  a  du  les  placer  ici  pour  des 
raisons  d'ordre  pratique),  et  datent  du  Vl'"^  siècle.  Elles  con- 
tribuent à  de'montrer  que  les  sources  de  l'art  chre'tien  en 
Egypte  doivent  être  cherche'es  dans  l'art  hellénistique.  Les 
plafonds  à  caissons  sculpte's  ou  peints  sont  très  fre'quents  dans 
l'art  alexandrin  de  l'époque  des  Ptolémées  (n"'^  r,  2)  ainsi  que 
les  parois    peintes    à  imitation  de  marbre  et  d'albâtre  (n°^  3, 


286 

4,  etc.).  Les  parois  peintes  à  figures  humaines  monumentales 
sont  fre'quentes  dans  la  de'coration  parie'tale  de  l'e'poque  romaine. 
La  crypte  e'tait  compose'e  d'un  escalier  d'accès,  d'une  chambre 
presque  carre'e,  d'une  seconde  pièce  plus  petite,  au  fond  de  la- 
quelle s'ouvrait  une  niche.  Les  restes  du  plafond  a  caissons 
proviennent  de  la  première  chambre,  dont  les  parois  e'taient  de'- 
core'es  d'une  image  de  saint  Me'nas  (n"^  3,  à  gauche  de  Tentre'e), 
delà  scène  de  l'Annonciation  (4-3),  d'autres  saints  qu'il  a  e'té 
impossible  d'identifier.  Pnrmi  les  socles  de'core's,  voir  la  cor- 
niche à  entrelacs  complique's,  au  centre  de  laquelle  sont  peints 
un  oiseau  blanc  et  des  fleurs.  Sur  le  cintre  de  l'arc  de  pas- 
sage entre  la  première  et  la  seconde  chambre  e'tait  peint  dans 
un  me'daillon  le  buste  du  Christ  (personnage  de  type  égyptien, 
n"  6),  La  seconde  pièce  avait  pour  de'coration  des  tentures 
(7-8)  sur  les  parois  et  sur  le  plafond  en  berceau  -,  dans  la 
niche  du  fond  e'tait  peint  un  saint  (9)  debout  en  orant  au 
milieu  d'un  curieux  paysage  qui  repre'sente  probablement  le 
Paradis. 

BIBIJOGRAPHIE.  —  Breccia  E.,  Rapport  sur  la  marche  du  Service 
du  Musée  gréco-romain  d'Alexandrie  en  1912,  p.  1-14,  pi.  I-IX. 

On  revient  dans  la  grande  salle  carre'e  (17'  et  par  la  porte 
ouverte  dans  la  paroi  ouest,  on  passe  sur  la  ve'randa  qui  traverse 
le  jardin. 

Au  milieu  de  la  véranda  est  place  une  Stotite  colossale  d'Hercule 
assis  {fig.  17,  p.  84).  Marbre  blanc  à  gros  grain,  haut.  2  m.  i  5. 
La  statue  est  sculptée  dans  un  seul  et  même  bloc  avec  le  siège, 
exception  faite  de  la  moitié'  infe'rieure  de  la  jambe  gauche,  qui 
e'tait  travaille'e  à  part.  Malheureusement  ce  beau  spe'cimen  de 
l'art  helle'nistique  a  e'te'  mutile'  de  la  tête  ainsi  que  de  V  é- 
paule  droite. 

Le  dieu  de  la  force  he'roique  est  repre'sente'  assis  dans  une 
attitude  de  calme  et  de  repos.  La  partie  supe'rieure  du  corps 
est  tout  à  fait  nue,  car  le  manteau  est  jeté'  autour  des  jambes 
et  un  pan  seulement,  contournant  l'extrême  partie  du  dos,  va 
se  ramasser  sur  l'avant-bras  gauche  soulevé'  horizontalement. 
De  la  cuisse  gauche  descend  la  tête  de  la  le'ontis  (peau  de 
lion)  ;  à  côte'  de  celle-ci,  sculpte'e  en  haut-relief  dans  le  bloc 
qui  sert  de  base,  est  la  massue.  Les  formes  puissantes,  les 
muscles  bien  de'veloppe's  sont  rendus  avec  force,  ve'rite',  et  en 
même  temps  avec  souplesse.  La  structure  anatomique  est 
minutieusement  e'tudie'e,  le  modèle  est  d'un  travail  remarquable. 
On  a  rapproche'  cette  statue  du  ce'lèbre  torse  du  Vatican  (qu'on 
avait  cru  être  d'Hercule,  mais  qui  est  en  re'alite'  de  Polyphème), 


chef-d'œuvre  d'Apollonios  auquel  (ou  à  son  e'cole)  notre  Hercule 
pourrait  être  attribue'.  Ce  type  de  statue  de  divinité'  assise, 
dans  cette  même  attitude,  est  assez  fre'quent  parmi  les  sculp- 
tures alexandrines. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Reinach,  Répertoire,  II,  229,  1. 

Dans  la  section  nord  du  jardin,  on  peut  observer  plusieurs  mo- 
numents funéraires  provenant  de  la  ne'cropole  de  Ghatby,  de 
nombreux  sarcophages  en  marbre  et  en  granit  du  type  à  guir- 
lande, des  chapiteaux. 

Aux  pieds  de  l'escalier,  deux  sphinx  d'un  bon  travail,  ace'phales, 
provenant  d'He'liopoIis. 

Au  milieu  du  jaidin,  il  y  a  un  grand  bassin  circulaire  en  granit 
rose  d'un  seul  morceau  ;  à  gauche  de  celui-ci,  un  groupe  co- 
lossal en  granit  de  Ramsès  II  et  de  sa  fille  repre'sente's  assis 
l'un  à  cote'  de   l'autre.  Prov.  Aboukir. 

Au  fond,  appuyée  contre  la  paroi  :  Tête  colossale  en  granit  vert 
(de'couverte  près  du  lac  de  Hadra  dans  les  ruines  de  l'ancien 
temple  Teleste'rion,  voir  p.  74).  C'est  Marc-Antoine  sous  les 
attributs  d'Osiris.  On  sait  en  effet  qu'Antoine  et  Cle'opâtre  s'e'- 
taient  fait  dresser  leurs  statues  en  Isis  et  Osiris  à  l'entre'e  du 
fameux  temple. 

Au  milieu  du  mur  de  droite,  un  e'norme  bassin  qtiadr angulaire 
(sarcophage)  en  granit  d'un  seul  morceau.  En  face  de  celui-ci, 
un  grand  pressoir  à  Intile  ou  à  vin^  en  bois,  de  l'e'poque  ro- 
maine, provenant  de  The'adelphie  (Fayoum). 

Dans  la  section  sud  du  jardin  nous  avons  reconstruit  deux  tombes 
taillées  dans  le  rocher  et  provenant  de  la  ne'cropole  occiden- 
tale, l/une  est  date'e  du  III"^e  siècle  av.  J.-Gh.,  l'autre  du  I^"" 
siècle   après. 

La  première  (A)  est  une  cella  qui  renferme  un  sarcophage 
en  forme  de  lit  et  qui  garde  encore  la  trace  des  peintures 
dont  elle  e'tait  de'core'e.  La  cella,  à  laquelle  on  monte  par 
un  escalier  de  cinq  degre's,  e'tait  pre'céde'e  d'un  long  vestibule 
rectangulaire  pour  les  re'unions  des  survivants  (salles  de  lamen- 
tations) et  d'un  atrium  carre'  (fig.    18,  p.   84). 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Bkkccia,  dans  Musée  Egyptien,  II,  pag.  64  sq. 
Cfr.  Rapport  sur  la  marche  du  Service  du  Musée  pendant  les  années 
f'J/O-JU/f,  pag.  4  s(]. 

L'autre  tombe  (B)  est  plus  simple.  L'entre'e  en  arc  a  la  voûte 
de'core'e  d'une  grande  coquille  en    relief  (même  de'coration  à 


. 288'   

Kôm-el-Ghogafa)  ;  sur  les  trois  parois  sont  creusées  trois  ni- 
ches et  dans  chacune  de  celles-ci  est  sculpte'  un  sarcophage 
du  type  à  guirlande. 

On  remonte  sur  la  véranda  et,  passant  devant  la  Direction  et 
la  Bibliothèque  du  Muse'e,  on  revient  dans  le  vestibule  et 
d'ici  on  passe  dans  les  salles  qui  renferment  les  antiquite's 
chre'tiennes   et    le   cabinet  numismatique. 


SALLE  1. 

Sur  le  christianisme  à  Alexandrie,  v.  p.  42. 
A  droite  et  à  gauche  de  l'entre'e  : 

1-14.  Stèles  fune'raires  en  marbre  blanc  provenant,  assez  pro- 
bablement, d'un  des  fameux  monastères  dits  du  Hennaton  (du 
neuvième  mille  à  l'ouest  d'Alexandrie  vers  le  Mariout)  et  se 
rapportant  à  des  moines  appele's  soit  àèelrpoç  (frère)  soit  d/i/io 
(abbé).  Cette  dernière  appellation  n'indique  pas  toujours  la  di- 
gnité sacerdotale,  mais  c'était  un  titre  de  distinction  pour 
certains  moines  savants  ou  particuhèrement  vertueux.  Plusieurs 
exerçaient  une  profession.  L'abbé  Dorothée  (2)  était  un  ijh'ûtij^^ 
joueur  d'instruments  à  corde.  L'abbé  Sérène  (4)  était  médecin 
(uiToégJ  et  avait  transmis  à  son  disciple  Jean  les  secrets  de  son 
art.  La  plupart  sont  désignés  comme  maîtres  des  novices.  Douze 
de  ces  inscriptions  sont  datées  de  l'ère  des  martyrs.  La  plus 
ancienne  (i)  est  datée  de  la  seconde  indiction,  l'année  240 
depuis  Dioclétien,  année  qui  correspond  à  l'année  524  de  l'ère 
commune,  puisque  l'ère  des  Martyrs  commence  avec  l'année 
284  de  Jésus-Christ. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Lefebvre  G.,  Epitaphes  de  moines  alexandrins, 
dans  Bull.  Soc.  Arch.  d'Alex.,  S,  p.  11-19;  Recueil  des  Inscriptions  chrétien- 
nes d'Egypte,  n.  1-14. 

Le  long  de  la  paroi  à  droite  de  l'entrée  sont  rangées  environ 
deux  cents  inscriptions  funéraires  chrétiennes  (partie  en  grec, 
partie  en  copte)  provenant  soit  d'Alexandrie,  soit  de  divers  en- 
droits de  la  Basse  et  de  la  Haute  Egypte  principalement  d'Assouan, 
d'Achmin,  d'Achmunen).  La  forme  est  quelquefois  triangulaire, 
d'autres  fois  rectangulaire,  surmontée  d'un  petit  fronton. 

Plusieurs  commenceni  par  la  formule  2V>//./;  tov...  (Stèle  du...) 
qui  est  surtout  caractéristique    pour  les  inscriptions    d'Achmin  ; 


28q       

beaucoup  d'autres  commencent  par  la  formule  ''Exo(iit)O)].  A 
ces  formules  fait  suite  le  nom  du  de'funt  ou  de  la  de'funte  avec 
l'epithète  fiaxâgioç  ou  iiaxâoia,  son  âge,  la  date  de  sa  mort  et 
quelquefois  sa  profession. 

Le  n°  5'^  est  une  e'pitaphe,  en  partie  me'trique,  pour  une  dame 
Joannia^  fille  d'Ammonius,  d'Hermou polis,  qui  aurait  e'te'  re- 
marquable comme  poe'tesse,  oratrice,  ainsi  que  par  ses  con- 
naissances juridiques. 

Sur  les  stèles  103,  106,  108,  iii,  119,  120,  130,  135,  144,  on 
peut  observer  les  difife'rentes  formes  de  la  croix  en  Egypte. 
Le  n°  130  donne  le  plus  ancien  de  tous  les  monogrammes: 
il  repre'sente  à  la  fois  le  nom  de  Je'sus-Christ  et  l'image  de  sa 
croix.  Le  n°  106  n'est  autre  chose  que  l'ancien  signe  hiérogly- 
phique ânkh,  signifiant  vie  :  ce  symbole  est  spe'cial  à  l'Egypte. 
On  trouve  encore  la  croix  avec  boucle,  ou  croix  anse'e,  la  croix 
carre'e  (avec  bras  e'gaux),  la  croix  avec  les  bras  horizontaux 
plus  courts. 

BIBLIOGRAPHIE     —  Lefebvre    G.,  Recueil    des    Inscriptions  chré- 
tiennes d'Egypte,  Le  Caire,  1907. 

Vitr.  A  :  Vers  le  centre  de  cette  paroi.  Figurines  en  terre  cuite. 
Femmes  aure'ole'es,  chevaliers,  guerriers,  animaux,  etc.,  prove- 
nant du  sanctuaire  d'Abou-Mina.  Ce  sont  à  mon  avis  des  pou- 
pées ou  jouets  que  les  pèlerins  rapportaient  dans  leur  pays 
comme  souvenir  pour  leurs  familles,  surtout  pour  leurs  enfants. 

Vitr.  B.  Papyrus  coptes  et  byzantins  (lettres  prive'es,  documents, 
fragments  de  l'Evangile,  etc.). 

Au  milieu  de  la  salle,  aux  deux  extre'mite's,  deux  chapiteaux  en 
marbre  à  forme  d'abaque,  haut,  o  m.  63,  long,  (de  chaque  côte 
dans  la  partie  supérieure)  i  m.  04,  aux  surfaces  de'corées  d'en- 
trelacs, sur  lesquels  sont  plaque's  au  centre  de  chaque  face 
des  fleurons  stylise's  flanque's  chacun  de  deux  feuilles  plus  pe- 
tites, le  tout  lie'  en  bouquet.  Ils  rappellent  pour  le  style  les 
chapiteaux  de  la  basilique  de  Saint  Vital  à  Ravenne.  Ils  ap- 
partiennent, selon  l'opinion  commune,  à  l'e'glise  de  S.  Marc 
d'Alexandrie.  Le  prof.  Strzygowski  les  croit  importe's  à  Alex- 
andrie pour  une  basilique  de  l'e'poque  de  Justinien.  L'exem- 
plaire qui  est  en  face  de  l'entrée  a  ëte'  e'vide'  pour  en  faire 
soit  des  fonts  baptismaux,  soit  un  bassin  quelconque,  avec 
trou  de  sortie  pour  l'eau;  il  a  e'té  de'couvert  en  creusant  les 
fondations  de  la  maison  où  se  trouve  la  Poste  Française 
(Boulevard  de  Ramleh).  Le  chapiteau  qui  se  trouve  à  1'  autre 
extre'mite  provient  de  la  maison  Kindineco  au  bord  du  canal 


19 


^ :290     ■ — 

Mahmoudieh,  Un  chapiteau  semblable,  provenant  e'galement 
d'Alexandrie,  se  trouve  au  Muse'e  du  Caire.  Un  quatrième  cha- 
piteau, de  type  tout  à  fait  identique,  mais  de  plus  grandes  di- 
mensions, est  expose'  au  centre  de  la  salle  2:  il  a  e'te'  trouve' 
en  creusant  les  fondations  de  l'e'cole  professionnelle  des  Frères 
des  Ecoles  chrétiennes  (fig.    157). 

Dans  les  cinq  caisses-vitrines  C-G  sont  expose's  des  cadavres  des- 
séchés, provenant  de  la  ne'cropole  chre'tienne  d'Antinoe'  et 
sardant  encore  leurs  habits  en  e'toffes  brode'es. 


Fig-.   I57. 


Au  centre  de  la  salle  :  Couvercle  de  sarcophage  en  porphyre^ 
trouve'  par  Botti  en  1893  ^^'""s  ses  fouilles  au  quartier  Lebbane. 

Il  a  la  forme  d'une  pyramide  tron- 
que'e.  Au  centre  de  chacune  des 
quatre  faces  verticales  qui  en  for- 
ment, pour  ainsi  dire,  le  socle  il 
V  a  une  tête  exe'cute'e  en  haut  relief, 
bu  côte'  de  la  porte  d'entre'e  de  la 
salle  :  tête  de  jeune  femme,  les 
cheveux  en  tresses  divise'es  au  mi- 
lieu du  front,  ferme'es  par  un  ruban 
et  ramasse'es  en  deux  chignons  sur 
le  haut  de  la  nuque  ;  à  droite  de 
celle-ci  :  tête  de  jeune  femme  aux 
longs  cheveux  re'unis  en  cercle  au- 
tour du  crâne  et  couronne's  de 
grappes  de  raisin  et  de  pampres  ; 
du  côte'  oppose'  à  l'entre'e  :  tête  de  jeune  homme  imberbe,  sou- 
riant, aux  cheveux  en  mèches  de'sordonne'es  ;  sur  la  quatrième 
paroi  :  tête  barbue,  le  haut  du  crâne  chauve,  couronne'  de 
branches  de  vigne  et  de  petites  grappes  de  raisin.  Des  festons 
en  haut  relief  font  le  tour  du  couvercle  avec  les  extrèmite's 
noue'es  aux  angles  et  au-dessus  de  chaque  tête.  M,  Strzygowski 
voit  dans  ce  monument  une  preuve  de  plus  en  faveur  de  sa 
the'orie  sur  l'origine  orientale  de  l'art  chre'tien.  (Fragment  de 
sarcophage  analogue  au  Muse'e  de  Constantinople;  voir,  sur  le 
côte'  est,  la  photographie  du  sarcophage  du  Vatican  de  type 
identique,  qu'on  dit  être  celui  de  sainte  Costanza). 

Vitrine-table  H.  Cuirs  écrits  (en  copte)  contenant  des  actes  de 
donations  pieuses  faites  à  un  couvent  de  la  ville  de  Mohondi 
(Haute-Egypte).  Menus  objets  en  plomb;  Poids  byzantins; 
Pierres  gnostiques. 


.     2  9  I       — 

Vitr.  I.  Curieux  cottssin  en  bandes  (laine 
polychrome)  arrange'es  de  façon  à  former 
une  se'rie  de  carre's.  Il  a  e'te'  de'couvert  sous 
la  tête  d'un  cadavre  dans  la  ne'cropole  chre'- 
tienne  d'Antinoe'. 

Vitr.  K.  Collection  d'os  et  d'ivoires  sculptés. 
Tous  ces  fragments  ont  e'te'  certainement 
incruste's  dans  des  meubles  ou  des  coftVets 
ou  ont  de'core'  des  ustensiles  et  des  armes. 
Ils  ne  sont  pas  pour  la  plupart  d'e'poque 
chrétienne,  mais  on  les  rassemble  tous  ici 
pour  ne  pas  les  disperser  en  différentes 
se'ries  et  aussi  par  raison  d'ordre  pratique. 
Ils  ont  e'te'  trouve's  pour  la  plus  grande  partie 
dans  les  collines  de  de'tritus  de  l'ancienne 
Alexandrie,  et  si  en  ge'ne'ral  ils  ne  sont  pas 
remarquables  par  la  finesse  de  l'exe'cution, 
ils  sont  toujours  inte'ressants  pour  les  sujets. 
D'ailleurs  il  y  en  a  qui  ont  une  certaine 
^ '^"  '^°"  valeur    artistique:    1978.    Paris   ou   Adonis 

debout,    le    haut    du    corps    nu,  coiffe'  du 

bonnet  phrygien,  appuyé'  à  une  grosse  et  longue  canne;    1979. 

Jeune  homme  nu  de  profil  à  droite,  à  la  forte  musculature,  la 

tête  tournée  en  arrière,  le  pe'tase  suspendu  derrière  la  nuque 

(Mercure?)  ;    1 993-1 994.  Ve'nus  nue,  debout,  avant  un  dauphin 

à  ses  pieds  5  2000-2006.  Joueuses  de  cymbale,  le  corps  nu  (le 

manteau  flotte  derrière  le  dos),  faisant  un 

mouvement  de  danse;  2007.  Dans  un  naos  (?) 

buste  de  jeune  homme  marchant  à  gauche, 

la  tête  tourne'e  à  droite  ;  bon  travail;    2012 

(fig.  158;.  Personnage  (Silène)  habille' de  la 

seule  chlamys  agrafe'e  sur  l'e'paule  droite,  la 

tête  pousse'e  en  arrière,   le  corps  agite'  par 

l'ivresse  de  la    danse  ;    202 1    (fig.     1 59). 

Vieillard  barbu,  le    corps  nu,  le  manteau 

abandonne'  sur  les  jambes,  s'appuyant   sur 

des  jeunes  hom.mes  qui  le  soutiennent  (Bac- 

chus  avec  de  jeunes  Faunes);  2027.  Femme 

debout,  habille'e  d'une  tunique,  accoude'e  à 

une    colonnette    et   offrant   avec    la  main 

gauche  une  coupe  à  un  jeune  homme  nu, 

souriant,    qui  est  debout     à     sa    gauche; 

2038-2044.  Ve'nus  et  nymphes  ;  Ve'nus  et  Fig.  159. 


Faune  (fig.  160)5  2058.  Bacchante    agitée  par  l'ivresse    de   la 

danse;   2087  (fig.    161).  Le    dieu    Pan,  dans  sa  double  nature 

humaine  et  animalesque  (de  bouc)  sautant  et  tenant  des  deux 

mains  une  canne  recourbe'e. 

BIBLIOGRAPHIE,  -r-  Strzygowski  J-,  Helltnistishe  nnd  koptische 
Kunst  in  Alexandria  B  S  A,  =^,  p.  i-qq  ;  cfr.  Pagenstecher  R.,  Die  grie- 
chisch-aegyptische  Sammlitng  E.  von  Sieglin,  3  Teil,  pag-,  229  suiv. 

Le  long  de  la  paroi  gauche  : 

Vitr.  L.  Plusieurs  dizaines  de  bouchons  d'amphores  en  plâtre 
estampille.  Beaucoup  d'entre  eux  portent  des  J^inscriptions  5 
d'autres,  des  images  de  saints  ou  des  symboles  chre'tiens.  Ces 
empreintes  devaient  servir  comme  marque  de  proprie'te'.  — 
Rayon  a:  Inscriptions  diverses  grave'es  ou  peintes.  —  Rayon  b: 
50-5  F.  Bustes  de  saint  barbu  auréole'5  52-36.  Saint  debout  en 
orant  entre  deux  branches  de  palme.  —  Rayon  c:  57-68.^Trois 
■poissons  (fig.  162);  70.  Aigle  aux  ailes  de- 
ploye'es;  71.  Lion  de  profil  à  droite  hurlant, 
soulevé'  sur  les  jambes  poste'rieures,  ins- 
cription tout  autour;  72-73.  Deux  oiseaux 


Fig.  160. 


Fig-.  161. 


SOUS  un  arbre  à  trois  e'normes  branches  (fig.  163);  75-80.  Ange 
debout  aux  ailes  à  demi-de'ploye'es,  les  bras  e'carte's,  la  tête 
dans  un  nimbe,  —  Rayon  d  :  Monogramme  (V.  Pagenstecher, 
o.   c,  Pl.  XLVII-XLVIII). 

Dans  le  compartiment  du  milieu  :  Collection  de  lampes  en  belle 
terre  cuite  rouge,  ayant  la  cuvette  supe'rieure  de'core'e  de  reliefs. 
11  y  en  a,  1-2,  avec  des  bustes  d'empereurs  ;  2-5,  avec  l'image 
d'un  coq;  7-10,  avec  celle  d'un  lion  ;  \  1-14,  avec  des  croix  et 
de  beaux  monogrammes  du  Christ  (fig.  164);  15-21,  avec  des 
palmes  ;    22-24,  avec  des  vases,   etc. 

Sur  l'étagère  à  droite  de  la  vitrine  préce'dente:  1.  Petite  s/èle 
affectant  la    forme    d'un    temple,  la    partie    cintre'e    de    l'arc 


203     

dëcoree  d'une  coquille;  3.  Stèle  semblable,  mais  au-dessus  du 
fronton  est  le  buste  d'un  saint,  le  tout  entoure'  par  deux 
plants  de  vigne;  2.  Stèle  de  grès  sur  laquelle  est  repre'sente'  en 
relief  un  gros  oiseau  vu  de  face,  le  corps  dresse'  verticalement, 
les. ailes  de'ploye'es  et  souleve'es,  soutenant  une  couronne  dans 
laquelle  est  inse're'e  une  croix  carre'e. 

Au-dessous  de  l'e'tagère  :  4.  Stèle  rectangulaire  portant  en  relief 
un  pseudo-temple  à  la  façade  en  arc  surmonte'  d'un  fronton 
triangulaire.  L'ouverture  de  l'arc  est  toute  occupe'e  par  un 
personnage  en  orant;  l'arc  est  entièrement  de'core'  de  branches 
de  lierre.  Dans  le  fronton  deux  paons  affronte's,  bec  contre  bec. 

Parmi  les  autres  stèles  etjidalles  de'coratives^  voir^  le  n''  5  : 
partie  supe'rieure  et  haut  fronton  triangulaire  avec  acrotères  ; 


Fig:.  163. 


l'architrave  est  decore'e  d'une  branche  de  lierre  ;  les  corniches 
du  fronton  par  des  feuilles  en  forme  de  cœur  ;  dans  le  tym- 
panon  deux  paons  affronte's  se  caressant  e'tendent  le  bec  par 
dessus  un  haut  pilastre  conique;  6.  Dalle  richement  de'core'e 
de  motifs  ge'ome'triques  et  floraux. 

Vitr.  L,  M.  AinpoitJes  de  Saint  Menas  (fig.  165).  G'e'tait  une  an- 
cienne coutume  parmi  les  chre'tiens  de  demander  des  gue'risons 
miraculeuses,  soit  à  l'eau  d'une  source  place'e  près  de  la  tombe 
d'un  martyr,  soit  à  l'huile  qui  brûlait  devant  le  se'pulcre.  Les 
de'vots  qui  allaient  en  pe'lerinage  à  tel  ou  tel  sanctuaire  ce'lèbre 
emportaient  toujours  un  peu  d'eau  ou  quelques  gouttes  d'huile 
dans  des  re'cipients  en  forme  d'ampoule,  be'nites  dans  le  sanc- 


294     ■ 

tuaire  même.  Il  est  évident  que  l'ampoule  elle-même  devait 
garder  sa  puissance  miraculeuse,  car  la  petite  quantité'  de 
liquide  disparaissait,  sans  doute,  après  quelques  heures.  Les 
eulogies  de  saint  Menas  sont  très  re'pandues  dans  le  monde 
ancien.  On  en  a  trouve'  jusqu'à  Rome,  à  Athènes,  en  Dalmatie, 
etc.  La  plupart,  avant  la  de'couverte  des  sanctuaires  d'Abou- 
Mina  (v.  p,  1 30),  avaient  ëte'  trouve'es  à  Alexandrie,  d'où  pro- 
vient la  collection  expose'e  dans  ces  deux  vitrines.  Maigre' 
l'uniformité'  du  type  on  compte  par  plusieurs  dizaines  les  va- 
rie'te's  secondaires  de  ces  ampoules.  Cette  diversité'  est  produite 
soit  par  la  formule  et  la  position  de  l'inscription,  soit  par  les 
symboles  grave's  en  relief  sur  les  deux  faces.  En  ge'nëral  on 
y  voit  saint  Menas  repre'sente'  en  soldat 
romain,  la  tête  nue  nimbe'e,  debout,  de 
face,  en  orant  entre  deux  chameaux  ac- 
croupis. Souvent  la  tête  du  saint  est  au 
milieu  d'une  inscription:  AFIOY  MHNA 
EYAOriA  (Eulogie  de  saint  Menas),  EY- 
AOriA  TOY  AFIOY  MHNA  MAPTYPOi: 
(Eulogie  de  saint  Menas  le  Martyr)  ou 
d'autres  formules  pareilles.  La  face  op- 
pose'e  est  souvent  identique  à  1'  autre, 
souvent  aussi  elle  n'est  de'core'e  que  d'une 
inscription  insëre'e  dans  une  couronne 
(fig.  166).  Parmi  les  symboles  les  plus 
fre'quents  qu'on  rencontre  sur  1'  une  ou 
r  autre  face,  il  faut  compter  la  croix, 
une  barque  à  voile,  des  fleurons  stvlise's, 
une  corbeille  remplie  de  pains.  Quelquefois,  fre'quemment 
même,  au  lieu  de  1'  image  du  saint,  on  trouve  la  tête  d'  un 
nègre,  laquelle  évidemment  devait  avoir  un  but  de  prose'lytisme 
religieux  parmi  les  populations  de   race  nègre. 

BIBLIOGRAPHIE.  --  Leclercq  II.,  au  mot  Ampoules  d;u:s  le  Dic- 
tionnaire d'' Archéologie  chrétienne  et  Bihl.  ibid.  ajoutez:  Dutilh  et  Blom- 
FiELD,  Saint  Menas  d'Alexandrie  dans  B.  S.  A.,  6,  pag.  38  et  suiv.;  Kauk- 
MANN  C.  M.,  Zur  Ikonographie  des  Menas- AmpHllen^  Caire,  Diemer,  1910. 


164. 


Entre  les  deux  vitrines  qs,\.  Qx^osé  un  hjs-relief  eu  marbre  h\Rnc 
repre'sentant  saint  Me'nas  dans  l'attitude  qu'il  a  sur  les  am- 
poules entre  les  deux  chameaux  accroupis.  Ce  bas-relief  est 
sans  doute  une  me'diocre  copie  de  celui  qui  e'tait  sur  le  se'pul- 
cre  du  saint  au  Mariout.  Tl  a  e'te'  découvert  dans  les  ruines 
d'une  petite  e'glise  à  l'ouest  d'Alexandrie  (De'khe'la),  d'où  pro- 
viennent e'galement  les  deux  colonnes,  l'une  à  spirale  et  l'autre 
lisse,  qui  flanquent  le  bas-relief,  ainsi  que   le  beau  cancel  qui 


— ■     29S 

est  entre  les  colonnes,  et  aussi 
les  chapiteaux  exposes  sur  les 
e'tagères  à  cote'  des  vitr.  L,  M. 

BIBLIOGRAPHIE.     —     Crum- 
Breccia,       D'un     édifice     d'époque 
chrétienne  à  el-Dékhéla,  B.  S.  A.,  g, 
p,  I-I2.  Cfr.  Rômische  Quartalschrijt, 

190Ô,  IV,                                                              i 

Dans  les  cadres  P,  Q,  R,  S,  sont 
expose'es  des  tapisseries  coptes 
provenant  des  ne'cropoles  chre'- 
tiennes  d'Achmîn  et  d'Antinoe'        , 
et  dont  les  plus  anciennes  re-        1 
montent  au  III™^  siècle.  Elles        , 
e'taient  fabrique'es  sur  des  me-        ; 
tiers  place'sdans  le  sensvertical. 
Pour  la  chaîne  on  employait  en 
ge'ne'ral  le  fil  de  lin  e'cru.   La 
trame  est  en  laine,  rarement  en 
laine  et  en  lin.   La  finesse  du 
tissu    diffère    suivant    l'e'carte- 
ment  donne'  aux  fils  de    la    chaîn 
partie  du  tissu  même.  L'une  des 
des  dessins  très  fins  trace's  en  lin  é 
brune  ou  pourpre.   Ces  dessins  sor 
broche  volante  que  le  tapissier   fai 
autre,  dans  le  sens  de  la  chaîne;  au 
les    ressauts.     «   Les    tapisseries 
e'gyptiennes    et     celles    des    Go- 
belins,  e'crit  Mr  Gerspach,  à  qui 
nous  avons  emprunte'   ces  de'tails 
techniques,  re'sultent  d'un  travail 
tellement    identique,     sauf     pour 
quelques  de'tails  secondaires,  que 
j'ai  pu  sans  difficulté'  faire  repro- 
duire   des    copies  par  les  e'ièves 
de  notre  e'co'e  de  tapisserie  (aux 
Gobelins).    Les    motifs    de'coratifs 
sont  emprunte's   à   la  nature  ani- 
male et  ve'ge'tale,  à  la  géométrie. 
On  y  voit  des  lions,  des  panthères, 
des  chiens,  des  ours,  des  poissons, 
des  oies,  des  chevaux,  enfin  tout 
ce    que    reproduit    le   travail  du 
peintre.  Il  y  a  lieu  de  signaler  le 

e. 

car 

cru 

it  p 

sait 

our 

Fig.   165. 

Les  tapisseries  faisaien 
acte'ristiques    consiste  er 

sur  des  fonds  de  couleu 
roduits  au  moyen  d'une 

sauter  d'un  point  à  ur 
d'hui  on  n'emploie  plus 

Fi^.  166. 

H 

2Qt) — 

soin,  dit  toujours  Mr  Gerspach,  que  les  Coptes  mettent  dans 
les  bordures  et  les  entourages.  Postes,  courantes,  rinceaux, 
torsades,  fleurons,  entrelacs,  dentelures,  boucles,  ondes,  pam- 
pres, cellules,  fers  de  lames,  cre'neaux,  chevrons,  pierres  pre'- 
cieuses,  spirales,  enroulements,  etc.,  sont  partout  très  justement 
approprie's,  comme  dessin,  couleur  et  importance,  au  sujet  qu'ils 
doivent  accompagner  ;  on  remarque  la  pre'occupation  presque 
constante  de  produire  un  effet,  en  posant  la  frise  extérieure 
dans  un  sens  oppose'  à  celui  du  motif  principal  ».  Ces  obser- 
vations peuvent  être  toutes  contrôlées  dans  la  collection  de 
tapisseries  du  Muse'e  qui  est  expose'e  dans  les  cinq  tableaux 
sus-indique's  de  la  salle  i  et  dans  beaucoup  d'autres  qui  se 
trouvent  dans  les  salles  2-4. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Forrer  R.,  Die  Gràber-  iind  Textiljnnde  von  Ach- 
mîm-Panopolis,  in-4'^',  Strassburg,  1891;  Gerspach  M.,  Les  tapisseries  coptes 
in-40,  1890;  GuiMET  E.,  Les  Portraits  d'Antinoé,  in-4",  Paris,  1914. 

A  droite  de  la  vitr.  M,  accrochées  à  la  paroi  et  sur  deux  e'tagères, 
sont  d'autres  stcJes  et  dalles  de'core'es  d'inte'ressants  reliefs. 
Particulièrement  curieuses  sont  les  deux  dalles  qui  portent  en 
relief  Zeus  transforme'  en  cygne  embrassant  Leda.  L'art  copte 
n'avait  pas  repousse'  comme  motif  de  de'coration  ce  mythe 
païen  plutôt  scabreux  que  l'art  helle'nistique  avait  tant  de  fois 
reproduit  dans  des  monuments  d'une  finesse  exquise  ;  mais 
l'exe'cution  des  ouvriers  coptes  est  si  grossière  que  ces  reliefs 
ressemblent  à  des  caricatures. 

Le  haut-relief  place'  au-dessus  du  tableau  S  repre'sente  deux 
femmes  habille'es  d'une  tunique  e'troite,  courte,  extrêmement 
de'coUete'e,  à  demi-couche'es,  se  faisant  pendant  à  droite  et  h. 
gauche  d'un  panier  ;  elles  sont  accoude'es  sur  les  pains  dont 
le  panier'  est  rempli,  la  jambe  droite  plie'e  en  deux,  la  gauche 
allonge'e^en  dehors  ;  de  la  main  gauche  les  deux  femmes  s'ap- 
puient à  de  longues  branches  d'arbre  suspendues  au-dessus 
de  leurs  têtes. 

Adosse'  à  la  paroi  qui  est  à  gauche  de  l'entre'e  de  la  salle  2 
est  un  socle  en  marbre  de'couvert  à  Hagar-el-Nawatieh  (fau- 
bourg d'Alexandrie  près  de  la  berge  du  canal  Mahmoudieh. 
L'inscription  grecque  grave'e  sur  la  face  ante'rieure  rappelle 
le  curage  du  canal  fait  par  un  gouverneur  d'Alexandrie  à 
l'e'poque  byzantine  (sous  Le'on  L''). 


297 


SALLES  2,  3,  4,  5. 

Cabinet  numismatique.  Collection  de  moulages. 


Au  milieu  de  la  salle  i  sont  expose's,  au-dessus  d'une  base  de 
colonne  en  marbre,  deux  gros  chapiteaux  ffig.  i  57,  p. 290).  Celui 
qui  est  au-dessous  a  e'te'  de'jà  signale'  lorsque  nous  avons  de'crit  les 
deux  chapiteaux  byzantins  au  corps  de'core'  d'entrelacs,  qui  sont 
expose's  dans  la  salle  i.  L'autre  est  très  curieux  pour  sa  forme 
et  pour  les  motifs  de'coratifs.  Il  serait  à  section  rectangulaire 
(o  m.  79X0  m.  85)  si  deux  des  côte's  n'e'taient  pas  coupe's 
sur  une  longueur  de  20  cm.,  formant  ainsi  un  angle  rentrant, 
ce  qui  donne  à  la  section  du  chapiteau  une  forme  ge'ome'trique 
irre'gulière  à  six  côte's  de  longueur  ine'gale.  La  surface  exte'- 
rieure  est  orne'e  dans  la  partie  infe'rieure  d'une  baguette  d'as- 
tragales, au-dessus  de  laquelle  se  dressent  de  larges  feuilles 
d'acanthe,  dont  les  diffe'rentes  parties  sont  releve'es  et  se'pa- 
re'es  par  des  se'ries  de  trous  assez  profonds  faits  au  tre'pan. 
Les  cinq  angles  d'en  haut  sont  occupe's  par  de  gros  masques 
humains  qui  ont  probablement  l'intention  de  symboliser  les 
vents.  La  bouche  et  les  lèvres  en  effet  expriment  un  puissant 
effort  pour  l'e'mission  de  l'air.  D'autre  part  les  cheveux,  les 
moustaches  et  la  barbe  ne  sont  pas  repre'sente's  par  des  poils, 
mais  par  de  longues  et  larges  branches  de  feuilles  de  chêne, 
se'pare'es  l'une  de  l'autre  par  des  se'ries  de  trous  faits  au  tre'pan. 
Ces  branches  sont  dispose'es  des  deux  côte's  du  visage  comme 
si  elles  e'taient  pousse'es  en  arrière  par  le  vent.  Au  centre 
des  quatre  côte's  plus  longs  est  repre'sente'  en  haut-relief  un 
aigle  soit  de  face,  soit  de  profil,  debout  sur  les  feuilles  d'acanthe, 
les  ailes  de'ploye'es,  une  croix  suspendue  au  cou.  Ce  chapiteau 
a  e'te'  trouve'  isole'  dans  une  proprie'te'  prive'e  à  Moharrem  Bey. 

Le  Cabinet  numismatique  occupe  les  salles  2,  3,  4,  5.  Il 
compte  aujourd'hui  plus  de  7000  monnaies  et  nous  pourrons 
l'enrichir  de  plusieurs  autres  centaines,  dès  que  nous  aurons  le 
moyen  de  trier  et  de  classer  les  lots  qui  sont  dans  nos  magasins 
et  dès  qu'on  aura  agrandi  l'cdifice  du  Muse'e. 

Le  but  de  notre  collection  est  de  re'unir  une  se'rie  aussi  com- 
plète que   possible    de    monnaies  ptoJémalques  et  de   monnaies 


. 298    

impériales  romaines  frappées  à  Alexandrie  [Xnmmi  Augustoriim 
Alexandrini).  Naturellement  d'autres  groupes  de  monnaies  prove- 
nant des  fouilles  sur  le  sol  égyptien  y  trouvent  et  y  trouveront 
leur  place. 

Salle  3.   —  Vitr.  A-B  (à  droite  de  l'entrée^ 

I  ffig.  167).  Tétradrachme  frappé  au  nom  d'Alexandre  le  Grand 
pendant  la  satrapie  de  Cléomène  (330-323  av.  J.-Ch.).  Sur  le 
Droit  :  Tête  d'Hercule  dans  la  peau  d'e'le'phant.  Sur  le  Revers  : 
AAEEANAPOY  à  droite  du  haut  en  bas  ;  Zeus  de  profil  à 
gauche,  assis  sur  un  trône,  la  main  gauche  soulevée  appuye'e 
sur  un  sceptre,  l'aigle  dans  sa  main  droite.  Dans  le  champ  à 
gauche  :  tête  d'Ammon. 
2-43.  Monnaies  frappées  pendant  la  satrapie  de  Ptolémée  fils 
de  Lagns  (de   323-2  à  306-5  av.  J.-Ch.). 

Les  monnaies  en  argent  ont  toutes  sur  le  Droit  la  tête  d'A- 
lexandre le  Grand  de  profil  à  droite  avec  les  cornes  d'Ammon 
et  la  peau  d'e'le'phant  sur  la  tête  et  l'e'gide  noue'e  autour  du 
cou.  Les  Revers  de  certaines  se'ries  repre'sentent  Zeus  assis 
sur  un  trône  comme  sur  les  monnaies  de  la  satrapie  de  Gle'o- 
mène  ;  d'autres  se'ries  repre'sentent  Athèna  Promachos  de  profil 
à  droite,  AAEEAN APOY  de  bas  en  haut  dans  le  champ,  à 
gauche  un  petit  aigle  de  profil  à  droite,  les  ailes  ferme'es  de- 
vant l'Athèna. 

Après  la  mort  d'Alexandre  le  Grand  Ptole'me'e  fils  de  Lagus 
gouverna  l'Egypte  comme  satrape  sous  la  suzeraineté'  de  Phi- 
lippe Arride'e  d'abord  (323-317),  puis  d'Alexandre  IV,  fils 
posthume  du  Conque'rant,  de  317  à  31  i.  A  cette  date  Gassan- 
dre  assassina  le  tout  jeune  roi,  et  ce  crime  brisa  définitive- 
ment l'unité'  de  l'empire.  Les  satrapes  devinrent  les  vrais 
rois  de  leur  province  et  vers  306-5  tous  en  prirent  effec- 
tivement le  titre. 
46-274.  Monnaies  frappées  par  Ptolémée  devenu  roi  d' Egypte 
[Ptolémée  Soter). 

Elles  peuvent  se  diviser  en  deux  se'ries  principales  :  une  qui 
re'unit  les  monnaies  plus  anciennes  ayant  sur  le  Droit  la  tête 
d'Alexandre  et  sur  le  Revers  l'Athèna  Promachos  comme  les 
monnaies  de  la  Satrapie  (fig.  168);  l'autre  qui  est  compose'e  des 
monnaies  plus  rc'centes  et  qui  portent  :  sur  le  Droit  la  tête  de 
Ptoleme'e  Soter  à  d.  avec  diadème  autour  de  la  tête  et  une 
e'gide  noue'e  autour  du  cou;  sur  \e  Revers  UTOAEMAIOYa 
gauche,  BA^LiEUZ  à  d.,  et  dans  le  champ  un  aigle  aux  ailes 
ferme'es,  de  profil  à  gauche,  debout  sur  un  foudre,  et  à  gauche 
de  l'aigle    une  lettre  ou  un   monogramme  (fig.    160).  Dans  la 


•99 


Fig.   167. 


Fig.  lô*^. 


Fig.   169. 


300     

vitrine  A  on   peut  voir  un  beau  groupe   de    14   te'tra  drachme  s 
en   or  (fig.    170). 

Ptole'me'e  F'"  régna  jusqu'à  285  av.  J.-Ch.  A  cette  date  il 
abdiqua  en  faveur  de  son  fils,  ne'  de  Be're'nice,  Ptolëme'e  II, 
connu  sous  le  nom  de  Philadelphe;  Ptole'me'e  I^""  mourut  en  283. 

Vitr.  B-C.   273-510.  Monnaies  frappées  pendant  le  règne  de  Pto- 
lémée  II  Philadelphe  (de  285-4  à   246-5  av.    J.-Ch.). 

On  peut  les  grouper  en  plusieurs  se'ries.  Il  y  en  a  qui  re'- 
pètent  le  type  des  monnaies  de  Ptole'me'e  I^"",  sauf  naturelle- 
ment la  diversité'  des  monogrammes.  (Voir  de  beaux  penta- 
drachmes  en  or,  275-280,  et  les  te'tradrachmes  en  argent  qui  leur 
font  suite).  D'autres  ont  sur  le  Droit  :  Tête  d'Arsinoe'  avec 
couronne  et  voile,  de  profil  à  d.  ;  et  sur  le  Revers  :  l'aigle 
et  l'inscription  APIIXOHI  à  g.  <PIAAAEA^OY  à  d.  (331- 
342.  surtout  la  belle  monnaie  en  or  342  [fig.  i7ï])-  D'autres  qui 
ont  sur  le  Droit  le  buste  de  Zeus  Ammon  et  sur  le  Revers  soit 
un  soit  deux  aigles  (343-372).  D'autres  au  type  de  Ptole'me'e 
Soter,  mais  en  plus,  sur  le  Revers^  derrière  l'aigle  un  bou- 
clier (373-382).  D'autres  encore  au  type  de  Ptole'me'e  Soter, 
mais  en  outre  les  monogrammes  avec  des  symboles  varie's  (bou- 
clier, massue,  etc.)  devant  l'aigle  (383-427,  etc.).  Les  mon- 
naies en  or  428-434  et  436  ont  sur  un  côte'  les  bustes 
re'unis  de  Ptole'me'e  I^""  et  de  sa  femme  Be're'nice,  sur  l'autre 
les  bustes  de  Ptole'me'e  II  et  de  sa  femme  Arsinoe'.  Au-des- 
sus des  premiers  l'inscription  f)EQX -^  au-dessus  des  autres. 
AJEA<PQX.  Dans  le  champ  derrière  le  couple  des  Adelphes 
ou  frères,  un  bouclier   (fig.    172). 

Ptole'me'e  II  épousa  en  premières  noces  la  fille  de  Lysimaque 
de  Thrace  (Arsinoe'  P'.^),  puis  sa  propre  sœur  Arsinoe'  II,  veuve 
de  Lvsimaque  qu'elle  avait  fait  assassiner  par  son  frère  con- 
sanguin Ptole'me'e  Ceraune.  Mais  son  complice  l'avait  ensuite 
oblige'e  à  s'enfuir  de  Thrace  et  elle  chercha  un  refuge  à  Alex- 
andrie. Cette  femme  sut  tellement  circonvenir  son  frère,  que 
celui-ci  exila  sa  première  femme  et  e'pousa  sa  sœur,  ce  qui 
d'ailleurs  e'tait  conforme  aux  traditions  et  aux  mœurs  des  an- 
ciennes dynasties  indigènes.  Arsinoe',  femme  d'une  extrême 
habileté'  politique,  reçut,  de  son  vivant,  des  honneurs  presque 
divins  et  après  sa  mort  elle  fut    divinise'e. 

Vitr.  C.    551-619.  Monnaies  frappces  par  Ptolémée  III  Evergcte 
(de  247-6  à  22i-o). 

A  remarquer  les  de'cadrachmes  en  argent  orne's  du  buste 
d'Arsinoe'  II  Philadelphe  avec  couronne  et  voile  sur  le  Droit, 


30I 


Fig.  170. 


Fig.  17] 


Fig.   172. 


302        

la  double  corne  d'abondance  et  1'  inscription  APIIXOH^ 
4>IAAJEAfP0V  sur  le  Revers  (fig.  173).  Les  monnaies  en  bronze 
ont  sur  le  Droit  soit  la  tête  de  Zeus  Ammon,  soit  le  buste  de 
Ptole'mee  III  (601-603);  ^^^  te'tradrachmes  en  argent  portent 
par  contre  le  buste  de  Ptoleme'e  I-'"  (604-606).  Sur  le  Revers 
en  ge'ne'ral  un  aigle  de  profil  à  gauche  sur  un  foudre,  souvent 
la  tête  tourne'e  en  arrière,  et  une  corne  d'abondance  soit  der- 
rière l'aigle  en  haut,  soit  devant  en  bas. 

Ptole'me'e  III  succe'da  à  son  père  en  247-6.  Il  avait  e'pouse' 
sa  cousine  Be're'nice,  fille  de  Magas  de  Gyrène,  femme  d'une 
remarquable  sagesse.  Ptole'me'e  sut  agrandir  les  domaines  de- 
l'Egypte,  par  suite  d'une  expe'dition  victorieuse  contre  la  Syrie. 


620-673.  Monnaies  frappées  par  Ptoléiiiée  IV  (de  221-0  à  204-3). 
A  remarquer  surtout  le  superbe  octodrachme  en  or  (620) 
avec  le  buste  de  Ptole'me'e  III,  la  tète  surmonte'e  d'un  diadème 
couronne'  de  rayons,  l'e'gide  noue'e  sur  l'e'paule  droite,  un  tri- 
dent appuyé'  sur  l'e'paule  gauche;  la  pointe  centrale  du  trident 
finit  en  sceptre.  Sur  le  Revers^  une  corne  d'abondance  dont 
le  bordsupe'rieur  est  orne'  de  rayons  (fig.  174).  62  r.  Te'tradrachme 
en  argent  avec  le  buste  de  Sarapis  et  Isis  sur  le  Droit  ;  sur  le 
Revers  un  aigle  debout  sur  un  foudre  de  profil  à  gauche,  la 
tête  tourne'e  à  droite,  et  double  corne  d'abondance  sur  le  dos 

(fis-  175)-, 

Ptole'me'e  IV  avait  e'pouse'  sa  sœur   Arsinoe'.    Ils   moururent 
secrètement,  victimes  d'une  intrigue  de  cour,  en  204-3. 

Vitr.  G.  679-684.  Vitr.  D.  683-699.  Mormaies  frappées  par  Pto- 
lémée  V  Èpiphane  (de  204-3  à  181-0).  Sur  le  Droit ^  tantôt  le 


303 


l'ig.   174. 


Fig.   17= 


Fig.   176. 


•     304     ■ 

buste  de  Ptolemée  P^  (679),  tantôt  celui  d'Isis  couronne'e  d'e'pis 
(680-684),  quelquefois  celui  de  Ptole'me'e  V  (695). 

Il  avait  e'pouse'  Gle'opâtre,   fille  d'Antiochus,  roi  de  Syrie. 

Vitr.  D.  700  et  suiv.  Monnaies  frappées  pendant  le  règne  de 
Ptolemée  F/(de  181-0  à  174-3),  sous  la  régence  de  sa  mère  Gle'o- 
pâtre). Dans  cette  se'rie,  les  trois  pièces  dignes  d'attention  sont  les 
octodrachmes  en  or,  repre'sentant  le  buste  de  Gle'opâtre,  tout 
à  fait  identique  à  celui  d'Arsinoe'  II,  avec  diadème,  voile  et 
sceptre.  La  lettre  K  derrière  la  tête  est  l'indice  caracte'ristique 
du  nom  [KAEOnATPA).  Sur  le  Revers:  APIINOHI  a  g., 
(PIAAAEA^OY  a  d.,  double  corne  d'abondance  (fig.  176). 
Les  monnaies  des  Ptole'me'es  frappe'es 
depuis  cette  e'poque  n'ont  d'intérêt  que  pour 
les  spe'cialistes.  Nous  nous  bornerons  à  si- 
gnaler les  monnaies  en  bronze  exposées  dans 
la  vitrine  E  (n°^  1059  et  suiv.)  ayant  sur  le 
Droit  le  buste  de  la  dernière  reine  Lagide, 
la  fameuse  Gle'opâtre  VII  (fig.    177). 

BIBLIOGRAPHIE.   —  Sur  les  monnaies  des    Pto- 
lémées,    voir    en     dernier    lieu     SvOROxos  I.  N.,   Ta 
r  ly.   177.  Nouîauaza     tov    xoÛtov;    tmv  IlToleaaîojv,     Athènes, 

1904-08. 

Dans  la  vitr.  F  sont  expose'es  des  monnaies  en  or  et  en  argent 
de  la  Macédoine,  de  la  Thrace,  de  la  Phrygie,  de  la  Syrie,  etc. 
et  d'autres  régions  de  l'Asie  Mineure. 

Dans  cette  même  salle  3,  j'ai  réuni  provisoirement  un  premier 
noyau  d'une  collection  de  moulages  en  plâtre  ainsi  que  des  pho- 
tographies de  monuments  gréco-romains  découverts  à  Alexandrie 
ou  en  Egypte  et  exportés  à  l'étranger.  J'espère  pouvoir  joindre 
un  jour  à  cette  collection  une  salle  consacrée  à  l'iconographie 
complète  d'Alexandre  le  Grand,  et  d'autres  salles  destinées  aux 
moulages  des  monuments  les  plus  significatifs  de  l'art  hellénis- 
tique, ainsi  qu'aux  chefs-d'œuvre  de  l'art  grec  avant  Alexandre 
le  Grand  et  de  l'art  de  la  période  impériale. 

I.  Bas-relief  représentant  Hermès  Psychopompos  (conducteur 
des  morts),  jadis  à  Alexandrie,  actuellement  au  British  Muséum. 
De  la  libéralité  de  l'administration  du  British  Muséum  nous 
viennent  également  le  n°  2,  Cadran  solaire^  et  le  n°  3,  Bar- 
bare (un  Parthe?)  prisonnier^  les  mains  liées  derrière  le  dos: 
l'original  faisait  partie  de  l'arc  de  triomphe  de  Trajan  qui 
se  trouvait,   paraît-il,  dans  le  quartier  actuel  de  Moharrem-Bey. 

4-5.  Bustes  romains  provenant  d'Alexandrie  (voir  surtout  le  n"  4) 


305     

actuellement  au  Pelizaeus-Museum  de  Hildesheim.  Les  deux 
bas-reliefs  (>--]  sont  les  copies  de  deux  ce'lèbres  bas-reliefs 
jadis  dans  la  collection  Grimani  à  Venise  et  actuellement 
dans  la  collection  impe'riale  de  Vienne.  Le  prof.  Schreiber,  à 
tort  probablement,  croyait  que  ces  deux  monuments,  ainsi  que 
tous  les  bas-reliefs  analogues,  étaient  d'origine  alexandrine. 
Un  des  plus  charmants  parmi  ces  bas-reliefs  est  celui  dit  du 
Paysan  allant  au  marché^  de  la  Glyptothèque  de  Munich  en 
Bavière,  dont  le  moulage  (9)  est  exposé  dans  la  vitr.  verti- 
cale A.  Dans  cette  même  vitrine  :  10.  Moulage  d'un  beau 
portrait  féminin  d'e'poque  romaine,  jadis  à  Alexandrie  5  11,  12, 
13.  Les  originaux  en  marbre  de  ces  trois  têtes^  trouvées  à 
Alexandrie,  faisaient  partie  de  la  collection  Friedheim,  aujour- 
d'hui à  Dresde;  14.  Btiste  d'une  reine  Lagide  (f)  (Musée  du 
Louvre).  14^.  Buste  de  Jules  César -^  l'original  fait  partie  du 
Musée  Baracco  (Rome),  il  avait  été  découvert  en  Egypte. 

Au-dessus  de  la  vitr.  A:  14^.  Buste  d'' Alexandre  le  Grand -^ 
l'original  est  au  Musée  Baracco. 

Sur  les  socles,  appuyée  contre  la  paroi  nord  :  13.  Tête  de  jeune 
femme  couronnée  de  fleurs -^  l'original  trouvé  dans  le  terrain 
appartenant  à  la  Compagnie  du  Gaz  à  Karmouz,  a  été  envoyé 
au  siège  central  de  la  Compagnie  à  Paris;  16.  Homère;  ce 
buste  a  été  trouvé  à  Baia  (Naples)  et  il  est  au  British  Muséum, 
mais  on  pense  que  le  type  de  ce  buste  du  prince  des  poètes 
doit  être  d'origine  alexandrine  ;  20.  On  a  voulu  reconnaître 
dans  cette  tête^  qui  est  au  British  Muséum,  le  portrait  de  Cleo- 
pâtre  VII^  mais  probablement  à  tort.  Le  profil  peut  rappeler 
jusqu'à  un  certain  point  celui  de  Cléopâtre  qu'on  voit  sur  les 
monnaies  (v.  fig.  176),  mais  Cléopâtre  avait  le  nez  droit,  le 
front  plus  large,  le  menton  plus  volontaire.  D'ailleurs  cette 
tête  n'a  aucun  ornement  qui  soit  un  signe  de  la  royauté. 

Les  photographies  exposées  à  côté  de  ces  moulages  portent 
toutes  une  courte  description  du  monument  et  l'indication  du 
pays  et  du  Musée  qui  gardent  l'original. 

Monnaies  impériales  d'Alexandrie. 

Cette  série  est  de  la  plus  grande  importance,  non  seulement 
pour  l'histoire  de  la  domination  romaine  en  Egypte,  mais  aussi 
et  surtout  pour  l'histoire  du  syncrétisme  religieux  de  cette  époque 
ainsi  que  pour  la  topographie  d'Alexandrie.  Les  Revers  de  ces 
monnaies  en  effet  reproduisent  souvent  soit  des  divinités,  soit 
des  temples  et  des  monuments  alexandrins. 


Fig.  i; 


97-101. 

Claude 


Claude  (4 
;    122-iqo. 


306 

Salle  2.  —  Vitr.  A:  1-64.  Bronze.  Monnaies 
frappces  sous  Oclavien  Auguste  (30  av. 
J.-Ch.,  14  ap.  J.-Ch.).  Sur  le  Droit ^  en  ge'- 
ne'ral  la  tête  d'Auguste  de  profil  à  droite. 
Sur  le  Revers^  ditierents  symboles.  Aigle 
debout  sur  un  foudre  à  gauche  (1-3).  Vases 
(7).  Autels  (16).  Bouquet  d'e'pis  (22-25),  etc. 
Une  se'rie  pre'sente  sur  le  Droit  le  portrait 
de  Livia,  femme  de  l'empereur  (48-64).  — 
65-96.  Tibère  (14-37  ^P-  J.-Ch.).  Les 
n"^  65-80  en  bronze  5  81-96.  en  potin.  — 
1-54  ap.  J.-Ch.)  et  Antonia  sa  mère-^  102-121. 

Claude    et    Messaline.   Les  monnaies    dont 


nous  donnons  la  reproduction  sont  le  n"  108  (fig.  178),  bou- 
quet d'ëpis,  et  le  n°  135  (fig.  179),  sur  le  Droit  Tête  de 
Claude  avec  diadème  de  profil  à  droite,  sur  le  Revers  Ca- 
duce'e  dans  un  bouquet  de  quatre  e'pis.  —  03-4' 6.  Néron 
(54-68  ap.  J.-Ch.)  tantôt  seul,  tantôt  avec  Agrippine,  avec 
Auguste,  avec  Tibère,  avec  Poppée.  —  417-463.  Galba  (68-69 
ap.  J.-Ch.).  —  464-4^7-  O^^^on  (69  ap.  J.-Ch.).  -  488-495- 
Vitellius  (69  ap.  J.-Ch.).  —  496-548.  Vespasien  (21  de'cembre 
69-23  juin  79  ap.  J.-Ch.);  549-553-  Vespasien  et  Titus.  — 
554-574.    Titus  (79-Si    ap.  J.-Ch.). 

Vitr.  B:  575-683.  Doniitien  (81-96  ap.  J.-Ch.).  Parmi  les  i^^î^^rs, 
à  remarquer:  665.  L'empereur  sur  un  quadrige  tire  par  des 
e'ie'phants  ;  668.  L'empereur  sur  un  char  tire  par  deux  cen- 
taures ;  669-672.  Arc  de  triomphe  vu  de  face  5  675.  Phare: 
987  (fig.  180).  Arc  de  triomphe  vu  de  face,  à  trois  arcades,  dont 
celle  du  centre  plus  e'ieve'e  que  les  deux  autres  ;  au-dessus  du 
fronton,  deux  victoires  aux  angles,  au  centre  l'empereur  sur 
un  quadrige.  —  684-692.  Nerva  (96-98  ap.  J.-Ch.).  —  693-982. 


Fi^-.   179. 


307 


Fig.   i8o. 


Fig.   18: 


Trajan  (98-1  17  ap.  J.-Gh.).  Parmi  les  Reversa  remarquer  :  G97 
(fig.  181),  Façade  d'un  temple  de  Sarapis  de  style  grec,  à  fronton 
triangulaire  5  les  chapiteaux  sont  corinthiens  ;  au  centre,  Sara- 
pis debout,  appuyé'  sur  un  long  sceptre,  sacrifiant  devant  un 
autel;  750  (fig.  182).  Temple  d'Isis(?).  Façade  d'un  temple  de  style 
égyptien  ;  deux  gros  pylônes  re'unis  par  une  architrave,  sous 
laquelle  s'ouvre  la  porte  ;  au-dessus  de  l'architrave,  on  voit 
une  de'esse  debout  de  face,  tenant  dans  la  gauche  un  long 
sceptre  5  ce  temple  e'tait  certainement  à  Alexandrie  ;  703-704. 
Le  Nil  couche'  à  droite  ;  771.  Sarapis  assis  sur  un  trône  ;  772. 
Sarapis  sur  le  be'lier  sacre'  ;  780.  Trophe'e;  785  (fig.  183).  Arc 
de  triomphe  à  trois  arcades,  surmontées  de  trophe'es  5  799. 
L'empereur  sur  un  quadrige;  804-807,  sur  un  quadrige  d'e'le'- 
phants  ;  871.  Sarapis  assis  sur  un  trône,  la  tête  surmonte'e 
du  modius,  la  droite  pose'e  sur  le  Cerbère  trice'phale  ;  890- 
891.   Modius  rempli  d'e'pis  sur  un  char  attelé'  de  serpents  aile's; 


Fig.   182. 


Fig.  183. 


-      308       - 

892,  Modius  au-dessus  d'une  co- 
lonne, garde'  par  deux  serpents  aile's, 
affronte's. 
V'itr.  G:  900-1477,  et  vitr.  D,  jusqu'au 
n"  1602.  Hadrien  (i  17-138  ap. 
'.-Ch.).  Les  Revers  sont  très  varie's; 
102  5- 1026.  L'empereur  sur  un  qua- 
drige d'e'le'phants;  1051.  Hippopo- 
tame; 1059  et  passim:  Serpent; 
1092-1095,  V.  aussi  I  379-1  383,  etc., 
le  Nil  demi-couche'  à  d.,  une  corne 


d'abondance  dans  la  main  gauche,  un 
papyrus  dans  la  droite.   11 42-1 147, 
V.  aussi  1466- 1467.  Sphinx  femelle  aile'e  traînant  une  roue'avec 


Fig.  184. 

une  des  pattes  ante'rieures  (Ne'me'sis);  i  276.  Le  Phare;  1  3  19-1324, 
Le  Nil  demi-couche'  à  droite,  une  corne  d'abondance  souleve'e 
dans  la  main  gauche;  1340.  Zeus 
de  profil  à  g.,  assis  sur  un  aigle 
aux  ailes  de'ploye'es  ;  1363-1366 
(fig.  184),  L'empereur  debout  de 
profil  à  g.  qui  reçoit  des  e'pis  de 
la  ville  d'Alexandrie  personnifie'e 
par  une  jeune  femme  debout  vêtue 
d'une  courte  tunique,  la  tête  sur- 
monte'e  de  la  peau  d'e'le'phant  : 
elle  baise  la  main  de  l'empereur  ; 
'39ï"ï393-Victoires;  1405.  L'em- 
pereur sur  un  char  attelé'  de  ser- 
pents;   1407.  La  tête  de  Sarapis  Fig. 


309 


.^^J^^ 


Fi-,  186. 


Fig.  187. 


Fi  g.   188. 


Fig.  189. 


de  profil  à  droite,  sur  le  dos  d'un  aigle  aux  ailes  deploye'es, 
debout  sur  un  foudre,  les  pieds  e'carte's,  tenant  une  plume  dans  la 
griffe  gauche;  1409  (fig.  185).  L'empereur  à  d.,  de  profil  à  gauche. 


Fig-.  190. 

devant  Sarapis  debout  de  profil  à  d.,  la  main  gauche  appuye'e 
sur  un  long  sceptre,  la  droite  souleve'e  vers  l'empereur  :  entr'eux 
un  autel;  14 10.  Isis  allaitant  Harpocrate  :  141  5- 1418.  Athèna 
debout  de  profil  à  gauche  ;  1420- 1422.  Isis  alexandrine  habille'e 
du  chiton  et  de  Ihimation  debout  de  profil  à  gauche,  une  corne 
d'abondance  dans  la   main    gauche,    la    main    droite    appuye'e 


:^.'Kr-. 


Fig.  191. 


Fig-.  192. 


contre  un  radeau  ;  1430-145  1  (fig.  186).  Isis  Pharia  et  le  Phare; 
1396  (vitr.  E).  Sur  le  Droit:  Buste  d'Antinous  ;  sur  le  Re- 
vers :  Antinous  à  cheval  de  profil  à  d.,  tenant  un  caduce'e 
dans  la  main  droite  (fig.    187). 


Vitr.  D:  1603-1925.  Vitr.  E:  1926- 
2166.  Anionin  (138-161)5  1639 
(fig.  188).  Le  Phare;  1657  (fig.  i8q). 
Sarapis  assis  sur  un  trône,  de 
trois  quarts  à  gauche,  la  main 
gauche  appuyée  sur  un  long  scep- 
tre, la  main  droite  souleve'e  sur 
la  tête  de  Cerbère;  1723.  Euse'bie 
au  centre  d'un  temple  te'trastyle; 
1726.  Hercule  terrassant  le  lion 
de  Nëme'e;  1756.  Temple  d'Her- 
manubis  ;     1757-    Victoire     aile'e 


'93- 


de    profil    à   droite,  e'crivant   sur 

un  bouclier;    1760.   Trophée;    1782-1795.   Le    zodiaque:    1819 


Fig-.   194. 


(fig.    190).  Empereur  assis,  le  casque  sur  la  tête,  accoude'  sur 
son  bouclier,  une  petite  Victoire  sur  sa  main  droite  souleve'e 

horizontalement;  1846  (fig.  191). 
Sarapis  assis  sur  un  trône,  la  droite 
pose'e  sur  le  Cerbère  trice'phale, 
dans  un  temple;  1886.  La  de'esse 
Moneta,  une  corne  d'abondance  ap- 
puye'e  sur  le  bras  gauche,  une  ba- 
lance dans  la  main  droite;  1903. 
Temple  de  Sarapis  de  style  grec 
à  fronton  triangulaire:  le  dieu  est 
repre'sente'  assis  sur  un  trône  ; 
1906  (fig.  192).  Temple  d'Isis  a 
fronton  cintre':  Isis  est  repre'sente'e 
assise  de  profil    à   droite  allaitant 


_ 3  '  2 

Harpocrate;  1988  (fig.  193).  Eusébie  au  centre  d'un  temple 
te'trastyle.  2003  (fig.  194).  Temple  te'trastyle,  avec  l'image 
d'Euse'bie  entre  les  colonnes  du  centre  ;  griffons  aile's  comme 
acrotères  ;  un  bûcher  au-dessus  de  la  bordure;  2036  (fig.  195). 
Temple  hexastyle  avec  podium  assez  e'ieve';  acrotères,  et  au- 
dessus  de  la  bordure  un  bûcher. 

Vitr.  E:  2167-2208.  Marc-Aiirèle  (Ce'sar,  1 39-161  ap  J.-Gh.)  ; 
2209  et  suiv.  Marc-Anrèle  (Empereur,  161-180  ap.  J.-Ch.)  ; 
2180.  Temple  de  Sarapis  ;  2202-2204.  Temple  hexastyle  ;  2326- 
27.  Sur  le  Droit:  Buste  de  Faustine  jeune,  femme  de  Marc- 
Aurèle  ;  sur  le  Revers:  Tête  de  Sarapis  au-dessus  du  bélier 
sacre'. 

Vitr.  F.  Cette  vitrine  renferme  les  monnaies  frappe'es  à  Alexan- 
drie sous  Lucius  Verus^  Commode  et  Sévère- Alexandre .  Dans 
la  vitrine  K-L  est  expose'  un  premier  noyau  de  monnaies 
consulaires  romaines  et  de  monnaies  de  l'Empire. 

Dans  chacune  des  quatre  niches  ame'nage'es  dans  les  parois  de  la 
salle  est  place'  un  chapiteau  en  marbre  provenant  de  la  basi- 
lique de  Saint-Me'nas.  Ces  chapiteaux  servent  de  base  à  quatre 
moulages  de  statues  ou  de  bustes  d'Alexandre  le  Grand  : 
I.  Moulage  de  la  ce'lèbre  Herma  de'couverte  par  le  chevalier 
Azara  près  de  Tivoli,  aujourd'hui  au  Louvre.  Le  n°  2  est 
e'galement  au  Louvre.  Dans  le  n°  3,  identifie'  d'abord  pour  un 
dieu  Mars,  des  arche'ologues  ont  reconnu  un  Alexandre  ;  4. 
Cette  belle  tête  du  Conque'rant  a  e'te'  de'couverte  à  Alexandrie 


Salle  4.  —  En  face  de  l'entre'e  :  Gros  pithos  en  terre  cuite, 
d'e'poque  copte  de'couvert  à  Te're'nuthis  (Delta).  La  surface 
exte'rieure  est  de'core'e  d'une  image  d'un  Saint  (Je'sus-Christ  ?) 
en  orant  dans  un  me'daillon.  A  droite  et  à  gauche,  dans  une 
zone  place'e  au-dessous,  sont  peints  des  oiseaux,  des  pommes  et 
des  plantes  aquatiques. 

Dans  les  vitr,  A-B,  280S-3985,  est  expose'e  la  suite  des  Kummi 
Augg.  Alexaiidrini  depuis  Alexandre-Sévère  jusqu'à  Niimérien 
César  (283   ap.  .I.-Ch.). 

Dans  la  vitr.  C,  3986-4283,  de  Numérien  César  a  Doinitius 
Domitien  (297  ap.  J.-Ch.). 

Les  n°^  4284-4397  comprennent   les    monnaies  des    Nomes 
(provinces  ou  districts  de  l'Egypte).  Ces  monnaies  ont  e'te'  frap- 


3  ^  3 

pees  par  les  différentes  provinces    de    l'Egypte  sous  Hadrien, 
Trajan  et  Antonin. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Sur  les  monnaies  impériales  de  l'Egypte  con- 
sulter l'ouvrage  de  M.  G.  Dattari,  Ntttni  Angg.  Alexandrini  :  Catalogo 
délia  collezione  G.  Dattari,  Cairo,  1901. 

Sur  les  e'tagères  sont  expose'es  des  inscriptions  funéraires  pro- 
venant d'Akoris  (Haute  Egypte)  qui  n'ont  d'intérêt  que  pour 
l'onomastique  gre'co-e'gyptienne.  Dans  les  encadrements  1-8 
on  peut  voir  une  belle  se'rie  de  fragments  de  tapisseries 
brodées  provenant  d'Antinoe'. 

La  statue  colossale  en  calcaire  num- 
mulitique  qui  est  dans  cette  salle 
remonte  à  l'ëpoque  helle'nistique 
(fig.  196).  On  n'a  pas  pu  la  trans- 
porter dans  la  salle  de  la  sculp- 
ture, par  crainte  de  la  briser. 
Une  femme  mûre  est  assise  sur  un 
haut  fauteuil,  habille'e  d'un  chiton 
sans  manches  et  de  l'himation. 
L'himation  est  tire'  jusque  sur  la 
tête,  mais  laisse  à  découvert  le 
bras  droit  abandonné  sur  la  cuisse. 
Le  bras  gauche,  enveloppé  dans 
un  pan  de  l'himation,  est  soulevé 
jusqu'à  hauteur  du  menton.  La 
femme  regarde  vers  sa  droite  avec 
une  expression  triste,  douloureuse. 
Debout,  appuyée  contre  sa  jambe 
gauche,  est  une  fillette  habillée 
d'une  longue  tunique,  les  jambes 
croisées,  la  tête  tournée  en  haut, 
elle  la  regarde  vers  sa  droite.  De.  la  main  gauche  soulevée 
jusqu'au  menton  elle  tient  un  rouleau:  le  bras^droit  est  replié 
sur  la  poitrine.  Malgré  son  médiocre  état  de  conservation  ce 
groupe  produit  une  bonne  impression  et  révèle  une  main  ha- 
bile. Dans  cette  statue  on  a  voulu  voir,  et  probablement  avec 
raison,  Bérénice  femme  de  Ptolémée  III,  en  deuil  de  sa  fille, 
qui  en  effet  mourut  à  l'âge  de  neuf  ans.  C'est  à  l'occasion 
de  la  divinisation  de  la  petite  princesse  que  les  prêtres  réunis 
à  Canope  ont  rédigé  le  fameux  Décret  de  Canapé  en  trois 
écritures,  qui  a  beaucoup  contribué  au  déchiffrement  des  hié- 
roglyphes. 

BIBLIOGRAPHIE. Tourn.  Intern.  de  Numismatique,  I  (1898),  pi.  10  : 

Mon.  Piot,  IV (iSgg),  p\.  19,  par  M.  Colmgnon  ;  cfr.   Scurkiskr,  Kôm-esch- 
Schukâjfa,  p.  273,  fig-.  73  ;  Reinach,  Répertoire,  II,  p.  516,   /i. 


Fig.  196. 


— 3U 

Salle  5.  —  Vitr.  A.  Dépôt  provisoire  de  monnaies  qui  ne  rentrent 
pas  dans  les  deux  se'ries  principales  :  Tctradrachmes  athe'niens, 
dont  quelques-uns  avec  inscription  en  relief  ajoutée  après-coup, 
et  presque  tous  marque's  d'un  poinçon  (trou  en  Forme  de 
carre,  ou  de  cône,  ou  d'ëtoile).  Ils  proviennent  en  partie  de 
Memphis,  en  partie  de  K6m-el-Nakhla  el-Baharieh  (Basse 
Egvpte).  Quelques  Dariques  en  or.  Deux  médaillons  en  or  de 
Galère  Maximien,  102  petites  monnaies  romaines  en  argent 
provenant  d'une  trouvaille  faite  à  Benha  (Athribis)  ;  envoi  de 
la  Direction  Ge'nerale  du  Service  des  Antiquite's  ;  leur  chro- 
jiologie  va  de  l'empereur  Vespasien  à  l'empereur  Albinus, 

V^itr.  B.  Collection  de  monnaies  romaines  et  de  monnaies  by- 
zantines en  or  provenant  en  partie  d'une  trouvaille  faite  à 
Alexandrie  Ghatby),  en  partie  d'une  trouvaille  faite  à  Benha 
(Athribis). 

Vitr.  G.  Fond  d'atelier  d'orfèvre  et  de  pre'pose'  mone'taire. 
Trouvaille  faite  à  Myt-Rahineh  en  1860  par  Mariette  et  illustre'e 
par  LoNGPERiER  dans  Xo.  Revue  Xtimismatique  (1861),  T.  4, 
p.  407-428.  On  y  voit  des  monnaies  de  difïe'rentes  parties  de 
la  Grèce,  des  morceaux  d'argent  de  différents  poids  qui  atten- 
daient d'être  travaille's  ;  quelques  petites  idoles  en  argent  (132, 
Bœuf  Apis).  Bagues  et  restes  de  bagues  portant  grave'es  des 
images  de  divinite's.  Autres  fragments  analogues  provenant 
d'une  trouvaille  faite  à  Samanhoud. 

Vitr.  D.  Monnaies  romaines  frappées  à  Alexandrie  pour  le  ser- 
vice de  l'Empire  sons  la   Tétrarchie  (284-305  a  p.  J.-Gh.). 

Vitr.  E.  Monnaies  romaines  frappées  à  Alexandrie  pour  le  ser- 
vice de  l'Empire  par  les  successenrs  de  la  Tétrarchie  (après 
305).  Monnaies  byzantines  frappées  à  Alexandrie. 

Vitr.   F.   Monnaies  de   plomb. 

Sur  les  e'tagères:  Stèles  funéraires  provenant  de  la  Haute  Egypte 
(en  grande  partie  d'Akoris). 

Dans  la  vitr.  verticale  A  sont  provisoirement  arranges  des 
masques  en  plâtre  peint,  de'cou verts  dans  la  nécropole  païenne 
d'Antinoe'  par  Mr  Gayet. 

Dans  la  vitr.  B.  Poteries  polychromes  provenant  de  K6m-el-Gho- 
gafa. 


3'D     

Petites  vitrines  G,  D.  Ampoules  de  Saint  Menas  et  de  Sainte 
Thècle  :  lampes^  moules  d'ampoules  et  de  lampes^  provenant 
des  sanctuaires  de  Saint-Mënas  au  Mariout  (Abou  Mina,  voir 
p.  I  30).  Au  centre  de  la  paroi  :  Beau  pilastre  en  marbre  trouve' 
dans  les  Cœnobia  annexe's  à  ces  mêmes  sanctuaires  :  haut. 
I  m.  80,  larg.  o  m.  58,  prof,  o  m.  20  5  le  cote  gauche  n'est 
pas  travaille',  la  partie  infe'rieure  du  côte'  droit  et  de  la  surface 
ante'rieure  est  lisse  et  polie  tandis  que  la  partie  supe'rieure 
(haut,  o  m.  53)  est  ornée  d'un  relief;  une  grosse  couronne 
ferme'e  avec  des  rubans  qui  se  de'roulent  syme'triquement  en 
spirale  vers  le  bas  est  au  milieu  de  larges  feuilles  d'acanthe 
qui  se  dressent  verticalement  vers  les  angles  et  sur  le  côte' 
droit  ;  au  centre  de  la  couronne  e'tait  une  croix  carre'e  en  relief 
aujourd'hui  martele'e  :  ce  martelage  remonte  assez  probable- 
ment à  l'e'poque  de  la  Conquête  arabe. 

Avec  cette  vision  de  la  civilisation  musulmane,  qui  pe'nètre 
dans  le  pays  dont  la  ville  fonde'e  par  le  Gonque'rant  mace'donien 
a  ête'  la  capitale  pendant  de  longs  siècles,  s'arrête  la  tâche  de 
notre  Muse'e.  Une  histoire  nouvelle  commence  alors  pour  l'Egypte, 
histoire  dans  laquelle  Alexandrie  joue  un  rôle  secondaire  ou  dis- 
paraît  tout  à  fait. 


INDEX 


Pag. 
Introduction vu 


LA   \'ILLE    MODERNE. 
Population 1 


Organisation  administrative        . ,     , 

Climat.   Hvi£iène,   (Confort .... 

2 
.     ,     .       3 

Edilité 

Commerce .     . 

5 
5 

Vie  intellectuelle 

Visite   à  la  ville   moderne      .......... 

Ramleh    ....           .     , 

Canal  Mahmoudieh 

...       6 
.      .      .        b 
...      lit 
...      13 

Jardin  Nouzha 

.     .      14 

LA  VILLE  ANCIENNE. 

Aperçu  historique 

Population 

Vie  alexandrine 

...      16 

...     23 

.     .     25 

Art  alexandrin 

.     .     ,     21 

Régime   administratif 

iq 

Commerce 

^11 

Industrie       ...           ...                 

^■) 

Sciences  et  Lettres 

.      .      .      h^ 

Le   Musée ... 

\^ 

3i8 

Pa-. 

La  Bibliothèque    .  .^<S 

Le  Chi-istianisme   à    Alexandrie 42 

Les  Juifs  à    Alexandrie 46 

TOPOGRAPHI?:. 

Constitution  géologique   de   la  côte    alexandrine      .....      54 

Aperçu  général .56 

Les  Murs  d'  enceinte    ....  58 

Les    Rues .  61 

La  Côte   et   les  Ports    . .65 

Le  Canal ... 6" 

Les  Citernes     .... 6(S 

Les    Nécropoles 69 

Montes  Testacei 72 

De  Xicopolis   à  Xécropolis 7^ 

Le  Soma  ou    Sema -     H2 

Le  Gymnase,   le  Tribunal,  le  Panelon    .  86 

Rhakotis       .... 89 

L'Ile  de   Pharos  et   le  Phare 9(1 

Le  Sérapeum .     .     95 

Les  Catacombes  de  Kôm   el-Chogafa 1<>4 

La  Nécropole   d' Anfouchy 115 

Environs  d'Alexandrie       .  ...    121 

Taposiris  Magna .123 

Sanctuaires   d'Abou-jNIina .1311 

Aboukir  (Canope) 134 

Rosette 139 


GUIDE    DU  MUSEE. 

Introduction     . •      .     .            ...           .     .  143 

Topographie   d' A^lexandrie    . .     .  145 

Inscriptions  grecques  et   romaines  (Salle   6) 147 

Antiquités  égyptiennes  (Salles  7,  8,  9,  K»,  1 1)       I()5,  lh7,  170,  172,  185 

l'ortraits  et  petites  sculptures  (Salle    12) 19(1 

»          »          »                   »           (Salle    13)    .......      .  208 

Fragments   d'architecture  (Salles    14,    15)  .....     ,     211,  215 


.        3^9 

Pag. 

Sculptures  (Scalle    16) .      21<S 

Urnes  cinéraires  (Salles   17-21) 2o4   sq.  passim. 

Lampes  (Salles   17-21) 2?>7   sq.  passim. 

Figurines  en    terre  cuite  (Salles    17-21)     ....   23M   sq.  passim. 

^'^ases  en  verre -■^- 

Anses  d'  amphores --^^ 

Sarcophages  en  marbre       .  .......  246,  25(1,   251     1 

Poteries  émaillées .     248 

Etiquettes  de    momies .  251 

Mosaïques 251,   263,   274,  284 

Manches   de   brasier 252 

Portraits   peints   à  1'  encaustique       .      .      •      , -^^ 

Masques  en  plâtre       . 254 

Amphores  panathénaïques        ...  ........      2oo 

Poteries   hellénistiques  .....  255 

Potei-ies  d' Arretium  (terra  sigillata) 257 

Céramique  en  relief  d'  époque    romaine  .......     259 

Moules  en  terre  cuite •     .      262 

Poteries  de   Naucratis 263 

Figurines  du    Fayoum 264 

Nécropole   de  Chatby 274    sq.  (v.  aussi  250) 

Nécropole   de  Tlbrahimieh 2>^2   sq. 

Monuments  provenant   d'  Aboukir  (Salle   22)     .....     ,      284 
Peintures  pariétales  païennes  et   chrétiennes  (Salle  22  ^)  ,     .      285 

Antiquités   chrétiennes  (Salles   1.  2,  4,   5) 288 

Cabinet  numismatique  (Salles  2,  3,   4,   5) 297   sq. 

Collection  de  moulages 3il4 


N.  MANCHESTER. 
INDIANA